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mercredi 29 décembre 2021

Le Museo Histórico del Norte expose une relique [à l’affiche]

Un objet émouvant.
On devine encore la présence des couleurs nationales bleu ciel et blanc
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(photo Xavier Martín)


Le Museo Histórico del Norte  ça se traduit tout seul‑est un ensemble de musées nationaux situés dans la province de Salta (nord-ouest, presque à la frontière avec la Bolivie au nord et le Chili à l’ouest).

Celui qui se situe au plein cœur historique de la capitale provinciale et qui occupe le bâtiment du cabildo colonial (l’hôtel de ville d’Ancien Régime) expose depuis quelques mois une relique du gouverneur légendaire de l’époque indépendantiste : Martín Miguel Güemes dont on célébrait cette année le bicentenaire de la disparition.

Le coin de l'exposition
avec ce tableau à l'image mythique et ce sol à dalles de terre cuite
si emblématique des bâtiments de l'époque coloniale
Cliquer sur l'image pour une haute résolution
(photo Xavier Martín)

Il s’agit d’un des bicornes du héros, une coiffe qui appartenait à son uniforme de cérémonie, qu’il utilisait dans les grandes occasions civiles et militaires. L’objet a été longuement restauré avec grand soin et il est maintenant présenté dans une vitrine protectrice à côté d’un tableau iconique (bien qu’il date de 1912), qui montre Güemes partant à l’assaut de l’ennemi à la tête de ses gauchos (sa cavalerie de paysans locaux), une des grandes fiertés de la province.

Il n’existe pas de portrait de Güemes de son vivant. Sa représentation a donc été fantasmée par quelques artistes qui lui ont donné, pour les besoins de la mémoire politique et ceux des enseignants de l’école obligatoire depuis 1883, un visage désormais adopté par tout le monde (mais peut-être très différent de la réalité historique).

La conservatrice et la restauratrice posent devant leur travail
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(photo Xavier Martín)

Ce matin, La Nación consacre un long article, abondamment illustré de très belles photographies, à cet objet qui devrait désormais attirer à Salta de nombreux touristes de tout le pays, même si, pour l’heure, le variant omicron, qui prend ses aises aussi dans l’hémisphère sud, entrave une nouvelle fois les allers et venues entre les différentes régions du pays et gâchent déjà le début des vacances d’été.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lundi 9 août 2021

Mieux vaut tard que jamais : les Gauchos de Güemes ont eu leur défilé à Salta [Actu]

Photo du service de presse du gouvernement de la Province de Salta


La levée des restrictions sanitaires les plus sévères samedi dernier a permis hier dimanche aux groupements traditionalistes des gauchos saltègnes de rendre enfin hommage au héros révolutionnaire de leur province dont on célébrait, en mode covid, le bicentenaire de la mort le 17 juin dernier, en présence du président Alberto Fernández, qui a de ce fait essuyé la colère d’une partie d’entre eux. Ils refusaient ou se montraient incapables de comprendre les motifs des restrictions qui étaient opposées à leurs défilés traditionnels. Faisant une lecture politique (de bonne ou de mauvaise foi) ils y avaient vu une vexation de Buenos Aires contre leur province éloignée alors que les mêmes restrictions s’étaient imposées un an plus tôt très exactement lors du bicentenaire de la disparition d’un autre héros révolutionnaire, le plus portègne de tous, Manuel Belgrano, né et mort à Buenos Aires.

L'info est reléguée par Messi et les Jeux Olympiques
en haut de la colonne de droite
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Hier, ces hommes et parfois ces femmes ont donc défilé hier et se sont rendus à cheval au pied du monument à Güemes, avec à leur tête leur gouverneur, lui aussi à cheval.

Pourtant, l’info a été reléguée dans les titres secondaires à la une de l’édition saltègne de El Tibuno, le journal local qui couvre deux provinces, Salta et Jujuy.

Messi pleurant à Barcelone plus fort que Güemes mourant à Salta !

© Denise Anne Clavilier
www.barrio-de-tango.blogspot.com

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 (édition de Salta)
lire l’article de El Tribuno (édition de Salta)

dimanche 11 juillet 2021

Juana Azurduy pour célébrer ce soir l’amitié argentino-bolivienne [à l’affiche]


Ce soir, les télévisions publiques argentine et bolivienne diffusent en même temps le même film historique : Juana Azurduy, guerrillera de la patria grande.

C’est en effet l’anniversaire de la naissance de cette grande combattante de l’indépendance qui s’est fait connaître jusqu’en Europe grâce à un commando d’une trentaine de redoutables amazones qu’elle avait fondé et qu’elle commandait jusqu’au moment où elle dut prendre la tête de l’ensemble des opérations militaires dans sa région natale, après l’exécution de son mari. En Bolivie, elle a été élevée au maréchalat. En Argentine, Cristina Kirchner l’a faite générale de l’armée argentine à titre posthume. Pleine d’admiration pour Juana, qu’elle a une fâcheuse tendance à argentiniser, Cristina avait même fait remplacer le monument à Christophe Colomb qui se dressait derrière la Casa Rosada (et qui a été depuis installé sur le front du Río de la Plata) par une statue pédestre et hommasse de Juana, d’une laideur si repoussante que Mauricio Macri s’était hâté de la faire enlever dès son arrivée au pouvoir, au grand soulagement de beaucoup de Portègnes, même de certains sympathisants péronistes.

Juana Azurduy de Padilla (1780-1862) est une figure singulière dans l’histoire des indépendances sud-américaines. Une authentique cheffe militaire, comme le fut aussi, dans une moindre ampleur, María Remedios del Valle, que la Chambre des Députés argentine vient d’honorer en accrochant son portrait dans l’une de ses salles de commission. A l’inverse de cette dernière, d’origine africaine, Juana Azurduy était issue de l’élite blanche de la capitale historique du Haut-Pérou colonial, La Plata, devenue Chuquisaca lorsque la région bascula sous l’autorité de Buenos Aires (1776). Par la suite, la révolution, dès 1809, et la guerre, qui lui a d’abord arraché son mari, l’ont ruinée, comme ce fut le cas pour de très nombreuses grandes familles patriotes un peu partout dans le continent.

Nous ne disposons d’aucun portrait exécuté de son vivant. Malgré sa mort à un âge avancé et l’invention du daguerréotype bien avant sa disparition, nous ne savons pas à quoi elle ressemblait. La photographie n’est jamais arrivée jusqu’à elle.

Le film, produit et tourné en Bolivie, où il est sorti en 2016, est construit comme un flash-back où Juana elle-même raconte sa vie aux deux libérateurs du pays, les généraux Simón Bolívar et Antonio Sucre, qui viennent lui rendre leur visite historique du printemps 1825, alors qu’après la fin des combats, elle est tombée dans une misère noire et que la Bolivie accède enfin à l’indépendance après 15 ans de lutte acharnée. Il est très probable que ce long métrage soit terriblement marqué par l’idéologie "plurinationale" développée par Evo Morales et ses partisans et donne une image très éloignée de la réalité historique. C’est du cinéma, du cinéma engagé et militant qui ne recule devant aucune torsion pour faire d’une réalité socio-historique complexe une lecture simpliste et manichéenne, comme toujours ! Quelques bons points toutefois et non des moindres : les costumes, les magnifiques paysages et les Amérindiens qui s’expriment dans leur langue (avec sous-titres en espagnol). Les peuples autochtones ont en effet beaucoup lutté pour l’indépendance, notamment sous la conduite de Manuel Padilla puis, après son exécution aux mains des partisans de l’Ancien Régime, sous celle de Juana, veuve et mère de famille nombreuse. Malheureusement sitôt l’indépendance acquise, les descendants des Européens leur ont à nouveau confisqué l’accès au pouvoir et au développement économique et culturel.

Figure historique de l’actuelle Bolivie, Juana Azurduy n’en combattit pas moins mais brièvement aux côtés du général argentin Manuel Belgrano 1770-1820) pendant l’année qu’il passa dans le Haut-Pérou qui appartenait encore aux Provinces-Unies du Sud, la future Argentine. Juana Azurduy fut aussi l’alliée du général Martin Güemes (1783-1821), le légendaire gouverneur de Salta, dont on vient de commémorer le bicentenaire de la mort, en juin dernier. Juana, qui a l’avantage symbolique de porter le même prénom que la Pucelle d’Orléans, est donc un personnage que les deux pays se partagent et que les gauches de l’un et l’autre revendiquent (en revanche, les droites aimeraient bien oublier cette femme un peu trop transgressive).

Ce soir à 22h30, il est prévu que les deux présidents (tous deux de gauche), Alberto Fernández et Luis Arce, fassent un duplex pour présenter le film ensemble après le scandale qui vient d’éclabousser leurs deux pays (affaire des munitions envoyées par l’Argentine, alors de droite, aux putschistes qui renversèrent Evo Morales après une quatrième élection très contestable).

Le film est accessible en version intégrale sur la plateforme Vimeo en VOD.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’entrefilet de Página/12 dans l’édition nationale
lire l’entrefilet de Página/12 dans l’édition de Rosario
voir la présentation du film sur le site Internet bolivien Aullidos de la calle
voir la présentation du film sur le site Internet de TV Pública (Argentine)
consulter la chaîne Youtube consacrée au film

Ajout du 12 juillet 2021 :

lire cet article de Página/12 sur la visioconférence des deux chefs d’État retransmise hier par les télévisions publiques des deux pays.

vendredi 18 juin 2021

Bientôt, un billet à l’effigie de Güemes [Actu]

Hier, le président au milieu des autorités locales de Salta
(Photo Casa Rosada)
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Le président argentin l’a annoncé hier dans son discours en hommage à Martín Güemes dont Salta (et toute l’Argentine) commémorait le bicentenaire de la mort : dans les choix qui seront faits pour la nouvelle série de billets de banque, Güemes aura sa place. Ce sera la première fois que son effigie arrivera sur cet outil d’unité nationale.

Une une entièrement consacrée aux cérémonies
et aux incidents périphériques
Ces gens qui manifestent en hurlant sont des représentants
d'associations populaires exclues exceptionnellement des cérémonies
Le président les a laissés passer. Sans quoi, tout le monde aurait hurlé à la censure
Le responsable local des mesures sanitaires a donné sa démission
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Actuellement, il reste en circulation un bon nombre de billets anciens, qui datent d’avant la présidence de Mauricio Macri, mais les nouveaux, qui devraient disparaître ou être remplacés peu à peu au cours du présent mandat, portent des effigies d’animaux sauvages. C’était une idée de Macri qui prétendait ainsi éviter les clivages politiques. De la cancel-culture de droite quelques années avant que cette idée états-unienne de gauche envahisse le monde. Du négationnisme de l’histoire en général !

La photo souvenir de l'émission philatélique
La présidente de Correo, le président de la République, le gouverneur

Avec Güemes, c’est aussi San Martín et Belgrano qui doivent revenir dans les portefeuilles des Argentins. On a du mal à le croire mais Mauricio Macri avait aussi écarté ces deux hommes (en démonétisant les deux billets correspondants), qui sont pourtant les figures les plus consensuelles de toute l’histoire du pays !

Dans le même ordre symbolique, Correo Argentino, la poste publique, a émis un timbre pour philatéliste. Ensemble, le président et le gouverneur de Salta ont oblitéré les premiers exemplaires.


"Mauvais moment pour relativiser le droit
à la propriété privée", rouspète le gros titre
Sur cette une très agressive, La Prensa
réduit les propos du Pape à l'OIT au seul contexte argentin
Le pays serait en train de sombrer dans le "socialisme"
En dessous, la photo du discours présidentiel à Salta
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Par ailleurs, ce bicentenaire a été gâché par des manifestations politiques ultra-partisanes et les journaux s’en font l’écho, la presse de droite se précipitant pour souligner tous les couacs et en faire porter la responsabilité au président et à sa visite officielle sur place. Cette attitude est d’autant plus dérangeante que les manifestants protestaient surtout contre les mesures sanitaires (fermeture des restaurants et des écoles, limitation du tourisme, restrictions à la participation aux cérémonies), comme s’il y avait d’autres solutions à mettre en œuvre !

© Denise Anne Clavilier
www.barrio-de-tango.blogspot.com

Pour aller plus loin :

lire le communiqué officiel de Correo Argentino (qui n’a pas encore mis le nouveau timbre dans sa boutique en ligne)

jeudi 17 juin 2021

A Salta, la nuit dernière, à minuit [Bicentenaire]

Une de El Tribuno (édition de Salta)
En bas, la photo officielle avec le gouverneur et le président


C’est aujourd’hui le bicentenaire de la mort de Martín Miguel Güemes, le gouverneur de Salta à l’époque de la guerre d’indépendance. Le seul chef de la révolution qui ait, en Argentine, trouvé la mort de la main des partisans du régime colonial. Le président argentin Alberto Fernández a fait le déplacement et il est arrivé hier dans la nuit, sous un froid intense tel qu’on le connaît rarement si près du tropique du Cancer, pour participer à la cérémonie traditionnelle au pied de la statue du héros : la guardia bajo las estrellas (la garde aux étoiles). Il a été accueilli au pied de l’avion par le gouverneur de la province, qui a considéré cette visite comme un honneur, et la maire de Salta.

Affiche officielle de la Province

Par la suite, le chef d’État a croisé des comités d’accueil beaucoup moins agréables : quelques centaines de manifestants qui ont osé politiser l’hommage à celui qu’ils disent être le héros local de la probité et du courage. Insultes, cris hostiles, pancartes, klaxon et concert de casseroles.

Dans la presse nationale, Página/12 ne parle aujourd’hui que de la cérémonie tandis que Clarín et La Nación se régalent devant les manifestations hostiles. Tout est bon dans la campagne électorale !

La garde d'honneur hier à minuit
dans leur uniforme historique, dit des Infernales de Güemes
Photo Gouveernorat de Salta

Le quotidien local, El Tribuno de Salta, équilibre les deux événements et rend compte de la visite qui continue aujourd’hui avec d’autres cérémonies traditionnelles. Le journal reproduit en vidéo la garde de nuit.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

Par ailleurs, La Nación profite de l’occasion pour publier une interview de l’historien Miguel Angel De Marco qui fait du même coup la publicité de sa biographie du héros saltègne tandis que El Tribuno propose à son lectorat un supplément de 55 pages, téléchargeable gratuitement, intitulé Güemes, el legado de un patriota.

mardi 15 juin 2021

Mini-série documentaire pour le bicentenaire de la mort de Güemes [à l’affiche]


Jeudi prochain, pour le bicentenaire de la mort de Martín Miguel Güemes (1785-1821), l’un des grands héros de l’indépendance argentine, particulièrement fêté dans sa ville natale de Salta, l’INCAA, l’institut national du cinéma et des arts audiovisuels, sort une mini-série de docu-fiction, Güemes, el Sueño de una América libre, à travers laquelle les auteurs disent vouloir rendre justice à l’historicité de la figure mythique et à son enracinement local.

Les quatre épisodes de 26 minutes chacun passeront donc sur la chaîne CINEAR, du 17 au 20 juin, tous les soirs, à 19h30. Le visionnage est gratuit et retransmis en replay sur plusieurs réseaux sociaux et la plateforme audiovisuelle gratuite Cine.ar Play (sur laquelle vous pouvez tout regarder à condition de créer un compte). La série a commencé à être diffusée hier localement, sur différentes chaînes couvrant la province de Salta.



Tournés exclusivement sur le territoire de la province, dans des décors naturels qui mettent en valeur les paysages à couper le souffle de cette région andine au nord-ouest de l’Argentine, les 4 épisodes représentent Güemes sous les traits de l’acteur saltègne Andrés Araya García et sa femme, Carmen Puch, qui se laissa mourir après l’assassinat de son époux, sous ceux de l’actrice, saltègne elle aussi, Leila Jorge Elías.



La série est réalisée par Emmanuel Moscoso et Javier Flores et produite, avec des fonds provinciaux, par Mariano Rosa.

Par ailleurs, sur une chaîne nationale de service public, Canal Encuentro, on pourra voir un autre documentaire, un moyen métrage intitulé Ensayo para Güemes (répétition pour Güemes). Une initiative du ministère national de la Culture, dirigé par le cinéaste et homme de télévision Tristán Bauer. Bref, cette semaine, une bonne partie de l’Argentine se met à l’heure du Nord-Ouest en juin 1821.

Jeudi, le président Alberto Fernández doit se rendre à Salta pour participer à des célébrations réduites à cause de la situation sanitaire et apporter l’hommage de la Nation au héros disparu. Les manifestations traditionnelles du 17 juin (jour férié sur place), dont les très spectaculaires défilés à cheval des associations traditionalistes de gauchos (1), sont annulées afin d’éviter la constitution de grands rassemblements sans masque ni geste barrière. Un vrai crève-cœur comme ce fut déjà le cs l’année dernière pour le bicentenaire de la mort de Manuel Belgrano !

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur la série documentaire saltègne (paru dans l’édition locale Salta/12)
lire l’article de Página/12 sur le documentaire de Canal Encuentro (paru dans les pages culturelles de l’édition nationale)
lire le communiqué officiel de la Province de Salta sur la sortie de la mini-série.



(1) Ces associations, parfois tellement attachées à leurs traditions qu’elles en deviennent fanatiques, sont fort mécontentes de voir leur beau programme annulé. Le président de l’une d’entre elles a même proféré des menaces contre l’ordre public, avant de se raviser, au grand soulagement du plus grand nombre de ses concitoyens.

dimanche 6 juin 2021

En juin, Caras y Caretas rend hommage à Güemes [Disques & Livres]

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Aujourd’hui, Página/12 propose avec son édition du jour le nouveau numéro de son mensuel culturel, Caras y Caretas, qui célèbre le bicentenaire de la mort de Martín Miguel Güemes, le seul héros de l’indépendance à avoir été tué par l’ennemi royaliste.

Güemes, le grand héros de Salta, fut aussi la première grande figure du camp fédéral dans ce qui allait se développer en une guerre civile d’une soixantaine d’années entre les indépendantistes de l’Intérieur, favorables à un État fédéral et sensible aux questions sociales, et ceux de Buenos Aires, majoritairement favorables à un État unitaire, centralisé et ouvert aux vastes échanges de marchandises à l’échelle internationale (c’est-à-dire essentiellement de part et d’autre de l’Atlantique). Profondément enraciné dans son territoire local, Güemes était à la tête d’une armée de paysans-partisans, dont le fer de lance était un régiment vêtu de rouge, los Infernales de Güemes. Ils menaient la guérilla contre les absolutistes soumis au vice-roi du Pérou : la Guerra Gaucha. Güemes travaillait en lien avec les autres libérateurs : Manuel Belgrano (1770-1820) dont il fut un ami et un collaborateur, José de San Martín (1778-1850) dont il facilita l’expédition de libération du Chili (1817) et Juana Azurduy (1780-1862), l’héroïne de la guerre des partisans boliviens.

Portrait iconique et apocryphe de Güemes
(Il ne nous est parvenu aucun portrait réalisé de son vivant)


Né à Salta le 8 février 1785, il mourut, victime d’une attaque surprise, le 17 juin 1821. Gouverneur de la province de Salta, il venait d’être déposé par le conseil municipal (cabildo) de sa capitale deux mois auparavant. Développée en pleine époque romantique, tout au long de la guerre civile, pour les besoins de la propagande politique du moment et renforcée par l’âge précoce et les circonstances spectaculaires de son décès, sa légende posthume lui a accordé plus d’importance et de poids qu’il n’en a jamais eu de son vivant sur le plan national (1) et, à elle seule, cette gloire post mortem est un fait historique constitutif de l’Argentine d’aujourd’hui, qui ne peut pas se comprendre sans ce mythe fondateur de la Guerra Gaucha et cette flamboyante figure de son commandant suprême. Preuve en est que le premier historien argentin reconnu, Bartolomé Mitre (1821-1906), quatrième président de la République après l’adoption de la Constitution (1853) et fondateur du journal La Nación (1870), un unitaire pur et dur originaire de Buenos Aires qui a inscrit dans le marbre portègno-jacobin sa narration du passé, s’est penché sur son action et, à son corps défendant, a dû lui rendre hommage dans un ouvrage célèbre et qui fit scandale en son temps, consacré aux relations complexes qu’ont entretenues Belgrano et Güemes.

La une de ce matin est consacrée à la crise de la viande
et à une enquête lancée contre les grandes entreprises
qui auraient fraudé les lois économiques
et refusent aujourd'hui de livrer le marché

Il est probable que l’actuelle crise sanitaire réduise au strict minimum les manifestations publiques de ce bicentenaire telles que Salta en avait rêvé depuis plusieurs années, comme elle a réduit celles consacrées à Manuel Belgrano il y a un an.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de présentation publié hier par Página/12
accéder les pages Internet de l’Instituto Güemesiano de Salta sur le portail de la province



(1) En revanche, à l’échelle locale (provinciale) et de son vivant, Güemes a joué un rôle fondateur incontestable, comme ce fut le cas de la plupart des premiers gouverneurs de l’époque indépendantiste. Ils ont profondément marqué leur territoire et leur population en creusant les premiers sillons et en installant les premières institutions des provinces à venir.

samedi 19 janvier 2019

Grand circuit culturel en Argentine avec Odeia et... moi [ABT]

Jeudi dernier, lors d’une longue et chaleureuse après-midi de présentation aux clients et prospects dans une très belle et très vaste crypte de l’église Saint Ferdinand, à Paris, l’agence de voyage Odeia (Paris, 17e) a publié sa proposition 2019 d’un grand circuit en Argentine que j’aurai l’honneur d’accompagner, du 7 au 24 novembre prochain, et que j’ai enrichi pour en faire un parcours original, conforme à l’esprit de l’agence.

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Jusqu’au mois de juin, j’aurai l’occasion de vous en présenter les différentes facettes, l’une après l’autre : histoire, gastronomie, beaux-arts, musique, merveilles de la nature.

Au programme de ce périple de 18 jours, au départ de Paris (Roissy Charles de Gaulle / vol direct Air France) :
  • trois jours non consécutifs à Buenos Aires, le premier consacré à la découverte de l’histoire nationale, avec ces deux géants que furent les généraux José de San Martín (1778-1850) et Manuel Belgrano (1770-1820), tous deux pères de la patrie, le second aux beaux-arts avec la visite de trois musées (1) et le dernier au tango, dont la diversité des dimensions structure la culture de cette mégalopole trois fois plus grande que Paris ;
  • trois jours dans la province de Misiones au nord-est du pays, avec la visite de deux sites inscrits au patrimoine de l’Unesco -les inévitables chutes d’eau d’Iguazú et les ruines de la mission jésuite San Ignacio Miní-, un petit bout de chemin sur la Ruta de la Yerba Mate (RYM) avec un arrêt dans une plantation pour y découvrir les secrets de cette infusion nationale qui allie la tradition guaranie et l’acculturation de la Compagnie de Jésus, et, enfin, une soirée autour du chamamé, la musique locale qui constitue le vecteur culturel de toute la région, en Argentine et au-delà (Uruguay, sud du Brésil et Paraguay) ;
  • cinq jours dans le Nord-Ouest et plus précisément dans les provinces de Salta et de Jujuy, à la découverte des beautés naturelles des Andes, dont ce Mont des Sept Couleurs, un site inscrit lui aussi au patrimoine de l’Humanité et actuellement au centre d’une guerre picrocholine (2), de l’architecture ancienne (superbe basilique San Francisco de Salta, par exemple), des vestiges d’une citadelle inca, du vin d’altitude, de la musique locale (la chacarera, en tout premier lieu, avec son instrument emblématique, le charango) et des faits historiques qui ont marqué la région : la conquête espagnole qui est venue du Pérou au 16e siècle, apportant avec elle le baroque européen qui s’est très vite mêlé à la culture précolombienne, et cet épisode de la guerre d’indépendance que l’histoire a surnommé la Guerra Gaucha, à la tête de laquelle se trouvait Miguel Martín Güemes (1785-1821), le gouverneur révolutionnaire de Salta ;
  • et enfin trois jours en Patagonie, dans les provinces de Tierra del Fuego, dont la capitale est Ushuaía, et de Santa Cruz, où se trouve le Lago Argentino et ses glaciers, dont le formidable Perito Moreno, un ensemble qui constitue la plus grande étendue d’eau douce du monde, avec son musée de glaciologie ultramoderne. La spécialité culinaire de cette région, très récemment annexée à la République argentine (3), est l’agneau de Patagonie. Les Argentins disent qu’il est supérieur à celui de nos prés-salés… On goûtera et on verra bien si la comparaison se soutient !

A tout cela s’ajoute des journées de voyage aérien d’une région à l’autre, que je n’ai pas incluses dans les paragraphes précédents.

Sur place, nous serons logés dans des hôtels haut de gamme (de toute façon, il n’y a pas d’autres standards d’hôtellerie acceptables en Argentine) et nous serons accompagnés, à chaque étape, par un guide local qui me complétera. C’est du grand luxe ! D’autres guides prendront le relais dans les parcs naturels nationaux où les visites doivent obligatoirement être accompagnées par un membre du personnel, préservation de la nature oblige.

Odeia (filiale de Wagran Voyages) reçoit dès à présent les inscriptions, par courrier ou en ligne (www.odeia.fr). Le groupe devra se composer d’au moins 15 personnes et restera, quoi qu’il en soit, de taille raisonnable (20 personnes environ). Sinon, ce n’est plus un groupe, c’est un troupeau et on ne savoure ni ne retient rien...



(1) En Argentine, les musées sont beaucoup plus modestes en taille que nos grands musées européens, de type Louvre, National Gallery, Prado, Offices, Ermitage ou Rijksmuseum. Les musées argentins sont tous des musées spécialisés. Ce n’est donc pas une prouesse que d’en parcourir trois dans une seule journée. Qui plus est, ils exposent des grands artistes nationaux dont nous ne possédons pas d’œuvres.
(2) Voir mes articles du 27 décembre 2018 et du 16 janvier 2019.
(3) Longtemps ignorée et presque inexplorée, la Patagonie a été rattachée à la République argentine dans les années 1860, grâce à une expédition militaire sans scrupule qui a mis en œuvre un véritable génocide contre le peuple mapuche. La politique de peuplement est venue au bout de nombreuses années. L’un de ses vecteurs a été le terrible bagne de Ushuaía (1901-1947), dont il ne reste plus que le pénitencier en étoile, aujourd’hui transformé en musée historique et maritime. L’autre a été l’exploitation pétrolifère , qui n’est pas la plus équitable des activités économiques. La Patagonie a connu encore d’autres malheurs qui l’ont marquée au fer rouge : la répression sanglante des ouvriers anarchistes de Santa Cruz en 1920 et 1921 (peu après cette Semaine Tragique dont, il y a peu, on célébrait le centenaire – voir mon article du 7 janvier), puis le nid de criminels hitlériens qui s’est formé à San Carlos de Bariloche, dans une autre province, et qui s’est dispersé lorsque les chasseurs de nazis sont allés les débusquer au milieu de leurs chalets bavaro-alpins planqués dans les Andes, et enfin le massacre des prisonniers politiques de Trelew, en 1972, quelques années avant le sinistre coup d’État de Rafael Videla, en mars 1976. Cette Patagonie au passé traumatique n’a donc pas encore de musique emblématique. Qui plus est, elle est la moins peuplée de toutes les régions d’Argentine.

jeudi 23 mars 2017

Macri inaugure le nouveau musée Guëmes à Salta – Article n° 5200 [à l'affiche]

Photo Museo Güemes

Hier soir, en compagnie du gouverneur Juan Manuel Urtubey, le Président Mauricio Macri a inauguré, à Salta, le nouveau Museo Guëmes, consacré à la mémoire du grand héros local (et national), Martín Miguel de Guëmes, haute figure de la guerre de l'indépendance et du couraznt fédéraliste à l'époque révolutionnaire.

Photo Casa Rosada

Güemes est le seul protagoniste de cette époque fondatrice qui soit mort au combat.
Né à Salta en 1785, dans une famille très riche, il a donné toute sa vie à sa patrie, combattant dès ses vingt ans à Buenos Aires contre les deux Invasions Anglaises (1806 et 1807). Il revint à Salta dans les premiers mois de la Révolution de 1810 pour défendre sa province natale contre les absolutistes envoyés par le vice-roi de Lima. Il prit la tête de la résistance indépendantiste populaire et à la tête de ses troupes de partisans, il apporta son aide tant à Manuel Belgrano qu'à José de San Martín, les deux pères de la Patrie.
Güemes a été inscrit dans la liste officielle des héros nationaux par le Congrès.

Photo El Tribuno de Salta
A gauche de la plaque, Mauricio Macri. A droite, Juan Manuel Urtubey

Le musée est installé dans la maison natale du héros, là où il a passé son enfance et une partie de son adolescence. Elle avait été acquise par la Province en 2011 et les travaux ont commencé en 2014. Ce musée, moderne, interactif, se situe dans la rue España, à la hauteur du 730. Il se compose de dix salles qui déroulent la vie et exposent l'œuvre politique de Güemes.
Le musée est ouvert au public, du mardi au dimanche, de 11h à 21h, et propose également, sur rendez-vous, des visites pour les scolaires.

Copie d'écran du site Internet du musée

Retrouvant pour la cinquième fois dans la capitale provinciale l'un des gouverneurs d'opposition qui est fermement décidé à coopérer avec le gouvernement national, le Président Macri a profité de l'occasion pour souligner son intention de développer le nord du pays à travers une série de mesure baptisée Plan Belgrano (1). Cette région a en effet souffert du manque d'investissement fédéral depuis de très nombreuses années. Le gouverneur de la Province de San Juan et celui de la province bolivienne de Tajira avaient eux aussi fait le déplacement pour honorer la mémoire d'un héros qui a rayonné bien au-delà de l'actuelle Salta.

Pour en savoir plus :
consulter l'article de la chaîne de télévision Cadena 3 sur l'inauguration (avec le reportage officiel intégré en vidéo)
lire le communiqué officiel de la présidence argentine (Casa Rosada)
On peut aussi consulter le site Internet du musée mais le contenu est encore un peu maigre. Il est probablement qu'il s'étoffera avec le temps et qu'il sera couplé bientôt avec une page Facebook. Patience !



(1) Toute l'activité militaire de Manuel Belgrano (1770-1820) a eu pour décor le nord du vice-royaume du Río de la Plata, que ce soit l'actuel Litoral (Entre Ríos, Corrientes et Misiones), l'actuel Paraguay (au moment même où celui-ci se détachait définitivement de Buenos Aires), l'actuelle Bolivie et le Noroeste, qui recouvre entre autres les provinces de Salta et de Tucumán, où le général Belgrano a remporté deux immenses victoires patriotes.

vendredi 17 juin 2016

Hommage à Güemes [Actu]


Finalement, le Congrès a bien voté la loi qui fait du 17 juin, date anniversaire de la mort (1) de Martín Miguel de Güemes (1785-1821) (voir mon article du 19 mai 2016 sur le vote par le Sénat, qui a précédé celui de la Chambre). L'Argentine est donc aujourd'hui en vacances et c'est un très long week-end qui s'ouvre sur ce vendredi férié qui sera prolongé par un lundi férié, le 20 juin étant la fête du Drapeau. Quatre jours pour se régaler avec du locro, ce ragoût proche de notre cassoulet et qui est le plat des fêtes nationales par excellence, en même temps qu'une roborative nourriture d'hiver (voir mon article sur la recette).

Jusqu'à présent, Güemes était surtout un héros fêté à Salta, sa province natale, la province dont il était le gouverneur pendant la guerre d'indépendance. A part le jour férié étendu à tout le pays, il faut bien avouer qu'il en est un peu de même aujourd'hui : au niveau national, seul La Nación parle de la fête. Le reste des quotidiens nationaux, établis à Buenos Aires, s'en moquent comme de l'An 40 ! Et pourtant, le Président Mauricio Macri s'est déplacé hier pour participer à la traditionnelle vigile d'hommage au caudillo gaucho, la Guardia bajo las Estrellas (la garde sous les étoiles), au cours de laquelle la Province commémore l'attaque nocturne qui coûta la vie au général saltègne. Aujourd'hui aura lieu le défilé militaire, avec les soldats en uniforme d'époque, tout de rouge vêtus et coiffé du bonnet phrygien, symbole de liberté en Argentine aussi. Le Gouvernement a envoyé aussi le parc d'attraction scientifique et technique Tecnópolis dans la capitale du nord-ouest pour l'ensemble de ce long week-end.


Cette participation du gouvernement national est d'autant plus remarquable que Güemes a longtemps été un véritable repoussoir pour la droite libérale argentine. De son vivant, il était haï par les unitaires portègnes dont la droite libérale est en grande partie l'héritière et cette détestation éa survécu longtemps après sa mort, à tel point que Bartolomé Mitre (1821-1906), homme politique conservateur et libéral et présumé premier historien argentin, a dû publier une critique d'un de ses précédents livres (2) pour rectifier, avec beaucoup de courage intellectuel, l'interprétation très défavorable que ses contemporains en avaient faite et où il réhabilite les deux figures calomniées, celle de Manuel Belgrano d'une part et celle de Güemes d'autre part : Estudios históricos sobre la Revolución Argentina, Belgrano y Güemes, Buenos Aires, 1864. A vrai dire, le livre de Mitre n'a pas eu raison de la haine des courants conservateurs à l'égard du héros saltègne : elle a tenu bon jusqu'à nos jours dans une partie non négligeable de l'opinion publique. On la perçoit encore dans l'assourdissant silence de la presse nationale sur les célébrations à Salta. Par conséquent, qu'un président aussi identifié au néolibéralisme que Mauricio Macri prenne la peine d'aller fêter le héros emblématique de la gauche est une première à ne pas négliger.

Photo Gouvernement de Salta

Même si nul ne peut écarter de cette démarche tout calcul politique à courte vue, étant donné les très bons rapports que Macri entretient avec le gouverneur péroniste Juan Manuel Urtubey, avec lequel il s'était notamment rendu au Vatican en février dernier (voir mon article du 28 février 2016), et le besoin qu'il a de soigner son image d'homme de dialogue par les temps qui courent, il n'en reste pas moins que sa démarche constitue un pas considérable sur le chemin de la réconciliation symbolique des deux Argentines qui ressentent encore de nos jours les effets désastreux de la longue guerre civile qui a opposé les unitaires et les fédéraux de 1820 à 1880...

Pour aller plus loin :
lire l'article de El Tribuno de Salta sur la visite présidentielle d'hier soir
lire l'article de El Tribuno sur la Guardia bajo las Estrellas
lire le communiqué de la Province de Salta sur la pose d'une plaque commémorative de la rencontre entre Güemes et Pueyrredón, mercredi dernier, pour son bicentenaire (3).

Ajouts du 18 juin 2016 :
lire l'article de Página/12 de ce jour que les fréquentes embrassades entre le Président Macri et le Gouverneur Urtubey agace fortement
lire l'article de La Nación qui au contraire se réjouit de la forte participation du Président aux festivités provinciales, avec une belle photo prise pendant sa visite au parc de Tecnópolis.



(1) L'Argentine fête ses héros nationaux au jour anniversaire de leur mort, comme l'Eglise fête les saints. L'Argentine se comporte comme l'Europe au Moyen Age, quand celle-ci prenait les saints comme héros pour construire les identités des nouveaux pays qui surgissaient des ruines de l'Empire Romain et donnait leurs noms à ses villes et ses villages. Et en effet, les héros de l'Indépendance jouent le même rôle dans la constitution de la nation que les saints dans l'Europe médiévale. Ainsi donc Manuel Belgrano (1770-1820) est fêté le 20 juin, avec la fête du drapeau (Día de la Bandera), et José de San Martín (1778-1850) chaque 17 août (mais, en ce qui le concerne, le caractère férié de la journée est mobile, une mobilité qui favorise le tourisme intérieur grâce au long week-end dans lequel elle s'inscrit).
(2) Historia de Belgrano, Buenos Aires, 1859
(3) Le 15 juin 1816, quelques jours avant la déclaration d'indépendance, le premier Directeur Suprême des Provinces Unies élu par une représentation nationale légitime, Juan Martín de Pueyrredón, rencontrait le général Güemes, au Fort de Cobos, sur le chemin que le Directeur fraîchement élu prenait pour gagner la capitale, Buenos Aires, et assumer ses fonctions.