mercredi 15 avril 2026

L’inflation déjoue le poker menteur de Milei [Actu]

"Gonflés" dit le gros titre
en parlant du président et de son ministre de l'Economie
Pour une fois, le jeu de mots fait sens aussi en français
Inflados a avoir avec l'inflation
et gonflés en français familier veut dire "sin vergüenza"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Cela fait dix mois maintenant que l’inflation remonte après la baisse spectaculaire du début du mandat due aux coupes claires effectuées partout dans l’appareil d’État et à une baisse des prix qui étaient le fait des commerçants qui essayaient de relancer la consommation dans leur clientèle appauvrie par la politique du gouvernement. En mars, l’INDEC, qui a dû maintenir des critères de calcul qui ne sont plus pertinents, a annoncé hier une inflation mensuelle de 3,9, ce qui, sur l’année glissante, donne une inflation à 9,4 % annuelle.


"L'inflation de mars est de 3,4%, le taux
le plus élevé en un an", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Il y a quelques mois, l’INDEC devait mettre à jour ses critères de calcul pour tenir compte des changements dans la société et la structuration de la consommation de la population, ce que Milei a empêché en contraignant à la démission le directeur de l’institut. On a fait les simulations avec les critères de mise à jour : l’inflation aurait alors été mesurée à 3,65 % sur le mois. Or même sans toucher à ces critères, on peut repairer sur les graphiques que la courbe s’est accentuée en mars !

"L'inflation est montée à 3,4 en mars et Milei
demande de la patience parce que elle va s'effondrer",
dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Javier Milei, qui se vante d’en finir complètement avec le phénomène grâce à sa politique de désengagement de l’État dans la vie économique et de dérégulation tous azimuts, a déclaré qu’il était mécontent de ces chiffres mais qu’il n’en maintiendrait pas moins sa politique (rien ne le fera la réformer : il est comme Trump, il a toujours raison même quand la réalité lui donne tort). Milei a même eu une formule qui prête à rire : « ce n’est pas de l’inflation mais les prix ont fait un bond ».

L'inflation de mars a atteint les 3,4%.
Cela ne me plaît pas, a dit Milei, mais
ça va aller mieux", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Les chiffres du mois d’avril promettent d’être pires qu’en mars, même avec les critères actuels.

Dessin de Alfredo Sábat ce matin pour La Nación
A noter que la corrida n'existe nulle part en Argentine

Ce matin, tous les journaux évoquent la situation en Une et il n’y en a pas un pour exonérer le gouvernement de sa responsabilité dans la reprise de l’inflation.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12 (intitulé : « L’inflation de Milei s’effondre vers le haut »)
lire l’article secondaire de Página/12
lire l’article de Clarín sur les chiffres de l’inflation
lire l’article de Clarín sur le seuil de pauvreté publié lui aussi par l’INDEC
lire l’article de La Nación