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jeudi 6 août 2026

Loi dite de la « propriété intégrale » : le Sénat refuse et le gouvernement recule [Actu]

"La livraison n'a pas pu se faire", dit le gros titre
sur cette photo de Milei en livreur de plateforme
sur le coffre, la carte de l'Argentine
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Une nouvelle fois, le gouvernement a tenté de faire voter sa loi de déréglementation tous azimuts, dite de « propriété intégrale », avec son chapitre qui prétendait légaliser et faciliter l’aliénation de la terre agricole, du sous-sol ainsi que des lacs et des cours d’eau que le gouvernement entendait vendre au plus offrant à de grands capitaux étrangers, sans aucune restriction ni condition contraignante.

Le conseiller : "L'opposition l'appelle "Loi d'aliénation de la terre".
Alors personne ne va la voter
Milei : Appelons-la "Loi Fromage et confiture". Tout le monde aime ça
Vignette de Daniel Paz et Rudy, aujourd'hui, en Une de Página/12
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Pour convaincre les sénateurs qui manquaient à la majorité hétéroclite avec laquelle Javier Milei gouverne, Patricia Bullrich, ex-ministre de la Sécurité devenue en décembre dernier la cheffe du camp présidentiel à la Chambre haute, avait réduit l’amplitude moyenne de l’aliénation à « seulement » 25 % de l’ensemble du territoire.

Le gros titre principal porte sur le prochain voyage du pape
L'info est traitée en haut de la colonne de droite
"Sans soutien, le gouvernement renonce au chapitre
le pus polémique de la loi des terres
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La papesse de l’ultra-droite avait présenté à la presse une carte de l’Argentine avec des pourcentages établis province par province mais la manœuvre a raté et ce nouvel échec sur le même sujet force pour la première fois ce gouvernement aux pratiques antidémocratiques à retirer au moins ce chapitre ultra-contesté de la nouvelle loi.

"Sans soutien, le gouvernement a dû
retirer le chapitre sur l'aliénation des terres", dit le gros titre
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Les sénateurs ont donc enfin réussi à protéger le territoire national et à le réserver aux Argentins selon le régime légal protecteur établi par un gouvernement antérieur. La loi qui reste donc en vigueur garantit la souveraineté du pays dans les domaines de l’alimentation, de la production d’agro-carburant, de l’exploitation minière et de la gestion de l’eau (y compris la production hydro-électrique).

L’ensemble de la presse en parle ce matin et les Unes y font toutes allusion.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


lundi 27 juillet 2026

Après Pedro Sánchez, c’est Lula qui en prend plein la figure : la diplomatie boute-feu de Milei [Actu]

"La honte", dit le gros titre en portugais
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Samedi, Javier Milei s’est rendu à São Paulo au Brésil pour soutenir Flavio Bolsonaro, aujourd’hui sénateur et héritier désigné par son père, l'ex-président d'extême-droite Jair Bolsonaro, qui lançait sa campagne pour l’élection présidentielle de l’année prochaine. Milei a participé au meeting et il en a profité pour insulter dans des termes orduriers le président sortant, Lula, qui entend se représenter (lui qui a déjà fait deux mandats, avant sa condamnation illégale pour corruption puis sa réhabilitation au terme d’une procédure de cassation qui a mis en évidence le complot monté de toutes pièces contre lui par quelques magistrats de droite, agissant sur ordre des pouvoirs en place).

Jair Bolsonaro purge actuellement une peine de prison non pas pour des faits de corruption ou d’atteinte à la probité mais, et c’est encore plus grave, pour tentative de coup d’État lorsqu’il avait, comme Trump avant lui, tenté d’utiliser ses partisans pour renverser le gouvernement légitime de Lula tout juste investi chef de l’État.

Même pas besoin de traduire le gros titre
en bas, la photo de Milei à l'inauguration du Salon  de l'agriculture
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Milei n’a pas eu le droit de lui rendre visite en prison, précisément à cause du motif de haute trahison qui lui a valu son incarcération : personne ne doute au Brésil que Milei entend appuyer, y compris par la violence, toute opération susceptible de renverser Lula et de le remplacer par l’un ou l’autre des Bolsonaro.

A São Paulo, Milei ne s’est pas contenté d’insulter son homologue. Il a aussi couvert d’injures le plus haut magistrat du Brésil, celui qui a cassé le jugement pénal contre Lula avant que celui-ci soit à nouveau élu président.

Depuis des décennies, c’est la première fois qu’un chef d’État de l’un des deux pays insulte son homologue et nie sa légitimité. Jusqu’à présent, la coopération entre les deux pays avait toujours été cultivée avec soin quelle que soit l’appartenance politique des deux gouvernements en place, les intérêts des deux pays passant largement au-dessus des éventuels différends idéologiques entre eux.

Il y a quelques mois, en visite privée en Argentine, Lula est allé rendre visite à Cristina Kirchner, incarcérée à domicile sous bracelet électronique pour des faits de corruption et avec des attendus contestés et très largement contestables (elle a été condamnée pour ne pas avoir su que certains de ses subordonnés étaient coupables de faits de corruption, un motif inacceptable dans un État de droit où personne ne peut être tenu responsable pénalement des actions d’autrui, hors les parents de mineurs et encore dans des cas très circonscrits). Cristina n’a donc pas été reconnue coupable d’un crime contre la démocratie mais contre la probité (comme l’avait été Lula, envoyé en prison lui aussi). Et en entrant comme en sortant de cette entrevue, le président brésilien n’avait fait aucune déclaration politique : aucune parole de nature à porter atteinte à l’honneur du président argentin ou à l’un quelconque de ses ministres n’était sortie de ses lèvres.

"Escalade de la tension avec le Brésil :
après les insultes, Lula rappelle
son ambassadeur pour consultation"
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Devant l’ingérence de Milei dans le débat politique interne au Brésil, celui-ci rappelle pour consultation son ambassadeur à Buenos Aires et convoque celui de l’Argentine au ministère des Affaires étrangères pour lui exprimer sa réprobation. Il est possible que l’ambassadeur brésilien ne retourne pas en Argentine, comme cela était arrivé à l’ambassadrice d’Espagne qui n’a plus jamais remis les pieds à Buenos Aires après son rappel pour consultation à Madrid, pour les mêmes motifs : Milei avait insulté l’Espagne et son gouvernement légitime, celui de Pedro Sánchez, traité lui aussi de voleur, de vermine socialiste, de lâche, je vous en passe et des meilleures.

Ce matin, chaque titre de presse argentin consacre plusieurs articles à ce très grave incident diplomatique provoqué en toute connaissance de cause par le président argentin, Página/12 étant le quotidien (d’envergure nationale) le plus remonté contre l’insupportable comportement de cet homme, qui se montre une nouvelle fois tout à fait indigne de sa fonction.

Ce week-end, Milei ne s’est pas contenté de s’aliéner le puissant voisin brésilien. Il est aussi allé provoquer et mécontenter le grand patronat agricole (qui a pourtant voté pour lui) en allant inaugurer un de ses principaux salons pour y tenir un discours plein d’autosatisfaction et de vagues promesses, celles qu’il répète depuis trois ans sans jamais les tenir, pour répondre aux préoccupations économiques concrètes du secteur. Pourtant, Milei devrait chouchouter ce patronat, puisqu’il veut désindustrialiser le pays afin de transformer son économie en imposant un système de sous-développement : une économie reposant sur l’exportation des matières premières (agricoles et minérales) et l’importation des produits transformés, comme à l’époque coloniale… Deux cents ans d’effort national pour sortir de ce piège d’Ancien Régime pour y revenir, à l’heure de la mondialisation !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de La Nación
lire l’article de Página/12 sur le discours devant le patronat rural

vendredi 24 juillet 2026

Vendepatria ! Patricia remet le couvert [Actu]

Cette Une n'a même pas besoin de traduction !
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Déjà quatre tentatives de faire voter la loi de la « propriété intégrale » et quinze modifications du projet sans succès. La chef de la majorité au Sénat, Patricia Bullrich, qui fut en sa jeunesse une révolutionnaire d’extrême-gauche, et le ministre de la dérégulation se sont réunis pour examiner la meilleure stratégie pour faire enfin adopter la mesure.

Une nouvelle loi qui abroge la « loi des terres rurales » qui a pour objectif de protéger le domaine agraire national d’une main-mise de capitaux étrangers, le tout afin de garantir l’approvisionnement alimentaire du marché national avec des Argentins ou des résidents légaux capables d’exploiter leurs propres ressources pour en tirer un revenu correct.

Actuellement, de nombreuses parcelles agricoles sont la propriété d’étrangers, quelques personnes physiques mais surtout des personnes morales à l’envergure gigantesque. La plus connue de ces grands groupes est l’italien Benetton qui élève des moutons en Patagonie pour assurer et contrôler ses approvisionnements en laine de qualité mais Benetton est loin d’être le seul et c’est à cause de cette aliénation croissante des terres agricoles qu’un gouvernement précédent (de gauche bien sûr) avait pris des dispositions protectrices.

Vignette de Miguel Rep aujourd'hui pour Página/12
Le dessin se passe de traduction, là encore !
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Javier Milei veut balayer tout cela et vendre à des étrangers le sol et même le sous-sol (d’où la dimension « intégrale » de la propriété). Exit par conséquent la loi qui protège les glaciers, notamment dans la province de Santa Cruz, qui est aussi une province pétrolifère et qui est aussi le fief des Kirchner. Si cette nouvelle loi passe, on va pouvoir exploiter des gisements de toutes natures prisonniers des glaces qui fondent pourtant à vue d’œil à cause du réchauffement climatique, dont Milei nie farouchement l’existence.

Ce qui se prépare avec ces nouvelles règles dérégulées, c’est une catastrophe économique, sociale et écologique.

Cette politique libertarienne menée par un président déchaîné et qui n’accepte aucun contre-pouvoir commence à inquiéter jusqu’aux think tanks ultra-libéraux qui voient les conséquences de ces décisions sur l’économie réelle : c’est un désastre pour la production (un nombre considérable d’entreprises ont déposé le bilan) et pour la consommation, en chute libre depuis l’arrivée au pouvoir de Milei. Les mêmes actions provoquant les mêmes effets, on observe la même dégringolade de la consommation aux États-Unis depuis l’arrivée de Trump à la Maison Blanche.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article secondaire de Página/12 sur le même sujet
lire l’article de Página/12 sur les explications données par Patricia Bullrich qui prétend que ces nouvelles dispositions ne mettent pas en danger la souveraineté nationale (ben voyons !)
lire l’article de Página/12 sur le rapport économique qui dément le discours triomphaliste de Milei et consorts
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín sur la baisse continue de la consommation
lire l’article de La Nación sur ce projet de loi de « propriété intégrale »

Ajouts du 30 juillet 2026 :

lire cet article de Página/12 sur l’appel de l’épiscopat contre l’aliénation de la terre agricole, qui ne saurait « être une marchandise »
lire cet article de La Prensa

vendredi 17 juillet 2026

Milei rate son coup au Sénat : champs et prairies resteront argentins [Actu]

"Les Malouines sont argentines
(le reste du pays aussi)" dit le gros titre
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Depuis plusieurs mois, Javier Milei veut faire passer un projet de loi, baptisée loi de la « propriété intégrale », qui permettra d’aliéner, sans recours, des terres agricoles au profit d’acquéreurs étrangers, personnes physiques ou morales, alors qu’elle sont actuellement protégées de ces achats incontrôlés par une loi que Milei veut abroger. En France, on sait à quel point cela met en danger l'agriculture familiale, celle qui alimente le marché intérieur, et déstabilise l'économie de vastes zones habitées.

Hier, le président n’a pas obtenu que le Sénat lui donne la majorité nécessaire pour une demi-sanction de son projet de loi (le Congrès se compose de deux chambres). Ce projet contesté et contestable reviendra donc dans l'hémicycle au début du mois d’août. Et ce sera comme ça jusqu’à ce que cette disposition passe.

Même un journal de droite comme La Nación
met cet échec à la Une : en haut de la colonne de droite
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Cet échec parlementaire n’a pas empêché le président de faire hier une intervention passablement allumée à la Bourse où il a annoncé qu’il serait réélu à l’issue de ce mandat et que l’Argentine est convertie au libéralisme pour un siècle.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mardi 19 mai 2026

Le travail va reprendre à La Suipachense [Actu]

L'occupation des lieux


La Suipachense était une petite usine de produits laitiers qui a fermé à Suipacha dans la province de Buenos Aires il y a neuf mois. Les ouvriers ont occupé les lieux pour empêcher que le matériel disparaisse et avec lui la capacité de reprendre l’activité un jour, si l’opportunité, ardemment recherchée, s’en présentait.

Or l’opportunité s’est présentée : une nouvelle société vient de se créer et la production va redémarrer. Les travailleurs commencent à être réembauchés. C’est un espoir qui renaît à Suipacha où cette usine était le principal employeur local. Ses produits étaient présents dans les rayons de nombreuses grandes surfaces de la province.

Une image du passé

Les yaourts, le lait, les crèmes desserts porteront désormais une autre marque mais ce sera à nouveau du fait sur place.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’article de Clarín
lire l’article de TN, la chaîne d’info continue du groupe Clarín
lire l’article de La Nación
lire l’article de Iprofesional, un site spécialisé argentin

mercredi 6 mai 2026

Un miel est le premier produit argentin certifié conforme à l’« Accord Mercosur » [ici]

Photo EFE


C’est un miel de Concordia, dans la Province de Entre Ríos, dans le nord du pays, qui a obtenu le premier certificat commercial argentin lui permettant d’être exporté sans droit de douane sur le territoire de l’Union européenne selon les conditions de l’accord avec le Mercosur que Ursula von der Leyen a fait entrer en vigueur « temporairement », sans attendre que le Parlement européen se prononce comme celui-ci l’avait exigé.

Il s’agit d’un chargement de 20 tonnes à destination de l’Allemagne. Cela marque une étape importante pour les Argentins qui attendaient l’entrée en vigueur de cet accord avec impatience.

Un certificat historique, publié sur ses réseaux
sociaux par le ministre des Affaires étrangères argentin

Pour ma part, j'ose espérer qu’il ne nous vaudra que des produits de cette qualité et non pas du grand n’importe quoi et du très bas de gamme pourri aux pesticides dissimulé dans notre nourriture industrielle et dans la restauration, qu’elle soit collective ou commerciale...

Un miel historique, dit le titre sur fond rose pâle
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La Prensa en parle en Une mais, comment souvent, l’article est introuvable sur le site du quotidien.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de La Nación
lire l’article de Ambito, un quotidien économique

jeudi 23 avril 2026

Une autre marque emblématique disparaît [Actu]

Une toute petite sélection des produits de la marque


SanCor avait été fondée en 1938 lorsque seize coopératives des provinces de Santa Fe et de Córdoba (d’où son nom) ont fusionné pour donner ce grand de l’industrie laitière argentine qui produisait de tout : des fromages variés (la notion de terroir n’est pas encore très développée en Argentine, ni pour les vins, ni pour les fromages, la production est donc industrielle), des préparations à tartiner, des yaourts, des laits nature ou parfumés, avec ou sans lactose, pour les bébés et pour les autres, des crèmes-dessert, des crèmes renversées et bien sûr du dulce de leche, dans les deux versions, le tartinable et le pastelero, qu’on emploie pour fourrer les gâteaux, notamment les alfarores (pour lesquels la notion de terroir commence à exister).

En haut, au-dessus du titre : "La fin d'une marque traditionnelle"
Gros titre : "Un autre lapin sorti du chapeau"
allusion à un autre prêt octroyé au Premier ministre
par un particulier aux revenus modestes
pour dissimuler ses opérations patrimoniales
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Depuis une dizaine d’années, l’entreprise traversait des difficultés mais jamais comme c’est le cas depuis deux ans. SanCor a été mis en redressement judiciaire en 2025 mais le cumul des dettes, qui s’élève maintenant à 120 millions de dollars contractés auprès de près de 3000 créanciers à quoi s’ajoutent les 8 mois de salaire non versés, a convaincu les administrateurs de retourner auprès du tribunal de commerce pour déclarer la maison en faillite.

L'entrepôt qui dessert la province de Buenos Aires
dans les années 1970 sans doute

Cette marque disparaît donc des rayons des magasins, elle faisait pourtant partie du paysage et du patrimoine industriel du pays. Elle était fiable et les produits étaient bons.

Le même de nos jours

SanCor s’ajoute donc à la longue liste des marques et des entreprises qui n’auront pas survécu au traitement de cheval imposé par le gouvernement à un pays qui se relevait difficilement du blocage de son économie pendant la pandémie.


Encore un désastre ! Mais à part ça, tout va bien en Argentine et nos journalistes économiques peuvent se réjouir et nous donner en exemple ces méthodes funeste qui détruisent le marché argentin.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación
Cette nuit, j’ai pu lire en lecture ouverte l’article de Página/12 mais j’ai découvert ce matin qu’il était passé en accès payant (réservé aux abonnés).

Ajouts du 28 avril 2026 :

lire cet article de La Prensa sur la disparition de près de 80 000 postes de travail dans l’industrie depuis l’arrivée au pouvoir de Milei, il y a deux ans et demi
lire l’article de Clarín sur la débâcle du mois de février et les signes de reprise que le gouvernement dit percevoir en mars.

vendredi 20 mars 2026

Décès de l’œnologue français qui avait conseillé les caves argentines les plus ambitieuses [Actu]


Michel Rolland (ci-dessus), qui vient de mourir à 78 ans en Argentine où il avait fini par se fixer, était un œnologue français très réputé. Dans les années 2000, il avait travaillé à donner du prestige à quelques riches caves argentines, surtout dans la province de Mendoza, en « francisant » leurs vins. Ce qui ne fut pas sans susciter des polémiques un peu partout dans les provinces vinicoles en Argentine. C’est la raison pour laquelle aujourd’hui je romps avec ma tradition de ne faire qu’un seul article au décès d’une personnalité.

Michel Rolland avait fini par acheter des terres à Mendoza, il y avait planté un vignoble qu’il exploitait lui-même et il y avait fait construire une cave sous la forme d’un bâtiment immense, un bloc massif et arrogant, assez peu respectueux des magnifiques paysages de la province et tournant le dos au marché local. Cette cave conduit en effet une politique de haut de gamme du dernier chic comme on en voit aussi en France, dans le Bordelais et en Bourgogne, comme une mode de luxe qui est en train de ravager la Provence, laquelle risque maintenant de tomber dans la mono-production de rosé, le tout à destination de l’exportation (la destination visée, c’était les États-Unis, un plan quelque peu mis à mal depuis un an par Trump). La seule différence avec l’Argentine, c’est que là-bas, cette tendance se développe sans aucune racine locale, comme plaquée artificiellement sur ce sol de plus en plus affectée par le changement climatique (sécheresses à répétition en particulier).

La presse de droite lui rend hommage dès aujourd’hui. Pour ce secteur de la société, c’est un grand monsieur qui disparaît puisqu’il aurait donné ses lettres de noblesse à la production vinicole nationale et en particulier au cépage emblématique de l’Argentine, le malbec, importé au 19e siècle de la région de Pau… Cette stratégie vinicole est un peu comme la cuisine aristocratique anglaise qui s’efforce d’imiter les recettes françaises. C’est snob et pas très authentique mais ça rapporte !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mercredi 11 mars 2026

En Argentine, les entreprises tombent comme des mouches [Actu]


Página/12 rend compte aujourd’hui de la fermeture d’un grand centre commercial de Mar del Plata, le principal port argentin sur l’Océan atlantique (port commercial, port militaire, port de pêche et de plaisance) et principale ville balnéaire du pays. C’est dire si les centres commerciaux y ont leur place !

Celui-ci, Los Gallegos (les Galiciens), vient pourtant de fermer définitivement ses belles portes vitrées… 250 salariés risquent de se retrouver au chômage dans les semaines qui viennent.


Dans un autre domaine, l’agro-alimentaire, le groupe laitier Verónica (lait, beurre, crème fraîche, dulce de leche, préparation fromagère à tartiner, fromages et autrefois yaourts), fondé en 1923, a fermé plusieurs centres de production, laissant sans revenu leurs salariés. Verónica, c’est pourtant une référence importante dans les linéaires de la distribution, grande et petite. Si ma mémoire est bonne, c’est sous cette marque que j’avais trouvé, il y a plusieurs années, avant le covid, le premier et seul yaourt nature que je pouvais acheter à Buenos Aires, un yaourt épais, de type grec, indiqué pour la cuisine – para cocinar et qui avait disparu deux ans plus tard (yogur para cocinar parce qu’il ne viendrait à la tête d’aucun Argentin de manger du yaourt nature, sans sucre ni parfum).

Décidément, le « miracle de l’Argentine », vanté hier par certains participants au lancement de la Argentina Week à New York, a tout du mirage…

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur la fermeture des Gallegos
lire l’article de Página/12 sur Verónica.

Ajout du 12 mars 2026 :
lire cet entrefilet de Página/12 sur la situation économique des boulangeries, alors que 2000 d’entre elles ont déjà fermé leurs portes depuis l’arrivée au pouvoir de Mileí

Ajout du 13 mars 2026 :

lire cet article de Página/12, édition de Rosario, sur un nouveau phénomène dans les boulangeries : certains clients commencent à payer comme au supermarché : avec une carte de crédit qui permet d’étaler la dépense sur plusieurs semaines ou plusieurs mois. En Argentine, on ne paye pas souvent les courses du quotidien avec une carte bancaire. On paye en liquide et si vous sortez votre carte à la caisse du supermarché ou de l’hypermarché, on vous demande si vous voulez payer « en cuotas » (avec paiement étalé).

Ajouts du 26 mars 2026 :

Le secteur brassicole artisanal boit la tasse malgré son dynamisme d’avant la pandémie, un dynamisme dont j’ai personnellement pu constater l’existence et la créativité. La consommation de bière artisanale diminue en Argentine depuis l’investiture de Mileí : -20 % en 2024 et -10% en 2025, lesquels s’ajoute à la baisse de l’année précédente.
L’industrie laitière est elle aussi en danger. En province de Buenos Aires, en deux ans, plus de 1000 entreprises de collecte et de transformation du lait ont disparu, or ce secteur (lait, yaourt, fromage) constitue un point important de l’économie de cette province et de quelques autres///
A ce propos, lire cet article de Página/12 sur la situation des petits brasseurs
lire cet article de Página/12 sur la situation des tambos (collecte et transformation du lait)

vendredi 14 novembre 2025

Faillites en cascade dans l'industrie laitière [Actu]

"Lait coupé", dit le gros titre
en paraphrasant l'expression café cortado (café noisette)
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Au début du mois de novembre, ARSA, qui produisait des yaourts et des desserts lactés pour San Cor, une coopérative laitière historique en redressement judiciaire depuis le début de cette année avec une dette de 400 millions de dollars, a fermé boutique. Le juge a ordonné l’arrêt de l’activité dans toutes les installations industrielles qui fournissaient pourtant 70 000 points de vente dans toute l’Argentine.

Cette décision du tribunal du commerce a mis à la rue plus de 400 travailleurs dans les provinces de Buenos Aires, Córdoba et Santa Fe.

Vue d'ensemble sur l'usine de La Suipachense

ARSA avait été la propriété d’un géant du secteur agro-alimentaire argentin, Vicentín, lui aussi fragilisé mais qui reste une proie qui continue de faire saliver les investisseurs. Vicentin produit de l’huile, du lait en poudre, de la farine et autres formes de céréales, etc.). Vicentín, acteur-clé de l’économie de la province de Santa Fe, avait vendu ses parts de ARSA à deux investisseurs venezueliens qui ont laissé l’ensemble couler corps et biens.

L'une des marques phares de San Cor que l'on trouvait partout en Argentine
Ici un yaourt nature, très difficile à trouver.
Si exotique pour les Argentins qu'il est indiqué comme un yaourt pour cuisiner
Les Argentins ne consomment que des laitages parfumées et sucrés

ARSA avait une participation majoritaire dans une vieille laiterie de Suipacha, dans la province de Buenos Aires : La Suipachense. Elle a été mise en liquidation hier par un autre tribunal de commerce, celui de Mercedes, car la disparition de l’actionnaire principal a fait s’écrouler tout l’édifice, fragilisé par les négligences des deux repreneurs venezueliens. 70 ans d’existence, une présence locale de ses produits dans les commerces de la province et 140 ex-salariés vivant tous dans cette petite ville dont le tissu économique ne pourra pas leur redonner du travail à tous. C’est donc un effondrement du marché local, tant de la consommation que de l’offre de services, qui menace l’agglomération d’environ 12 000 habitants.


Cette énième faillite doit beaucoup à la chute du pouvoir d’achat de la majorité des Argentins depuis que Javier Mileí a décidé de passer sa maudite tronçonneuse partout et de déguiser les chiffres de l’économie réelle pour que nos soi-disant experts nous chantent ses louanges dans les médias de droite, ici, aux États-Unis, en Argentine même. Et ce n'est pas le nouvel accord international avec l'Oncle Sam qui va arranger les choses.

Tout va donc pour le mieux… Madame la marquise !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de El Día du 6 novembre (journal local de la Province de Buenos Aires)
lire l’article de Infobae, du même jour (site d’information, de droite)
lire l’article de Baenegocios du lendemain (site spécialisé dans l’économie)