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jeudi 18 mai 2023

Alejandro Guyot présente son nouveau disque à Rondeman Abasto [à l’affiche]


L’auteur-compositeur interprète de tango nuevo Alejandro Guyot (ci-dessus) sort son deuxième disque soliste, sous le titre La guerra es afuera (la guerre, c’est dehors).

Le premier album de la série s’appelait La guerra es adentro (la guerre, c’est dedans).

L’artiste présentera ce disque, un enregistrement public, ce soir, le jeudi 18 mai 2023, à 21h, à Rondeman Abasto, une salle de la rue Lavalle (parallèle à Avenida Corrientes), au n° 3177, dans le quartier de l’Abasto.

Prix des places : 1.800 $ ARG (certains sites de réservations prennent une commission).

Alejandro Guyot a les honneurs des pages culturelles de Página/12 ce matin et pourtant le supplément quotidien Cultura & Espectáculos est surtout consacré au Festival de Cannes.

Le disque est déjà à disposition du public sur certaines plateformes de streaming. N’hésitez pas à aller écouter ça...

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

samedi 31 juillet 2021

Viento Sur : l’album du confinement du collectif militant Trova Tanguera [Disques & Livres]


Le projet Trova Tanguera, créé pour lutter contre les effets des confinements successifs sur l’activité musicale, réunit une vingtaine de solistes et de formations, tous des créateurs de tango contemporain. Il s’agit d’un projet artistique, social et politique qui entend resté fidèle aux sources du genre lorsque, à partir des années 1880, il a commencé à forger l’identité culturelle du peuple urbain et bigarré du Río de la Plata. L’animatrice du projet n’est autre que Vanina Steiner, à la fois tangologue, initiatrice de nombreux chantiers et créatrice d’outils destinés à mettre en lumière et à fédérer les différents collectifs artistiques, souvent adeptes de l’autogestion, qui luttent pour que vive le tango d’auteurs dans un secteur dominé, comme ailleurs dans le monde, par des capitaux qui ne soutiennent que des spectacles, des disques et des documentaires susceptibles de balayer large. Vanina Steiner est à la tête d’un magazine de tango alternatif.

Le disque a d’ailleurs été enregistré en partie et mixé dans les studios de la Universidad Nacional de Lanús, dans la banlieue sud de Buenos Aires, une université bien connue pour son appartenance idéologique à la gauche.

Parmi les artistes impliqués, nous en retrouvons certains déjà bien connus des lecteurs de Barrio de Tango comme Marisa Vázquez, Juan Seren, Marina Baigorria, Facundo Radice, Alejandro Guyot, Noelia Sinkunas et le Quinteto Negro La Boca, pour n’en citer que quelques uns.

Ce nouveau disque, Viento Sur (vent du sud), d’une durée de 34 minutes, se veut un manifeste engagé. Il parie sur la force du collectif et entend lutter notamment contre la politique culturelle de la Ville de Buenos Aires (gouvernée à droite) qui voudrait bien réduire le tango à une pompe à fric et un appât pour les touristes des pays développés, auxquels le secteur donne à connaître la plupart du temps un tango assez représentatif du passé (mais pas toujours) et très peu pour ne pas dire pas du tout du présent, comme si le tango avait vécu. Il est vrai qu’il est assez facile de faire disparaître le caractère contestataire du tango d’autrefois surtout lorsqu’on le présente à un public qui ne comprend pas la langue tandis que cet aspect dans la création contemporaine saute aux oreilles (et aux yeux).

De nombreux morceaux de ce disque ont été conçus, créés et enregistrés par leurs créateurs en distanciel à cause du confinement plus ou moins sévère qui a régné depuis mars 2020 dans Buenos Aires et sa région, l’une des plus touchées par l’épidémie (la plus densément peuplée aussi de tout le pays).

Trova Tanguera vient de mettre les morceaux du disque sur sa chaîne Youtube qui propose aussi la bande-annonce de leur documentaire, militant lui aussi.

Sans surprise, le seul quotidien à en parler est Página/12. Parmi les radios qui en ont parlé, on trouve Nacional Folklórica, du groupe Radio Nacional, dans son émission Tango Siglo XXI, et nos amis de Fractura Expuesta.

© Denise Anne Clavilier

Pour en savoir plus :

mardi 26 février 2019

Alejandro Guyot sort Canciones de amor, de locura y de muerte [Disques & Livres]


Le chanteur du groupe 34 Puñaladas, Alejandro Guyot, qui est aussi poète, vient de sortir chez Tinta Roja, la très modeste et très courageuse maison d’édition que dirige Vanina Steiner, un recueil de ses textes de tango, de valse et de milongas, dans une optique très engagée politiquement, comme c’est le cas partout dans le tango nuevo actuellement à Buenos Aires et au-delà. Le volume s'intitule Chansons d'amour, de folie et de mort.

Le livre sort en plein été. L’auteur a néanmoins décroché quelques interviews sur des radios spécialisées et de gauche (comme Fractura Expuesta et 750 AM, du groupe Octubre) et Página/12 (le quotidien du groupe Octubre) vient de lui consacrer un article.

C’est un des brillants poètes du genre de la nouvelle génération. Ce livre rassemble trente ans de création et de travail d’écriture et de composition.

Alexandre Guyot devrait se produire cette année à Strasbourg.

Pour aller plus loin :
écouter l’émission La Casa Invita (c'est la maison qui invite), animée par Gabriel Cocaro sur 750 AM
lire l'entrefilet de Fractura Expuesta sur le recueil.

mardi 6 mars 2018

Piano tanguero mendocin au Café Vinilo [Disques & Livres]



La pianiste, parolière et compositrice Elbi Olalla (Altertango), l'une des excellentes représentantes du tango qui se vit à Mendoza, au pied des Andes, une grande ville qui a accueilli le tango depuis un siècle et l'a adopté dans son patrimoine, à côté de la tonada et de la cueca rurales, se produira le 9 mars 2018, avec son partenaire musical, le chanteur Alejandro Guyot, lui aussi parolier et compositeur de tango (34 Puñaladas), au Café Vinilo, Gorriti 3780, dans le quartier de Palermo.

Ils y présenteront leur disque, Piano Canción, sorti, de manière virtuelle, en janvier. Ce sera le début d'une tournée d'une huitaine de jours qui les conduira à Mendoza, à Santiago du Chili et à Valparaíso.

A Buenos Aires, ils seront accompagnés par Diego Vainer, pour des interventions sonores, Edgardo González à la guitare, Julio Coviello au bandonéon, Gonza Lesta au violon, Vio García au violoncelle, Natalia Lagos (chant) et Bruno Guintini.

Présentation de la tournée
Cliquez pour une haute résolution

Ce nouvel album est un mélange de pièces du répertoire et de morceaux nouveaux.

Altertango et 34 Puñaladas sont deux formations de tango underground qui rencontrent un succès mérité notamment à Buenos Aires. Les deux musiciens ont d'ailleurs enregistré leur disque dans la capitale fédérale, dans le quartier de Almagro, en août dernier.

Página/12 propose ce matin un article sur la pianiste et les deux disques qu'elle a récemment sortis.

Elbi Olalla dispose d'une page Facebook sur laquelle vous trouverez le détail de la tournée à venir dans les deux prochaines semaines.

Ajouts du 9 mars 2018 :
lire ce nouvel article de Página/12
lire cet article de La Nación

mercredi 12 octobre 2016

Legistango ce soir : un large panorama musical [à l'affiche]


Ce soir, mercredi 12 octobre 2016, à 18h, la Legislatura Porteña propose une soirée musicale au Salón Presidente Perón du palais législatif, Perú 160 avec le trio De Buena Fe, composé la chanteuse Andrea Bollot, du bandonéoniste Matías Reysono et du pianiste Victor Simón, qui est aussi l'arrangeur du groupe, du duo Todosinvento (tout sans un radis) avec le chanteur Damián Olivera et du guitariste Diego Granada, de la chanteuse Jacqueline Sigaut accompagnée à la guitare par Juan Martínez et de l'orchestre underground 34 Puñaladas (Maximiliano Cortéz, Edgardo González, Juan Lorenzo et Lucas Ferrara, guitare, et Alejandro Guyot, chant).

Entrée libre et gratuite.

Legistango est une série de concerts organisée par Fernando del Priore.

mardi 21 juin 2016

Nouvelle édition du Festival de Tango Marechal à Balvanera [à l'affiche]



Malgré la crise, les festivals se suivent et l'hiver s'annonce actif. C'est l'une des grandes différences entre l'Europe et singulièrement la France et l'Argentine. Chez nous, quand la crise frappe, la culture s'en ressent fortement, les festivals disparaissent. En Argentine, c'est l'inverse : le monde culturel se mobilise et se met au système D puissance 10.

Aujourd'hui donc, se tient à la Academia Nacional del Tango, sous la présidence de Gabriel Soria, la soirée de présentation du deuxième festival de Tango Marechal qui se tiendra ce week-end, vendredi 24 et samedi 25 juin 2016, dans un centre culturel de Balvanera, le long de la rue Mariano Moreno.

Pour payer son entrée, apporter un produit alimentaire non périssable. Il sera redistribué dans des réseaux de solidarité à l'intérieur de la ville de Buenos Aires où la pauvreté a beaucoup augmenté ces six derniers mois.

Aujourd'hui, les artistes à l'affiche sont parmi les premiers de nos jours, notamment les chanteurs Cucuza Castiello et Jacqueline Sigaut ou l'artiste qui navigue entre le tango et le fado, Karina Beorlegui... Durant le week-end, l'affiche n'est pas moins brillante et reflète une bonne pluridisciplinarité du genre, avec conférence, chanson, musique instrumentale et danse...

mardi 23 juin 2015

Une soirée de chansons contemporaines ce mercredi au CCC [à l'affiche]


Ce mercredi 24 juin, la Ciudad del Tango a rassemblé dans la salle Osvaldo Pugliese du CCC Floreal Gorini, Corrientes 1543, une belle fournée d'auteurs et d'interprètes :
Alejandro Guyot et Marisa Vázquez sont à la fois chanteurs et paroliers.
Alejandro Swarcman, Raimundo Rosales, Matías Mauricio, vous les connaissez déjà comme poètes si vous suivez l'actualité de ce blog, ils étaient la semaine dernière à l'hommage rendu à Horacio Ferrer à la Academia Nacional del Tango...

Plusieurs d'entre eux seront d'ailleurs représentés la semaine prochaine à Toulouse, à Tangopostale, dans Expoésie, l'exposition itinérante qui circulera dans toute la Ville Rose.

Pour ceux qui se trouvent à Buenos Aires, mieux vaut aller les écouter en direct, à 20h30. L'entrée est libre et gratuite (la manifestation prend place dans un festival de poésie latino-américaine).

lundi 16 mars 2015

Des classiques du tango revisités par Alejandro Guyot et Darío Barossi [Disques & Livres]


Le compositeur, chanteur et parolier Alejandro Guyot, chanteur titulaire de l'orchestre 34 Puñaladas, vient de sortir un nouveau disque, avec le guitariste Darío Barossi.

Au terme d'une tournée de présentation dans l'Intérieur du pays, ils ont présenté ce CD, intitulé Música de Patios, à Buenos Aires, hier, au Café Vinilo (Palermo).

Il s'agit d'une plaquette de tangos classiques, revisités par une esthétique du XXIème siècle qui est le leur, à quoi se mêle une création contemporaine de Barossi lui aussi compositeur. Ils ont ensemble recherché la dimension sociale qui marqua l'apparition du tango dans la Buenos Aires de la Grande Immigration (1880-1930), lorsqu'il était une musique composée, voire improvisée, le soir, après l'épuisante journée de travail ou de recherche de travail, par des déracinés déterminés à s'enraciner dans leur nouveau pays et qui mettaient en commun leurs traditions musicales propres pour passer ensemble la soirée...

Le patio tient une grande importance dans l'architecture urbaine argentine. Il est par excellence le lieu de l'échange, de la convivialité et de la fête. La couverture du disque reprend d'ailleurs des thèmes classiques sur les dalles qui recouvrent, encore aujourd'hui, les patios traditionnels (1). Les deux artistes ont donc rassemblés deux emblèmes de cette "portégnitude" des origines : le patio et l'expression minimaliste de la voix accompagnée par la guitare, qui était l'expression par excellence de cette population prolétarienne entassée dans les conventillos, les taudis des quartiers bâtis à la va-vite pour abriter l'énorme afflux de population qui descendait des bateaux, tous les jours, au port de Buenos Aires.

Cette sortie d'un nouveau disque (c'est la rentrée en Argentine) semble intéresser les médias :
lire l'interview des artistes dans Los Andes (quotidien de la Province de Mendoza), le 5 mars
écouter leur interview sur le site Internet de la Radio Provincia de Buenos Aires le 11 mars. L'entretien se termine sur un extrait du disque.


(1) Il s'agit de photos prises chez Alejandro Guyot qui vit dans le quartier de Chacarita à Buenos Aires.

mardi 6 janvier 2015

Où l'on reparle de Manuel Dorrego mais pour tout autre chose [Disques & Livres]


Cielos de Sangre, Vidalas de amor est un disque qui porte une triple signature : celle d'un politologue de la UBA (présenté parfois comme historien) (1), Hernán Brienza, et de deux musiciens, Alejandro Guyot, chanteur, et Edgardo González, guitariste, tous deux membres de la formation 34 Puñaladas, dont vous entendez parfois parler dans ces colonnes. Le titre se comprend mieux quand on sait que le cielo et la vidala sont des types de chanson-danse du folklore argentin, qui sont là pour rappeler l'appartenance au courant fédéraliste du héros ainsi honoré, le colonel Manuel Dorrego (1787-1828), mis à mort à Buenos Aires, dont il était alors le Gouverneur, par l'unitariste Juan Lavalle, qui usurpa ensuite ses fonctions à la tête de la province de Buenos Aires (c'était longtemps avant que la ville et la province ne se séparent, en 1880).

Les deux officiers avaient pris part à la guerre d'indépendance, souvent dans les mêmes campagnes. Ils avaient tous les deux servi sous les ordres de José de San Martín, qui s'apprêtait à remettre le pied sur le sol argentin lorsqu'ils vidèrent leur querelle de si sanglante façon (2). C'est lui qui a donné son nom à la fameuse Plaza Dorrego, où se bat le cœur du marché de San Telmo, le dimanche. Depuis sa disparition tragique, Dorrego est entouré d'un halo mythique, d'une aura quasi-romantique, tout en restant un personnage historique très mal connu des Argentins, comme la plupart des héros de cette période de leur histoire.

L'officier tel qu'on le voyait dans la Buenos Aires de 1877
Extrait d'un livre d'histoire paru cette année-là

Le disque, qui est sorti fin novembre et que les deux musiciens ont déjà présenté en avant-première depuis presque un an dans diverses salles de Buenos Aires, résulte d'une rencontre entre ces trois intellectuels, une rencontre qui est à la fois artistique et idéologique.
Le CD est né de l'idée de composer un disque-livre avec les chansons à thématique historique et patriotique que Hernán Brienza avait en tête lorsqu'il a écrit sa biographie de Manuel Dorrego, El loco Dorrego, el último revolucionario, sorti chez Marea Editorial en février 2007 (voir la fiche de l'ouvrage chez l'éditeur) (3). Ce livre se présente lui-même comme une succession de chapitres aux titres musicaux : Carnavalito del Duende, Vidalita oriental, Chacarera del exilio, Milonga del fusilado, etc. (4). Le ton général est original et plus profond, à ce qu'il me semble, que celui de nombreux auteurs de la ligne revisionista (voir à ce propos mon dernier article sur la question, celui que j'ai consacré à la crise au sein de l'Institut Dorrego). En outre, cet auteur dépasse les vieilles crispations intellectuelles et politiques qui caractérise cette grille de lecture de l'histoire en Argentine. Il est vrai aussi qu'à quarante-trois ans, il est plus jeune que la plupart des revisionistas et qu'il appartient à la génération nouvelle, celle de la Démocratie d'après 1983, de la démocratie tout court. Et ceci explique sans doute cela.

Un extrait mis en ligne par la maison de disques

La même chose peut être dite des deux musiciens, qui appartiennent aussi à la génération montante. Après une longue expérience dans le tango et la musique urbaine underground, les voici qui se lancent dans la tradition rurale, la musique de l'Intérieur, la musique des champs, avec cet album de seize plages, dont deux d'extraits de discours (5) et deux autres d'extraits du livre de Brienza (lus par lui-même).

Pour ce que j'ai pu en écouter grâce aux vidéos promotionnelles mises en ligne par la maison de disque Acqua Records, les deux musiciens transforment rudement bien leur essai et rejoignent le groupe des artistes qui peuvent fusionner les deux genres, longtemps considérés comme aussi incompatibles que l'huile et l'eau. Ils interprètent des œuvres dont ils ne sont pas les auteurs et parmi lesquels on retrouve quelques classiques portègnes comme La Mazorquera de Monserrat et Los Jazmines de San Ignacio, tous deux extraits de la série fédérale de Héctor Pedro Blomberg et Enrique Maciel dans les années 1930, et d'autres des différentes régions argentines à des dates diverses, en général plus récentes, signés Jorge Cafrune, Adolfo Abalos, Eduardo Falú, Roberto Rimoli Fraga, Ariel Ramírez et j'en passe... La crème de la crème de la musique populaire argentine, tout ça dans un seul disque !

L'été donne à Página/12 l'occasion de faire la une de ses pages culturelles avec cet album, en nous offrant en prime une interview croisée des trois auteurs. A lire (en espagnol).

Pour aller plus loin :
écouter également Hernán Brienza présenter son ouvrage, son héros et sa démarche sur le site Internet argentin Cuento mi libro (je [te] raconte mon livre), qui offre aussi une transcription intégrale des huit minutes de la vidéo.


(1) Si vous êtes un lecteur fidèle de Barrio de Tango, vous savez que la discipline historique en Argentine présente un visage bien différent de celui qu'elle a en Europe et en Amérique du Nord. Il s'agit plus souvent de polémique politique et de contentieux idéologique que de recherche en sciences humaines. Né en 1971, Hernán Brienza appartient donc à une unité de l'Université de Buenos Aires mais il ne fait pas pour autant de l'histoire au sens scientifique du terme. Il est aussi journaliste et travaille à La Razón et à Perfil (groupe Clarín).
(2) J'ai inclus cet épisode éclairant dans San Martín par lui-même et par ses contemporains, en y intégrant une courte missive que San Martín fit porter à Lavalle après l'exécution sommaire de Dorrego, pour tenter de l'amener à des mœurs politiques plus civilisées.
(3) On peut en télécharger gratuitement un extrait ainsi que la table des matières en format pdf pour se rendre compte de la nature de la démarche de l'auteur. Très instructif.
(4) On dirait la structure d'un livret d'opérette ou d'oratorio profane écrit par Horacio Ferrer !
(5) Il s'agit de discours de José Artigas, le grand héros de l'indépendance uruguayenne, qui est aussi l'une des plus grandes figures de la mouvance fédéraliste au XIXème siècle, et de Cristina de Kirchner, l'actuelle présidente argentine (ne cherchons pas la couleur du bulletin de vote des concepteurs du disque !)

mercredi 22 octobre 2014

Le tango, la société patriarcale et le genre : conférence au CCC Floreal Gorini [à l'affiche]

Le Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini (CCC), Corrientes 1543, l'un des bastions de la réflexion intellectuelle et culturelle de la gauche argentine, propose ce jeudi 23 octobre 2014 à 19h, en salle Jacobo Laks (3ème étage) une conférence sur le Patriarcat et ses conséquences dans le tango, avec la sociologue et historienne Dora Barrancos et le chanteur, auteur et compositeur Alejandro Guyot, qui participa à la fondation du groupe El Arranque et chante à présent au sein de l'orchestre 34 Puñaladas.

Dora Barrancos est docteur en histoire. Elle a fait ses études au Brésil et dirige aujourd'hui l'institut interdisciplinaire des Etudes de Genre de la Faculté de Lettres et Philosophie de l'Université de Buenos Aires. Elle intervient également à l'Université Nationale de Quilmes (Province de Buenos Aires).

Cette conférence est organisée par la Ciudad del Tango, unité consacrée au tango au CCC, sous la double houlette de Walter Alegre, coordinateur du département, et Karina Beorlegui, chanteuse et compositrice.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

mardi 18 décembre 2012

Un Disparo en la noche : CD-documentaire sur le tango d'aujourd'hui [Disques & Livres]


Un coup de feu dans la nuit, tel est le titre, traduit en français, de ce nouveau CD, avec documentaire filmé, que le pianiste et compositeur Julián Peralta, fondateur et directeur musical du groupe Astillero Tango, a présenté les 24 et 25 novembre 2012 (1) à Buenos Aires : un ensemble de douze morceaux nouveaux, écrits par des poètes et paroliers (letristas) de la jeune génération, pour faire mentir les rumeurs selon lesquelles le tango-canción n'existerait plus dans l'actuelle relève artistique du genre...

L'enregistrement de ce disque a été filmé puis monté par le réalisateur Alejandro Diez, sous forme d'un documentaire qui veut rendre compte de ce complexe travail d'interprétation et des chanteurs contemporains qui peinent encore à se faire connaître (sauf Omar Mollo, un transfuge du rock très chevelu et très en vue sur la scène argentine actuelle). Les cinq heures et demi de travail en studio ont été résumées dans un long-métrage de 70 minutes.

Dans ce disque, une équipe de chanteurs qui appartiennent tous à la même mouvance revendicative de l'authenticité socio-culturelle du genre : Aureliano Marín, Juan Subirá, Cucuza Castiello, Alejandro Guyot, le murguero Ariel Prat, Juan Pablo Villarreal, Black Rodríguez Méndez...

Quelques extraits de l'interview donnée par Julián Peralta, à Página/12 et publiée ce matin :

La idea surgió de una nota periodística en la que alguien dijo que no había más autores de tango. Eso es cualquiera... acá tenemos, de entrada, doce autores, doce músicos y doce cantores, y es la punta del iceberg, porque hay muchos más” [...] “Se trata de mostrar todo lo nuevo que está pasando con las canciones del género, porque en la cosa instrumental hay muchos grupos que lo están sosteniendo bien, pero la canción tiene una dificultad mayor. Llegado el momento en que hay un material importante de canciones de un tango muy under, de tugurio y de barrio, se me ocurrió que era importante darle visibilidad.
Julián Peralta, interviewé par Cristián Vitale

L'idée a surgi d'un article de journaliste dans lequel quelqu'un disait qu'il n'y avait plus d'auteurs de tango. C'est n'importe quoi, ça... Là, nous avons, d'entrée, douze auteurs, douze musiciens et douze chanteurs, et c'est la pointe de l'iceberg, parce qu'il y en a beaucoup plus [...] Il s'agit de montrer toute la nouveauté qu'il y a dans les chansons du genre, parce que pour ce qui est de la chose instrumentale, il y a beaucoup de groupes qui le soutiennent bien en ce moment, mais la chanson présente une difficulté plus grande. C'est l'époque où il y a beaucoup de matière dans la chanson, dans un tango très underground, de taudis et de quartier. Il m'est apparu important de lui donner de la visibilité.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Le disque s'ouvre sur un récit désormais classique de notre ami Alorsa, fondateur du groupe dissous La Guardia Hereje, dont le monde du tango nuevo ne se remet pas du décès soudain en août 2009 (voir mon article à ce sujet) : Vuelve el Tango (le retour du Tango), une très belle parabole à la fois poétique et pleine d'humour sur la renaissance du tango à partir du retour de la démocratie dans les années 1990, que j'ai moi-même traduite et présentée dans Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine culturel du tango, paru en janvier 2011 chez Tarabuste Editions (2). Le texte est simplement dit par un récitant, Martín Otaño, sans partition aucune... Peralta s'en explique dans son interview :

La verdad es que no puedo arreglar nada de Alorsa y pretender que quede bien. Su obra es maravillosa, pero relajada, y yo escribo cosas más obsesivas, trabadas. La conclusión fue: tiene que ir el recitado pelado, porque si le pongo algo arruino al Gordo, le rompo el humor.
Julián Peralta, interviewé par Cristián Vitale

A vrai dire, je ne peux faire aucun arrangement de Alorsa et dire ensuite que ça sonne bien. Son œuvre est merveilleuse, mais relax, et moi j'écris des choses très obsessionnelles, complexes. J'en ai conclu qu'il fallait que le récitatif y aille franco, à poil, parce que si j'y mets de la musique, je massacre le Gordo (3), je lui casse son humour.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour aller plus loin :
lire l'article de Tinta Roja, une nouvelle revue du tango nuevo (qui ne s'intéresse pas à l'expression dansée du tango).
Le site Internet de Tinta Roja intègre aujourd'hui la rubrique des Institutions, en espérant qu'elle tiendra bien le coup économique... Elle n'a pas sa place dans la rubrique Eh bien, dansez maintenant !, où vous trouverez les revues spécialisées El Tangauta ou La Milonga Argentina à côté des revues francophones.


(1) Le 24 novembre est l'anniversaire de naissance de Alorsa.
(2) Cette anthologie bilingue de cent neuf textes, de dix auteurs, sur 140 pages, constitue le numéro spécial 2010 de la revue Triages.
(3) El Gordo (le gros), c'était un surnom de Alorsa (ce qui était déjà en soi un surnom et un nom de scène, sa famille continue à ne parler que de Jorge et nous avons pris l'habitude d'utiliser ce prénom de baptême pour parler de lui avec ses parents). Rien à voir avec le fait qu'il était enveloppé, comme aurait dit Obélix. Il aurait été maigre comme un clou que ça aurait bien pu ne rien changer. El Gordo, c'est un terme d'affection. C'est aussi l'un des surnoms que l'on donna de son vivant à Aníbal Troilo...

samedi 9 mai 2009

Le CAFF, théâtre d'un affreux fait divers... très exotique [à l'affiche]

Jacquette du disque

34 coups de couteau pour Bombay Buenos Aires, au CAFF, les samedis 9 et 16 mai à 22h. Et en plus, il faut payer pour voir ça : 20 $ (pour une place achetée à l'avance à la Disquería el Atril, à l'entrée de la Librairie Gandhi Galerna, esquina Corrientes y Callao), 25 $ le jour même à la caisse du CAFF.

34 puñaladas, titre d'un tango passablement connu, est aussi le nom d'un groupe de guitaristes accompagné d'un chanteur (ou vice-versa) qui commence sérieusement à faire son chemin dans l'univers du tango de Buenos Aires.

Au cours de ces deux soirées au Club Atlético Fernández Fierro, rue Sánchez de Bustamante, n° 764, dans le quartier de l'Abasto, ils présenteront leur nouveau disque, intitulé Bombay Bs As et récemment sorti chez Aqua Records.

Bombay BsAs est leur cinquième disque, après Tangos carcelarios (en deux volumes), Slang et Argot.

Le groupe se compose de Augusto Macri, Edgardo González et Juan Lorenzo (guitares), de Lucas Ferrara (guitare basse) et du chanteur Alejandro Guyot, belle voix grave à découvrir sur la page Myspace du groupe comme ces copains instrumentistes et même compositeur et artiste plastique en ce qui concerne Juan Lorenzo (voir les photos de la page My Space). Ou encore sur leur site. Sur leur page My Space, vous pourrez en prime visionner une vidéo prise au Festival Les Suds d'Arles en France, où ils se sont produits et où Daniel Melingo se présentera en juillet 2009 (dans ce clip, Alejandro Guyot chante A la luz del candíl, ce drame de la jalousie dont je vous parlais hier au sujet de la Messe d'action de grâce où chantera Celia Saia à la Basilique du Rosario à Nueva Pompeya : écoutez-le, vous allez voir, ça parle du Rosario. Dans les premiers vers). L'autre vidéo, Milonga en luto (milonga en deuil), une milonga originale de Juan Lorenzo, a été filmée au Bar Tuñón, dont j'ai aussi déjà parlé mais cette fois-ci au sujet du DVD de Néstor Tomassini et Hernán Reinaudo (comme quoi, le monde est petit !)


Pour en savoir plus sur le contenu de cet article et ses incises, jetez un coup d'oeil sur la Colonne de droite : vous y trouverez plein de raccourcis thématiques qui vous aideront à vous orienter dans Barrio de Tango. En particulier un lien A l'affiche (toute l'actualité du spectacle relatif au tango à Buenos Aires et dans toute la région) et un autre intitulé Disques et Livres.
Un peu plus bas, dans la rubrique Vecinos del Barrio (habitants du quartier), vous trouverez les liens vers mes articles sur Daniel Melingo (actuellement en Europe jusqu'à la mi-août), Néstor Tomassini et Hernán Reinaudo.
Dans la partie inférieure de la Colonne de droite, vous trouverez des listes de liens vers des sites externes : site de musiciens et de chanteurs, streamings radiophoniques et podcasts...

Dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, sous le titre de l'article, vous disposez également d'un certain nombre de mots-clés qui vous conduiront vers d'autres articles connexes, comme tout ce qui se passe au CAFF ou tout ce qui se passe dans le quartier de l'Abasto, qui est celui de Carlos Gardel et celui de Pichuco (Aníbal Troilo), dont nous allons commémorer dans 10 jours l'anniversaire du décès.

Un moteur de recherche interne est à votre disposition en haut à gauche de cette page.

vendredi 19 décembre 2008

Le Cuarteto Bien Pulenta à la Scala de San Telmo [à l'affiche]

"Photo" du Cuarteto Bien Pulenta


Le Cuarteto Bien Pulenta est un quatuor qui échappe aux catégories habituelles. Sa musique est à la fois âpre et dansable, elle a un son moderne, très oppressant mais conserve un lien avec le répertoire de la Guardia Vieja... Ce groupe insolite et de grand talent est né en mai 2005.

Il se compose d'un bandonéoniste, Clemente Carrascal, d'une pianiste María Laura Antonelli (qui est aussi l'arrangeuse et la compositrice du groupe), d'un violoncelliste Federico Sarudiansky et un contrebassite, Patricio Peralta.

Ils se présentent à la Scala de San Telmo ce soir à 20 h, avec pour artiste invité le chanteur Alejandro Guyot. Ils joueront leur répertoire habituel (des classiques de la Guardi Vieja, du Gardel, du Di Sarli... de leur disque Tango a la que te criaste) et plusieurs morceaux originaux de leur nouveau répertoire.

Ils sont présents sur le Web, à travers une page My Space, où vous pouvez écouter ce style décapant...

Le groupe s'est choisi pour nom un jeu de mot entre la polenta (cette bouillie de maïs italienne dont les Argentins raffolent et qu'ils appellent Pulenta), la richesse (l'or a la même couleur jaune que la polenta) et la blondeur d'une femme...