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vendredi 1 juillet 2016

Un Stabat Mater très politique, bien criollo, aux parfums d'alpage suisse et de grand-place... [à l'affiche]

Quel manque de goût dans la communication du CCK !

Le tout nouveau Stabat Mater qui sera créé demain, samedi 2 juillet 2016, à 20h, au CCK, dans la grande salle dont le nom évolue (1), a été commandé à un compositeur suisse, Simon Ho. Il est établi à Bruxelles et a déjà vécu à Buenos Aires, en 2006, à l'invitation de la mezzo-soprano qui interprétera l'oratorio demain, Susana Moncayo. C'est elle qui a souhaité que le pianiste Simon Ho compose cette œuvre qui sera présenté demain avec la Misa Criolla, composée en 1964 par Ariel Ramírez, la première messe chantée sur l'ordinaire hispanophone (temporaire) issu de Vatican II (dont les travaux n'étaient pas encore terminés).

Le compositeur helvète est reconnu pour son excellente connaissance de la musique argentine dans toute sa diversité et ses nuances culturelles et esthétiques. Comme quoi, même en Europe, on peut découvrir l'Argentine musicale autrement qu'à travers une danse de couple...

Entrée libre et gratuite, mais limitée par un système de retrait des places aussi peu commode que possible.

Une culturelle de Página/12 avec les trois artistes
de gauche à droite : Susana Moncayo, Jaime Torres et Simon Ho

Cette méditation en musique sur la douleur de la Vierge debout au pied de la Croix où son Fils agonise est dédiée à toutes les mères qui luttent pour leurs enfants, ce qui en Argentine renvoie immédiatement au tragique et courageux combat des Mères de la Place de Mai, avec leurs deux associations divergentes, Madres de Plaza de Mayo, la plus connue au niveau international, et Madres de Plaza de Mayo Linea Fundadora, beaucoup moins sectaire du point de vue idéologique.

L'oratorio est écrit, selon la tradition européenne, pour trois voix, une soprano, une mezzo-soprano et un baryton, un quatuor de cordes, un orgue et la touche criolla est apportée par le charango, qui sera joué par Jaime Torres, le créateur de la Misa Criolla. Tout un symbole !
L'Ambassade suisse apporte son soutien à cette création mondiale.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 (interview de Simon Ho, Susana Moncayo et Jaime Torres)
lire l'article de Clarín (interview de Simon Ho).

Ajout du 2 juillet 2016 :
lire l'article de La Nación



(1) Depuis l'ouverture de ce vaste et prestigieuse centre culturel il y a un an, cette salle s'appelle Ballena Azul (en hommage aux cétacés dont la Patagonie, si chère au cœur de la famille Kirchner, est l'un des sanctuaires). Sur le site Internet relooké de l'institution, il n'est question que de la Sala Sinfónica. Mais sur le visuel digital, on voit apparaître le nom plus poétique de Ballena Azul. Et pour le reste, la communication officiel du centre est d'une tristesse et d'une austérité tout à fait affligeante, bien propre à faire peur au public, comme la modalité de retrait des places qui est, comme d'habitude dans la Buenos Aires macriste, une usine à gaz impraticable pour les gens qui sont astreints à des horaires de bureau, comme la grande majorité des Portègnes puisque la ville vit à 75 % des activités tertiaires.

samedi 4 avril 2015

Misa Criolla à la côte [à l'affiche]


C'est une nouvelle exécution de la Misa Criolla de Ariel Ramírez qu'en ce Samedi saint propose la municipalité maritime de Necochea, sur la côte atlantique, à mi-chemin entre Mar del Plata et Bahía Blanca... Ce soir, samedi 4 avril 2015, à 20h au Cine Teatro París.

Entrée libre et gratuite.

Les interprètes en seront la Camerata del Teatro Auditorium de Mar del Plata, le groupe folklorique Los Chakras, un chœur polyphonique local et au piano Claudio Corradini, le tout étant placé sous la direction de José María Ulla.

La soirée est organisée conjointement par l'office du tourisme de Necochea et le Teatro Auditorium, qui dépend directement du ministère de la Culture de la Province de Buenos Aires.

De quoi fêter la Semaine Sainte alors que la saison estivale tire à sa fin pour ces stations situées très au sud (où l'eau est donc plutôt frisquette et le jour vraiment très court).

mercredi 1 avril 2015

Spectacles de Semana Santa dans les montagnes de Tucumán [Coutumes]


Programme culturel chargé cette année dans la Province de Tucumán, dans le nord-ouest argentin, pour cette Semaine sainte... Le gouvernement provincial a sorti le grand jeu en cette année électorale !

Cristo Bendicente
Cerro San Javier, Yerba Buena (Tucumán)

Tout d'abord il y a une offre géographique qui couvre plusieurs zones de la Province :

la capitale, San Miguel de Tucumán, avec un programme classique religieux : deux chemins de croix, aujourd'hui, Mercredi saint, à 19h pour les jeunes, et un autre, plus traditionnel, Vendredi saint à 20h30, qui passera par trois églises de la ville, au départ de la cathédrale, à 20h30, ainsi que la visite des sept églises (un rite fréquent dans les villes argentines de quelque extension, ici en version bus touristique gratuit) le Jeudi saint, proposé par l'office du tourisme, avec cinq parcours tout au long de la journée ;

et la Misa Criolla, de Ariel Ramírez, la première messe composée en espagnol selon le (futur) rite de Paul VI (1964) avec l'appui de différents évêques argentins, qui sera interprétée, par des artistes différents, dans deux villes majeures, San Pedro de Cololao et Yerba Buena (1), samedi et dimanche à venir :
à San Pedro de Colalao, bourgade nichée dans les reliefs avec un bon nombre de grottes à visiter (dont une reproduction fidèle de la grotte de Lourdes), à l'extrémité nord-ouest de la province, le Samedi saint, juste avant la Vigile Pascale,
le même jour et juste avant la Vigile, à Yerba Buena (page Facebook), presque la banlieue de San Miguel, où le quatuor vocal Los Puesteros retourne comme l'année dernière se mêler à la chorale paroissiale et à un groupe de danseurs du coin (c'est plutôt réussi, et pourtant le talent de Los Puesteros tel qu'on le découvre sur la page Facebook ne me convainc pas plus que cela) puis le lendemain, au mont San Javier, à 16h, au pied de la statue du Cristo Bendicente (Christ Bénissant), un colosse érigé en 1942 par la Province (c'est la quatrième statue du Christ par ordre de taille dans le monde).

L'appel de Pierre au lac de Génésareth
photo extraite du site de LV12

Mais le plus spectaculaire sera sans doute les Vendredi et Samedi saints, à 15h, les deux représentations d'une œuvre religieuse de Carlos Kanán et Graciela Weiss, Vida y Pasión de Dios Hombre, dans le splendide décor naturel de Tafí del Valle, à Ojo de Agua (textuellement Œil d'Eau), un lac entouré de reliefs encore verts en ce début d'automne, dans les montagnes de l'ouest de la Province, tout près de la province de Catamarca.
Spectacle en plein air et de jour qui se répète d'année en année dans ce même lieu magique depuis une dizaine d'années. Avec le soutien des pouvoirs publics et un grand concours de peuple. Le spectacle dispose d'ailleurs d'une page Facebook et de quelques reportages sur Youtube.



Toutes ces propositions culturelles sont d'accès libre et gratuit.

Pour en savoir plus :
consulter l'article de la radio locale LV12 (sur son site Internet).


(1) En Argentine, on appelle yerba buena une menthe très forte en goût que l'on trouve souvent en altitude. La yerba buena entre dans la plupart des compositions pour mate vendues sous le nom de yerba mate con hierbas.

samedi 13 décembre 2014

Fierté argentine après un demi-siècle de Misa Criolla [ici]

La une de Clarín aujourd'hui : un tiers de la page consacré à la Misa Criolla d'hier
Cliquez sur l'image pour obtenir une meilleure résolution

Hier soir à l'heure de Rome, hier après-midi à l'heure de Buenos Aires (cet horaire avait été choisi pour permettre aux Américains de pouvoir s'associer à la fête), la Misa Criolla de Ariel Ramírez a retenti dans les murs de la Basilique Saint Pierre, en présence du Pape François et avec l'un des premiers interprètes qui avaient créé l'œuvre en 1964, le musicien Jaime Torres, pas peu fier d'être là.

Cette messe en l'honneur de Notre Dame de Guadalupe était retransmise en direct par la télévision publique argentine, qui relayait les images émises par CTV (et toujours disponibles en vidéo à la demande, gracieusement sur le site Internet de l'Etat-Cité). TN, la télévision d'information continue fondée par le groupe Clarín et qui devrait y rester après la restructuration de cet empire, le faisait également.

Une capture d'écran de la télévision publique par le quotidien  La Mañana de Córdoba

Somptueuse interprétation et célébration pleine de ferveur, avec une homélie du Pape qui a souligné le rôle de la Vierge dans l'évangélisation du continent et l'originalité de la piété populaire dans le Nouveau Monde, pour laquelle il a rappelé le rôle joué par les peuples originaires (d'ailleurs, l'apparition dont il est fait mémoire le 12 décembre s'est adressé à un Indien, au début de la Conquête hispano-portugaise). Il a invité l'Amérique latine à inventer le monde du XXIe siècle en continuant à faire preuve d'imagination dans ses modèles de développement. Le texte devrait faire l'objet d'une publication intégrale dans L'Osservatore Romano qui paraîtra ce soir, si ce n'est déjà fait dans l'onglet Homélies du site du Vatican.

Une séance de répétition
Les Argentins, ne doutant de rien, affichaient leur drapeau national
Le drapeau a été prié d'aller se faire voir ailleurs pendant la messe.
C'est bon, on le sait, que le Vatican, c'est chez eux !

En attendant, vous pouvez aller faire un tour dans la presse argentine, cela vaut le clic de souris. Tout le monde est à l'unisson, malgré les divergences idéologiques...

Lire l'article de Página/12, qui regrette presque qu'on n'ait pas eu le droit d'applaudir (ils ne comprennent vraiment rien à la religion, dans cette rédaction, même le correspondant en Europe)
lire l'article de Clarín, qui traite de l'événement dans sa rubrique Spectacles - extra shows (eux non plus, ils n'y comprennent pas grand-chose)
lire l'article sur la Misa Criolla dans La Nación
lire l'article de La Nación sur l'homélie du Pape
lire la dépêche de Télam sur la réaction de la ministre Teresa Parodi après la célébration
lire la dépêche de Télam sur la messe avec en vidéo un petit extrait du Kyrie (sublime ! mais trop tôt interrompu par le montage).
L'ensemble de la célébration a été mis en ligne par la Casa Rosada sur son canal Youtube ! (1h 46, tout de même)
Et les quotidiens provinciaux consacrent aussi beaucoup d'espace à l'événement dans leurs colonnes.
On peut aussi lire le communiqué du Vatican en espagnol où l'accent est mis sur la dimension spirituelle et mariale de la célébration et non sur le cocorico ciel et blanc, ou celui en français qui comporte une analyse succincte de l'homélie prononcée en espagnol.

mardi 9 décembre 2014

La Misa Criolla sous le dôme de Saint-Pierre de Rome vendredi [ici]

Le Pape François (ci-contre avec une reproduction de la Vierge de Guadalupe) présidera vendredi 12 novembre 2014 la messe solennelle de la mémoire de la Vierge de Guadalupe, en souvenir d'une apparition au XVIe siècle à Guadalupe au Mexique à un voyant indien, Juan Diego, canonisé depuis (c'est précisément sa fête aujourd'hui). La Vierge de Guadalupe est la patronne de tout le continent et c'est la première fois que le pape latino-américain solennisera cette date si symbolique.

C'est la Misa Criolla de Ariel Ramírez qui soutiendra la prière de fidèles sous les voûtes de la basilique Saint Pierre à Rome, pour le demi-centenaire de cette première messe composée en langue espagnole après la réforme liturgique du Concile Vatican II. On dit, sans doute avec raison, le Saint Père très admiratif de cette messe. La musique sera dirigée par Facundo Ramírez, le fils du compositeur décédé. L'une des voix solistes sera celle de Claudio Sosa, neveu de Mercedes Sosa, elle-même interprète de référence de cette messe. L'œuvre avait été enregistrée pour la première fois, en 1964, par le groupe créateur, Los Fronterizos, des incontournables de la musique populaire argentine.

Dans cette messe on ne peut plus liturgique et entraînante, Ariel Ramírez a rassemblé les rythmes, les instruments et l'orchestration les plus significatifs du folklore du Noroeste argentin dont il était natif. Une œuvre somptueuse, qui a fait l'objet de nombreux enregistrements depuis son création en Argentine.

Cette messe, précédée du chapelet et d'une procession de l'icône mariale escortée par les drapeaux de tous les pays du Nouveau Monde (1), sera retransmise en direct par le CTV (centre télévisuel du Vatican), sur le portail Internet du Saint-Siège, ce vendredi, à 18h, heure de Rome.
Il est probable que pour l'occasion, il n'y aura qu'un seul canal de commentaire, le canal en espagnol.

L'Argentine envoie une impressionnante délégation, mené au plus haut niveau par Teresa Parodi, en personne, une grande artiste du folklore, devenue il y a six mois, comme le savent mes lecteurs assidus, ministre de la Culture du gouvernement national.

Pour aller plus loin :
lire le communiqué en espagnol sur News Va
lire la dépêche de Télam sur la délégation officielle envoyée à Rome par l'Argentine
lire le communiqué officiel du Ministère de la Culture argentin
lire l'article de Diario Uno, le 6 décembre 2014, sur cette deuxième consécration romaine
lire l'article de La Mañana de Córdoba de samedi dernier sur le même sujet
lire l'article du 25 janvier 2014 de La Nación pour marquer le cinquantième anniversaire du chef d'œuvre
connaître le Vatican Player (pour toutes les retransmissions en direct, avec le choix des langues pour les commentaires par Radio Vatican, et de la vidéo à la demande pour voir les événements en différé)
consulter le site bilingue (espagnol-anglais) du compositeur Ariel Ramírez et celui des Fronterizos.

Ajout du 11 décembre 2014 :
lire le communiqué du Ministère de la Culture argentin sur la rencontre entre la ministre Teresa Parodi et le Souverain Pontife, à l'issue de l'audience générale du mercredi
lire l'article de Página/12 sur le sujet
lire le communiqué de l'agence de presse catholique argentine sur la valeur liturgique et religieuse de la Misa Criolla, telle qu'elle a été exposée lors d'une conférence de presse à Rome


(1) Y aura-t-il le drapeau français pour la Guyane ?

vendredi 4 avril 2014

Les cinquante bougies de Misa Criolla au Colón pour le jour du Seigneur [à l'affiche]


Ce dimanche 6 avril 2014, à 11h, à l'heure de la messe dominicale, l'ensemble Música Quantica Voces de Cámara interprétera la Misa Criolla de Ariel Ramírez au Teatro Colón, l'opéra de Buenos Aires, pour marquer les cinquante ans de cette œuvre suggérée au compositeur santafésin lorsque le Concile Vatican II eut autorisé la célébration de la messe en langue vivante.

La Misa Criolla est ainsi la première messe jamais composée et créée avec le nouveau texte espagnol de l'ordinaire.

Le reste du programme est composé de pièces religieuses de Bach, Mendelssohn, Messien et Britten ainsi que d'une seule pièce profane d'Eric Whitacre sur Léonard de Vinci et ses machines volantes...

Entrée libre et gratuite.
Retrait des places aujourd'hui 10h, aux guichets du théâtre (on fait plus commode pour les gens qui travaillent aux heures de bureau, comme presque tous les salariés dans cette mégapole du secteur tertiaire qu'est Buenos Aires mais on reconnaît bien là la politique constante du Ministère de la Culture portègne).

Página/12 annonce l'événement dans les pages culturelles de l'édition d'aujourd'hui.
Vous reporter au programme musical complet de la matinée sur le site Internet du Teatro Colón
Voir également le site Internet de l'ensemble (comme souvent avec les artistes argentins, il n'est pas vraiment à jour mais vous y trouverez des photos et pourrez les écouter chanter et jouer) et sa page Facebook.

lundi 2 décembre 2013

Concert de Noël à la Maison de l'Argentine [ici]


Vendredi 13 décembre 2013, à 20h, la Maison de l'Argentine à Paris (Cité Universitaire, 27 bld Jourdan, Paris 14), propose un concert de Noël de sa chorale (coro de la Casa Argentina) dirigée par Mauro Fantín accompagné d'une formation instrumentale.

Au programme, deux œuvres emblématiques de Ariel Ramírez, la Misa Criolla (première messe en espagnol, composée en 1963, juste après que le Concile Vatican II ait autorisé la messe en langue vernaculaire et alors que les textes liturgiques officiels n'étaient pas encore parus) et Navidad Nuestra, ensemble de sept mystères de la Nativité médités en musique selon des traditions du folclore argentin ( Annonciation, Voyage à Bethléem, Nativité, Adoration des Bergers, Adoration des Rois Mages et Fuite en Egypte). Un concert de Noël comme là-bas !

Entrée libre dans la limite des places disponibles.

samedi 8 juin 2013

El Día de la Música "nuestro" en la Casa de la Argentina ou la Misa Criolla à París [ici]


Rendons à Jack Lang ce qui est à Jack Lang, la Fête de la Musique, c'est nous qui l'avons inventée (enfin, lui surtout) en France, il y a plus de trente ans... C'est bien une coutume, mais française cette fois-ci. Et cette année, la Maison de l'Argentine à la Cité Internationale Universitaire de Paris la célébrera par un concert en deux parties le vendredi 21 mai 2013 à 20h.

Première partie : récital lyrique intitulé Parfums de l'Espagne et de l'Amérique Latine, avec la mezzosoprano Alexandra D'Espinoza et le pianiste Enrique Premoli, avec un hommage à la musique espagnole et aux compositeurs argentins et plus largement sud-américains.

Seconde partie : récital du Grupo de Canto Coral, le GCC, placé sous la direction du Maestro Néstor Andrenacci, qui interprétera ce chef-d'œuvre de la musique populaire argentine qu'est la Misa Criolla, du compositeur Ariel Ramírez (1).

Canto Coral, dans sa composition de mai 2011 - Photo Luz Fiumara

La Misa Criolla est la première tentative couronnée d'un vrai succès populaire (et international qui plus est) pour acculturer esthétiquement en Argentine le canon de la messe catholique, alors en plein aggiornamento conciliaire. Les auteurs travaillèrent avec l'appui des autorités ecclésiastiques argentines et latino-américaines, dont ils obtinrent d'utiliser l'ordinaire en espagnol (2). Cette Misa Criolla avait pour précédent les œuvres trop oubliées aujourd'hui qui se répandirent jusqu'à Buenos Aires depuis les Missions (3) au XVIIème et XVIIIème siècles, quand les jésuites (4) favorisaient le métissage entre la musique d'Eglise baroque de l'Europe et l'expression culturelle des Indiens guaranis qu'ils accueillaient dans ces terres concédées par le Roi d'Espagne et où les laïcs blancs ne pouvaient pénétrer. Jusqu'en 1767-1773, les Indiens purent y vivre libres de tous les systèmes de servage qui sévissaient contre eux partout ailleurs dans l'Empire espagnol. L'expérience religieuse et politique prit fin lorsque le Roi expulsa la Compagnie de Jésus de l'ensemble de ses territoires sur toute la surface du globe.

Cette tradition de la musique guaranistique, comme on l'appelle, existe toujours au Paraguay et en Bolivie. Son évolution dans le nord de l'Argentine la rend difficilement reconnaissable même si elle nourrit aujourd'hui encore une partie du folclore de Corrientes et de Posadas. Cette tradition a sa part d'influence dans la Misa Criolla composée en 1964, à une époque où le gouvernement argentin était celui d'un pays-zombie assujetti à l'Oncle Sam alors qu'à Rome, le Concile Vatican II était en train de rendre la parole au peuple catholique en rééquilibrant au sein de l'Eglise les rôles dévolus respectivement aux laïcs et aux clercs. Cette messe classique se compose des cinq prières traditionnellement chantées : le Kyrie, le Gloria, le Credo, le Sanctus et l'Agnus Dei. On peut regretter qu'il lui manque un Pater !

Elle fut enregistrée pour la première fois par le groupe folkloriste Los Fronterizos (les frontaliers) pour les voix solistes, accompagné par plusieurs instrumentistes de grand talent qui ont fait leur chemin depuis, les compositeurs Jaime Torres au charango (une invention très probablement guaranistique) et Raúl Barboza à l'accordéon, entre autres.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.


Canto Coral, à Aalst en Belgique, en 2012

Plus d'information :
Lisez la page consacrée à l'œuvre sur le site Internet de feu Ariel Ramírez
Visitez le site Internet du GCC, le Grupo de Canto Coral


(1) Voir mon article du 19 février 2010 sur la mort de Ariel Ramírez et les autres articles sur ce compositeur, en cliquant sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.
(2) Le Concile Vatican II n'était pas encore achevé et les textes liturgiques définitifs traduits du latin n'étaient pas encore promulgués. C'était donc assez audacieux.
(3) Ces territoires se répartissent aujourd'hui sur une minuscule fraction du sud du Brésil, une part importante du nord de l'Uruguay et de l'Argentine, la quasi-intégralité du Paraguay et le sud de la Bolivie.
(4) Pendant la Semaine Sainte, le Mardi Saint, la Misa Criolla a été chantée dans la cathédrale de Buenos Aires en hommage au Pape, qui, sans son élection au Conclave, avait prévu d'y célébrer les fêtes de la Semaine Sainte et de la Résurrection. Mais en dehors de cet événement exceptionnel, cette œuvre trouve toujours sa place pendant l'Avent et pendant le Carême. Voir l'article de La Nación sur ce concert de musique sacrée organisé conjointement par le diocèse et le Gouvernement Portègne, qui n'a pas tardé à faire de la figure du Pape une machine à sous pour tourisme de masse dans le mauvais goût dont il est coutumier (il eût été surprenant qu'il en fût autrement). Le Secrétariat d'Etat à la Culture au niveau fédéral avait quant à lui organisé le même concert, avec le chanteur Jairo et le charanguiste Jaime Torres à Luján... avec notre Grupo de Canto Coral qui s'en vient donc chanter à Paris ! (Voir le communiqué de la Secretaria de Cultura du 28 mars 2013 avec sa superbe photo du vieux charanguiste argentin).

jeudi 4 août 2011

Ce soir, hommage au compositeur Ariel Ramírez à Clásica y Moderna par son fils [à l'affiche]


Ce sera tous les jeudis de ce mois d'août 2011, à 21h30, à Clásica y Moderna, Callao 892, dans le quartier de Recoleta.

Facundo Ramírez, le fils de Ariel Ramírez, le compositeur de Misa Criolla, pour ne citer qu'une seule oeuvre, rend hommage à son père avec la sortie d'un disque où il joue exclusivement les oeuvres de celui-ci. Les quatre soirées d'août seront donc à la fois une présentation de ce travail et des concerts-souvenirs pour un artiste dont la mort avait profondément endeuillé l'Argentine (voir mon article du 19 février 2010 sur ce décès).

dimanche 28 mars 2010

Un article aux couleurs des Rameaux : hommage à Ariel Ramírez pour le Mercredi Saint [à l'affiche]

Le compositeur de folklore Ariel Ramírez est décédé le 18 février dernier. Sa mort a profondément bouleversé le public argentin pour qui sa musique avait représenté une grande revendication identitaire et culturelle dans toute la seconde moitié du 20ème siècle.

Ariel Ramírez était l'auteur entre autre de Misa Criolla (messe d'Amérique du Sud). Et c'est cette Misa Criolla qui sera donnée en concert d'hommage mercredi prochain, 31 mars, Mercredi Saint, à 20h, à la cathédrale de San Justo, une ville au sud-ouest de Buenos Aires, dans la petite ceinture, la proche banlieue de la capitale argentine. L'entrée sera gratuite.

La Misa Criolla sera interprétée par la Orquesta Nacional Juan de Dios Filiberto, le Choeur Polyphonique National (Coro Polifónico Nacional), Jaime Torres, Zamba Quipildor et le propre fils du compositeur, Facundo Ramírez.

Un spectacle à ne pas manquer, si vous êtes dans les parages.

samedi 20 décembre 2008

Spectacles et concerts de Noël à Buenos Aires [à l'affiche]

L'affiche du CC Borges

Dans les quelques jours qui viennent, les concerts et spectacles de Noël vont se bousculer à Buenos Aires. Quelques uns d'entre eux...

Bajo el cielo de Belén (Sous le ciel de Bethléem), crèche vivante (pesebre viviente) avec un mélange de textes inspirés de la Bible et des villancicos (les chants de Noël traditionnels, souvent anomynes, typiques du monde hispanique auxquels se mêleront des chants de Noël de plusieurs pays non hispanophones).
C'est ce soir et demain, 20 et 21 décembre, à 21h, à la Manzana de las Luces, dans le quartier de Monserrat. Entrée : 10 $Arg.

Villancicos de Europa y Argentina, un concert de chambre avec la soprano Soledad de la Rosa et le guitariste Guillermo Gutkin. Le programme prévoit des chants de Noël d'Ukraine (du 18ème siècle), d'Allemagne, d'Angleterre, d'Italie et de France et un pot-pourri de villancicos argentins.
Ce sera à la Manufactura Papelera, à San Telmo, dimanche 21 décembre, à 18h (entrée : 25 $, donnant droit à une boisson).

La Misa Criolla, chantée par Juan Juncales et Marcela Aguilera, est présentée tous les dimanches de décembre, jusqu'au 28, à 20h, au Centro Cultural Borges de Viamonte y San Martín (le CC Borgés est au deuxième étage des Galerías Pacífico, donc on peut entrer par n'importe laquelle des 4 rues qui encadrent la manzana : Cordoba, Florida, San Martín ou Viamonte). Le CC Borgés est situé dans le quartier San Nicolás.
La Misa Criolla est une véritable messe, avec les éléments classiques d'une messe catholique (Kyrie, Gloria, Credo, Agnus Dei), composé par le grand compositeur de musique de l'intérieur, de folklore, Ariel Ramírez. Il en existe une foultitude d'enregistrements. L'un des plus faciles à trouver en Europe est celui effectué par Mercedes Sosa, une grande, très grande folkloriste argentine (chanteuse, compositrice et auteure).

Au CC Borges également, mardi 23, vendredi 26 et samedi 27, à 20h, concert de villancicos, intitulé Navidad para el mundo (Noël pour le monde).

Pour les deux spectacles, deux catégories de places : 25 et 30 $.