samedi 16 août 2014

Le bicentenaire de San Martín en Cuyo à Buenos Aires [Chroniques de Buenos Aires]


La Casa de Mendoza, bureau de représentation officielle et institutionnelle de la Province de Mendoza à Buenos Aires, accueillera deux conférences dans le cadre des célébrations du bicentenaire du gouvernorat de José de San Martín, dont j'ai déjà eu l'occasion de vous dire combien il a marqué de son empreinte toute l'ancienne Province de Cuyo et tout particulièrement la ville de Mendoza où il a vécu presque quatre ans en trois périodes distinctes (de 1814 à 1816, puis presque toute l'année 1819 et une bonne partie de 1823, jusque plusieurs mois après le décès de son épouse).

Ces deux conférences auront lieu les mardi 19 et jeudi 21 août 2014 à 18h30.
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.
Mardi soir sera l'occasion pour la Province de promouvoir l'un des parcours touristiques les plus emblématiques à côté des Routes du Vin, les Rutas Sanmartinianas qui passent par les Andes, pour rappeler la Traversée de la Cordilière, en janvier-février 1817, exploit grâce auquel le Chili fut libéré et qui est à l'Amérique du Sud ce qu'est à l'Europe atlantique le D-Day du 6 juin 1944.



Demain, dimanche 17 août, c'est en Argentine le Día de San Martín qui célèbre son "entrée dans la Gloire" (en termes plus prosaïques, son décès, survenu en 1850 à Boulogne-sur-Mer). Il s'agit de la dernière fête patriotique de la série hivernale, qui commence le 25 mai. Comme le jour férié qui l'accompagne est déplacé au lundi qui suit la date effective pour favoriser le tourisme intérieur, c'est un long week-end qui a commencé ce matin pour toute l'Argentine.

Dimanche à 11h, le Instituto Nacional Sanmartiniano présidera deux célébrations, la première à la Cathédrale à 11h, avec la prière des morts récitée devant le mausolée de San Martín, suivie d'un dépôt de gerbes, au pied de sa statue, située Plaza San Martín, dans le quartier de San Nicolás.

mardi 12 août 2014

Ariel Prat à la Paila [à l'affiche]


L'auteur-compositeur interprète Ariel Prat, dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises, surtout au sujet de ce genre à part qu'est la murga, se produira ce samedi au restaurant La Paila, un restaurant de Palermo, spécialisé dans la cuisine du nord-ouest argentin, Costa Rica 4848, à 22h.

Il est conseillé de réserver.

Droit au spectacle : 70 $ (ARG)

Le Festival de Tango de Buenos Aires commence demain [à l'affiche]


Le Festival de Tango de Buenos Aires s'ouvre demain avec un épicentre situé cette année dans le quartier pauvre de la Boca.

Après le cœur historique de la ville (quartier de San Nicolás et rue Florida), le festival avait émigré vers Recoleta, ce qui n'était guère commode à cause des transports et du coût du parking (parce que le festival est gratuit mais non pas le stationnement !). Cette année, le voilà à la Boca, qui présente des désavantages plus grands encore de ce point de vue. C'est d'autant plus ridicule que le programme officiel présente un plan de ce coin de La Boca en surlignant trois pauvres petites rues réputées sûres (en d'autres termes, il est vivement déconseillé de s'aventurer dans les autres - au lieu que la puissance publique municipale mette les moyens qui conviennent à remettre la sécurité dans le coin au bénéfice de tous). Par conséquent, le flux des festivaliers ne profitera  commercialement qu'à une poignée de restaurants et de cafés dont le programme officiel donne le nom et l'adresse, mais le quartier lui n'y verra que du feu !

Il est probable que je n'aurai guère le temps de m'y rendre vu les distances et la perte de temps que cela suppose en transports urbains quotidiens dans une ville comme Buenos Aires. Heureusement, il y a de belles choses à voir et à écouter ailleurs dans la ville, même pendant le festival de tango.

Le programme dans son intégralité, qui présente des artistes de valeur et notamment pas mal de représentants de la nouvelle vague tanguera, dispose de son espace dans le site du ministère portègne de la Culture et du tourisme.

Poignant témoignage de Pablo Gaona Miranda au procès de ses parents-séquestreurs [Actu]


L'actualité ne connaît pas de répit, surtout en hiver et c'est l'hiver dans l'hémisphère sud.

Tandis que du côté Montoya et Carlotto, la liesse se prolonge autour des retrouvailles avec Guido (qui continuera de s'appeler Ignacio) et l'intérêt médiatique qui va avec aussi, un nouveau procès se tient en ce moment contre les auteurs et les bénéficiaires du rapt d'un autre enfant, Pablo Gaona Miranda, en vue de son adoption frauduleuse pendant la Dictature militaire de 1976-1983 (voir mon article du 9 août 2012 sur l'annonce de son identification) : un couple, celui qui a adopté et élevé l'enfant, et un de leurs cousins, aujourd'hui colonel dans l'Armée argentine, celui qui leur a confié le bébé, dont l'identité exacte a été établie en 2012. Pendant la dictature, cet officier travaillait dans une garnison qui servait de centre de détention clandestin pour y séquestrer et y torturer les militants de la démocratie. Après le rapt du nourrisson, il est devenu son parrain.

Pablo Gaona a été entendu hier à l'audience et il a rendu compte du difficile combat qu'est de se reconstruire une identité après avoir aimé ceux qui l'ont élevé et qui ne sont pas ses véritables parents, disparus dans la répression. Il a raconté comment sa mère adoptive, qui se doutait bien que cet enfant ne venait pas du ciel, l'avait supplié de ne pas se manifester auprès de l'ONG Abuelas car elle supposait qu'il y avait un risque de prison, pour le parrain à coup presque sûr et pour son mari et elle de façon probable. Et c'est terrible parce que sans doute ces gens ont souffert de ne pas avoir d'enfant, qu'ils ont dû accueillir l'arrivée de ce bébé comme un immense cadeau de la vie et que rien de tout cela, quelle que soit l'ampleur de leur douleur, ne peut évidemment justifier ni excuser le crime de voler un nouveau-né puis de maquiller son état-civil pour qu'on ne retrouve jamais plus sa trace tandis que ses parents sont assassinés. De quoi faire réfléchir dans ces temps où nous sommes et où nous en arrivons à contester les principes de l'éthique sous prétexte que la souffrance de ne pas avoir d'enfant pourrait rendre légitime des pratiques pour le moins contestable : adoption contre argent, fécondation in vitro chez des adultes ayant passé l'âge de la procréation, location de ventres en particulier dans des pays pauvres (et maintenus en l'état par le système dominé par les pays riches), choix d'un donneur de sperme sur catalogue comme cela se pratique couramment aux Etats-Unis...

Pablo Gaona Miranda a aussi raconté comment ses parents nourriciers avaient réagi après qu'il leur avait présenté le résultat des analyses génétiques effectuées à sa demande mais à leur insu, quatre ans après cette terrible scène familiale. Et les réactions ont été très humaines, elles ne manquaient, à ce qu'il dit, ni d'émotion ni d'empathie envers ses vrais parents assassinés et dont ce couple semblait ignorer à peu près tout, tout en ayant tout soupçonné.

Difficile travail que de juger dans un cas pareil. Et rude devoir pour cet homme jeune que de témoigner dans de telles conditions.

Pour en savoir plus sur cette intervention judiciaire, lire l'article paru ce matin sur Página/12.

dimanche 10 août 2014

Il y a deux cents ans aujourd'hui, San Martín devenait gouverneur de Cuyo [Actu]


Il y a deux cents ans aujourd'hui, le 10 août 1814, Gervasio Posadas, Directeur suprême des Provinces Unies du Río de La Plata, signait le décret qui nommait José de San Martín gouverneur de la Province de Cuyo (1). C'est le seul poste politique qu'ait jamais sollicité cet homme d'Etat qui n'aimait pas exercer le pouvoir. Mais pour parvenir à ses fins, la libération de tout le continent sud-américain, San Martín était persuadé qu'il fallait tenir Mendoza et de là, passer d'abord au Chili d'où il pourrait rejoindre par mer Lima, qui était inatteignable par les montagnes de l'actuelle Bolivie, alors Haut-Pérou.

En cet hiver 1814, San Martín relevait de maladie. Des symptômes très spectaculaires, qui avaient fait craindre à tous les témoins sa mort prochaine, l'avaient abattu à Tucumán, où il était allé réorganisé l'Armée du Nord, humiliée par plusieurs défaites consécutives, sous les ordres du général Manuel Belgrano, juste après la très grande victoire de Salta (voir mon article du 20 février 2013 sur cette bataille et la fastueuse célébration de son bicentenaire). En compagnie de son ami Tomás Guido, il avait mis à profit sa convalescence, passée à Córdoba, pour construire son plan stratégique pour sa campagne continentale, qui était la première raison de son retour, en mars 1812, sur la terre qui l'avait vu naître le 25 février 1778. A Córdoba, on lui avait proposé le gouvernorat de la province qu'il avait refusé. Il ne pensait qu'à Mendoza et il obtint Mendoza, qui verrouillait l'accès aux cols andins.

Pendant deux ans, de 1814 à 1816, San Martín s'est employé à organiser son expédition vers le Chili, qui dès octobre 1814, quelques semaines après son arrivée dans la capitale provinciale, était retombé sous la coupe des pro-Espagnols, qui exerçaient une répression cruelle sur les populations locales. Pourtant, à travers l'économie de guerre qu'il imposa, d'une main de fer dans un gant de velours, à toute cette vaste province, aujourd'hui divisée en trois entités distinctes, Mendoza, San Juan et San Luis, il sut développer toute la zone et tirer parti de ses particularités. Non seulement il fonda une industrie de guerre, avec fabrique de poudre, fonderie de canons et arsenal complet, mais, lui qui avait grandi en Andalousie, à Cadix et Málaga, il contribua puissamment à améliorer aussi les rendements et la valorisation commerciale des produits agricoles, qui font encore et toujours la réputation de cette région : huile d'olive, vin et fruits (abricots et raisins secs, pruneaux, pommes et poires séchées cuyains jouissaient d'une excellente réputation dans tout le pays et pouvaient être exportés vers l'Angleterre ou les Etats-Unis).

Ses deux ans à la tête de Cuyo ont profondément marqué le pays qui s'en souvient encore deux cents ans après. Et bien entendu, le comble de l'honneur pour Mendoza, San Juan et San Luis aura été d'avoir réalisé et réussi la traversée des Andes à l'été 1817, car c'est bien à des Cuyains en grande majorité que les Sud-Américains doivent l'éclatante victoire de Chacabuco, au Chili, le 12 février 1817 (voir mon article du 12 février 2014 et celui du 16 novembre 2012 et les documents publiés dans San Martín par lui-même et par ses contemporains, qui en traitent) (2).

Depuis quelques semaines, la Province de Mendoza est entrée dans les célébrations du Bicentenaire de cet épisode clé des guerres de l'indépendance, bicentenaire qui s'étalera jusqu'en 2016. Malheureusement, l'anniversaire est quelque peu éclipsé dans les journaux locaux par l'actualité municipale (le maire de Mendoza est décédé il y a deux jours et il vient d'être remplacé) et une actualité nationale très chargée, avec bien entendu le conflit des hedge funds, les ennuis judiciaires qui pleuve sur le vice-président Amado Boudou, l'identification du 114ème petit-enfant de Abuelas, sans oublier le Día del Niño, et sa myriade de cadeaux pour les chères têtes blondes, et tous les matchs de foot du week-end, d'autant qu'il n'y en a eu aucun le week-end dernier pour cause de deuil à la AFA (voir mon article sur le sujet).

Néanmoins, Los Andes et Diario San Rafael font mémoire de l'événement. Et l'Université Nationale de Cuyo prépare pour les 21 et 22 août un beau congrès d'histoire, ouvert au grand public, et consacré à ce thème tout à la fois national, international et régional. Diario Uno en a annoncé le programme il y a quelques jours.

De surcroît, dans une semaine, le 17 août, ce sera comme tous les ans le Día de San Martín, puisqu'on célébrera partout en Argentine le jour de son passage à l'immortalité, comme on désigne solennellement le décès lorsqu'il s'agit d'un personnage exceptionnel (Belgrano, San Martín, Rosas, Carlos Gardel...).



(1) Ce décret de Posadas fait partie des textes présentés, en version originale avec traduction en français, dans San Martín par lui-même et par ses contemporains, Editions du Jasmin, mai 2014.
(2) Les documents historiques que j'ai présentés dans ce blog dans le cadre de la présentation de mes deux ouvrages sur San Martín ne sont pas reproduits dans l'anthologie bilingue publiée cette année. Devant l'abondance des documents qui nous sont parvenus et leur intérêt historique, j'ai souhaité ne pas me répéter d'un support à l'autre.

Estela raconte son rêve éveillé [Actu]

L'intérêt du public ne décroît pas en Argentine. La réaction des habitants de Tolosa à La Plata, où vit Estela de Carlotto, la présidente de Abuelas de Plaza de Mayo, a dépassé l'imagination. Il semblerait que ce qui se joue ne soit pas l'effet d'une curiosité malsaine sur un fait divers sentimental et privé. Ce qui se passe a toutes les apparences d'avoir une portée symbolique pour toute la nation.


Les sondages révèlent en effet que 80% des Argentins se sentent heureux de ce qui vient de se passer. C'est tout à fait inattendu car l'opposition ne portait pas jusqu'à présent ni Estela ni les Grands-Mères dans leur ensemble dans leur cœur, or l'opposition, toutes tendances confondues, c'est sans doute un peu plus de la moitié de la population, même si le scandale des fonds spéculatif à New York a sans doute, juste avant les retrouvailles avec Guido (ou plutôt Ignacio), resserré les rangs.

A son insu et à l'insu de tous, grâce à son visage charismatique, le calme avec lequel elle s'explique et qu'elle ne perd jamais, avec toutes ces années pendant lesquelles elle a stoïquement assuré les aspects institutionnels de cette lutte, il est probable que Estella de Carlotto ait incarné quelque chose qui restait dans le domaine de l'impensé ou de l'indicible collectif pour une (grande) partie de la population argentine, car les militants des droits de l'homme sont en Argentine une petite minorité, très agissante, plutôt efficace et très visible mais très réduite. Maintenant que cette tragédie se trouve réparée, à travers une famille emblématique, peut-être un nœud s'est-il dénoué dans le pays. Sans doute doit-on beaucoup à la qualité humaine des acteurs de l'événement, Estela, Ignacio (Guido), toute la famille Carlotto et toute la famille Montoya, car ces gens montrent une dignité admirable et un grand bon sens mais il n'en reste pas moins que l'événement intervient quelques jours après ce qui aurait pu être vécu comme une humiliation internationale (et il semble que ça ne l'ait pas été) (1) et un an et demi après l'élection d'un pape argentin, ce qui avait déjà bousculé et continue de bousculer beaucoup de comportements collectifs. Et cerise sur le gâteau, et ça compte dans la porté symbolique, l'identification s'est produite à l'avant-veille d'une fête très familiale, le Día del Niño (c'est aujourd'hui même), où les gamins sont couverts de cadeaux, ce pour quoi depuis plusieurs jours tous les magasins débordent de jouets et font assaut d'opérations commerciales en tout genre pour attirer la clientèle. Ce qui ne peut que favoriser l'identification consciente ou inconsciente de tous les parents, jeunes ou vieux, à cette famille qui se reconstitue (2).

Peut-être l'heure a-t-elle enfin sonné pour le peuple argentin, près de 31 ans après le retour de la démocratie, d'assumer pleinement le passé, de le dénoncer d'un commun accord et de récupérer l'honneur et la fierté nationaux. En tout cas, le traitement de l'affaire que l'on trouve dans les journaux d'opposition et la plupart des journaux régionaux, qui auraient pu n'y voir qu'une affaire bonaerense parmi d'autres, ne manque pas d'interpeller l'observatrice que je suis, car je ne suis qu'une observatrice, quelle que soit la part d'empathie que j'investis dans ce travail (qui n'est pas réalisable sans elle).

Cette ouverture vers un avenir pacifié est en tout cas ce qui ressort très simplement des confidences que Estela de Carlotto a faites à Página/12, qui publie l'interview ce matin, en tête de liste d'une demi-douzaine d'articles de fonds sur le même sujet. A lire en espagnol dans le texte (en vous appuyant le cas échéant sur le traducteur en ligne Reverso, dont vous trouverez le lien permanent en bas de la Colonne de droite). Alors que je suis toujours censée prendre du repos avant mon séjour de rude labeur à Buenos Aires, le temps me manque aujourd'hui pour traduire cet article dans son intégralité même s'il mériterait largement d'être mieux mis à la disposition des francophones.
Parmi ces six articles intéressants, il y en a un particulièrement émouvant : celui de Marta Dillon qui raconte l'histoire depuis la découverte des restes de Laura Carlotto, la maman disparue, tout en parvenant à rendre son récit poétique sans tomber dans le macabre. Là aussi, c'est un signe que ce qui se passe ouvre l'avenir beaucoup plus qu'il ne pousse le passé sous le tapis. Ignacio Hurban a parlé de travail de cicatrisation et l'expression est sans nulle doute la bonne. C'est tout le contraire qui semble se produire alors que l'opposition au travail des Grands-Mères et des Mères préconisaient, sans le dire ouvertement, une sorte de "devoir d'oubli", comme on l'a pratiqué en Espagne après la fin du franquisme et dont peu à peu un certain nombre de survivants du drame réclament maintenant la levée, quarante ans après les derniers crimes.



A lire aussi l'article de La Nación sur le récit fait par la Présidente Cristina de Kirchner au sujet du dîner qu'elle a partagé avec Estela et Ignacio et d'autres personnes impliquées dans ce dénouement. L'article est sans sarcasme, sans pique, sans critique aucune. Un jour à marquer d'une pierre blanche, encore une fois. Et l'article de La Prensa sur le même sujet est encore plus chaleureux et enthousiaste...


(1) Le ministre de la Défense a d'ailleurs fait ouvertement le lien entre les deux en déclarant que la joie apportée par l'identification de Guido donnera à l'Argentine la force de continuer à lutter contre les deux fonds qui cherchent à faire des bénéfices sur le dos d'un pays souverain étranger. Les autorités financières argentines ont d'ailleurs formellement demandé à la SEC des Etats-Unis d'enquêter sur les pratiques douteuses autour de la déclaration du défaut argentin qui a déclenché le paiement d'indemnisations records pour les fonds spéculatifs qui s'étaient portés devant la justice de New York. Voir l'entrefilet de La Prensa sur le sujet.
(2) Les Argentins auraient dépensé entre 300 et 500 pesos en moyenne pour offrir des cadeaux aux enfants, selon La Prensa. C'est pas mal !

Tango Por los caminos del Vino : un nouveau festival au CCC [à l'affiche]


La Province de Mendoza vient lancer à Buenos Aires, au CCC Floreal Gorini, la cinquième édition de son festival de musique urbaine, Tango por los Caminos del Vino, qui mêle le tango et les routes du vin dans cette province dont le produit de la treille est l'un des atouts majeurs, sur le plan économique, gastronomique et touristique.

Il y aura cette année 21 concerts, du 14 au 23 août, un peu partout sur le territoire provincial. Hommage à Astor Piazzolla et Francisco Colombo, bandonéoniste mendocin.

Ce festival présente un caractère solidaire (la majorité provinciale est kirchneriste).
Le prix d'une entrée pour deux personnes à un concert : une caisse de lait pour une institution de protection de l'enfance, la fondación Conin. Le tout dans les grandes caves productrices, le musée national de la vigne et du vin de Maípu (la ville argentine, à ne pas confondre avec l'homonyme chilienne, celle de la bataille), différents hôtels de luxe dans les Andes, l'Œnothèque et le théâtre Independencia (tous deux dans la capitale provinciale), etc.
Les places sont à retirer au Ministère de la Culture de Mendoza, à partir de mardi prochain (12 août) de 9h à 13h (esquina Gutiérrez y España). Programme détaillé sur le blog Tango City.

Et pour le lancement, on vous attend à Buenos Aires, Corrientes 1543, dans la salle Osvaldo Pugliese, mercredi 13 août 2014, à midi. En présence de monsieur le Gouverneur, qui s'est déplacé pour l'occasion ! Il y aura des discours, des dégustations de vin et de la musique vivante grâce à Victoria Di Raimondo et Hernán Reinaudo, que l'on retrouvera quelques jours plus tard au Festival de Tango de Buenos Aires dont le programme se trouve sous ce lien.

samedi 9 août 2014

Première interview du Pape François à une radio argentine [Actu]

En gros titre :
"Ce qui fait le plus de mal, c'est de commérer les uns sur les autres"
Remarquez en bas à gauche
la manchette sur Estela de Carlotto et son petit-fils (enfin) retrouvé

Cela s'est produit hier, vers midi, au lendemain de la grande fête argentine de San Cayetano, sur une radio associative (radio comunitaria) paroissiale de Campo Gallo, petit village perdu dans la montagne de la Province de Santiago del Estero : Radio Parroquial Virgen del Carmen.
Campo Gallo se trouve dans le diocèse de Añatuya, ce même district où est, le 1er novembre 1907, né Homero Manzi, le poète qui a écrit ce magnifique tango qu'est Barrio de Tango (composé par Aníbal Troilo). L'interview intervient à un moment où le diocèse se mobilise pour la cause de canonisation de son premier évêque, un père rédemptoriste nommé Jorge Gotteau.

L'émission est animée par deux prêtres, dont l'un a été ordonné par le cardinal Jorge Bergoglio, deux prêtres du diocèse de Buenos Aires, envoyés par le futur pape pour aider à désenclaver les communautés catholiques de cette zone rurale du nord aux infrastructures insuffisantes. Le Pape François profite de son emploi du temps un peu allégé de l'été pour cette opération marquée au sceau d'un travail pastoral innovant et imaginatif, qui fait souffler un courant d'air frais sur une Eglise qui, dans nos pays développés, en avait le plus grand besoin.

L'interview en direct par visioconférence satellitaire, sur appel de l'évêque de Rome depuis une salle de la Maison Sainte Marthe, a duré une bonne vingtaine de minutes. Elle s'est déroulée dans le tutoiement habituel entre ces trois hommes qui se connaissent depuis très longtemps, bien avant l'élection de mars 2013. Elle a été relayée en direct par plusieurs canaux à travers tout le pays, principalement la radio catholique pan-argentine Panorama et la télévision publique nationale, Canal 7 (dans une édition spéciale du journal télévisé). Tant et si bien que le petit village de montagne est devenu hier l'un des deux centres du pays, l'autre étant bien sûr, à Buenos Aires, rue du Vice-roi Cevallos, le siège de Abuelas où devait se tenir un peu plus tard dans la journée la conférence de presse du petit-fils n° 114, celui de Estela de Carlotto. Pour l'occasion, Campo Gallo avait pavoisé ses rudes rues montagnardes aux couleurs pontificales et plusieurs journaux locaux avaient annoncé la nouvelle depuis quelques jours.

La Nación reprend aujourd'hui, en vidéo, sur son site Internet une émission de plus de 2 heures sur l'événement.
Diario Panorama, organe catholique pan-argentin, reproduit lui aussi l'intégralité de l'interview avec la vidéo Canal 7 de 24 minutes, à la fin de laquelle on entend très nettement l'interruption un peu abrupte de la communication, côté Vatican.


Vidéo disponible à l'heure où je mets en ligne cet article.
Il est possible que Canal 7 ou Panorama la retire du Web sans préavis
Pour la regarder avec plus de confort, reportez-vous au lien vers Panorama (ci-dessous)

Pour en savoir plus :
lire l'article sur l'interview dans El Liberal, le journal provincial
lire l'article sur Campo Gallo dans El liberal
lire l'article de La Nación, dans lequel est intégrée la longue vidéo (un vrai bonheur si vous souhaitez découvrir l'Argentine au rythme et au son des Argentins – de l'anti-produit touristique comme on en fait peu, avec un peu de rock nacional pour assaisonner le tout : à déguster accompagné d'un bon mate, surtout si vous êtes actuellement sous un ciel gris de ce mois d'août quelque peu frais et pluvieux sur l'Europe atlantique)
lire également l'article de Diario Panorama, vidéo incluse (ci-dessus).
On peut y constater que l'interview a été longuement préparée puisque le Pape lit ses déclarations (très probablement pour limiter les risques de perte de temps et donc de dépense excessive – ça coûte cher, les visio-conférences). L'extrait audio de 10 mn (téléchargeable gratuitement) est de meilleure qualité que ce qu'a pu publier Radio Vatican (lien ci-dessous).

Pour quelque chose de plus concentré sur l'événement lui-même et toujours en espagnol d'Argentine, consultez cette page de Radio Vatican, en espagnol, avec un court extrait audio de l'interview (téléchargeable également) et une transcription écrite complète de l'entretien. Le son n'est pas d'une grande clarté, il est parfois un peu difficile de comprendre exactement ce que dit le Pape (mais vous pouvez vous appuyer sur la transcription).
Il est possible également de se reporter à l'article de Radio Vatican en français, beaucoup moins complet.

Il y a quelques jours, les services de communication pontificaux ont fait le minimum syndical sur l'interview accordée à Clarín, que ce quotidien a bizarrement sabotée en l'exploitant très peu et très mal (voir mon article du 29 juillet 2014). Aujourd'hui, on retrouve le traitement ordinaire d'une interview papale, avec reprise intégrale du contenu...

La liesse et l'agitation médiatique continuent autour de la plus célèbre grand-mère d'Argentine [Actu]

L'étreinte a été demandée à grands cris par les journalistes,
avides de capter La photo !

Ignacio Hurban a fait sa première apparition publique, au siège de l'ONG Abuelas de Plaza de Mayo, entouré de sa grand-mère, la présidente de l'association, Estela de Carlotto, et de toute sa famille, à l'exception de quelques membres de la branche Montoya, dont sa grand-mère paternelle, qui, à 91 ans, vit en Patagonie. Il a souhaité que l'on continue à l'appeler du nom que ses parents adoptifs lui ont donné, sous lequel il a vécu depuis sa naissance et pendant trente-sept ans.

Il a répondu aux questions, parfois limite idiotes (1), de journalistes surexcités, expliquant qu'il espérait que le retentissement de son identification puisse aider à se faire connaître toutes les personnes de sa génération qui ont des doutes, des doutes qu'elles ont du mal à reconnaître et à accepter. Tout le monde a à présent pris conscience du caractère catalyseur de cette identification-là, parce que la personne de Estela a focalisée sur elle une quantité d'affection que l'on ne s'imaginait pas jusqu'à présent mais que les événements depuis mardi font paraître au grand jour.
Comme presque tous les autres petits-enfants identifiés, il a souligné la délicatesse et la discrétion avec lesquelles les gens sont reçus chez Abuelas, s'est dit soulagé et heureux comme d'un devoir accompli, il a ajouté qu'il avait conscience d'avoir ainsi participé à un "travail de cicatrisation" de blessures profondes dans un épisode tragique de "notre" histoire. Il a déclaré avoir compris d'où lui venait sa vocation de musicien, lui qui a été élevé par un couple de travailleurs agricoles sans aucun lien avec l'art, puisque son père biologique, Walmir Oscar Montoya, était lui-même musicien, et il a défini la musique comme une forme d'engagement politique – un propos que peu de musiciens pourraient tenir dans nos vieilles démocraties mais qui s'avère très exact dans un pays neuf et tourmenté comme l'Argentine.



Il a beaucoup plaisanté sur la situation qu'il affrontait depuis mardi, sur l'entretien d'hier avec la Présidente ("je la voyais à la télévision et brutalement, j'étais là à parler avec elle et même il me semblait qu'elle parlait avec moi"), avec cette nouvelle famille qui lui tombe du ciel à l'improviste et qu'il trouve très nombreuse, lui qui a été élevé tout seul à la campagne, sur les réactions qui étaient les siennes entre 2010 (année où il a commencé à avoir des doutes) et mardi, lorsqu'il envisageait qu'il pouvait être fils de disparu. Sa femme lui trouvant quelques traits de ressemblance avec Estela de Carlotto, il blaguait autour de l'idée de tant qu'à être fils de disparus, autant que ce soit être petit-fils de Estela. Il a conclu : "Faites attention avec vos souhaits, des fois ils s'exaucent !"

Malgré l'agitation des journalistes, qui s'agglutinent autour de la table comme pour le toucher, l'attitude de tous les intéressés, eux, est très apaisante. Il se dégage de tout cela une impression de cordialité bon enfant et d'authenticité très rare dans notre monde de la communication surexposée.


Pour en savoir plus;
lire l'article de La Nación, qui propose aussi un extrait vidéo de la conférence de presse
lire l'article de Página/12, qui retranscrit le plus fidèlement le déroulement de l'interview, là où les autres journaux donnent davantage dans le sensationnel.
Il y a quelques jours, le Pape François a réagi avec la même émotion que tous les Argentins à la bonne nouvelle venue de Buenos Aires (article en français de Radio Vatican).


(1) "Tu as été arraché aux bras de ta mère cinq heures après ta naissance. As-tu des souvenirs ?"

jeudi 7 août 2014

Un trio féminin suisse à la Academia Nacional del Tango ce soir [à l'affiche]


Ce soir à 19h, nouvelle soirée spéciale en souvenir de Aníbal Troilo, Pichuco, dont je ne vous ferais pas l'injure de vous répéter pour la cinquantième fois que 2014 est l'année de son centenaire...

Cette fois-ci, jeudi 7 août 2014, c'est un trio féminin suisse qui est à l'honneur. Mais à 19h, on projettera un film sur la vie et l'œuvre de Pichuco (je n'ai pas pris le temps de me renseigner sur le titre de ce documentaire : je suis en vacances!).
A 19h45, la projection sera suivie d'une table ronde, avec Horacio Ferrer, Gabriel Soria et Francisco Torné, sur le thème de Toilo et les jeunes générations et enfin à 20h15 s'ouvrira un espace artistique avec les trois musiciennes helvétiques de Balada para Tres, qui ont beaucoup travaillé les tangos à textes de Piazzolla-Ferrer et donneront ce soir un concert en hommage à Troilo, avec création d'une pièce originale qui lui est dédiée.

Entrée libre et gratuite au siège de la Academia, Avenida de Mayo 833, 1er étage.

L'identification de Guido Montoya Carlotto provoque des appels en série auprès de Abuelas [Actu]

En gros titre : "l'étreinte [dont elle rêvait]"

Les retrouvailles entre la famille maternelle, la grand-mère (Estela de Carlotto, ci-dessus) et les oncles et tantes, avec Ignacio Urban, qui devrait s'appeler Guido Montoya Carlotto, font du bruit dans tous les journaux argentins aujourd'hui. La rencontre s'est produite à l'abri des regards hier dans l'après-midi et a duré six heures. Viendra ensuite la rencontre avec la famille paternelle, la grand-mère de 91 ans vit actuellement en Patagonie.

Le bruit médiatique autour de l'affaire a provoqué de très nombreux appels au siège de l'association Abuelas hier dans la journée : environ trois cents personnes qui souhaitent faire des analyses ADN pour savoir si elles ne sont pas les enfants d'un disparu.

C'est évidemment un effet bénéfique car, pour retrouver les quatre cents personnes qui restent inconnues, il faut que le maximum d'individus nés entre 1977 et 1983 se manifestent et acceptent que leur profil génétique soit croisé avec les données de la Banque des données génétiques qui rassemblent les ADN de toutes les familles en recherche d'un enfant né sous la dictature et dont on a perdu la trace après la naissance ou les premières années de vie.

Aujourd'hui encore, les journaux accordent beaucoup d'espace dans leurs éditions aux développement de ces événements. Vous pouvez consulter ces quatre quotidiens en vous rendant sur leur site Web dont vous trouverez les liens dans la Colonne de droite, sous la rubrique Actu (en partie inférieure).

Mais c'est La Nación, un journal qui regardait toute cette lutte des droits de l'homme avec réserve jusqu'à il a peu de temps (1), consacre un article aux nombreux appels reçus par Abuelas depuis l'annonce de la nouvelle.


C'est ce que Miguel Rep, peintre, caricaturiste, militant démocratique et journaliste à sa manière, avait pressenti hier dans son dessin pour Página/12, avec ces deux hommes et ces deux femmes, perdus dans une foule, et se demandant s'ils n'étaient pas eux-mêmes le 115ème petit-enfant à identifier.

Aujourd'hui, le dessinateur, partageant sans doute l'euphorie de l'heure, se lâche avec un dessin très drôle, qui n'a rien à voir avec l'histoire (encore que...) et qui m'a fait mourir de rire ce matin, quand je faisais rapidement ma revue de presse quotidienne. Comme l'heure est à la joie, malgré les fonds vautour et leurs âmes damnées à New-York, je vous le traduis : c'est juste des jeux de mots gratuits, pour le fun !

Tout et Rien
Tout est une chatte
Rien est un chat
La Tout et le Rien
Tout et Rien s'aiment
et ils ont [donné naissance à] Presque et à Plusoumoins
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Ici, en Europe, la nouvelle est diffusée à petite dose et avec des approximations inouïes. Je me demande comment on peut encore parler d'une information digne de foi dans ce cas et si seulement c'était la première fois que j'entendais des sottises concernant l'Argentine et l'Uruguay (et je suppose qu'il doit en être de même pour tous les autres pays de l'Amérique Latine).


(1) D'abord parce que les ONG étaient les adversaires irréductibles d'un régime que le journal n'avait pas vraiment combattu, ensuite parce qu'elles sont très proches de l'actuel gouvernement, qui mène depuis 2003 le combat judiciaire pour que les crimes de la Dictature soient effectivement sanctionnés, après divers procès suivis de lois d'amnistie, dans les années Carlos Menem (1990-1999), qui ont de fait permis à différents coupables d'échapper à la Justice.

mercredi 6 août 2014

Une grand-mère comblée : Estela de Carlotto a retrouvé son petit-fils [Actu]


C'est la cent-quatorzième personne qui retrouve son identité familiale de naissance en Argentine après les rapts de bébé sous la dictature de 1976-1983. Il est un musicien, c'est un auteur-compositeur interprète de jazz, qui enseigne aussi au conservatoire et dirige l'école municipale de musique de Olivarría, une ville de la Province de Buenos Aires. On le connaît sous le nom de Ignacio Urban. A sa naissance, le 26 juin 1978, à l'hôpital militaire de Buenos Aires, où fonctionnait alors une maternité clandestine pour les prisonnières politiques, sa mère, Paula Carlotto Barnes lui avait donné le prénom de Guido. On sait désormais le nom réel de son père, un militant clandestin comme sa mère : c'est Walmir Oscar Montoya, lui aussi disparu sous la dictature.

C'est donc le petit-fils de la présidente de Abuelas de Plaza de Mayo qui a été identifié.

Hier, lors d'une grande conférence de presse, la grand-mère a elle-même annoncé la nouvelle.


Tous les amoureux de l'Argentine peuvent se réjouir aujourd'hui car Estela de Carlotto a beaucoup donné de sa personne pour cette cause. Toutes les grand-mères méritent de retrouver leurs petits-enfants mais quand c'est à elle que cela advient, c'est un peu à tous les Argentins de bonne foi aussi tant elle a su incarner ce combat et lui donner un visage avenant et pacifique.

C'est le grand sujet de Página/12 aujourd'hui avec une multitude d'article, sur la grand-mère, sur le petit-fils, qui se posait des questions depuis plusieurs années et a fait le premier pas en juin dernier, sur la tante, Claudia Carlotto, qui est à la tête de la Commission nationale pour le Droit à l'Identité (CONADI) et qui, à ce titre, a eu à annoncer hier la nouvelle à son neveu, comme elle le fait pour toutes les personnes qui se sont manifestées spontanément chez Abuelas, à cette seule différence qu'il a fallu opérer par téléphone à cause des fuites immédiates qui se sont produites au tribunal, d'où la nouvelle a été lancée à la presse et au public avec tous les détails qui d'habitude sont gardés confidentiels pour permettre à la personne identifiée de prendre les choses à son rythme et selon ses besoins psychiques.


Comme il est musicien, il s'était rapproché du programme culturel de Abuelas Música para la Identidad, pour lequel il a écrit au moins une chanson, le 24 mars dernier. Il a été recueilli par des personnes de bonne foi qui n'avaient rien à voir avec le régime répressif de la dictature. Il a donc été élevé dans des idées qui ne le tiennent pas opposé à sa famille, comme cela arrive parfois lorsque les enfants ont été adoptés (frauduleusement) par des sbires de la Junte.

Mais ce n'est pas comme d'ordinaire que Página/12 qui fait la fête aujourd'hui. Toute la presse est au diapason. Et la Présidente a bien entendu félicité officiellement (et de façon privée aussi) Abuelas. Et elle a pleuré lorsqu'elle a su, en appelant le siège d'Abuelas, que la nouvelle, qui courait déjà dans tous les médias, était exacte.

Pour en savoir plus :
lire l'article où La Nación voit -enfin- en Estela de Carlotto un symbole de la Justice
lire l'article principal de La Prensa, dont la une n'est pas disponible.

lundi 4 août 2014

Centenaire des premiers combats de la Grande Guerre [Actu]

couverture de la partition

Il y a cent ans, le premier soldat belge tombait lors des premières escarmouches à Thimister, entre l'armée allemande et la toute petite armée de Belgique : le Cavalier Fonck. Cette violation de la neutralité belge par l'Allemagne déclenchait une cascade d'entrées en guerre dans les pays avoisinants, dont la France et la Grande-Bretagne. C'en était fini de la paix en Europe.

Le monument au cavalier Fonck,
mortellement atteint pendant une reconnaissance de l'avancée ennemie

Liège, la plus septentrionale des villes francophones, allait se battre une dizaine de jours pour protéger la route de Bruxelles et de Paris et permettre aux alliés franco-britanniques de préparer la défense ou la riposte. Dès le 8 août, elle était décorée de la Légion d'Honneur par le Gouvernement français (décoration qui fut solennellement remise en juillet 1919 et que la Cité Ardente garde précieusement dans ses trésors).

Liège - juillet 1919

En ce mois d'août 1914, le monde entier rendait hommage à l'impressionnante résistance belge. Les musiciens de tango à Buenos Aires, dans une Argentine qui restera neutre jusqu'au bout, donnèrent leur part : il nous en reste, entre autres, Bélgica, de Enrique Delfino.

A écouter sur Todo Tango, la grande encyclopédie du tango en ligne.

Pour connaître le programme du Centenaire de 14-18 en Belgique, consulter le site Internet officiel.

Au programme de la Academia Nacional del Tango en ce lundi [à l'affiche]


Ce premier Plenario d'août sera consacré à rendre hommage au chanteur Héctor de Rosas, l'un des créateurs de María de Buenos Aires, de Astor Piazzolla et Horacio Ferrer. Il interviendra dans le cadre de la série de rencontres intitulée Las Estrellas del tango cuentan sus éxitos (les étoiles du tango racontent leurs succès).

Héctor de Rosas occupera également l'espace artistique qui suivra, accompagné par le pianiste Leonardo Fernández.

En tango rituel, les participants écouteront Mañanitas de Montmartre de Lucio Demare, joué par lui-même sous forme d'un solo de piano.

Dans le cadre du Centenaire Troilo, il sera projeté une archive télévisuelle où Pichuco interprète avec son orchestre et le chanteur Tito Reyes Dicha pasada, de Guillermo Barbieri (collection personnelle de Gabriel Soria).

La soirée se tient ce soir, lundi 4 août 2014, à 19h30, au siège de l'institution, Avenida de Mayo 833, au premier étage.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

Le programme de Tango de Miércoles pour ce mois d'août [à l'affiche]

Une programmation de tango nuevo à la pointe de la création musicale à Buenos Aires. Pour ceux qui se trouvent dans la capitale argentine en ce mois d'hiver, cela vaut vraiment le coup d'aller découvrir tout ça au Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini (CCC pour les intimes), Corrientes 1543.

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