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Opération cadena, dit le gros titre Comme La Nación, Página/12 s'interroge sur l'opportunité pour le président de se rendre aux Etats-Unis ces jours-ci pour aller applaudir le spectacle d'une de ses ex en tournée chez Tonton Donald Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution |
Pour tenter de limiter les
conséquences, notamment électorales, du scandale de corruption qui
implique actuellement l’entourage le plus proche du président
Javier Mileí, sa sœur et son avocat personnel imprudemment nommé
par lui
à la tête de l’agence du handicap dont
il vient d’être révoqué,
le gouvernement a obtenu
d’un magistrat pour le
moins suspect une
interdiction de rendre publics les enregistrements audio qui prouvent
que des dessous de table ont profité
à différentes personnes,
dont la sœur du chef de
l’État, qui
agit depuis toujours comme
l’âme
damnée de son frère.
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Le gouvernement attribue l'audiogate à la Russie et au Venezuela, dit le gros titre Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
De quoi s’agit-il ? De
surfacturation par un seul
grossiste de
médicaments vendus à
l’agence et destinés
aux handicapés, avec redistribution aux
proches du président des
sommes ainsi volées à l’État argentin, client du grossiste peu
scrupuleux. Cette affaire
de corruption a donné
lieu à des conversations entre
les corrompus. Or elles
ont été enregistrées, certaines au sein même du palais
présidentiel, ce qui a
déclenché une enquête en interne : le président cherche à
identifier le traître parmi le personnel de ses services (ce n’est
donc pas une infox montée par le Kremlin ou par Caracas comme le
président s’efforce de le proclamer depuis cette nuit).
Depuis plusieurs jours, ces
documents audio sont publiés au compte-gouttes dans
la presse, alors que la
campagne de mi-mandat bat son plein et
vient d’aboutir à une défaite sévère du camp présidentiel dans
la province de Corrientes. Et cela ne s’annonce guère mieux
dimanche prochain dans la province de Buenos Aires puis au niveau
national en octobre.
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L'affaire a droit à un titre secondaire, en haut à droite : "Décision de justice polémique : elle interdit de diffuser les audios de Karina Mileí" Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Le juge qui a prononcé
l’interdiction est lui-même poursuivi, entre autres, pour des
faits de violence contre sa compagne, ce qui devrait lui valoir
d’être révoqué du corps des magistrats s’il est reconnu
coupable.
Les observateurs, les juristes,
les constitutionnalistes, de nombreux élus surtout de l’opposition
et bien entendu un grand nombre de journalistes voient dans cette
réaction de l’exécutif
une violation gravissime de la liberté d’expression et de la
liberté de la presse. Un nouveau pas du
président vers
l’instauration d’un régime autoritaire, pour
ne pas parler de
dictature.
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"Le gouvernement a obtenu une décision judiciaire pour empêcher la diffusion d'autres audios de Karina Mileí" Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Dans le paysage médiatique
argentin, parmi les titres nationaux, on observe ce
matin que Clarín
évoque à peine l’affaire
tant il est occupé par
son actualité maison et la grande soirée
d’hier au Teatro Colón
avec tout le gratin mondain
pour
les 80 ans de la fondation du quotidien et que La
Prensa, qui défend
le point de vue de la
droite catholique réactionnaire, s’émeut le moins de ces
initiatives liberticides. En revanche, Página/12
et La Nación,
qui sont à l’opposé
idéologique et politique l’un de l’autre,
dénoncent les mêmes faits, souvent
dans les mêmes termes :
opération judiciaire critiquable voire
illégale, atteinte à la
liberté d’informer, invraisemblance
de l’argument officiel pour dénoncer une opération de
désinformation de la Russie et du Venezuela (alors qu’on sait que
les faux russes sont très faciles à détecter en OSINT, ne
serait-ce que par la mauvaise maîtrise de la langue dont les
faussaires font preuve) et situation peu crédible, sur les plans
personnel et professionnel, du juge ayant pris cette décision.
A suivre…
© Denise Anne Clavilier
Pour aller plus loin :
Ajout du 11 mai 2026 :
lire cet
article de La
Nación
sur les surfacturations au détriment de la ANDIS : une
différence de 4239 % (sic) a été détecté dans les achats de
matériels effectués par l’agence nationale pour le handicap.