mardi 20 juillet 2021

Un film qui tombe à point pour l’Argentine, le dernier Costa-Gavras [à l’affiche]

"Tout film est politique", dit le cinéaste franco-grec


Aujourd’hui, le festival de cinéma Entre-Nous, proposé par l’Institut Français de Buenos Aires, projettera, en salle et en ligne, le film que Costa-Gavras a consacré à la crise grecque en adaptant le livre de l’ancien ministre des finances Iannis Varouflakis.

C’est le film idéal pour Página/12 qui ne cesse de dénoncer les méfaits de l’endettement et la hargne des néolibéraux, qui dévorent à belles dents les pays tombés sous leur coupe.

Le quotidien de gauche en fait même la une de son supplément Cultura y Espectaculos, qui en avait aussi consacré une autre au festival lui-même.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lundi 19 juillet 2021

Ma prochaine conférence sur San Martín pour fêter le bicentenaire du Pérou [ici]


Il y aura deux cents ans, le 28 juillet prochain, le général José de San Martín (1778-1850) présidait les cérémonies de serment à l’indépendance du Pérou à Lima, qui venait de se déclarer ville ouverte devant ses forces stationnées à quelques kilomètres de là, à l’issue d’une campagne qu’il avait imaginée et préparée depuis juin 1814 !

Or San Martín fait le lien entre le Pérou et la France puisqu’il y a vécu la plus longue période de son exil volontaire, loin du continent qu’il avait contribué à libérer avec Bolívar (1783-1830) et qui avait sombré presque partout dans la violence politique (guerre civile et coups d’État en tout genre). Il est mort à Boulogne-sur-Mer, sous la Seconde République.
Si vous ajoutez à cela que 2021
marque aussi le bicentenaire de la mort de Napoléon Ier, vous comprendrez que le Centre Culturel du Pérou (CECUPE) ait souhaité rapprocher les deux hommes qui ont forgé l’histoire de leurs continents respectifs et qui étaient contemporains (ils avaient huit ans et demi de différence).

Le mardi 27 juillet 2021, je donnerai donc une conférence sur les parcours comparés des deux hommes à la Mairie du 13e arrondissement de Paris, Place d’Italie (métro homonyme), à 18 h 30.

  • Entrée libre et gratuite sur inscription préalable indispensable (à cause de la jauge imposée par les pouvoirs publics).
  • Les portes seront ouvertes à 18 h.
  • Port du masque obligatoire.

Le 28 mai dernier (voir mon article sur le sujet, avec vidéo incluse), j’avais déjà fait un parallèle entre ces deux héros historiques à l’Ambassade d’Argentine et j’avais choisi de faire porter ma présentation sur sept points que j’avais jugé particulièrement pertinents pour ce pays. L’histoire du Pérou est différente, l’image et le mythe de San Martín s’y sont développés autrement qu’en Argentine et au Chili. J’aborderai donc d’autres points et la conférence sera donc complémentaire de celle donnée en mai.

Eu égard à l’importance des célébrations, la priorité d’inscription devra être donnée aux membres du CECUPE, ce dont l’association est désolée. Les règles sanitaires nous imposent ce choix. Les inscriptions seront reçues par mail (cecupe.info#at#orange.fr) jusqu’au 25 juillet. Les non adhérents pourront recevoir confirmation de leur inscription la veille de la conférence, le 26. Pas très commode, il est vrai ! Vivement que nous soyons tous vaccinés pour retrouver des modalités normales pour nous rencontrer.

© Denise Anne Clavilier

Le lendemain, un dépôt de gerbe officiel sera effectué au pied de la statue de San Martín dans le 14e pour marquer cet anniversaire si particulier dans des circonstances qui sont encore plus tragiques au Pérou qu’en France où le système sanitaire a tenu vaille que vaille (là-bas, hélas, non). Ce 28 juillet, il est aussi prévu là-bas, à Lima, que le nouveau président, Pedro Castillo, un simple instituteur de campagne d’ascendance amérindienne élu le 6 juin, prête serment. Le Pérou basculera alors lui aussi à gauche au moins pour ce mandat alors que ces institutions démocratiques seront sous les menaces que fait peser sur elles la candidate malheureuse qui se la joue Trump. Elle vient de soulever la droite extrémiste et complotiste et a provoqué ce week-end des incidents sévères.

dimanche 18 juillet 2021

Teresa Parodi sort elle aussi son disque du confinement [Disques & Livres]


Peu à peu, tous les musiciens sortent le disque qu’ils ont conçu et souvent enregistré pendant le confinement. C’est le cas de Teresa Parodi, auteur, compositrice et interprète, qui s’accompagne elle-même à la guitare. Elle est une de meilleures représentantes du chamamé, cette musique du nord-est de l’Argentine, des provinces de Corrientes, Entre Ríos et Misiones, les terres de la yerba mate…

Elle-même se partage entre Buenos Aires où elle vit depuis longtemps et sa province natale de Corrientes où elle va régulièrement se ressourcer. Elle répond en ce dimanche matin à une interview de Página/12, dans son supplément sur la culture décalée Яadar, pour présenter Después de todo (après tout cela). Elle y parle de l’expérience vécue pendant cette crise sanitaire et en particulier de son ami, le sociologue Horacio González, l’ancien directeur de la Bibliothèque nationale Mariano Moreno, qui y a laissé sa vie à 77 ans. Elle y parle aussi politique : c’est une femme de gauche profondément engagée dans le projet de la Patria Grande (l’unification continentale). Elle a été ministre de la Culture à la fin de la présidence de Cristina Kirchner puis députée au Parlasur, qui a tant de mal à exister quand le continent est majoritairement gouverné à droite.

La chanteuse dans un paysage typique de Corrientes
(photo Cecilia Salas)

Il y a deux jours, elle a fait mettre l’intégralité de l’album à écouter sur sa chaîne Youtube, sous licence RCA Victor, sa maison de disques.

L’album se compose de dix morceaux et dure 36 minutes.

Il est en vente sur différentes plateformes puisque depuis la France, il n’est pas encore possible d’en disposer chez nos disquaires.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :


Ajout du 24 juillet 2021 :
Página/12 redonne la parole à Teresa Parodi pour la sortie de son nouveau disque. Cette fois-ci, elle ait la une du supplément culturel quotidien.
Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12

"Tourbillons", dit le gros titre

Les Pumas vainqueurs en Europe [Actu]

Photo Geoff Caddick (AFP)


L’équipe argentine de rugby, los Pumas, vient d’achever une tournée amicale en Europe dont elle sort invaincue.

Hier, elle l’a remporté à Cardiff contre l’équipe galloise, qui jouait donc à domicile et qui a encaissé 33 points.

Une une qui insulte Cuba, sans tenir compte du blocus,
comme d'habitude dans ce journal qui hait le régime de l'île
Et en bas au centre : "ils ont recommencé à rugir"
Notons que le puma ne rugit, il émet un petit cri ridicule
mais en Argentine, on l'appelle "Lion"


Dans cette discipline et après les mois d'inaction à cause du covid-19, les Pumas sont en train de gagner leurs galons de champion contre les pays de forte tradition. En Argentine pourtant, le rugby est longtemps resté l’apanage de la classe dominante.

Quelque chose qui pourrait bien changer dans les années à venir.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin 

lire l’article de Página/12
lire l’article de La Prensa, qui a mis l’info à sa une (il est vrai que c’est le journal de cette droite qui a longtemps confisqué ce sport pour elle seule)
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación

Ajout du 30 juillet 2021 :
Et la première médaille olympique de l’Argentine aura été le bronze pour l’équipe de rugby à 7 le 28 juillet.

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Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación

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samedi 17 juillet 2021

Inculpations dans l’affaire bolivienne : Macri, Bullrich, Aguad, l’ex-ambassadeur et un officier de gendarmerie [Actu]

Gros titre : "C'est une ânerie judiciaire, institutionnel et politique"
En haut, au centre, à la droite du titre sur l'arrivée des doses Moderna,
notre affaire !


Il y a une semaine, le gouvernement bolivien révélait que l’Argentine avait envoyé des armes et des munitions en pleine répression des citoyens qui manifestaient pour le respect de la démocratie tandis que d’autres soutenaient encore l’élection (en soi contestable) de Evo Morales (qui avait outrepassé ses droits constitutionnels à se présenter à la présidence) par les partisans de Jeanine Añez, qui était en train de s’emparer du pouvoir et se trouve maintenant en prison pour rébellion contre l’ordre constitutionnel.

Cette livraison, prouvée par une lettre de remerciement d’un haut gradé de l’état-major de terre bolivien à l’ambassadeur d’Argentine alors en poste à La Paz, peut difficilement avoir été exécutée sans l’aval des pouvoirs publics argentins. Or le coup d’État en Bolivie s’est produit à la fin de novembre 2019 quand Mauricio Macri savait qu’il n’était plus président que pour quelques jours et qu’il devait céder sa place le 10 décembre à son successeur dans le cadre d’une alternance démocratique indiscutable. Il n’avait donc aucun légitimité à engager le pays dans une telle opération hors de ses frontières, et ce d’autant moins qu’une telle intervention dans un pays étranger est strictement interdite par le droit international.

Une enquête judiciaire a donc été lancée et elle débouche dès maintenant sur l’inculpation de cinq personnalités, dont quatre ont beaucoup varié dans leurs dénégations médiatiques : l’ex-président Macri, qui est toujours à Zurich (sans avion pour rentrer au pays à cause de la pandémie), sans l’aval duquel rien de tel n’aurait pu être possible ; l’ex-ministre de la Sécurité Patricia Bullrich qui a autorisé un escadron de gendarmes à accompagner le chargement puisque les gendarmes n’ont de compétence territoriale que sur le sol argentin ; l’ex-ministre de la Défense, Oscar Aguad, qui a dû donner son autorisation au décollage de l’avion militaire qui transportait la cargaison et l’escadron de gendarmes ; l’ex-ambassadeur qui a reçu la lettre de remerciement de l’armée bolivienne et semble avoir évité d’en informer son supérieur hiérarchique, le ministre des Affaires Étrangères, et enfin le commandant de gendarmerie qui dirigeait les opérations sur le terrain.

Jorge Faurie, l’ancien ministre des Affaires Étrangères, reste en dehors de la procédure. C’est le seul qui n’ait pas varié dans ses réponses aux journalistes : il a toujours affirmé que son ministère était étranger à ces manœuvres illégales. Peut-être a-t-il été court-circuité par l’ancien ambassadeur en Bolivie, lequel est un homme politique et non un diplomate de carrière (ce qu’est Faurie).

Place donc maintenant à l’instruction qui risque de durer de très longues années car les inculpés, qui ont les moyens de recruter les mieux cotés des avocats, lesquels ne manqueront pas de jouer de toutes les subtilités du code de procédure pénale pour retarder les échéances et noyer les magistrats sous les formalités.

L’information figure en une de Página/12 mais non pas en vedette : celle-ci est prise par la défense que Cristina Kirchner a présentée hier, en visioconférence, devant une cour dont elle attend de sortir blanchie par un non-lieu du dossier fumeux du Mémorandum avec l’Iran (1).

Les autres quotidiens, tous de droite, se montrent nettement plus discrets sur les ennuis judiciaires des caciques du macrisme. Leurs unes n’en parlent tout simplement pas.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :


Ajout du 18 juillet 2021 :
L’actuel ambassadeur argentin à La Paz met en cause le très droitier gouverneur de Jujuy, Gerardo Morales, dans l’affaire bolivienne. Selon lui, il aurait joué un rôle dans la livraison de matériel de répression aux putschistes boliviens. De fait, son prédécesseur dans le poste est devenu ministre du travail à Jujuy, une province limitrophe de la Bolivie. L’ambassadeur en poste avance également que les gouvernements de droite du Chili et du Brésil auraient eux aussi appuyé matériellement le coup d’État.
Pour aller plus loin :
lire cet article de Página/12 (qui est en guerre ouverte contre Morales depuis que le gouverneur s’est arrangé pour faire mettre en prison une leader indigéniste locale, Milagro Sala, qui en voit de toutes les couleurs depuis janvier 2016)

Ajout du 19 juillet 2021 :
Mariano Macri, l’un des frères cadets de l’ancien président, vient de faire des révélations ravageuses sur la personnalité de son frère. Il l’avait déjà assassiné en paroles dans un ouvrage d’un des journalistes de Página/12. Il vient de remettre le couvert. Les relations familiales semblent assez peu idéales dans la fratrie.
Pour aller plus loin 
lire l’article de Página/12. Et le feuilleton est loin d’être fini !

Ajout du 20 juillet 2021 :
La Nación revient sur l'affaire pour défendre Macri.

Ajout du 21 juillet 2021 :
Alors que la campagne électorale de mi-mandat fait désormais rage, Página/12 remarque, non sans malice, que les candidats de la droite libérale s’efforcent de se désolidariser du bilan présidentiel et de la personnalité de Mauricio Macri. Son ex-ministre de la Santé vient de déclarer que l’ancien président se contre-moquait des enjeux de santé, d’où la situation trouvée par les successeurs. Il est difficile de taper plus fort, eu égard aux critiques sans fondement que Macri, toujours bloqué en Suisse, ne cesse de répandre sur le gouvernement aux affaires.
Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12

Ajout du 24 juillet 2021 :
Mauricio Macri vient de confier sa défense à un avocat. On sait maintenant que le chargement de munitions envoyés en Bolivie correspond à un stock qui avait été constitué en 2018 en prévision de la réunion du G20 (qui s’est très bien passée et les munitions n’ont pas servi).
Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12

Ajout du 25 juillet 2021 :
Le Congrès argentin s’empare de l’affaire. Il vient de lancer une commission bicamérale d’enquête parlementaire.
Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12

Ajout du 30 juillet 2021 :
Mauricio Macri a tenté la semaine dernière d’entraver la procédure d’instruction : il a voulu empêcher la comparution des gendarmes impliqués comme co-auteurs des faits ou simples témoins. Le magistrat instructeur l’a toutefois débouté. Si l’ancien président n’avait rien à voir avec cette action diplomatiquement litigieuse, s’en remettrait-il à ces stratagèmes dilatoires ? Sa défense peine à convaincre l’observateur.
Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article de La Nación



(1) Cet accord entre l’Argentine et l’Iran devait permettre à un magistrat argentin d’aller entendre en Iran deux suspects de l’attentat antisémite contre la mutuelle juive AMIA qui fit 86 morts et 300 blessés, dont beaucoup sont handicapés à vie. Pour cet accord, un juge d’instruction maintenant décédé l’a accusée de haute trahison mais c’est une interprétation plus que contestable du droit. En effet, cet accord a été ratifié par le Congrès (pourquoi donc accuser la présidente ?) et de surcroît, il n’est jamais entré en vigueur, puisqu’il n’a pas été ratifié du côté iranien.

vendredi 16 juillet 2021

L’inflation confirme son ralentissement progressif [Actu]

Infographie INDEC
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L’INDEC vient de publier comme tous les mois son indice des prix à la consommation : les données ainsi relevées et analysées font apparaître une moyenne d’inflation pour le mois de 3,2 %, ce qui monte à 25,3 le cumul depuis le 1er janvier et à 50,2 % en année glissante, depuis juillet 2020.

Ce taux mensuel est le plus bas de l’année 2021 et il confirme que la montée du phénomène ralentit tout doucement. Le taux mensuel de mai était de 3,3 et le cumul en année glissante de 48,8 alors que ce même cumul calculé en mai était de 46,3.

Infographies éclairant les différentes variantes
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Ce mois-ci, ce sont les communications (téléphonie, Internet, télévision, etc.) qui culminent avec 7 % et les alcools et le tabac les suivent d’assez près avec un taux moyen de 5,5. A l’autre bout du spectre, on trouve les biens et services divers (comme la coiffure, l’esthétique) à 5 % et l’éducation à 1,1.

Pour une fois, du côté des variations régionales, ce n’est pas le bassin de Buenos Aires qui mène le bal mais la région de Cuyo (Mendoza, San Juan, San Luis), avec une moyenne générale de 3,5.

Variations régionales
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Tous les quotidiens s’arrêtent sur ces nouvelles données et les mettent à la une, en plus ou moins bonne place. Página/12 et La Nación sont les plus discrets sur le sujet.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

jeudi 15 juillet 2021

Cent mille morts en Argentine : 5 jours de deuil national [Actu]

Attendus du décret de deuil national
Le site du Bulletin officiel affiche depuis ce matin
aux aurores deux rubans noirs
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Hier dans la journée, l’Argentine est devenue le 11e pays du monde à dépasser officiellement le chiffre de 100 000 morts du covid-19.

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"Le repère qu'on aurait jamais dû dépasser :
100.250 décès"
En-dessous, une manifestation de soutien
à la famille d'une petite fille qui a disparu à San Luis
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Assez vite, Clarín a cherché à stigmatiser le gouvernement qui serait resté muet devant ce désastre. Ce matin, aux aurores, le quotidien a dû reconnaître que le Bulletin officiel de la République argentine venait de sortir avec un décret du président annonçant cinq jours de deuil national. Soit deux de plus qu’après le décès de Diego Maradona en novembre dernier (voir mon principal article du 26 novembre 2020). Mais Clarín avait déjà bouclé son édition papier avec cette une intégralement noire, la plus spectaculaire de toutes ce matin, sans qu’on puisse dire quelles sont dans ce choix la part de la sincérité et celle du calcul politique, même si une partie de la réponse est dans la une elle-même avec ce troisième titre qui contient une pique contre le président en exercice.

"100.250 - La pandémie ne recule pas et la pays
dépasse un autre niveau dramatique"
La photo montre trois des familles endeuillées
On observe que tous sont en surpoids
En bas, deux frères qui avaient combattu aux Malouines en 1982
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Il y a une quinzaine de jours, lorsque Alberto Fernández avait rendu un hommage solennel aux morts, alors au nombre d’environ 92 000, la presse de droite avait sous-entendu qu’il le faisait à cette hauteur pour pouvoir rester cyniquement discret lorsque la barre symbolique supérieure serait atteinte (voir mon article du 28 juin 2021). Erreur d’analyse !

Página/12 se distingue pas son ultra-politisation
Photo principale consacrée à la répression lors du coup d'Etat en Bolivie
Et en haut à droite : un rebondissement dans l'affaire du Correo Argentino
Au centre : "Plus que des nombres. Des histoires de douleur"

Le nombre de morts quotidiens reste très élevé : hier, il a été de 614 personnes dans l’ensemble du pays.


Suite et fin du décret
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© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

Ajouts du 16 juillet 2021 :
Lors de l’inauguration d’une station d’épuration des eaux usées (il y en a encore très peu en Argentine), le président a commenté l’attitude d’une certaine opposition qui profite de la pandémie et des morts pour tâcher de tirer la couverture électorale à elle.

mercredi 14 juillet 2021

Nouveau festival de cinéma français à Buenos Aires [à l’affiche]

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A l’occasion de la fête nationale, l’Institut Français en Argentine propose d’aujourd’hui 14 juillet 2021 jusqu’au 21 Entre Nous, un festival de cinéma d’une semaine, tantôt en salle et tantôt en ligne, pour respecter les mesures sanitaires en vigueur.

Le festival est accessible dans tout le Cono Sur, en Argentine, en Uruguay, au Chili et au Paraguay, grâce à quatre sites Internet différents.

"Entre-nous : des regards qui dialoguent", dit le gros titre

Au programme, 12 longs métrages de production française parmi lesquels on retrouve Varda par Agnès, d’Agnès Varda, Les Misérables de Ladj Ly, Alice et le Maire de Nicolas Pariser et Adults in the room de Costa Gavras (titre traduit en A puertas cerradas, ce qui se traduit « à huis clos »).

L’Institut Français propose aussi un cycle de théâtre intitulé Teatro sin teatro : La France qui commence aujourd’hui et s’achèvera le 18 juillet.


Et à Rosario, depuis le 3 juillet et jusqu’au 2 août, l’Alliance Française propose un hommage à la danse, depuis la fondation de l’Académie Royale de Danse par Louis XIV qui a donné naissance au ballet de l’Opéra de Paris. Il s’agit d’une exposition virtuelle que l’on peut visiter à l’Alliance en s’inscrivant à l’avance pour respecter les jauges en vigueur.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur Entre-Nous
visiter le site Internet de l’Institut Français en Argentine
lire l’article de Página/12, édition de Rosario, sur l’exposition
visiter le site Internet de l’Alliance Française de Rosario

Ajout du 16 juillet 2021 :

La Justice lance l’instruction sur l’affaire bolivienne [Actu]

"Une histoire de scalp", dit le gros titre
tandis que l'affaire bolivienne est traitée dans la colonne de gauche


La Justice argentine s’est saisie de la plainte du gouvernement et va lui donner une suite judiciaire. L’instruction est ouverte contre ce que les magistrats définissent à ce stade comme un délit commercial.

En quelques jours, les versions des personnalités suspectées dans l’affaire ont déjà bien évolué. L’ancien ambassadeur, devenu ministre du Travail de la province de Jujuy, reconnaît maintenant avoir vu des caisses de munitions mais sans avoir su à quoi tout elles pouvaient bien servir. Étrange manque de curiosité pour un homme politique devenu diplomate alors qu’au-dehors se déroule un coup d’État et que les manifestants sont violemment réprimés dans la rue. Même si elle est faite hors procédure, cette déclaration fragilise tout de même la défense de Patricia Bullrich. Celle-ci après avoir tout nié reconnaissait il y a peu qu’il s’agissait de matériel destiné à défendre la représentation diplomatique en cas de coup dur. Elle fragilise aussi celle de l'ancien ministre des Affaires étrangères, Jorge Faurie, qui a dit que son cabinet n’avait jamais pratiqué ce genre de coup tordu. Si donc l’ambassadeur a vu les caisses, il aurait dû s’informer de leur destination et en rendre compte à son ministre de tutelle.

En général, quand les personnes impliquées commencent à se contredire à ce point, cela laisse une grosse place au doute quant à leur innocence. Et c’est peut-être ce qui gêne les journaux de droite qui ne disent pas un mot sur la question aujourd’hui, même pas pour évoquer un coup tordu de la gauche ou une bataille de boules puantes, pour employer une expression utilisée par Fillon au moment où a éclaté le Pénélopegate.

Seul Página/12 se distingue dans les kiosques. La rédaction a même choisi d’envoyer le sujet à la une, à côté d’un autre problème auquel la droite doit faire face : après la manifestation réactionnaire et jusquauboutiste de San Nicolás de los Arroyos (voir mon article du 9 juillet dernier), les différents organismes corporatifs de l’agriculture sont prêts à se scalper les uns les autres.

Hier le délai pour le dépôt des candidatures aux élections législatives de mi-mandat arrivait à échéance. Fâcheuse coïncidence ! Et pendant ce temps-là, Mauricio Macri se trouve bloqué en Suisse, au terme de sa tournée européenne qui l’a mené d’un congrès du Partido Popular en Espagne au siège de la FIFA : l’avion où il avait retenu une place pour rentrer au pays a été annulé dans le cadre des restrictions aux frontières de l’Argentine afin d’éviter l’arrivée de porteurs du variant Delta.

L’ancien secrétaire d’État au Sport des gouvernements Kirchner mari et femme, aujourd’hui député, a écrit au président de la FIFA pour lui demander de retirer à l’ex-chef d’État argentin sa charge à la tête de la Fondation de la dite FIFA comme conséquence du scandale bolivien. Or donner suite à cette lettre serait ne faire aucun cas de la présomption d’innocence de Macri et on voit mal Gianni Infantino capituler aussi vite en retirant à son pote argentin la protection qu’il lui a offerte avec ce prétexte en or pour parcourir le monde et développer son réseau parmi les dirigeants politiques de la planète.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur l’enquête lancée par la justice
lire l’article de Página/12 sur les nouvelles déclarations de l’ancien ambassadeur

Ajouts du 15 juillet 2021 :
En Bolivie, on a retrouvé un stock de munitions que le gouvernement attribue aux livraisons clandestines effectuées par l’Argentine au moment du coup d’État. Cette découverte relance le scandale en Argentine où il se nourrit pourtant bien assez lui-même puisque les enjeux électoraux jettent de l’huile sur le feu. Et cette fois, les journaux de droite ont quelque chose à dire sur le sujet.

Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín, qui ne parle pas de la découverte en Bolivie mais reprend les arguments un peu faiblards de l’ancien ambassadeur pour qui il s’agit d’une opération d’intoxication de la gauche contre le macrisme (on croirait entendre Fillon).