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vendredi 8 juillet 2022

Hommage à Mercedes Sosa demain au Centro Cultural Borges [à l’affiche]

"9 julio : anniversaire de Mercedes", dit le visuel du CC Borges


Le Centro Cultural Borges, situé dans un centre commercial de la rue Florida, à Retiro, Galerías Pacífico, laissé à l’abandon par son ancien exploitant privé, vient d’être nationalisé et rejoint le réseau des salles publiques dépendant du ministère de la culture du gouvernement fédéral.

A ce titre, l’une de ses premières propositions au public sera un hommage à l’autrice-compositrice interprète Mercedes Sosa, demain, samedi 9 juillet 2022, jour de l’indépendance, alors que l’astre du folklore du nord-ouest aurait eu 87 ans.

Ses petits-enfants seront les vedettes de cette soirée qui commencera par l’inauguration d’une exposition photo sur la chanteuse disparue à 19h puis la chanteuse Araceli Matus, sa petite-fille, interprétera quelques morceaux de son premier disque, Matuseándose (un titre qu’elle a construit sur son patronyme), dans la salle Astor Piazzolla à 19h30.


Au cours de la soirée, les autorités baptiseront l’auditorium du 3e étage du nom de la chanteuse. Il deviendra Audotorio Mercedes Sosa.

Entrée libre et gratuite avec réservation préalable pour assister au concert dans la salle Astor Piazzolla (sous ce lien).

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de lundi dans Página/12
lire l’article de ce matin dans La Nación

mardi 26 avril 2022

Star + propose un documentaire sur Mercedes Sosa [à l’affiche]

Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Une chaîne de télévision par câble ou satellite du groupe états-unien National Geographic propose en Argentine une série de documentaires sur les grandes figures culturelles nationales.

Actuellement, les Argentins abonnés peuvent voir un film consacré à l’autrice-compositrice interprète Mercedes Sosa, figure emblématique du folklore du nord-ouest argentin.

Mercedes Sosa, née à San Miguel de Tucumán, la capitale de la province homonyme, en 1935, est décédée à Buenos Aires, en octobre 2009. Elle a eu les honneurs d’une veillée publique au Congrès. Elle fut de son vivant et reste aujourd’hui une voix plus que représentative du peuple argentin. Et sa vie parle de lutte sociale et de résistance à la violence politique. Membre du parti communiste argentin, elle dut s’exiler sous la dictature militaire et vécut un temps en France. Dans les années 1970, on la voyait assez souvent à la télévision française, dans des émissions comme Le Grand Échiquier, de Jacques Chancel. A sa mort, elle a rejoint le panthéon des grands artistes argentins qui firent briller leur culture dans le monde entier. Son interprétation de Misa Criolla et Navidad Criolla, de Ariel Ramírez, reste une référence aujourd’hui encore.

Dans ce documentaire, la vie et l’œuvre de l’artiste sont passées en revue grâce aux témoignages de son fils, de ses petits-enfants et de sa nièce et analysées par d’autres musiciens, comme l’auteur-compositeur interprète Abel Pintos (ci-dessus), qui se fait le chroniqueur du film. Participent également des musiciens qui furent les amis et les partenaires de scène de La Negra (traduisez « La petite » ou « La grande », un surnom plein d’affection en tout cas et certainement pas « la noire » - il n’y a rien de raciste là-dedans. Au pire, il faudrait le traduire comme « L’Indienne » à condition d’y mettre de l’admiration et de l’amour).

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lundi 31 janvier 2022

La petite-fille de Mercedes Sosa entame une carrière artistique [Disques & Livres]

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Araceli Matus aujourd'hui
(photo issue de la promotion du disque)


Elle ressemble à sa grand-mère comme deux gouttes d’eau et préside la fondation qui porte son nom, Fundación Mercedes Sosa, consacrée au souvenir de la grande artiste du folklore du nord-ouest argentin.

Après une carrière de thérapeute (elle enseignait la musicothérapie à l’université), Araceli Matus vient de publier son premier disque conçu après un divorce survenu il y a cinq ans, à la quarantaine. Ce n’est donc pas une jeunette qui fait un caprice pour suivre un chemin risqué. Dans ce premier disque de soliste (elle a été choriste dans son adolescence et sa jeunesse), elle chante de la musique latino-américaine et rend ainsi hommage à ses deux grands-parents paternels : Mercedes Sosa et son compagnon, le guitariste et producteur Oscar Matus.

Araceli Matus dans les bras de sa grand-mère

Le talent n’est pas héréditaire mais il faut écouter l’album pour en juger. Celui-ci est disponible sur toutes les plateformes spécialisées.

Jaquette du disque

Página/12 consacre à la nouvelle artiste une chronique dans ses pages culturelles de ce lundi : le journal la présente à l’intersection entre son héritage artistique et une voie personnelle qu’elle n’a pas encore pleinement ouverte.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 qui a interviewé Araceli Matus

dimanche 22 décembre 2019

Le Salon des Femmes va retrouver sa dignité [Actu]

L'état actuel du salon
On reconnaît très bien au fond entre les deux fenêtres un portrait iconique de Eva Perón
et en face de la dame qui travaille devant son écran celui de l'auteur-compositrice-interprète Mercedes Sosa

En visitant la Casa Rosada, la nouvelle équipe gouvernementale a découvert pourquoi le Salón de las Mujeres ne servait plus jamais de cadre à des manifestations officielles du gouvernement. Le machisme sous-jacent dans l’idéologie de cette droite néolibérale qui tenait le pays ne faisait guère de doute mais de là à découvrir ce qu’ils ont découvert !

La belle salle décorée des portraits de quelques femmes qui ont fait l’histoire politique, sociale et culturelle de l’Argentine, a été transformé en un open-space où se côtoient un standard et des postes de travail administratif, le tout dans une laideur fonctionnelle qui nous en dit aussi long sur le mépris que Macri porte aux agents subalternes de ses services que sur celui qu'il a pour l'émancipation politique et civile des femmes.

Son successeur va donc faire restaurer les lieux et leur rendre leur rôle officiel de salle de négociation et de réception.

Le Salón de las Mujeres sous le mandat de Cristina Kirchner en 2010
(on reconnaît l'emblème du bicentenaire sur le tableau de gauche)
à droite de la fenêtre, la photo iconique de Evita
à droite un portrait décolleté de la chanteuse et actrice Tita Merello

Dans le même ordre d’idées montrant un président Macri sans aucun égard pour l’histoire et l’héritage national, l’équipe Fernández a découvert qu’il avait fait détruire un escalier vénérable dans le palais présidentiel, malgré l’interdiction que lui en avait faite la commission de préservation des monuments historiques. Chef du gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, cet élu vandale avait fait abattre la maison du poète Evaristo Carriego, à Palermo, un artiste urbain et populaire de la première décennie du 20e siècle, qui avait inspiré des écrivains de la stature de Jorge Luis Borges ou de Homero Manzi, le créateur du thème du quartier dans le répertoire du tango.

Quand on ajoute que Fernández, en prenant possession des lieux dans l’après-midi du 10 décembre, a découvert que le système d’air conditionné ne fonctionne pas (ce qui revient à obliger les agents à travailler dans des chaleurs insupportables à partir du mois de novembre jusqu’à celui d’avril) et que certains ascenseurs sont aussi aux abonnés absents (il y a quelques jours, le président a dû emprunter un monte-charge pour arriver à temps à une réunion), on se fait une idée (lamentable) de ce que fut la gestion Macri y compris dans ce domaine tout simple. Dans ce cas, que le pays soit KO, cela n’a rien d’étonnant.

Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12 sur le Salón de las Mujeres
lire l’entrefilet de Página/12 sur la destruction illégale de l’escalier

samedi 26 janvier 2019

Hommage à la Negra Sosa pour ouvrir le festival de Cosquín [à l’affiche]


Ce soir, samedi 26 janvier 2019, commence le grand rendez-vous de la musique folklorique argentine, le festival de Cosquín, dans la province de Córdoba. C’est la 59e édition. Le festival a été créé lorsque la pénicilline a vaincu la tuberculose, dont le traitement était le fonds d’activité de cette ville qui accueillait de nombreux sanatoriums et où venaient tenter de se soigner tous les tuberculeux du pays. Il fallait bien que la ville se reconvertisse. Toute l’activité tourne donc 365 jours sur 365 du festival qui dure une dizaine de jours, au cœur de l’été austral.


Cette année, la soirée d’ouverture (on parle de lune et non pas de nuit) rendra hommage à la grande Mercedes Sosa, l’auteure, la compositrice et l’interprète qui a fait connaître la musique du nord-ouest argentin dans le monde presque entier.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Au programme de cette première lune, on entendra, après la bénédiction initiale, l’hymne national et l’hymne municipal, des artistes comme Victor Heredia, Liliana Herrero, Teresa Parodi, Julia Zenko (que l’on connaît comme interprète de tango) et León Gieco.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Tous les soirs, monteront sur scène les lauréats du concours Pre-Cosquín 2019.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Dans la matinée de ce samedi, une parade à cheval dans la ville à la charge des associations gauchas de tous le pays.


Pour en savoir plus :
visiter le site Internet de Cosquín et sa page Facebook.

Ajout du 28 janvier 2019 :
lire l'article de Página/12 sur cette Luna inaugurale

jeudi 9 juillet 2015

Mercedes Sosa aurait eu 80 ans [Troesmas]


Concert ce soir, 9 juillet 2015, à 21h, salle La Ballena Azul, du Centro Cultural Kirchner, l'ancien Correo Central, dans le bas de Monserrat, pour rendre hommage à la grande chanteuse, auteur et compositrice de Tucumán, Mercedes Sosa qui aurait eu aujourd'hui quatre-vingts ans : Traigo un pueblo en mi voz (je porte un peuple dans ma voix), reprise d'un tour de chant qu'elle effectua en 1973.

Ce concert est accompagné d'une exposition qui lui est consacrée d'aujourd'hui jusqu'au 23 août prochain.

Entrée libre et gratuite.

Pour aller plus loin :

mardi 11 novembre 2014

Sortie discrète d'un album posthume de Mercedes Sosa [Disques & Livres]


Il y a une dizaine de jours, les ayant-droits et amis de Mercedes Sosa ont publié dans une grande discrétion un nouvel album, Angel, reprenant plusieurs enregistrements inédits, en public, réalisés en Europe et en Amérique Latine, par la grande folkloriste de Tucumán, entre 1992 et 1996.

La présentation en a été faite à San Telmo, dans le nouveau Museo Mercedes Sosa, sous la direction de son fils, et avec la participation de tous les grands noms du folclore actuel.

Voilà cinq ans que Mercedes Sosa est décédée.

Plusieurs médias se font écho de ce nouveau CD : Página/12 aujourd'hui, Télam à la fin du mois dernier (avec interview vidéos du fils de Sosa dans la dépêche du 31 octobre) ainsi qu'un blog tanguero, leTG Post, avec un article d'un animateur de Radio Patricios, une radio associative auto-gérée du quartier de Parque Patricios.

samedi 18 octobre 2014

Mercedes Sosa au Ciné Club de la Maison de l'Argentine [ici]


Mardi 21 octobre 2014, à 20h, la Maison de l'Argentine propose au Ciné Club argentin la projection d'un documentaire sur l'auteur-compositeur interprète folkloriste Mercedes Sosa, réalisé par Rodrigo Vila en 2013, sur une idée originale de Fabián Matus, fils de la grande artiste.

Mercedes Sosa est l'une des plus prestigieuses représentantes et créatrices de la musique du Nord-Ouest argentin. Elle était née à Tucumán. Elle est décédée en octobre 2009 et son corps a été veillé au Congrès national à Buenos Aires (voir mon article du 5 octobre 2009).

Le film dure 1h30 et il sera projeté en VO. Il relate l'art de la musicienne mais aussi l'engagement politique et sociale de la citoyenne qu'elle fut et qui dut s'exiler pendant la dictature des années 70.

Ce documentaire a déjà reçu un prix, celui du public au Festival de Panamá de l'année passée.

Maison de l'Argentine, Cité Internationale Universitaire de Paris, M° ou tramway Cité Universitaire.
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

lundi 5 octobre 2009

A Buenos Aires, l’adieu à la Negra [Actu]

La Une de Página/12 aujourd'hui

C’est un hommage très émouvant qui a été rendu toute la journée de dimanche et une partie de la matinée d’aujourd’hui à la Negra Mercedes Sosa, dans la Salle des Pas Perdus du Congrès national argentin. Mercedes Sosa est décédée hier matin, à 5h15, à la Clinique de la Trinité à Palermo.

Sur le plan national, c’est un jour de deuil officiel qui a été décrété par le Gouvernement. Dans la Province de Tucumán, le Gouverneur a décidé que le deuil serait de trois jours.


Beaucoup d’anonymes se sont rendus jusqu’au Palais du Congrès pour saluer la dépouille de l’artiste, beaucoup de chanteurs et de musiciens aussi appartenant à tous les genres de la musique populaire et quelques personnalités politiques au premier rang desquelles la Présidente de la République, Cristina Fernández de Kirchner, accompagnée par son mari, lui-même ancien président, et par le Premier ministre (Jefe de Gabinete), Aníbal Fernández.
Le cercueil était installé dans une chapelle ardente (velatorio). Il était recouvert d’une chalina (1) du nord de l’Argentine, cette région rurale dont la musicienne était originaire. La levée du corps était prévue aujourd’hui lundi, à 11h du matin (heure locale). Le corps de Mercedes Sosa devait ensuite être conduit jusqu’au crématorium du cimetière de la Chacarita, dans l’ouest de la ville, où il était prévu que la famille et les proches arrivent vers midi (c’est-à-dire plus ou moins à l’heure où je publie cet article en Europe). La crémation devait avoir lieu dans le cadre d’une cérémonie intime.

Les cendres de la chanteuse seront dans les jours qui viennent dispersées à Buenos Aires, à Mendoza (à l’ouest du pays) et à Tucumán (au nord), la capitale de sa Province natale.


L’hommage en photos...

Sur scène avec le grand rocker argentin Charly García, en 1997, tous deux étaient des amis personnels (La Nación)
La chapelle ardente installée dans le Salón de los pasos perdidos del Congreso de la Nación (La Prensa)

La banderole tenue par cet admirateur aux cheveux argentés, à côté de la sortie du métro Congreso, dit "Merci Negra pour ta voix et pour ton combat" (photo de l’agence Télam publiée par Clarín) (2)


Sur scène avec le célèbre ténor italien Luciano Pavarotti en 1999 (La Nación)


A la Casa Rosada, avec la Présidente Cristina Kirchner (La Nación)
Dans le billet du jour de Página/12, il est question du Bouddha Sud-américain...


La visite présidentielle à la chapelle ardente au Congrès. La Présidente est à droite. A côté d’elle se tiennent des proches de la défunte. Derrière eux, on distingue, à droite du visage de Cristina, le cheveu gris et la moustache sombre du Premier ministre, Aníbal Fernández, et par-dessus, dominant la scène de sa grande taille, l’ancien président Néstor Kirchner, qui s’approchera ensuite du cercueil pour toucher le corps dans un geste que les photographes n’ont bien sûr pas manqué (Clarín).

Sur place, les suppléments spéciaux ont envahi les kiosques à journaux et Página/12 comble son retard à l’allumage d’hier par un dossier très fourni. Ici, en Europe la presse francophone s’est enfin réveillée et abandonne ici et là les relents nauséeux de l’affaire Polanski pour parler d’une autre personnalité de grand talent au parcours moins ambigu.

Couverture de Crítica de la Argentina, qui consacre de très nombreuses pages de son site et de son édition papier d’aujourd’hui à la grande chanteuse disparue. Vous pourrez télécharger la version papier en format pdf à partir de 14h (heure de Buenos Aires).
Pour aller plus loin :
En espagnol
Lire le supplément spécial de Página/12
Lire l’article de Clarín
Lire l’article du supplément Ciudad de Clarín sur Mercedes Sosa
Lire l’article du supplément Ciudad de Clarín sur l’émotion suscitée par le décès de Mercedes Sosa
Lire l’article général de La Pensa
Lire l’article sur les réactions des artistes dans La Prensa
Lire l’article sur l’hommage national au Congrès dans La Prensa
Lire l’article de La Nación
Lire l’article principal de Crítica de la Argentina
En français
Lire l’article de La Libre Belgique (qui se contente de reprendre l'AFP)
Lire l’article du Soir (Belgique francophone)
Lire l’article de La Tribune de Genève (Suisse francophone)
Lire l’article de Libération (France)
Lire l’article du Figaro (France)
La Croix (France) n’a pas traité l’info. Quant au Monde, il a osé reléguer la nouvelle dans son Carnet mondain...

(1) Chalina : sorte de plaid qui dans la campagne argentine sert tout à la fois de manteau et de couverture.
(2) L’adjectif substantivé Negra, qui était devenu le surnom le plus commun de Mercedes Sosa, est ici un terme affectueux qu’il est très difficile, voire même périlleux, de traduire. Il fait référence, bien sûr, à la situation originelle, déconsidérée, des esclaves noirs du temps de l’Empire colonial espagnol mais, par l’effet des antiphrases dont les Argentins sont friands, il se teinte d’affection, de tendresse, voire (c’est le cas ici) d’admiration. Selon le contexte, il peut aussi servir d’insulte et c’est alors l’expression d’un mépris très violent parce que la dimension raciste originelle remonte à la surface ("son negros", cela peut vouloir dire dans ce cas-là "ce sont des abrutis", il peut aussi s’agir de "la racaille" d’une célèbre et malheureuse formule à l’emporte-pièce de Nicolas Sarkozy). Dans le monde du tango, beaucoup d’artistes portent ce surnom : les chanteurs Raúl Lavie et Rubén Juárez par exemple. Le poète Héctor Negro est allé plus loin : il en a fait son nom de plume.
Le combat (lucha) auquel la banderole fait allusion est celui des droits de l’homme et du progrès social. Mercedes Sosa était une militante communiste qui a toujours lutté pour le respect des droits de l’homme, ce qui est très souvent lié en Argentine et dans l’ensemble de l’Amérique latine, où pendant la Guerre froide les Etats-Unis ont représenté un danger plus proche et plus concret dans ce domaine que la très lointaine Union Soviétique, qu’il était beaucoup plus facile de parer de toutes les vertus, étant donné que peu de gens avaient réellement accès à ce qui s’y passait. Tandis que la CIA, on la reconnaissait presque à chaque coin de rue...

dimanche 4 octobre 2009

La grande chanteuse argentine Mercedes Sosa est décédée [Actu]

Photo Clarín

Ce n'est pas une surprise. Mais c'est un grand chagrin pour les Argentins et de très nombreux sud-américains dans tous les autres pays du sous-continent...

Depuis mardi, on savait que la grande artiste originaire de la Province nordiste de Tucumán se trouvait au plus mal, placée en soins intensifs dans la clinique Trinidad du quartier de Palermo à Buenos Aires. Elle est décédée à 5h15 ce matin, entourée de l'affection des siens. Son fils était auprès d'elle. Elle avait 74 ans et avait vécu de nombreuses années en Europe pour fuir la Dictature qui avait sévi en Argentine entre 1976 et 1983 et qui la persécutait pour son engagement au sein du parti communiste.
Sa famille, qui s'attendait à l'issue fatale, a fait paraître presque aussitôt un faire-part sur le site web de la chanteuse et c'est aussi une oraison funèbre...

Mercedes Sosa ne chantait pas du tango, ou plus exactement elle le chantait beaucoup moins que d'autres genres comme le folklore (son genre de prédilection) et aussi le jazz et le rock nacional. Et c'est pourquoi Barrio de Tango lui rend hommage. Mercedes Sosa fait partie des Troesmas, de ces grands artistes créateurs qui ont façonné et continuent de façonner l'identité culturelle très diversifiée de ce pays immense...
Ces derniers jours, elle avait reçu la visite du nouveau ministre de la Justice, le docteur Juan Manzur, lui-même originaire de la Province de Tucumán.


L'un de ses plus grands succès s'appelle Gracias a la Vida...



Pour aller plus loin :
lire l'article de Clarín de ce matin
lire l'article à la Une de La Nación
Lire l'article du supplément spectacle de La Nación, signé Gabriel Plaza, le DJ qui animait la soirée du 27 août dernier, où Alorsa a donné son dernier spectacle à la Ciudad Cultural Konex...
Lire l'article de El País, le quotidien de Montevideo
Lire l'article de El País, quotidien de Madrid


Curieusement, ni Página/12 à Buenos Aires (où il est encore assez tôt dans la matinée) ni Le Monde à Paris (alors que l'après-midi est désormais engagée) n'ont encore réagi sur leurs sites Web. De la part de Página/12, c'est extrêmement surprenant. De la part du Monde, c'est une honte.

vendredi 2 octobre 2009

Le site de Mercedes Sosa a explosé sous le nombre de messages de soutien [Actu]

La chanteuse Mercedes Sosa reste placée en soins intensifs dans une clinique de Palermo mais ces dernières heures, son état s’est quelque peu dégradé. Les médecins sont toujours très réservés. Elle répond très mal au traitement pharmacologique et ses problèmes hépathiques et pulmonaires s'aggravent. Cependant, son fils, qui vient régulièrement donner de ses nouvelles à la presse, assure qu’à aucun moment, la diva du folklore tucumano n’a souffert. Dans une interview à la porte de l'établissement où sa mère est soignée, il a déclaré qu'elle avait toujours été un symbole de la liberté pour le pays.

L’émotion est si grande parmi ses admirateurs que le site de l’artiste a sauté dans la journée d’hier sous l’avalanche de messages de soutien qui lui parvenaient de tout le pays et des quatre coins de l’Amérique Latine et sans doute d’autres continents, tant elle est appréciée de tout ceux qui connaissent son art...

Ses amis et parents ont formé une chaîne de prière autour d'elle en ce moment crucial où sa vie pourrait basculer. Une des contradictions apparentes très courantes en Argentine : Mercedes Sosa est connue pour ses sympathies communistes, ce qui nous paraît assez contradictoire avec la foi mais ne l'est pas tant que ça en Argentine (et en Amérique du Sud en général).

Quant au rockeur argentin Charly García, actuellement en tournée au Chili, il a accordé à Clarín un entretien pour rendre hommage à la grande dame avec laquelle il a partagé la scène et les studios d'enregistrement plus d'une fois.

Pour en savoir plus :
Lire l’article de Página/12
Lire l’article de Clarín
Lire l'interview de Charly García
En français, se reporter à mon article à ce sujet, publié hier dans Barrio de Tango.
Visiter le site de Mercedes Sosa (il est à nouveau accessible)

jeudi 1 octobre 2009

Inquiétudes pour Mercedes Sosa [Actu]

Mercedes Sosa en octobre 2007

A Buenos Aires, on a appris avec consternation l’hospitalisation de Mercedes Sosa, une immense artiste du folklore argentin. La grande chanteuse se trouve depuis une dizaine de jours dans un établissement du quartier de Palermo, dans le nord de Buenos Aires, où elle est soignée pour des problèmes rénaux et pulmonaires. Dans la journée d’hier, elle a été placée en soins intensifs et sous respirateur artificiel. Les médecins sont réservés sur l’évolution de son état de santé.

Mercedes Sosa a déjà été hospitalisée il y a environ 6 mois pour une pneumonie. Depuis de nombreuses années, elle accumule les soucis de santé de manière assez visible. Le 10 décembre 2007, pendant la fête populaire qui célébrait l’entrée en fonction de la Présidente Cristina Fernández de Kirchner sur la Plaza de Mayo, Mercedes Sosa avait participé au spectacle mais pendant toute sa durée, elle était demeurée assise, y compris quand la nouvelle Présidente était montée la rejoindre sur le podium... En 2008, elle a participé, en studio, aux enregistrements du nouveau disque de la chanteuse japonaise Anna Saeki, son premier disque de folklore argentin.

En 40 ans de carrière, cette artiste doublée d’une militante communiste qui dut s’exiler pendant la Dictature militaire, a sorti 40 disques, dont un certain nombre porte le sigle du label Melopea. Une très grande de la culture populaire de l’intérieur de l’Argentine. Au point que son hospitalisation fait aussi l’objet d’entrefilets dans la presse uruguayenne, à l’heure même où cette presse fait tout son possible pour profiter de l’inscription simultanée du tango et du candombe au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité pour revendiquer les deux genres au nom de l’Uruguay (attitude habituellement exclusive en matière d’identité culturelle de la petite république orientale pour laquelle toutes les occasions semblent bonnes pour tenter de damner le pion au grand voisin argentin).

Pour aller plus loin :
Lire l’article de La Nación (Argentine)
Lire l’entrefilet de Clarín (Argentine)
Lire l’article de El Observador (Uruguay)
Lire (en français) l’article paru aujourd’hui sur le site de Libération (qui traduit son surnom, La Negra, par la Négresse, terme français raciste et méprisant qui méconnaît tout à fait le caractère chaleureux, affectueux et respectueux du terme argentine.... et le physique de la dame, qui a un visage aux traits plus indiens que noirs et si les Argentins avaient voulu souligner son physique, il est probable qu’ils l’auraient plus facilement surnommée La China. Il faudrait donc plutôt traduire par La chérie, La belle, La grande ou La petite, du moment que vous y mettez le ton affectueux requis).

samedi 25 avril 2009

Anna Saeki en Europe : retour "sans image" [Disques & Livres]


Anna Saeki à la Academia Nacional del Tango, Buenos Aires, 18 août 2008 (X° Festival del Tango de BsAs)


Il sera dit qu'Anna Saeki m'aura fait rompre toutes les règles que je m'impose dans Barrio de Tango pour pouvoir faire vivre ce blog dans le court délai des 24 heures que compte la journée terrestre. L'une de ces règles est en effet de ne parler que des artistes argentins et uruguayens menant carrière chez eux (1). Or Anna Saeki est japonaise. Ce qui n'empêche pas qu'elle soit une très grande chanteuse de tango argentin et, de vous à moi, une des plus impressionnantes qu'il m'ait déjà été donné de voir sur scène. Et puis, dans Barrio de Tango, quand je fais un retour sur un concert déjà annoncé (lire l'article), c'est pour faire un retour sur images. Or je n'ai pas une seule photo du concert d'hier. On ne peut pas photographier le spectacle : les flashes déconcentrent tout le monde, les artistes et le public. Alors je vais tout de même mais sans image vous faire retour sur ce récital, parce qu'il y a vraiment beaucoup de choses à en dire.

D'abord sur le programme que l'artiste a choisi et qui sera peu ou prou le même sur le reste de la tournée. Le concert dure une heure et demie, que l'on ne voit pas passer, et se constitue de deux parties sans entracte.

1ère partie : La Cumparsita (Si supieras, la letra de Pascual Contursi) (lire l'article sur l'histoire de cet hymne du tango), Sin palabras, Che Bandoneón, Parlez-moi d'amour (en japonais), Alfonsina y el mar, Yo vengo a ofrecer mi corazón, Dejá la vida volar, Todo cambia (ces trois derniers étant des créations nouvelles, tirées de son dernier disque).

La coupure entre les deux parties est un temps de musique instrumentale où le Quinteto El Después, qui l'accompagne dans sa tournée, joue sa propre musique, c'est-à-dire celle de ses deux membres argentins que sont le bandonéoniste Victor Hugo Villena et le guitariste Alejandro Schwarz. Leurs deux morceaux s'appellent Efecto Tango 2 et Anna de San Telmo (une milonga camdombe). Hier, j'ai nettement ressenti qu'à partir de ce moment-là, les musiciens se sont enfin lâchés. Dans la première partie, où leurs arrangements sont pourtant excellents, j'avais l'impression d'un quintette cantonné à un rôle de faire-valoir, comme écrasé, volontairement ou non, par la partie vocale (qui en impose).

La deuxième partie est entièrement consacrée au duo Astor Piazzolla-Horacio Ferrer. Le quintette ne se contente plus d'accompagner mais devient partie prenante du concert au même titre que la chanteuse. L'introduction instrumentale qu'ils ont faite pour Balada para un loco est très originale. D'ordinaire, ce tango n'a pas d'introduction (c'est même un de ses traits distinctifs) mais pour un public linguistiquement hétérogène, qui ne peut pas goûter pleinement le récitatif de début, l'idée de faire entrer le spectateur dans la folie du personnage et de cette histoire par la musique et la danse, légèrement flamenca, que nous offre Anna Saeki, est une vraie idée théâtrale. A la voir dans cette deuxième partie, on croirait qu'Anna Saeki est née pour le répertoire Piazzolla-Ferrer. A moins que ce ne soit l'inverse. Dans cet univers artistique, esthétique, musical et poétique singulier, elle revèle un faste vocal et une justesse de jeu à la mesure des joyaux de théâtre dont elle se pare sur les planches.

Cette dernière partie comporte 5 pièces, deux très connues et trois beaucoup moins : Chiquilín de Bachín, Oblivion (en japonais), Las Ciudades, Balada para un loco (avec le récitatif du début essentiellement en japonais et un couplet repris aussi en traduction), Balada para mi muerte et Preludio para el año 3001.

L'ensemble du tour de chant est très structuré avec une montée en puissance de la chanteuse, de la musique et de l'émotion, qui se ressentait même dans cette salle à forte culture japonaise, tellement plus retenue et disciplinée qu'un public latin. J'ai pour ma part rarement vu un récital de tango aussi émouvant que la deuxième partie de ce spectacle.
A voir absolument.
Au besoin, déplacez-vous en Allemagne, partez à Tokio, retenez votre avion pour Lima ou pour Buenos Aires mais surtout ne ratez pas cette chanteuse. Elle passe régulièrement en France mais il nous faudra attendre au moins l'année prochaine pour la revoir...

En Allemagne où sa tournée va prochainement la mener (lire l'article), le programme du tour de chant sera, je suppose, adapté et il y a fort à parier que Parlez-moi d'amour (qui fait plaisir aux Français) fera place à Lily Marlène... sans doute en japonais là aussi. Les traductions nippones du tour de chant sont musicalement excellentes (et c'est une intégriste de la VO en tout et surtout dans le tango qui l'écrit !). J'ignore évidemment à quel point ces versions sont fidèles aux textes originaux (2) mais Anna Saeki réussit cet exploit de chanter des textes japonais qui sonnent comme les originaux. Il est vrai aussi que la langue japonaise le permet puisqu'elle ne se compose que de phonèmes qui existent dans les langues latines et que le rythme et la modulation de la parole n'y sont pas incompatibles avec ceux de l'espagnol. L'effet serait très différent avec du mandarin, du vietnamien, du tamoul ou une langue sémite.

Les équipes locales qui accueillent la chanteuse, l'association AKJW à Paris, vendent ses disques à l'entrée et à la sortie du concert. 5 disques sont disponibles. Deux sont destinés au marché extrême-oriental (tout est écrit en japonais) et trois sont des disques accessibles aux Occidentaux idéographiquement illettrés dans mon genre.

Canto de sirena, chez Rentrak Japan 2001, présente principalement du Piazzolla avec différents letristas : Los pájaros perdidos, Peludio para el año 3001, Vuelvo al sur, La ciudades, Oblivión, Balada para un loco. L'album compte en tout 11 pistes et est vendu au prix de 20 € (à Paris).

Anna Saeki, tango clásico y moderno, chez Oriente Musik (un label allemand), double CD de 21 pistes + 2 bonus vidéo, vendu à Paris au prix de 25 €. Quelques titres : Sin palabras, Malena (qui fait aussi le bonus vidéo), Azabache (qui est le bis du récital actuel), La Cumparsita, María, Sur, El Día que me quieras (en version originale puis en version japonaise) pour le disque Clásico et trois Piazzolla-Ferrer pour Moderno : Chiquilín de Bachín, Balada para mi muerte (qui fait aussi le bonus vidéo) et La última grela (comme Las ciudades, c'est un morceau peu chanté et peu enregistré depuis la création par Amelita Baltar et Astor Piazzolla, au début des années 70).

Et chez Moon Music, en 2009, Yo vengo a ofrecer mi corazón (je viens offrir mon coeur), le plus récent de ses disques, qu'elle a monté et enregistré l'année dernière avec la grande chanteuse de folklore argentine qu'est la Maestra Mercedes Sosa (70 ans). Lorsque la lumière s'éteint dans la salle, la projection d'un petit clip vidéo, résumant les séances d'enregistrement et montrant les Maestras Mercedes Sosa et Teresa Parodi, aux côtés de Anna Saeki, précède d'ailleurs l'entrée en scène du Quinteto el Después. Dans ce disque, plusieurs créations spécifiques : Los Hermanos (la chanson du clip d'ouverture), Todo cambia, Yo vengo a ofrecer mi corazón (qui forme deux pistes, l'une en espagnol, l'autre en japonais), Deja la vida volar. En tout 17 pistes (vendu à 20 €, donc des prix raisonnables pour des disques produits dans le Primer Mundo, comme disent les Argentins, c'est-à-dire dans l'hémisphère nord, au niveau de vie plus élevé qu'au sud de notre planète).

Pour la France, c'est donc l'association AKJW qui s'occupe d'accueillir Anna Saeki. Ce sont eux qu'il faut contacter pour vous procurer ces disques, si vous ratez le second et dernier concert qu'elle donne dans l'Hexagone, ce soir, à la Maison de la Culture du Japon à Paris (quai Branly, au pied de la Tour Eiffel et au bord de la Seine).

Pour en savoir plus : le site d'Anna Saeki elle-même (sans document audio ni vidéo mais en 5 langues) et le site de AKJW.

Pour vous faire une idée de la voix d'Anna Saeki, lire mes articles la concernant en cliquant sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, en haut de l'article, sous le titre.

(1) Il est en effet impossible à un seul rédacteur de rendre compte de tout ce qui se passe de bon dans le monde en matière de tango, qui connaît un succès mondial. Des pays comme le Japon, la Finlande, les Pays-Bas, l'Espagne, le Brésil, les Etats-Unis, la France abritent d'excellents artistes de tango, argentins ou autochtones.
(2) En japonais, je ne connais qu'un seul mot : aligato. Ce n'est pas lourd. Mais, pour le coup, la qualité l'emporte sur la quantité...