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mardi 22 août 2017

Mini-muestra en la Alianza Francesa de Villa Mercedes [à l'affiche]

Texte en français en-dessous

En el cuadro del encuentro que tendré a la tarde, este martes 22 de agoto del 2017, con los alumnos de la Alianza Francesa de Villa Mercedes (San Luis), proponemos en la sede de la entidad una muestra de algunos documentos históricos de Francia acerca de la vida del general en el país galo y su monumento en la ciudad de Boulogne-sur-Mer, donde falleció el 17 de agosto del 1850.
Se trata de folletos de propaganda política que se publicaron durante la Monarquía de Julio sobre la denominada "Question de La Plata", o sea el bloqueo francés en contra de Rosas, y de varios artículos de prensa, tomados de Le Figaro y Le Temps (1909).

Los documentos, los elegí en sintonía con el mes sanmartiniano agregando unas fotos que saqué en Boulogne-sur-Mer, en un día soleado de abril del 2016. El director de la Alianza Francesa, Agutin Vanella, se encargó de toda la tarea de armar, hoy, entre clases y clases, la muestra en el sede de esta Alianza historica, fundada hace casi 70 años y que sigue proponiendo la cultura francesa en esta parte de la provincia. Le agradezco a Agustin su manejo de la Alianza y por darme la posibilidad de dialogar con los vecinos, en pleno centro del Interior argentino.


Pour illustrer la rencontre que j'aurai ce soir, heure argentine, avec les élèves de l'Alliance Française de Villa Mercedes, dans la province de San Luis, dans le centre de l'Argentine, le directeur Agustin Vanella, dont je voudrais saluer ici le travail passionné et le sens du dialogue entre les cultures pour le plus grand bien de cette petite ville qui m'accueille pour la deuxième année consécutive, et moi-même commenterons une petite exposition que nous avons monté avec des documents historiques que j'ai choisis autour de la propagande politique qui existait en France dans les années 1840 autour d'une querelle que le gouvernement de Louis-Philippe puis la Seconde République entretinrent avec celui de Rosas à Buenos Aires et de quelques articles de presse, très pittoresques, qui nous racontent, chacun à sa manière, l'inauguration de la statue de San Martin à Boulogne-sur-Mer par une pluvieuse journée d'octobre 1909, à la veille du premier centenaire de l'Argentine.


A cette occasion, j'offrirai à l'Alliance Française mon second livre sur San Martin, l'anthologie de documents historiques, reprenant l'original français du fameux "discours" de Sarmiento sur les deux libérateurs continentaux. En fait un essai écrit, dans une maîtrise de notre langue qui fait honneur à ce grand écrivain et intellectuel argentin que fut Domingo Faustino Sarmiento.

mardi 12 juillet 2016

Un 14 Juillet spécial Argentine à Boulogne-sur-Mer [ici]

Capture d'écran du site Internet du trois-mâts

Après une escale de plusieurs jours à Amsterdam où elle se trouvait pour le Bicentenaire de l'Indépendance, pour saluer la reine Máxima (1), argentine de naissance, la frégate Libertad viendra à Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, le 14 juillet 2016, pour saluer la ville où le Libertador continental, José de San Martín, a fini ses jours, à l'été 1850.

Rodolfo Terragno, l'Ambassadeur de l'Argentine à l'UNESCO, présidera les cérémonies pendant la fête nationale française au nom de son Gouvernement.

Pendant cette traversée du Bicentenaire, où le bâtiment a abordé à Baltimore et à New-York, pour la première fois aussi depuis treize ans, le navire-école argentin fait également étape dans un port britannique, un geste de la diplomatie argentine pour enterrer la hache de guerre au sujet des Malouines sans pour autant renoncer à la revendication de l'archipel (2).

Si vous aimez les beaux et vieux gréements, ce sera le jour d'admirer celui-là, qui refait le tour du monde pour la première fois depuis sa saisie illégale dans un port du Ghana sous le mandat de Cristina Kirchner. Décidément, selon le slogan du gouvernement, l'Argentine "reprend sa place dans le monde".

Sur le boulevard Sainte-Beuve, non loin du centre de la Mer Nausicaa, vous pourrez saluer la statue équestre de San Martín, érigée en 1909, en préparation du centenaire de l'Argentine. Et à mi-chemin entre la ville basse et la ville haute, dans la Grande-Rue, visitez la Casa San Martín, le petit musée qui a été installé dans la maison où le grand homme a rendu l'âme. L'appartement est au deuxième étage. Trois pièces toutes simples et supérieurement émouvantes pour autant qu'on connaisse a minima la vie et l'œuvre du personnage (pour cela, il suffit de lire les bons livres, ceci dit sans me vanter).

La frégate Libertad n'a plus de page Facebook dédiée sous les nouvelles autorités politiques.
Son tout nouveau site Internet a choisi cette somptueuse photo pour accueillir l'internaute. Cela donne envie de naviguer, non ?

Ajout du 15 juillet 2016 :
lire l'article de La Voix du Nord sur l'inauguration de la nouvelle chapelle commémorative dédiée à José de San Martín dans la crypte de Notre-Dame de la Mer où il a été enterré de 1850 ) 1861.
Merci à Solange Bazely d'avoir attiré mon attention sur cet article. Une Toulousaine qui lit La Voix du Nord ! Bravo !



(1) qui n'a probablement pas pu profiter de la présence dans le port du navire-école de son pays natal puisqu'elle a été victime d'un léger accident cérébral il y a quelques jours et doit se reposer par ordre de la faculté.
(2) Le fait que les Malouines font partie du territoire argentin est inscrit dans la constitution de ce pays. Les îles ont été prises par la force par une petite flottille britannique en 1833, sans déclaration de guerre, et alors que le Royaume-Uni avait reconnu le nouvel état sud-américain en 1824 (en présence de San Martín, d'ailleurs).

jeudi 21 avril 2016

Para homenajear a Boulogne-sur-Mer con horno argentino [ici]

Nota en español (y soló en español)

Después de brindar una charla (en francés) en la universidad de Boulogne-sur-Mer, la ciudad francesa que cobijó al General San Martín al final de su vida, ¡no puedo menos que darle el tributo merecido a esta antigua ciudad de mi país!


Esta es una torta típica del Norte de Francia y en especial de la costa de Boulogne-sur-Mer: la tarte au sucre à gros bords que pone de relieve dos ingredientes típicos de la comarca, la manteca de leche y el azucar de remolacha cocido (la vergeoise) (1). El manjar ideal para el desayuno de otoño e invierno, la merienda, el café y el mate... San Martín la conoció esta torta porque la receta se popularizó a partir del desarrollo de la industria azucarera en tiempo de Napoleón (cuando la remolacha reemplazó el azucar de caña que no podía llegar desde América durante las guerras).

Se necesita:
  • 500 gr de harina de trigo
  • 50 gr de azucar vergeoise (o azucar moreno en la Argentina)
  • 10 gr de sal
  • 3 huevos pequeños
  • 100 gr de leche de vaca (tibia)
  • 20 gr de levadura fresca
  • 200 gr de manteca de leche blando (sacandolo de la heladera con antelación)
  • 80 gr de azucar vergeoise (rubio, es decir producido con una sola coción, o moreno, con dos cociones)


En un bowl, se pone la harina, la levadura diluida en la leche tibia, una cucharada de azucar, la sal y los huevos. Mezclar con la mano y amasar. Cuando se pega bien en los dedos, añadir la mitad de la manteca y mezclar bien amasando. Terminar con un poco de harina fresca para despegar la masa de la mano, hacer una bola y dejar levantar durante una hora tapando el bowl para proteger la masa.
Amasar otra vez y dejar levantar. Se puede repitir una vez más.

En un molde bajo o una placa tapada con papel horno (o amantecado y espolveado para que la torta no se pegue al molde), estirar la masa. La masa ha de estar bien espesa (más o menos 2 dedos). Dejar levantar por última vez durante 20 mn.

Precalentar el horno (200°).

Cuando ha crecido la masa, con el dedo se hace huequitos por toda la superficie, se la tapa toda con azucar, se agrega la manteca en cachitos repartidos por todas partes y de inmediato en el horno durante 20 mn, hasta que la torta se vuelva doradita, caramelizada y blanda, casi cremosa. Se come esta torta entre calentita y tibia.

* * *

En Boulogne-sur-Mer, las obras museografícas tranformaron la cripta de la antigua catedral, donde San Martín descansó hasta el año 1861 (cuando falleció su nieta mayor, hoy en Mendoza, con sus padres). El lugar está señalado de forma linda y solemne con varias placas (una bilingüe) y una bandera argentina (foto abajo).




(1) A veces podemos encontrar este azucar bajo el nombre de cassonade, pero este nombre se pone a la vez al azucar rafinado y cocido de remolacha o de caña. La vergeoise siempre es de remolacha.

dimanche 20 mars 2016

Ce sera un printemps dans les Hauts-de-France [ici]

Cliquez sur l'affiche pour l'obtenir en haute résolution

Nota con resumen en castellano

Nueva charla en francés: San Martín, la historia y el mito, Université du Littoral-Côte d'Opale, sección de Estudios hispanicos e hispano-americanos, en Boulogne-sur-Mer (subprefectura de Pas-de-Calais) - el martes 19 de abril del 2016
Para escuchar mis charlas en castellano, hacer clic acá.
El 1 de mayo, dedicaré mis libros en la Feria del Libro de Arras, prefectura del departamento de Pas-de-Calais.

C'est ainsi ! C'est le futur nom de la future grande région qui fusionnera bientôt les actuelles Nord-Pas de Calais et Picardie : Boulogne-sur-Mer et Arras, respectivement sous-préfecture et préfecture du Pas-de-Calais, sont donc dans les Hauts-de-France (c'est le nouveau langage administratif). Et dans les cœurs, dans l'histoire et la culture, cela restera le Boulonnais et l'Artois !

La chambre où le général est mort, dans les bras et sur le lit de sa fille, Mercedes
dont on fêtera cette année le bicentenaire de la naissance, le 24 août, à Mendoza
Le mobilier est une reconstitution, suivant les indications d'une des petites-filles de Don José
Cuarto de Mercedes de San Martín de Balcarce en la casa de Boulogne-sur-Mer
donde falleció el General San Martín
(segundo piso del Museo del Libertador - Casa San Martín en Francia)

Le 19 avril 2016, je donnerai une conférence sur San Martín, l'histoire et le mythe, à Boulogne-sur-Mer, à l'Université du Littoral-Côte d'Opale (ULCO), sur l'invitation de la Bibliothèque (BULCO), Section des Etudes Hispaniques et Hispano-américaines. Elle se tiendra dans une belle salle du centre universitaire dit de Saint-Louis (1), qui dispose de sa page Facebook et accueille les activités culturelles proposées par l'ULCO aux étudiants, aux enseignants mais aussi au grand public boulonnais.
Mes fidèles lecteurs ont fini par le savoir à force de consulter ce blog : cette haute figure de l'histoire argentine a fini ses jours le 17 août 1850, à Boulogne-sur-Mer, dans une belle et grande maison bourgeoise de la Grande-Rue, qui est aujourd'hui un musée argentin, la Casa San Martín. Considéré en Argentine comme le "père de la patrie" (c'est l'un de ses titres officiels), le Général (avec un G majuscule) était né à Yapeyú, dans l'actuelle province de Corrientes, le 25 février 1778. Personnage charismatique qui a si fort marqué la mémoire populaire qu'il est devenu, très tôt et très vite, un véritable mythe, avec tout ce que cela comporte de développement dans l'art et de fantaisie dans l'histoire, la littérature, le cinéma, la télévision et le théâtre quand les auteurs se projettent dans le personnage et se lancent dans un concours d'anecdotes invraisemblables, d'hypothèses surréalistes et d'anachronismes, loufoques ou scandaleux (2).

Dans cette nouvelle conférence, j'aborderai l'œuvre politique et militaire conduite par San Martín pour mener le continent à l'indépendance et à la liberté ainsi que la manière dont le mythe, dont il est devenu le support, se reflète dans l'art : chanson, cinéma, statuaire... Je soulignerai les différences qui se sont fait jour au fur et à mesure que le temps passe et que les Argentins s'éloignent des nécessités de la fin du XIXème siècle ainsi que celles qui existent entre les diverses régions (le San Martín de Buenos  Aires n'est pas tout à fait celui qui apparaît à Mendoza ; le premier est figé dans le bronze et toujours sanglé dans son uniforme, le second est beaucoup plus proche de la vérité historique, telle que les Mendocins en gardent la mémoire génération après génération).

L'église Saint-Nicolas de Boulogne-sur-Mer où ont été dites les absoutes
sur le cercueil de San Martín, avant qu'il ne soit porté dans la crypte de l'ancienne cathédrale
dans la Ville-Haute, l'ancienne et somptueuse citadelle médiévale
En esta iglesia San Nicolás, en Grande-Rue, a una media-cuadra de la casa donde vivió,
se cantó el responso en los funerales del prócer

Du fait de la capacité de la salle de la bibliothèque, l'Université doit réserver en priorité l'entrée à ses étudiants et son personnel.

Juste avant le début de la conférence, il y aura une dégustation gratuite de mate de façon à commencer sur une touche de convivialité 100% argentine, et comme la yerba mate est le produit phare de la région où San Martín est né...

Ce sera mon second séjour à Boulogne-sur-Mer où je m'étais déjà rendue en juin 2012 lorsque je préparais la biographie que j'ai publiée en décembre 2012 aux Editions du Jasmin : San Martín à rebours des conquistadors. Elle a été par la suite complétée par sélection de documents historiques, en version originale avec traduction en français, San Martín par lui-même et par ses contemporains (mai 2014).


Insert du 20 avril 2016 :
Pour des raisons très indépendantes de ma volonté comme de celle des Editions du Jasmin, fidèles d'entre les fidèles parmi les éditeurs qui participent à cette manifestation année après année, et donc bien à contre-cœur, nous nous voyons contraints, lui comme moi-même, de renoncer cette année à notre participation traditionnelle à cette fête du livre sans avoir reçu la moindre explication d'aucune nature de la part des organisateurs... Mon  prochain rendez-vous dans les Hauts-de-France sera donc à la fête du livre de Merlieux, dans l'Aisne, en Picardie, fin septembre.

Et le 1er mai, comme tous les ans, je serai à Arras, au Salon du Livre d'expression populaire et de critique sociale. Je signerai mes ouvrages sur le stand des Editions du Jasmin.
Avec bien entendu, là aussi et comme d'habitude encore, une dégustation gratuite d'un authentique mate artisanal, de coopérative de Corrientes ou de Misiones, que j'anime au milieu de nos livres pour tous les âges et tous les goûts et peut-être, si j'ai le temps de m'en occuper la veille, une ou deux spécialités solides de la gastronomie argentine...

Le salon s'organise sous un chapiteau, monté sur la Grand-Place, au centre d'Arras. L'entrée est libre et gratuite et les animations nombreuses pendant près d'un mois, ainsi que les offres de restauration, avec ici ou là de vraies spécialités de l'Artois traditionnel. Une manifestation très marquée à gauche dans une région où l'extrême droite avance à grands pas... Alors vive le muguet des travailleurs et leur fête !


Pour en savoir plus :
découvrir l'université du Littoral-Côte d'Opale grâce à son site Internet.



(1) Boulogne-sur-Mer reste attachée au souvenir de Saint Louis puisque c'est l'oncle de ce roi qui a fait bâtir le château-fort qui accueille aujourd'hui le musée municipal, dont je ne saurais trop vous conseiller la visite : il y a une galerie de peinture consacrée à la Côte d'Opale de toute beauté et une autre consacrée à la culture inuit et c'est unique en France.
(2) Des anachronismes souvent trompeurs pour le public argentin et sud-américain dans son ensemble, très mal formé en matière d'histoire.

mercredi 12 décembre 2012

San Martín, à rebours des conquistadors : les bonnes feuilles [Disques & Livres]

Monument à San Martín, boulevard Sainte-Beuve, Boulogne-sur-Mer, Pas-de-Calais
La statue le représente dans une allure martiale, la bouche ouverte pour hurler
comme toujours à cette époque qui est celle où se fixe sa légende (1909).
Il brandit l'étendard de Pizzarro, ce qui est tout à fait invraisemblable,
autant que l'attitude générale qui est en contradiction
avec la psychologie réelle du personnage historique, mais c'est ainsi...
Et comme vous le voyez, il faisait très beau sur la moitié nord de la France, en ce 15 juin 2012 !

Encore une dizaine de jours pour acquérir en souscription cette biographie de José de San Martín que je publie d'ici Noël aux Editions du Jasmin. Originellement, la souscription prenait fin le 4 décembre 2012, mais des retards sont intervenus dans le processus d'édition et l'opération reste donc valable jusqu'à la sortie officielle du livre, chez l'éditeur. Vous disposez donc d'encore quelques jours pour l'acheter avec 12,5% de réduction, soit davantage que ce que la loi autorise aux libraires (-5% maximum).

Vous trouverez plus d'informations sur le site Internet de l'éditeur et sur la page Facebook de la collection Signes de Vie, dans laquelle cette biographie prendra place, après celle des frères Grimm, d'André Malraux, de Frédéric Chopin, de George Sand, d'Arthur Conan Doyle, de Simone de Beauvoir, de Vincent Van Gogh, de Frida Kalho et à la rentrée après les fêtes, de François Caron de Beaumarchais et de Jean Jaurés...

Après vous avoir présenté cette figure centrale dans l'identité et l'histoire argentine (et au-delà car on peut aussi parler de l'histoire sud-américaine) à travers différents témoignages de contemporains, le conseil municipal de Mendoza en 1816 (voir mon article du 6 novembre 2012), la presse internationale à Buenos Aires, à Paris et à Lausanne en 1817 (voir mon article du 16 novembre 2012), la presse libérale espagnole à Barcelone en 1820 (voir mon article du 21 novembre 2012), un entretien politique avec Basil Hall, un commandant de la Royal Navy en 1821 (voir mon article du 28 novembre 2012) et enfin une analyse historique élaborée par un Français, Gabriel Lafond, en 1841-1844 (voir mon article du 4 décembre 2012), voici une petite notice autobiographique qu'il adressa lui-même à Ramón Castilla, alors Président de la République du Pérou, que j'ai traduit pour en faire le préambule de San Martín, à rebours des conquistadors.

Nous sommes en septembre 1848. Le général a soixante-dix ans. Il a quitté Paris et sa région juste après la Révolution de Février pour épargner à sa famille, et surtout à ses petites-filles, les troubles qui agitent la capitale. Il s'est rapproché de l'Angleterre qui continue sans heurt ses progrès démocratiques et s'est installé chez Adolphe Gérard, un avocat de Boulogne-sur-Mer. Il vit dans la Grande-Rue qui relie la Ville Haute et la Ville Basse dans une maison qui est maintenant devenu un musée (voir à ce propos mon retour sur images du 10 août 2012), le seul musée argentin sur le sol français...

Cliquez sur l'image pour une résolution de lecture sur écran (1)

Cette lettre de septembre 1848 est l'une des dernières qu'il a écrites de sa main. Bientôt, la double cataracte, dont il ressent la gêne depuis 1843, lui ôtera presque complètement la vue. En plein jour, il distingue déjà à grand peine ce qu'il écrit. D'ici quelques mois, il lui faudra dicter son courrier à sa fille ou à son gendre et il ne s'y fera jamais.

Il décrit ici ce que fut son action politique pendant la guerre d'indépendance entre 1812 et 1822, année de son retrait de toute vie publique. Et son style reflète la sobriété qu'il a toujours montrée tout au long de sa vie et qui en fit un chef profondément aimé et apprécié de ses subordonnés, comme en témoigna Gabriel Lafond dans son livre publié en 1844 (voir mon article du 4 décembre).


Cliquez sur l'image pour obtenir une résolution de lecture sur écran

* * *

Pour aller plus loin :
- Ecouter mon interview d'août 2012 en français, par Magdalena Arnoux, sur Radio Nacional (Radiodifusión Argentina al Exterior).
Elle porte surtout sur les rumeurs malveillantes concernant la filiation de San Martín dont une légende sans queue ni tête mais indéracinable veut qu'il ait été un métis adultérin, ce qui est impossible au regard des règles qui régnaient sous l'Ancien Régime dans l'armée espagnole où il a servi à partir de 1789 (il avait alors 11 ans et demi et non pas 13 comme il l'annonce dans sa lettre. San Martín, comme tous les hommes de sa génération, n'est jamais bien précis sur son âge. La date de naissance, à cette époque, n'a pas du tout la valeur que nous lui attachons et on se trompe très facilement dans ses calculs).
- Ecouter mon interview d'août 2012 en espagnol sur la même station.
Avec le journaliste Leonardo Liberman, j'y parle du San Martín intime de l'exil à Paris, entre 1831 et 1848, de son implication dans la vie intellectuelle et artistique de son temps, de sa relation aimante avec sa fille ainsi que de la ville de Boulogne-sur-Mer où il a achevé son existence le 17 août 1850.

* * *

Pour en savoir plus sur la haute figure qu'est José de San Martín en Argentine en restant dans Barrio de Tango, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus (sous le titre de chaque article).
Pour connaître l'ensemble de mes articles sur ce livre, le troisième que je publie, le second aux Editions du Jasmin, cliquez sur le mot-clé SnM bio Jasmin, dans le même bloc Pour chercher.
Des raccourcis vers les présentations de chacun de mes livres sont disponibles en partie haute de la Colonne de droite.


(1) Les circonstances auxquelles fait allusion San Martín ne sont autres que ses fiançailles et son mariage avec Remedios de Escalada, qui lui permirent d'atténuer la méfiance qu'il inspirait parce que sa famille était inconnue à Buenos Aires. Mais le fait que don Antonio de Escalada l'accueillait dans sa parenté était bon signe : l'homme était un partisan déclaré de la révolution et de l'indépendance depuis le 22 mai 1810. Il est donc particulièrement éclairant que San Martín, qui ne parle jamais de ses morts, distingue ici entre circonstances et calcul, car plusieurs historiens prétendent que son union fut un mariage de raison, sans amour. On voit bien ici que cette interprétation est largement contestable.

vendredi 10 août 2012

El Día de San Martín dans la ville la plus argentine de France [Retour sur Images]. Article n° 2700 [ici]

El Día de San Martín (fête de San Martín, à ne pas confondre avec la saint-Martin qui est célébrée le 11 novembre) a lieu le 17 août. Enfin théoriquement car en fait, en Argentine, le jour férié est depuis plusieurs années reporté au lundi le plus proche pour permettre aux Argentins de profiter d'un long week-end et favoriser le tourisme intérieur. El Día de San Martín est l'un des quatre jours patriotiques (días patrios) qui se pressent en hiver, avec le 25 mai (fête de la Révolution), le 20 juin (fête du drapeau, établie pendant la guerre civile espagnole pour fédérer les Argentins prêts à se déchirer sur les enjeux de la Péninsule) et le 9 juillet (fête de l'Indépendance).

Le superbe beffroi médiéval de Boulogne sur Mer est un monument classé.

Le 17 août, les Argentins se souviennent de José de San Martín, mort à Boulogne-sur-Mer, ce samedi de l'année 1850, à 15h, à l'âge 72 ans et six mois.
Depuis, Boulogne-sur-Mer, sous-préfecture du Pas-de-Calais, est la ville la plus argentine de France. Depuis la fin des années 1920, elle dispose même d'un musée qui lui est dédié, installé dans la maison où don José a vécu les 16 derniers mois d'une belle vie passionnée de révolutionnaire, d'homme d'action et de coeur, d'intellectuel immensément cultivé.

Pour les besoins de mes prochains projets, que je vous dévoilerai mieux à la rentrée, vers la mi-septembre, je me suis rendue en juin dernier dans ce port qui plonge dans la Manche et j'en ai rapporté quelques images et le souvenir d'une ville pleine de charme et riche d'un patrimoine culturel trop méconnu en France.

La terrasse intérieure de la Casa San Martín satisfait à une tradition bien argentine : le mur de plaques commémoratives avec des hommages venus de tous les horizons...

Ce 17 août 2012, le Día de San Martín, que les Boulonnais appellent tout simplement le 17 Août, sera fêté avec un récital de la chanteuse argentine Magdalena León, avec le soutien du pianiste Miguel Angel Estrella, brillant musicien classique argentin, grand militant des droits de l'homme et actuel Ambassadeur de son pays auprès de l'UNESCO à Paris. Le concert est organisée par la Mairie avec le soutien de l'Ambassade d'Argentine en France. Il se tiendra le 17 août à 20h, au Carré SAM, place d'Argentine. La chanteuse sera accompagnée par ses musiciens, Mariano Rey, Matías Martino et Roberto López.

Ce concert offre une bonne occasion de découvrir la ville, avec la Casa San Martín (ça s'impose), la ville fortifiée ou Ville Haute avec son Château-Musée qui présente des collections assez remarquables, notamment celle d'objets usuels et cultuels des Inuits d'Alaska qui est unique en France, la très belle Grande Rue qui dessert l'église Saint-Nicolas puis descend vers le port, d'où il ne vous reste plus qu'à bifurquer sur votre droite et à longer les Buildings pour vous trouver à Nausicaa, le plus grand Centre de la Mer de notre pays. Et face à Nausicaa ou presque, une statue de San Martín, bien militariste comme ça se faisait en 1909, à la veille du centenaire de l'Argentine, et à quelques pas de là la Maison de la Beurrière, éco-musée qui reconstitue, en haut de son escalier qui escalade la falaise, l'intérieur d'un ménage de pêcheurs à la fin du 19ème siècle... Les mouettes sont en prime. Elles volent et crient dans toute la ville du matin au soir.

Ce coin du rez-de-chaussée est consacré au Régiment des Grenadiers à cheval, le régiment d'élite que San Martín créa de toutes pièces à Buenos Aires en 1812. L'actuel régiment est chargé de la sécurité des personnalités officielles et rend les honneurs dans les grandes occasions.

La visite de la Casa San Martín vous permettra d'avoir une bonne idée de la légende du général et de la conception que la grande majorité des Argentins s'en font encore aujourd'hui. Le Libertador, le Père de la Patrie y est représenté presque exclusivement dans son action militaire, qui fut certes plus que brillante mais ne saurait pour autant rendre compte de l'ampleur du personnage, il s'en faut de beaucoup.

Depuis quelques temps en Argentine, grâce à certains historiens dont je vous ai déjà parlé ici, comme Felipe Pigna ou Norberto Galasso, qui décapent au jet d'eau sous pression les préjugés de l'histoire officielle que l'école continue de rabâcher aux élèves jusqu'au baccalauréat, les Argentins redécouvrent peu à peu son œuvre politique et révolutionnaire, qu'avait si habilement escamotée Bartolomé Mitre (1821-1906) et ses adeptes à partir des années 1860 et qui était encore très largement méconnue lorsque cette belle maison bourgeoise du 113 Grande-Rue (1) fut instituée en musée par la République Argentine.

Sans doute la pièce la plus émouvante du musée : la chambre de Mercedes, la fille de San Martín, qui mourut dans ses bras, sur ce lit (la pièce est bien entendu reconstituée car la maison a vécu près de 80 ans avant de devenir musée. En revanche, le plancher présente toutes les caractéristiques d'une grande authenticité).

Allez donc y mettre les pieds. Vous pourrez dire que vous serez allés en Argentine. Le musée est extraterritorialisé ! Et puisque comme la plupart des musées argentins l'entrée est libre, vous n'oublierez pas de remarquer l'urne en bois qui attend votre libre participation dans le vestibule...

Les douves du château de Philippe Hurepel, l'oncle rebelle de Saint-Louis, dans la Ville Haute.


Ajout du 21 août 2012 : à l'occasion du jour férié lié au Día de San Martín, l'une des fêtes qui se déplacent au lundi le plus proche, Nacional Rock, l'une des chaînes du groupe Radio Nacional Argentina, a passé hier, lundi 20 août, puis mis en ligne aujourd'hui (en libre téléchargement manuel) une interview de l'historien Norberto Galasso, qui a écrit il y a quelques années une biographie très approfondie de San Martín dans le plus pur esprit revisionismo histórico (ce fameux courant d'historiens qui a entrepris de nettoyer l'histoire nationale de tous les poncifs qui entravent son libre développement intellectuel depuis la fin du 19ème siècle). A écouter et à réécouter, lentement le cas échéant, avec patience et passion (l'espagnol d'Argentine est de plus en plus différent de celui que l'on parle en Espagne, mais avec des gens comme Galasso, ça vaut le coup de faire l'effort).
Pour aller plus loin :
visiter la page de l'émission (où vous pouvez l'écouter, voire la télécharger)


(1) San Martín y était locataire d'un appartement au second étage où il emménagea avec sa fille Mercedes, son gendre, Mariano Balcarce, et leurs deux filles en mars 1848, pour fuir les barricades qui s'étaient levées en février à Paris. Le propriétaire était un avocat inscrit au tribunal de Boulogne et son épouse, deux quarantenaires qui venaient de faire achever les travaux de construction de ce petit hôtel particulier provincial, face à l'université, lorsque la révolution renversa Louis-Philippe dont ils étaient de fervents partisans.