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jeudi 14 février 2019

Troisième Festival Tango Esencia à Buenos Aires [à l’affiche]

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Cet après-midi, 14 févier 2019, et pour cinq jours, jusqu’au 18 février, c’est un nouveau festival de tango de la Ville Autonome de Buenos Aires qui se déploie sur plusieurs lieux dans la capitale argentine.




Cette fois, il s’agit surtout de danse et c’est souvent payant. C’est qu’on est pendant les vacances, que Buenos Aires est plein de touristes (de l'hémisphère sud surtout, et de l'hémisphère nord, pour ceux qui en ont les moyens) et qu’il s’agit de "faire du tango le soja de la ville", selon le mot odieux qu’a eu un jour Mauricio Macri quand il était le chef du Gouvernement portègne… Quand on sait le mal que fait le soja en Argentine, sur le plan social, humain et environnemental, il y a de quoi trembler quand on voit de tels festivals se développer. Mais bon ! Pour le moment, les musiciens invités sont excellents et pas nécessairement à la botte de la majorité municipale : le chanteur et compositeur Guillermo Fernández, le pianiste et compositeur Cristián Zárate, le violoniste et chef d’orchestre Pablo Agri, le bandonéoniste Nicolás Enrich, la violoncellistes Karmen Rencar, le guitariste Fabián Falabella et le contrebassiste Roberto Tormo.



En ce qui concerne les danseurs, vous voyez vous-même que l’accent es mis sur le tango de scène, le plus spectaculaire et le plus inaccessible au commun des mortels…



Pour aller plus loin :
consulter la page Facebook de la manifestation.

Ajout du 17 février 2019 :
lire cet article de La Prensa, du 14 février 2019

vendredi 10 mars 2017

Piazzolla au CCK [à l'affiche]


Pour les vingt-cinq ans de la mort de Astor Piazzolla, le Centro Cultural Kirchner (CCK) s'offre le grand jeu à partir de demain et jusqu'à la fin du mois de mars. Une exposition de photos, d'objets personnels, d'enregistrements sonores et cinématographiques, de partitions, qui s'ouvre demain, se tiendra du mercredi au dimanche et les jours fériés, de 13h à 20h, avec entrée libre et gratuite.

Une série de concerts est également offerte, pour laquelle il faut retirer son entrée à l'avance, de 12h à 18h, au CCK, Sarmiento 151, à partir du mardi précédent la soirée.

Au programme :
samedi 11 mars 2017, une reconstitution de la rencontre entre Piazzolla et Gary Burton, intitulée Vibraphonissimo, avec, entre autres, Nicolás Enrich au bandonéon et Cristian Zárate au piano, à 18h, en Sala Argentina
et à 20h, dans la Sala Sinfónica, le Quinteto Fundación Astor Piazzolla
dimanche 12 mars 2017, on recommence avec le bandonéoniste Walter Ríos en Sala Argentina à 18h et la Orquesta de Cuerdas, avec le bandonéoniste Néstor Marconi, le chanteur Jairo, le pianiste Nicolás Guerschberg et le violoniste Pablo Agri, en sala Sinfónica à 20h.

Le 26 mars, ce sera un hommage au violoniste de Piazzolla, Fernando Suárez Paz, par son fils, Leonardo, au même instrument, à 18h, en Sala Argentina.

Pour plus d'informations, il faut se reporter à la présentation de la manifestation sur le site Internet du CCK.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12, qui contient une grosse erreur. Piazzolla est mort le 4 juillet 1992 et non pas le 4 mars (il était né le 11 mars 1921, à Mar del Plata).

mardi 23 février 2016

Le trio Pereiro-Enrich-Reinaudo revient à La Trama [à l'affiche]


Comme la semaine dernière, le trio tanguero se produira demain, mercredi 24 février 2016, à La Trama, à 21h30.

La Trama est située dans le quartier de Monserrat. C'est un café culturel qui offre aux artistes un espace pour se produire et rencontrer le public comme il y en a dans de très nombreux quartiers de la capitale argentine.

mardi 16 février 2016

Le trio Pereiro-Enrich et Reinaudo reprend à La Trama [à l'affiche]


Le trio que nous connaissons bien (pour ce qui est des fidèles lecteurs de Barrio de Tango) reprend le collier avec un concert demain, mercredi 17 février 2016, à 21h30 à La Trama, un café qui accueille de la musique le soir à Monserrat, dans la rue México au numéro 1500...

Très bons musiciens.

mardi 8 décembre 2015

Julián Hermida présente son nouveau disque à Caras y Caretas [Disques & Livres]


Le guitariste et compositeur Julián Hermida et son quintette présenteront jeudi 10 décembre 2015, à 21h, leur nouveau disque, au Centre culturel Caras y Caretas, Sarmiento 2037, dans le quartier de Balvanera.

Le groupe se compose de Julián Hermida lui-même, qui en assure la direction musicale et artistique, du bandonéoniste Nicolás Enrich, du contrebassiste Pablo Motta, du pianiste Matías Feigin et du violoniste César Rago.

Les places seront en vente sur place le soir même à 150 $ ARG.
Si vous les achetez d'avance, il ne vous en coûtera que 130 $ ARG.

Le musicien possède une page Facebook.
Il avait aussi un site Internet mais il n'est pas mis à jour depuis un bon moment.

Ajout du 9 décembre 2015 :
lire l'article de Página/12.

vendredi 17 juillet 2015

Le saxo et le tango : un nouveau disque de Jorge Retamoza [Disques & Livres]


Jorge Retamoza est un saxophoniste, arrangeur et compositeur de tango. Il vient de sortir un nouveau disque, intitulé Colores de Otoño. Il le présentera prochainement à Notorious, avenida Callao, 966, les jeudis 23 et 30 juillet 2015, à 21h.

Entrée : 150 $ ARG (comptez le repas en plus, Notorious est aussi un restaurant, et plutôt pas mal si ça n'a pas changé depuis mon dernier passage... Ils proposaient en particulier une assiette de dégustation de fromages et charcuteries vraiment excellente, ce qui n'est pas si fréquent à Buenos Aires pour les palais européens, notamment de la zone francophone -France, Suisse, Belgique- pays où ces produits bénéficient d'une grande et très longue tradition).

Le 13 juillet dernier, le musicien a été reçu au micro de RAE, la station internationale de Radio Nacional, qui, soit dit entre parenthèse (1), attend toujours qu'on lui réaffecte un studio en bonne et due forme après la réfection de son studio historique, affecté à un autre service une fois modernisé ! Et c'est Leonardo Liberman qui l'a interviewé pour l'émission en espagnol. L'interview est en ligne sur le blog de RAE et sur celui du journaliste, où elle peut être téléchargée gratuitement pour une écoute à volonté...


Le disque a été produit par PAI Records et enregistré dans le grand studio portègne, Ion.
Participe à l'album outre Jorge Retamoza au saxophone baryton, les bandonéonistes Nicolás Enrich et Matias Rubino, les pianistes Gastón Harisquiry et Alejandro Kalinosky et le contrebassiste Roberto Seitz.

Le 23 juillet, Jorge Retamoza invite à se joindre à son quatuor le violoniste Javier Weintraub et le batteur Daniel Míguez. Le 30 juillet, l'invité sera le guitariste Julián Graciano.

Pour en savoir plus :
écouter l'interview et lire la présentation sur le blog de RAE ou El Mirador Nocturno (blog de Leonardo Liberman)
lire la présentation assurée par le blog Medios Habiles et sur le journal Cinco Días
lire également l'entrefilet paru dans l'hebdomadaire Veintitres.

Ajout du 29 juillet 2015 :
lire la critique de Página/12 sur la présentation de ce disque.


(1) A ce sujet, vous pouvez consulter la page Facebook que les travailleurs de Radio Nacional ont créée pour alerter le public sur l'absurdité de la situation de la chaîne.

Le trio Pereido, Reinaudo, Enrich à La Trama ce soir [à l'affiche]

Ce vendredi 17 juillet 2015, à 23h30, à La Trama, México 1500, à Monserrat, première soirée pour un nouveau trio composé de Miguel Pereiro au piano, Nicolás Enrich au bandonéon et Hernán Reinaudo, à la guitare.

Au répertoire tangos classiques, tirés du répertoire, et morceaux originaux.


Nicolás Enrich est un bandonéoniste que l'on commence à repérer un peu partout et Hernán Reinaudo est réputé pour être l'un des meilleurs guitaristes de la musique urbaine actuelle à Buenos Aires. Je n'ai encore jamais entendu Miguel Pereiro sur scène mais vu l'heure et le lieu, il doit s'agir d'un très bon pour que les deux autres aient voulu qu'il les rejoigne. A cette heure-là et dans un lieu aussi confidentiel que La Trama, ce n'est pas de la musique à touristes ! A découvrir donc, à n'en pas douter.

mardi 19 mai 2015

Le dúo Reinaudo-Enrich samedi au Teatro Sergio Souza [à l'affiche]


Le bandonéoniste Hernán Reinaudo et le guitariste Nicolás Enrich, tous deux compositeurs et arrangeurs, sont les prochains invités du cycle Tangos del Siglo XXI au Teatro Sergio Souza, Rivadavia 1180, samedi 23 mai 2015, à 23h.

Entrée : 80 $ ARG.

Pour en savoir plus sur les artistes, cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

mercredi 16 juillet 2014

Beau concert en perspective au Almagro Tango Club [à l'affiche]


D'un côté le duo Enrich (bandonéon) et Reinaudo (guitare), de l'autre le quintette La Grela, ce samedi soir, 19 juillet 2014, à 21h30, Medrano 688 dans le quartier Almagro...

Un prix très raisonnable pour tant d'artistes : 70 $ (ARG) de droit au spectacle.

Prévoir les consommations en plus.

Pour en savoir plus sur les artistes, cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus pour accéder à l'ensemble des articles déjà parus à leur sujet dans ce blog.

jeudi 3 juillet 2014

Trio d'enfer au Torcuato ce soir et jeudi prochain [à l'affiche]

Le bandonéoniste Julio Pane, le guitariste Hugo Rivas et le chanteur Cucuza Castiello se présenteront ce soir, 3 juillet 2014, à 22h, et jeudi prochain, le 10, au Centro Cultural Torquato Tasso, Defensa 1575, à San Telmo, devant le Parque Lezama.

Ils ont invité ce soir la chanteuse Sandra Luna, qui sera accompagnée par Pablo Valle et Nicolás Enrich.

Entrée à 100 $ au guichet.

Réservation anticipée : 80 $ ARG (mais mes activités d'hier et d'avant-hier à Toulouse m'ont empêchée de publier l'info à temps pour que ce soit utile).


Pourvu qu'il  n'y ait pas de match de l'Argentine la semaine prochaine. Cucuza aime trop le football ! Il est vrai qu'à cette heure, le sort en sera jeté depuis quelques minutes au moins...

mardi 8 avril 2014

Hernán Reinaudo Trío au Tasso demain [à l'affiche]

Le guitariste Hernán Reinaudo, le bandonéoniste Nicolás Enrich et le contrebassiste Patricio Cotella présenteront demain un avant-goût de leur futur disque, qui mêle, dans des compositions originales, des influences de jazz, de musique contemporaine et de flamenco à leur vocabulaire tanguero d'origine.

Ce sera mercredi 9 avril 2014, à 22h, au Centro Cultural Torquato Tasso, Defensa 1575, à San Telmo.

Entrée : 60 $ (ARG)


La chanteuse Patricia Fernández partagera cette soirée avec eux : elle aussi présentera son nouveau CD, intitulé Gota de Lluvia. Elle sera accompagnée à la guitare par Hernán Reinaudo.

mercredi 4 septembre 2013

Le Trio Reinaudo ce soir au CCC [à l'affiche]


Ce soir, mercredi 4 septembre 2013, au CCC Floreal Gorini, Corrientes 1543, sala Osvaldo Pugliese, à 20h30, le Reinaudo Trío présentera son récital, avec comme artiste invité rien moins que le chanteur Guillermo Fernández.

Quelle affiche !

Hernán Reinaudo, guitare
Patricio Cotella, contrebasse
Nicolás Enrich, bandonéon.

Entrée : 40 $.

mardi 23 juillet 2013

Une belle brochette de musiciens vendredi à Salta y Resto [à l'affiche]


Ce sera vendredi 26 juillet 2013 à 21h, au restaurant Salta y Resto (1), Salta 755, dans le sud de l'historique quartier de Monserrat, que le guitariste et compositeur Hernán Reinaudo présentera son trio, en compagnie du chanteur Juan Martín Di Salvo, accompagné par Carlos Piri Delgado à la guitare.

Les deux Hernán interprétant ensemble Los cosos de al lao,
"Cucuza" Castiello le chanteur et Reinaudo le guitariste.

Hernán Reinaudo interprétera des nouveautés avec Nicolás Enrich au bandonéon et Patricio Cotella à la contrebasse.

Quant à Di Salvo, il apportera à la soirée tout un répertoire issu du folclore argentin. Se joindra à lui une belle voix du tango actuel, le chanteur Hernán Lucero, en qualité d'invité.

Droit au spectacle : 60 $ (comptez le repas en plus mais le tout doit rester très raisonnable).



(1) Un jeu de mot sur une figure de jeu de cartes qui s'appelle "Falta y Resto". Salta est une ville du nord-ouest argentin, tout près de la Bolivie. Ah, l'humour portègne, on ne s'en lasse pas !

mercredi 10 juillet 2013

Le Dúo Enrich Reinaudo partage la scène avec Pablo Budini [à l'affiche]

Jeudi prochain, 11 juillet 2013, à 21h, à Circe, Córdoba 4335, à Palermo, le guitariste mendocin Pablo Budini, originaire de la ville (argentine) de Maipú, se produira avec un répertoire de cuecas, zambas et gatos (musique de sa Province natale de Mendoza) et des morceaux de sa propre composition.

Au cours de la même soirée, le duo Hernán Reinaudo (guitare) et Nicolás Enrich (bandonéon) joueront un répertoire de tangos de leur composition et de classiques dans des arrangements originaux, où ils travaillent les influences croisées du jazz, de la musique classique et du flamenco.

Entrée : 40 pesos.

vendredi 28 septembre 2012

Néstor Tomassini ce soir au Viejo Mercado [à l'affiche]



Le quintette exceptionelllement formé par le compositeur et clarinettiste Néstor Tomassini, le guitariste et compositeur Hernán Reinaudo, le chanteur Fabián Rodríguez (Néstor Tomassini travaille très peu avec les chanteurs), le bandonéoniste Nicolás Enrich et le contrebassiste Patricio Cotella donneront ce soir, vendredi 28 septembre 2012, à 21h, un concert au théâtre El Viejo Mercado, Lavalle 3177, dans le quartier de El Abasto.

Un répertoire d'hommage à tous les grands artistes de la musique de tango et de la musique rioplatense plus généralement... Cela devrait valoir le déplacement !

vendredi 3 juin 2011

Pablo Aslan réhabilite des enregistrements reniés par Piazzolla [à l'affiche]

Le contrebassiste argentin, installé à New-York, Pablo Aslan, joue ce soir, vendredi 3 juin 2011, à 21h30, au Notorious Bar, Callao 966, dans le sud du quartier de Recoleta, cette partie de la ville, qui chevauche plusieurs quartiers et qu'on appelle communément à Buenos Aires Barrio Norte.


Comme hier à la même heure, il présentera son nouveau disque, Tango Grill, alors qu'il est en plein enregistrement d'un autre album où il rend une forme d'hommage à Astor Piazzolla, dont il reprend des morceaux que le Maestro enregistra en 1959 à New-York, sous une forme commerciale qu'il renia ensuite (1). Il n'aimait pas ce disque, et il était loin d'avoir complètement tort.

Ces deux soirs, au Notorious, Pablo Aslan sera entouré de Abel Rogantini (piano), Gustavo Bergalli (trompette), Nicolás Enrich (bandonéon) et Daniel "Pipi" Piazzolla (batterie), le petit-fils du compositeur qui mène, quant à lui, une carrière de musicien de jazz... à Buenos Aires et en Argentine, à la tête du groupe Escalandrum. A coup sûr, il y aura bien ce soir dans la salle une bonne âme pour venir l'ennuyer comme toujours après le concert avec de pseudo-anecdotes sur Astor (voir mon article du 22 mai 2011 sur l'interview que Pipi Piazzolla a donnée récemment au quotidien Página/12 à l'occasion de la sortie de son propre disque, autre hommage au grand-père en question).

Tango Grill, traduction littérale en anglais de l'expression argentine Tango a la parilla (2), comporte un certain nombre de classiques du répertoire comme Viejo Smoking, El Amanecer, El Marne, La Trampera, Dandy et Divina. C'est cette sélection qu'on entend hier et ce soir au Notorious, dans des arrangements de Aslan lui-même. Pour ce disque, il a fait appel à quelques grands du tango actuel comme le bandonéoniste Néstor Marconi, le pianiste Nicolás Ledesma et le violonniste Ramiro Gallo, ex-Arranque.

A l'occasion de son passage à Buenos Aires, le contrebassiste a accordé une interview à Página/12 sur ce prochain album de reprises piazzolliennes et cet étrange sentiment de décalage que ressentent la plupart des musiciens argentins vivant à l'étranger dès qu'ils veulent jouer, dans leur pays d'adoption, la musique de leur pays.

“Por un lado es cierto que con ‘Oblivion’ o ‘Milonga del ángel’ es difícil hacer algo nuevo. Pero, hablando un poco más en serio, me resultaban sumamente atractivas esas grabaciones de las que Piazzolla renegó pero que son, sin duda, el eslabón inevitable antes del quinteto que forma en 1960, al regresar de Nueva York. Había, también, una especie de identificación. Me lo imaginaba en esa ciudad donde yo vivo, con mi mujer y mis hijos, a pocas cuadras, con los suyos, unos cincuenta años antes pero con las mismas sensaciones y, también, teniendo que tocar con músicos que no entendían los acentos, el gesto, de la música de acá”.
Pablo Aslan, dans Página/12

D'un côté, c'est sûr qu'avec Oblivión et Milonga del Ángel, c'est difficile de faire quelque chose de neuf. Mais, pour parler un peu plus sérieusement, je les ai trouvés extrêmement intéressants, ces enregistrements parmi ceux que Piazzolla a reniés mais qui sont, sans aucun doute, le maillon incontournable avant le quintette qu'il forme en 1960, à son retour de New York (3). Il y avait aussi une espèce d'identification. Je me l'imaginais dans cette ville où je vis moi aussi, avec ma femme et mes enfants, à quelques centaines de mètres, avec les siens, quelque cinquante années avant mais avec les mêmes sensations et devant lui aussi jouer avec des musiciens qui ne comprennaient pas les accents, le geste de la musique d'ici (4).
(Traduction Denise Anne Clavilier)

“Cada género tiene sus protocolos; en el tango se escribe todo; los arreglos, generalmente, están pautados al detalle. En el jazz lo más importante es el individuo, que alguien, a través de su manera propia e intransferible de tocar algo, exprese su individualidad. No es que el músico de tango no tenga individualidad, desde ya, pero la expresa de una manera muy distinta. El arreglador de jazz trata de poner lo menos posible, para dejar la máxima posibilidad de expresión a los músicos. Y, en este caso, yo intenté hacer lo mismo. Hubo algo de revelación, en ese sentido, cuando tocamos con Paquito en el Lincoln Center. Hicimos ‘Verano porteño’ y lo tomamos como una gran zapada.”
Pablo Aslan, dans Página/12

Chaque genre a son protocole. Dans le tango, on écrit tout. Les arrangements en général sont notés jusqu'au plus petit détail (5). Dans le jazz, le plus important, c'est l'individu, que quelqu'un, à travers sa façon personnelle et non transposable de jouer quelque chose, exprime son individualité. Non pas que le musicien de tango n'ait pas d'individualité, loin de là, mais il l'exprime d'une façon bien différente. L'arrangeur de jazz essaye d'être le plus discret possible, pour laisser la plus grande liberté d'expression aux musiciens. Et, dans ce cas, moi j'ai essayé de faire pareil. Il y a eu quelque chose d'une révélation dans ce sens, quand nous nous sommes produits avec Paquito (6) au Lincoln Center. Nous avons joué Verano Porteño (7) et nous l'avons traité en grand boeuf.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour aller plus loin :

(1) Le disque, qui mélangeait tango et jazz, s'appellait Take me dancing (Fais-moi danser). Le titre, à lui tout seul, raccoleur au possible, devait passablement déplaire au musicien argentin. Ce disque mêle des tangos de Piazzolla, comme Triunfal, sa toute première composition reconnue, et des standards de jazz, comme April in Paris ou Laura, le tout interprété par un ensemble composé d'un bandonéon, d'un piano, d'un vibraphone, d'une contrebasse et d'une guitare électrique, plus d'autres instruments que Aslan lui-même trouve contestables et qui étaient censés, à cette époque-là, donner le son latino, nécessairement exotique aux oreilles de producteurs nord-américains très soucieux de la rentabilité de ce 33 tours (rappelons que dans les années 50 et 60, l'Amérique Latine était considérée par les Etats-Unis comme un sous-continent d'opérette, colonisé et culturellement insignifiant). Dans la version qu'en prépare Aslan, c'est Pipi Piazzolla qui tient la batterie à la place de tous ces hochets dont le contrebassiste a nettoyé les arrangements de Astor Piazzolla.
(2) Tango a la parilla : expression qui désigne en Argentine et singulièrement à Buenos Aires une manière d'improviser ou de jouer sans partition qui est la manière originelle du tango, lorsque des musiciens, qui parfois ne savaient pas lire la musique, inventaient le genre. On a joué traditionnellement a la parilla très longtemps à Buenos Aires, jusque dans les années 30, avant que cette manière de faire ne cède toute à fait la place à une musique aux arrangements totalement écrites (époque qui correspond à peu près à la fondation de la SADAIC (1936), qui reconnaît presque comme des oeuvres originales les arrangements effectués par les musiciens, d'où l'abondance et la variété des arrangements dans la tradition interprétative propre au tango). Puis le jeu a la parilla est revenu à la surface à partir des années 1990 et en particulier dans les années 2000, avec la réappropriation du tango par la jeune génération. La parilla, en langage courant, c'est le grill du barbecue. C'est aussi le nom du restaurant de grillades, notre grill en franglais traditionnel..
(3) Astor Piazzolla a vécu souvent aux Etats-Unis, à New-York, où ses parents ont émigrés en 1926 jusqu'en 1932 puis à nouveau en 1933 jusqu'à fin 1935. Il a donc passé son enfance et une grande partie de son adolescence dans Big Apple. Devenu adulte, il a fait à nouveau de nombreux séjours dans la ville de son enfance, dont il parlait parfaitement la langue et connaissait par coeur la culture, et en particulier le jazz. Le retour, dont il est question dans les propos de Aslan, est un retour vers l'Argentine. En 1975, Piazzolla a quitté durablement l'Argentine pour s'installer à Milan, dont il fit son port d'attache dans une vie de voyages incessants à travers toute la planète ou presque.
(4) Tango Grill a d'ailleurs été enregistré non pas à New-York mais à Buenos Aires. Parce que Aslan ne trouvait pas à New-York les musiciens capables de rendre le caractère argentin de cette musique. C'est d'ailleurs quelque chose que l'on déplore très souvent ici, en Europe, où de très nombreux musiciens se targuent de jouer du tango mais où il y en a très peu qui le fassent bien, avec authenticité et personnalité. La plupart, faute de rien connaître à la culture du tango, passe à côté de l'essentiel ou imitent servilement un modèle argentin, lui-même pas toujours très authentique. Or à ce jeu de l'imitation, les Japonais ont souvent bien plus sûr goût et sont bien plus efficaces que les Européens.
(5) C'est un des points que contestent aujourd'hui de nombreux musiciens de tango par rapport à une expérience comme celle que pouvait avoir Horacio Ferrer, par exemple, précisément en 1960, lorsqu'il écrit la première monographie véritablement historique sur le tango, El tango, su historia y evolución : dès le début il y affirme que l'une des caractéristiques du tango, dans l'univers musical américain, est d'être une musique intégralement écrite. Cette assertion révulse aujourd'hui certains musiciens. Et pourtant elle est vraie, surtout en 1960. Même si aujourd'hui, cinquante ans plus tard, quelques artistes ont retrouvé le chemin de l'improvisation et du boeuf qui montre si bien le lien fraternel que le tango entretient avec le jazz ou d'autres musiques américaines, comme la musique populaire cubaine.
(6) Il s'agit de Paquito D'Rivera, le clarinettiste et saxophoniste de jazz et de musique cubaine, avec lequel Aslan joue souvent aux Etats-Unis. Pipi Piazzolla l'a croisé lui aussi. Voir son interview récemment traitée dans Barrio de Tango.
(7) Verano Porteño est l'un des morceaux (courts) des Quatre Saisons de Astor Piazzolla. Le morceau que Troilo lui-même a enregistré dans cette série. Je vous le signale en passant parce que cette version, dans un arrangement de Piazzolla pensé pour Troilo, veut son pesant de vinyle... Il a d'ailleurs donné son nom à l'album, remasterisé depuis en CD et disponible sur le marché argentin (voir la boutique en ligne de Zivals, Tangostore, dans la rubrique Les commerçants du Barrio de Tango, dans la partie basse de la Colonne de droite de ce blog).

mercredi 27 avril 2011

Le nouveau projet musical de Hernán Reinaudo ce soir au CCC [à l'affiche]


Música de Viajes est le nouveau projet que le guitariste Hernán Reinaudo, qui joue avec tout ce que le tango compte de musiciens (Melingo, Tomassini, Rinaldi, Argañaraz et Cardenal, je vous en passe et des meilleurs !). Il le présente ce soir, 27 avril 2011, à 20h30, au Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini (bien connu de mes fidèles lecteurs), Avenida Corrientes 1543, entouré de Patricio Cotella à la contrebasse, Alberto Villafañe à la percussion et Nicolás Enrich au bandonéon.

Entrée : 30 $.

Música de Viajes (musique de voyages) est un concert de musique originale, où se mêlent les influences du rock, du jazz et du flamenco au fond de tango bien criollo y bien porteño (1) apprécié de Hernán (né à Córdoba mais portègne d'adoption) et ses amis.

(1) Bien criollo y bien porteño : si sud-américain et si bien de Buenos Aires. En fait, il s'agit d'une paraphrase du titre d'une célèbre milonga, Bien criolla y bien porteña....

jeudi 2 décembre 2010

Premier plenario de décembre lundi prochain [à l'affiche]

Le premier plenario de décembre de la Academia Nacional del Tango aura lieu le lundi 6 décembre à 19h30 (entrée libre et gratuite comme d'habitude), au premier étage du Palacio Carlos Gardel, avenida de Mayo 833.

Le tango rituel sera Pasional, de Jorge Caldara et Mario Soto, dans une version vidéo de Rubén Juárez qui nous a quittés au mois de mai dernier (voir mon article du 31 mai 2010 sur ce décès).

La séance académique sera l'occasion de remettre au Maestro José Colángelo son titre d'Académicien d'honneur. Et elle aura pour sujet central la présentation par Ana Jaramillo de son livre, Tango, Tratado de las pasiones (Tango, traité des passions), paru aux Editions de l'Université de Lanús et préfacé par Horacio Ferrer (voir la page du livre sur le site Club-Libro. Prix : 140 $).

L'espace artistique de la soirée sera animé par le Quinteto de Tango de l'Université nationale de Lanús (1), constitué de Nicolás Enrich au bandonéon, Julián Caeiro au piano, Rubén Jurado à l'alto, Nicolás Rossi au violoncelle et Diego Sánchez à la contrebasse (vous remarquerez l'absence notable de violon).

(1) Lanús est une ville de la banlieue sud de Buenos Aires, la banlieue ouvrière et populaire, c'est aussi le chef-lieu du département du même nom. Le chanteur Hernán Genovese en est natif. Le metteur en scène argentin installé en France, Alfredo Arias, aussi.

samedi 23 mai 2009

Jacqueline Sigaut au CCC ce mercredi [à l'affiche]

Photo envoyée par Jacqueline Sigaut

La chanteuse Jacqueline Sigaut présentera son nouveau et 4ème disque, Por que quiero (à quoi bon aimer ou ce pour quoi j'aime), au Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini, dans le cadre du Tango del Miércoles.

Pour l'occasion, elle sera accompagnée de Julian Hermida à la guitare (qui assure les arrangements), Juanjo Hermida au piano et Nicolás Enrich au bandonéon. Elle a aussi invité les compositeurs José Ogivieki et Raúl Luzzi ainsi qu'un couple de danseurs, Laura Venosi et Pablo Etchebaste.

Le show a lieu dans la salle Osvaldo Pugliese, au rez-de-chaussée, tout au fond, à côté de l'espace-caféteria, du siège du CCC, Corrientes 1543, à 21h30. Entrée à 15 $.
La serveuse ou le garçon du bar passera aux tables avant le début du spectacle puisque vous pouvez profiter des services de la caféteria pendant le spectacle (mais vous commandez avant que les artistes entrent en scène...)

Pour aller plus loin :
Ecouter la voix de Jacqueline Sigaut grâce au lien vers son site, dans la Colonne de droite, partie inférieure, rubrique Grillons, zorzales et autres cigales.
Lire l'ensemble des articles de Barrio de Tango sur Jacqueline ou ses invités en cliquant sur les raccourcis à leur nom dans la rubrique Vecinos del Barrio dans la partie haute de la Colonne de droite.
Tous les articles de ce blog concernant le CCC Floreal Gorini sont accessibles en cliquant sur le mot-clé CCC dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus. Le site du CCC est disponible parmi les liens de la rubrique Cambalache (casi ordenado) dans le bas de la Colonne de droite.
Dans le haut de cette même Colonne, vous disposez de raccourcis sur les Disques & Livres, sur l'ensemble des chanteurs présentés à ce jour dans Barrio de Tango et globalement des musiciens.