Il est probable que les politiques élus sous l’étiquette LLA (la libertad avanza), le pseudo-parti de Javier Mileí, n’avaient pas vraiment envie d’arriver aux affaires mais plutôt de ficher le bazar partout dans les institutions et de s’en amuser. En effet, ils viennent en grand nombre d’annoncer qu’ils se désolidarisaient de leur leader parce qu’il a conclu un accord électoral avec Mauricio Macri « pour de simples raisons électoralistes ».
Comme si pour gagner un second tour, Mileí aurait pu faire autrement que de s’allier à l’autre candidat de droite arrivé derrière lui au premier tour.
On assiste donc de ce côté-là à un sauve-qui-peut qui ferait un très bon gag dans un vieux film de Woody Allen !
Pendant ce temps-là, le candidat
arrivé en tête, Sergio Massa, encaisse les soutiens et les
déclarations hostiles à son opposant. Página/12,
toujours capable de faire de l’humour, même dans l’angoisse qui
étreint ce côté du spectre politique argentin, s’en amuse ce
matin en une.
L’ancien ministre de la culture de Mauricio Macri, Pablo Avelluto, vient de marquer, non sans un brin d’humour, son désaccord avec le rapprochement entre ce qui fut son mouvement et celui du demi-dingue échevelé qui prétend représenter le libéralisme avec des positions outrancières qui puisent dans le répertoire fasciste et antisocial. L’ancien ministre parle de la drogue anti-kirchneriste à laquelle il dit s’être shooté pendant longtemps avant de s’en sevrer en s’apercevant que cela ne faisait pas avancer le schmilblik. Qui plus est, il a appris que depuis sa prison, l’un des condamnés pour crimes contre l’humanité pour sa participation à la répression militaire de la dictature appelait précisément à voter pour Mileí. Avelluto appelle donc à ne surtout pas choisir ce bulletin, lui qui se souvient de son adolescence sous le régime putschiste. Il annonce qu’il ira voter et qu’il votera blanc.
"Il n'y a pas de place pour la neutralité", dit le gros titre sur cette photo de la présidente du parti socialiste Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution |
Après plusieurs jours de réflexion, le parti socialiste, lui aussi traditionnellement et sévèrement hostile au péronisme, appelle à voter non pas blanc mais pour Sergio Massa.
Pour aller plus loin :
lire l’article sur Pablo Avelluto dans Página/12 : « Pablo Avelluto, il était macriste mais il se soigne »
lire l’article de Página/12 sur le parti socialiste (édition de Rosario)