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samedi 5 décembre 2009

Carlos Buono Trío à la Esquina Osvaldo Pugliese cet après-midi [à l'affiche]

C'est dans le cadre des célébrations du Día Nacional del Tango et avec quelques jours d'anticipation que le trio du bandonéoniste Carlos Buono se produira aujourd'hui, 5 décembre 2009, à 17h, au Café Recuerdo, dit aussi Esquina Osvaldo Pugliese, qui se trouve esquina Boedo y Carlos Calvo. Entrée libre et gratuite. Il n'y a même pas d'obligation de consommation. Ceci dit, vous aurez tout de même la politesse de commander quelque chose....
Le Carlos Buono Trío se compose de Carlos Buono lui-même, au bandonéon, de Miguel Pereyra au piano et de Daniel Cucci à la contrebasse. La chanteuse Marcela Ríos sera avec eux. L'animation de l'après-midi est assurée par Rosa María Silva.

Le Día Nacional del Tango est fêté tous les 11 décembre et marque l'anniversaire de naissance de Carlos Gardel et de Julio de Caro, deux grands musiciens qui ont donné au tango la forme qu'on lui connaît aujourd'hui et la variété dont le genre est capable...

mercredi 29 juillet 2009

Conférence de Baires Popular à la Esquina Osvaldo Pugliese [à l’affiche]

Les fidèles lecteurs de Barrio de Tango connaissent désormais bien ce café-restaurant du quartier de Boedo (esquina Boedo y Carlos Calvo), qui accueille assez souvent des activités artistiques et culturelles sans prétention et à la bonne franquette entre ses quatres murs tapissés de souvenirs du Maestro Pugliese (affiches, tableaux, photos...). En l’occurrence, samedi 1er août à 17h, Luis Feldman délivrera une conférence illustrée de vidéos sur Les grands interprètes du tango qui ont accédé au cinéma dans le cadre d’un cycle organisé par l’association Baires Popular (Baires, c’est l’abréviation de Buenos Aires, voir en partie centrale de la Colonne de droite la Trousse lexicale d'urgence).

L’entrée est libre et gratuite et il n’y a même pas d’obligation de consommer. Mais comme il n’y a pas non plus d’obligation de se comporter en goujat ou en profiteur, le patron, qui est l’homme le plus aimable qui soit, vous sera très reconnaissant de faire tourner sa boutique. Surtout qu’au plus fort de la crise sanitaire au début du mois (voir mes articles précédents), les cafés et restaurants ont payé le prix fort de la grippe A avec la raréfaction de leur clientèle habituelle et les coûts supplémentaires qu’ont entraîné les obligations de désinfection supplémentaire (pour limiter les risques de contagion).
Pour faire plaisir au patron, essayez donc le café ou le submarino (une tasse de lait chaud avec une barre de chocolat qui fond tout doucement dedans), c’est recommandé par la vague de froid qui passe actuellement sur la capitale argentine (il faisait 8° aujourd’hui, en milieu de journée et la météo annonçait 13 de maximum, or les Portègnes se prennent pour des habitants de l’Antarctique dès que le thermomètre marque moins de 10°. Et encore ! Seulement les pas-frileux ! Les frileux, eux, ce n’est pas à moins de 15 ou 16 qu’ils cessent de grelotter).

Les lecteurs habituels connaissent le système en vigueur sur Barrio de Tango : vous pouvez accéder à l’ensemble des articles du blog en fonction de leur thématique (ou de leur mois de parution si vous allez dans les archives). Le cinéma et les conférences disposent d’un raccourci dans la rubrique Tangoscope de la Colonne de droite (vous accéderez aux mêmes articles en cliquant sur les mots-clés correspondants dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, en haut du présent article). Pour tous les articles rapportant ce qui se passe dans le quartier de Boedo ou à la Esquina Osvaldo Pugliese, cliquez sur ces mêmes mots dans le bloc Pour chercher.

vendredi 5 juin 2009

Tangos d’une exposition à la Esquina Osvaldo Pugliese [à l’affiche]

Le spectacle pluridisciplinaire, créé en mai à la Manzana de las Luces, dans le centre historique de Buenos Aires, sera repris ce samedi, 6 juin, à 17h, au café Esquina Osvaldo Pugliese, au coeur du quartier de Boedo. L’entrée est gratuite (ce qui ne vous dispense pas de prendre une consommation, vous êtes dans un café, et des plus sympathiques qui plus est).

Le spectacle, qui mêle chant, poésie, instruments, arts plastiques et danse, rassemble la chanteuse Lucrecia Merico, qui vient de réaliser un mois de mai tous azimuts (cliquer sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, pour voir l’ensemble des articles qui lui sont consacrés depuis septembre, ou cliquer sur son nom dans la rubrique Vecinos del Barrio, en Colonne de droite), la poète Nélida Puig, le flûtiste Eduardo Tami, la pianiste Diana Ginzburg, le guitariste Marcelo Pereyra, les danseurs Daiana et León, le peintre Rodrigo Pumares...

La Esquina Osvaldo Pugliese se trouve sur l’avenida Boedo, à la hauteur du 909 (vous ne pouvez pas le rater : vous avez le regard d’Osvaldo Pugliese qui vous fixe en souriant au dessus de la porte). Il est recommandé d’appeler pour réserver (4931 2142 ou 4931 0277, dans Buenos Aires intra-muros).

En savoir plus :
Vous reporter à mon premier article sur la création à la Manzana de las Luces.
Pour en connaître plus sur la programmation de ce café-restaurant, cliquer sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search.
Un certain nombre des artistes cités ci-dessus dispose d’un raccourci dans la rubrique Vecinos del Barrio (Colonne de droite). La plupart des artistes qui ont déjà fait l’objet de 3 articles y sont présents.

samedi 9 mai 2009

Rencontre de la Junta de Estudios historicos del Barrio de Boedo à la Esquina Osvaldo Pugliese [à l'affiche]

Logo de la Junta

La Junta de Estudios historicos del Barrio de Boedo est un cercle de passionnés d'histoire qui veille sur le passé de ce quartier si emblématique du sud de la capitale argentine.

Cette après-midi, la Junta organise une rencontre culturelle sur le thème des liens entre les manèges forains et le tango dans le quartier de Boedo.

Depuis le début avril, c'est un grand cycle d'hommage aux manèges des quartiers qu'a lancé le Ministère de la Culture de la Ville pour les faire vivre, les mettre à l'honneur et les promouvoir dans tout Buenos Aires avec le secours de force spectacles et autres divertissements.

Hier, vendredi 8 mai à 17h, le quartier voisin de Almagro fêtait même les 90 ans du patron d'un de ces manèges (calesitero), Don Antonio Vila. Cela se plaçait Plaza Almagro, avec théâtre de marionnettes et remise d'un diplôme d'honneur au vieux monsieur, présent sur le quartier à faire tourner son manège pour le plaisir des petits et des grands depuis 1958, d'abord dans les quartiers de Constitución et de La Chacarita et depuis 30 au même endroit dans le quartier d'Almagro. Une manière élégante, pour l'association des patrons de manège, de saluer le départ en retraite (bien méritée) d'un éminent collègue.

Guère étonnant dès lors que la Junta ait choisi ce thème du tango et du manège pour sa rencontre d'aujourd'hui, la 2ème de l'année 2009, à 17h, au café-restaurant Equina Osvaldo Pugliese, situé à l'angle (esquina) de la rue Calvo et de l'avenue Boedo, dans le quartier homonyme, à 100 mètres du carrefour (esquina) San Juan y Boedo (cette esquina que cite Homero Manzi au tout début du tango Sur).

Lorsque vous vous promenez à pied dans Boedo, difficile d'ignorer longtemps l'existence de ce cercle d'historiens locaux : la Junta a fait poser un peu partout une quantité astronomique de plaques, la plupart du temps confiée au pinceau du fileteador Luis Zorz (vous apprendrez assez vite à reconnaître sa patte dans cet environnement fourni), pour célébrer le souvenir des musiciens, compositeurs, poètes, journalistes, intellectuels qui ont illustré ce coin de Buenos Aires. La plus grosse concentration de plaques se trouve précisément dans la zone où a lieu la rencontre de ce soir, autour de la esquina San Juan y Boedo, dans un rayon de 200 mètres à la ronde. Dans ce coin-là, c'est absolument phénomènal et qui plus est, toutes ces plaques sont très belles, très émouvantes : Homero Manzi, Osvaldo Pugliese, Sebastián Piana, les Castillo père et fils, José González Castillo (fondateur de la Universidad Popular de Boedo) et Cátulo Castillo, le cercle littéraire ouvriériste Boedo, les poètes du lunfardo Dante A. Linyera et Alvaro Yunque (qui en faisait partie dans les années 20 et 30), la chanteuse Mercedes Simone, des cinémas disparus (Cine Mitre, Cine Moderno), les auteurs et compositeurs de tango Julio et Alfredo Navarrine, la maison d'édition Claridad et encore très récemment, en 2008, le poète et dramaturge Cesar Tiempo. Et encore, je crois que j'en ai oublié en route...

Le chanteur José Sancho assurera la partie musicale de l'aprés-midi.
Deux disques à son actif : Para empezar tango en 2003 et Frente al espejo en 2005 (dont la page Discografía de son site vous permettra d'écouter quelques extraits). Mais le document audio le plus fourni est celui que vous entendrez dès la connexion réalisée à son site, celle de son introduction, un morceau très rare en ouverture de site Web : Pasional, de Jorge Caldara et Mario Soto, un tango de 1951 pour lequel j'ai un petit faible... C'est qu'il m'a permis de découvrir beaucoup de choses dans le monde du tango, dans sa musique, son esthétique, sa poésie. L'interprétation est somptueuse, presque a capella sur certains passages tant les musiciens se font discrets. Sans parler de l'animation visuelle de la page vraiment très travaillée (et sobre). Et une surprise linguistique vous attend en prime, vous les Francophones, dès la connexion (je ne vous en dis pas plus, je vous donne juste le lien. A vous de cliquer dessus si vous voulez découvrir ce qu'il y a à découvrir).



En savoir plus :
lire tous les articles de Barrio de Tango (y compris celui-ci) sur Boedo ou sur la Esquina Osvaldo Pugliese en cliquant sus ces deux mots-clés dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search
Visiter la page de la Junta de estudios historicos de Boedo sur le site Barriada.
Lire l'article du Portail de Buenos Aires sur les 90 ans de Don Antonio Vila

vendredi 17 avril 2009

Vendredi soir ordinaire à Buenos Aires [à l'affiche]

Esquina Osvaldo Pugliese, qui fait l'angle sud-est de la esquina Carlos Calvo y Boedo, à 21h30, 20 $ pour le show, possibilité de choisir le menu économique à 35 $ (vous pouvez le choisir sans crainte, il est super-bon, mais si vous venez d'Europe, votre niveau de vie vous permettra de choisir autre chose dans la carte de ce grill-pizzeria qui porte le nom du compositeur et dont les murs sont couverts de souvenirs de lui) :
la soirée musicale est organisée par les producteurs de l'émission radiophonique Abril Tango y los elegidos qui passe du lundi au vendredi de 10h à 12h sur AM 840 Radio General Belgrano (à ne pas confondre avec Radio Belgrano, ça n'a rien à voir).
Le site de AM 840 Radio General Belgrano sous le lien.

Esquina Homero Manzi : la chanteuse María José Mentana, accompagnée à la guitare par Julián Hermida (qui assure aussi les arrangements et la direction musicale) et au piano par Juanjo Hermida, sera à la "Trasnoche" (la soirée qui s'ouvre après minuit, une fois qu'on a envoyé les touristes du Cena-show se coucher) de la Esquina Homero Manzi, donc à une cuadra de la Esquina Osvaldo Pugliese, à l'angle nord-est de la esquina San Juan y Boedo (les lecteurs fidèles de ce blog savent déjà ça par coeur ! Mais je le dis pour les nouveaux...).
Démonstration des danseurs Fernando Gracia et Paula Ballesteros.
Entrée 25 € (on est loin du tarif du Cena-show à touristes de juste avant !).
Le site de la chanteuse María José Mentana
Le site de la Esquina Homero Manzi

A la milonga La Baldosa, dont j'ai parlé dans un article récent intitulé Danser le tango argentin à Buenos Aires, dans la rubrique Danse de la Colonne de droite, la Orquesta Sans Souci et le chanteur Javier Cardenal Domínguez (el Cardenal pour tout le monde), animeront la soirée à partir de 22h30. La Baldosa se trouve rue Ramón L. Falcón au numéro 2750. J'ai déjà parlé de Cardenal (vous n'avez donc qu'à cliquer sur son surnom dans le bloc Pour chercher, en haut de l'article, pour accéder aux autres articles qui le concerne).
Pompas de Jabón (de Roberto Goyheneche et Enrique Cadicamo) chanté par el Cardenal sur You Tube, pendant les manifestations de printemps Gran Vía de Mayo (sur la Avenida de Mayo dans le micro centro de Buenos Aires).
Le site de la Orquesta Sans Souci.

Quant à la milonga Unitango, au premier étage de la Confitería La Ideal, Suipacha 384, s'y produiront la Orquesta Típica Unitango, une formation qui reprend les styles des grands maîtres des années 40 (Di Sarli, D'Arienzo, Pugliese, Troilo, Canaro) pour le plaisir des "tangueurs", avec des démonstrations des danseurs Ernesto Balmaceda et Stella Baez, à 23h (pour la milonga Unitango et toutes les autres milongas de La Ideal, voir mon article Danser le tango argentin à Buenos Aires, d'avril 2009).
Le site de la Orquesta Unitango
Leur page My Space
Le site de La Ideal
Et ce n'est qu'une petite partie de ce qui se passe ce soir.
Il y a même d'autres shows dont je vous ai parlé dans des articles précédents, comme le show de El Arranque avec César Salgan et Esteban Falabella à No Avestruz, dans le quartier de Palermo, celui de La Biyuya et Del Diablo y otros santos au Palacio el Victorial ou le concert de présentation de leur disque par le Maestro Leopoldo Federico et le guitariste Hugo Rivas au CC Torquato Tasso, tous deux à San Telmo.
Vous pouvez les chercher soit par les archives du mois d'avril 2009 soit par le moteur de recherche en haut à gauche (fenêtre devant l'intitulé "chercher le blog").

mercredi 8 avril 2009

Les jeudis de Radio Sentidos à la Esquina Osvaldo Pugliese [à l’affiche]

Affiche fournie par Marta Iglesias

Marta Iglesias Suárez, la productrice de ADN Tango et l’animatrice de Ecos de la Voz, du jeudi, sur la radio web Radio Sentidos, que vous connaissez déjà (voir la rubrique Ecouter, dans la partie inférieure de la Colonne de droite), organise le jeudi soir, à 21h30, des soirées musicales dans la pizzeria de quartier qu’est la Esquina Osvaldo Pugliese, située à l’angle de l’avenue Boedo et la rue Carlos Calvo (la porte d’entrée est au numéro 909 de la avenida Boedo).

Ce jeudi 9 avril, le groupe Los bandoleiros présenteront leur nouveau CD, Entre dos amores, qui mêle tango et flamenco (comme le fait aussi le dernier disque en date du chanteur et auteur-compositeur Guillermo Fernández). Le groupe chantera des tangos traditionnels en rythme de rumba flamenca (comme quoi, tous les métissages sont dans la nature !). Parmi les morceaux présents sur le disque : Pasional, Naranjo en flor, Volver, Niebla del Riachuela, El último café...
Ils partageront la petite estrade de la Esquina Osvaldo Pugliese avec un couple de danseurs qui mêleront eux aussi le tango et le flamenco, Doris et Victor. Le spectacle est à 20$. Il est d’usage d’arriver avant pour dîner. On paye le droit au spectacle après le repas.

Marta a accompagné l’annonce de la soirée d’un lien vidéo sur Pasional (Jorge Caldara y Mario Sotto) dans la version de Los Bandoleiros, un jour de 2005 sur le plateau de Canal 7 (Pasional a été un grand succès de l’orchestre de Pugliese, du portrait duquel les murs de la Esquina sont tapissés).

La semaine prochaine, la soirée sera celle du trio Tres x Tango qui présentera son prochain CD, Noche en taxi. Tres x Tango est un groupe composé d’un guitariste, Rene Jacobson, d’un flûtiste, Angel Derman et d’un contrebassiste, Gerardo de Monaco. Pour l’occasion, ils auront un invité, le guitariste Hugo Romero. Noche en taxi comportera des morceaux de Astor Piazzolla, Osvaldo Pugliese et Julián Plaza (pour ne vous citer que des compositeurs dont le nom commence par un P. Comme ça, ça vous laisse la surprise de découvrir les autres).
Le 16 avril, le droit au spectacle n’est que de 15 $ (mais il n’y a pas de danseurs prévus). La consommation d’au moins un café est obligatoire (la Esquina, ce n’est pas une salle de spectacle mais un café restaurant de quartier, tout simple, et on y mange très bien... De temps en temps, c’est mon côté Gault & Millau qui ressort, on ne se refait pas !)

Le trio Tres x Tango dispose de son propre site Web où vous pouvez aller écouter à quoi ressemble leur musique.

Si vous vous trouvez à Buenos Aires et que vous vouliez réserver, vous pouvez passer à la Esquina Osvaldo Pugliese dans la journée ou lui téléphoner au 4931-0277 ou le 4931- 2142 (depuis l’étranger ajouter l’indicatif du pays, 54, et l’indicatif de Buenos Aires, 11).
Les spectacles de tango à la Esquina ont lieu, sauf exception, tous les jeudis, vendredis et samedis soirs.
Si vous passez devant, vous verrez ce qui est prévu dans la semaine, c’est affiché sur la devanture.

vendredi 15 août 2008

Abel Córdoba Esquina Osvaldo Pugliese [à l’affiche]

Ce vendredi et ce samedi soir, comme il le fait très souvent, le chanteur Abel Córdoba se produira dans le restaurant pizzeria parilla Esquina Osvaldo Pugliese, situé au croisement de l’avenue Boedo et de la rue Carlos Calvo, dans le quartier de Boedo.

Je vous ai déjà un peu parlé de cet établissement sans façon d’excellente gastronomie portègne et de l´histoire de tendresse que ces murs ont avec le Maestro Osvaldo Pugliese (1905-1995) dans mon article de juillet sur la fête du quartier de Boedo.

Et j’avais mentionné Abel Córdoba. Ce chanteur qui mène maintenant une carrière de soliste a été le dernier chanteur de la Orquesta Típica Osvaldo Pugliese. Et il reste de lui dans cet orchestre de nombreux disques dont les deux concerts en public que furent Osvaldo Pugliese al Colón (en 1985) et Piazzolla Pugliese Finally Together, enregistré à Amsterdam....

Par fidélité au grand Maestro, son dernier chanteur vient chanter en ce long week-end férié (samedi, dimanche et lundi) dans cette pizzeria de quartier, ce grill fréquenté en famille ou entre copains, sans autre attente qu’un bon moment de convivialité...

Aujourd’hui et depuis la disparition l’année dernière de Tito Reyes, ils ne sont plus que deux à porter ce titre et cet honneur d´avoir été le dernier chanteur (je parle des hommes) d’un orchestre de compositeurs majeurs. Tito Reyes était le dernier chanteur de Aníbal Troilo (1914-1975). Abel Córdoba est le dernier chanteur de Osvaldo Pugliese et José Ángel Trelles, qui est aussi auteur-compositeur, est le dernier chanteur de Astor Piazzolla (1921-1992).

En Buenos Aires, es la medianoche y picos

vendredi 25 juillet 2008

¡Feliz cumple, Boedo! [Troesma]


Aujourd’hui, c’est la fête du quartier de Boedo, selon une décision officielle formalisée en juin 2003.

En fait, l’anniversaire (1), c’est celui de Mariano Joaquín Boedo, héros de l’indépendance, né le 25 juillet 1782, à Salta, et mort le 9 avril 1819. Il était avocat et fut l’un des élus de sa province au premier Congrès de l’Argentine déclarée indépendante. Il fut ensuite Gouverneur de la Province de Córdoba, il participa aux combats contre l’Espagne dans le nord du pays, notamment aux côtés d’un autre héros, Miguel de Güemes (le seul de tous les officiers de la guerre d’indépendance qui mourut les armes à la main).

Le 6 mars 1882, le Gouvernement décida de donner le nom de Mariano Boedo à une grande artère de Buenos Aires, d’axe sud-nord, construite en 1867. Peu à peu, à partir des années 1910, l’habitude s’est imposée d’appeler du nom de cette avenue la partie sud-est du quartier d’Almagro. En 1972, il y eut à Buenos Aires une grosse refonte administrativo-cadastrale pour cause de développement urbain et démographique. C'est alors que Boedo s’est officiellement détaché de son voisin et a reçu une personnalité propre. C’est l’omniprésence du nom de Boedo dans les paroles de tango qui nous font penser, à nous comme aux Argentins, que le quartier est en soi très ancien...

Boedo s’étend sur une superficie de 2,6 km2. Au recensement de 1991, il comptait 48 231 habitants, dont 26 311 femmes (bigre ! ça fait 21 920 messieurs seulement...)

Boedo a été chanté par le pianiste et compositeur Julio de Caro, véritable tête de pont de la Guardia Nueva, qui révolutionna l'écriture musicale du genre dans les années 1910. Il a dédié à ce quartier un tango qui porte ce nom, musique sur laquelle Dante A. Linyera a mis des paroles qui n’ont jamais été chantées, du moins en studio d’enregistrement. On peut en écouter plusieurs versions instrumentales dans le disque Milonga del Centenario d’Osvaldo Requena, évoqué dans Quelques disques de l’année 07-08 (du 23 juillet). J’en connais une version enregistrée avec texte, mais celui-ci est dit et non chanté (il s'agit d'un album de Julio De Caro, Bien Jaileife, où il est joué par le compositeur et récité par le chanteur Héctor Farrel, compilation de 2002, collection Reliquias, chez EMI). Et puis bien sûr, le plus important de tous les tangos qui nous font connaître le nom de Boedo, parce que ces vers-là, eux, sont sur toutes les lèvres, c’est Sur, d’Aníbal Troilo et Homero Manzi...

San Juan y Boedo antigua, y todo el cielo,
Pompeya y más allá la inundación...

Cela s’écoute en fermant les yeux et ça se comprend sans effort : on dirait le Bon Dieu en culotte de velours qui vous passe dans les oreilles, comme parodirait le pilier de bistrot d’un des trois cafés qui montent la garde au carrefour (esquina) des avenues San Juan et Boedo (dans l’angle nord-est, la sentinelle appartient à une autre arme : c'est une banque ! Ceci dit, c’est pratique au moment de l’addition, vous pouvez toujours aller retirer de l’argent).

Sur la carte du quartier (emprunté au portail de la ville de Buenos Aires), j’ai marqué d’un 1 cette esquina San Juan y Boedo.
Dans l’angle nord-ouest, à l’endroit marqué par le 1, se trouve le célèbre restaurant-tango Esquina Homero Manzi (hors de prix, le cena-show ! mais c’est un grand show, avec plein de musiciens, avec plein de danseurs et à ce titre, l’établissement figure en bonne place dans les programmes des Tour-operators : vous en aurez plein les oreilles et plein la vue, de la "cocina internacional" dans l’assiette et du "vino argentino" dans le verre.
Le jour, la Esquina Homero Manzi est un Gran Café, extraordinairement agréable et feutré, comme tant d’autres dans la ville : carte classique et service stylé, en grande tenue, comme dans les cafés du quartier de l’Opéra à Paris.
Dehors, le long des deux façades, est et sud, court une frise anti-conformiste confiée au dessinateur de presse Hermenegildo Sábat. L’artiste a tiré le portrait à Homero Manzi et tous ses amis et principaux interprètes. Impressionnante galerie de héros de la culture (populaire) où la caricature rend les honneurs... Quant aux plaques commémoratives qui couvrent tout ce qui peut être couvert à hauteur d'homme et encore un peu au-dessus, il y en a tant qu’on ne sait plus où donner ni de la lecture ni de la photo. Même le Sénat a fait poser sa plaque et donne ainsi au passant le texte intégral de Sur (mur oriental).

A l’une de ses tables, je me souviens d’avoir longuement évoqué la figure du poète Homero Manzi (1907-1951) avec le Maestro Acho Manzi, son fils, compositeur (à 16 ans) de El último organito (letra de Homero Manzi - 1948) et avec le peintre Chilo Tulissi (liens). Nous revenions tous trois d’un hommage rendu au poète défunt dans le cadre des festivités du centenaire de sa naissance au Teatro de la Ribera, au bord du Riachuelo, dans le quartier de la Boca.

Du côté diamétralement opposé, coin sud-est, un autre café, beaucoup plus modeste. Une plaque, dessinée par le fileteador Luis Zorz, dans un azur profond, déposée là par la Junta de los Estudios historicos del Barrio de Boedo, rend hommage à un autre grand écrivain du coin : José González Castillo, poète et dramaturge anarchiste et éducateur populaire, fondateur de la Universidad Popular de Boedo, et qui écrivit, sur une musique de son fils, Cátulo Castillo (18 ans) les vers de cet autre classique : Organito de la tarde (1924). Cátulo et Homero étaient deux copains du même âge. Avec le troisième larron du trio, Sebastián Piana, ils signèrent ensemble, vivant tous en voisins dans ce coin-là de cette ville déjà immense, Viejo ciego (Manzi avait 18 ans, et Piana à peine plus).

Boedo doit enfin une partie de sa notoriété littéraire à un cercle artistique et intellectuel qui y avait élu domicile en 1925. C’était un groupe d’artistes profondément engagés socialement, souvent anarchisants, parmi lesquels il y avait Enrique Santos Discépolo et son frère, le dramaturge et comédien Armando Discépolo, tous deux anarchisants, le poète Alvaro Yunque, le dramaturge et romancier réaliste et révolté Roberto Arlt, le journaliste et poète communiste Enrique González Tuñón, le poète et dramaturge contestataire Nicolás Olivari (auteur du tango La Violeta, musique de Cátulo Castillo) et le poète délibérément anarchiste Dante A. Linyera, le plus tôt disparu de tous (1932). Le Groupe Boedo s’opposait politiquement et esthétiquement à un autre groupe, le groupe Florida, de tendance plus conservatrice, à tout le moins réformatrice et non pas révolutionnaire en matière politique, et à l’esthétique quelque peu précieuse. Dans le groupe Florida, il y avait Jorge Luis Borges, Adolfo Bioy Casares et Victoria Ocampo (excusez du peu !)... Entre les deux cercles, des noms d’oiseaux ont parfois été échangés, tant les positions étaient tranchées de part et d’autre, tant la réalité sociale était elle-même tendue entre un peuple prolétarisé et une élite sociale surpuissante, européanisante à l’extrême et richissime...

Les festivités polyades du quartier de Boedo ont commencé avant-hier, mercredi 23 juillet, connaissent leur sommet aujourd’hui, avec une cérémonie organisée dans la matinée devant les guichets de la station de métro Boedo (esquina San Juan y Boedo), avec hymne national et tout et tout. Elles se poursuivront jusqu’au 28 juillet. Quand on fait la fête à Buenos Aires, on ne fait pas semblant !

Et en ce jour qui est aussi l’anniversaire du décès du Maestro Osvaldo Pugliese, j’ai ajouté un petit point noir sur la carte du quartier de Boedo. Ce n’est pas pour faire deuil, c’est pour signaler une adresse importante en Puglieserie... Esquina Boedo y Carlos Calvo. Il y a là une pizzeria qui, du vivant d’Osvaldo Pugliese, était une confitería (un salon de thé). Pugliese y est souvent venu pendant de nombreuses années prendre un petit quelque chose avec sa femme, Lydia, en toute tranquillité, en toute intimité, en toute convivialité. Doña Lydia m’a confié qu’ils y étaient encore allés à peine quelques semaines avant sa mort, qui advint au bout de quelques jours d’une maladie infectieuse contre laquelle il lutta de toutes ses forces, en vain. Peu après la "desaparición física" de Don Osvaldo (on ne dit pas "mort" à Buenos Aires : les Troesmas ne meurent pas, ils restent vivants. Ce qui change, c’est de ne plus les croiser dans les rues de la ville), peu après donc, il y a eu un incendie et la confitería a fermé. Quelques années plus tard, le lieu a été réouvert comme pizzeria-parilla (pizzéria-grill). Une petite estrade placée contre le mur vitré longeant l’avenue Boedo permet de donner 3 soirs par semaine des soirées tango de quartier, fréquentées par les Portègnes. Les maîtres des lieux ont sollicité de Doña Lydia l’autorisation de baptiser leur "boliche" du nom du musicien disparu.

Ce petit resto, presque adossé à l’écrasante Esquina Homero Manzi, s’appelle Esquina Osvaldo Pugliese. Elle est menue, discrète, humble, elle ne fait pas de bruit, elle a l’air fragile comme son saint patron. On y mange sans chichi la gastronomie italiano-espagnole généreuse de la région et la musique y est vivante, pasional y yumba... A l’intérieur, les murs sont tapissés de souvenirs d’Osvaldo Pugliese, dont une photo du couple attablé dans un coin de l’ancienne confitería... Dehors, sur l’enseigne, les yeux grand-paternels de Don Osvaldo vous scrutent derrière leur gros carreaux (il était myope)... un des plus beaux portraits que j’ai jamais vus de lui. Ses yeux, rien que ses yeux...


(1) Cumple = anniv'

A visiter : le site de Todo Tango (liens) pour écouter tous ces morceaux qui nous parlent de Boedo

Boedo, enregistré en 1950 par Antonio Ríos : http://www.todotango.com/spanish/download/player.asp?id=5579
Sur, l'enregistrement de la création par l'orchestre d'Aníbal Troilo, chanté par Edmundo Rivero :
http://www.todotango.com/spanish/download/player.asp?id=647

Le site sur Homero Manzi (liens)
Le site de La Esquina Homero Manzi : http://www.esquinahomeromanzi.com.ar/
Le site d’un membre del Grupo Boedo, l’écrivain Alvaro Yunque, dont ce sera le centenaire l’année prochaine : http://www.alvaroyunque.com.ar/