vendredi 14 novembre 2008

Noche de los Museos : Museo Casa Carlos Gardel [à l’affiche]


La Noche de los Museos (nuit des musées) est une nocturne spéciale au cours de laquelle la quasi-totalité des 135 musées qu’on dénombre à Buenos Aires ouvriront leurs portes au public, gratuitement, le 15 novembre à partir de 19h et au moins jusqu’à minuit et pour beaucoup d’entre eux bien plus tard encore.

Pour fêter la Noche de los Museos, le Museo Casa Carlos Gardel, installé dans la dernière maison qu’occupa Carlos Gardel à Buenos Aires et où sa mère mourut en 1943, propose une filmographie du chanteur dans sa période new-yorkaise où il tourna plusieurs films, sur des scénarios de son ami et complice, Alfredo Le Pera, pour les studios Paramount pour lesquels il avait déjà tourné plusieurs longs métrages en 1932 dans les studios de Joinville près de Paris. C’est d’ailleurs la Paramount semble-t-il qui aurait permis à Alfredo Le Pera et Carlos Gardel de se rencontrer. Leur collaboration, qui prit fin à leur mort commune, à Medellín, le 24 juin 1935, nous vaut quelques uns des plus beaux tangos aujourd’hui inscrits au répertoire.

Autre proposition du musée pour cette nuit de printemps : un buste gonflable de Carlos Gardel va parcourir le centre de la ville entre 19h et 2h du matin, en commençant à l’Obélisque pour arriver jusque devant la maison, au 735 rue Jean Jaurès (tout près de l’Abasto). Sur une idée de Alejandro Mañanes.

Six shows sont prévus au cours de la soirée.

A 19h : Tito Alonso, qui a la charge d’animer tous les lundi de l’année de 18h à 20h les cours de chant gratuits, dans la tradition gardélienne bien sûr, du Museo Casa Carlos Gardel. Cette fois-ci, c’est lui qui se produit.

A 20h : la chanteuse Lucrecia Merico (j’ai déjà eu l’occasion de faire un article au sujet de ce récital).

A 21h : Gloria Díaz : Alma, corazón y tango. C’est le nom d’un disque qu’elle a enregistré en 1974 avec l’orchestre du Maestro Carlos García et le guitariste de légende, compagnon artistique de Aníbal Troilo, Roberto Grela. Gloria Díaz est née en 1938 et elle est la fille d’un chanteur espagnol qui fit lui-même une belle carrière.

A 21h30 : Cucuza (Hernán Castiello) et Moscato (Maximiliano Luna). Ce sont deux amis personnels. Bien que loin, je suis de tout coeur avec eux pour ce concert dans ce lieu si fort pour tous les chanteurs et tous les guitaristes de tango (Carlos Gardel était l’un et l’autre). Vous pouvez écouter Cucuza sur sa page My Space.

A 22h30 : La Quimera del Tango, un trio contemporain de guitaristes de tango et d'autres musiques sud-américaines. Ils ont une page My space sur lequel vous pouvez écouter quelques uns de leurs morceaux.

A minuit : Tanghetto, un groupe de tango électronique très connu de par le monde. Un choix inattendu pour terminer la soirée musicale dans ce lieu là.

Noche de los Museos : Museo Mundial del Tango [à l’affiche]



La Noche de los Museos (nuit des musées) est une nocturne spéciale au cours de laquelle la quasi-totalité des 135 musées qu’on dénombre à Buenos Aires ouvriront leurs portes au public, gratuitement, le 15 novembre à partir de 19h et au moins jusqu’à minuit et pour beaucoup d’entre eux bien plus tard encore.

Le Museo Mundial del Tango n’est certes pas le plus grand des musées portègnes mais c’est l’un des plus intenses, des plus riches et des plus émouvants, disposant à la vue du public un nombre considérable d’objets et de documents qui racontent et évoquent les 130 ans d’existence du tango. Certains objets ont appartenu à Carlos Gardel, dont divers documents trouvés à côté de son corps lorsqu’on put l’extraire de l’incendie de l’avion dans la collision duquel il venait de perdre la vie d’une manière atroce, le 24 juin 1935 peu après midi. Ce musée est l’oeuvre de Gabriel Soria, journaliste et animateur audio-visuel et Vice-Président de l’Academia Nacional del Tango. Gabriel Soria est aussi le Directeur du Musée. C’est dans ce musée que se situe la salle de conférences publiques de la Academia Nacional del Tango, le célèbre Salón de los Angelitos Horacio Ferrer, qui est la dernière salle du musée et qui ne va pas désemplir de toute la nuit... De l’autre côté, la pièce symétrique, qui est aussi un lieu d’exposition, sert de loge aux artistes lorsqu’ils se produisent au Salón de los Angelitos et dans le couloir qui les dessert trône, tout seul dans une belle vitrine étincelante, l’un des bandonéons de Aníbal Troilo. Le musée occupe une bonne moitié du premier étage du siège de la Academia, situé Avenida de Mayo, au numero 833 (mais on entre en fait par l’arrière de cet ancien hôtel particulier, du côté Rivadavia, à la hauteur du 830). L’autre partie de l’étage, celle dont les fenêtres donnent sur Avenida de Mayo, est réservée à la direction, avec trois bureaux séparés par une petite salle de réunion et de répétition baptisée Rincón de los Académicos (le coin des Académiciens). Dans les étages au dessus, salles de conférences, salles de cours et de répétition, bibliothèque...

On pourra donc admirer l’exposition et écouter 5 récitals d’une heure puis 5 shows d’une demi-heure chacun. Ça nous fait un bon programme tout ça !

Dans l’ordre

A 19h : concert de La Biyuya, un quintette atypique qui sont aussi cinq très bons amis personnels. Musique originale avec compositions personnelles de Pablo Dichiera, le guitariste, et de Marina Baigorria, la chanteuse, entre autres et reprise, avec leurs propres arrangements de divers grands classiques (dont Pena Mulata de Sebastián Piana et Homero Manzi que j’aime par dessus tout). Comme toujours, vous pouvez écouter la Biyuya sur leur site (qui se trouve dans la liste des liens à droite) et sur leur page My Space.

20h : concert de Pablo Banchero, un chanteur et auteur de son propre répertoire que vous pouvez écouter sur son site : il s’ouvre sur sa Milonga del Parakultural, une célèbre tanguería de Buenos Aires qui reçoit des artistes de toute sorte. Son site bénéficie d'abord des auspices de la Academia Nacional del Tango et de la Academia Porteña del Lunfardo... et non de la célèbre pizzeria à succursales Banchero de la Boca (c'est par pure coïncidence qu'il porte le même nom et c'est ce qui vous explique la part de pizza qu'il s'envoie derrière la cravate sur la première page de son site !). Vous pouvez aussi écouter une interview de Pablo Banchero (avec la Milonga del Parakultural) sur Fractura Expuesta. C'est l'émission du 25 août dernier, n° 232 (2ème partie. Et à cheval sur la 1ère et la 2nde, vous pouvez déguster une interview du poète et compositeur Alejandro Szwarcman, de la Academia Nacional del Tango).

21h : le trio de tango La Otra Esquina

22h : un trio de guitare, bandonéon et contrebasse et un chanteur. C’est comme les Trois Mousquetaires. En fait c’est un quatuor.

23h : Tangozando. C’est le titre d’un disque de Astor Piazzolla. Ce groupe de six musiciens se produira aussi mardi prochain, au Bartolomeo Bar avec l’un des Académiciens, José María Kokubu, el Ponja del Tango (le japonais du Tango, ponja, c’est Japón en verlan). Vosu pouvez les découvrir sur leur page My Space.

A 23h30, un show de tango intitulé Al limite.

À minuit : Si yo mismo fuera ese invierno sombrío (si j’étais moi-même cet hiver tout noir).

A minuit et demi : Tanga, un show de musique populaire, donc pas exclusivement du tango. Ce show se produit à divers endroits au cours de la nuit et du week-end.

A 1h du matin : le duo Juan Trepiana (violon) et Fabián Bertero (piano) qui sont des habitués de la Academia où ils exercent aussi des fonctions pédagogiques et sont tout deux des compositeurs du tango nuevo. Vous pouvez écouter Juan Trepania sur son site.

A 1h30 : la chanteuse María José Mentana, qui fit une grande partie de sa carrière à la télévision et anime toujours des émissions de radio, consacrées au tango, accompagnée par le guitariste Ramón Maschio. Vous pouvez écouter la chanteuse sur son site. Elle vient de sortir un disque, en juillet, Por amor a Buenos Aires (je lui ai consacré en son temps un article).
Ramón Maschio est l’un des accompagnateurs fétiches de María José, longtemps connue du public sous son seul prénom, et de Patricia Andrade, pour ne citer que deux chanteuses. Il est aussi un interprète réputé de fado et parcourt souvent le Portugal et l’Europe avec cette autre musique populaire. Vous pouvez visiter le blog de Ramón Maschio et écouter sa musique sur sa page My Space.

Le veto de Tabaré Vázquez [actu]
















En République Orientale de l’Uruguay (ROU), tout aura finalement été très vite. Il y a 10 jours, le Président de la République, Tabaré Vázquez, le plus éminent et l’un des plus populaires membres du FA, Frente Amplio (1), avait annoncé qu’il poserait son veto, comme la Constitution lui en donne le droit, à la loi dépénalisant l’avortement dans son pays, si celle-ci recevait l’approbation des Chambres au premier examen.

Cette annonce, justifiée par des motifs de conscience, avait précédé de peu l’intervention de l’Archevêque de Montevideo qui, à la plus grande colère de la gauche uruguayenne (et pas seulement uruguayenne), avait annoncé que, conformément à une discipline constante dans l’Eglise catholique, seraient excommuniés les députés qui voteraient en faveur de la loi parce qu’elle contenait un chapitre de nature à légitimer l’interruption volontaire de grossesse (dans les 12 premières semaines de gestation). Néanmoins, la décision du Président avait été accueillie dans une forme d’attentisme dont l’hostilité était étrangement absente, elle n’avait pas mis fin à la campagne du FA en faveur de la réélection à la magistrature suprême de cet important et brillant acteur du retour de la démocratie en Uruguay et beaucoup de commentateurs exprimaient des doutes sur le passage à l’acte du Président, pensant davantage à une manoeuvre dilatoire qu’à une décision effective. On a, moins qu’ailleurs, en Belgique en 1990 ou en France en 1974 par exemple, vu les critiques verser dans l’insulte, la calomnie, la raillerie ou la mauvaise foi. Il y a bien eu des adversaires pour prétendre que Tabaré agissait ainsi sous l’influence (néfaste) de son épouse, réputée très pieuse, mais personne n’en a vraiment fait des gorges chaudes en tout cas publiquement et dans l’ensemble, on peut dire que le débat politique aura respecté les positions des uns et des autres. (On l’avait aussi fait au Roi Baudouin, le coup de l’influence désastreuse de la pieuse épouse. C’est classique : cherchons le bouc-émissaire. Comme si cet homme, je parle ici de Tabaré, qu’à corps et à cris le Frente Amplio voulait à toute force maintenir à la tête de l’Etat au-delà de son actuel mandat et au prix d’une modification substantielle de la Constitution, pouvait soudain être devenu cette chiffe molle manipulable à merci... Etonnant raisonnement !).

Peut-être le calme relatif avec lequel l’annonce présidentielle a été accueillie tient-il aussi aux conditions dont la constitution a paré le veto présidentiel puisque le Président n’exerce pas seul son droit de veto. Il doit être appuyé par au moins un membre du gouvernement. La Ministre de la Santé, María Julia Muñoz, avait eu beau manifester ouvertement son soutien à la position présidentielle, tout le monde doutait qu’ils iraient l’un et l’autre au bout de leur démarche. Par ailleurs, un veto de l’exécutif ne met pas définitivement fin au débat en Uruguay : les Assemblées peuvent présenter une nouvelle proposition de loi allant dans le même sens mais le vote est alors acquis à la majorité qualifiée, qui équivaut alors à au moins 3/5 des élus des deux Chambres, preuve d’un consensus démocratique incontestable (un tel vote mettrait alors le Président en porte-à-faux par rapport au reste de la nation). Dans le cas présent, l’éminence de la fin de la présente législature (les élections auront lieu l’année prochaine) empêche les Assemblées de passer une nouvelle loi dans le même sens. Il faudra attendre la nouvelle législature avec des nouveaux élus, et l’ouverture de la première session, au mois de février 2010, pour reprendre le sujet. Il y a donc fort à parier que le thème va prendre une place non négligeable dans les campagnes électorales à venir.

Les différentes lectures parlementaires se sont déroulé posément, quand on considère le caractère particulièrement explosif du sujet. La loi avait été votée une première fois à la majorité simple au Sénat à la suite d’un tout premier débat qui a traîné en longueur. Elle est ensuite passée, il y a 10 jours, devant la Chambre des Députés où l’ensemble du texte législatif (qui déborde le seul sujet de l’avortement) a obtenu 49 voix pour et 48 contre, à l’exception d’un seul article dont le rejet a entraîné, selon les procédures constitutionnelles, une deuxième lecture au Sénat dont on a pensé qu’il allait prendre tout son temps avant de remettre la loi à son ordre du jour. Or pas du tout. La Haute Assemblée a réinscrit très rapidement le sujet à son agenda et la loi a finalement été adoptée avant-hier, 12 novembre, par 17 voix sur 29 avec une répartition très tranchée : tous les sénateurs de Frente Amplio ont voté pour et toute l’opposition contre.

Le vote de mardi a bien évidemment fait figure de vote historique et a été salué comme tel, en bien ou en mal, dans toute l’Amérique du Sud et au-delà, jusqu’au Rio Grande qui sépare le Mexique des Etats-Unis... Avec ce vote, l’Uruguay devenait le premier pays du continent sud-américain à permettre l’avortement, ce qui est un symbole très fort dans une culture où les gens sont tous restés très sensibles à la portée des symboles et qui plus est, dans un petit pays coincé entre les deux mastodontes que sont le Brésil au nord et l’Argentine à l’ouest. L’Uruguay et ses voisins connaissent donc ces jours-ci des débats fervents, très émotionnels, des manifestations de rue et des affrontements d’idées et de paroles, avec l’habituel cortège d’arguments posés et réfléchis d’un côté et d’expression emportées et jouant sur la corde sensible de l’autre. De part et d’autre, on se traite d’assassin d’enfants, de massacreur d’innocents, d’attardé obscurantiste ou de vieux machiste dépassé par la marche du monde. Aux mouvements féministes et de gauche en général, fortement déchristianisés, s’opposent la voix du magistère de l’Eglise catholique et aussi celle des fidèles, la première exprimée sous des formes structurées et fermes mais posées et les protestations nettement plus agressives et violentes des mouvements pro-life (pro vita en Uruguay) animés par certaines sectes protestantes, fondamentalistes et activistes, originaires des Etats-Unis, qui aujourd’hui sont en train de gagner du terrain sur ces terres d’Amérique Latine, trop traditionnellement acquises à Rome pour vraiment s’être senties menacées par ce prosélytisme galopant et peu éclairé.

Hier, les rédactions des quotidiens de Montevideo (et de Buenos Aires) bruissaient de rumeurs selon lesquelles le Président se préparait à signer son veto lundi matin, avant ou pendant le Conseil des Ministres, en dedans du délai de 10 jours que la Constitution lui accorde. Il aura pris tout le monde par surprise et ne s’est pas laissé détourner par les très nombreuses pressions dont il était l’objet depuis une dizaine de jours et qui venaient de toute part et tout d’abord de son propre camp, le Frente Amplio, à l’initiative de cette loi sur la santé sexuelle et la reproduction. Pour couper court à tout chantage, il a même réaffirmé au cours de la semaine, en plein milieu des débats et des manifestations des pour et des contre, son refus catégorique de se représenter à la Présidence de la République l’année prochaine. La réitération de ce refus (il s’était déjà exprimé sur le sujet et le Frente Amplio était bien décidé à lui forcer la main) a aussitôt déclenché une virulente et assez pitoyable guerre des chefs, restée latente jusque là, au sein du FA dont Tabaré Vázquez était resté le favori consensuel jusqu’à ces deux derniers jours.
A ce moment-là et seulement à ce moment-là, quand Tabaré a clamé bien fort son refus catégorique d’une nouvelle candidature et donc d’une campagne d’opinion pour un changement constitutionnel en sa faveur, les noms d’oiseaux ont commencé à fuser. Il en a entendu de toutes les couleurs, des vertes et des pas mûres, et des plus injurieuses et des plus grossières au point que les journalistes, assez surpris, suivaient les échanges comme des VIP à Roland Garros un jour de finale.

Les candidats à la candidature présidentielle pour les élections de 2009 ont déjà tous pris position sur le retour du sujet devant la représentation nationale. Les candidats du Partido Nacional, aujourd’hui dans l’opposition, se prononceront contre. Les trois candidats du Frente Amplio, Jorge Mucija, Daniel Astori et Daniel Martínez, ont annoncé ou fait annoncer par leurs amis qu’ils seraient pour.

(1) Frente Amplio : Front Large. Ce parti politique a été fondé en 1971, il a été interdit et a vécu dans la clandestinité pendant la dictature militaire (1973-1985). Depuis le retour de la démocratie, c’est un parti de gouvernement. L’un de ses leaders historiques est donc l’actuel président de la République qui en est devenu l’un des dirigeants après avoir conquis la mairie de Montevideo en 1986.

mercredi 12 novembre 2008

Tertulia au Smoke avec Sara Melul [ici]

Cliquer sur l'image pour télécharger l'affiche
Il est possible de l'imprimer en format A4 et A3. Merci de la diffuser...


La poète et écrivaine de tango et sur le tango Sara Melul est actuellement en Europe où elle présente deux de ses récents ouvrages. Elle a quitté Buenos Aires il y a une dizaine de jours pour Berlin où elle séjourne en ce moment. La semaine prochaine, elle vient passer une dizaine de jours à Paris.

J’organise donc autour d’elle une tertulia, entendez cette forme de rencontre conviviale autour d'un verre ou d'un café si fréquente en pays hispanophones.

Aussi j’invite tous les curieux de littérature et de tango, tous les passionnés de verbe et de musique, tous les amateurs de poésie et de danse, à venir nous rejoindre pour faire connaissance avec cette artiste et discuter avec elle.

Cette tertulia aura lieu
au café-restaurant Le Smoke,
29 rue Delambre, Paris 14e (M° Edgar Quinet)
le samedi 22 novembre entre 17h30 et 19h30.
Sara pourra vous présentera ses deux derniers bouquins et les quelques disques qu’elle aura apportés de Buenos Aires.
Para permitir a todos conocer a la Maestra Sara Melul, letrista de tango y escritora porteña, y "chamuyarla", les propongo una tertulia en un boliche típicamente parisino, Le Smoke, en el barrio centrico de Montparnasse, el sábado 22 de noviembre, desde las 17.30 hasta las 19.30 y más alla tal vez porque ahí también se puede cenar...

Sara Melul a tout récemment (le 20 août 2008) publié, aux éditions El Chamuyo qu'elle a elle-même fondées et qu'elle dirige (à traduire comme la causette, la jactance, la tchatche, le crachoir , c'est du lunfardo) El chamuyo en las milongas, ouvrage de 175 pages consacré à l’univers du bal tango (milonga), que Sara fréquente assidûement à Buenos Aires, y aux relations y compris de séduction qui s'y nouent (el chamuyo, c'est aussi le discours qu'on tient à quelqu'un pour le séduire, la parlotte pour draguer). Il y a déjà quelque temps, en 2000, elle avait publié, dans sa petite maison toute modeste mais si sympa (dont voici le site) Mataburros, Diccionario Lunfardo-inglés, un petit dictionnaire (172 p) bilingue anglais/lunfardo, ce parler populaire d’origine argotique apparu à Buenos Aires dans les milieux interlopes dans les années 1880, langage strictement contemporain de la naissance du tango et dont tant et tant de poètes populaires à partir de Pascual Contursi, avec ou sans tango, se sont emparés pour créer de vrais bijoux littéraires. Sara apporte avec elle ces deux ouvrages et pourra donc en parler avec vous (il vous sera aussi possible de les acquérir directement auprès de l'auteure, une idée originale à l’heure de choisir des cadeaux de Noël ou de fin d’année).

Le 25 août 2008, Sara Melul était au Centro Cultural Caras y Caretas, à Buenos Aires, pour en faire la présentation.
Elle a ensuite pu en parler elle-même sur les ondes de différentes stations de radio : Radio 10 dans l’émission de Rolando Hanglin le 9 septembre 2008, et quelques jours auparavant, La Voz de Las Madres (AM 530) où elle a été interviewée par le spécialiste du tango engagé (à gauche) qu’est Ricardo Horvath, et Radio Nacional Argentina (RNA) dans l’émission d’Héctor Larrea. Vous pouvez écouter ces interventions radiophoniques sur le blog de Sara en cliquant sur les liens suivants : Radio 10, La Voz de las Madres partie 1 et partie 2, RNA. La semaine dernière, Antonio Carrizo prenait le temps, avant de rendre l’antenne, de mentionner El Chamuyo en las milongas dans sa célèbre émission du dimanche matin, Tangos y Libros, de 10h à 13h, sur la 2 x 4.

Comme vous pourrez le constater en allant visiter son blog (profil), Sara Melul participe à l’atelier de créateurs de chansons (taller de cancionistas) qu’anime le poète Raimundo Rosales à l’école de la rue Conde, dans le quartier excentré de Collegiales à Buenos Aires. C'est à Raimundo que nous devons l'opportunité de la rencontrer à Paris, ce samedi 22 novembre au Smoke...

Le Smoke est un café-restaurant qui fonctionne non stop jusqu'à 2 heures du matin. Dans ce quartier Montparnasse qui fut celui de la culture jusqu'à la déclaration de la seconde guerre mondiale, c'est devenu le point de ralliement de nombreux artistes. Le patron ouvre généreusement sa porte aux acteurs de la culture du monde entier et, entre autres, à l'Association L'Ours Blanc, maison d'édition alternative et réseau d'artistes issus de toutes disciplines (en voie d'extinction comme le nounours du Grand Nord ?)... Un très beau décor chaud, tout en bois sombre. De vraies petites tables de bistrot à l'ancienne et des photos et affiches de grands jazzmen américains mais aussi de Georges Brassens (qui avait planté ses racines sétoises dans le 14ème arrondissement parisien), de Boris Vian, de Jacques Brel et autres grands artistes de la chanson francophone... Le menu est affiché sur des ardoises un peu partout aux murs. Le chef propose de bons petits plats maison, avec un croque campagnard-salade au pain Poilâne à 7,50 € (tostada parisina de pan campero con jamón y queso + ensaladita), des salades surabondantes entre 6,50 et 7,50 €, l'assiette de charcuterie revient à 8 €, le plat principal est entre 9 et 10 € (le faux filet pommes poêlées-haricots verts). Les dessserts (crumble aux pommes, crème renversée, mousse au chocolat) vont de 3,50 à 5 €. Le vin du mois (Saint Nicolas de Bourgueil en noviembre, un tinto del Valle del Loire) est servi à la bouteille ou au verre généreux (3,80 € le verre). Le bar vous propose une kyrielle de cocktails maison, une carte de vins et de bière et tout ce que sert habituellement un café parisien... Au-delà de 19h30, Sara et moi serons heureuses de partager un dîner en toute simplicité avec ceux d'entre vous qui décideront de rester. Et bien entendu, si vous ne vous sentez pas très à l'aise en espagnol, je serai là pour assurer un service de traduction espagnol-français. Ce serait trop bête d'aimer la poésie et de vous laisser intimider par l'obstacle de la langue orale...

Parmi les disques dont il vous est possible d'écouter d'ores et déjà des extraits sur la boutique en ligne de Zivals, je vous recommande Tangos para Grandes, du guitariste José Teixidó et du pianiste Leonardo Marconi, que vous reconnaîtrez à sa belle jacquette à zoziau chapeauté dans le meilleur style d'Hermenegildo Sabát (ce dessin est une participation gracieuse du dessinateur à cet album). Sara Melul a écrit 7 des 11 tangos qui composent ce CD. Vous écouterez avec délices son Pibe Milonguero (musique de Marcelo Saraceni) dédié aux danseurs de tango fréquentant les bals de Buenos Aires (ce qu’on pourrait traduire par Le môme de la Gambille). Dans le même album, un autre tango, signé d’elle et de Leonardo Marconi dédié au Che (Che Comandante), un personnage qui reste auréolé de gloire dans les mythes de la gauche argentine. Ses textes sont à touche touche avec (excusez du peu) ceux de Héctor Negro (Chau Polaco), de Horacio Ferrer (El Gordo Triste) et de Cátulo Castillo (A Homero). Il faut soutenir le voisinage...

Sara écrit pour le tango et, elle-même danseuse de tango dans les milongas -chose rare par les temps qui courent- elle a une préférence marquée pour les tangos bailables, ceux sur lesquels on peut danser (peu nombreux sont les écrivains et les compositeurs de tango qui se doublent aussi de praticiens avertis du bal). Je ferai mon possible pour l'emmener découvrir les milongas qui fleurissent à Paris...
Je vous traduis ci-après des extraits de deux de ses tangos, Sos Tango (un hommage au tango baile) et Alma de Gigante (Ame de géant),un morceau dédié à un grand auteur-acteur comique argentin, Alberto Olmedo (Rosario 24 août 1933 - Mar del Plata, 5 mars 1988). Il est connu par son surnom : el Negro Olmedo (negro est un terme à plusieurs sens, diamétralement opposés les uns aux autres. Ici, c’est un surnom très affectueux. Mais dans d'autres contextes, cela peut aussi se transformer une insulte très vulgaire). Alma de Gigante, vous pouvez d’ores et déjà l’écouter en cliquant ici (letra de Sara Melul, música de Marcelo Saraceni, con la voz de Carlos Damian y la orquesta de José Teixidó).

Sos Tango
Letra de Sara Melul

Sos un pedazo de vida,
una estatua de Gardel mirando a Marte,
un estandarte azul
con vista al mar Mediterráneo…

sos un fenómeno mundial
que sabe a vino y a zaguán
o a esquina de San Telmo…

sos el colmo del disfrute
el que nos abre la cabeza
y nos hace volar en cada nota…

Tu es Tango (1)Paroles de Sara Melul

Tu es un bout de vie
Une statue de Gardel qui regarde Mars,
Un étendard bleu
Avec vue sur la mer Méditerranée...

Tu es un phénomène mondial
Que s’y connaît en vin et en entrée (2)
Ou en coin de rue à San Telmo...

Tu es un comble du plaisir
Celui qui nous ouvre la tête
Et nous fait voler à chaque note.

(Traduction Denise Anne Clavilier)

Alma de Gigante
Letra de Sara Melul

Negro te fuiste con la luna
y están jugando juntos
Piluso y Capitán,
Dale, ponete desde el cielo
que aquí en los arrabales
divierte tu compás.

Negro de barrio y opereta
de juergas con piruetas
con risas sin cesar,
dame, tu mano en la pantalla
rucúcu de jugadas
la vida nos pasó...

[...]
Negro! con alma de gigante
que estas en todas partes
mentime un poco mas..
Negro, Rosario se ilumina
tu cuore ya camina
Fernando está con vos!!

Ame de géant
Paroles de Sara Melul

Petit Chose, tu es parti avec la lune
Et on est là à jouer tous ensemble
Piluso et Capitán (3),
Allez, viens-t-en depuis le ciel (4)
Car ici, dans les faubourgs,
Ton rythme nous amuse.

Petit Chose du quartier et d’opérette,
De jargon à pirouettes
Et ce rire à n’en plus finir,
Donne-moi ta main sur l’écran
Rucúcu (3) pour de faux
la vie nous a filé entre les doigts...

Petit Chose à l’âme de géant !
Qui es partout
Mens-moi encore un peu...
Petit Chose, Rosario s’illumine
Ton coeur est sur nos chemins
Fernando (5) est là avec toi.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

(1) Tu es Tango, comme le Christ a dit un jour au pêcheur de Galilée Simon ben Jonas : "Tu es Pierre et sur cette pierre..." (vous connaissez la suite, sinon révisez vos classiques, en l’occurrence, l'Evangile de Matthieu au chapitre 16).
(2) zaguán : c’est l’entrée de la maison particulière en Argentine (en Espagne aussi), cette partie où l’on s’accueille, le coin dédiée aux embrassades de retrouvailles et de séparation, la partie aussi où l’on se tient pour parler avec celui qui est dans la rue, qui n’entre pas (le musicien qui vient jouer la sérénade, le colporteur qui vous tient la jambe avec son laïus, l’amoureux transi qui vient prendre des nouvelles de sa belle...)
(3) Piluso y Capitán : el Capitán Piluso, feuilleton à succès sur la chaîne Canal 9 entre 1960 et 1963. Le succès était tel que l’émission fut repris à 1965 sur la chaîne publique nationale Canal 7 puis passa en 1967 sur Canal 2 de La Plata.
Rucúcu : autre personnage joué par Alberto Olmedo.
(4) Alberto Olmedo s’est tué en se défenestrant involontairement du balcon de son appartement de vacances, situé à un 11ème étage de la ville balnéaire de Mar del Plata, par une nuit d’été un peu trop arrosée.
(5) Fernando : le fils d’Alberto Olmedo, né en 1958, le premier de ses enfants.

Lukas Kohan au CCC Floreal Gorini [à l’affiche]

Affiche communiquée par le CCC Floreal Gorini

Lucas Kohan présentera ce soir pour la deuxième fois son disque Partiendo. Il avait déjà assuré une première présentation dans le même lieu, la petite salle Osvaldo Pugliese, tout au fond du rez-de-chaussée du Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini, à côté du bar, le 23 octobre, mais; débordée par l’abondance de l’information en octobre, je l’avais passé par pertes et profits. D’où ce rattrapage, encore à temps à 5 semaines de Noël...

Le spectacle est annoncé à 21h30. L’entrée est fixée à 15$.

Lucas Kohan est un guitariste et un compositeur qui dirige actuellement deux formations : d’une part son propre quintette avec lequel il se produit ce soir (cliquer sur l’affiche : les noms des musiciens sont lisibles en bas à droite) et la Tubatango, un orchestre de tango composé de joueurs de tuba de toutes les tessitures dont il est tout à la fois le chef et l’arrangeur (la Tubatango reprend le répertoire classique... adapté pour tubas).


Partiendo, ce premier disque du Quinteto Lucas Kohan, contient 12 morceaux originaux, de sa propre composition (texte et musique), interprétés avec des invités, instrumentistes et chanteurs, dont les chanteurs Javier Cardenal Domínguez, avec qui il a déjà beaucoup travaillé, et Sandra Marquez ainsi qu’un quatuor d’instruments à vent vénézuélien. L’enregistrement, réalisé en studio, est néanmoins constitué de prises d’un seul tenant, sans retouche, avec un son que Kohan voulait naturel et une marge d’improvisation, comme dans le jeu traditionnel du tango dit jeu a la parilla (1).


Lucas Kohan classe son travail dans le domaine de la musique rioplatense contemporaine : dans Partiendo, il a donc mêlé du tango, du candombe, de la milonga, du jazz et de la musique qu’il dit contemporaine.

Lui-même se produit avec plusieurs autres formations : le quatuor de guitares La Bagayera, le Sexteto Milonguero, un orchestre "típica" de jeunes musiciens menés par le chanteur Javier Di Ciriaco, qui se consacre au tango bailable (pour le bal) et la Orquesta Silencio, un ensemble international européen. Compositeur de musique de cinéma, il a aussi signé une oeuvre de musique contemporaine, créée au British Art Center, et s'est déjà produit en Europe et un peu partout sur le continent américain.

Le 26 novembre, à 20 h, Lucas Kohan sera avec La Bagayera au Centro Cultural Torcuato Tasso, bien connu désormais des lecteurs de ce blog (c’est dans le quartier de San Telmo). Entrée : 30 $.
Le 28 novembre, à 21h, il se produit avec son Quintette dans le cadre du Programme Culturel du Quartier, au Centro Cultural Julio Cortázar, rue O. Higgins au n° 3050, dans le quartier de Nuñez.
Et le 20 décembre à 19h30, il sera, là encore avec le Quintette et pour une nouvelle présentation du disque, à La Scala, une autre salle de San Telmo, Pasaje Giufra 371 (entrée : 15 $).

Partiendo est déjà disponible dans le commerce et vous pouvez écouter la musique de Lucas Kohan en visitant son site (pour l’instant en construction) qui vous permet d’accéder à sa page My Space dont l’image de fond reprend la très belle jacquette de son CD.

(1) tocar a la parilla : littéralement jouer à la grille. En français, une bonne traduction serait peut-être "jouer sans filet". Les premiers musiciens de tango ne savaient pas tous lire une partition. Ils jouaient donc d’oreille et de mémoire, en improvisant beaucoup et en enjolivant à partir de la ligne mélodique connue de tous. La tradition a perduré jusqu’à nos jours et nombreux sont les formations qui aiment se lancer dans des interprétations de ce type.

mardi 11 novembre 2008

Il y a 90 ans aujourd'hui à Buenos Aires

"Corría el año 1918 y un jubiloso acontecimiento se produjo en el mundo con la firma del armisticio que ponía fin a la gran conflagración europea.
Esa noche con otros jóvenes amigos fuimos al Julien, café y restaurante de Esmeralda y Lavalle, centro de reunión noctámbulo de mujeres francesas, sumándonos a la intensa alegría que allí reinaba.
Borrachos y fescos, hombres y mujeres, extranjeros y criollos, entonaban patrióticamente el Tipperary, el Over there y La Marsellesa mientras en las mesas se brindaban con champán.
Formamos con las alegres francesas un bullicioso frente y entre alocados besos y abrazos salíamos en cadenas a recorrer Lavalle hasta las primeras horas del alba.
Aquellos jubilosos festejos que duraron tres días consecutivos fueron lo que las noctámbulas y alegres francesas llamaron "les trois jours de folie".

L'année 1918 s'achevait quand un événement jubilatoire se produisit dans le monde : la signature de l'armistice qui mettait fin à la grande conflagration européenne.
Cette nuit-là d'avec d'autres amis de mon âge, nous sommes allés chez Julien, un café-restaurant au coin d'Esmeralda et Lavalle, point de ralliement nocturne de femmes (1) françaises, pour nous joindre à la joie intense qui régnait là.
Pochards et gens sobres, hommes et femmes, étrangers et gens d'ici entonnaient avec patriotisme le
Typperary, le Over There et la Marseillaise (2) tandis qu'aux tables, on portait des toasts au champagne.
Avec les Françaises radieuses, nous avons formé un front tapageur et au milieu de baisers en folie et d'étreintes, nous sortions parcourir la rue Lavalle en sarabande jusqu'aux premières heures de l'aube.
Ces réjouissances qui durèrent trois jours de suite, ce fut ce que les Françaises noctambules et radieuses appelèrent "les trois jours de folie".
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Ces quelques paragraphes sont les souvenirs de jeunesse (il avait alors à peine plus de 18 ans) d'un Argentin doté d'une très belle plume et à qui ont doit quelques uns des plus beaux tangos du répertoire. Au moment où il rédigé ces souvenirs, il a un peu plus de 80 ans. C'est le poète Enrique Cadícamo (15 juillet 1900-3 décembre 1999). Ces mots sont extraits de Mis Memorias, Ed Corregidor, Buenos Aires, 4ème édition augmentée et mise à jour (datée de 1995), pp 51 et 52.

La Guerre de 14-18 a beaucoup ému les artistes du tango. Aujourd'hui, on peut écouter avec leur émotion quelques uns des grands morceaux qu'ils nous ont dédiés aux combattants dont l'Euope célèbre aujourd'hui le souvenir.

On peut écouter El Marne, composé par Eduardo Arolas au moment de la 1ère bataille de la Marne, ici dans une interprétation enregistrée en 1980 par Osvaldo Fresedo, et l'impressionant Silencio, qui avait ému Cadícamo aux larmes, ce jour où il l'avait entendu chanté par Carlos Gardel en répétition chez lui, dans la maison, aujourd'hui musée, de la rue Jean Jaurès 735 à l'Abasto. Ce tango a été composé par Carlos Gardel et Alfredo Le Pera (avec la collaboration du guitariste Horacio Pettorossi) et enregistré ici par Gardel à Buenos Aires en 1933 avant de partir pour l'Europe. (3)

(1) A cette époque, la société portègne était encore très déséquilibrée, avec les hommes en bien plus grand nombre que les femmes. Les mujeres francesas dont il parle là, ce sont des filles légères, le plus souvent des victimes de la traite des Blanches sous la coupe de maquereaux locaux. La fin de la Grande Guerre fit reprendre ce trafic d'êtres humains (entre autres en provenance de France, par Marseille, Bordeaux et Le Havre) et vit aussi arriver à Buenos Aires des aventurières, venues de leur plein gré celles-ci, chercher, au bout du monde, les hommes qui faisaient cruellement défaut, surtout en France, après la boucherie des combats.
(2) Cette confusion entre nos différents pays est très courante en Argentine. Elle a permis d'ailleurs aux juifs qui fuyaient l'antisémitisme en Russie ou en Pologne de se faire discrètement passer à leur arrivée pour Allemands ou Anglais (ce dont témoignent nombre de surnoms attribués à des musiciens juifs de la Guardia Vieja). Ne nous gaussons pas de cette ignorance : nous confondons nous aussi un peu trop facilement tous les pays d'Amérique Latine. J'ai souvent entendu des journalistes situer le Mexique en Amérique du Sud ou d'autres personnes localiser Buenos Aires au Brésil.
(3) Berthe Gardés, la mère de Carlos Gardel, avait perdu dans la Grande Guerre son jeune demi-frère Charles Carichou, mort au front le 11 octobre 1918, à l'âge de 42 ans. Comme dans beaucoup de familles européennes, ce décès tragique permit la réconciliation familiale entre Berthe et le reste de ses parents qui lui avaient mené la vie dure à cause de la naissance illégitime et donc honteuse, le 10 décembre 180, de son fils, qu'elle avait fait baptiser Charles.

Hommage à Astor Piazzolla à l'Academia Nacional del Tango [à l'affiche]



Lundi 17 novembre à 19h30, au Salón de los Angelitos Horacio Ferrer, au Museo Mundial del Tango qui occupe une bonne partie du 1er étage du siège de l'Académie (Avenida de Mayo 833).
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

Le tango rituel de ce Plenario sera Lo que vendrá de et par Astor Piazzolla.

Au cours de ce Plenario, le poète et compositeur Alejandro Szwarcman et le journaliste et écrivain Marcelo Oliveri seront reçus comme Académicos Titulares (c'est le plus haut rang parmi les membres de l'Academia).

Puis le photographe et journaliste Carlos Carrizo, né en 1942 à Punta Alta (Province de Buenos Aires) présentera son livre, préfacé par le Maestro Horacio Ferrer : Imágenes de Piazzolla. Ce livre, de 13 chapitres, contient une sélection de 120 photographies qu'il a prises du musicien entre 1965 et 1989. On voit Piazzolla diriger les nombreuses formations avec lesquelles il s'est produit au long de ses années : le Quinteto Nuevo Tango, le Conjunto 9, le Octeto Electrónico et le sextuor des dernières années qui comptait 2 bandonéons et un violoncelle en lieu et place du violon habituel ainsi que divers concerts qu'il donna avec Gerry Mulligan et avec Milva à Buenos Aires. Ce livre le montre aussi, entre autres, avec Jairo, Eladia Blázquez, Lalo Schifrin, Julio Pane et avec ses musiciens, le violoniste Antonio Agri, le contrebassiste "Kicho" Díaz, le pianiste Osvaldo Tarantino et le guitariste Cacho Tirao.

Carlos Carrizo a fait ses études de photographie à Buenos Aires et à Anvers en Belgique. Il exerce son métier depuis 1964. Il a exposé ses clichés en Italie, à New-York, en Espagne et à Paris...

La soirée se terminera sur la projection d'un reportage vidéo qu'il a fait à partir de la dernière représentation d'Astor Piazzolla et son sextuor, le 21 juin 1989, au Teatro Ópera de Buenos Aires, et une répétiton avec le bandonéoniste Julio Pane, au domicile privé d'un autre bandonéoniste, Marcelo Nisinman, en avril 1989.

Astor Piazzolla a souffert un accident cérébral en 1990 à Paris. Il n'a jamais complètement récupéré de cette attaque et est décédé à Buenos Aires le 4 juillet 1992. Il était né le 11 mars 1921 à Mar del Plata.

Pour communiquer avec l'éditeur de cet ouvrage bilingue espagnol-anglais (c'est l'époque où tout le monde cherche des cadeaux originaux), vous pouvez contacter l'éditeur par mail.

Et à défaut d'écouter Lo que vendrá d'Astor Piazzolla par Astor Piazzolla comme à la Academia lundi prochain, on peut écouter Nonino, le tango qu'il composa en hommage à son père en 1955 à Paris et qu'il enregistra avec l'orchestre de l'Opera de Paris cette même année. Ici dans un enregistrement avec son quintette, à Buenos Aires, en 1961 (pour RCA).

Cucuza et Moscato au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]



Dans le cadre de la Noche de los Museos (Nuit des Musées), le chanteur Cucuza et le guitariste Moscato (Hernán Castiello et Maximiliano Luna), se présenteront au Museo Casa Carlos Gardel, rue Jean Jaurés n° 735 (dans le quartier de l'Abasto) à 21h30. Entrée libre et gratuite.

Le Museo Casa Carlos Gardel a été installé dans la dernière demeure de Carlos Gardel à Buenos Aires, une maison particulière construite en 1920 et qu'il acheta en 1927 au nom de sa mère. Celle-ci y mourut en juillet 1943, huit ans après son fils.

La chanteuse Lucrecia Merico doit, elle aussi, se produire dans ces lieux au cours de la même nuit (cf. l'article publié par Barrio de Tango à ce sujet).

Fiesta La Biyuya [à l'affiche]



Le quintette La Biyuya s'apprête à un show festif le 14 novembre à 23h au Palacio El Victorial située dans la rue Piedras au numéro 720 (entrée : 10 €).

Vous pouvez écouter La Biyuya sur leur site ou sur leur page My Space. C'est un quintette de guitares, percussions, flûte traversière et chant dont les membres viennent d'horizons variés : rock, tango et musique classique et lyrique.

Mony Lopez et Yasmin Ventura au Quintino [à l'affiche]




Le vendredi 7 novembre, à 22h, le chanteur, animateur et producteur audiovisuel Mony Lopez, et sa partenaire et complice Yasmin Ventura, chantaient au Bar Quintino, situé dans le quartier d'Almagro, à l'angle des rues Carlos Calvo et Quintino Bocayuva.

Et puisque c'est bientôt Noël et que le même jour Alejandro Szwarcman était aussi, ailleurs dans la ville, l'invité d'un trio de musiciens, j'en profite pour un petit coup de projecteur par exemple sur le disque Ya no te espero, Mony Lopez cantango, un disque Fonocal recommandé par la 2 por 4, la radio 100% tango de Buenos Aires. Ce disque présente les enregistrements de trois tangos dont le texte est d'Alejandro et la musique de Lopez, dont le tango-titre dont le disque contient aussi en bonus une version clip vidéo. Un disque très sympathique, où l'on peut percevoir l'immense affection qui unit les artistes qui y participent...

Je vous redonne ici les liens qui vous permettront d'accéder aux sites des artistes cités :
Mony Lopez, Yasmin Ventura, Alejandro Szwarcman.

Alejandro Szwarcman invité du Trio Lucesoli-Luna-Zabala [à l'affiche]

Le poète et musicien Alejandro Szwarcman était vendredi dernier, 7 novembre, l'invité du jeune trio de guitaristes Lucesoli-Luna-Zabala, à El Empujón (1) del Diablo (La poussée du Diable), à Buenos Aires (rue Carranza, n° 1969).

Ce trio s'est constitué à la fin de l'année dernière et s'est produit pour la première fois le 5 mars 2008 à la Peña del Colorado. Il se compose de trois guitaristes et arrangeurs, Mariano Lucesoli, Sebastián Luna et Sergio Zabala, qui ajoute à ses talents d'instrumentistes et d'arrangeurs celui de chanteur. Ils jouent tout à la fois du tango et du folkore (la musique populaire de l'Argentine intérieure). Pour le moment, ils n'ont pas encore de disques à leur actif mais vous pouvez écouter trois de leurs morceaux sur leur page My Space.

Vous pouvez aussi vous faire une idée de l'artiste qu'est Alejandro Szwarcman en visitant sa page personnelle. Il y chante lui-même quelques uns de ses tangos.

(1) Empujón del Diablo : l'expression correspond peut-être plus en français au coup de pied de l'âne. L'idée est que le Diable vient détruire tous nos projets et nos réalisations en poussant un peu pour que tout s'écroule comme une petite intervention suffit à faire tomber le château de cartes ou de dominos patiemment construit... Cela correspond à une expression toute faite.

lundi 10 novembre 2008

Astillero Tango passe à Paris [ici]




Finalement, Astillero Tango a trouvé l'occasion de passer aussi par Paris lors de leur tournée en Europe dont j'ai eu l'occasion de parler il y a quelques jours (cf. l'article du 20 octobre).

Cette Orquesta Típica, composée de sept musiciens (dont un chanteur et deux bandonéons), sera à Paris le mercredi 12 novembre, vers 21h30, à la milonga Colectivo Tango, 46 rue des Rigoles, Paris 20ème (M° Jourdain).

Les Parisiens, ne loupez pas ce moment de tango mémorable...

Vous pouvez écouter la musique exceptionnelle de ce jeune groupe d'avenir sur leur site qui donne aussi accès à leur page My Space...
A noter que leur nouveau disque est prêt (j'espère qu'ils l'ont avec eux dans leur tournée...)

Tomassini – Reinaudo – Roosens à Bruxelles : retour sur images [ici]



Très beau concert par un trio d'amis dont voici les deux premières images...
Celles prises avec mon propre appareil. J'aurais prochainement celles que j'ai prises avec ceux de Néstor et d'Ananta. Pour une meilleure résolution, cliquez sur l'image.

Ananta Roosens, la locale de l'étape, est une jeune violoniste pleine de passion tanguera et d'humour (belge, cela va de soi !). Avec ça, elle est aussi chaleureuse et sympathique que ses partenaires argentins... C'est vous dire. Ananta joue avec une grande sensibilité et une profonde connaissance d'un répertoire qu'elle a fait sien. Vous pouvez l'écouter sur sa page My Space. Elle passera le mois de juillet prochain à Buenos Aires.

Hernán Reinaudo est l'un des guitaristes les plus recherchés actuellement à Buenos Aires. Le monde du tango se l'arrache. Qu'on en juge par le nombre et la qualité des artistes avec lesquels il travaille et dont j'ai déjà eu l'occasion de parler dans ce blog, ouvert il n'y a pas encore tout à fait 4 mois : Daniel Melingo (rien que ça !), Lucrecia Merico et Hernán Castiello (Tango sin grupo), Gabriela Novarro (qui attend le retour du guitariste pour reprendre le montage de son prochain disque), Néstor Tomassini lui-même (disque, DVD, shows et tournée en cours...) C'est au point que Germán Marcos et Maximiliano Senkiw lui font l'amitié de le brocarder sur les ondes de Fractura Expuesta dans leur émission du 20 octobre 2008 (podcast n° 240, en 1ère partie) sous le titre : On a vu le guitariste Hernán Reinaudo à deux endroits simultanément.
Sans mettre en doute ni la parole des deux joyeux drilles de La Voz de las Madres ni le don d'ubiquité d'Hernán, je puis néanmoins affirmer, pour l'avoir vu de mes yeux, qu'en ce moment il est bel et bien en tournée dans le nord de l'Europe continentale (dates et lieux).

Néstor Tomassini est de son côté un interprête et compositeur de tango tout ce qu'il y a de plus fidèle à la tradition. Il vient pourtant de la musique classique (il a appartenu à plusieurs prestigieuses formations philarmoniques en Europe) et du jazz (il a eu pendant plusieurs années deux jazz-bands successifs dont l'une avec laquelle il s'est produit au Festival de Montreux en 1978). Pour un musicien de tango, il présente la singularité supplémentaire de jouer de la clarinette et du saxophone (seule la clarinette, cependant, est de ce voyage).

Ils étaient donc tous les trois, vendredi soir, à la milonga Cellule 133a, à Bruxelles. 133a, c'est pour le numéro affecté au local, situé dans l'avenue Ducpétiaux à Saint Gilles (un barrio du sud de Bruxelles, on dit commune en administration bruxelloise). Cellule, c'est pour l'originalté du vis-à-vis, la gayola (1) Saint Gilles, à la façade exceptionnellement élégante et riante pour ce genre d'établissement.

La milonga Cellule 133a vous invite à "faire sauter vos chaînes" en venant danser le tango dans un local à mezzanine (en bois), dominant une bien belle salle sans colonnes et au parquet confortable (deux points que les danseurs apprécieront à leur juste valeur). Au fond, un bar à la bonne franquette (Coca, ballon de rouge ou Maes bien fraîche à même le goulot). Une serveuse d'occasion passe même débarrasser les tables des cadavres de bouteille et autres verres vides (que cela ne vous empêche pas de la devancer en rapportant vous-même tout ça au comptoir). Une excellente sono pour le DJ, qui a fait sursauter nos deux Argentins en envoyant du Piazzolla sur la fin de la soirée (2). Dommage que la sono réservée à la musique vivante soit de moindre qualité ! Surtout quand on a des artistes de cette envergure... Aux murs, une impressionnante et souriante collection de reproductions des plus belles cases des grands albums de BD (on est à Bruxelles, que nul ne l'oublie !) : Tintin, Lucky Luke, Blueberry, Spirou et tous leurs copains...

La milonga a lieu tous les vendredis soir à partir de 21h30 et jusqu'à 2h du matin bien sonnées...

Au cours de sa tournée, le trio interprète une partie du répertoire présenté dans le disque et le DVD que vous pourrez vous procurer auprès d'eux à chaque représentation (3). Vendredi, Néstor, Hernán et Ananta ont joué une bonne dizaine de titres, majoritairement de la Guardia Vieja (La Tablada, Felicia, Palomita Blanca, De corte antiguo, Unión Cívica, El Esquinazo...) et quelques pièces modernes de leur propre plume, le tout dans des arrangements de Néstor, conçus spécialement pour leur trio.

Cerise sur le gâteau, ils ont même créé cette nuit-là à Bruxelles, en première mondiale (et ceci n'est pas un canular à la Germán y Maximiliano), une milonga de Hernán Reinaudo dédiée à Néstor.

Si donc vous êtes sur le circuit de la tournée ou si, comme moi ce week-end, vous faites le détour à dessein pour les écouter, ne loupez pas la milonga A don Néstor. Mieux ! N'hésitez pas à exiger qu'ils la bissent ! Tant qu'à faire... Et s'ils font des manières, dites-leur que c'est de ma part...

(1) Gayola (lunfardo) : taule, prison. La Gayola, c'est aussi le titre d'un des morceaux qu'ils jouent. Un tango que l'on doit à Rafael Tuegols.
(2) A Buenos Aires, on ne passe jamais Piazzolla dans les milongas. Danser Piazzolla n'est pas donné à tout le monde et certainement pas aux danseurs amateurs, même très bons, qui se pressent dans les milongas. Monsieur et Madame Tout le Monde ne sont pas Juan Carlos Copes et sa fille Johanna...
(3) De corte antiguo (CD) : 15 €. Néstor Tomassini Tuñón (DVD) : 20 € (prix spécial concerts de la tournée). Les deux titres sont sortis chez Epsa Music cette année, le DVD était attendu en juillet et vient tout juste de sortir. Les musiciens partenaires de Néstor sur ces deux albums sont José Balé, Roberto Amerise et Hernán Reinaudo. Le DVD Néstor Tomassini Tuñón reprend un concert donné dans ce célèbre café culturel de Buenos Aires en public le 5 décembre 2007. J'en ai déjà parlé dans un article du 29 juillet dernier à propos de la présentation qu'en ont fait Néstor et Hernán au CCC Floreal Gorini. Pour les autres disques de Néstor et Hernán, vous pouvez aussi cliquer sur le mot-clé Disques livres en tête d'article. Pensez-y ! La Saint Nicolas arrive au pas de course (Bruxelles est déjà fin prête pour le 6 décembre) et 19 jours plus tard, c'est Noël. Disques et DVD sont garantis 100% 0 doublon par Saint Nicolas et le Père Noël réunis. Les Rois Mages ont contresigné de leur côté. La tournée mondiale de cet autre trio aura lieu, comme l'année dernière, et l'année d'avant et encore l'année d'avant, les 5 et 6 janvier prochains, et vu qu'ils ont eux aussi le don d'ubiquité, on les verra simultanément en Espagne, en Argentine et en Uruguay (d'autres destinations sont aussi au programme de la tournée).

jeudi 6 novembre 2008

Ouverture du Festival international de Cinéma de Mar del Plata [à l’affiche]

Ce soir s’ouvre dans la cité balnéaire de Mar del Plata (voir liens à droite) le 23ème Festival international de cinéma avec un changement de direction et de saison. Jusqu’alors le Festival se tenait au mois de mai, en plein automne. Cette année, il s’ouvre à l’orée de l’été, en prélude à la saison estivale qui voit tout Buenos Aires se ruer sur ses plages sans fin...

La direction du Festival a été confiée au cinéaste Juan Martínez Suárez qui ouvrira la manifestation en compagnie du Maire (Intendente) de la ville balnéaire (qui vit naître Astor Piazzolla), Gustavo Pulti.

Au programme : 400 films venus de 46 pays, incluant tous les genres (fictions, documentaires, biographies...), dont la moitié en longs métrages, projections continues et quotidiennes pendant les 10 jours que durera le Festival de 9h du matin à 1h du matin le lendemain dans 15 salles répartis sur 8 lieux différents (dont le Teatro Colón, qui est le grand théâtre de Mar del Plata, l’Auditorium et les 6 complexes cinématographiques de la ville).

Pour voir un film, il vous en coûtera une somme raisonnable : 6 $ (tarif normal) et 4 (tarif réduit pour les étudiants et les retraités). Le tarif normal correspond au tiers du billet de cinéma pour une séance normale en cours d’année dans une salle de multiplex à Buenos Aires.

La francophonie (hip hip houra !) sera d’ailleurs présente avec des films comme L’heure d’été d’Olivier Assayas, Les plages d’Agnès d’Agnès Varda, Je ne suis pas morte de Jean-Charles Fitoussi, Un lac de Philippe Grandrieux, La frontière de l’aube de Philippe Garrel...

Le cinéma nord-américain aura son propre cycle à l’intérieur du festival, organisé selon une sélection thématique des films participants.

Attention sur les routes en vous précipitant vers la mer pour vous gaver de grand écran... Le Gouvernement de la Province de Buenos Aires vient de donner son accord à l’installation de radars sur la route de vos vacances. Il espère ainsi éviter les trop nombreux accidents qui endeuillent le chemin vers les plages du sud...

Gabriela Novaro au Centro Cultural Recoleta [à l’affiche]

La chanteuse Gabriela Novaro présentera une nouvelle fois son disque Otra historia tout en donnant un aperçu du répertoire de son prochain album le mercredi 12 novembre à 19h au prestigieux Centro Cultural Recoleta (dans la salle Microcine au 1er étage). Entrée 10 $.

Gabriela sera accompagnée par Norberto Vogel au bandonéon, qui l’accompagne déjà sur le disque, et Carlos Filipo à la guitare (en lieu et place de Hernán Reinaudo, qui enchaîne la tournée de Daniel Melingo sur celle de Néstor Tomassini, avec Ananta Roosens pour compléter le trio, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Suisse). La direction musicale et les arrangements de Otra historia sont dus à Norberto Vogel et Hernán Reinaudo.

Quelques titres du disque, pris au hasard (tu parles !) sur la pochette :
Torrente (Hugo Gutierrez - Homero Manzi), Fangal (Bourbier, Enrique Santos Discépolo - Virgilio et Homero Expósito), Niebla del Riachuelo (Brume du Riachuelo, Juan Carlos Cobián - Enrique Cadícamo), Candombe para Gardel (Rada Rubén), Homero al Sur (Homero dans le sud, un hommage largement posthume à Homero Manzi, de Domingo Moles et Roberto Diaz)...

Gabriela attend actuellement le retour de Hernán Reinaudo pour reprendre leurs séances de travail sur leur prochain album. Je vous tiendrai au courant de sa sortie...

En attendant, Otra historia est disponible chez Zivals dont le site vous permet d’écouter 30 secondes de toutes les pistes de tous les disques que vous voulez acheter (voir les liens à droite) et vous fait aussi une évaluation du prix de chaque article et du tout en euros et en dollars US. Entre l’Europe et l’Argentine, comptez un délai de 3 à 4 semaines pour la livraison de votre commande par Correo Argentino (la poste argentine). Noël est dans 6 semaines et demie. Vous êtes dans les délais. Et en plus, vous êtes sûr que ce cadeau-là ne fera pas doublon au pied du sapin !

Si vous êtes du genre méfiant, vous pouvez encore aller vérifier plus à fond que c’est de la bonne musique directement sur le site de Gabriela. Là (à la page discografía, vous entendrez les morceaux en entier et vous pourrez même en télécharger trois en Mp3 (Torrente, Villa Freud et Homero al Sur).