Les Editions DLG (Desde la Gente), petite maison indépendante, viennent de sortir, en plein été austral, un recueil de 128 pages consacré au genre policier en Argentine (55 $ ARG).
L'auteur
de l'anthologie, Vicente Battista, présentera l'ouvrage mardi
prochain, le 10 février 2015, à 19h, au Centro Cultural de la
Cooperación, dans la salle Osvaldo Pugliese, du rez-de-chaussée, avenida Corrientes 1543.
Entrée
libre et gratuite.
Le
genre est né en Europe, à la fin du XIXème siècle,
grâce à des auteurs de la trempe d'Arthur Conan Doyle (1) et des
premières méthodes d'enquête qui allaient donner naissance à
l'actuelle police scientifique. En Argentine, il semblerait que le
premier roman de ce genre nouveau soit paru à la même époque, en
1884, sous la plume d'un auteur très prestigieux, un grand
intellectuel de la Generación del 80, Paul François Groussac. Ce
dernier était né à Toulouse en 1848 (comme Carlos Gardel, dont il
avait l'âge d'être le grand-père), il a émigré en Argentine très
tôt, en 1866, pendant la République Conservatrice, et il est mort,
à Buenos Aires, en 1929, à la fin de la République Radicale. Il a exercé les fonctions d'Inspecteur
général des Ecoles à Tucumán (équivalent de recteur d'académie
en France), dont il est devenu un excellent historien (selon les
critères de la seconde moitié du XIXème siècle). Puis
de 1885 à 1929, il dirigea la Bibliothèque Nationale argentine. Il
est l'un des intellectuels qui auront fécondé durablement la
culture argentine en la mâtinant d'esprit français (2), parmi
d'autres influences provenant d'Italie, d'Allemagne, d'Autriche et de
Grande-Bretagne (voir l'article le concernant dans
l'encyclopédie en ligne argentine Biografías y Vidas).
Hommage de La Gaceta de Tucumán à Paul Groussace le 27 juin 1988, pour l'anniversaire de sa mort (source : site Internet de la Coopérative de Télécommunication Telpin) Cliquez sur l'image pour une résolution de lecture |
Son
roman, La Pesquisa (L'investigation), précède sa prise de fonction
à la Bibliothèque nationale et il est contemporain de la loi
rendant l'école obligatoire en Argentine et de l'apparition du tango
et du lunfardo, au début de la grande vague d'immigration
pan-européenne.
Depuis
lors, le genre a séduit de nombreux écrivains qui ne se sont jamais
spécialisés dans cette littérature. C'est ceux-là que Vincente
Battista a rassemblés dans son livre, en vente depuis le début de
l'année dans les librairies argentines.
Par
ailleurs, en ce même début d'année, Planeta Argentina, filiale du
géant de l'édition espagnole Planeta, publie également une
anthologie, saluée par une dépêche de Télam.
Pour
acheter en ligne le livre de Battista, vous pouvez vous connecter à
l'IFMC, institut coopératif partenaire du CCC et propriétaire des Editions DLG.
(1)
Pour ceux que cela intéresse, vous pouvez découvrir Arthur Conan
Doyle dans la biographie que Marianne Stjepanovic-Pauly a publiée
aux Editions du Jasmin, dans la même collection que San Martín, A rebours des conquistadors.
(2)
Il fait donc partie de ces Français qui ont durablement marqué
l'Argentine bien avant Carlos Gardel (1890-1935), comme l'architecte
paysagiste parisien d'origine Carlos Thays (1849-1934) qui dessina
entre autres une bonne partie des espaces verts et du quartier de
Palermo. Carlos Thays est arrivée quant à lui en 1890 à Buenos
Aires, embauché à Paris via la représentation diplomatique
argentine (voir sa biographie sur le portail Internet de la Ville
Autonome de Buenos Aires).