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| Affiche de Rosario 3 pour présenter le documentaire Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution |
La Argentina de Francisco est un long-métrage documentaire, tourné en espagnol en Argentine sur les pas du pape François décédé le lundi de Pâques, l’année dernière, sous-titré en italien, dirigé par un réalisateur italien et produit par le dicastère de la Communication du Vatican (institué par François) et la chaîne télévisuelle catholique italienne Telepace (comprenez la télé de la Paix, celle du Christ naturellement). D’autres partenaires, notamment plusieurs diocèses, se sont joints au projet.
Le film retrace le parcours
spirituel et pastoral du futur pape dans son pays d’origine, depuis
sa vocation sacerdotale, lorsqu’il était adolescent et qu’il a
reçu l’appel au sacerdoce dans la basilique San José de Flores,
dans son quartier, jusqu’à sa mission d’archevêque à Buenos
Aires, qui osa ériger en doyenné les paroisses présentes dans les
quartiers périphériques et abandonnés, les bidonvilles qu’on
appelle en Argentine las villas miserias, qui se caractérisent
pas l’absence de services publics (pas d’école, pas de
transports, pas de pharmacie, pas de cabinet médical, pas d’enseigne
de la grande distribution mais des échoppes branlantes, pas
d’infrastructures de sport mais un terrain vague où les gamins
tapent dans les boîtes de conserve, pas de réseaux d’énergie
mais de la débrouille à tous les étages et sous toutes les
formes). Le film revient aussi sur la façon dont, spirituellement et
pastoralement, cet archevêque peu ordinaire a investi le football et
en particulier son club de prédilection, le San Lorenzo de Almagro,
fondé par des religieux de l’ordre de saint Jean Bosco au début
du 20e siècle, pas très loin de son quartier natal (aujourd'hui en grande difficulté administrative).
Puisqu’il avait dans l’Italie du nord des cousins et des cousines
de sa génération qui avaient eux-mêmes des enfants et qu’il a pu
fréquentés pendant toute la durée de son pontificat, cette partie
de sa famille a elle aussi participé au documentaire.
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| L'affiche officielle, made in Vatican |
La Argentine de Francisco, c’est donc la genèse d’un pontificat disruptif qui devait bousculer l’Église universelle pendant treize ans comme l’homme avait bousculé son diocèse natal, avec toutefois un retentissement médiatique bien moindre, puisque la gauche argentine l’a toujours pris pour un réactionnaire fou furieux et ne l’a découvert et adopté qu’une fois qu’il vivait à Rome, tandis que la droite catholique lui en a beaucoup voulu de n’avoir pas privilégié l’Argentine au cours de son pontificat, comme si le Conclave en le choisissant aurait dû en faire un pape pour l’Argentine plutôt que pour le monde.
Ce film est le premier d’une série de documentaires, actuellement en tournage ou en post-production, dont la sortie est prévue en ce premier semestre 2026 autour du premier anniversaire de sa disparition.
Pour ma part, j’ai le souvenir de l’avoir brièvement rencontré au cours d’une messe de semaine (vingt paroissiens à tout casser) dans l’église de son baptême, dans le quartier de Almagro, alors qu’il était l’archevêque du lieu et j’ai été très heureuse lorsque son nom a été prononcé au balcon de Saint-Pierre et si j’ai rejeté ses déclarations répétées et plus qu’ambiguës sur la guerre de la Russie contre l’Ukraine et ses positions absurdes et si dépourvues de sens politique sur la réalité de la guerre dont, à rebours d’une tradition de morale politique ininterrompue depuis l’Antiquité, il refusait qu’elle puisse être « juste », ce qui revient dans les faits à condamner les peuples agressés à se laisser faire sans se défendre, cet irénisme à la Gandhi, lequel avait, de très loin, il est vrai, l’Inde, conseillé aux juifs de l’Europe occupée de ne pas résister aux nazis, j’avoue que François me manque bigrement avec son attention aux injustices socio-économiques et géopolitiques du temps présent et sa manière, au quotidien, d’envoyer valser le protocole impérial adopté par la Curie romaine depuis un Moyen-Age européen dont il ignorait à peu près tout - sauf saint François d’Assise - mais auquel son successeur, au demeurant fort sympathique et très courageux, fait beaucoup de concessions, qui n’ont pourtant rien à voir avec l’Évangile auquel on pourrait peut-être revenir au 21e siècle, maintenant que Charlemagne, saint Louis, Charles Quint, Louis XIV et quelques autres ont quitté cette vallée de larmes...
Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12

