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mardi 13 septembre 2016

El Tata Cedrón présente jeudi la réédition d'un de ses vieux albums [à l'affiche]


Le compositeur, chanteur et guitariste Juan Tata Cedrón présente ce jeudi 15 septembre 2016 la réédition d'un ancien album publié pour la première fois en 1972 dans lequel il a mis en musique des vers du défunt poète Juan Gelman, intitulé Cantata del Gallo cantor (cantate du coq chanteur).

Cette présentation aura lieu les prochains jeudis à Hasta Trilce, Maza 177 à Almagro.

Entrée : 180 $ ARG.


Página/12, qui est l'un des fervents supporters du chanteur et dont Juan Gelman était l'une des plus prestigieuses signatures jusqu'à sa mort, profite de l'occasion pour l'interviewer en une de ses pages culturelles ce matin.

Plus d'information sur le site Internet de la salle et sa page Facebook.

jeudi 16 janvier 2014

Trois jours de deuil pour Juan Gelman [Actu]


Comme je le disais déjà hier, comme toujours pendant les vacances estivales de l'hémisphère sud où je profite du calme de l'actualité pour mener d'autres projets, mon agenda chargé de cette semaine m'empêche de donner dans Barrio de Tango toute l'importance que revêt le décès du poète et militant des droits de l'homme que fut Juan Gelman, mort avant-hier à 83 ans.

En Argentine, les réactions sont nombreuses à gauche et le Gouvernement a décrété trois jours de deuil national. De partout dans le monde hispanique, on salue la mémoire de l'écrivain, du lutteur, de l'intellectuel qu'il fut... Ces réactions trouvent naturellement leur écho dans les pages du journal où il travaillait, Página/12.

Pour en savoir plus,
Comme hier, il est accompagné de plusieurs autres écrits sur le même sujet.

Et la vignette du jour de Miguel Rep lui est dédiée, lui qui fait parler les livres dans leur bibliothèque, des livres, ceux de Gelman, qui veulent faire au poète disparu une minute de non silence et se mettent donc à lire leurs propres vers...


Aujourd'hui, c'est à notre tour de faire une minute de non silence pour Juan Gelman
En avant, les amis !
Dans le grand ciel de la poésie ou plutôt sur la terre ou dans le monde de la poésie, qui comprend des cieux astres
Dans les dix ans qui suivirent la crise, on vit décliner le coefficient de tendresse
J'écris dans l'oubli, dans chaque feu de la nuit, chacun de tes traits
Assis à côté d'une chaise défoncée, malade, à peine vivant, j'écris des vers préalablement pleurés par la ville où je suis né
Cette Ophélie n'est pas la prisonnière de sa propre volonté. Elle reste son corps, splendide comme une gorgée de vin
Quand bien même je mourrais demain, je mourrai avant-hier de nuit, avec un petit couteau élégant, je m'en vais à Caravel 76 (1)
(Traduction Denise Anne Clavilier)



(1) N'étant pas spécialiste de la traduction de Juan Gelman, je ne peux faire que des suppositions et j'imagine donc qu'il s'agit là de la chaîne d'hôtels de luxe Caravel, présente dans toute l'Amérique latine (allusion aux caravelles de Christophe Colomb).

mercredi 15 janvier 2014

Quand il est mort, le poète, le monde entier pleurait... [Actu]


Le poète, journaliste et militant des droits de l'homme Juan Gelman vient de nous quitter à l'âge de 83 ans. Il travaillait depuis la fondation du journal dans la rédaction de Página/12 qui lui consacre bien légitimement sa une du jour, avec un dessin de Rep.

Père d'un disparu et grand-père d'une petite-fille retrouvée, il se battait pour la démocratie et la justice. C'est aussi un compagnon de lutte que perdent aujourd'hui les membres des différentes ONG argentines et uruguayennes, comme Abuelas de Plaza de Mayo, Madres de Plaza de Mayo, H.I.J.O.S, Familiares de Desaparecidos et d'autres.

En français, la maison d'édition Le Temps des Cerises avait publié quelques uns de ses recueils...

Mon agenda très chargé en ce moment, avec une phase capitale pour la publication de mon prochain livre cet été, aux Editions du Jasmin, ne me permet pas de consacrer à cet événement toute la place qu'il mérite dans ce blog consacré à l'actualité culturelle sur les rives du Río de la Plata...

Pour aller plus loin :
lirel'article majeur de Página/12, qui est accompagné d'une série nourrie d'articles et de témoignages.

Le poème en une, Epitafio, appartient son premier recueil, intitulé Violín et otras cuestiones.

Un oiseau vivait en moi
Une fleur circulait dans mon sang
Mon cœur était un violon

J'ai aimé ou non. Mais parfois
on m'a aimé. Moi aussi,
j'ai eu mes joies : le printemps
les mains unies, le bonheur.

Je dis que l'homme doit l'être.

(Ici gît un oiseau
une fleur
un violon...)
(Traduction Denise Anne Clavilier)

vendredi 25 mars 2011

Juan Gelman a eu gain de cause dans son procès contre l'Etat uruguayen [Actu]

Le poète argentin Juan Gelman, qui est aussi éditorialiste au quotidien Página/12, est en procès depuis de nombreuses années contre l'Etat uruguayen en vue de faire ouvrir une instruction concernant la disparition de sa belle-fille en 1976 et l'adoption illégale de sa petite-fille, qu'il a, depuis, pu identifier et connaître. Comme en Argentine, les enfants en bas-âge des opposants arrêtés en Uruguay ou ailleurs en Amérique du Sud par les forces de l'ordre uruguayennes, dans le cadre du Plan Condor, vaste accord multilatéral permettant à tous les Etats partipants de procéder à des arrestations sur le territoire de n'importe quel autre pays participant, ont été volés à leur famille légitime pour être confiés en adoption plénière à des familles affidées à la junte militaire sous des identités falsifiées.

Or depuis toutes ces années, l'Etat uruguayen opposait aux plaignants la loi dit de caducité (Ley de Caducidad), une loi d'amnistie qui protège depuis 1986 les bourreaux de la Dictature de 1973-1985. L'ancien Président Tabaré Vázquez avait fait de nombreux efforts pour obtenir l'abolitin de cette loi, jusqu'à organiser, il y a environ un an et demi, un référendum qui a été gagné par les partisans de la loi (voir mon article du 21 octobre 2009 à ce sujet). L'actuel Président, Pepe Mujica, qui fut pourtant un guerrillero fervent et audacieux, est quant à lui plus réservé car il pense qu'il y a dans toutes les exigences de justice sur ces matières une part de désir de vengeance chez les plaignants et il a cela en horreur.

Quoi qu'il en soit, l'arrêt que la Cour Interaméricaine des Droits de l'Homme a rendu hier exige que l'Uruguay cesse d'appliquer cette loi. Ainsi donc d'ici quelques semaines, le Parlement devrait-il inscrire à son ordre du jour son abolition. Grande victoire pour les militants des Droits de l'Homme qui l'ont fêtée hier comme vous pouvez l'imaginer, avec à leur tête l'ONG Madres y Familiares de Uruguay, qui mène un combat similaire à celui de Abuelas de Plaza de Mayo et Madres de Plaza de Mayo dans le pays voisin.

Le fils de Juan Gelman, Marcelo, qui avait alors 20 ans, et sa femme, María Claudia García Iruretagoyena, 19 ans, enceinte de 7 mois, ont été appréhendés à Buenos Aires en août 1976. La jeune femme a été par la suite détenue à Montevideo, où après quelques semaines de captivité, elle a mis au monde une petite fille à l'Hôpital Militaire. Elle a ensuite disparu. Nul ne sait ce qu'elle est devenue ni où se trouve son corps. Les restes de Marcelo, quant à eux, ont été identifiés par la Police Scientifique argentine en 1989. Et à 23 ans, Macarena, leur fille, a retrouvé son identité de naissance et fait la connaissance de son grand-père parternel qui la cherchait depuis l'arrestation de ses parents.

Tous deux ensemble se sont portés partie civile dans l'enquête concernant le sort de María Claudia et c'est ensemble qu'ils ont entendu l'arrêt prononcé hier par la Cour Interaméricaine.

Ce matin, le Gouvernement uruguayen n'avait pas commenté la décision judiciaire qui va l'obliger à diligenter enfin une enquête qui a trop tardé et tant d'autres recherches, entravées jusqu'à présent par le vote en 1986 de cette loi, un an après la fin de la Dictature.

Hier, l'Argentine fêtait le Jour de la Mémoire, de la Vérité et de la Justice, en commémoraison du putch de Jorge Videla, le 24 mars 1977.

Pour aller plus loin :

jeudi 15 juillet 2010

Parution d’une anthologie argentine de poésie nationale pour le Bicentenaire [Disques & Livres]


Ce soir à la Biblioteca Nacional, dans la rue Agüero, aura lieu la présentation d’une monumentale anthologie de poésie argentine intitulée 200 años de poesía argentina et constituée par Jorge Monteleone (éditions Alfaguara). En 970 pages, cet énorme travail présente 218 poètes, hommes et femmes, depuis les auteurs de l’hymne national, écrit en 1812, jusqu’à aujourd’hui (le poète le plus jeune est né en 1959).

Chose importante et qui constitue peut-être une première dans un ouvrage répondant à ce genre de circonstance historique : les artistes de tango et les poètes du lunfardo ont leur place dans le volume, à côté de poètes dits cultos (appartenant à la grande littérature), comme Leopoldo Lugones (1874-1938), un véritable contempteur du tango, Victoria Ocampo (1890-1979) et José Luis Borges (1899-1986), qu’on reconnaît en haut à gauche sur la Une du supplément culturel de Página/12 d’aujourd’hui (en illustration), lui qui n’a pas vraiment été favorable au tango même s’il a daigné en écrire une poignée avec Aníbal Troilo d’une part et Astor Piazzolla d’autre part (1).

Parmi les poètes populaires présents dans cette somme historique :

- les trois fondateurs de la poésie nationale que furent José Hernández (1834-1886), l’auteur des deux épopées en octosyllabes que sont Martín Fierro et La Vuelta de Martín Fierro, Almafuerte, de son vrai nom Pedro Bonifacio Palacios (1854-1917), le poète autodidacte de la Province de Buenos Aires qu’on apprend par cœur à l’école, et Evaristo Carriego (1883-1912), le poète de Palermo qui inspira si fort tant Jorge Luis Borges que Homero Manzi ;

- des poètes de tango comme Pascual Contursi (l’auteur, entre autres, de Mi noche triste et de la première letra de La Cumparsita), Celedonio Flores, Enrique Cadícamo, Enrique Santos Discépolo, Homero Manzi… (2)

- des poètes de lunfardo, comme Carlos de la Púa ou Raúl González Tuñón.

Atahualpa Yupanqui (en bas à gauche sur la Une) est là aussi, le grand créateur du folklore argentin au 20ème siècle, María Elena Walsh également, connue pour son travail au théâtre, dans la chanson enfantine et la chanson populaire tout public et enfin Juan Gelman (en haut à droite, sur la Une), un poète marxiste qui est aussi chroniqueur à Página/12.

C’est donc une belle soirée patriotique et littéraire qui se prépare pour ce soir à 19h à la Biblioteca Nacional.

Pour aller plus loin :

(1) De Jorge Luis Borges, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, ed. du Jasmin (mai 2010) présente deux morceaux du disque enregistré en 1965 avec Edmundo Rivero et Astor Piazzolla : le très célèbre Jacinto Chiclana et Alguien le dice al tango, et une milonga écrite en 1968 avec Aníbal Troilo, admirablement bien chantée entre autre par Susana Rinaldi : Milonga de Manuel Flores, qui raconte les derniers moments d’un condamné à mort va être fusillé à l’aube.
(2) Tous les cinq font naturellement partie des 76 auteurs traduits dans Barrio de Tango, le livre, chacun d’entre eux pour plusieurs textes (23 pour le seul Homero Manzi, dont on célébrait le centenaire de la naissance lorsque je bâtissais cette anthologie bilingue, écrite en majeure partie au long de l’année 2007).

jeudi 22 avril 2010

La Feria del Libro du Bicentenaire s'ouvre aujourd'hui à Buenos Aires [Actu]


Aujourd'hui, à 18h30 (heure locale), Horacio García, président de la Fundación El Libro, inaugure le Salon du Livre de Buenos Aires placé cette année bien entendu sous la devise : "Fêter avec des livres 200 ans d'histoires". Parmi les artistes qui participeront à l'inauguration, deux auteurs-compositeurs-interprétes, Victor Heredia, qui a aussi publié trois romans, et Teresa Parodi, qui est aussi la Directrice du Centre ECuNHi, à Palermo, le centre culturel de l'Association Madres de Plaza de Mayo qui accueille demain soir un concert en hommage à Eladia Blazquez (lire mon article d'avant-hier à ce sujet).

Cette année, le Salon du Livre de Buenos Aires se veut très politique et remuant. Il y aura, comme l'année dernière, pléthore de tables-rondes, conférences, rencontres entre auteurs et public, concerts. C'est une vraie fête qui démarre au Predio de La Rural, dans le quartier de Palermo, et qui durera jusqu'au 10 mai.

Dans le Pavillon Bleu, qui est le pavillon officiel du gouvernement argentin, tenu par le Secrétariat d'Etat à la Culture, de Jorge Coscia (1) , on rendra hommage à toute une ribambelle de très grands hommes et femmes de lettres argentins : José Hernández, l'auteur immortel de El Gaucho Martín Fierro et de El Regreso de Martín Fierro, Juan Gelman, un poète qui milita dans les rangs communistes et travaille aujourd'hui à la rédaction de Página/12, Horacio Quiroga, Arturo Jauretche, un des très grands penseurs de l'identité argentine dans les années 1930 à 1950 et homme politique enraciné dans le mouvement radical né dans les années 1890, Roberto Arlt, un dramaturge inclassifiable et provocateur, Héctor Oesterheld, Leopoldo Marechal, Alejandra Pizarnik, Julio Cortázar, romancier indocile né à Buenos Aires et mort à Paris, Rodolfo Walsh, Homero Manzi, l'auteur de Barrio de Tango, Sur, Malena, Milonga Sentimental, pour n'en citer que quatre, Roberto Fontanarrosa, un écrivain et dessinateur originaire de Rosario, grand champion de l'humour argentin, Raúl Scalabrini Ortiz, autre grand penseur de l'identité argentine au 20ème siècle, Haroldo Conti, Oliverio Girondo, Enrique Santos Discépolo, le comédien et poète libertaire converti sur le tard au péronisme et qui a écrit Cambalache, Confesión, Yira yira, Victoria et Cafetín de Buenos Aires (2), José Luis Borges, l'esprit universel qu'il n'est plus nécessaire nulle part au monde de présenter, y Raúl González Tuñón, autre grand poète et grand intellectuel communiste qui a profondément marqué les créateurs du tango de son temps (le milieu du XXe siècle).

Bref, d'ici au 10 mai, j'aurai sans aucun doute plusieurs occasions de vous parler de ce grand rendez-vous de la culture à Buenos Aires. Vous le retrouvez dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, sous le mot-clé FL et grâce au raccourci Ferial del Libro dans la rubrique Grands rendez-vous du tango, dans la partie haute de la Colonne de droite.

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12 paru ce matin.


(1) sur l'arrivée de Jorge Coscia à ce poste gouvernemental, lire mon article du 8 juillet 2009
(2) la plupart des titres que j'ai cité pour Homero Manzi et Enrique Santos Discépolo sont disponibles en version bilingue dans Barrio de Tango, le livre (Ed. du Jasmin). Cafetín de Buenos Aires est pour le moment lisible en version bilingue, traduit par mes soins, sur le site de Gisela Passi et Rodrigo Rufino, sur leur page Ecouter (lire mon article du 20 mars sur cette nouvelle triade de letras avec texte original et traduction al francés).