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jeudi 30 juillet 2026

Dolores Solá présente son nouveau disque au Torquato Tasso [à l’affiche]


La chanteuse et compositrice Dolores Solá, qui s’est fait connaître dans le groupe de tango alternatif La Chicana, qu’elle dirigeait avec son ex-compagnon, Acho Estol, avant leur séparation il y a quelques années, présentera samedi prochain, le 1er août 2026, à 22 h, au Centro Cultural Torquato Tasso, Defensa 1575, dans le quartier de San Telmo., un nouveau disque personnel intitulé Corazón de Perro (cœur de chien). La salle ouvre ses portes à 20 h, comme d’habitude.

Prix des places : 30.000 $ (pesos argentins).

Comme toujours, il faut aussi prévoir les consommations et le repas en sus.
Les tables sont partagées et les places attribuées dans l’ordre d’arrivée des clients.

Dolores Solá s’était lancée dans une première phase de carrière soliste il y a une dizaine d’années avec son premier disque solo, Salto Mortal. Aujourd’hui, elle sort donc un nouvel album d’une dizaine de morceaux avec la participation de plusieurs autres artistes, dont Teresa Parodi, une auteure-compositrice-interprète du folklore de la province de Corrientes (nord-est de l’Argentine), et Daniel Melingo, chanteur et compositeur qui nous a quittés au début du mois.


Le disque présente un répertoire hétéroclite avec un seul tango et des chansons de diverses autres origines, y compris en provenance de la guerre civile espagnole, côté républicain bien entendu. L’ensemble reste marqué par le caractère contestataire qui a toujours été celui de l’artiste.

Pour l’occasion, elle a accordé une longue interview à Página/12.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 15 décembre 2023

Teresa Parodi présente un Portrait de famille [Disques & Livres]

"Routine de rencontres", titre le journal
sur cette belle photo de l'artiste, aujourd'hui, à 75 ans
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L’autrice-compositrice interprète de Corrientes, Teresa Parodi, sort un nouveau disque de sa musique litoreña (du littoral des fleuves Paraná et Uruguay) : Retrato de familia. En ces temps désastreux pour la gauche, dont elle est l’une des figures culturelles emblématiques, cela lui vaut la une du supplément Cultura & Espectáculos de Página/12, qui n’oublie pas qu’elle a été la première ministre de la Culture de la Nation, sous la seconde présidence de Cristina Kirchner.

Un ministère qui a été menacé de disparition pure et simple et qui vient d’être rétrogradé au rang de simple secrétariat d’État dans le fourre-tout du ministère du Capital humain.

Ce portrait de famille se compose de douze chansons de son crû qu’elle interprète dans cet album avec ses enfants et petits-enfants.

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La campagne de promotion sera courte. L’artiste a en effet été élue au parlement du Mercosur, le Parlosur, et elle doit prêter serment dimanche à Montevideo.

Le disque est disponible sur plusieurs plateformes spécialisées.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 10 septembre 2021

Trois centenaires en un ce soir à la télé : Ariel Ramírez, Jaime Dávolos et Astor Piazzolla [à l’affiche]


Ce soir, vendredi 10 septembre 2021, à 20h, Televisión Pública (TVP) s’allie à la station publique et généraliste de radio, Radio Nacional, pour proposer au public argentin un concert en hommage aux trois musiciens qui auraient eu cent ans cette année : Ariel Ramírez, un homme du nord-est dont le nom a parcouru dans le monde entier grâce à deux œuvres majeures, sa Misa Criolla et sa Navidad Criolla, où il a su rassembler les différentes traditions musicales de l’Intérieur argentin dans un élan de spiritualité remarquable, Jaime Dávalos, auteur-compositeur de Salta (à l’autre extrémité du pays) mais dont le nom, malgré son grand talent, n’est hélas guère sorti de son continent natal, et Astor Piazzolla, dont le centenaire est célébré depuis mars d’une manière nettement plus marquée que pour les deux autres.

Astor Piazzolla

Participeront à cette soirée télévisée des grandes pointures de la musique populaire actuelle comme Teresa Parodi, l’une des grandes représentantes du chamamé (musique du nord-est argentin), l’harmoniciste Franco Luciani, les chanteurs tangueros Lidia Borda, Guillermo Fernández et Sandra Mihanovich ainsi que le pianiste José Colangelo (un ancien des orchestres fondés par Piazzolla), pour ne citer que des artistes déjà assez bien connus des lecteurs de ce blog.

Ariel Ramirez

Le concert sera retransmis en direct sur la chaîne Youtube de Radio Nacional. De quoi vous régaler malgré les cinq heures de décalage horaire entre l’Argentine et la façade atlantique de l’Europe (mais heureusement, pour beaucoup d’entre vous, demain est un jour chômé !).

Répétition dans le grand studio de Radio Nacional

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

dimanche 15 août 2021

Liliana Herrero au CCK en souvenir de Horacio González [à l’affiche]

De gauche à droite :
Teresa Parodi, Eduardo Falu et Liliana Herrero
Photo CCK


Ce soir, dimanche 15 août 2021, à 18h, l’auteure-compositrice interprète Liliana Herrero, l’un des grandes représentantes du folklore de nord-est argentin, entourée de ses amis, la chanteuse (et auteure-compositrice) Teresa Parodi et le guitariste (et auteur-compositeur) Juan Falú, se présentera sur la scène du CCK pour un spectacle conçu avec son défunt mari, le sociologue et écrivain Horacio González, disparu en mai des suites du covid-19.

Ce spectacle, intitulé Mojones, signos y memoria de la Patria (Bornes, signes et mémoire de la patrie), ils l’avaient projeté ensemble, Horacio González devant lui-même dire les textes qu’il avait écrits.

Les trois musiciens ont invité quelques confrères et consœurs à partager cette scène dans ce moment si délicat pour Lilliana Herrero : Pedro Rossi sera à la guitare, Facundo Guevara aux percussions, Ariel Naón à la contrebasse et Lilián Saba au piano.

Une du supplément culturel du jour
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Le concert se répètera dimanche prochain, le 22, et il sera alors retransmis en direct par les réseaux sociaux du CCK (Facebook et Youtube). Il y aura une troisième concert le 29 août.

L’entrée est gratuite. Les Argentins qui souhaitent assister au concert peuvent retirer leurs places aux guichets du CCK selon les modalités habituelles du Centre.

© Denise Anne Clavilier
www.barrio-de-tango.blogspot.com

Pour aller plus loin :

dimanche 18 juillet 2021

Teresa Parodi sort elle aussi son disque du confinement [Disques & Livres]


Peu à peu, tous les musiciens sortent le disque qu’ils ont conçu et souvent enregistré pendant le confinement. C’est le cas de Teresa Parodi, auteur, compositrice et interprète, qui s’accompagne elle-même à la guitare. Elle est une de meilleures représentantes du chamamé, cette musique du nord-est de l’Argentine, des provinces de Corrientes, Entre Ríos et Misiones, les terres de la yerba mate…

Elle-même se partage entre Buenos Aires où elle vit depuis longtemps et sa province natale de Corrientes où elle va régulièrement se ressourcer. Elle répond en ce dimanche matin à une interview de Página/12, dans son supplément sur la culture décalée Яadar, pour présenter Después de todo (après tout cela). Elle y parle de l’expérience vécue pendant cette crise sanitaire et en particulier de son ami, le sociologue Horacio González, l’ancien directeur de la Bibliothèque nationale Mariano Moreno, qui y a laissé sa vie à 77 ans. Elle y parle aussi politique : c’est une femme de gauche profondément engagée dans le projet de la Patria Grande (l’unification continentale). Elle a été ministre de la Culture à la fin de la présidence de Cristina Kirchner puis députée au Parlasur, qui a tant de mal à exister quand le continent est majoritairement gouverné à droite.

La chanteuse dans un paysage typique de Corrientes
(photo Cecilia Salas)

Il y a deux jours, elle a fait mettre l’intégralité de l’album à écouter sur sa chaîne Youtube, sous licence RCA Victor, sa maison de disques.

L’album se compose de dix morceaux et dure 36 minutes.

Il est en vente sur différentes plateformes puisque depuis la France, il n’est pas encore possible d’en disposer chez nos disquaires.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :


Ajout du 24 juillet 2021 :
Página/12 redonne la parole à Teresa Parodi pour la sortie de son nouveau disque. Cette fois-ci, elle ait la une du supplément culturel quotidien.
Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12

"Tourbillons", dit le gros titre

vendredi 26 février 2021

Le centenaire de Piazzolla au Teatro Colón [à l’affiche]


Le 11 mars prochain, l’Argentine fêtera le centenaire de la naissance de Astor Piazzolla à Mar del Plata.

Du 5 au 20 mars, tous les soirs à 20 h, avec une jauge draconienne et un protocole sévère (distances physiques, masques, prise de température, présentation d’une pièce d’identité en cours de validité et d’une attestation sur l’honneur concernant l’état de santé du spectateur téléchargeable sur le site du théâtre, etc.), le Teatro Colón propose des concerts avec de nombreux grands musiciens et formations prestigieuses : le groupe Escalandrum, fondé et dirigé par Pipi Piazzolla, le petit-fils du maître, programmé le 11 mars au soir, la Orquesta-Escuela de Tango Emilio Balcarce sous la direction de Víctor Lavallén pour un concert, avec le contrebassiste fondateur Ignacio Varchausky pour le second, l’orchestre symphonique résident, le Quinteto Astor Piazzolla, la Orquesta Filarmónica de Buenos Aires avec Daniel Binelli au bandonéon, les chanteurs Susana Rinaldi, Amelita Baltar, Teresa Parodi et Jesús Hidalgo, pour n’en citer que quelques uns.

Les prix sont très élevés, conformes à ceux d’un opéra national : ils vont de 4 375 pesos pour des places sans visibilité à 7 500 pesos pour les meilleurs emplacements.

Cette série de concerts constitue l’ouverture de la saison 2021 de ce théâtre, le plus prestigieux du pays. Elle résulte d’un partenariat entre le Colón et la Fundación Piazzolla.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :


Ajouts du 6 mars 2021:
lire cet article de Clarín sur la première du cycle et la réouverture du théâtre avec galerie de photos

Une de Clarín le 6 mars 2021

Ajout du 7 mars 2021 :
lire cet article de Pagina/12 sur la réouverture du théâtre et l'hommage à Piazzolla

lundi 3 août 2020

Émission en ligne pour fêter la Pachamama [à l’affiche]

Capture d'écran (chaîne You Tube du Folklore Club)

Un nombre considérable de musiciens de tout le nord de l’Argentine, est et ouest confondus, se sont réunis pour enregistrer une émission de télévision, grâce au soutien de la Fundación Atahualpa Yupanqui (du nom d’un des plus grands auteurs-compositeurs-interprète du folklore argentin), puis la mettre en ligne, gratuitement et pour le monde entier, sur la chaîne You Tube de Folklore Club.

Il s’agit d’une réalisation très professionnelle, un long-métrage d’un peu plus d’une heure et demie qui rassemble interviews et prestations musicales et permet de vivre la fête « comme si vous y étiez ». Les artistes y exposent leur vécu et ce que signifie pour eux cet intense rendez-vous de la vie culturelle et cultuelle de la grande région septentrionale, qui est aussi le berceau d’une bonne partie de la tradition rurale argentine.

La manifestation est aussi une prise de parole politique contre toutes les activités qui dégradent l’environnement de ces régions : mines à ciel ouvert ultra-polluantes, incendies volontaires de la forêt subtropicale sous prétexte de dégager du terrain agricole, utilisation massive de produits phytosanitaires chimiques qui font grimper en flèche le taux de cancer et autres maladies dans les populations humaines qui vivent à proximité des gigantesques champs de soja transgénique avec lequel les riches propriétaires terriens se font des fortunes insolentes en dollars US.

Página/12 ne pouvait pas manquer une telle initiative et lui consacre un bel article dans ses pages culturelles de ce jour.

Sur la page You Tube, les organisateurs ont publié les coordonnées du compte bancaire sur lequel les téléspectateurs peuvent faire un don en pesos argentins. Citer la devise nationale est une autre façon de resserrer les liens de la communauté culturelle qui se reconnaît dans cette démarche et dans cette fête populaire. Cela a tout de même meilleure allure que de quémander des dons en dollars ou en euros !

Pour aller plus loin :
visiter la chaîne You Tube du Folklore Club.

samedi 29 février 2020

Paraná commence l’année avec la Fiesta Nacional del Mate [à l’affiche]

Cliquez sur le programme pour une meilleure résolution

Le week-end prochain, les 7 et 8 mars 2020, la ville de Paraná, capitale de la province de Entre Ríos, propose la Fiesta Nacional del Mate, un grand festival qui permettra à de nombreux artistes de folklore de se produire devant 17.000 visiteurs attendus, si le Covid 19 ne vient pas jouer les troubles-fêtes ! Les infrastructures hôtelières sont déjà remplies à 80 % d’après le directeur du tourisme de la province.

Pendant toute la semaine, des animations auront lieu chez les commerçants pour préparer cette fête qui succède aux festivités du carnaval.

Des activités rassemblées sous le nom de Matecito (le petit maté) seront aussi proposées aux plus petits.


Le clou des concerts aura lieu le dimanche, c’est-à-dire le 8 mars : les femmes seront donc à l’honneur. Parmi les artistes attendues, l’auteur-compositeure interprète de la province limitrophe de Corrientes, Teresa Parodi, et plusieurs ensembles féminins locaux.

Un grand patio de comida (des stands de restauration), à prix modérés, sera animé par les clubs athlétiques locaux (les clubs de foot) et un concours de service du maté (cebadores de mate) aura lieu comme les années précédentes (à qui saura mieux verser l’eau chaude à la température optimale pour faire ressortir toute la richesse gustative de la yerba mate utilisée : ça a l’air de rien comme ça pour des Européens mais c’est un art, comme celui de tirer la bière).


La province et la municipalité ont ajouté au programme des visites guidées du centre historique de la ville (qui a vu passer Manuel Belgrano en 1811) (1) et de nombreuses activités nautiques, qui sont l’un des atouts de la région et de la boucle du Paraná qui sépare les deux provinces voisines, Entre Ríos et Santa Fe.

Pour en savoir plus :
lire l’article de Clarín ce matin.



(1) Je vous recommande l'épisode épique de la traversée du Paraná dans la biographie que je viens de sortir aux Editions du Jasmin. J'ai même pu trouver une illustration où l'on voit les techniques de traversée de ces fleuves immenses en l'absence de pont ! Digne des effets spéciaux de Hollywood.

samedi 11 novembre 2017

Rencontre Músicas de Provincia édition 2017 [à l'affiche]


Le centre culturel de l'association Madres de Plaza de Mayo, ECuNHi, à Palermo, dans l'ancien campus militaire de l'ex-ESMA, propose aujourd'hui et demain, 11 et 12 novembre 2017, et depuis hier, son treizième festival de musique folklorique avec des activités pour les adultes et d'autres pour les enfants.

Entrée libre et gratuite.

Les auteurs-compositeurs interprètes Victor Heredia (folklore) et Lidia Borda (plus connue comme artiste de tango) rendront hommage à Teresa Parodi, représentante de la musique du Litoral (province de Corrientes) et ex-directrice de centre ECuNHi. C'est la créatrice du festival. Il y a environ quatre ans, elle est devenue une politique professionnelle depuis que Cristina Kirchner en avait fait la première ministre de la Culture. Elle exerce maintenant la mission de députée argentine au Parlasur, la chambre supranationale de l'Amérique du Sud.

Pour en savoir plus :
consulter la page Facebook de la manifestation

mercredi 4 mai 2016

Rentrée de Victor Heredia et Teresa Parodi à Buenos Aires [à l'affiche]


Les deux artistes de folklore, auteurs-compositeurs-interprètes, politiquement très marqués et que l'alternance politique a rejetés dans une opposition ferme, Teresa Parodi, ex-ministre de la Culture, et Victor Heredia (une formidable voix!), font leur rentrée ce week-end au Centro Cultural Torquato Tasso à guichets fermés pour les deux premières semaines, les 6, 7, 13 et 14 mai 2016.

Ce seront très certainement des soirées bien colorées pour ce qu'il en sera de la militance. On ne risque pas d'y voir beaucoup d'électeurs de la majorité. Les places ont été épuisées avant même que la salle n'envoie ses newsletters pour annoncer l'événement !

Par ailleurs, la chanteuse María Graña et l'auteur-compositeur interprète Acho Estol sont eux aussi au programme du Torquato Tasso, ce soir pour elle et demain soir pour lui.

Très beau programme, soit dit en passant et toutes considérations politiques mises à part !

Ajout du 5 mai 2016 :
lire l'interview de Victor Heredia, à l'occasion de ce retour sur scène, parue ce matin en une des pages culturelles de Página/12 (ci-dessous)




Ajout du 13 mai 2016 :
lire l'interview de Teresa Parodi dans Página/12 à l'occasion de ce retour sur scène au milieu des missions de parlementaire continentale (UNASUR)

dimanche 14 février 2016

Manifestation d'artistes contre le gouvernement [Actu]

Photo Télam

A l'appel de quelques artistes et intellectuels de l'opposition, une foule importante s'est rassemblée dans le Parque Saavedra, dans l'ouest de la ville de Buenos Aires, pour vivre une manifestation sous le sceau de la joie, du travail et de la liberté, pour contester les décisions prises par le nouveau Gouvernement. Il s'agissait de réfléchir ensemble à travers l'art, la chanson et la poésie. Tous voulaient témoigner des avancées sociales et politiques accomplies pendant les trois mandats précédents, comme la liberté de manifester sans peur (malgré les deux incidents gravissimes à La Plata et dans un bidonville de Buenos Aires, où les forces de l'ordre ont tiré des balles de caoutchouc contre des manifestants causant des blessures superficielles mais mais des blessures qu'il a tout de même fallu soigner et qui ont entraîné des arrêts médicaux). Ils ont promis d'être des vigies, des gardes jaloux des droits ainsi acquis pendant les douze dernières années.

En plus de la musique à laquelle a contribué une vingtaine d'artistes qui représentaient tous les genres populaires, il y a eu des lectures de grands auteurs nettement inscrits à gauche, comme Julio Córtazar, Eduardo Galeano ou les poètes Juan Guelman et Mario Benedetti...

Cette fois-ci, la manifestation a fait le plein comme le montre la photo de Télam, ce qui n'était pas, loin de là, le cas de tous les appels lancés en décembre et en janvier. Maintenant le carnaval est passé (en tout cas pour les quatre jours traditionnels qui précèdent le mercredi des Cendres, il continue tous les week-ends), la rentrée se prépare. Elle aura lieu dans deux semaines.

Plusieurs personnalités politiques kirchneristes se sont jointes aux manifestants parmi lesquelles l'ancien ministre de l'Economie Axel Kiciloff, l'ancien titulaire de la défunte AFSCA (la haute autorité de l'audiovisuel ou ce qui en tenait lieu), Martín Sabbatella, l'ancien président de Aerolineas Argentinas, tous deux ex-candidats à la députation, le député Wado de Pedro, l'ex-candidat à la vice-présidence, Carlos Zannini, l'ex-ministre de la Culture (et musicienne chamamista) Teresa Parodi et l'ancien ministre du travail, Carlos Tomada.

Le plus médiatique des artistes présents n'était autre que le rockeur engagé Fito Páez, qui a clôturé la journée par un tour de chant.

Il est à noter que Télam s'est fait l'écho de l'événement, ce qui semble indiquer que la mise au pas idéologique de l'agence de presse (1), dénoncée par quelques agitateurs de l'opposition, n'a pas eu lieu mais que l'agence s'achemine bien vers une ligne éditoriale authentiquement pluraliste, selon les consignes officielles données par le nouveau gouvernement dès sa prise de fonction. La Nación y consacre ce matin un entrefilet et Página/12 -cela n'étonnera personne- publie un long article sur le sujet dans ses pages politiques.

Pour aller plus loin :


(1) Cependant les anciens responsables de l'agence sont actuellement dans le collimateur de la justice. Des perquisitions ont eu lieu récemment à leur domicile.

jeudi 9 juillet 2015

Forum pour une nouvelle Indépendance à Tucumán [Actu]


Le Secrétariat d'Etat pour la Coordination de la Pensée nationale, qui dépend du Ministère de la Culture, vient d'organiser à San Miguel de Tucumán, cité où fut déclarée l'indépendance nationale le 9 juillet 1816, un forum pour une nouvelle indépendance nationale et latino-américaine. Il s'agit de penser l'Argentine dans son continent sur le plan politique, social et culturel alors que, depuis 1860 au moins, le pays a tâché de se concevoir comme extérieur à son continent, comme européen plus qu'américain. La tenue de ce forum fait partie de ce que ce gouvernement considère être la récupération par l'Argentine des moyens de son existence comme pays souverain et singulier, laquelle passe par une réflexion culturelle autant sinon plus que par toutes les mesures matérielles.

De nombreux intellectuels ont participé à ces rencontres pluridisciplinaires qui ont été conclues par le secrétaire d'Etat, le sociologue Ricardo Forster, et la ministre, la musicienne Teresa Parodi.

Le quotidien Página/12 a suivi les débats, qui préludent à l'année du Bicentenaire de Tucumán, qui se prépare d'ici douze mois, le tout au moment où la province et le pays sont en pleine ébullition électorale. Le forum n'a pas été organisé sans raison cette année (1).

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 aujourd'hui : une interview de Ricardo Forster qui est en une des pages culturelles
lire l'article de Página/12 sur les documents issus du forum
lire la dépêche de Télam sur la contribution de la ministre
visionner le reportage de Télam sur les débats
lire l'article de El Siglo, un quotidien régional de Tucumán.


(1) Etant bien entendu que de toute manière, la nomination de Teresa Parodi s'est faite trop tard l'année dernière pour organiser un tel événement en 2014. Et à la fin de l'année, il est probable que la chanteuse retrouvera sa guitare après l'arrivée d'un nouveau président.

mercredi 27 mai 2015

Grande interview de Teresa Parodi au lendemain des fêtes du 25 de Mayo [Actu]

La semaine dernière, les Fiestas Mayas, comme les Argentins les appellent depuis 1813, ont rassemblé un peu partout en Argentine et en particulier dans la capitale fédérale, Buenos Aires, de grandes foules joyeuses et participatives. Las Fiestas Mayas, ce sont depuis un peu plus de deux cents ans les réjouissances patriotiques qui marquent l'anniversaire de la Révolution de Mai et l'abolition de la vice-royauté dans le pays. Cette année, parce que c'était les dernières Fiestas Mayas présidées par Cristina de Kirchner, en sa qualité de Chef d'Etat du moins, et les premières depuis l'instauration d'un ministère de la Culture à part entière, sous l'autorité de l'auteur-compositrice interprète Teresa Parodi, grande représentante du chamamé, cette semaine festive a été très brillante et très mobilisatrice. Ce succès est d'autant plus significatif que Cristina de Kirchner se tire indemne d'une des pires attaques dont elle ait été la cible depuis sept ans et demi qu'elle occupe la présidence de la Nation, une affaire qui aurait pu ruiner son image, son crédit et sa carrière si elle n'avait été cousue de fil blanc, le scandale à tiroirs qui a surgi le 18 janvier 2015 lorsqu'on a retrouvé le corps sans vie du procureur Alberto Nisman dont tout tend à présent à penser qu'il a été le jouet ou le complice de lobbies affairistes nord-américains (animés par le financier Paul Singer), qu'il était un magistrat corrompu et qu'il s'est probablement donné la mort, pour des motifs qui restent obscurs, le 18 janvier vers midi, seul dans son appartement d'un très luxueux immeuble du quartier bling-bling de Puerto Madero.


Deux jours après la fête nationale du 25 mai, la rédaction de Página/12 obtient une interview de la ministre, avec laquelle le quotidien a une longue relation puisqu'elle était fréquemment dans ses colonnes pour ses disques et ses concerts avant sa nomination gouvernementale.
L'entretien a eu lieu hier, au lendemain de la clôture des festivités.

Extraits :

¿Qué lectura política hace de los acontecimientos de la semana que pasó?
La convocatoria del 25 de Mayo es una de las más grandes que se vio en los últimos tiempos y significó un fuerte apoyo a este proyecto. La gente salió a festejar la fecha patria, pero también a dar un mensaje clarísimo de respaldo a la Presidenta. La apertura del centro de la memoria en lo que fuera la ESMA es algo maravilloso y con un peso político tremendo que se empareja a otras medidas que tomó este gobierno. La devolución del sable de San Martín, con el desfile de granaderos, acompañados por niños y familias, muestra lo que cambió la relación de nuestra sociedad con la historia, que ahora se puede ver desde otro lugar y recuperar a los héroes de nuestro país, que son un espejo para los niños. Imaginate lo que va a ser en el futuro un país conducido por estas generaciones, con esta nueva manera de mirar la historia y la patria. Es una transformación profundísima. La inauguración del centro Kirchner habla de inclusión y de una manera de pensar el Estado, salvaguardando la cultura y abriéndola al pueblo. Por último, el encuentro del pueblo con la Presidenta, que fue como un Cabildo abierto en el que ella habló cara a cara con todos nosotros y nos dijo a todos que es nuestra responsabilidad la continuidad del proyecto. Fue emocionante el silencio con el que el pueblo en las calles escuchaba sus palabras.
Página/12

- Quelle lecture politique faites-vous des événements de la semaine dernière ?
- La mobilisation du 25 mai est l'un des plus importantes qu'on ait vues ces derniers temps et montre un appui fort à notre politique. Les gens sont venus célébrer la fête nationale mais aussi envoyer un message hyper-clair pour soutenir la Présidente. L'ouverture du centre pour la mémoire (1) dans ce qui fut l'ESMA est quelque chose de merveilleux et qui a un terrible poids politique qui va avec d'autres mesures prises par ce gouvernement. Le retour du sabre de San Martín, avec le défilé des Grenadiers, accompagnés par des enfants et des familles, montre ce qui a changé dans la relation de notre société avec l'histoire (2), qu'on peut aujourd'hui voir avec un autre point de vue pour nous réapproprier les héros de notre pays, qui sont un miroir pour les enfants. Imagine ce que sera dans le future un pays mené par ces générations, qui ont cette nouvelle manière de voir l'histoire et la patrie. C'est une transformation très profonde. L'inauguration du Centre Kirchner (3) parle d'intégration sociale et d'une manière de penser l'Etat, en préservant la culture et en l'ouvrant au peuple. Enfin, la rencontre du peuple avec la Présidente, qui a été comme un Cabildo abierto (4) au cours duquel elle a parlé face à face avec nous tous et elle nous a dit à tous que la continuité de cette politique est de notre responsabilité. C'était émouvant le silence dans lequel le peuple dans les rues [alentour] écoutait ses paroles.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

Le journaliste la questionne sur le Centro Néstor Kirchner et la nature du projet culturel qui y préside.

Si bien la magnitud del proyecto fue reconocida, aparecieron planteos sobre la pertinencia de una obra de esta magnitud.
La cultura es una inversión, como la educación, como la salud. Es importante que la Argentina cuente con un espacio como éste. Los argentinos se lo merecen. Es un lugar para el común de la gente, que llama al pueblo a adueñarse del espacio. Nuestra gestión está pensada en ese sentido, con la idea de mostrar la diversidad de la cultura argentina, pero también de que todos puedan disfrutar de la misma forma de esta cultura.
Página/12

- Si la taille du projet a bien été reconnu, on a entendu des questions sur la pertinence de travaux de cette taille.
- La culture est un investissement, comme l'éducation, comme la santé. C'est important que l'Argentine dispose d'un espace comme celui-ci. Les Argentins le méritent bien. C'est un lieu pour le commun des mortels, que invite le peuple à s'approprier l'espace. Notre politique est pensée dans ce sens, avec l'idée de montrer la diversité de la culture argentine mais aussi celle que tous puissent profiter de la même manière de cette culture.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

También se le cuestiona una aproximación demasiado “partidaria”.
El centro Pompidou en Francia se comenzó a construir cuando Georges Pompidou todavía gobernaba ese país y nadie lo cuestiona. Acá se decidió ponerle al centro cultural el nombre del hombre que recuperó un edificio, el del Correo Central, que estaba abandonado; que decidió ponerlo en valor, porque el edificio en sí mismo es una obra de arte. Y además decidió abrirlo para todos, hacerlo verdaderamente democrático, lo que me parece un hecho extraordinario. Cuestionar eso está en las antípodas de lo que planteamos. Cuando se reabrió el Teatro Colón no escuché ningún artículo que saliera a cuestionar lo que costó o si valía la pena hacerlo. El Colón es un orgullo para los argentinos, este nuevo espacio que se abre para todos también es un orgullo. Tener el centro cultural más grande de América latina y el tercero del mundo es algo importantísimo. Allí vamos a poder desarrollar todas nuestras formas expresivas y dejar un lugar para todos, que universaliza el derecho al acceso a la cultura.
Página/12

- On a aussi critiqué une approche trop "partisane".
- Le Centre Pompidou en France a commencé à être construit alors que Georges Pompidou gouvernait encore le pays et personne n'a rien critiqué (5). Ici, on a décidé de donner au centre culturel le nom de l'homme qui a réintégré [dans le patrimoine national] un bâtiment, celui du Correo Central, qui était abandonné, qui a décidé de le mettre en valeur, parce que le bâtiment lui-même est une œuvre d'art. En outre, il a décidé de l'ouvrir à tous, de le rendre vraiment démocratique, ce qui me paraît un fait extraordinaire (6). Critiquer cela c'est aux antipodes de notre démarche. Quand le Teatro Colón a rouvert ses portes, je n'ai pas vu d'article qui mettait en cause ce que ça avait coûté ni si ça valait la peine de le faire. Le Colón est une fierté pour les Argentins, ce nouvel espace qui s'ouvre pour tous est aussi une fierté. Avoir le centre culturel le plus grand d'Amérique latine et le troisième du monde est quelque chose de très important. Là nous allons pouvoir développer toutes les formes d'expression et laisser un espace pour tous qui universalise le droit de l'accès à la culture.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

¿Cómo ve la continuidad de estos proyectos más allá de diciembre?
Yo creo que el proyecto político que vivimos ahora va a continuar. No lo creo alegremente, sino porque el pueblo se ha apropiado de los derechos que ganó, de las políticas que lo incluyeron, de las políticas que profundizan esta transformación de la Argentina en estos años. Lo vemos todo el tiempo en el pueblo y eso garantiza la continuidad de las políticas a futuro. Creo que esto va a continuar y que el Centro Cultural Néstor Kirchner y que el Ministerio de Cultura van a quedar de tal manera en el corazón de la gente que va a haber una continuidad natural. No puedo creer que haya alguien que quiera cerrar un espacio como éste. La alegría que significó para todos la apertura de ese espacio no se puede volver atrás, como no se pueden volver atrás con tantos logros que tuvo el pueblo argentino estos años. Vamos a dejar tan sembrado con políticas concretas este lugar, que la continuidad va a caer de madura. Es un proceso imposible de detener, la misma gente lo va a defender. Anoche la Presidenta fue muy clara, somos nosotros los garantes de que esto siga.
Página/12

- Comment voyez-vous la suite de ces projets au-delà du mois de décembre ? (7)
- Moi, je crois que le projet politique que nous vivons maintenant va continuer. Je ne le crois pas béatement mais parce que le peuple s'est approprié les droits qu'il a gagnés, les politiques qui intègrent les gens, les politiques qui approfondissent cette transformation de l'Argentine ces dernières années. Nous le voyons tout le temps dans le peuple et c'est là la garantie que cette politique continuera dans le futur. Je crois que tout cela va continuer et que le Centro Cultural Néstor Kirchner et que le ministère de la Culture vont s'installer de telle manière dans le cœur des gens qu'il y aura une suite naturelle. Je ne peux pas croire qu'il y ait quelqu'un qui veuille fermer un espace comme celui-ci. La joie qu'a représenté pour tous l'ouverture de cet espace ne peut pas permettre un retour en arrière, comme on ne peut pas retourner en arrière après toutes ces réussites des dernières années pour le peuple argentin. On va laisser des politiques concrètes semées partout à cet endroit que la suite va tomber comme un fruit mûr. C'est un processus impossible à arrêter, les gens eux-mêmes vont le défendre. Hier soir, la Présidente a été très claire, c'est nous les garants de la suite de tout ça.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

Pour lire l'intégralité de l'entretien, cliquez sur le lien.


(1) Un centre culturel inauguré le 18 mai, en ouverture des Fiestas Mayas, sur le campus de l'ancienne école de la Marine ESMA, qui avait servi de centre de détention et de torture pendant la dernière dictature militaire. L'ex-ESMA accueille désormais des espaces culturels consacrés à la démocratie, aux droits de l'Homme, à la liberté d'expression, etc.
(2) Elle a parfaitement raison ! Il faut dire qu'elle est correntine, native de la même province que San Martín, et que le personnage ne peut lui être indifférent, même si la seule manifestation officielle à caractère national à son égard depuis qu'elle est ministre. Les fêtes du Bicentenaire entamées à Mendoza en août dernier sont une initiative du gouverneur de la province andine.
(3) Une autre inauguration de la semaine passée : le plus vaste centre culturel du sous-continent, consacré à l'intégration sociale et installé dans l'édifice historique du Correo Central, près du vieux port de Buenos Aires.
(4) Sous l'Ancien Régime, on appelait Cabildo Abierto une réunion de notables convoqués à l'hôte de ville (cabildo) pour prendre une décision urgente quand les autorités politiques légitimes n'avaient matériellement pas la possibilité ou le temps de donner leurs ordres. La Révolution de Mai a commencé le 22 mai 1810 au cours d'un Cabildo Abierto. C'est à cet événement devenu épique dans la mémoire populaire argentine que la ministre fait allusion ici. 
(5) Elle ne parle évidemment pas d'architecture ici. Elle ignore complètement la dispute esthétique qui a entouré l'édification de Beaubourg et qui continue à exister dans Paris. Elle ne parle que du fait de donner le nom d'un président à un centre culturel consacré à la culture contemporaine.
(6) Là encore, elle émet une évidence. La préservation du patrimoine n'est pas un fait courant jusqu'en 2003 et encore moins sa mise à disposition du public.
(7) Le 10 décembre aura lieu la passation de pouvoir entre la Présidente et son successeur ainsi que les passations entre les gouverneurs sortants et les nouveaux élus.

vendredi 27 mars 2015

Premier festival de Poésie à Tecnópolis jusqu'à dimanche [à l'affiche]


Depuis hier et à la suite de la manifestation du début de la semaine, Encuentro de la Palabra, se tient à Tecnópolis, dans la petite ceinture de Buenos Aires, un festival de la poésie conjointement organisé par les ministères de la Culture et de l'Education du gouvernement fédéral.

Sous le titre "Le pays a besoin d'ingénieur mais il a aussi besoin de poètes", Página/12 publie à ce titre une interview croisée des deux ministres, Teresa Parodi à la culture et Alberto Sileoni à l'Education, deux spécialistes reconnus chacun dans son domaine. La collaboration interministérielle n'est pas très fréquente en Argentine. Une telle interview vaut donc le détour, d'autant que les valeurs qu'elle met en avant renoue avec le projet d'Argentine qui était celui des révolutionnaires de 1810, qui voulaient joindre les savoirs, les techniques et l'art pour construire le pays à naître sur les ruines de l'empire colonial.

Les deux ministres sur la une des pages culturelles de Página/12

C'est ce défi de l'affirmation culturelle nationale que tâchent de relever les deux ministres, non sans courage et originalité, avec ce festival qui propose la poésie aux petits et aux grands, depuis hier jeudi, 26 mars, jusqu'à dimanche soir, 29 mars 2015, avec conférences, lectures publiques, ateliers poésie-dessin, ateliers d'écriture, lancement d'un réseau national de poésie (Red Federal de Poesía)...



Pour connaître le programme complet, se reporter au site Internet du ministère de la Culture.

Pour en savoir plus :
lire l'interview ministérielle dans Página/12
lire l'article de La Nación sur le boom de la poésie, la petite dernière du MICA (marché des industries culturelles argentines), un organisme géré par le Ministère de la Culture pour l'ensemble du pays.