vendredi 8 juillet 2022

La sortie de Bo Jo vue du Río de la Plata [ici]

En gros titre, les conséquences de
la crise gouvernementale sur le cours du peso argentin
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En haut : "Une décision de justice annule
la vaccination des enfants et déchaîne
un rejet général", dit le gros titre du plus grand journal uruguayen


En Argentine surtout, en Uruguay à un moindre degré, la sortie (poussée) de Boris Johnson du 10 Downing Street fait couler un peu d’encre. Le clown brexiter et serial-menteur mais soutien de l’Ukraine (sincère ?) s’était encore heurté il y a quelques jours, au sommet du G7, au président argentin au sempiternel sujet de l’ouverture d’un dialogue sur la souveraineté des Malouines, dont le gouvernement britannique refuse obstinément de parler avec qui que ce soit depuis quarante ans malgré une résolution de l’ONU dans ce sens (l’ONU s’est toujours prononcé contre la colonisation par les pays dits démocratiques – elle est empêchée de dire quoi que ce soit sur la colonisation russe pour des raisons évidentes de composition du conseil de sécurité).

"Johnson : son gouvernement lui explose à la figure"
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Titre secondaire : en haut de la colonne de droite
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De toutes les unes argentines, seule celle de
La Nación accorde au premier ministre démissionnaire la vedette. Les autres quotidiens argentins lui concèdent une manchette.


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En Uruguay, le traitement est encore plus discret. Certains journaux n’en parlent même pas sur leur première page ! Les rédactions sont très occupées à commenter une décision de justice qui revient sur l’obligation de vaccination des enfants contre le covid-19 (contre le bon sens, l’avis des scientifiques et toute la politique du gouvernement depuis l’apparition de la pandémie).

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :


Hommage à Mercedes Sosa demain au Centro Cultural Borges [à l’affiche]

"9 julio : anniversaire de Mercedes", dit le visuel du CC Borges


Le Centro Cultural Borges, situé dans un centre commercial de la rue Florida, à Retiro, Galerías Pacífico, laissé à l’abandon par son ancien exploitant privé, vient d’être nationalisé et rejoint le réseau des salles publiques dépendant du ministère de la culture du gouvernement fédéral.

A ce titre, l’une de ses premières propositions au public sera un hommage à l’autrice-compositrice interprète Mercedes Sosa, demain, samedi 9 juillet 2022, jour de l’indépendance, alors que l’astre du folklore du nord-ouest aurait eu 87 ans.

Ses petits-enfants seront les vedettes de cette soirée qui commencera par l’inauguration d’une exposition photo sur la chanteuse disparue à 19h puis la chanteuse Araceli Matus, sa petite-fille, interprétera quelques morceaux de son premier disque, Matuseándose (un titre qu’elle a construit sur son patronyme), dans la salle Astor Piazzolla à 19h30.


Au cours de la soirée, les autorités baptiseront l’auditorium du 3e étage du nom de la chanteuse. Il deviendra Audotorio Mercedes Sosa.

Entrée libre et gratuite avec réservation préalable pour assister au concert dans la salle Astor Piazzolla (sous ce lien).

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de lundi dans Página/12
lire l’article de ce matin dans La Nación

jeudi 7 juillet 2022

Natalia Bril chantera ce soir à la réinauguration de Galpón B [à l’affiche]

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La chanteuse Natalia Bril présentera ce soir, jeudi 7 juillet 202, à 21h, son second disque, intitulé Hoy (aujourd’hui), dans le cadre d’une soirée festive et dansante pour la réouverture d’une salle populaire du quartier de San Cristóbal, Galpón B, Cochabamba 2536.

Entrée avec réservation à l’avance : 700 $

Entrée au prix normal, au guichet, aujourd’hui : 1 100 $ ARG.

L’artiste a choisi pour ce nouvel album un répertoire contemporain écrit par des femmes. Elle sera accompagnée pour l’occasion de plusieurs consœurs dont le nom n’a pas été révélé. Au piano, on retrouvera Noelia Sinkunas, à la guitare Leo Andersen, Cristian Basto à la contrebasse, Caro Rodríguez au violon et Milagros Caliva au bandonéon.

La salle, comme presque toutes, avait fermé à cause du covid en 2020. Elle rouvre après plus de deux ans d’inactivité.


Natalia Bril a accordé une interview à Página/12. Elle y évoque son projet artistique et sa vision moderniste et féministe du tango, à contresens de la tradition des années 1930 et 1940, quand la majeure partie du répertoire s’est formée.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

Retour en fanfare de Caminos y Sabores à Palermo [à l’affiche]

"Que c'est bon de se retrouver",
dit l'affiche
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Après deux ans d’absence pour cause de pandémie, le grand festival gastronomique Caminos y Sabores (chemins et goûts) reprend dès cet après-midi ses quartiers à l’espace de La Rural qui accueille tous les gros salons portègnes, à Palermo.

Extrait du cahier spécial de La Nación
dimanche dernier
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On y retrouvera jusqu’à la fin de la semaine de nombreux producteurs artisanaux (et moins artisanaux), des chefs, des sommeliers, des pâtissiers... Les gastronomies régionales y seront mises en valeur par les organismes touristiques des provinces concernées.

Le ministère de l’Agriculture et de la Pêche y animera des rencontres pour mettre en contact producteurs et réseaux de distribution.

Le programme complet, publié par La Nación
dimanche dernier
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Pendant ces quatre jours, dégustations à tous les stands, tables-rondes, conférences, musique et émissions de télévision à gogos.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín
Dimanche dernier, La Nación a consacré un cahier de 8 pages de rédaction publicitaire pour annoncer la manifestation (ci-dessus).

Ajout du 8 juillet 2022 :
lire
l’article de La Prensa

lire l’article de Clarín qui vous donne en prime le secret d’une spécialité des Baléares à la sauce argentine, la enseimada, dont un boulanger viendra révéler les secrets à La Rural

mercredi 6 juillet 2022

Un grand de la radio-télévision argentine nous a quittés hier : Cacho Fontana [Actu]

"Cacho Fontana est mort
Une marque de radio", dit le gros titre
du supplément culturel quotidien de Página/12
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Cacho Fontana vient de mourir, juste au lendemain du décès de son ex-femme, la mère de ses deux filles. A 90 ans, les suites à long terme du covid contracté au début de la pandémie donnaient depuis longtemps des inquiétudes au sujet de son état de santé.

"La situation argentine inquiète les Etats-Unis",
dit le gros titre en dessus de la photo du disparu
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L’homme est l’un des tout premiers à s’être mis en vedette dans les émissions de radio puis aussi de télévision qu’il a animées et parfois également conçues. L’un des tout premiers à s’être fait identifier par le public. Notamment grâce au timbre de sa voix, un atout majeur dans le monde de la radio.

"Cacho Fontana, la voix qui est déjà une légende",
dit le titre secondaire à côté d'une photo de Fontana jeune
En-dessous, un gros titre sur les inquiétudes
que provoque le changement de ministre de l'Economie
avec une inflation géante
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L’homme avait des qualités professionnelles qui le mettaient clairement au-dessus du lot et les hommages qui lui sont rendus partout aujourd’hui en donnent témoignage. Malheureusement, il n’a pas été en mesure de surmonter les inconvénients d’une notoriété que sa manière d’exercer le métier avait contribué à créer.

La première des trois pages d'hommage
dans Clarín ce matin (édition papier)
"La voix qui a révolutionné la radio
et fit briller la télé", dit le titre
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Sa vie privée l’a trop vite précipité dans un enfer : drogue, alcool et vie amoureuse remuante. Et comme on ne prête qu’aux riches, il fut la cible de plaintes pour actes de violence que déposa contre lui une apprentie-modèle dans les années 1990. Il fut blanchi par la justice mais sa carrière ne se releva pas de cette dernière péripétie.

Une manchette bien visible pour le disparu
et une grosse photo pour illustrer une inflation inouïe
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L’histoire des médias gardera toutefois le souvenir de sa trajectoire et certaines de ses émissions appartiennent d’ores et déjà au patrimoine audiovisuel argentin.

Première des trois pages que La Nación
consacre à la disparition de Cacho Fontana
"Une voix qui marqua la radio au fer rouge"
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Il est donc normal et mérité qu’il figure aujourd’hui à la une de tous les quotidiens, quelle que soit leur couleur politique. Clarín et La Nación lui consacrent trois pages complètes, illustrées de photos où on peut le voir à toutes les époques. Página/12, pour sa part, lui consacre deux longs articles.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lundi 4 juillet 2022

La disparition de Peter Brook vue de Buenos Aires [ici]

Première page des pages culturelles
de La Nacion ce matin


Le grand créateur théâtral, dramaturge et metteur en scène, qui nous avait éblouis (si nous sommes assez âgés pour l’avoir vu) aux Bouffes du Nord, est décédé à Paris samedi dernier. Peter Brook avait 97 ans.

L’hommage auquel il a droit dans les pages, parfois même à la une des journaux argentins, a de quoi surprendre la Française que je suis puisque je découvre avec effarement le silence presque général des médias nationaux sur cette disparition (il est vrai que nous avons nous aussi une forte actualité politique à traiter).

Page consacrée ce matin à Peter Brook
dans Clarin (édition papier)

La Nación consacre même à l’artiste disparu deux pages complètes et Clarín une et demie, dans les deux cas dans leurs éditions papier.

On comprend dans ce cas que le trentième anniversaire de la mort de Piazzolla fasse les frais d’une actualité chargée dans tous les secteurs.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

Crise ministérielle : résolution expresse en faveur de... Cristina ! [Actu]

"Fumée blanche" dit le gros titre en italien
Comme la nouvelle ministre est d'ascendance grecque,
les Argentins s'y retrouvent très bien
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C’est finalement une cristiniste pure et dure qui hérite du poste modérément convoité de l’Économie en Argentine. La nouvelle ministre s’appelle Silvina Batakis. Jusqu’ici, ce n’était pas un poids lourd politique au niveau national.

Aussitôt nommée, Silvina Batakis a lancé un signal au FMI pour le rassurer et elle a promis de respecter l’accord obtenu par son prédécesseur. Il ne manquerait plus que d’y manquer mais il est vrai que les postures cristinistes ces derniers temps pouvaient laisser craindre le pire.

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Tous les observateurs constatent donc que le président n’a pas su, n’a pas pu ou n’a pas voulu tenir tête à sa vice-présidente qui triomphe par conséquent sur toute la ligne après avoir pourri la vie de Alberto Fernández depuis deux bonnes années.

Le président de la Chambre des Députés, Sergio Massa, récemment rentré en grâce auprès du chef de l’État (il l’a accompagné en Bavière au récent sommet du G7, malgré son embardée du côté de Cristina il y a plusieurs mois), a tenté d’obtenir tout à la fois le portefeuille de Premier ministre (jefe de Gabinete) et tous les postes-clés liés à l’Économie. Il sort toutefois de cet intense dimanche de négociation gros Jean comme devant. Cette fois encore, il devra se contenter du perchoir et probablement jusqu’à la fin de la présente législature.


Les choses sont dites clairement par l'image
avec cette photo de la nouvelle ministre
posant tout sourire à côté de sa chef de file, Cristina Kirchner
"Cristina impose sa candidate à l'Economie à Fernandez",
dit le gros titre
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Plusieurs personnalités pressenties ou approchées dans la journée d’hier auraient reculé devant l’obstacle en refusant tout net de rejoindre ce gouvernement en chute libre dans l’opinion publique. Quant aux pertes en ligne, elles sont manifestes et se répartissent entre d’une part les personnalités qui viennent de suivre Martín Guzmán dans sa démission ce week-end et d’autre part tous les départs et autres fâcheries intervenus depuis la prise de fonction de Alberto Fernández.


"Silvina Batakis s'installe à l'Economie
avec la bénédiction de Cristina Kirchner",
dit le gros titre
En haut, l'annonce du décès de Peter Brook
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Quel dommage ! L’élection de ce dernier avait été incontestable. Le président était arrivé à la Casa Rosada avec une belle cote de popularité et un état de grâce prometteur sur bien des plans. La sobriété de ses manières d’être laissait espérer des changements culturels bienvenus dans les mœurs politiques de l’Exécutif. Mais quelques erreurs très mal reçues par l’opinion publique et les attaques en règle incessantes de la vice-présidente Cristina Kirchner auront eu raison de ces ouvertures.


Infographie publiée par La Nacion
pour synthétiser les remaniements gouvernementaux
depuis le début du mandat
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Comme hier, les éditions papier comme les sites Internet des quotidiens sont pleins à ras-bord d’analyses, de récits et d’éditoriaux, au point que le reste de l’actualité est réduite à la portion congrue dans tous les journaux.


© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

Il y a trente ans disparaissait Astor Piazzolla [Troesmas]

"Un nouvel hiver portègne", dit le gros titre
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Le grand maître du bandonéon et le compositeur qui a apporté au tango sa seconde révolution, au milieu des années 1955, est décédé il y a trente ans aujourd’hui, après plusieurs années de souffrance laissée par un AVC, soigné comme on le pouvait à cette époque.

Les musiciens et quelques journaux, seulement quelques journaux, lui rendent hommage ce matin, sinon dans les éditions imprimées du moins en ligne.

Il est vrai que l’actualité est chargée entre l’arrivée d’une nouvelle ministre de l’Économie qui fait couler beaucoup d’encre et dans les pages culture, la disparition de Peter Brook qui touche plus les Argentins que les Français, alors qu’il a fait une grande partie de sa carrière à Paris, où il est décédé samedi.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, qui en fait la une de son supplément culturel quotidien (ci-dessus)
lire l’article de Clarín

dimanche 3 juillet 2022

A la fin, Cristina aura eu la peau de Guzmán [Actu]

En haut : Cristina et sa proposition d'instaurer
un revenu de base universel
En bas : le ministre dans l'une de ses apparitions publiques
Le stylo qui les sépare fait allusion à une métaphore
employée par Cristina hier dans son discours fleuve
en même temps qu'il fait allusion à la lettre du ministre démissionnaire
Le gros titre proclame : "Je m'en vais parce que c'est toi
qui veux que je parte"
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Il voulait se mouvoir un peu plus librement, sans que la vice-présidente Cristina Kirchner et ses partisans continuent à bloquer son action par des manœuvres partisanes d’autant plus malvenues que l’Argentine traverse une crise profonde : dette contractée auprès du FMI dont les premières échéances tomberont à l’issue de ce mandat et qui ne pourront être honorées que par la richesse issues des investissements publics d’aujourd’hui, une inflation à deux chiffres catastrophique, un taux de pauvreté effrayant, une situation internationale où l’Argentine tente de naviguer comme elle peut entre l’évidence du droit international (en appui à l’Ukraine) et l’allergie de la gauche aux USA qui entraîne le gouvernement à rester proche de la Russie et de la Chine (malgré tout le peu de respect pour les droits de l’homme et l’État de droit qu’elles manifestent), une situation nationale où la majorité (le camp au pouvoir) recule sans cesse et perd un à un tous les points de contrôle dont elle disposait avant les législatives de mi-mandat qu’elle a perdues.

Ne pouvant obtenir satisfaction, Martín Guzmán, le jeune et talentueux ministre de l’Économie formé par Joseph Stiglitz, prix Nobel enseignant aux États-Unis, vient de démissionner avec fracas. Il est rejoint par plusieurs autres ministres et secrétaires d’État et autres personnalités qui exerçaient des fonctions officielles au sein du gouvernement argentin.

La Prensa utilise une photo amplement diffusée dans la presse
ce matin : elle montre le ministre qui entre dans ce bureau
dont il vient de claquer la porte
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Guzmán, qui jouissait de toute la confiance du président Alberto Fernández, n’a pas pris celui-ci en traître puisqu’il s’était entretenu avec lui il y a quelques jours et qu’il l’a appelé dans la journée d’hier avant de rendre publique sa lettre de démission mais il a fait en sorte de ne pas lui laisser le choix. Il a aussi désigné très clairement les motifs de sa décision en rendant l’information publique en plein milieu d’un discours enflammé que Cristina Kirchner prononçait à l’occasion de l’anniversaire de Juan Domingo Perón devant une foule de ses partisans chauds-bouillants, devant lesquels elle ne le ménageait pas.

Parce qu’il n’a pas voulu déterrer la hache de guerre contre sa vice-présidente au profit de son ministre et homme de confiance, le chef de l’État se retrouve donc le bec dans l’eau, lâché de toutes parts et en proie à la vindicte de sa vice-présidente qui semble ne plus supporter qu’il tienne le premier rôle politique en Argentine. C’est pourtant bien elle qui lui avait proposé cet accord quelques mois avant le début de la campagne électorale, quand il était évident qu’elle n’avait elle-même guère de chances de l’emporter sur un Mauricio Macri (droite ultra-libérale) qui tentait de se faire réélire. Toutes affaires cessantes, le président a dû convoquer une réunion d’urgence qui se tient actuellement à Olivos, sa résidence dans le Gran Buenos Aires.

"Guzman démissionne par Twitter tandis
que Cristina discourt et déclenche des changements
dans le gouvernement"
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Même les plus radicaux des observateurs politiques de droite regrettent le départ d’un ministre auxquels ils n’ont jamais épargné les coups de griffe et plus sans affinités et dont ils savent très bien qu’il est un des très rares politiques argentins qui aient su gagner la confiance et le respect des premières puissances économiques de la planète, qui avaient jusqu’à lui l’habitude de regarder l’Argentine d’assez haut. C’est sans doute une nouvelle perte de chances pour le pays et les unes de ce matin le montrent assez bien.

"Guzman démissionne. Grand remaniement gouvernemental
en discussion", dit le gros titre
sur une photo de la lettre de démission du ministre
stabylobossée par la rédaction
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Les journaux de ce dimanche consacrent une grande partie de leurs pages à l’événement, parfois plus de la moitié de leurs pages généralistes.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

samedi 2 juillet 2022

Un fruit du G7 : Alberto Fernández a pris contact avec Volodymyr Zelensky [Actu]

Fil du compte Twitter officiel du président de l'Ukraine
Gabriel Boric est remercié pour l'éventuelle coopération
technique en vue de déminer le territoire ukrainien
Alberto Fernández l'est pour l'aide humanitaire argentine
et le vote de l'Argentine pour exclure la Russie du Conseil
des droits de l'Homme à Genève
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Hier, quelques jours après son retour de Munich, le président argentin a accepté la demande d’échange téléphonique que lui a adressée Volodymyr Zelensky, que Alberto Fernández avait pu écouter lorsqu’il est intervenu par visioconférence au cours de la réunion du G7.

Cet entretien diplomatique intervient au lendemain de l’attaque russe contre des immeubles résidentiels dans une ville balnéaire de la région d’Odessa en représailles de l’abandon contraint par l’occupant de l’Île aux Serpents, dont la petite garnison avait envoyé chez les Grecs l’équipage du « Moskva » avant que l’armée ukrainienne envoie le navire amiral de la flotte russe de la Mer Noire visiter les profondeurs des flots.

Clarín de ce matin. Haut de la page 10
Sur le côté, encart pour démontrer que l'Argentine
condamne bel et bien "l'invasion russe"
Quant à négocier pour obtenir la fin de la guerre,
on peut toujours rêver !
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Cette énième attaque nocturne contre la population civile ukrainienne a aussi fait bouger le nouveau président chilien. Gabriel Boric, arrivé au pouvoir quelques jours après le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, a lui aussi appelé Kiyv la nuit dernière pour exprimer sa solidarité devant ce nouveau crime odieux.

Le site Internet de la présidence ukrainienne ne fait encore aucune allusion à ces deux coups de fil. A cette heure, le président Zelenksy s’est limité à de courts commentaires bilingues ukrainien-anglais sur Twitter au cours d’une journée d’autant plus chargée pour lui (1) que c’était aussi celle où il a présidé à l’entrée du drapeau européen dans l’hémicycle du Conseil supérieur de l’Ukraine (le parlement monocaméral du pays), sans parler de la visite officielle du Premier ministre norvégien le même jour...

Nouer une relation diplomatique de chef d’État à chef d’État entre ces pays d’Amérique du Sud gouvernés à gauche et le pays européen martyrisé par l’impérialisme russe auquel cette même gauche refuse de donner son nom, on le sent, est assez difficile et ce sans doute des deux côtés.

La Nación de ce matin. Haut de la page 19
Sur la photo, diffusée par la Casa Rosada,
on reconnaît le président de profil au centre
et la tête ainsi que les lunettes de Santiago Cafiero,
le ministre des Affaires étrangères argentin
Il est tard, la nuit hivernale est tombée, les lampes sont allumées
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Ceci dit, l’Uruguay est gouverné à droite par un président ultra-libéral qui ne cultive pas d’acrimonie envers les États-Unis et je n’ai encore vu aucune prise de contact du côté de Montevideo.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire le communiqué de presse (c’est exceptionnellement présenté ainsi) de la Casa Rosada



(1) Les deux homologues austraux ont eu eux aussi une journée bien pleine hier. Dans un pays comme dans l’autre, la situation politique est très tendue.

Un été provenço-piazzollien pour rattraper l’année dernière : Libertad au cloître de Fréjus [ici]

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Le 7 juillet prochain, à 21h, nos amis Marielle Gars (piano) et Sébastien Authemayou (bandonéon) donneront leur concert intitulé Libertad, consacré à leur interprétation personnelle et authentique d’une sélection approfondie de l’œuvre de Astor Piazzolla (1921-1992), au cloître de la cathédrale de Fréjus, dans le Var.

Un très digne concert d’été, dans un cadre patrimonial de toute beauté, sous la houlette du Centre national des Monuments historiques.

Vous pourrez vous procurer leur livre-disque, la première biographie musicale en français du grand maître argentin (présentation de l'éditeur ci-dessous).

Prix des places : de 10 à 30 €, en fonction de l’âge et de la situation professionnelle.


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Il n’y a pas à hésiter !

© Denise Anne Clavilier


Pour retirer vos places, rendez-vous sur le site Monamuse.fr.