vendredi 8 avril 2022

L’Argentine salue la mémoire de Miguel Angel Estrella [ici]

"Miguel Angel Estrella, pianiste qui sema musique et espérance",
dit le très beau gros titre de l'édition de ce jour
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Le pianiste et militant des droits de l’homme Miguel Angel Estrella s’est éteint hier matin à Paris, à l’âge de 82 ans. Depuis qu’il avait trouvé refuge en France pendant la dictature militaire argentine, il vivait le plus clair de son temps dans cette ville, ne retournant que de temps en temps dans son pays natal, où il faisait des tournées et donnait des concerts.

Petite photo en haut à droite avec ce titre :
"Un Argentin illustre"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Miguel Angel Estrella était le directeur en titre de la Maison de l’Argentine à la Cité Internationale Universitaire. Pendant de nombreuses années, il avait exercé les fonctions d’ambassadeur de l’Argentine auprès de l’UNESCO, avant d’être remplacé à l’arrivée de Mauricio Macri au pouvoir en 2015 par Rodolfo Terragno. C’est lui qui en septembre 2009 avait conduit au succès la candidature du tango au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité.

Discret, n'est-ce pas ?
En revanche, le chanteur lyrique Placido Domingo qui a donné un récital
hier au Teatro Colón a droit aux honneurs de la photo de une
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Arrêté sous la dictature militaire, Miguel Angel Estrella avait été torturé. Ses mains en particulier avaient été salement abîmées. Réfugié politique en France, il y avait fondé une association pour apporter la musique dans les prisons françaises, Musique Espérance.

C’est cette œuvre que salue ce matin le quotidien de sa province natale, La Gaceta de Tucumán, dont les articles sont réservés aux abonnés.

"Pianiste des humbles", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Seule La Nación n’en dit rien dans sa une de ce jour. Le disparu, qui a beaucoup soutenu Cristina Kirchner, que le journal déteste, a juste droit au tiers de page inférieur de sa première page consacré à l’actualité du spectacle. Clarín a été un tout petit peu plus généreux : une phrase sans photo dans un petit coin de la une et un article un peu plus développé publié dès hier après-midi sur son site Internet. Sans surprise, c’est Página/12 qui en fait le plus avec une double une : une manchette en première page et une page entière en tête du supplément culturel quotidien, Cultura & Espectáculos.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :