lundi 25 octobre 2021

Un brin de Charlymania ne saurait nuire [Actu]

"Chansons inoxydables", proclame le gros titre
du supplément culturel quotidien de Página/12
En haut, Charly García
En bas, Fito Páez
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Pas moins de trois articles ce matin dans les pages de Página/12 et un supplémentaire sur le magazine El Planeta Urbano pour raconter et commenter les méga-concerts de samedi soir pour rendre hommage à Charly García.

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Le public argentin est d’autant plus ému de l’apparition de l’artiste sur scène avant-hier que ses problèmes de santé de ces dernières années ont affecté ses capacités vocales.

La une de Clarín est un coup de Jarnac !
Certes, Charly est là mais il est contesté
("Retour de Charly : doit-il continuer à chanter ?")
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Comme Charly est de gauche et qu’on est en pleine campagne électorale, la presse de droite est beaucoup plus réservée à son sujet. Dans Clarín, on trouve bien un article mais son sujet laisse pantois : les festivités mondaines et les invraisemblables tenues vestimentaires des invités à la fête mondaine organisée toute la nuit dans un luxueux grand hôtel de Buenos Aires. Une petite pique contre la « gauche-caviar » du monde artistique portègne ? Peut-être. Mais il peut s’agir aussi, plus simplement, de la traditionnelle et malsaine curiosité pour la vie des « people » propre à ce quotidien tabloïd.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

dimanche 24 octobre 2021

Un an après sa mort, un biopic sur Maradona à la télé – Article n° 6800 [à l’affiche]

Quelques images tirées du film
En haut avec le maillot de la Paternal
au centre avec celui de l'équipe argentine
en bas avec celui de Boca Juniors
Une du supplément culturel quotidien de Pagina/12
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Vendredi prochain, Diego Maradona aurait eu 61 ans. On se souvient que l’année dernière, à peine quelques jours après une grande fête organisée pour ses supporters et autres fans à l’occasion de cet anniversaire. El Diez, dit aussi D10S, est mort dans des circonstances suspectes, qui font l’objet d’une instruction judiciaire.

Jeudi prochain, à 22 h, la télévision publique argentine (chaîne Canal 9) et Amazon Prime Video (le producteur) vont commencer à diffuser un feuilleton biographique en dix épisodes : Maradona, Sueño bendito (Maradona, un rêve béni). Le premier épisode sera donc gratuit tandis que les suivants seront disponibles en VOD payant.

En moins de douze mois et au milieu de la pandémie, ce feuilleton aura donc été écrit, produit, tourné et monté et il n’aura pas fallu moins de quatre acteurs pour interpréter le rôle mythique : un enfant, dans l’épisode que l’on verra jeudi, puis trois adultes, pour chacune des trois époques de la carrière et de la vie de Maradona : ses débuts dans la modeste équipe du quartier populaire de Paternal lorsqu’il était encore un adolescent, puis sa carrière d’abord à Boca Juniors puis à Naples et sa trajectoire au sein de la Sélection nationale puis enfin la retraite, à la Bombonera, sous les couleurs de Boca (son fameux « La pelota no se mancha »), et la lente décadence avec l’avalanche d’accidents de santé, ses échecs comme entraîneur et les scandales en tout genre, dont son divorce, ses fâcheries avec ses filles légitimes, ses compagnes successives et l’apparition de ses enfants adultérins.

Les trois acteurs rassemblés pour le dossier de presse

Página/12 et La Nación profitent du week-end pour interviewer longuement les interprètes, bluffants de ressemblance avec l’idole disparue, dans leur édition dominicale. Tous les journaux annoncent la prochaine diffusion, attendue depuis des mois en Argentine, sur leur une papier du jour !

Tous les articles sont abondamment illustrés : le service presse de Amazon Prime a fait du bon boulot.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación

Ajout du 28 octobre 2021 :

La presse continue le matraquage autour de Maradona: Sueño Bendito, qui sort ce soir sur Canal 9 le seul 1er épisode puis demain sur Amazon Prime Vidéo pour l’ensemble du feuilleton (10 épisodes). Tout le monde cherche un angle nouveau pour renouveler l’intérêt du lectorat. Ce qui nous donne un bon nombre d’interviews de personnes impliquées dans l’aventure : acteurs, actrices, producteurs, réalisateurs, scénaristes, etc..
Clarín a opté pour l’annonce des émissions que diffuseront les différentes chaînes de télévision à l’occasion du premier anniversaire de la disparition de l’idole.
Pour aller plus loin :
lire l’article de une de Cultura y Espectaculos, le supplément culturel quotidien du journal phare de la gauche argentine
lire l’article de La Prensa
Par ailleurs, le gouvernement a déclaré hier site historique national l’humble maison natale de Maradona, dans la banlieue sud et populaire de Buenos Aires, à Villa Fiorito.
Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12
lire l’article de La Nación


Une du supplément culturel quotidien de Página/12
"Le ballon toujours au n° 10", dit le gros titre
sur une photo d'un des acteurs interprétant Maradona

Invité surprise hier au CCK : Charly lui-même s’est joint à la fête et Fito aussi [à l’affiche]

La joie du public à l'entrée de Charly sur scène
Où l'on s'aperçoit que les gestes barrières sont peu à peu oubliés là-bas aussi
(D'où cette légère recrudescence des cas que l'on observe depuis quelques jours ?)
Photo Martin Bonetto


Hier, il n’était pas prévu que Charly García participe à la grande soirée que le CCK avait organisée pour ses soixante-dix ans tandis qu’on attendait Fito Páez au Teatro Colón et non au CCK.

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Ce fut donc une surprise considérable lorsque sur la scène du CCK, les spectateurs virent apparaître la silhouette toute de blanc vêtue du chanteur rock dont l’anniversaire les réunissait tous dans cette immense salle de la Ballena Azul…

Charly toujours
Tout en haut, à gauche : le biopic sur Maradona
En gros titre  : du rififi en Patagonie
(où certains Mapuches continuent à réclamer leurs terres),
ce qui empoisonnent le gouvernement au milieu de la campagne
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De même, son confrère et ami Fito Páez vint sur cette scène se joindre à la fête et lui rendre un hommage qui n’a échappé à personne.

La plupart des journaux raconte l’épisode ce matin, souvent à la une imprimée, et sur leurs sites Internet, on peut visionner la soirée ou des extraits de celle-ci.

En haut, au centre :Maradona et le biopic à venir
à droite : Charly et son anniversaire aau CCK
En gros titre : "Tous pour quelques uns"
Le gros oligarque dans sa voiture de course : "Que le meilleur gagne"
Le quotidien dénonce les trois géants de l'industrie alimentaire argentins
qui refusent de jouer le jeu du gel des prix pour des produits de première nécessité
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Bref, une fête réussie et inoubliable pour ceux qui ont eu la chance de pouvoir retirer des billets. A voir et à revoir sur les différentes chaînes en ligne et autre Youtube.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’article principal de Clarín
lire l’article principal de La Nación, qui se rattrape ce matin en mettant Charly en une et en vedette.

Miguel Rep expose à Rosario pour les 700 ans de Dante [à l’affiche]

Vernissage le 21 octobre dernier
Photo Gustavo Villordo (Facebook CCRF)


Au Centro Cultural Roberto Fontanarrosa de Rosario, le peintre et dessinateur de presse Miguel Rep expose jusqu’au 28 novembre 2021 des dessins originaux que lui a inspiré La Divine Comédie de Dante.

La manifestation est organisée en partenariat avec le ministère de la Culture de la province de Santa Fe et le consulat général d’Italie à Rosario.

L'un des dessins de l'exposition
Un pauvre Dante perdu dans une forêt obscure...

L’artiste s’est rendu à Rosario jeudi dernier, pour assister à l’inauguration de l’exposition en présence du consul italien.

L’exposition se visite tous les jours de mardi à dimanche, de 14h à 19h, au CCRF, situé Plaza Montenegro, dans la capitale économique et culturelle de la province.

Photo Gustavo Villordo (Facebook CCRF)

Entrée libre et gratuite. Masque obligatoire.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

samedi 23 octobre 2021

Joyeux anniversaire, Charly García ! [à l’affiche]


Aujourd’hui, l’auteur-compositeur interprète et multi-instrumentiste Charly García a 70 ans. Le musicien est l’un des quatre pionniers du rock argentin. Dans son pays, c’est plus qu’une immense vedette. C’est un emblème vivant !

Une du supplément culturel quotidien de Pagina/12
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La fête est donc à son sommet tout ce week-end, avec un méga-concert toute la journée au CCK, grâce à une centaine d’artistes participants, et un récital de Fito Páez (1) rien moins qu’au Teatro Colón, hors programmation de la saison 2021. Toutes les places ont déjà été distribuées. On a vu une file d’attente en lacets sur l’ensemble du parvis du CCK de fans espérant pouvoir retirer des places pour aujourd’hui.


TV Pública ne sera pas en reste : elle retransmettra l’un des concerts de ce soir en direct à 20 h.

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La pandémie a équipé l’Argentine d’une multitude de nouveaux canaux en ligne et beaucoup de ces manifestations seront donc diffusées en direct sur des plateformes comme Contar, Vivamoscultura, multiples chaînes Youtube et tous les réseaux sociaux.

Le clin d'oeil de Rudy et Daniel Paz ce matin à la une de Pagina/12
Garcia, merci !
Le petit bonhomme, c'est Daniel Paz lui-même

Tous les journaux participent aux festivités. Tous publient aujourd’hui plusieurs articles consacrés au rocker. Par ailleurs, mise à part La Nación, Charly García a sa place sur toutes les unes ! La Nación se rachète toutefois sur son site Internet en offrant un magnifique article qui résume cette longue et brillante carrière en 70 chansons mémorables, dont l’internaute peut écouter un certain nombre à travers des enregistrements qui ont marqué l’histoire de la musique populaire argentine et sud-américaine.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus :



(1) Fito Páez est l’un de ces autres pionniers du genre, avec Litto Nebbia et le regretté Luis Alberto Spinetta.

Florece Identidad, la nouvelle campagne de Abuelas [Actu]

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Abuelas de Plaza de Mayo vient de fêter ses 44 ans (et sa présidente, Estela de Carlotto, ses 91 printemps).

A cette occasion, l’association, qui recherche toujours environ 300 enfants arrachés à leurs familles sous la dictature militaire de Videla et consorts (1976-1983), a lancé une nouvelle campagne de sensibilisation intitulée Florece Identidad (l’identité fleurit). Il s’agit d’éveiller le questionnement chez des adultes quarantenaires qui vivent encore dans l’ignorance des mensonges délibérés ou par omission qui entourent leur naissance ou leur adoption.

"Si tu comprends cette image
à coup sûr, tu es né(e) entre 1975 et 1983
Tu pourrais être l'un ou l'une des petits-enfants
qu'on recherche toujours
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Le secrétariat d’État aux Droits de l’homme soutient lui aussi cette recherche et lance sa propre campagne de communication sur le sujet, une campagne que les ambassades relaient à leur tour dans tous les pays puisque les personnes peuvent s’être installées n’importe où sur la planète. Il y a quelques années, on a ainsi pu identifier l’une d’elles aux Pays-Bas où elle vit.

Bien entendu, seul Página/12 se fait l’écho de ces campagnes. Une grande partie de la droite juge en effet qu’il ne faut pas remuer ces réalités d’un temps ancien et regardent avec beaucoup de circonspection, pour le dire a minima, le travail de l’association des Grands-mères de la Place de Mai.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de une de Página/12 sur Florece Identidad
lire l’article de Página/12 sur la campagne gouvernementale

Les fêtes gastronomiques remettent le couvert [à l’affiche]

Festival Carne! 2019


Maintenant que les beaux jours reviennent et que la vaccination a fait son effet en faisant reculer l’épidémie de covid-19, le calendrier des festivals de gastronomie reprend tous ses droits.

C’est ainsi que ce week-end a lieu le festival Carne! (Viande !) à l’hippodrome de Buenos Aires, dans le quartier de Palermo, au nord de la ville, samedi et dimanche, de midi à minuit : les Portègnes vont pouvoir y déguster toutes sortes viandes et saucisses rôties à la braise, avec leurs litres de sauces chimichurri ou criolla, pour des prix beaucoup plus modiques que dans les restaurants, le tout à l’air libre, dans la douceur du printemps. Les prix varient de 450 à 700 pesos par personne.

D’autre part, demain, dimanche, se tiendra sur Plaza Moscú, dans l’espace vert de Costanera Sur, la première édition d’une fête de la pizza, un plat traditionnel que les Argentins ont hérités de leurs innombrables ancêtres italiens, la Festa de la Pizza Italiana (dans la langue de Dante, s'il vous plaît). Avec un championnat national de pizza, parrainé par le consulat général d’Italie à Buenos Aires !

Plus tard viendront les festivals comme Masticar (se passe de traduction), Bocas abiertas (bouches ouvertes), à San Isidro (dans la banlieue très chic), Leer y comer (lire et manger), Buenos Aires Market ou Sabe la Tierra (la Terre sait)…

Bocas Abiertas, à San Isidro, 2019

Une résurrection après la terrible épreuve des confinements successifs…

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

La Noche de las Librerías est de retour [à l’affiche]

Une photo qui date d'il y a deux ans...


Pour la première fois depuis deux ans, La Noche de las Librerías revient envahir cette nuit la Avenida Corrientes et une partie du quartier de San Telmo. La plupart des librairies qui ont survécu à la crise seront ouvertes au moins jusqu’à minuit pour une gigantesque fête de la lecture dans des rues devenues piétonnes pour l’occasion.

Des conférences, des rencontres avec des écrivains, des séances de signatures et même des concerts sont au programme. De nombreux restaurants s’associent à l’opération et proposent des menus ou des formules adaptés à la déambulation des lecteurs et des acheteurs.

Avenida Corrientes, le même événement en 2019

En Argentine, le secteur du livre a beaucoup plus souffert qu’en France. De nombreuses librairies ont déposé le bilan. Les ventes de livres ont d’autant plus chuté que l’État n’a pas été en mesure de soutenir le pouvoir d’achat comme il a pu le faire dans les pays européens.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’article de Clarín
lire la présentation du ministère de la Culture de la Ville autonome de Buenos Aires (programme complet inclus).

jeudi 21 octobre 2021

José Colángelo et Franco Luciani ce soir à Rosario [à l’affiche]


Le pianiste octogénaire José Colángelo et l’harmoniciste Franco Luciani présentent ce soir, jeudi 21 octobre 2021, à 21h, dans la Salle Lavardén, à Rosario, leur disque qui vient d’être récompensé par le prix Gardel du meilleur album de tango 2021.

Luciani est originaire de la capitale culturelle et économique de la province de Santa Fe. Il est donc accueilli ce soir chez lui dans cette salle qui dépend du ministère de la culture provincial. Ce soir, le contrebassiste Pablo Motta et la guitariste Leandro Andersen accompagnent sur scène les deux artistes vedettes.

Dans ce disque, le vieux maestro et son jeune partenaire font revivre une tradition du tango naissant au 19e siècle jusqu’à l’apparition des orchestres professionnels au tournant des années 1910 : ils ont improvisé les morceaux qui composent ce nouvel album.

Entrée : 1 200 $ ARG.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire la présentation du concert sur le site Internet de la salle.

Au lendemain du pied de nez [Actu]

"J'en ai rien à cirer", dit le gros titre en faisant parler
l'ex-président (photo)
L'expression courante fait un jeu de mots
avec le surnom "Pepín" de l'ex-conseiller de Macri
qui s'est installé à Montevideo pour fuir la justice argentine
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Au lendemain de son refus de se présenter devant le juge d’instruction, Mauricio Macri a obtenu un deuxième renvoi de la première audition et il a promis cette fois-ci qu’il se rendrait au tribunal.

C’est son avocat qui a révélé le pot-aux-roses : l’ancien chef d’État veut éviter à tout prix de voir sa photo prise au moment où il entre dans le palais de justice pour répondre au premier interrogatoire d’instruction dans les journaux avant le premier (et souvent unique) tour des élections de mi-mandat. Pourtant, contrairement à ce qu’avait fait Cristina Kirchner il y a quatre ans après ses deux mandats présidentiels successifs, lui-même n’est pas candidat, ni comme député ni comme sénateur. En revanche, il songerait à se représenter à l’élection présidentielle de 2023.

Une nouvelle fois, les familles des victimes du sous-marin se sentent comptées pour rien par cet homme politique qui n’a brillé ni par son courage ni par sa franchise tout au long de cette tragédie qu’il a fait prolonger pendant des mois, engageant 18 pays différents dans de vaines recherches d’épave alors que le gouvernement a su très vite, dans les jours qui ont suivi le naufrage, où se trouvait le bâtiment éventré. 44 militaires morts en mission. Et des familles tenues, avec une cruauté inouïe, dans l’ignorance de ce qu’il s’était passé, pour des motifs qui restent aujourd’hui incompréhensibles.

Dans la présente affaire, l’ancien président n’a toutefois pas obtenu satisfaction sur toute la ligne : le juge de Dolores a refusé de se démettre et a débouté Macri de sa demande de dépaysement de l’affaire au profit de la justice fédérale siégeant à Buenos Aires. Le magistrat a déclaré irrecevables, nuls et non avenus les arguments, quelque peu tirés par les cheveux, que l’avocat de Macri lui avait présentés hier.

L'information est en une mais il faut bien la chercher...
Je vous laisse faire !
En haut le gros titre promet des pénuries dans les supermarchés
à cause du gel des prix de 1400 produits de première nécessité.
Il faut que l'initiative du gouvernement sème la panique
dans l'opinion publique : on est en campagne électorale !
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Sans surprise, Página/12 consacre une grande partie de ses pages politiques à ce scandale judiciaire et institutionnel tandis que les trois autres quotidiens se contentent d’articles courts qui font la part belle aux arguments de l’avocat du prévenu et qu’ils publient de la plus discrète des façons tant sur leur une imprimée (seul Clarín ose le faire) que dans leurs pages intérieures et sur leur site Internet.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

mercredi 20 octobre 2021

Ce soir, double hommage en musique au CCK [à l’affiche]


Ce soir, mercredi 20 octobre 2021, à 20 h, la Orquesta Nacional de Música Argentina Juan de Dios Filiberto fera sa rentrée au CCK après deux ans sans représentation à cause du covid.

Au programme : uniquement du tango et en particulier quelques morceaux pour saluer la mémoire de Diego Maradona avec Pompeya para Diego era París, de Alejandro Swarzcman et Javier González (1) et à Astor Piazzolla, dont on célèbre le centenaire depuis mars dernier (Años de soledad et Balada para un loco) (2).

L’orchestre se présentera sur scène en format réduit, avec seulement 15 musiciens. La direction d’orchestre sera confiée à Oscar De Elía, qui a invité pour l’occasion la chanteuse Patricia Barone (une voix somptueuse) et le guitariste et compositeur Javier González, à qui on doit outre Pompeya para Diego era París un tango en hommage à Abuelas de Plaza de Mayo, Pompeya no olvida (3).

A cette occasion, l’orchestre interprétera un tango nouveau, composé par Javier González et Patricia Barone, intitulé El Mudo y el Gato, un hommage à Gardel (« el Mudo ») et à Piazzolla (« el Gato ») qui se rencontrèrent à New York en 1935, quelques mois avant que le premier trouve la mort en Colombie, à cause d’un accident d’avion.

Entrée libre et gratuite.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :



(1) Pompeya para Diego era París (Pour Diego, Pompeya, c’était Paris !) fait partie du corpus que je présente en version bilingue dans Deux cents ans après – le Bicentenaire de l’Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, Tarabuste Éditions.

(2) Balada para un loco, l’un des tangos les plus célèbres du duo Astor Piazzolla-Horacio Ferrer. Il fait bien entendu partie du répertoire que j’ai traduit dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j’ai publié aux Éditions du Jasmin, qui se sont doté cet été d’une boutique en ligne.
(3) Pompeya n’oublie pas. Tango splendide que j’ai traduit dans Deux cents ans après.

Macri fait un pied de nez à la justice [Actu]

En haut à droite : "Macri veut un juge ami"
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Mauricio Macri est rentré hier de Miami où il avait été retenu pour d’opportuns cours de leadership à donner aux étudiants d’une université libérale de Floride et sans grande surprise, il a aussitôt fait savoir qu’il refusait de se rendre à la convocation du juge d’instruction qui souhaite l’entendre dans l’affaire des écoutes illégales conduites sous sa présidence par les services de contre-espionnage contre les membres des familles des sous-mariniers du ARA San Juan, disparu pendant une mission en novembre 2017, au milieu du Mar Argentino, alors qu’il faisait route du sud de Tierra del Fuego à Mar del Plata, la base des sous-marins (au nombre de deux désormais).

L’ancien président est soupçonné d’être le commanditaire des écoutes et leur bénéficiaire puisque les ayant-droits des disparus étaient plus que remontés contre le gouvernement aux affaires et que leur colère très médiatisée ne jouait pas en sa faveur dans le cadre de sa campagne électorale pour une second mandat.

Mauricio Macri invoque donc l’incompétence du juge fédéral qui siège à Dolores, dans la province de Buenos Aires, où se trouve Mar del Plata où vivaient, quand le « San Juan » a disparu, et vivent encore pour beaucoup d’entre elles la plupart des familles, aujourd’hui portées parties civiles contre lui et les autres responsables du naufrage, qu’ils soient des officiers ou des politiques, impliqués dans les nombreuses branches de ce scandale de grande ampleur.

La Nación se montre très discrète
(regardez en bas à droite)
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Macri prétend en effet que l’affaire doit être traitée dans la capitale fédérale, où siège la présidence argentine et où le tribunal fédérale a la réputation, non usurpée, de lui être favorable : un grand nombre de magistrats y sont clairement à droite et ont tendance à ménager ce côté-là du spectre politique. De plus, il invoque un complot de la gauche qui, à travers cette inculpation, ne chercherait qu’à monter de toutes pièces une affaire contre lui. Il ajoute à tout cela des craintes trumpesque selon lesquelles il y aurait des risques que les élections fassent l’objet de fraudes (1). Bien entendu, et là encore comme à son ordinaire, Macri prétend qu’il se soumettra toujours à la justice de son pays et qu’il n’est pas question pour lui de s’y dérober. Pourtant, il n’a jamais déferré aux ordres d’un juge depuis qu’il est entré en politique. Il s’agit donc de manœuvres dilatoires comme le code de procédure pénale argentin en permet de très nombreuses.

Il faut maintenant rappeler que les politiques de gauche, lorsqu’ils ont été poursuivis par la justice argentine, se sont rendus à ses convocations en temps et en heure. L’ancien ministre des Affaires étrangères, le défunt Héctor Timerman, qui vient d’être innocenté à titre posthume dans l’affaire iranienne, avait même subi des interrogatoires à distance alors qu’il était entré dans la phase terminale de son cancer.

L'info fait l'objet d'un titre secondaire
en haut à droite (avec photo)
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L’attitude de Macri provoque bien entendu une deuxième demande des parties civiles contre lui : les plaignants souhaitent qu’il soit arrêté sur le champ pour ce deuxième refus de se présenter devant le magistrat instructeur (la première fois, convoqué le 7 octobre, il avait déjà refusé de rentrer en Argentine sous prétexte d’une invitation soudaine à donner des cours en Floride).

Dans le camp politique de Macri, plusieurs voix s’élèvent pour condamner cette attitude de l’ancien président. Certains ténors de droite et quelques candidats parlent même dans son chef de lâcheté. L’un d’eux a rappelé qu’il y avait besoin d’exemplarité en Argentine. Pas faux ! Ailleurs aussi par la même occasion. Ce n’est pas la première fois que les agissements capricieux de l’ancien leader ultra-libéral rencontrent la condamnation morale des membres de son parti et autres alliés. Et cette fois-ci, en pleine campagne électorale, cette désolidarisation indique qu'il existe bel et bien dans l'opinion publique une exigence d'Etat de droit et d'impartialité dans la lutte contre l'impunité.

La presse de droite, quant à elle, semble dans ses petits souliers : les journalistes ne sont pas aveugles, ils discernent très bien la manipulation en direction de l’opinion publique et la commentent mais certains cherchent malgré tout à discréditer le juge.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 qui met l’information à sa une papier
lire l’article de La Prensa, sur son site mis à jour dans la journée (mais le journal a mis l’information à sa une, avec photo)
lire l’article de Clarín, issu lui aussi d’une mise à jour de son site Internet
lire l’article de La Nación



(1) Il a déjà avancé les mêmes accusations à peine voilées avant les primaires. Résultat : ce scrutin a donné la victoire à l’opposition. Si donc l’actuelle majorité essaye de frauder, elle s’y prend vraiment très mal. Il n’y a définitivement aucune crainte de cet ordre à avoir.