mercredi 15 juin 2022

Néstor Marconi cumple hoy - les 80 bougies de Néstor Marconi – Article n° 7000 [Actu]


Aujourd’hui, le bandonéoniste, compositeur et chef d’orchestre Néstor Marconi, qui a, entre autres, repris il y a plusieurs années une partie de la direction de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, souffle ses 80 bougies.

A l’occasion, Página/12 lui consacre l’une de ses pages culturelles et pour ma part, je vous invite à aller le découvrir sur la page qui lui est dédiée dans l’encyclopédie en ligne argentine 100 % tango, Todo Tango, qui propose des enregistrements à foison.

Bon anniversaire, Maestro !
Feliz cumpleanos

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

samedi 11 juin 2022

El Café Vinilo rouvre ses portes, dans le sud cette fois [à l’affiche]


Ce soir, samedi 11 juin 2022, à 21h, le Café Vinilo rouvre ses portes et inaugure en musique sa nouvelle adresse. Ce café-concert de référence avait fait sa place dans le quartier de Palermo, un quartier résidentiel et aisé du nord de la ville de Buenos Aires.

La pandémie et les confinements l’ont obligé à fermer ses portes et il a perdu son local.

Il renaît donc ce soir dans le quartier sud de San Cristóbal, nettement plus modeste, dans la rue Estados Unidos, au numéro 2483. C’est le duo (ci-dessus) composé par le compositeur et pianiste Sebastián Macchi et le compositeur et guitariste à huit cordes Matías Arriazu qui inaugureront la nouvelle scène avec leur répertoire de musique originale qui puisse dans la tradition du nord-est.

Les deux musiciens se connaissent depuis 1999 et sont rentrés avant le confinement d’une résidence en Allemagne.

Prix des places : 1 000 pesos ARG.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire la présentation du concert sur le site Internet du Café Vinilo

L’interdiction du langage inclusif à l’école fait beaucoup causer [Actu]

"Interdit d'interdire", dit le gros titre sur le tableau
En haut, la condamnation de l'ex-présidente non élue
de la Bolivie à plusieurs années de prison pour putsch
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Depuis quelques années, les Argentins connaissent un phénomène de langage inclusif qui introduit un genre neutre dans une langue espagnole qui jusque là l’ignorait. Il y avait un masculin avec des terminaisons généralement en -o au singulier et en -os au pluriel et des terminaisons généralement en -a au singulier et en -as au pluriel. Quelques substantifs et adjectifs ont une terminaison en consonne au singulier, ce qui donne une désinence en -es au pluriel : par exemple joven / jovenes (jeune).

Au début, le neutre, inventé par des militants LGBTI pour répondre aux besoins de reconnaissance linguistique et grammaticale des personnes non-binaires, était marqué par un -x ou un @ qui prenait la place du -o ou du -a précédents. Ce qui était imprononçable, comme le langage inclusif français. Avec la pratique, les Argentins sont donc passés au -e. Ce qui, comme m’a dit un jour une de mes amies assez hostile au phénomène, revient à « parler français ». Et maintenant, ce langage peut passer à l’oral.

Clarín traite le sujet très discrètement : en bas à droite
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Progressivement, ce courant linguistique s’est ainsi étendu dans les milieux intellectuels, la presse et la littérature de gauche. On en trouve assez souvent la trace dans les colonnes de Página/12 et dans les autres périodiques du groupe Octubre. Le gouvernement de l’actuel président, qui est personnellement concerné dans sa proche famille par le phénomène (il a un enfant non binaire qui milite dans ce sens), pratique assez souvent ces innovations dans les discours officiels et les communiqués.

Avant-hier, le ministère de l’Éducation de la Ville Autonome de Buenos Aires a annoncé qu’il interdisait l’application du langage inclusif dans les écoles publiques de son ressort. L’argument de la ministre est assez simple et pas entièrement faux (mais pas entièrement vrai non plus) : la langue espagnole disposerait de tout ce qu’il faut pour respecter les exigences de reconnaissance et de bienveillance envers les personnes non-binaires. C’est un peu faux parce que la règle, qui vaut aussi en français, selon laquelle au pluriel le masculin l’emporte sur le féminin est encore plus rigoureuse qu’en français, où elle est déjà très forte. Il n’existe par exemple aucun mot pour désigner ensemble le père et la mère. On dit padres (père au pluriel). Même chose pour les enfants qui sont los hijos (hijo = fils). Idem pour les frères et sœurs qui sont los hermanos. Cela est vrai aussi pour un couple royal : ils sont « los reyes », les rois. En Espagne, jusqu’à il y a peu, le duché d’Albe était aux mains d’une femme, la Duquesa de Alba. Lorsqu’elle était mariée et qu’on parlait du couple, on les désignait comme « los duques de Alba », ce qui montre bien à quel point l’espagnol est grammaticalement peu adapté à toutes ces situations dont la société reconnaît peu à peu la légitimité !

Un peu moins discret ici : à gauche, à mi-hauteur
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Le gouvernement de Buenos Aires et la droite en général affichent un argument qui convainc beaucoup de gens, comme il convainc en France : cela complique l’apprentissage de la langue qui a déjà suffisamment à faire avec deux genres. En fait, il existe de nombreuses langues indo-européennes qui ont conservé les trois genres, masculin, féminin et neutre. C’est le cas de l’allemand ou de l’ukrainien, pour en prendre deux. Il est vrai que les langues latines ont généralement réduit le phénomène. Et l’espagnol est bel et bien une langue latine mais en Argentine, il a absorbé tant et tant de matériel linguistique venant de toute l’Europe et au-delà qu’il n’est pas à un enrichissement près.

La décision, hautement politique, de la ministre portègne de l’Éducation provoque donc bien du chahut dans le paysage pédagogique et idéologique du pays. A gauche, elle est vue comme une régression, un refus de la politique orientée vers l’égalité entre les sexes et l’accueil des personnes LGBTI développée par le gouvernement national pour secouer des traditions qui ont la vie dure. La ministre agit à dessein : dans un an et demi, ce sera les élections présidentielle et législatives. Et la droite s’apprête à partir à l’assaut du pouvoir au niveau national. La faible cote de popularité et de confiance du président actuel ainsi que les divisions partisanes à l’intérieur de la majorité lui laissent en effet beaucoup d’espoir.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire le communiqué officiel du gouvernement de Buenos Aires

Ajout du 13 juin 2022 :
La ministre a menacé de sanctions disciplinaires les enseignants qui continueraient à utiliser le langage inclusif.

A ce propos :

Ajout du 15 juin 2022 :
Telle le petit village irréductible gaulois, une professeure d’histoire, elle-même trans, résiste encore et toujours à la répression ministérielle à Buenos Aires.
Pour en savoir plus :
lire l’article de Página/12

vendredi 10 juin 2022

Du Piazzolla à la place de la soirée électorale (française) [ici]


Le Duo Intermezzo, dont je vous parle depuis l’année dernière, partagera avec le Trio Sudaméris (piano, percussions, contrebasse) la soirée du dimanche 19 juin 2022, à 20 h, au Festival International Marseille Jazz des 5 Continents. Tout un programme pour la cité phocéenne.

Le Duo Intermezzo se compose de la pianiste Marielle Gars et du bandonéoniste Sébastien Authemayou, qui ont scruté les partitions de Piazzolla pour en donner une interprétation originale, où ils recherchent l’authenticité. Leur talent leur a évité de tomber dans les deux pièges où tombent à pieds joints tant et tant de musiciens européens, même parmi les plus réputés, qui se lancent dans le tango : ni originalité pour l’originalité, ni imitation (forcément médiocre) de qui que ce soit.

Le spectacle s’intitule Libertad. Il s’accompagne d’un livre et d’un disque, la première biographie musicale de Astor Piazzolla en français.

La soirée se donne donc dimanche en huit, au musée provençal, 4 chemin de Palama, à Marseille (13000).

Et vous savez quoi ? En plus, c’est gratuit !

© Denise Anne Clavilier

Une cour fédérale rouvre le procès d’un attentat de 1976 [Actu]

"Réouverture de l'affaire de la plus atroce attaque montonera"
aboie le gros titre en lettres rouges
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C’est un vieil attentat que les guérilleros montoneros (1) avaient monté en 1976 contre les forces de la police fédérale, en faisant sauter la cantine de son quartier général. Des personnes avaient été arrêtées en leur temps mais l’affaire avait fini par être classée devant l’horreur des crimes de l’autre camp, ceux de l’État sous la dictature militaire de 1976-1983, ce que par la suite les militants démocratiques allaient appeler, non sans raison, le terrorisme d’État.

Hier, une chambre fédérale siégeant à Buenos Aires, où les faits se sont produits, a annulé ce classement. Ce qui revient à exiger qu’un juge (en l’occurrence, c’est une femme) rouvre le dossier et relance l’instruction.

L'info est traitée dans la colonne de droite
à mi-hauteur de la page
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Página/12, furieux, dénonce la démarche d’un condamné pour crimes contre l’humanité (un sbire de la dictature) et d’autres qui allaient dans le même sens et qui viennent, selon la rédaction, de groupes idéologiques qui restent fidèles au régime anticonstitutionnel mis en place par les militaires putschistes de 1976.

Le reste de la presse, qui est de droite, se félicite de cette décision qui semble, selon leur analyse, rétablir l’équilibre en faveur de leur côté de l’échiquier politique national puisque les criminels de la dictature sont poursuivis, encore aujourd’hui, à un âge avancé, sans relâche par une justice argentine poussées par les militants de la démocratie et surtout par les exigences juridiques, politiques et diplomatiques des traités internationaux que l’Argentine a signés et qu’elle a violés pendant la dictature.

Même traitement ici
mais les foules de manifestants à Buenos Aires
remplacent les suppositions gratuites et sensationnalistes
sur l'avenir du pape François
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Certains rédacteurs se régalent à l’idée que le journaliste, qui fut l’un de plumes de Página/12, et président (un soupçon sectaire) du CELS, un organisme de droits de l’homme très actif dans la chasse aux crimes de la dictature, Horacio Verbitsky va à nouveau devoir répondre à des juges. Il est soupçonné d’avoir participé directement ou non à l’attentat.

Il va falloir regarder désormais comment la juge reprend l’affaire et comment les parties prenantes interagissent avec elle au fil de l’instruction.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

La Prensa en parle en une (ci-dessus) mais l’article n’est pas disponible sur son site Internet (il le sera peut-être demain).


(1) Ce mouvement péroniste armé très ancré à gauche a choisi pour se désigner une allusion aux partisans populaires de la guerre d’indépendance qui ont soutenu la liberté du pays dans le nord entre 1812 et 1820 environ puis ont continué le combat cette fois-ci dans la guerre civile et du côté fédéraliste, de nature sociale et politique plus nettement populaire que l’unitarisme, essentiellement soutenu par les grands propriétaires et par Buenos Aires, dont cette centralisation de l’État devait soutenir les intérêts. Ces partisans étaient contenus comme les « montoneros » non pas parce qu’ils n’avaient aucune discipline militaire et formaient donc des tas (montón) comme le dit une étymologie des plus fantaisistes mais répétée à l’envi même par les historiens en apparence les plus sérieux. La montonera, c’était en fait et c’est toujours l’estive des porcs noirs du nord de l’Espagne dans les Pyrénées pour la belle saison. En Argentine, devant les forces coloniales qui regagnaient du terrain entre 1813 et 1816, les villageoises indépendantistes prétendaient que leurs hommes étaient partis en estive, pour justifier l’absence de ceux qui en réalité avaient pris le maquis.

Tous les jeudis de juin et de juillet au CCC : hommage à Piazzolla [à l’affiche]

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Photo extraite du site Internet du CCC Floreal Gorini


Pendant deux mois, depuis hier, le 9 juin 2022, tous les jeudis à 20 h, le CCC Floreal Gorini, Avenida Corrientes 1543, propose dans sa salle Solidaridad un spectacle de danse autour de Astor Piazzolla, Astor Nosotros (Astor Nous), en rattrapant l’année du centenaire, en 2021, bien gâchée par le covid et les mesures sanitaires qui ont rudement touché le monde du spectacle en Argentine comme ailleurs.

Le spectacle a été monté par le chorégraphe Leonardo Cuello. Il occupe dix danseurs sur scène.

Prix des places : 1 800 $ ARG (les prix ont sacrément augmenté, même dans ce centre culturel qui affiche très clairement son appartenance à la gauche : c’est l’institution culturelle du mouvement coopératif argentin). Et ô surprise !, on n’en parle pas dans Página/12… Mais dans un autre journal, le moins attendu pour cette salle si marquée idéologiquement.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire la présentation du spectacle sur le site Internet du CCC Floreal Gorini.

jeudi 9 juin 2022

Un spectacle sur Belgrano à… Belgrano [à l’affiche]

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L’historien contestataire et animateur radio-télévisuel Felipe Pigna proposera samedi 11 juin 2022, à l’Auditorio Belgrano, Virrey Loreto 2348, dans le quartier homonyme, un spectacle multimédia intitulé Felipe Pigna busca las huellas de don Manuel (Felipe Pigna sur les traces de don Manuel). Je vous laisse aprécier sur l'affiche la taille respective des noms propres. Pigna n'est pas une demi-vedette, comme vous le constatez !

Il y aura une récitante, de la musique et du dessin.

Il s’agit de raconter la vie et l’œuvre émancipatrice de Manuel Belgrano (1770-1820), avocat devenu économiste, le premier en Amérique du Sud, puis général pour repousser les forces contre-révolutionnaires et coloniales qui tâchaient de mettre en échec la révolution indépendantiste qui avait été déclenchée, sur l’initiative de Belgrano, le 25 mai 1810 lors d’une réunion des notables de Buenos Aires, à l’hôtel de ville, le Cabildo. La légende nationale retient surtout qu'il a inventé le drapeau argentin, à Rosario, sur les rives du Paraná, le 24 février 1812 (d'où l'iconographie que l'on observe sur l'affiche ci-dessus).

Dans sa démarche d’inlassable vulgarisateur, qui a le sens du public, Felipe Pigna entend entamer avec les spectateurs un échange. La figure historique de Manuel Belgrano est à la fois très célèbre, très aimée et passablement méconnue dans sa dimension historique réelle. Adopter une démarche qui préfère le dialogue à la parole magistrale trop fréquente en Argentine sur ces thèmes n’est donc pas du luxe.

L’entrée est fixée à 1 400 pesos argentins.

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En 2020, l’année était consacrée au 250e anniversaire de la naissance de Manuel Belgrano et au bicentenaire de sa disparition. La programmation culturelle, prévue de longue date dans tout le pays, avait été gâchée par les confinements et autres mesures sanitaires contre le covid. On sent que les animateurs culturels se rattrapent maintenant que la contagion semble moins dangereuse.

Seul Página/12 en fait un article aujourd’hui (pas étonnant, Felipe Pigna est très lié au groupe Octubre, actionnaire principal du quotidien). La Nación présente rapidement le spectacle dans ses pages consacrées aux nouveautés à l’affiche.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 qui propose une interview approfondie de l’historien

mercredi 8 juin 2022

Un nouveau livre sur Troilo [Disques & Livres]

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Ce sont deux journalistes qui se sont proposé de retracer la vie, l’œuvre et le legs de Aníbal Troilo (dit Pichuco) à son pays, à la musique populaire et au tango, devenu, entre autres, grâce à lui, le symbole de sa ville natale, Buenos Aires : Mariano Suárez et Miguel Angel Taboada.

Troilo. Una teoría del todo paraît ces jours-ci aux éditions Mil Campanas, sous format imprimé et e-book.

En format numérique, il est disponible sur toutes les plateformes digitales.

En format imprimé (220 pages), on le trouve dans de nombreuses librairies argentines, dont certaines, comme Cuspíde, disposent d’un service de vente en ligne et d’expédition dont vous pouvez profiter. Il est vendu au prix de 2 200 pesos argentins, soit 17,50 dollars US.

Renouveler le genre de l’ouvrage troileano n’était pas une mince affaire, eu égard à l’abondante bibliographie consacrée à ce musicien qui compte parmi les cinq ou six géants de l’histoire du tango, Gardel restant hors compétition. Il semblerait que le défit ait été relevé de belle façon. C’est en tout cas dans cette perspective que Página/12 présente l’ouvrage ce matin, à travers une interview de ses auteurs, dans les colonnes de son supplément culturel quotidien.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

mardi 7 juin 2022

Caras y Caretas rend hommage à Gardel [Disques & Livres]

"Saint Gardel", dit le titre
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Le magazine culturel mensuel du groupe Octobre, Caras y Caretas, rend hommage en ce mois de juin à Carlos Gardel, défini comme un élément du patrimoine musical, ce qu’il est à n’en pas douter !

Le 24 juin prochain va marquer un nouvel anniversaire de la disparition accidentelle et tout à fait tragique du grand artiste, en 1935, sur l’ancien aérodrome de Medellín en Colombie, dans les derniers jours d’une grande tournée internationale entre l’Amérique et l’Europe.

Le magazine se plie en quatre pour rendre compte de la vaste palette du symbole qu’est devenu Carlos Gardel, le chanteur qui chante de mieux en mieux de jour en jour (cada día canta mejor) : biographie, carrière, grands succès musicaux, filmographie, dimension patrimoniale du personnage historique. Vous trouverez à peu près tout dans ce mensuel de juin qui dimanche était vendu avec le quotidien Página/12, propriété du même groupe médiatique.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de présentation signé de l’historien Felipe Pigna, une des grandes plumes de la rédaction de Caras y Caretas.

Ce soir à la Legislatura, découvrez la maison natale de Belgrano [Disques & Livres]

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Roberto Collimodio et Alejandro Maddoni présenteront ce soir, mardi 7 juin 2022, à 18 h, leur ouvrage sur l’histoire de la maison familiale de Manuel Belgrano, où il est né, le 3 juin 1770, et où il est mort, le 20 juin 1820.

Il s’agit d’une maison qui a disparu. Elle a été démolie au début du 20e siècle parce qu’elle tombait progressivement en ruine et qu’aucun propriétaire privé ne voulait se charger de sa restauration. A cette époque, l’État, aux mains de la Generación del Ochenta, une clique oligarchique incroyablement corrompue, n’avait aucune conscience de l’existence d’un patrimoine historique national. Cette très belle maison patricienne, qui avait appartenu à l’un des plus riches, si ce n’est le plus riche des marchands coloniaux de la ville, le père du général Belgrano, s’élevait sur ce qui est aujourd’hui l’avenue Belgrano, à quelques pas à peine du couvent des dominicains, dans l’église desquels les membres de la famille avaient obtenu le droit de sépulture et sur le parvis de laquelle se trouve aujourd’hui le fastueux tombeau du général.

Le livre préfacé par deux autorités, d’une part le président de l’Instituto Nacional Belgraniano, qui est un descendant de Manuel Belgrano dont il porte le nom, et d’autre part le très grand archéologue de Buenos Aires qu’est l’architecte Daniel Schávelzon, est donc l’histoire enfin reconstituée de ce morceau de patrimoine perdu. Cette histoire qui restait à faire. Merci à eux de s’y être collés.

La présentation aura lieu au Salón San Martín de la Legislatura, le parlement unicaméral de la Ville Autonome de Buenos Aires, à quelques centaines de mètres à peine de ce petit coin de la capitale où a vécu et où est mort le général Manuel Belgrano, créateur du drapeau national et défenseur par les armes de l’intégrité du territoire du pays que la révolution de Mai mettait au jour.

© Denise Anne Clavilier

Quatrième de couverture de l'ouvrage
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Musique saltègne à l’honneur demain au CCK [à l’affiche]


La chanteuse Nadia Szachniuk et le compositeur et guitariste Juan Falú, tous deux de Salta (ci-dessus), dans l’extrême-nord-est du pays, viennent d’enregistrer un disque en commun qui présentent des morceaux des deux Falú, celui d’aujourd’hui, Juan, et celui d’hier, son oncle Eduardo, autre représentant éminent du folklore saltègne, décédé il y a quelques années déjà.

Demain, 8 juin 2022, à 19 h, ils monteront sur la scène du Centre Cultural Kirchner, près de l’ancien port de Buenos Aires, pour offrir un premier récital de présentation.

Entrée libre et gratuite, comme toujours dans cette grande maison publique.

Le concert sera retransmis en direct sur Radio Sonido Cultura.

Le disque a été enregistré dans un studio de Técnopolis, le parc d’attraction consacré aux sciences et aux technologies.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

vendredi 3 juin 2022

Défense du livre imprimé avec l’humour de Miguel Rep [Disques & Livres]

Dans sa vignette du jour, dans Página/12, le dessinateur Miguel Rep fait à nouveau parler les livres d’une bibliothèque, un running gag de cette rubrique.


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De gauche à droite :
En tant que bibliothèque, on en a déjà vu de toutes les couleurs.
Des gouvernements démocratiques
Des gouvernements sans légitimité
Des gouvernements frauduleux
Des dictatures
Des dictacools [jeu de mots avec dicta-dura blanda]
Des gouvernements populistes
Des tragédies
Des trahisons
Imagine un peu si l'e-book, ça va nous faire peur !
Traduction © Denise Anne Clavilier

© Denise Anne Clavilier

Le jubilé de platine du côté du Río de la Plata [ici]

Une du magazine people Hola, du groupe La Nación
le 27 avril dernier
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De toute évidence, Lilibet et ses 70 ans à porter la couronne font beaucoup moins recette de l’autre côté de l’Atlantique que chez nous !

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Les journaux de gauche n’y font même pas la moindre allusion à la une, que ce soit en Argentine (Página/12) ou en Uruguay (La R. Digital, ex-La República).

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Les journaux de droite sont plus friands de sortie familiale sur le balcon de Buckingham Palace… Et tout le monde s’est bien amusé, comme ici, de voir des grimaces très expressives du prince Louis sous le vacarme du défilé aérien juste au-dessus de lui.

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© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
en Argentine
lire l’article de Página/12
lire l’entrefilet de La Prensa
lire l’article de Clarín qui propose aussi en ligne une riche galerie de photos
lire l’article de La Nación
en Uruguay
lire l’article de El País
lire l’entrefilet de La R. digital (ex-La República)

Ajout du 9 juin 2022 :
Hola Argentina se rattrape cette semaine avec cette une brillantissime !

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La UBA se dote d’un doyen gay et brise un plafond de verre [Actu]

"Liberté de la Chaire"
(et cette fois, il n'y a pas ce type de jeu de mots)
Militance inhabituelle pour une allure nettement plus classique
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A partir du 1er août prochain, la faculté de philosophie et de lettres, qui couvre l’ensemble des humanités, histoire comprise, de la prestigieuse Université de Buenos Aires, la UBA pour les intimes, sera dirigée par un homme qui est connu comme intellectuel et militant des droits des LGTBI+, dans lesquels il se reconnaît.

Ricardo Manetti est un spécialiste reconnu de l’histoire des média et en particulier de celle du cinéma. Il est le créateur d’un festival de cinéma à Buenos Aires, le BAFICI. Il a dirigé le Centre culturel Konex et occupé la charge de sous-secrétaire d’État à la culture de la Ville autonome de Buenos Aires.

Ricardo Manetti a bien l’intention de secouer le cocotier universitaire. La UBA et en particulier cette faculté sont connues pour avoir longtemps été des bastions de la société conservatrice argentine. Un incontestable machisme y règne, à l’exemple de nombreuses institutions universitaires très anciennes en Europe (rien de singulier).

Página/12 lui consacre son article de une du supplément hebdomadaire Soy, consacré aux questions sociétales. Il s’agit d’une interview où il expose son programme pour la durée de son mandat à venir.

C’est une première et ça va sûrement tanguer dans le bastingage.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

jeudi 2 juin 2022

Mobilisation devant le Congrès pour sauvegarder le financement de la culture [Actu]

"Non à l'extinction [de la] culture", dit la banderole
Une du supplément culturel quotidien de Página/12
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Hier, des acteurs de la culture représentant environ 70 organisations de tous les secteurs et de tous les domaines (cinéma, théâtre, musique, bibliothèques, etc.) se sont rassemblés devant le Congrès pour exiger que les élus votent la reconduite pour cinquante ans d’un outil qui permet au niveau fédéral de financer le développement culturel du pays sur les deniers publics.

La nouvelle majorité parlementaire, où la droite joue un grand rôle sans avoir la majorité absolue, est tentée de faire passer cette loi de financement par pertes et profits.

Sous le slogan général « Uni(e)s pour la Culture », les manifestants ont brandi des pancartes et scandés des mots d’ordre parmi lequel figure une phrase à méditer : « la culture, c’est pas pour faire joli ».

L'info est déjà traitée en une générale
en haut à droite
Mais la photo centrale (montage) est consacrée
à la victoire hier à Wembley contre l'Italie
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San surprise, Página/12 est le seul quotidien ce matin à leur donner la parole et à rapporter leur rassemblement militant.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur la manifestation
lire l’article de Página/12 sur les raisons exposées par les manifestants.