lundi 22 septembre 2014

Après Merlieux, Le Mans et sa vingt-cinquième heure du Livre [ici]

Après la fête du livre de Merlieux, ce dimanche 28 octobre 2014, je me rendrai au tout début octobre, la semaine suivante, à celui du Mans, pour une nouvelle rencontre avec le public. Je dédicacerai en effet mes livres à la 25ème Heure du Livre du Mans, qui se tiendra du 3 au 5 octobre 2014, dans de nouveaux lieux. Cette année, le salon quitte la vieille muraille romaine pour se distribuer entre le tout nouveau complexe culturel Les Quinconces, le musée d'archéologie et d'histoire Le Carré Plantagenêt et la Mairie.

Les exposants du salon se répartiront entre le Boulevard des Editeurs et le Carré Plantagenêt. Le vendredi, l'unique stand des Editions du Jasmin se situera sur le Carré Plantagenêt. C'est là qu'il est prévu que je me tienne au cours de cette première journée, même si dans le programme ce site accueille essentiellement les éditions pour la jeunesse (1). J'y présenterai comme d'habitude mes trois livres sur le tango (dont celui publié chez Tarabuste Editions) et les deux autres consacrés à don José de San Martín, le grand héros de l'émancipation sud-américaine, que les fidèles lecteurs de Barrio de Tango ont désormais appris à connaître. Un personnage historique hors du commun, pour son génie politique comme ses qualités humaines, un profil plutôt inattendu chez un général argentin (la période de la dictature a imprimé dans nos têtes de terribles préjugés !). Le samedi et le dimanche, je déménagerai pour aller présenter mes ouvrages sur le stand de Jasmin Littérature, stand B78, sur le boulevard des Editeurs, comme l'appellent les organisateurs (chapiteaux installés aux Quinconces). Toujours chez le même éditeur mais uniquement avec les collections pour les adultes cette fois-ci.

Dans toute la mesure où cela sera possible, j'offrirai le mate à nos visiteurs, comme à mon habitude, tout simplement parce que sur un salon comme chez moi (par exemple en ce moment alors que j'écris pour ce blog), je carbure au maté... C'est une autre expérience de l'Argentine, une expérience qui passe par le palais et l'odorat. Dépaysant !

Avis aux amateurs de romans : la collection Jasmin Littérature aura donc cette fois-ci son propre stand, le samedi et le dimanche. Cette collection récente propose des romans courts dans des formats originaux qui tiennent effectivement dans la poche sur un grand choix de thématiques. Toutes ces œuvres s'adressent à un public adulte, elles dérouteraient sans doute un adolescent, à moins qu'il ne s'agisse d'un grand lecteur. Les Editions du Jasmin proposent par ailleurs un choix varié de romans jeunesse, dont des romans policiers à partir de 10-12 ans, de la science fiction (adolescents), des aventures du bout du monde (dès que les enfants savent lire) et ce sera sur l'autre stand, au Carré Plantagenêt, pendant toute la durée de la manifestation (et sur le stand unique, à Merlieux, le 28 septembre).

Pour en savoir plus sur ce salon du livre :
connectez-vous sur sa page Facebook.
Pour découvrir le riche catalogue du Jasmin, vous pouvez visiter leur site Internet (en français).
Pour acheter les livres depuis l'Argentine, vous pouvez passer par la librairie francophone de Buenos Aires (Las mil y unas hojas), qui dispose d'un volet de vente en ligne.



(1) Mes livres s'adressent certes aux adultes mais le musée d'histoire et d'archéologie est un lieu dans lequel ils ne seront pas déplacés puisqu'ils traitent tous d'histoire, que ce soit au sujet du tango (envisagé dans son épaisseur historique et anthropologique et non pas dans sa dimension de loisir ou de spectacle chorégraphique) ou au sujet de la Révolution de 1810 et de l'indépendance.

vendredi 19 septembre 2014

Osvaldo Peredo nommé Personalidad destacada de Buenos Aires [Actu]


Le chanteur Osvaldo Peredo sera distingué lundi 22 septembre 2014 par la Legislatura Porteña qui, lors d'une cérémonie solennelle, lui remettra le titre de Personalidad Destacada de la Cultura ("personnalité remarquable"). Elle se tiendra à 18h dans le Salón Dorado (entrée par Perú 160).

Osvaldo Peredo est né en 1930 dans le quartier de Boedo. Par bien des aspects, c'est un véritable titi portègne et comme tous ses pareils, c'est un passionné de football. A plus de quatre-vingts ans, le bonhomme garde une voix splendide et peut partager la scène avec des cadets en pleine maturité.



Si vous avez la possibilité d'aller l'applaudir en cette occasion, n'hésitez pas !

Filipelli Intimo à nouveau à Clásica y Moderna [à l'affiche]


Luis Filipelli reprend son nouveau tour de chant ce mercredi 24 septembre 2014, à 21h, à Clásica y Moderna, Callao 892.

Il sera accompagné par Leonardo Andersen qui assure la direction musicale du concert. Il a aussi invité Melania Pérez à partager avec lui cette soirée dans l'un des bares notables les plus fameux de la capitale argentine.

Il est prudent de réserver à l'avance, ne serait-ce que pour connaître le droit au spectacle que cette salle n'annonce jamais autrement et à quoi il faudra ajouter les consommations (pour des Européens de la zone euro, ça ne devrait pas monter bien haut).

jeudi 18 septembre 2014

Autre écho de mes présentations à Buenos Aires au micro de Radio Nacional [Chroniques de Buenos Aires]

 

L'émission Siempre Argentina - Conexión español, du groupe public Radio Nacional, vient de diffuser sur les ondes courtes de Radiodifusión Argentina al Exterior (RAE) une interview que j'ai enregistrée, en espagnol, le 4 septembre dernier, dans les studios de Maipú 555, à Monserrat.

L'interview était conduite cette année par le journaliste Leonardo Liberman, qui l'a mise en ligne il y a quelques heures sur son propre blog, El Mirador Nocturno, patchwork culturel et musical que je vous invite vivement à découvrir sur le Net.

Vous pouvez y télécharger gratuitement toutes les interviews accordées au journaliste, comme vous le savez si vous suivez l'actualité de Barrio de Tango et encore plus ma page Facebook, où je partage régulièrement les conversations avec quelques uns des grands acteurs de la culture portègne.

Ecouter l'émission sur El Mirador Nocturno.

Ce soir, Mariel Martínez chante au Centro Cultural San Martín [à l'affiche]


La chanteuse portègne Mariel Martínez, établie à Madrid et en tournée en Argentine depuis le début du mois, se produira ce soir, jeudi 18 septembre 2014, à 20h, au Centro Cultural San Martín, salle Enrique Muiño, Corrientes . Elle sera accompagnée par le trio La Porteña, conduit par le guitariste et arrangeur Alejandro Picciano.

Entrée libre et gratuite, par la rue Sarmiento au numéro 1551 (et non par l'avenue Corrientes).

Le concert fait partie d'un cycle lié au label indépendant de Litto Nebbia, Melopea Discos, producteur des cinq disques de cette artiste.

Pour en savoir plus, lire la note publiée par le site Internet du complexe théâtral.

Ce soir, séance ciné au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]



Les hommages à Aníbal Troilo, dit Pichuco, continuent en cette année de son centenaire dans sa ville natale et l'ensemble du pays.

Ce soir, jeudi 18 septembre 2014, à 19h (les jours rallongent), avec entrée libre et gratuite, projection du documentaire Pichuco, de Martín Turnes, dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises, au Museo Casa Carlos Gardel, Jean Jaurès 735, dans le cadre des jeudis cinématographiques Tango, Pasión de Celuloide.

Dimanche 21 septembre à la Maison de l'Argentine [ici]

Dimanche 21 septembre 2014, à 18h, concert du violoniste Pablo Agri et du pianiste Juan Esteban Cuacci à la Maison de l'Argentine, à la Cité Internationale Universitaire de Paris, 27 bld Jourdan, face à la station de RER Cité Universitaire.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

Allez-y si vous en avez l'occasion : ce sont d'excellents musiciens et très authentiques.

Le concert, intitulé Sans filet, est l'une des deux participations du pavillon argentin aux Journées européennes du Patrimoine, les 20 et 21 septembre 2014.


Hommage à Beba Bidart à Taconeando ce soir [à l'affiche]

Beba Bidart et Tito Lusiardo
dans un film mené par Carlos Gardel
de 1934
La danseuse et chanteuse Beba Bidart, née en 1924 et décédée en 1994, a fondé le cena-show Taconeando, connu aussi sous le nom de Vereda del Tango, à la limite sud de Monserrat (mais ça fait plus tango de parler de San Telmo).

Le ministère de la Culture de la capitale argentine inaugurera ce soir, jeudi 18 septembre 2014, à 18h, une statue sur ce trottoir de la rue Balcarce à la hauteur du n° 725, tout près de avenida Independencia.

La Academia Nacional del Tango prend part à cette manifestation d'hommage à une grande dame de la nuit portègne.

La Semaine de Boedo bat son plein à Buenos Aires [à l'affiche]


Comme tous les ans à l'approche du printemps, Boedo fait la fête pour vivre son identité de quartier tanguero et populaire... La manifestation est organisée par des réseaux fonctionnant en autogestion et fortement implantés sur le terrain. Actuellement, cette semaine qui a commencé samedi dernier, le 13 septembre, et se conclura le 28, et durera donc une quinzaine, se présente comme un acte de résistance à l'actuel gouvernement municipal qui ferme les uns derrière les autres tous les lieux culturels fonctionnant sous le modèle participatif et local.

En plus cette année, c'est la dixième édition et Boedo a un très beau palmarès en matière de culture populaire. C'est là que le dramaturge et poète anarchiste José González Castillo (1884-1937), père du poète et compositeur Cátulo Castillo, a fondé l'université populaire de Boedo. C'est là que se rassemblait un groupe d'intellectuels et d'artistes qui réfléchissaient sur le thème de l'identité culturelle argentine, le Groupe Boedo, pendant, partenaire et en même temps concurrent du Groupe Florida, auquel appartenait Jorge Luis Borges.

Vous pouvez vous connecter à la page Facebook et visiter le site Internet de la Red Cultural Boedo pour suivre le programme des festivités.

Sur ma conférence à Buenos Aires [Chroniques de Buenos Aires]

Capture d'écran (détail)

Le blog argentin Caminos Culturales, sous la plume de Gonzalo Busquets, a publié le 13 septembre dernier un compte-rendu de la conférence que j'ai donnée le mardi 2 septembre au CCC Floreal Gorini, accompagnée par l'historienne mendocine Fabiana Mastrangelo, pour présenter San Martín par lui-même et par ses contemporains, publié en France en mai de cette année aux Editions du Jasmin.

De toute évidence, nous avons capté l'attention du chroniqueur ! Et il est vrai que je n'ai vu que des visages radieux à l'issue de le présentation : les Argentins sont à la fois très surpris et presque désorientés d'apprendre que leur grand héros est à ce point inconnu en Europe (et encore plus en France alors que c'est là qu'il est mort et que son œuvre politique et militaire mériteraient d'habiter notre mémoire universelle) et ravis d'en entendre parler comme nous autres Européens pouvons le faire, avec un rapport à l'histoire qui diffère sensiblement de celui qui prévaut en Argentine dans les activités accessibles au grand public. Ce qui lui arrive en effet en la matière relève plus de l'historiographie, de la mythologie ou de l'hagiographie que de l'histoire au sens scientifique que nous donnons à ce terme.

L'article peut être lu dans son intégralité (deux pages environ) sur le blog de la revue et sur sa page Facebook et bien entendu, il est rédigé en espagnol.
Mes lecteurs de longue date savent qu'ils peuvent trouver dans la Colonne de droite, en bas, le traducteur en ligne Reverso qui peut les aider dans cette lecture dans une langue étrangère.

mardi 16 septembre 2014

Reprise de collier à Merlieux le dimanche 28 septembre ! [ici]


Après cet intermède, prestigieux, festif et académique que je viens de vivre à Mendoza, au pied des Andes, je reprends mes habitudes européennes avec ce qui est désormais pour moi un rendez-vous de rentrée : la Fête du Livre de Merlieux et Fouquerolles dans l'Aisne, soit un dimanche entier consacré au livre, qu'il fasse beau, qu'il pleuve ou qu'il vente (il n'a encore jamais neigé depuis 22 ans que la manifestation existe). Tout se tient en plein air, dans la rue principale de ce joli et très accueillant village picard.

J'y présenterai mes cinq ouvrages sur la culture argentine, tous éditeurs confondus, dont les deux plus récents, publiés au Jasmin,et dont je viens de parler en Argentine, dans le cadre du bicentenaire du gouvernorat de San Martín à Cuyo, le tout en attendant le sixième livre, sur un autre sujet inédit, en préparation pour une parution au premier semestre 2015.

Comme d'habitude, je me tiendrai sur le stand des Editions du Jasmin. Comme d'habitude encore, le mate sera offert, à la mode de Buenos Aires et de Mendoza (mais aussi de Montevideo), aux lecteurs audacieux qui voudraient tenter l'aventure gustative et exotique de ce qui est la boisson nationale argentine et sud-américaine, une infusion longue en bouche, à l'amerture tannique très caractéristique (1). Cette année, j'envisage d'apporter en notre belle Picardie une yerba mate que j'ai moi-même découverte il y a quelques semaines, sur le marché de San Telmo, une yerba fumée selon une technique traditionnelle et artisanale, à Oberá. La Obereña, qui la produit et la commercialise, est une coopérative de la Province de Misiones et sa yerba, conditionnée à l'ancienne en sacs de jute, pourra peut-être relever d'ici quelques années d'une appellation d'origine contrôlée tant la notion de terroir et de méthode traditionnelle y est développée (2).

La fête du livre commence vers 10h le matin et s'achève vers 18h, le dimanche 28 septembre 2014, à Merlieux (02). L'entrée y est naturellement libre et gratuite puisqu'il s'agit d'un village entier qui nous ouvre ses portes et son cœur.
Un parking est mis à disposition des visiteurs.
Du côté de l'école communale, face à l'église, un stand casse-croûte propose sandwiches, frites et boissons à des prix très raisonnables et quelques exposants vendent eux-mêmes des spécialités locales, dont un excellent boulanger et un non moins sympathique fromager si mes souvenirs sont bons...

Pour aller plus loin :

Pour connaître mon programme de rencontres et de salons jusqu'aux fêtes, vous pouvez consulter l'agenda de mon site Internet (www.denise-anne-clavilier.fr).


(1) Le mate présente un certain nombre de vertus organoleptiques. Il produit un léger effet de coupe-faim mais aussi d'excitant car il contient de la matéine, cousine de la caféine et de la théine. Il stimule le système digestif et semble être efficace contre l'apparition des caries, qu'il limiterait significativement. Il est utilisé dans nos infusions drainantes et amincissantes mais son goût, qui ne nous est pas familier, est alors couvert par des puissants arômes de fruits rouge, de pomme-cannelle ou de menthe... Au Bon Marché, je l'ai vu proposé sous forme de feuilles hachées et grillées mêlées à un parfum de chocolat. Le résultat me paraît désastreux mais il doit avoir ses adeptes, sans quoi les dégustateurs de cette épicerie de luxe ne se seraient pas risqués à placer ce mélange sur les étals du magasin parisien.
(2) En Argentine, ces notions restent encore embryonnaires. L'effort est porté sur la quantité avant de l'être sur la qualité dans beaucoup de domaines agro-alimentaires mais ici et là, on voit poindre depuis quelques années des modes de pensée plus matures chez certains producteurs audacieux, hélas encore fort mal distribués. Toujours est-il que celui-ci est sur le marché de San Telmo où il faut juste le dénicher, l'acheter et le goûter. Le tour est alors joué : vous l'adoptez !

dimanche 14 septembre 2014

Prochain retour à la normale sur Barrio de Tango [Chroniques de Buenos Aires et d'ailleurs]

D'ici quelques jours, Barrio de Tango retrouvera son rythme habituel, après ma participation à ce congrès international d'histoire qui s'est clos hier samedi à Mendoza, la ville de San Martin ! C'est de là que je publie ce soir (cet après-midi à l'heure argentine) mon article de rentrée : un Mis tardes con Gardel de derrière les fagots qui aura lieu lundi 15 septembre au Museo Casa Carlos Gardel, Jean Jaurès 735, à 18h30, entrée libre et gratuite comme toujours !


dimanche 7 septembre 2014

Il y a deux cents ans aujourd'hui, San Martín s'installait à Mendoza [Bicentenaire]


Le 7 septembre 1814, José de San Martín, nommé Gouverneur-intendant de la Province de Cuyo le 10 août (voir mon article à cette date cette année), arrivait dans la capitale, Mendoza.

Très vite, il allait écrire à sa femme, Remedios de Escalada, de le rejoindre, elle qui, à 17 ans, vivait encore chez ses parents à Buenos Aires et ne l'avait bien évidemment pas suivi dans sa campagne dans le Haut-Pérou (aujourd'hui la Bolivie et une petite partie du territoire du nord-ouest argentin). Il lui demandait de le rejoindre aux pieds des Andes. Et il faut croire qu'il était passablement impatient de la retrouver si l'on en croit le ton apaisant du Directeur suprême de l'heure, Gervasio Posadas, dans un courrier qu'il lui envoya de Buenos Aires et que je vous ai présenté, pour vous parler d'elle, le 9 mars dernier.

San Martín arrivait de Córdoba, où il avait passé sa convalescence après une grave crise d'asthme doublée d'un ulcère à l'estomac qui l'avait saisi à Tucumán. Il pensait sans doute alors se consacrer pleinement à un vaste plan de libération du Pérou par la mer, ce Pérou qui restait le point d'amarrage de la colonisation espagnole dans l'Amérique du Sud. Hélas, le 3 octobre suivant, une catastrophe arrivait de l'autre côté de la cordilière : la défaite des révolutionnaires chiliens et la reconquête du Chili par les troupes vice-royales. Tout son programme changeait : ses deux années à la tête de cette grande province (aujourd'hui Mendoza, San Juan et San Luis) allaient être consacrées à la fois au projet continental et à la défense du territoire ci-andin.

Imaginez la situation : c'est la fin de l'hiver, Mendoza compte 3500 habitants en tout et pour tout et soudain, du 4 au 7 octobre, c'est 2000 réfugiés chiliens qui dévalent de la montagne enneigée et qu'il faut héberger, organiser, nourir et réconforter. Ils ont tout perdu. De l'autre côté, leurs biens, quand ils en ont, ont déjà été confisqués. Ils n'ont plus de chef légitime tant la discorde est forte entre les deux leaders révolutionnaires, Carrera d'un côté, O'Higgins de l'autre. Il va lui falloir écarter ce factieux de Carrera, ses deux frères et les 500 partisans qui ne jurent que par lui, pour bâtir, avec l'aide de Bernardo O'Higgins et son demi-millier d'hommes de troupe, une vraie armée capable de traverser les Andes et de l'autre côté, de reconquérir le Chili, d'en assurer l'indépendance définitive et il n'a encore aucune ressource sur place. Il faut tout faire. Il va tout faire.

C'est cette aventure extraordinaire que va célébrer le Congrès international d'Histoire qui se tient la semaine prochaine à Mendoza (Espacio Cultural Julio Le Parc) et auquel j'aurai l'honneur de représenter la France, avec mes deux ouvrages sur ce personnage historique qui mérite une célébrité universelle (voir Colonne de droite)  ...

Pour en savoir plus :
lire l'article d'hier dans le quotidien Los Andes
lire le communiqué du ministère de la Culture du gouvernement de Mendoza

voir le programme de la manifestation sur le site Web de l'Espace culturel hôte.
Vous pouvez également vous connecter à la page Facebook de l'Espace Julio Le Parc.

samedi 6 septembre 2014

Centenaire de la Grande Guerre : El Marne de Arolas [Troesmas]

Il y a cent ans, sur les bords de la Marne, à l'est et au nord de Paris, l'armée française, qui a déjà dû battre en retraite devant l'avancée impériale et que vient soutenir l'allié britannique, arrivé avec un corps expéditionnaire qui laissera beaucoup de morts dans la terre de France, défendait la capitale avec l'énergie du désespoir pour lui éviter le funeste sort que venait de subir Bruxelles, occupée, malgré la vaillance de sa minuscule armée de pays neutre, par des forces allemandes qui ne respectaient rien ni personne et se comportaient, c'est le cas de le dire, en pays conquis, faisant régresser, malgré l'institution de la Croix-Rouge, les pratiques militaires en temps de guerre à ce qu'elles avaient cessé d'être depuis le milieu du XVIIIe siècle. En Belgique, l'armée impériale allemande faisait preuve d'un comportement que, tout juste un siècle plus tôt, après les deux défaites successives de Napoléon, même les troupes d'occupation alliées n'avaient jamais montré dans la France reprise par les Bourbons.

Au premier jour de ce nouvel affrontement, un lieutenant de réserve, qui était dans le civil un immense poète, Charles Péguy, meurt au champ d'honneur, le 5 septembre, dans une opération d'avant-garde, sur le canal de l'Ourcq, pour barrer la route à l'une des armées allemandes.

Cette longue bataille du 5 au 12 septembre 1914, rendue célèbre chez nous et ailleurs par la réquisition des taxis parisiens pour emmener au front des troupes aux uniformes encore atrocement voyants et chatoyants, avait profondément ému les Argentins et surtout les Portègnes, aux premières loges des nouvelles.

Eduardo Arolas, surnommé el Tigre du Bandoneón (1), l'un des tout premiers musiciens professionnels de cet instrument, en fit un tango. Un magnifique tango. El Marne.

A écouter sur Todo Tango, enregistré par Osvaldo Fresedo et son orchestre le 27 juin 1980. Et vous pouvez le voir aussi en vidéo intégrée. Et lire la partition (et même la télécharger en résolution non imprimable). Et consulter la liste des enregistrements répertoriés et vue l'exhaustivité de ce site encyclopédique, il est peu probable qu'une piste leur ait échappé...

Eduardo Arolas, natif du quartier de Barracas à Buenos Aires, est mort à Paris, à l'hôpital Bichat, d'un mélange d'alcoolisme et de tuberculose, dix ans plus tard, le 29 septembre 1924. Il avait trente-deux ans. Ses cendres ont été rapatriées beaucoup plus tard. Il repose désormais dans sa cité natale.

Un taxi parisien de 1914 exposé au Musée national des Invalides à Paris



(1) ce qu'il faut comprendre comme La bête du bandonéon, le fortiche, l'as du bandonéon. Sur tous ces détails, je renvoie l'internaute à mon livre paru en mai 2010, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, Editions du Jasmin.

vendredi 5 septembre 2014

L'Argentine pleure un ange du rock nacional [Actu]


Une file ininterrompue et dense d'un kilomètre de long s'était déjà formée hier soir vers 22h aux alentours de la Legislatura pour rendre un dernier hommage à un chanteur de rock de 55 ans qui est décédé hier matin, après quatre ans de coma. Même la menace sérieuse de pluie et d'orage (1) n'aurait pas fait reculer ces gens très jeunes pour la plupart qui patientaient autour de deux manzanas successivement avant d'accéder à la chapelle ardente de Gustavo Cerati. Rentrant moi-même, en compagnie de la journaliste francophone Magdalena Arnoux, de l'enregistrement de mes interviews à Radio Nacional, plus dans le nord de la ville, j'ai été surprise du calme qui régnait dans toute la zone malgré la foule et les camionnettes de toutes les chaînes de télévision du pays, toutes parquées au pied du monument à Julio Argentino Roca, devant la Manzana de las Luces...


Très belle voix et grand talent que je découvre moi-même à l'occasion de cette triste nouvelle qui bouleverse les Argentins.

La presse fait sa une sur l'artiste ce matin. Et pour une fois, c'est Pagina/12 qui rate (à mon goût) sa une...


Gustavo Cerati avait connu le succès dès les années 80 et 90. Un AVC en mai 2010 l'avait fait disparaître de la scène, reclus dans un coma irréversible. Ecoutez-le dans Me quedo aqui, dans un clip mis en ligne par son canal You Tube officiel, en 2008, donc sur la fin de sa carrière.



Pour en savoir plus, il vous suffit d'aller consulter n'importe lequel des quotidiens dont vous trouverez l'hyperlien permanent dans la Colonne de droite, à la rubrique Actu.


(1) Il a plu à plusieurs reprises des trombes pendant la nuit et cela continue ce matin. Au moment où je publie cet article, le tonnerre roule au-dessus de San Telmo et j'entends sur le toit le bruit de mitraillette de la pluie.