jeudi 9 avril 2026

Que la planète aille se faire pendre ailleurs : la Chambre vote le droit à polluer les glaciers éternels [Actu]

"La loi des glaciers, on n'y touche pas" dit ce panneau au premier plan
et la grande banderole bleue - Manifestation à Buenos Aires


Très tôt ce matin, dans la nuit, à temps toutefois pour le bouclage des quotidiens, la Chambre, par une très confortable majorité et seulement 3 abstentions (sur 251 députés présents), a approuvé une réforme qui, si le Sénat l’approuve à son tour, permettra sous peu aux industries minières d’exploiter les sous-sols des glaciers de Patagonie et, qui sait, peut-être aussi ceux de l’Antarctique, que, depuis plusieurs années, la loi argentine avait érigés en réserve naturelle, notamment pour préserver leur immense richesse en eau potable, une initiative due en son temps à la sénatrice Cristina Kirchner, qui devait devenir plus tard présidente de la Nation et aujourd’hui bête noire du couple présidentiel (Mileí et sa frangine, dite « Madame 3% »)

"Glaciers : les députés ont voté cette nuit
la loi qui ouvre la porte aux investissements millionnaires",
dit le gros titre
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Or ces glaciers, épais parfois de plusieurs kilomètres, fondent à vue d’œil été après été et leur rétractation, qui fait la une des médias à chaque effondrement ou chaque recul constaté in situ ou sur des images satellitaires, inquiète de nombreux secteurs, au premier rang desquels on trouve bien entendu les glaciologues et les climatologues du monde entier mais aussi, d’une manière plus immédiatement intéressée, l’industrie locale du tourisme dont ces gigantesques et spectaculaires masses de glace terrestre sont un des atouts régionaux. Sans parler naturellement des écologistes et autres citoyens informés qui savent que les glaciers et les pré-glaciers patagoniens constituent l’une des plus importantes ressources d’eau douce du pays et de la planète.

Pendant le débat, des députés ont affiché des pancartes hostiles :
en bleu : Oui à l'eau, non au saccages des sociétés minières
en rouge : Dehors des corrompus - Mileí, Adorni, Karina
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Voilà plusieurs jours que des manifestants se relaient autour du Congrès à Buenos Aires mais aussi dans toutes les grandes villes du pays pour tenter de faire pression sur les élus et de sensibiliser l’opinion publique à la gravité de ce vote et du débat qui le précède. Et ce matin, comme à chaque fois, dans la capitale argentine, la répression policière s’est abattue sur eux.

En haut, en bleu : un titre sur la loi des Glaciers
"L'eau a perdu contre le lobby minier"
En gros titre principal : Des comptes qui sont des histoires
à dormir debout, dit le gros titre
sur cette photo peu flatteuse de la notaire
qui a acté les achats immobiliers frauduleux du Premier ministre
Manuel Adorni et qui a raconté des balivernes devant le procureur
chargé de l'instruction sur les affaires troubles de Adorni
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De jour en jour, le pays semble irrémédiablement sombrer dans une tragédie qui en englobe d’autres puisque ce qui se passe en Argentine aura des conséquences sur la planète entière, que cela concerne, comme ce matin, le saccage de l’environnement ou, comme presque tous les jours depuis le 10 décembre 2023 et l’arrivée aux affaires de Javier Mileí, de sa sœur (Karina) et de leur clique (dont Adorni), la brutalité exercée contre des êtres humains et la violation de leurs droits fondamentaux (liberté d’expression et d’information, droit du travail, droit à l’identité et à la famille, droit à la santé, à une alimentation saine, à l’éducation, à la culture, etc.).

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 paru en ligne sur la séance de ce matin à l’aube
lire l’article de Página/12 dans son édition de Salta (province située dans le nord-ouest du pays, à la frontière avec la Bolivie, aux antipodes des glaciers australs)
lire l’article de Página/12 sur la répression contre les manifestants
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín qui affiche cyniquement le caractère affairiste et, pour tout dire, obscène de ce vote (on va gagner des sous ! Et c’est là le plus important, non ? L’avenir de l’humanité n’arrêtera pas la quête du profit…)
lire l’article de La Nación, l’autre journal de droite, celle de l’oligarchie agraire et industrielle, dont la Une fleure bon elle aussi l’odeur du profit à venir au détriment de tout le reste...