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lundi 7 décembre 2020

Au lendemain des obsèques de Tabaré Vázquez [Actu]

"Merci Tabaré. L'histoire t'inscrira
dans les pages des livres qui parleront
des meilleurs moments du pays"
Une banderole du Frente Amplio le long du parcours
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Poster dans les pages intérieures de La República (édition du matin)
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Ce matin, les journaux uruguayens ont pu rendre compte de l’émotion populaire qui a submergé Montevideo au moment de rendre hommage à cette haute figure de la gauche qu’était et que demeurera Tabaré Vázquez, premier président de gauche du pays, mais aussi ancien maire de la capitale et même ancien président d’un club de foot puis de la fédération universitaire (c’était sous la dictature militaire).

"Il est entré dans l'histoire"

"Ballon en deuil"
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Malgré les recommandations de la famille, les Uruguayens se sont déplacés en masse et rassemblés en grand nombre le long du parcours que devait emprunter le cortège funéraire. Tout au long de la route, impressionnant déploiement de drapeaux aux couleurs du Frente Amplio (bleu, blanc et rouge), la fédération qui rassemble tous les courants de la gauche ou peu s’en faut, et à celles (rouge et jaune) du C.A. Progreso de Montevideo, le club qu’il avait présidé.

"Tabaré Vázquez, la plus importante figure
de l'histoire de la gauche"
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Le quotidien le plus marqué par l’événement est bien entendu le journal de gauche, La República, dont le directeur général se présente comme un ami personnel du défunt et signe un important éditorial ce matin.

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La República a aussi consacré la une de son quotidien sportif, Tribuna, à la disparition d’un grand dirigeant du football national. En signe de deuil, toutes les rencontres sportives et en particulier le championnat national de football ont été annulées

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

Tabaré Vázquez dans la presse argentine [Actu]

Le gros titre est pour l'actualité argentine
la photo pour l'enterrement à Montevideo
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Seul Página/12 a publié dans son édition de ce matin d’autres articles que ceux mis en ligne sur son site Internet hier dimanche.

La rédaction rend ainsi compte des obsèques hier à Montevideo et du grand concours populaire qui a accompagné le cercueil jusqu’au cimetière de La Teja.

En haut : les élections au Venezuela (environ 70% d'abstention)
En bas : "Un gentleman de la politique"
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Pour les autres titres, la situation est étrange : les unes de l’édition imprimée tiennent compte de ce qu’il s’est passé hier mais ce n’est pas le cas des sites Internet. Et en ce qui concerne La Nación, c'est encore plus étrange : les articles de la version imprimée, qui sont différents des articles numériques d'hier, étaient introuvables sur le site Internet ce matin lorsque j'ai préparé cette note.

Même structure que pour La Prensa :
en haut, le Venezuela
en bas, l'Uruguay
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© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12 qui n’a toutefois pas fait l’information principale de sa une de ce lundi.

dimanche 6 décembre 2020

Trois jours de deuil national en Uruguay [Actu]

Une belle photo ! et si typiquement uruguayenne !
Tan oriental...

Aujourd’hui, l’Uruguay dit adieu à son premier président de gauche. La mort de Tabaré Vázquez, à 3h cette nuit (heure uruguayenne), n’est pas du tout une surprise : la famille avait annoncé il y a une dizaine de jours que sa santé s’était brutalement dégradée et que le cancer dont il souffrait avait méchamment métastasé. Le 15 novembre, il avait enregistré sa dernière interview, diffusée seulement il y a quelques jours, à travers laquelle tout le monde avait pu comprendre la gravité de la situation dont il était parfaitement conscient.

La très belle photo choisie par son fils, Alvaro Vázquez Delgado,
pour annoncer la mort de son père très tôt ce matin sur Twitter

Les quotidiens avaient déjà bouclé leurs éditions papier lorsque la nouvelle a été connue. Les unes ne reflètent donc pas cette actualité mais ni le dimanche ni la proximité de la solennité mariale de mardi n’empêchent les rédactions d’être actives sur la toile : tous les journaux uruguayens se sont remplis au fil des heures d’articles nécrologiques et de messages des personnalités et des chefs d’État qui affluent vers Montevideo. Les journaux argentins sont moins réactifs, y compris Página/12 pour laquelle Vázquez était une des grandes figures politiques du continent (tout le monde est en long week-end en Argentine).

Tabará Vázquez sur les gradins d'un stade.
Il venait d'une famille ouvrière et n'avait pas oublié ses racines populaires

Comme l’épidémie de covid-19 frappe fortement le pays, qui s’était tiré à moindre frais de la première vague, la famille a décidé de ne pas faire la moindre veillée. Un cortège réduit devait se former à 13h, sur le parvis de la mairie de Montevideo (dont Vázquez fut le maire), pour emporter le corps jusqu’à sa dernière demeure et les Uruguayens étaient invités à y assister au mieux sur le trottoir sans créer d'attroupement ou, faute d'habiter le long du parcours, de leur salon, à travers le direct que les chaînes de télévision ont retransmis. Le cortège s'est rendu au cimetière de La Teja où l’inhumation s'est tenu dans la plus stricte intimité, comme il convient dans les circonstances sanitaires présentes.

Demain, les journaux feront leur une sur le disparu, qui aura brisé le plafond de verre qui avait empêché depuis l’indépendance à une formation de gauche de prendre les rênes du pays. Tabaré Vázquez aura été président à deux reprises, de 2005 à 2010 puis en 2015 jusqu’à la fin février de cette année lorsqu’il a transmis le pouvoir au champion de la droite, Luis Lacalle Pou, qui a tenu à aller s’incliner devant le cercueil à midi.

Un message d'une famille d'origine grecque
"Bon voyage, président. Pour toujours, Tabaré"

Même élu à la tête du pays, il n’avait pas renoncé à exercer son métier de médecin, qu’il considérait comme une seule et même vocation avec l’engagement politique : s’occuper des gens. C’était un éminent oncologue qui s’était notamment formé à Gustave Roussy, à Paris. Souriant, affable, fraternel, calme et d’une honnêteté qui dénote dans le paysage politique sud-américain où la relation à l’argent est généralement assez malsaine, c’était aussi un fervent catholique qui avait tenu à confesser sa foi et à manifester ses convictions après le premier vote de dépénalisation de l’avortement par le parlement en Uruguay, ce qui obligea son successeur, Pepe Mujica, à relancer le débat quelques années plus tard, alors que l’idée avait fait son chemin.

Le cortège funéraire avec beaucoup de drapeaux du Frente Amplio
aux couleurs choisies par le héros révolutionnaire et indépendantiste Artigas
Sur cette photo, on ne voit pas de drapeau national

Tabaré Vázquez aurait eu quatre-vingts ans le 17 janvier prochain.

Avec beaucoup de dignité, le président en fonction a décrété un deuil national jusqu’à mardi prochain. Les deux communiqués successifs de ses services insistent sur le fait qu’il s’agit pour « tout le pays » d’honorer la mémoire d’un « président de tous les Uruguayens ». En Uruguay, à droite, il reste encore en effet une tentation de rejeter le défunt pour des raisons bêtement et bassement partisanes et idéologiques comme l’ont montré certains commentaires en ligne, assez hideux, à sa si digne dernière interview télévisée.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :
dans la presse uruguayenne
lire l’article principal de El País
lire l’article principal de La República (qui a annoncé le décès en publiant le communiqué officiel du Frente Amplio)
sur le site Internet de la Présidence uruguayenne
lire le communiqué sur les trois jours de deuil national
lire le communiqué sur les propos de Luis Lacalle Pou au sortir du domicile des Vázquez

lundi 30 novembre 2020

Tabaré Vázquez à la télévision uruguayenne hier [Actu]

Vázquez : "Je ressens une profonde gratitude
envers le peuple uruguayen"
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C’était hier sur Canal 10 dans une émission où une grande personnalité uruguayenne se livre longuement au journaliste producteur, Legado (héritage). L’émission avait été enregistrée le 15 novembre, c’est-à-dire avant qu’on ne diagnostique une « rechute » du cancer dont souffre au stade terminal Tabaré Vázquez, l’ancien président de la République de l’Uruguay.


L’interview se tient dans le grand hall d’honneur du Parlement uruguayen avec un jeu de lumière qui permet d’amoindrir les effets de la maladie sur le visage de l’homme politique qui fait là ses adieux à son pays et au peuple. Et il le sait. Et avec le courage qui le caractérise, il fait l’effort de sourire. Dans cet entretien, Tabaré Vázquez fait le bilan de sa vie et de sa double carrière de médecin-oncologue et d'homme politique. Il remercie chaleureusement le peuple uruguayen et sa dignité démocratique, qui est un exemple pour tout le continent. Ce qui est un fait.

Dans l’émission, les producteurs ont intégré le salut très amical mai à distance du président argentin, Alberto Fernández, ce qui permet de refermer le conflit qui s’était élevé entre les deux pays voisins pendant le premier mandat de Vázquez et celui de Néstor Kirchner au sujet d’une papeterie installée un peu trop près de la rive du Río Uruguay et que les écologistes argentins accusaient régulièrement de polluer l’immense cours d’eau qui sert de frontière internationale.

El País a lui aussi mis l'info à la une
mais c'est écrit petit. Il faut bien chercher !
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Les enfants de Vázquez ont demandé aux abonnés aux réseaux sociaux de respecter leur intimité et la difficulté de ce que la famille traverse depuis quelques jours. Ils affirment que leur père ne souffre pas.

© Denise Anne Clavilier
www.barrio-de-tango.blogspot.com

Pour aller plus loin :

samedi 28 novembre 2020

En Uruguay, inquiétude pour Tabaré Vázquez [Actu]

"Courage, Tabaré !"

L’information a commencé à se diffuser dans les réseaux sociaux et la presse uruguayenne au milieu de la nuit : l’ancien président Tabaré Vázquez, qui restait la grande voix du Frente Amplio, le parti-ombrelle qui rassemble toute la gauche du pays, va très mal. Le cancer du poumon, qui a été détecté alors qu’il achevait son mandat présidentiel, s’est développé malgré une prise en charge précoce selon ce qu’il avait lui-même fait savoir à ce moment-là.

Il a brièvement perdu connaissance il y a quelques jours avant de retrouver un mieux au cours duquel il a pu lire quelques mails et profité de sa famille, réunie autour de lui, à son domicile.

D’après l’un de ses proches, il se prépare lui-même à la mort.

Tabaré Vázquez a 80 ans. Il a été deux fois président. Il a été le premier chef d’État de gauche de son pays. Avec Pepe Mujica, son aîné de quelques années et son successeur après son premier mandat, il est l’un des piliers du Frente Amplio. Or Mujica vient de quitter le monde politique pour profiter d’une retraite amplement méritée. Tabaré Vázquez est lui-même un éminent oncologue qui a fait sa spécialisation à l’Institut Gustave Roussy. Il a perdu son épouse il y a quelques années.

© Denise Anne Clavilier

Pour en savoir plus :

dimanche 1 mars 2020

Les adieux de Tabaré Vázquez [Actu]

"Tabaré : symbole des rêves partagés"
(Remarquez l'utilisation du prénom en signe d'affection populaire)


Hier, 29 février 2020, le président uruguayen Tabaré Vázquez a pris congé de ses fonctions de chef d’État à la veille de la prestation de serment de son successeur et adversaire politique, Luis Lacalle Pou (droite réunie en coalition).

Auparavant, il avait accueilli le roi d’Espagne, arrivé hier. Aujourd’hui, arriveront les chefs d’État de la région ou leurs représentants. Alberto Fernández (Argentine), qui doit inaugurer aujourd’hui la nouvelle session du Congrès, envoie son ministre des Affaires étrangères, Felipe Solá.

Conformément à la tradition, à la fin de la célébration, il s’est vu remettre le drapeau national par le chef de sa garde militaire, issu du régiment des Blandengues, une unité de cavalerie très ancienne puisqu’elle fut fondée pendant la période coloniale et qui sert aujourd’hui d’escorte présidentielle (1).

Photo Leonardo Carreño pour El Observador
En arrière-plan, on voit un drapeau datant de la guerre d'indépendance :
celui de la Ligue des Peuples libres (Liga de los Pueblos Libres, dite aussi Liga Federal)
dirigée par José Artigas, le père fondateur de l'Uruguay

Beaucoup de militants de gauche s’étaient réunis pour applaudir celui qui avait porté la première politique sociale de l’histoire nationale il y a quinze ans au début de son premier mandat. Il a promis de continuer à militer dans les comités de base du Frente Amplio et a gardé tout au long de la cérémonie le haut degré de dignité qui ne l’a jamais quitté tout au long de ses deux présidences. Le même jour, son successeur a déjà montré sa différence en se la jouant gaucho dans un flot de clichés « campagnards »… On verra cet après-midi comment se passe la cérémonie de passation de pouvoir.

Pour aller plus loin :
lire le supplément d’hommage mis à disposition en ligne par La República
En Argentine : lire l’article de Página/12, qui déplore la fin de 15 ans du Frente Amplio au pouvoir de l’autre côté du Río de la Plata.



(1) Pour l’anecdote, le plus jeune des nombreux frères et sœurs de Manuel Belgrano, Agustín Leoncio, servait dans ce régiment au moment où la révolution a éclaté à Buenos Aires, le 25 mai 1810. Il est mort, sans que l’on sache de quoi, quelques jours après le 25 mai. Comme vous pouvez le voir sur la photo, l’uniforme a été reconstitué plus tard et les retroussis du début du 19e siècle (qui servaient à transporter les cartes d’état-major) ont été remplacés par de simples losanges rouges. Anachronisme fréquent en uniformologie sud-américaine lorsque les pays ont reconstitué les uniformes anciens. La même chose est arrivée en Argentine avec l’uniforme des Grenadiers à cheval (escorte présidentielle, là aussi).

mercredi 13 septembre 2017

Vázquez veut passer à autre chose en s'appuyant sur Topolansky [Actu]

Lucía Topolansky a choisi de se faire photographier au milieu de quelques poules fières comme des coqs
tandis que leur éleveuse porte un vieux pantalon de survêtement tout bouloché !
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Avant-hier, le président uruguayen Tabaré Vázquez n'avait qu'une hâte : refermer au plus vite la parenthèse du désastre politique que constitue, depuis dimanche, la démission contrainte de Raúl Sendic, le premier vice-président de son actuel mandat, cerné par les scandales de malversation et d'usurpation de titre universitaire. Cet épisode spectaculaire, qui a tourné tous les regards du sous-continent vers Montevideo, s'intègre dans une longue histoire d'avatars touchant les vice-présidents uruguayens, qui président aussi le Sénat, comme dans l'Argentine voisine et selon le modèle offert par la constitution des lointains Etats-Unis.

La une de El País hier, 12 septembre 2017
Vázquez se rend au pupitre pour délivrer son discours au pays devant le gouvernement
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Devant le conseil des Ministres, Tabaré Vázquez, qui n'était pas sorti de chez lui dimanche, a engagé tout son gouvernement à regarder vers l'avant, sans plus s'attarder sur le passé. Circulez, il n'y a rien à voir, comme l'a titré El Observador à la une dans son édition d'hier, illustrée par une photo-caricature du chef de l'Etat. Vásquez a interprété la campagne d'opinion qui a abouti à la démission de Sendic comme un épisode brutal, un harcèlement tel qu'on en a jamais vu dans le pays. Toute la presse a repris ces propos qui ne reflètent évidemment pas l'opinion du citoyen lambda, écœuré par l'attitude de ce vice-président qui s'était embourbé dans ses mensonges et ses dénégations depuis de nombreux mois.

Une de La República de ce matin
de gauche à droite : Mujica, Topolansky et Vázquez
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Aujourd'hui, la nouvelle vice-présidente prête serment et prend ses fonctions, après avoir laissé son siège sénatorial à un autre membre du MPP, son parti d'origine, fédéré dans le regroupement de toute la gauche gouvernementale, le Frente Amplio, organisation politique de la gauche plurielle (1) qui structure la majorité nationale actuelle, depuis le premier mandat de Tabaré Vázquez, et qui a été bien mis à mal par ce fort peu glorieux incident.

La une de El Observador d'hier
On peut traduire le gros titre par notre expression :
Circulez, il n'y a rien à voir !
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Lucía Topolansky est la première femme à accéder à ces fonctions dans l'histoire de la République Orientale de l'Uruguay. Elle a soixante-treize ans. Elle est l'épouse de l'ancien président José Mujica, connu pour son verbe haut et la frugalité de sa vie quotidienne, qui n'est pas sans rappeler certains héros désintéressés de l'époque indépendantiste, l'époque fondatrice pour ces pays du Cono Sur. Lucía Topolansky est agricultrice et, comme son mari, elle exploite sa propre entreprise agraire, en parallèle avec son action politique, dans un pays où l'agriculture est source de prestige pour qui possède ses terres (2). C'est une militante de gauche de très longue date, à l'engagement incontestable de ce côté-là du spectre idéologique national (et continental). Bien entendu, pour cette même raison, elle n'est ni aimée ni respectée par de (trop) nombreux citoyens de droite qui l'insultent copieusement dans les commentaires qu'ils laissent sur les sites Internet des quotidiens, dissimulant avec courage leur identité dans l'anonymat de leurs pseudos.

Une de La República hier
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Lucía Topolansky se veut un pont entre les gens (3) et une négociatrice au service du pays, pour ce qu'il reste à couvrir du second mandat du Président Vázquez, qui avait gouverné avant son mari, avant de lui succéder, puisque la constitution uruguayenne, qu'il a refusé de faire modifier, interdit au chef de l'Etat d'exécuter deux mandats consécutifs.

Pour en savoir plus :
hier
lire l'article de LR21 (journal en ligne)
aujourd'hui
lire l'article de une de El Observador, qui publie une interview de Lucía Topolansky



(1) pour utiliser une expression qui fit florès en France mais qui ne reflétait pas une réalité politique bien solide, à en croire les résultats électoraux successifs et l'actuel paysage éclaté de la gauche nationale.
(2) C'est une réalité sociale et symbolique dans toute l'Amérique du Sud, Brésil compris.
(3) Remarquez l'emploi de la sémantique du Pape François, le pape argentin qui a mis ses paroles en actes sur le continent, en s'impliquant à Cuba et, la semaine dernière, à nouveau, en Colombie !

lundi 11 septembre 2017

Changement de vice-président en Uruguay [Actu]

Lucía Topolansky (photo El Observador)
C'est l'hiver en Uruguay et le week-end a été pluvieux et orageux.

Samedi dernier, le vice-président, Raúl Sendic, a dû présenter sa démission devant de graves accusations concernant une usurpation de titre universitaires et des malversations diverses et variées, entraînant l'Uruguay dans la chaîne de scandales qui atteint un à un les gouvernements ou ex-gouvernements de gauche en Amérique du Sud.
Aujourd'hui, le conseil des ministres a validé le choix de la sénatrice Lucía Topolansky, l'épouse de l'ancien truculent président de gauche José Mujica, pour occuper ce poste-clé dans la constitution uruguayenne.

Une de La República ce matin à Montevideo,
alors que la rumeur annonçait la nomination probable de Lucía Topolansky
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C'est la première fois qu'une femme accède à cette fonction dans ce pays de quatre millions d'habitants souvent comparé à la Suisse, pour son secret bancaire et sa discrétion diplomatique.
José Mujica a imposé une réputation d'homme incorruptible que rien n'est jamais venu entaché à cette heure. Le choix de son épouse, militante de toujours, est donc un message très significatif de la part du gouvernement et du président en fonction, Tabaré Vázquez, lui-même très apprécié pour son honnêteté et la force de ses convictions. Il exerce son deuxième mandat non successif (puisque la constitution uruguayenne interdit au chef de l'Etat de se représenter à l'élection à l'issue d'un mandat).

Une de El País de ce matin
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lundi 5 décembre 2016

Tabaré Vázquez au Vatican [Actu]

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Vendredi dans le cadre de sa tournée européenne, qui le conduit à Paris aujourd'hui, le Président de la République orientale de l'Uruguay Tabaré Vázquez a été reçu au Vatican par le Pape François pour la première audience officielle de son second mandat.

La même photo que pour El País mais en manchette
La photo de une est consacrée au problème de la violence dans les stades de foot

L'entretien a été des plus cordiaux. On n'en attendait pas moins avec une personnalité aussi distinguée que celle de cet oncologue profondément chrétien, qui avait mis son veto, il y a plusieurs années, à une loi de libéralisation de l'avortement (1), passée depuis sous la mandat de José Mujica, son successeur et prédécesseur (2).

Dans sa conférence de presse qui a suivi, Tabaré Vázquez a annoncé que le Vatican allait ouvrir ses archives au sujet de la dictature militaire des années 1973-1985, comme cela s'est déjà fait pour l'Argentine à la demande des associations de victimes du terrorisme d'Etat.

La photo est encore plus petite ! Dans la colonne de droite, en haut...
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Le lendemain, la presse uruguayenne faisait écho à cette entrevue papale, à peine moins attendue qu'elle ne l'est en Argentine quand il s'agit du chef de l'Etat.

Pour aller plus loin :
lire l'article de La República le jour même
lire l'article de El Observador le jour même
lire l'article de El País le lendemain, qui titre sur la promesse d'une visite de François en Uruguay (et on sait en effet que le Pape veut profiter d'un déplacement pour visiter au moins trois pays, le Chili, l'Argentine et l'Uruguay et qu'il n'en trouve pas le temps)
lire l'article de La República le lendemain



mercredi 15 avril 2015

Eduardo Galeano : les hommages se poursuivent – Article n° 4200 [Actu]

Página/12 construit son titre sur le titre d'un des livres de Galeano
El libro de los abrazos

C'est une foule considérable, de grands et d'anonymes et de toutes les générations, qui a défilé pendant sept heures, jusqu'à 22h hier soir, devant le cercueil de l'écrivain uruguayen Eduardo Galeano dans la salle des Pas Perdus du palais législatif de Montevideo. La veillée s'est faite en grande pompe, le cercueil recevant même les honneurs militaires, comme cela avait déjà été le cas pour le poète Mario Benedetti il y a quelques années. Le Président Tabaré Vázquez, son vice-président, l'ex-président et aujourd'hui sénateur José Mujica, la ministre de la Culture d'Uruguay ont été bien entendu les premiers à rendre hommage au disparu.

Photo Marcelo Bonjour

Un grand nombre d'artistes de diverses nationalités, dont beaucoup d'Argentins, ont fait le déplacement pour venir manifester leur émotion. Parmi eux, le catalan Joan Manuel Serrat, un auteur-compositeur espagnol très apprécié en Amérique du Sud.

Teresa Parodi, ministre de la Culture argentine et elle-même grande artiste du Litoral (1), avait traversé le Río de la Plata pour être là, à la demande personnelle de la Présidente Cristina Kirchner. La rédaction de La República insiste sur l'importance et la diversité de la présence argentine, avec des représentants de tous les secteurs, y compris les syndicats.

Le gros titre texte est pour la sécheresse qui sévit en Uruguay
et qui compromet les cultures d'hiver.
La photo principale montre Pepe Mujica de dos
avec différentes personnalités hier au Parlement

Tous les corps constitués et corps intermédiaires uruguayens ont tenu à participer, y compris la Marine nationale qui a fait déposer une gerbe qui n'est pas passée inaperçue dans un pays qui a souffert pendant douze ans sous une dictature militaire aussi cruelle que celles qui sévissaient ailleurs dans les mêmes années de plomb.

"La voix des humbles
L'Uruguay et le monde saluent Eduardo Galeano pour la dernière fois".
La photo représente le président Vázquez et son vice-président devant le cercueil.
Haute résolution disponible en cliquant sur l'image.

José Mujica, dans une déclaration émue, a rappelé que peu de temps avant la fin de son mandat, sachant l'écrivain très malade, il était allé chez lui lui rendre une visite :

Hace poco tiempo estuve a darle un abrazo en su casa y fui con mi querida compañera Lucía (Topolansky). Porque uno cuando se pone viejo, a veces presiente, y yo sentía que como presidente, institucionalmente debía simbolizar en un abrazo la gratitud a esa hermosa vida que en cualquier momento se podía ir por razones biológicas. Y así fue”
José Mujica, hier (chapelle ardente autour de Eduardo Galeano)

Il y a peu, je suis allé l'embrasser chez lui et j'y suis allée avec ma chère compagne Lucía [Topolansky]. Parce que quand on se fait vieux, parfois on présent et moi je sentais qu'en tant que président, je devais, de manière institutionnelle, symboliser dans cette étreinte notre gratitude pour cette belle vie qui, à tout moment, pouvait s'en aller pour des raisons biologiques. Et c'est ce qui s'est passé.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

L'écrivain sera incinéré en privé aujourd'hui dans l'après-midi.

Pour en savoir plus :
lire l'article de El País (toujours malencontreusement rangé dans les pages divertissement !), qui a ajouté une galerie d'images
lire l'article de Página/12, dont Galeano était l'un des collaborateurs – Comme toujours, cet article est de toute la presse sur le même sujet celui qui a le plus fort contenu...
Página/12 publie en outre un article secondaire, toujours dans ses pages culturelles, sur le combat de Galeano pour que soient jugés les criminels des dictatures (la photo d'illustration le montre serrant dans ses bras Macarena Guelman, la petite-fille retrouvé du défunt poète Juan Guelman, lui aussi membre de la rédaction du journal, ce qui fait de Página/12 le journal phare de la vie intellectuelle argentine, comme le fut en son temps le quotidien Crítica du patron de presse Natalio Botana dans les années 1930 et 1940).




(1) On appelle Litoral l'ensemble des trois Provinces qui se situent entre les rives de l'Uruguay et du Paraná en Argentine, soit Misiones, Corrientes et Entre Ríos.