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vendredi 10 septembre 2021

Trois centenaires en un ce soir à la télé : Ariel Ramírez, Jaime Dávolos et Astor Piazzolla [à l’affiche]


Ce soir, vendredi 10 septembre 2021, à 20h, Televisión Pública (TVP) s’allie à la station publique et généraliste de radio, Radio Nacional, pour proposer au public argentin un concert en hommage aux trois musiciens qui auraient eu cent ans cette année : Ariel Ramírez, un homme du nord-est dont le nom a parcouru dans le monde entier grâce à deux œuvres majeures, sa Misa Criolla et sa Navidad Criolla, où il a su rassembler les différentes traditions musicales de l’Intérieur argentin dans un élan de spiritualité remarquable, Jaime Dávalos, auteur-compositeur de Salta (à l’autre extrémité du pays) mais dont le nom, malgré son grand talent, n’est hélas guère sorti de son continent natal, et Astor Piazzolla, dont le centenaire est célébré depuis mars d’une manière nettement plus marquée que pour les deux autres.

Astor Piazzolla

Participeront à cette soirée télévisée des grandes pointures de la musique populaire actuelle comme Teresa Parodi, l’une des grandes représentantes du chamamé (musique du nord-est argentin), l’harmoniciste Franco Luciani, les chanteurs tangueros Lidia Borda, Guillermo Fernández et Sandra Mihanovich ainsi que le pianiste José Colangelo (un ancien des orchestres fondés par Piazzolla), pour ne citer que des artistes déjà assez bien connus des lecteurs de ce blog.

Ariel Ramirez

Le concert sera retransmis en direct sur la chaîne Youtube de Radio Nacional. De quoi vous régaler malgré les cinq heures de décalage horaire entre l’Argentine et la façade atlantique de l’Europe (mais heureusement, pour beaucoup d’entre vous, demain est un jour chômé !).

Répétition dans le grand studio de Radio Nacional

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

samedi 13 décembre 2014

Fierté argentine après un demi-siècle de Misa Criolla [ici]

La une de Clarín aujourd'hui : un tiers de la page consacré à la Misa Criolla d'hier
Cliquez sur l'image pour obtenir une meilleure résolution

Hier soir à l'heure de Rome, hier après-midi à l'heure de Buenos Aires (cet horaire avait été choisi pour permettre aux Américains de pouvoir s'associer à la fête), la Misa Criolla de Ariel Ramírez a retenti dans les murs de la Basilique Saint Pierre, en présence du Pape François et avec l'un des premiers interprètes qui avaient créé l'œuvre en 1964, le musicien Jaime Torres, pas peu fier d'être là.

Cette messe en l'honneur de Notre Dame de Guadalupe était retransmise en direct par la télévision publique argentine, qui relayait les images émises par CTV (et toujours disponibles en vidéo à la demande, gracieusement sur le site Internet de l'Etat-Cité). TN, la télévision d'information continue fondée par le groupe Clarín et qui devrait y rester après la restructuration de cet empire, le faisait également.

Une capture d'écran de la télévision publique par le quotidien  La Mañana de Córdoba

Somptueuse interprétation et célébration pleine de ferveur, avec une homélie du Pape qui a souligné le rôle de la Vierge dans l'évangélisation du continent et l'originalité de la piété populaire dans le Nouveau Monde, pour laquelle il a rappelé le rôle joué par les peuples originaires (d'ailleurs, l'apparition dont il est fait mémoire le 12 décembre s'est adressé à un Indien, au début de la Conquête hispano-portugaise). Il a invité l'Amérique latine à inventer le monde du XXIe siècle en continuant à faire preuve d'imagination dans ses modèles de développement. Le texte devrait faire l'objet d'une publication intégrale dans L'Osservatore Romano qui paraîtra ce soir, si ce n'est déjà fait dans l'onglet Homélies du site du Vatican.

Une séance de répétition
Les Argentins, ne doutant de rien, affichaient leur drapeau national
Le drapeau a été prié d'aller se faire voir ailleurs pendant la messe.
C'est bon, on le sait, que le Vatican, c'est chez eux !

En attendant, vous pouvez aller faire un tour dans la presse argentine, cela vaut le clic de souris. Tout le monde est à l'unisson, malgré les divergences idéologiques...

Lire l'article de Página/12, qui regrette presque qu'on n'ait pas eu le droit d'applaudir (ils ne comprennent vraiment rien à la religion, dans cette rédaction, même le correspondant en Europe)
lire l'article de Clarín, qui traite de l'événement dans sa rubrique Spectacles - extra shows (eux non plus, ils n'y comprennent pas grand-chose)
lire l'article sur la Misa Criolla dans La Nación
lire l'article de La Nación sur l'homélie du Pape
lire la dépêche de Télam sur la réaction de la ministre Teresa Parodi après la célébration
lire la dépêche de Télam sur la messe avec en vidéo un petit extrait du Kyrie (sublime ! mais trop tôt interrompu par le montage).
L'ensemble de la célébration a été mis en ligne par la Casa Rosada sur son canal Youtube ! (1h 46, tout de même)
Et les quotidiens provinciaux consacrent aussi beaucoup d'espace à l'événement dans leurs colonnes.
On peut aussi lire le communiqué du Vatican en espagnol où l'accent est mis sur la dimension spirituelle et mariale de la célébration et non sur le cocorico ciel et blanc, ou celui en français qui comporte une analyse succincte de l'homélie prononcée en espagnol.

mardi 9 décembre 2014

La Misa Criolla sous le dôme de Saint-Pierre de Rome vendredi [ici]

Le Pape François (ci-contre avec une reproduction de la Vierge de Guadalupe) présidera vendredi 12 novembre 2014 la messe solennelle de la mémoire de la Vierge de Guadalupe, en souvenir d'une apparition au XVIe siècle à Guadalupe au Mexique à un voyant indien, Juan Diego, canonisé depuis (c'est précisément sa fête aujourd'hui). La Vierge de Guadalupe est la patronne de tout le continent et c'est la première fois que le pape latino-américain solennisera cette date si symbolique.

C'est la Misa Criolla de Ariel Ramírez qui soutiendra la prière de fidèles sous les voûtes de la basilique Saint Pierre à Rome, pour le demi-centenaire de cette première messe composée en langue espagnole après la réforme liturgique du Concile Vatican II. On dit, sans doute avec raison, le Saint Père très admiratif de cette messe. La musique sera dirigée par Facundo Ramírez, le fils du compositeur décédé. L'une des voix solistes sera celle de Claudio Sosa, neveu de Mercedes Sosa, elle-même interprète de référence de cette messe. L'œuvre avait été enregistrée pour la première fois, en 1964, par le groupe créateur, Los Fronterizos, des incontournables de la musique populaire argentine.

Dans cette messe on ne peut plus liturgique et entraînante, Ariel Ramírez a rassemblé les rythmes, les instruments et l'orchestration les plus significatifs du folklore du Noroeste argentin dont il était natif. Une œuvre somptueuse, qui a fait l'objet de nombreux enregistrements depuis son création en Argentine.

Cette messe, précédée du chapelet et d'une procession de l'icône mariale escortée par les drapeaux de tous les pays du Nouveau Monde (1), sera retransmise en direct par le CTV (centre télévisuel du Vatican), sur le portail Internet du Saint-Siège, ce vendredi, à 18h, heure de Rome.
Il est probable que pour l'occasion, il n'y aura qu'un seul canal de commentaire, le canal en espagnol.

L'Argentine envoie une impressionnante délégation, mené au plus haut niveau par Teresa Parodi, en personne, une grande artiste du folklore, devenue il y a six mois, comme le savent mes lecteurs assidus, ministre de la Culture du gouvernement national.

Pour aller plus loin :
lire le communiqué en espagnol sur News Va
lire la dépêche de Télam sur la délégation officielle envoyée à Rome par l'Argentine
lire le communiqué officiel du Ministère de la Culture argentin
lire l'article de Diario Uno, le 6 décembre 2014, sur cette deuxième consécration romaine
lire l'article de La Mañana de Córdoba de samedi dernier sur le même sujet
lire l'article du 25 janvier 2014 de La Nación pour marquer le cinquantième anniversaire du chef d'œuvre
connaître le Vatican Player (pour toutes les retransmissions en direct, avec le choix des langues pour les commentaires par Radio Vatican, et de la vidéo à la demande pour voir les événements en différé)
consulter le site bilingue (espagnol-anglais) du compositeur Ariel Ramírez et celui des Fronterizos.

Ajout du 11 décembre 2014 :
lire le communiqué du Ministère de la Culture argentin sur la rencontre entre la ministre Teresa Parodi et le Souverain Pontife, à l'issue de l'audience générale du mercredi
lire l'article de Página/12 sur le sujet
lire le communiqué de l'agence de presse catholique argentine sur la valeur liturgique et religieuse de la Misa Criolla, telle qu'elle a été exposée lors d'une conférence de presse à Rome


(1) Y aura-t-il le drapeau français pour la Guyane ?

vendredi 4 avril 2014

Les cinquante bougies de Misa Criolla au Colón pour le jour du Seigneur [à l'affiche]


Ce dimanche 6 avril 2014, à 11h, à l'heure de la messe dominicale, l'ensemble Música Quantica Voces de Cámara interprétera la Misa Criolla de Ariel Ramírez au Teatro Colón, l'opéra de Buenos Aires, pour marquer les cinquante ans de cette œuvre suggérée au compositeur santafésin lorsque le Concile Vatican II eut autorisé la célébration de la messe en langue vivante.

La Misa Criolla est ainsi la première messe jamais composée et créée avec le nouveau texte espagnol de l'ordinaire.

Le reste du programme est composé de pièces religieuses de Bach, Mendelssohn, Messien et Britten ainsi que d'une seule pièce profane d'Eric Whitacre sur Léonard de Vinci et ses machines volantes...

Entrée libre et gratuite.
Retrait des places aujourd'hui 10h, aux guichets du théâtre (on fait plus commode pour les gens qui travaillent aux heures de bureau, comme presque tous les salariés dans cette mégapole du secteur tertiaire qu'est Buenos Aires mais on reconnaît bien là la politique constante du Ministère de la Culture portègne).

Página/12 annonce l'événement dans les pages culturelles de l'édition d'aujourd'hui.
Vous reporter au programme musical complet de la matinée sur le site Internet du Teatro Colón
Voir également le site Internet de l'ensemble (comme souvent avec les artistes argentins, il n'est pas vraiment à jour mais vous y trouverez des photos et pourrez les écouter chanter et jouer) et sa page Facebook.

lundi 2 décembre 2013

Concert de Noël à la Maison de l'Argentine [ici]


Vendredi 13 décembre 2013, à 20h, la Maison de l'Argentine à Paris (Cité Universitaire, 27 bld Jourdan, Paris 14), propose un concert de Noël de sa chorale (coro de la Casa Argentina) dirigée par Mauro Fantín accompagné d'une formation instrumentale.

Au programme, deux œuvres emblématiques de Ariel Ramírez, la Misa Criolla (première messe en espagnol, composée en 1963, juste après que le Concile Vatican II ait autorisé la messe en langue vernaculaire et alors que les textes liturgiques officiels n'étaient pas encore parus) et Navidad Nuestra, ensemble de sept mystères de la Nativité médités en musique selon des traditions du folclore argentin ( Annonciation, Voyage à Bethléem, Nativité, Adoration des Bergers, Adoration des Rois Mages et Fuite en Egypte). Un concert de Noël comme là-bas !

Entrée libre dans la limite des places disponibles.

samedi 8 juin 2013

El Día de la Música "nuestro" en la Casa de la Argentina ou la Misa Criolla à París [ici]


Rendons à Jack Lang ce qui est à Jack Lang, la Fête de la Musique, c'est nous qui l'avons inventée (enfin, lui surtout) en France, il y a plus de trente ans... C'est bien une coutume, mais française cette fois-ci. Et cette année, la Maison de l'Argentine à la Cité Internationale Universitaire de Paris la célébrera par un concert en deux parties le vendredi 21 mai 2013 à 20h.

Première partie : récital lyrique intitulé Parfums de l'Espagne et de l'Amérique Latine, avec la mezzosoprano Alexandra D'Espinoza et le pianiste Enrique Premoli, avec un hommage à la musique espagnole et aux compositeurs argentins et plus largement sud-américains.

Seconde partie : récital du Grupo de Canto Coral, le GCC, placé sous la direction du Maestro Néstor Andrenacci, qui interprétera ce chef-d'œuvre de la musique populaire argentine qu'est la Misa Criolla, du compositeur Ariel Ramírez (1).

Canto Coral, dans sa composition de mai 2011 - Photo Luz Fiumara

La Misa Criolla est la première tentative couronnée d'un vrai succès populaire (et international qui plus est) pour acculturer esthétiquement en Argentine le canon de la messe catholique, alors en plein aggiornamento conciliaire. Les auteurs travaillèrent avec l'appui des autorités ecclésiastiques argentines et latino-américaines, dont ils obtinrent d'utiliser l'ordinaire en espagnol (2). Cette Misa Criolla avait pour précédent les œuvres trop oubliées aujourd'hui qui se répandirent jusqu'à Buenos Aires depuis les Missions (3) au XVIIème et XVIIIème siècles, quand les jésuites (4) favorisaient le métissage entre la musique d'Eglise baroque de l'Europe et l'expression culturelle des Indiens guaranis qu'ils accueillaient dans ces terres concédées par le Roi d'Espagne et où les laïcs blancs ne pouvaient pénétrer. Jusqu'en 1767-1773, les Indiens purent y vivre libres de tous les systèmes de servage qui sévissaient contre eux partout ailleurs dans l'Empire espagnol. L'expérience religieuse et politique prit fin lorsque le Roi expulsa la Compagnie de Jésus de l'ensemble de ses territoires sur toute la surface du globe.

Cette tradition de la musique guaranistique, comme on l'appelle, existe toujours au Paraguay et en Bolivie. Son évolution dans le nord de l'Argentine la rend difficilement reconnaissable même si elle nourrit aujourd'hui encore une partie du folclore de Corrientes et de Posadas. Cette tradition a sa part d'influence dans la Misa Criolla composée en 1964, à une époque où le gouvernement argentin était celui d'un pays-zombie assujetti à l'Oncle Sam alors qu'à Rome, le Concile Vatican II était en train de rendre la parole au peuple catholique en rééquilibrant au sein de l'Eglise les rôles dévolus respectivement aux laïcs et aux clercs. Cette messe classique se compose des cinq prières traditionnellement chantées : le Kyrie, le Gloria, le Credo, le Sanctus et l'Agnus Dei. On peut regretter qu'il lui manque un Pater !

Elle fut enregistrée pour la première fois par le groupe folkloriste Los Fronterizos (les frontaliers) pour les voix solistes, accompagné par plusieurs instrumentistes de grand talent qui ont fait leur chemin depuis, les compositeurs Jaime Torres au charango (une invention très probablement guaranistique) et Raúl Barboza à l'accordéon, entre autres.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.


Canto Coral, à Aalst en Belgique, en 2012

Plus d'information :
Lisez la page consacrée à l'œuvre sur le site Internet de feu Ariel Ramírez
Visitez le site Internet du GCC, le Grupo de Canto Coral


(1) Voir mon article du 19 février 2010 sur la mort de Ariel Ramírez et les autres articles sur ce compositeur, en cliquant sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.
(2) Le Concile Vatican II n'était pas encore achevé et les textes liturgiques définitifs traduits du latin n'étaient pas encore promulgués. C'était donc assez audacieux.
(3) Ces territoires se répartissent aujourd'hui sur une minuscule fraction du sud du Brésil, une part importante du nord de l'Uruguay et de l'Argentine, la quasi-intégralité du Paraguay et le sud de la Bolivie.
(4) Pendant la Semaine Sainte, le Mardi Saint, la Misa Criolla a été chantée dans la cathédrale de Buenos Aires en hommage au Pape, qui, sans son élection au Conclave, avait prévu d'y célébrer les fêtes de la Semaine Sainte et de la Résurrection. Mais en dehors de cet événement exceptionnel, cette œuvre trouve toujours sa place pendant l'Avent et pendant le Carême. Voir l'article de La Nación sur ce concert de musique sacrée organisé conjointement par le diocèse et le Gouvernement Portègne, qui n'a pas tardé à faire de la figure du Pape une machine à sous pour tourisme de masse dans le mauvais goût dont il est coutumier (il eût été surprenant qu'il en fût autrement). Le Secrétariat d'Etat à la Culture au niveau fédéral avait quant à lui organisé le même concert, avec le chanteur Jairo et le charanguiste Jaime Torres à Luján... avec notre Grupo de Canto Coral qui s'en vient donc chanter à Paris ! (Voir le communiqué de la Secretaria de Cultura du 28 mars 2013 avec sa superbe photo du vieux charanguiste argentin).

lundi 24 décembre 2012

Navidad en verano – Noël en été [Troesmas]


Au premier plan, les fleurs de ceibo, qui est la fleur nationale, dans sa splendeur estivale.
Au second plan, les deux tours et les flèches de la Basilique nationale de Luján (Prov. de Buenos Aires)

Chanson de Noël, récente comme à peu près tout dans le Nouveau Monde par rapport à nos traditions séculaires : elle a été composée par le grand compositeur folcloriste Ariel Ramírez (1) et écrite par l'historien et parolier Félix Luna (2), tous deux profondément patriotes et attachés à l'identité culturelle de leur Argentine natale comme même la fête de Noël, dans ses aspects bien profanes, leur donnait l'occasion de le proclamer et de le revendiquer...

Navidad en verano

Mi Navidad está metida en el verano
no tiene pino ni la nieve le da luces.
Mi Navidad con el calor va de la mano
y un dulce olor a sidra y a pan dulce.

Paz a todos los hombres,
paz en la tierra.
En mi tierra caliente
y en la que nieva.

Mi Navidad no viene nunca en un trineo
Papá Noël en esta tierra es un extraño
Mi Navidad es la jazmín de fin de año,
es la felicidad que te deseo.
(Felix Luna)

Noël en été

Mon Noël à moi est planté en plein été
il n'a pas de sapin ni même de neige pour le faire resplendir.
Mon Noël à moi marche main dans la main avec le beau temps
et l'odeur sucrée du cidre et du pan dulce (3)

Paix à tous les hommes,
Paix sur la terre.
Sur ma terre sous le soleil
et sur celle où il neige.

Mon Noël à moi ne vient jamais en traîneau
Le Père Noël est un étranger sur cette terre.
Mon Noël à moi c'est le jasmin de la fin d'année
C'est le bonheur que je te souhaite...
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Voilà qui est dit !

Joyeux Noël !
¡Feliz Navidad!

Pour voir d'autres villancicos argentins, reportez-vous à mon article du 20 décembre 2008...

Crèche argentine, facture du Nord-Ouest, cette zone qui se situe entre le Chili et la Bolivie (actuelles Provinces de Salta et de Tucumán)

(1) Voir mes articles sur Ariel Ramírez. Que vous pouvez faire remonter aussi en page d'accueil en cliquant sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search ci-dessus.
(2) Voir mon article du 6 novembre 2009 sur la mort de Felix Luna. Il y a beaucoup moins d'articles sur lui dans Barrio de Tango que sur le compositeur, mais son nom figure néanmoins parmi les mots-clés du bloc Pour chercher ci-dessus.
(3) Voir la recette de Pan Dulce que je vous ai donnée en français dans Barrio de Tango, le 5 décembre 2012. Si le cidre a une odeur sucrée, c'est qu'en Argentine, on l'apprécie très sucré, presque comme une boisson obtenue à partir d'un sirop coupé d'eau, avec le faible degré alcoolique qui caractérise cette boisson, comme c'est la tradition en Galice, d'où provient le goût des Argentins pour ce breuvage. Rien à voir avec le caractère sec et cette pointe presque astringente ou râpeuse que l'on apprécie en Bretagne et en Normandie aussi, encore qu'à un degré légèrement moindre.

jeudi 4 août 2011

Ce soir, hommage au compositeur Ariel Ramírez à Clásica y Moderna par son fils [à l'affiche]


Ce sera tous les jeudis de ce mois d'août 2011, à 21h30, à Clásica y Moderna, Callao 892, dans le quartier de Recoleta.

Facundo Ramírez, le fils de Ariel Ramírez, le compositeur de Misa Criolla, pour ne citer qu'une seule oeuvre, rend hommage à son père avec la sortie d'un disque où il joue exclusivement les oeuvres de celui-ci. Les quatre soirées d'août seront donc à la fois une présentation de ce travail et des concerts-souvenirs pour un artiste dont la mort avait profondément endeuillé l'Argentine (voir mon article du 19 février 2010 sur ce décès).

dimanche 28 mars 2010

Un article aux couleurs des Rameaux : hommage à Ariel Ramírez pour le Mercredi Saint [à l'affiche]

Le compositeur de folklore Ariel Ramírez est décédé le 18 février dernier. Sa mort a profondément bouleversé le public argentin pour qui sa musique avait représenté une grande revendication identitaire et culturelle dans toute la seconde moitié du 20ème siècle.

Ariel Ramírez était l'auteur entre autre de Misa Criolla (messe d'Amérique du Sud). Et c'est cette Misa Criolla qui sera donnée en concert d'hommage mercredi prochain, 31 mars, Mercredi Saint, à 20h, à la cathédrale de San Justo, une ville au sud-ouest de Buenos Aires, dans la petite ceinture, la proche banlieue de la capitale argentine. L'entrée sera gratuite.

La Misa Criolla sera interprétée par la Orquesta Nacional Juan de Dios Filiberto, le Choeur Polyphonique National (Coro Polifónico Nacional), Jaime Torres, Zamba Quipildor et le propre fils du compositeur, Facundo Ramírez.

Un spectacle à ne pas manquer, si vous êtes dans les parages.

vendredi 19 février 2010

Ariel Ramirez s’en est allé par le chemin de Dieu [Actu]


Ariel Ramirez était le compositeur, entre autres oeuvres, de deux monuments de la musique populaire argentine : la Missa Criolla et la chanson Alfonsina y el mar. Il vient de mourir à l’âge de 88 ans : comme disent les Argentins, se fue camino de Dios.

Missa criolla est une messe catholique classique, où la musique folklorique soutient la prière du missel d’avant Vatican II. En 1964, c’était d’une grande audace, même si le Concile Vatican II, qui se tenait au même moment à Rome, allait donner raison à cet exercice d’acculturation liturgique. Elle reste une oeuvre liturgique très jouée, aujourd’hui encore, souvent dans des cadres de concert, surtout autour des grandes fêtes religieuses que sont Noël et Pâques. Il en existe de très nombreux enregistrements, dont plusieurs dirigés par lui-même. La plupart des albums sont argentins mais de nombreuses versions ont été montées à l’étranger. Alfonsina y el mar raconte la poétesse Alfonsina Storni (1892-1938), grande dame de la littérature nationale, qui choisit de mettre fin à ses jours lorsqu’elle se sut condamnée par un cancer. Elle se noya dans l’océan à Mar del Plata.

Ariel Ramirez était né à Santa Fe le 4 septembre 1921. C’était un pianiste de formation et un grand musicien qui a donné ses lettres de noblesse au folklore de son pays. Sa Missa criolla a été enregistrée de nombreux artistes, dont Mercedes Sosa, elle aussi grande artiste folklorique décédée il y a quelques mois (voir mes articles sur elle). Il a été de ceux qui ont composé et joué du folklore à écouter, alors que la majorité de la musique rurale argentine était conçue alors pour la danse et la fête. Il avait aussi beaucoup travaillé avec le poète et historien Felix Luna, lui aussi récemment disparu (voir mon article à ce sujet).

Il a été très longtemps l’un des piliers de la SADAIC, la société des auteurs et compositeurs argentins fondée en 1936 par Francisco Canaro. Il y avait travaillé avec le poète et compositeur de tango Cátulo Castillo (1906-1975), du temps où celui-ci en assurait la présidence. Il en fut lui-même le président un peu plus tard.

Ariel Ramirez était malade depuis quelques années. Il s’est éteint dans un établissement hospitalier de la banlieue de Buenos Aires où il avait été admis en soins intensifs au début du mois.

Son départ est salué par la plupart des journaux. Página/12 lui consacre la une de son supplément culturel et deux articles, l’un de Karina Micheletto, qui passe en revue sa vie et sa carrière, l’autre de Diego Fischerman, qui analyse ce qu’il apporta à la musique nationale et à la musique tout court.

Après Chula Clausi avant-hier (voir mon article), c’est un autre très, très grand de la culture argentine qui s’en va, et, en son cas, il s’agit d’un grand créateur, d’un grand témoin de l’histoire culturelle et politique et d’un artiste emblématique.

Pour aller plus loin :
Lire le supplément culturel de Página/12 (dans lequel vous trouverez aussi une interview d’un autre grand musicien du folklore du nord du pays, l’accordéoniste Raúl Barboza, par Carlos Bevilacqua).
Lire l’article de Clarín
Lire l’article de La Nación
Le site de La Prensa, ce matin, ne parlait pas de la disparition du maître ce matin et les journaux uruguayens sont trop occupés par les rebondissements de la fin de la période de transition gouvernementale pour s’aviser de ce qui se passe de l’autre côté du fleuve.

samedi 20 décembre 2008

Navidad criolla [Coutumes]

Un choix de villancicos argentins, signés par quelques grandes plumes du pays, Cátulo Castillo (grand poète et non moins grand compositeur de tango, né en 1906 et décédé en 1975, qui fut l'un des grands présidents de la Sadaic), le folkloriste mondialement connu, auteur-compositeur-interprète et guitariste, Atahualpa Yupanqui (Pergamino, Pr. de Buenos Aires 1908 - Nîmes, en France, 1992) et l'historien, homme politique radical et parolier de chansons Felix Luna (né à Buenos Aires en 1925).

Ces villancicos font partie du disque Navidad 2000 Los Arroyeños, chez Epsa, Buenos Aires 1997, conçu et enregistré par quatre chanteurs-instrumentistes : Miguel Angel Inchausti (pianiste et ténor), Gustavo Santa Coloma (guitariste et baryton), Fernando Collados (charanguiste, guitariste et tenor, le charangua est un instrument amérindien à cordes pincées, comme la guitare) et Luis Araujo (percussioniste et basse).

En un burrito orejón (Sur un petit âne à grandes oreilles)
Zamba, de Víctor Schlichter et Cátulo Castillo (1)

No llores más vida mía
Que llega la Navidad
San José con María vendrán
Con un burro orejón
Cargadito de turrón
San José con María vendrán
Y en un burro orejón
Por aquí pasarán.

En pleure pas, mon chéri
Car Noël arrive
Saint Joseph et Marie viendront
avec un âne aux grandes oreilles
tout plein chargé de turron (2)
Saint Joseph et Marie viendront
et sur un âne aux grandes oreilles
ils passeront par ici.

No llores más mi guaguita
Que estoy amasando el pan.
Mazapán con miel y humita fiel
Calentita en la sartén.
Vendrán en un burrito
Caminito por Belén
Amados los dos amados
Amados del Niño Dios.
Por aquí vendrán
Y te besarán
Corazón de mazapán.

Ne pleure pas, mon bébé mignon,
car je suis en train de pétrir le pain.
De la pâte d'amande au miel et la bonne humita (2) toute chaude dans la poêle.
Ils viendront sur un petit âne
en chemin pour Bethléem.
Tout aimés tous les deux, tout aimés
Aimés par l'Enfant Dieu.
Ils viendront par ici
et ils t'embrasseront
Mon petit cœur en sucre (2).
(Traduction Denise Anne Clavilier)

El niño duerme (L'enfant dort)
Arrullo (berceuse) Atahualpa Yupanqui

La noche con la espumita del río
Te está tejiendo un encaje, mi niño.

La nuit avec l'écume du fleuve
est en train de te tisser un tricot, mon enfant.

Quiero la estrella del cielo más bella
Para hacerte un sonajero, mi niño.

Je veux l'étoile du ciel la plus belle
pour te faire un hochet, mon enfant.

El niño se está dormiendo sonriendo
Ah ah mi niño

L'enfant s'est endormi en souriant.
Mon enfant, mon enfant.

Que bello mundo es tu mundo mi niño
Ah ah mi niño

Quel beau monde est le tien, mon enfant
Mon enfant, mon enfant...
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Navidad en verano (Noël en été),
Canción, Ariel Ramírez et Felix Luna

Mi Navidad está metida en el verano
No tiene pinos ni la nieve le da luces;
Mi Navidad con el calor va de la mano
Y un dulce olor a sidra y a pan dulce...

Mon Noël est fourré en été
Il n'a pas de pin, et la neige ne lui donne pas son éclat ;
Mon Noël va main dans la main avec le temps chaud
et une odeur sucrée de cidre et de pan dulce... (2)

Paz a todos los hombres
Paz en la tierra,
En mi tierra caliente
Y en la que nieve

Paix à tous les hommes
Paix sur la terre
Sur ma terre chaude
et sur celle où il neige

Mi Navidad no viene nunca en un trineo
Papá Noel en esta tierra es un extraño
Mi Navidad es el jazmín de fin de año,
Es la felicidad que te deseo.

Mon Noël en vient jamais en traîneau
Le Père Noël sur cette terre est un étranger (3)
Mon Noël c'est le jasmin de la fin d'année,
C'est le bonheur que je te souhaite...
(Traduction Denise Anne Clavilier)

(1) Une zamba est une danse et une musique folklorique des provinces nord de l'Argentine, apparentée à la samba brésilienne.
(2) Turrón, sidra, mazápan et pan dulce :
les spécialités gastronomiques de Noël enArgentine et en Uruguay.
Le turrón est celui apporté par les immigrants de la côte du Levant espagnol (Alicante, Jijona, Valencia, les marques 1880, El Almendro, La Jijonenca par exemple), plus que les tourons fabriqués en Catalogne et au Pays Basque (surtout du côté français). Les Italiens aussi, qui représentent 50% de l'immigration des années 1880 à 1930, ont, dans les régions de Florence et de Turin, un torrone qui se situe entre le nougat de Montélimar et le turrón duro (appelé aussi turrón de Alicante ou Torta Imperial) et le Panforte de Sienne, qui ressemble aussi à certaines spécialités de l'Espagne intérieure.
La sidra : le cidre est arrivé dans le sillage des Navarrais et des Galiciens. La plupart des cidres dans le monde sont plutôt doux et sucrés. Le cidre breton en fera donc pas trop l'affaire en l'occurrence. Pour une table de Noël à l'Argentine, chercher des sidres espagnols (marque La Gaita, par exemple) ou certains cidres doux basques ou normands.
Le mazápan : pâte d'amande présentée sous forme de petits sujets. Une tradition espagnole. Voir les marques de turrón ou les tourons qu'on fabrique à Biarritz, en pays palois, dans l'ensemble des Pyrénées françaises. Certains massepains provençaux ou alsaciens peuvent faire l'affaire.
Le pan dulce : la version argentino-uruguayenne du Pannetone du nord de l'Italie, avec fruits confits et amandes. A défaut de cette version australe, un vrai Pannetone fera très bien sur la table (je vous donnerai bien la recette mais avec nos températures d'hiver, bonjour les consommations d'énergie pour mettre la pièce à la température suffisante pour faire monter comme il faut une pâte levée !). A défaut de Pannetone de Turin ou de Milan (les meilleurs aux dires des Italiens... du nord), et selon les régions, une brioche des rois conviendra à Bordeaux et dans toute l'Aquitaine (à condition de se passer de l'eau de fleur d'oranger et de mettre les fruits confits dans la pâte et pas dessus) ou un kouglehof en Alsace (il faudra juste utiliser un autre type de moule : un moule à brioche, rond et haut, façon cheminée). En Belgique, on doit pouvoir se débrouiller très bien avec un cramique à condition de lui ajouter des fruits confits et qu'il ne faille pas un vélo pour aller d'un raisin sec à l'autre.
Et pour achever tout à fait la touche criolla de votre table, vous offrirez aussi des cacahuètes caramélisées (ça, ce n'est pas un héritage de l'Europe) : on appelle ça des chouchous dans le Midi, des pralines dans le reste de la France...
(3) ce vers-là, c'est pour dire "US go home!" Parce que Santa Claus (le nom du Père Noël dans son pays d'origine, où il n'est rien d'autre que la version publicitaire que donna Coca Cola à la fin des années 20 à notre Saint Nicolas) a aussi envahi l'Argentine mais les Rois Mages ne s'en laissent pas compter et le tiennent en respect (comme en Espagne d'ailleurs).