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Tôt ce matin, après que les quotidiens aient tous bouclé leur édition papier, l’acteur et comédien Luis Brandoni est décédé dans une clinique de Villa Crespo, dans l’ouest de Buenos Aires. Il avait 86 ans et une soixantaine d’années de carrière derrière lui. Il était hospitalisé depuis une dizaine de jours après avoir fait chez lui une chute qui l’avait blessé à la tête. Après quelques jours d’espoir au point qu’on avait cru qu’il aurait été capable mercredi prochain, le 22 avril, de remonter sur les planches dans son spectacle en cours, son état s’était soudain aggravé, inquiétant vivement son entourage au point que l’issue fatale n’est pas vraiment une surprise. Elle arrive cependant trop tard pour qu’il ait les Unes des journaux.
Sa veillée funèbre se tient en ce moment à la Legislatura de Buenos Aires, tout près de Plaza de Mayo. Après la levée du corps dont l’heure semble avoir été remontée (il était prévu que la veillée se prolongerait jusqu’à minuit aujourd’hui), le même Salón Montevideo doit accueillir vers 17h le cercueil de la danseuse María Nieves. En fin de journée, le corps du comédien sera porté en terre au cimetière de la Chacarita, à l’extrême-ouest de Buenos Aires, dans le caveau de l’Association des Acteurs argentins dont il était membre.
Les nécrologies, parfois plusieurs articles l’un derrière l’autre dans tel ou tel quotidien, retracent sa carrière au cinéma, à la télévision et au théâtre, où il jouait donc juste avant sa chute fatale. Quelques articles abordent ses positions politiques. Dans les années 1970, il avait en effet subi la persécution péroniste de la Triple A (un groupement illégal de barbouzes fondé par Isabel Perón au retour de son mari au pouvoir afin de pourchasser les « communistes » de la manière forte). Brandoni avait dû s’exiler pendant plusieurs années mais il n’en avait pas moins connu la prison pour son engagement politique non pas au sein du parti communiste mais chez les radicaux, des nationalistes alors encore à gauche (ou au centre-gauche) et passé maintenant à droite au point que nombre d’entre eux font actuellement la courte échelle à Javier Milei.
Au retour de la démocratie, en 1983, Brandoni avait soutenu la présidence du radical Raúl Alfonsín. Ces dernières années, il avait soutenu l’ultra-libéral Mauricio Macri, en exprimant une acrimonie assez fielleuse envers Cristina Kirchner et ses soutiens. La situation actuelle et la personnalité incohérente et inconséquente de Javier Mileí semblaient l’inquiéter au plus haut degré pour l’avenir du pays.
Luis Brandoni rêvait de faire du théâtre jusqu’au dernier jour. Il aura été presque exaucé… Ce matin, sa disparition a davantage inspiré la presse de droite que celle de gauche/
Pour aller plus loin :
lire l’article
de Página/12
lire l’article
de La
Prensa
lire l’article
principal de Clarín
lire l’article
principal de La
Nación
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