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| "Grand-père Luis", dit le gros titre au-dessus du document attestant la qualité de combattant mobilisé du républicain espagnol réfugié en Argentine Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution |
Deux argentines de la Province de Buenos Aires ont porté plainte contre l’État espagnol, devant un tribunal de Barcelone, pour l’exil auquel leur grand-père, Luis Francisco Robles (Barcelona, 1905 – Avellaneda, 1984), versé dans une brigade républicaine pendant la guerre civile, a été contraint à l’exil par la répression menée par Franco et ses acolytes après leur victoire sur les institutions constitutionnelles espagnoles.
C’est une première et donc un précédent judiciaire. Les deux femmes, dont l’une est historienne et dirige le musée des Malouines de Avellaneda, dans la banlieue de Buenos Aires, s’appuient sur la loi espagnole de la mémoire démocratique de 2022, lorsque le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a décidé d’expulser le corps de Franco du mausolée de la Valle de los Caídos, qu’il a fait convertir en une nécropole pour les victimes des deux camps alors qu’il était consacré depuis 1975 à la seule gloire du Caudillo et de ses sbires, et d’exhumer l’histoire de la guerre civile espagnole ainsi que les blessures encore vives causées par les crimes contre l’humanité commis par la dictature franquiste, puisqu’ils sont inaliénables. Or l’exil de ce monsieur, en 1939, avec un grand nombre de Barcelonais et autres Catalans qui avaient combattu ou simplement milité pour la République espagnole, fait partie, pour ses petites-filles argentines, de ces crimes perpétrés contre la population locale.
Comme de bien entendu, seul Página/12 rend compte de cette information qui ouvre en Argentine une autre malle à souvenirs traumatiques, cette fois-ci pour les descendants des républicains espagnols qui ont pris le bateau pour débarquer à Buenos Aires en 1939 et les années suivantes. La dernière vague de migrants espagnols à venir former le peuple argentin. Qui descend des bateaux, selon une plaisanterie bien connue !
Pour aller plus loin :
lire l’article de Buenos Aires/12, édition locale de la Province de Buenos Aires
