Affichage des articles dont le libellé est Antonio Berni. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Antonio Berni. Afficher tous les articles

mercredi 13 octobre 2021

Antonio Berni à la une de Caras y Caretas [Disques & Livres]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Le 13 octobre 1981, le peintre Antonio Berni nous quittait. Il était déjà considéré comme ce qu’il reste quarante ans plus tard : l’un des plus grands artistes plastiques argentins du XXe siècle.

Né à Rosario, le 14 mai 1905, formé en Europe dans les Années Folles, à Madrid puis à Paris, grâce à l’obtention d’une bourse du Jockey Club de Buenos Aires, marié à une Française, il s’est particulièrement penché sur le peuple argentin et sa vie quotidienne. En cela, il a suivi ce qui était déjà une tradition en Argentine avec Prilidiano Pueyrredón, Ernesto De La Cárcova au XIXe siècle et un contemporain de Berni, le peintre portègne Benito Quinquela Martín (mort en 1976).

A la toute fin des années 1950, Antonio Berni a inventé deux personnages que l’on retrouve dans des séries thématiques, Juanito Laguna et Ramona Montiel, symboles des classes populaires, deux personnages qui ont acquis aujourd’hui dans la sensibilité et l’imaginaire argentins, un statut emblématique de symboles des classes populaires et des bidonvilles qui pullulent autour des grandes villes.

A Buenos Aires, dans les années 1920, avant même de partir pour l’Europe, Antonio Berni s’était intégré au groupe Florida, un ensemble d’intellectuels et d’artistes engagés parmi lesquels se trouvait aussi Jorge Luis Borges. C’est alors qu’il eut ses premières critiques dans la presse, notamment dans La Nación, qui rappelle son œuvre aujourd’hui, et La Prensa, sur le site duquel on ne trouvait rien ce matin.

Plus tard, dans les années 1960, sous la présidence de Arturo Frondizi, l'un des rares chefs d'Etat démocratiques de cette époque-là, il occupa le poste de Directeur de la Culture au sein du ministère des Affaires étrangères, d’où il œuvra à faire connaître à l’étranger les artistes argentins à travers le réseau diplomatiques et les manifestations internationales.

Son œuvre se répartit aujourd’hui dans de nombreuses collections privées partout dans le monde et quelques musées, nationaux, provinciaux et municipaux, en Argentine.

Página/12, qui apprécie l’engagement social de l’artiste à travers sa peinture et ses collages, lui consacre le numéro d’octobre de sa revue mensuelle culturelle Caras y Caretas.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 annonçant le nouveau numéro de Caras y Caretas la semaine dernière
lire l’article principal de Caras y Caretas
A marquer d’une pierre blanche : les deux articles dans les deux périodiques sont du même auteur, Fernando García !

samedi 29 décembre 2018

Bilan socio-économique désastreux et perspectives peu engageantes [Actu]

Página/12 a choisi de reproduire un tableau du peintre Antonio Berni (1905-1981)
qui fait lui-même allusion à un autre chef d'œuvre de la peinture argentine,
Sin pan y sin trabajo (sans pain et sans travail) de La Cárcova (1)
Le gros titre est un jeu de mot : "une fin d'année avec des licenciés"
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Página/12 clôt l’année 2018 avec une revue de détail des catastrophes économiques qui s’abattent sur l’Argentine. En 2019, les élections se tiendront : président, Congrès national, gouvernorats provinciaux et chambres législatives locales. Le journal fait déjà campagne contre l’actuel président. Et tout y passe : les pertes d’emplois, la perte de confiance des investisseurs (qui n’en ont jamais eu beaucoup pour l’Argentine), les augmentations de tous les services qui prennent effet au début de l’année prochaine (transports publics, eau, gaz et électricité)…

Le gros titre : "Toutes les mauvaises nouvelles d'un coup"
avec une photo du ministre de l'Energie, démissionnaire le lendemain
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Daniel Paz et Rudy, sur la une de Página/12 le 27 décembre (ci-dessus)
Le conseiller : Votre image se détériore à cause de l’inflation
Mauricio Macri : Tu vois ? L’année dernière, j’ai demandé au Père Noël qu’il baisse l’inflation. C’est ce type qui n’a pas tenu ses promesses mais c’est moi qui paye les pots cassés !
Traduction © Denise Anne Clavilier

Le ministre de l’Energie a d’ailleurs dû démissionner le jour après avoir annoncé cette série de mesures, montant à dix le nombre de ministres et secrétaires d’État qui ont quitté le gouvernement en 2018. Cela dit assez bien la fragilisation politique du président qui n’arrive plus à fidéliser ses collaborateurs et qui continue à vouloir modifier le code du travail, avec les arguments classiques des néolibéraux : il faut flexibiliser le marché du travail, réduire les droits des salariés et libérer le droit des patrons de licencier en justifiant de moins en moins leurs décisions. Et creuser ainsi les inégalités encore et toujours...

Le gros titre : "Tout augmente"
Les chiffres sont inscrits à gauche, en gras et en bleu

Pour en savoir plus :
lire l’article de Clarín sur les boutiques de la rue Florida qui ont baissé le rideau (Florida est la plus commerciale des rues du centre de Buenos Aires, très courue des touristes)
lire l’article de La Nación sur la réforme à venir du marché du travail
lire l’article de Página/12 du 28 décembre
lire l’article de La Nación sur l’augmentation de l’électricité (le quotidien a publié également un article aux prix des transports et au sursaut d’inflation que provoquent toutes ces hausses)
lire l’article de Clarín sur la démission du ministre
lire l’article de La Nación sur ce sujet.



(1) De la Cárcova et Berni font partie de ces peintres qui ont marqué le patrimoine argentin de leur sensibilité que je ferai découvrir aux voyageurs qui s'inscriront aux voyages que je prépare avec l'agence Odeia et que je présenterai le 17 janvier prochain, à Paris.

mercredi 26 octobre 2016

Antonio Berni inédit au Museo de Arte Moderno [à l'affiche]


A partir d'aujourd'hui et jusqu'au 17 février prochain, le Museo de Arte Moderno de Buenos Aires, San Juan 350 à San Telmo, expose les dessins et aquarelles inédits sur papier du grand peintre Antonio Berni (1905-1981).

Il s'agit d'œuvres qui ont été retrouvées par hasard, il y a peu, à l'occasion d'un déménagement. Elles étaient abandonnées dans un grenier. Or Berni est l'un des plus grands artistes du XXème siècle et pas seulement à l'échelle de l'Argentine.

L'entrée au musée est payante (20 $), du mercredi dimanche. Elle est gratuite le mardi.

Ouverture : du mardi au vendredi de 11h à 19h. Les samedis, dimanches et jours fériés, le musée est ouvert jusqu'à 20h.

Pour aller plus loin :
consulter la page Facebook du musée
consulter les œuvres de Berni sur le site du Museo Nacional de Bellas Artes, à Buenos Aires.

Ajout du 27 octobre 2016 :
lire l'entrefilet de La Nación

lundi 9 mai 2016

Découverte d'un Antonio Berni inconnu [à l'affiche]

Auto-portrait sur papier (vers 1976)
l'une des 380 œuvres qui viennent d'apparaître

C'est une facette jusqu'à présent inconnue du grand peintre argentin Antonio Berni (1905-1981) qui vient d'apparaître dans les méandres d'une interminable querelle d'héritage : 380 dessins et gouaches sur papier révèlent des thèmes obsessionnels de l'artiste rosarino et des esthétiques encore jamais explorées dans son œuvre qu'on peut dire officielle, celle qui s'expose dans différents musées argentins.

Ces œuvres qui sortent maintenant couvrent presque l'intégralité du temps de création de Berni : les plus anciennes remontent à 1927 et la dernière date de l'année de sa mort.

Elles feront l'objet d'une première exposition temporaire à Buenos Aires d'ici quelques semaines, à l'espacio Cabinet, où une vingtaine de ces papiers seront mis en vente, puis d'une seconde expo, en octobre, au Museo de Arte Moderno de Buenos Aires (San Telmo).

Pour découvrir ce nouveau trésor pictural

Pour découvrir Antonio Berni, l'officiel (et les papiers qui viennent de sortir au jour nous montrent en effet une personnalité artistique très différente)
lire et visionner sa fiche dans le portail de Educar, l'un des sites de l'Education nationale argentine
lire sa notice publiée par le Malba (Musée d'art latino-américain de Buenos Aires)
consulter sa fiche sur le site du Museo Nacional de Bellas Artes (somptueux !)

samedi 10 juillet 2010

Exposition Antonio Berni au Museo Nacional de Bellas Artes de Buenos Aires [à l'affiche]

Le Museo Nacional de Bellas Artes à Buenos Aires propose actuellement une exposition du peintre argentin le mieux côté sur le marché, mais très peu d'oeuvres sont à vendre : Antonio Berni, né à Rosario en 1905 et mort à Buenos Aires en 1981.

Il est venu se former en Europe avec une bourse de sa ville natale qui lui a permis de vivre cinq ans à Paris de 1925 à 1930 en rayonnant dans les pays proches, comme l'Espagne, l'Italie, la Belgique et les Pays-Bas. En France, il s'est marié avec une artiste française et leur fille est née à Paris. A son retour en Argentine, il a vécu à Rosario, ville alors mise en coupe réglée par la mafia du ganster sicilien Giovanni Galiffi, dit Chicho Grande (1), qui ne fut arrêté qu'en 1932 et expulsé vers son pays natal où il devint un ami du Duce. C'était aussi le début de la Década Infame, cette série de gouvernements anticonstitutionnels qui détruisit l'oeuvre politique et sociale des deux présidents radicaux successifs (entre 1916 et 1930). Autant dire que Berni fut aux premières loges pour observer la dégradation de la situation en Argentine et y affina sa sensibilité politique que l'on retrouve dans son oeuvre, qui, comme le tango, est un cri de révolte devant et contre la triste réalité sociale du pays...

L'exposition est conçue comme un parcours artistique à travers les 50 ans de la production tous azimuts de ce peintre qui travailla à peu près toutes les techniques existantes.

Parmi ses tableaux les plus connus, la série des Juancito Laguna, personnage d'enfant du bidonville à travers lequel Antonio Berni a raconté l'Argentine populaire, la dureté de la vie et aussi les rêves de tout un chacun (ci-contre : Juancito Laguna joue au cerf-volant). La série des Juancito Laguna a inspiré une série de tangos, commandés par les éditions Lagos à l'ensemble des compositeurs qu'ils avaient sous contrat : parmi eux, Astor Piazzolla qui hérita avec Horacio Ferrer en 1969 du tableau Juancito Laguna ayuda a su madre (Juancito Laguna aide sa mère) qui est donc aussi le titre d'un tango des deux compères...

Pour aller plus loin :
Lire l'entrefilet de La Nación d'aujourd'hui qui annonce l'exposition
Lire l'article sur Antonio Berni sur Imageandart (en espagnol).

Ajout du 11 juillet : lire l'article de Clarin du 11 juillet 2010
Ajout du 13 juillet : lire l'article de La Nacion du 13 juillet 2010
Ajout du 19 juillet : lire l'article de la revue Ñ, groupe Clarín, du 17 juillet 2010

(1) dont il est question dans le tango Cambalache, de Enrique Santos Discépolo, que j'ai inclus dans mon anthologie bilingue, Barrio de Tango, parue le 3 mai aux éditions du Jasmin (p. 144)