mercredi 22 juin 2011

Cristina remet le couvert ! [Actu]


L'information était plus qu'attendue avec ces sondages pré-électoraux qui lui accordent déjà plus de 50% des intentions de votes, au moins dans Buenos Aires et la Province homonyme, qui, à elles deux, regroupent un quart de la population du pays, tandis que son rival le plus sérieux, Ricardo Alfonsín, le fils du défunt président Raúl Alfonsín, se traîne péniblement aux alentours de 15%. Et pourtant elle a réussi à en faire une annonce qui a surpris tout le monde hier soir à la Casa Rosada et tous les téléspectateurs qui suivaient sur le petit écran la conférence que la Présidente donnait pour annoncer un nouveau plan gouvernemental pour la télévision (televisores para todos), avec l'ouverture de 220 canaux dont l'Etat va attribuer les concessions dans les mois à venir, dans le prolongement de cette loi sur les medias, qui est l'un des points forts de son mandat et qui est si fort décriée par son opposition.

Cristina Fernández de Kirchner est donc candidate à sa propre succession à la magistrature suprême. Elle est ainsi non seulement la première femme élue à la Présidence de la République au suffrage directe (le précédent de Isabel Perón était en fait la succession d'un président défunt par sa vice-présidente,elle-même non élue), mais elle est aussi le 3ème chef d'Etat du pays à briguer un second mandat immédiat. Les deux autres sont Juan Domingo Perón lui-même, elle y a d'ailleurs fait allusion dans son discours, et Carlos Menem, dont il vaut mieux ne pas parler (c'est sa politique économique ultra-libérale qui a entraîné le pays dans la retentissante faillite de décembre 2001). Les deux premiers avaient été réélus.


Et cerise sur le gâteau de cet art de la communication politique, Cristina s'est offert le luxe de faire retenir leur respiration à tous ses partisans lorsqu'elle leur a fait envisager pendant quelques secondes qu'avant samedi elle annoncerait en fait son retrait... En retraçant l'histoire de la télévision en Argentine, elle a en effet rappelé, sous le portrait de l'idole, les deux interventions télévisées historiques de Eva Perón : la première, le 17 octobre 1951, lorsque la télévision argentine fit de la retransmission de son discours du Día de la Lealtad (la fête de la loyauté) sa toute première émission (le discours est resté dans toutes les mémoires alors que ce petit bout de femme s'acheminait vers sa mort précoce), et le second quand Evita a annoncé qu'elle ne serait pas la partenaire de formule de son mari, pour son deuxième mandat, une vice-présidente pourtant réclamée par la vox populi et qui renonçait, déjà vaincue par un cancer qui allait l'emporter six mois après la réélection de son mari. Et quand les personnalités présentes à la Casa Rosada ont entendu Cristina rappeler ce discours tragique, dans cette même salle où fin octobre, elle-même et tous les Corps constitués avaient veillé son propre mari, Néstor Kirchner (voir mon article du 29 octobre 2010 sur ce sujet), il y a, dit-on, plus d'un coeur qui s'est arrêté de battre. Renoncer, elle, alors que rien ne semble capable d'entraver sa marche triomphale... Elle dont le bilan est apprécié d'une très large majorité du pays... Quelle catastrophe !

Et puis, l'air de rien, comme elle sait si bien le faire, elle a sorti LA phrase, sans jamais prononcer ni le mot élection ni le mot candidature (chapeau l'artiste !), à la surprise générale, y compris celle de ses plus proches conseillers à qui elle n'avait rien révélé de ses intentions du jour. Elle a juste dit : "Nous allons continuer à avancer". Et la salle a éclaté en applaudissements.

Cristina est candidate. Il lui reste à annoncer le nom de son futur vice-président.

Il y a quelques semaines, on avançait celui de Amadou Boudou, le fringant ministre de l'Economie, qui est en train de régler les questions pendantes de la dette extérieure après une brillante gestion à la tête de la Sécurité Sociale (l'ANSeS) et le passage à la retraite par répartition universelle en 2008. Fin du suspens avant samedi soir, date limite de clôture pour les candidatures nationales.

Elle avait bien mis en scène son annonce. Cette femme n'est pas avocate pour rien. Elle a expliqué qu'elle connaissait sa décision depuis le 28 octobre dernier. Or le 28 octobre dernier, il y avait tout autour de la Casa Rosada des foules en deuil qui lui criaient des encouragements : Fuerza Cristina (courage, Cristina). "J'ai toujours su ce que j'avais à faire et ce que je devais faire", a-t-elle dit hier soir, devant le parterre de VIP et les téléspectateurs de Canal 7, la chaîne généraliste du service public argentin, qui se déploie maintenant en 3 canaux, dont deux sont réservés à la culture.

Dans la presse ce matin, les fractures politiques du pays se montrent jusqu'à la caricature.
Página/12 pavoise et Clarín et La Nación font grise mine. L'un aligne dans son édition de ce matin les raisons de croire à un triomphe électoral, les deux autres cherchent à ternir autant qu'il est encore possible l'image d'une candidate dont ils n'ont pas encore pu atténuer l'éclat (1). Clarín et La Nación glosent en particulier sur l'absence hier de deux poids lourds du kirchnerisme, Hebe de Bonafini, la Présidente de Madres de Plaza de Mayo, en but à un scandale de malversations dans les comptes d'une fondation dont elle a licencié 16 salariés et révoqué le mandataire social, et Hugo Moyano, le secrétaire général de la CGT, lui aussi poursuivi, par la justice suisse, pour des affaires de gros sous et dont la Présidente s'est désolidarisée il y a de cela plusieurs mois. En ce qui concerne Hebe de Bonafini, il n'est pas impossible que ce soit la vieille dame elle-même qui ait décliné l'invitation, car les ONG des droits de l'homme ont clairement conscience de l'utilisation qui est faite du scandale par les forces d'opposition et du danger que ces forces représentent, un danger qui n'est pas encore tout à fait écarté à leurs yeux d'un retour à des moeurs politiques bien peu démocratiques.

Pour aller plus loin :

(1) Et ce n'est pas faute d'avoir cherché à le faire. Que les habitués de Barrio de Tango se rappellent l'exploitation qui a été faite de deux grosses crises surgies après la mort de Néstor Kirchner, les émeutes de Villa Soldati en décembre dernier, et tout récemment le scandale Schoklender, dans l'entourage de Madres de Plaza de Mayo. Cliquez sur les liens pour accéder aux articles s'y rapportant dans ce blog.

Jubilé maradonien [Actu]

A Th. P. en signe d'amitié
et à tous les amis footeux que j'ai de l'autre côté de l'Océan, Cucuza, Lucio Arce, Héctor Negro...


Aujourd'hui, l'Argentine footballistique, autrement dit la presque totalité du pays, communie dans la célébration des 25 ans de deux buts qui ont fait entrer El Diez (le n° 10) dans le panthéon du ballon rond. Pas de doute que toutes les chaînes de télévision et de radio vont repasser en boucle tout au long de la journée des bribes d'un certain match, qui eut lieu dans le nord, un jour d'enthousiasme et de liesse pour une Argentine plantée devant ses petits écrans et tout fraîchement sortie du cauchemar militaire.

C'est en effet le 22 juin 1986, au Stade Azteca de Mexico-City (Mexico Ciudad), qu'un joueur argentin marquait contre une équipe d'Angleterre, aussi abasourdie qu'une légion romaine après le passage d'une tribu gauloise gavée de potion magique, deux buts qui portaient les Albicelestes au rang de Champions du Monde pour leur deuxième étoile et qui vengeaient du même coup le Cono Azul de l'humiliante déroute des Malouines, lorsque la Junte Militaire avait tenté, en avril 1982, de récupérer cet archipel à moutons de l'Atlantique Sud, conquis par l'Angleterre contre une jeune Argentine à peine remise de ses guerres révolutionnaire et civile, en janvier 1833.

Pour vous régaler dans la langue de Gardel avec ces souvenirs argentins, je vous invite à aller lire le récit du deuxième but, celui qu'on appelle el gol del siglo (le but du siècle) (1), quand Maradona a traversé tout le terrain de bout en bout en gardant le ballon au bout de sa chaussure gauche (la galera mágica, comme l'appelle le chroniqueur de Clarín) avant de l'envoyer dans la cage anglaise devant un gardien de but qui en voyait 36 chandelles (c'est donc dans Clarín, qui vous montre aussi les images télé de l'époque) ainsi qu'une anthologie de 25 petites phrases du buteur de légende pour raconter ce match immortel (et ça c'est dans La Nación). Or Dieu sait que Maradona, el Diego, El Diez, comme on le surnomme encore parfois aujourd'hui, a le verbe haut, le vocabulaire fleuri et une sympathique mauvaise foi, aussi colorée que parfaitement assumée en réserve... La forte actualité politique de ces derniers jours ne me laisse pas le temps de vous traduire tout ça et je le regrette, croyez-le bien (2).

(1) Le premier but, vous savez comment on l'appelle ? La mano de Dios. C'est l'expression qu'avait employée Maradona lui-même pour justifier, peu après le match, cette enfreinte aux règles du jeu (pour les non footeux, c'est un but qu'il a marqué de la main, au nez et à la barbe de l'arbitre qui a enregistré le point au grand dam des Anglais qui avaient vu la faute mais n'ont jamais pu la prouver sur le terrain). En Europe, on a beaucoup glosé sur cette outrecuidance, qui n'en est pas une. Maradona ne s'est pas pris pour Dieu ce jour-là, il a donné une interprétation nettement politique à son geste qui a été comprise comme telle partout en Amérique Latine et que nous n'avons absolument pas saisie, même en Espagne, incapables que nous sommes de comprendre à quel point en Amérique du Sud, le sport et surtout le foot est le lieu d'une ardente compétition politique contre l'hémisphère nord, c'est-à-dire nous.
(2) L'auteur-compositeur interprète Alorsa (1970-2009), dont j'ai eu la chance d'être l'amie et dont je suis devenue ensuite la traductrice, a évoqué ce match et cette assurance sans vergogne dans plusieurs de ses oeuvres mais en particulier dans Para verte gambetear, une chanson-candombe que vous pouvez lire en version bilingue dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j'ai publié en mai 2010 aux Editions du Jasmin. C'est à la page 138. Le poète Alejandro Szwarcman a lui aussi consacré un très beau tango à Maradona, avec le compositeur Javier González, Pompeya para Diego era París, chanté par Patricia Barone dans leur disque Gestación. Vous en trouverez le texte, en version bilingue, dans ma seconde anthologie, Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, publiée en janvier 2011, chez Tarabuste Editions, dont il constitue le Supplément 2010 de la revue Triages (p. 121, avec comme illustration la partition manuscrite de Javier en vis-à-vis sur la page 120). Je pense aussi à ce grand amateur de foot qu'est l'auteur-compositeur-interprète Lucio Arce, dont je n'ai encore introduit aucune des letras ni dans ce blog ni dans aucun livre... Cela viendra bien un jour. Patience.

Un podcast de tango qui parle avec les mains au lieu de penser comme un pied [ici]


C'est un podcast à but pédagogique, d'une durée d'environ une demi-heure, produit dans la botte italienne, en italien, qui repasse l'histoire du tango en consacrant chacun de ses numéros à un thème particulier. Cela s'appelle Tango Podcast in Italiano. Les éditeurs, qui se présentent comme un trio d'amis, Laura, Michela et Ernesto, proposent des choix musicaux et culturels éclairants, recherchés, d'une grande variété, ce qui en fait une émission très représentative de la richesse du genre, qui vaut largement un bon nombre d'émissions disponibles sur les ondes de La 2 x 4 portègne et qui exige sans nul doute un gros travail de préparation. Bien que la majorité des numéros portent sur l'histoire ancienne du tango, essentiellement les années 20, 30 et 40, comme c'est si souvent le cas partout, la musique actuelle trouve une petite place, comme cette émission consacrée récemment aux milongas contemporaines...

Les premières émissions remontent à juin 2008 et tout est accessible en téléchargement manuel. Il faut juste ne pas avoir peur de la langue de Dante pour l'écouter puisque toutes les explications et tous les commentaires sont enregistrés dans cette langue, or nous autres Francophones nous montrons souvent fort timorés dès qu'il s'agit d'autre chose que du français. C'est dommage car nous passons ainsi à côté de la richesse du monde.

Ainsi donc pour les courageux, les audacieux et les quelques italianophones qui viennent visiter ce blog rédigé en français, voici le lien vers ce podcast hebdomadaire auquel vous pouvez vous abonner automatiquement (mise à jour dominicale).

Depuis 6 numéros, l'émission présente différents chanteurs d'orchestre (cantores de orquesta), tous pour l'instant chanteurs de Juan D'Arienzo (c'est bon pour les danseurs, ça !) et celui de cette semaine est consacré à Mario Bustos, tous les morceaux étant des enregistrements de la Orquesta Típica Juan D'Arienzo. La discographie de chaque émission est disponible sur le blog du podcast.

Una joyita comme disent les Argentins (un petit bijou). Ça se laisse écouter avec plaisir...

samedi 18 juin 2011

María Graña et Esteban Morgado enregistrent en direct ce soir aux 36 Billares [à l'affiche]

Ce soir, samedi 18 juin 2011, et la semaine prochaine, le samedi 25 juin, à 21h30, la chanteuse (excellente) María Graña et le guitariste (de très bonne réputation) Esteban Morgado se produisent au Bar 36 Billares, avenida de Mayo 1265, dans le quartier de Monserrat.

Entrée : 70 $.

Les deux concerts seront aussi l'occasion d'un enregistrement en public qui donnera lieu à la publication d'un disque avant la fin de l'année.

Au programme de ces deux soirées, quelques classiques du tango, des boleros et des morceaux folkloriques.

A voir, ne serait-ce que pour le plaisir d'avoir été témoin de ce qu'il y aura dans le CD, qui fera sans doute un excellent cadeau de Noël...

Un geste de bonne volonté des enfants Noble Herrera [Actu]

Marcela et Felipe Noble Herrera viennent de provoquer un coup de théâtre trois semaines après un arrêt très ambigu de la Cour de Cassation à leur endroit : ils viennent d'accepter de se prêter à des prélèvements de sang, de salive et de cheveux pour que les autorités judiciaires puissent faire procéder à une comparaison de leurs profils génétiques avec ceux des 246 familles qui recherchent encore des enfants disparus sous la Dictature de 1976-1983.

Le quotidien Clarín qui appartient à leur mère adoptive en fait tout un dossier dans son édition d'aujourd'hui et va jusqu'à reprendre la déclaration conciliante de Estela de Carlotto, la Présidente de Abuelas de Plaza de Mayo. Clarín publie également un entrefilet d'analyse du billet adressé au juge par le frère et la soeur et dans lequel ils déclarent avoir "horriblement souffert tout au long de ces 10 ans" de procédure où, disent-ils, "aucune des décisions judiciaires en leur faveur n'a jamais été suivie d'effet". C'est cette constatation qui les a décidés, disent-ils, à "renoncer à leurs droits constitutionnels" (ils s'expriment comme des citoyens des Etats-Unis) pour se soumettre à cet examen.

L'avocat de Abuelas de Plaza de Mayo a fait part du bon accueil que l'organisation faisait à cette initiative des deux jeunes gens et souligné que l'ONG n'allait pas pour autant baisser la garde mais au contraire se tenir très vigilante sur la bonne exécution de la procédure pour qu'il ne puisse pas y avoir de contestation ultérieure (il n'y en a eu que trop depuis 2002) et ce, jusqu'à ce que tous les profils aient été effectivement comparés et l'identité de naissance des jeunes gens retrouvée.

Página/12 (illustration ci-dessus) se perd, quant à lui, en conjectures sur les raisons du revirement de deux intéressés, qui ont résisté à tout depuis 10 ans et cèdent soudain aujourd'hui, après un arrêt de justice qui ne faisait que donner encore un peu plus de temps au temps. Les deux journalistes évoquent la santé fragile de Ernestina Herrera de Noble, qui a aujourd'hui 86 ans, risque des ennuis judiciaires assez sévères si l'on découvre qu'elle a adopté ces enfants en sachant pertinemment qu'ils étaient volés à leurs parents, et qui serait très affectée par la persistance du scandale. Ils évoquent aussi un mouvement psychologique qui se rencontre aisément chez les enfants adoptés qui finissent un jour ou l'autre par vouloir connaître la véritable histoire de leur naissance. Mais rien de définitif parmi tous ces motifs envisageables. Les deux journalistes se contentent donc de rappeler qu'il est très peu vraisemblable que les deux enfants aient eu pour mères respectives des femmes pauvres qui auraient abandonné leurs bébés ou les auraient vendus à cette veuve très riche, car on retrouverait alors sans trop de difficulté leurs actes de naissance respectifs. L'absence d'acte de naissance fiable est en soi, eu égard à l'époque de leur naissance, un indice fort qu'ils ont été arrachés à leur naissance à deux jeunes accouchées clandestinement détenues et sans doute assassinées très peu de temps après leur délivrance. L'article se conclut par la description des différentes étapes de la procédure qui conduira à l'identification des jeunes gens.

Il faut maintenant laisser faire la justice et attendre le verdict des analyses scientifiques, ce qui ne devrait prendre que quelques semaines, moins d'un mois, selon ce que le quotidien de gauche a pu recueillir comme information auprès des autorités judiciaires.

Quoi qu'il en soit, le scandale que l'opposition continue de nourrir autour de l'organisation Madres de Plaza de Mayo et en particulier de sa très kirchneriste présidente, Hebe de Bonafini, à cause des accusations de malversations financières portées contre un ancien fondé de pouvoir (voir mon article du 4 juin 2011 à ce sujet) et qui atteint tous les mouvements de droits de l'homme argentins fondés sous ou contre la dictature, n'aura pas eu pour effet, à ce que l'on peut voir aujourd'hui, d'étouffer l'affaire Noble Herrera, contrairement à ce que craignait il y a quelques jours Estela de Carlotto (voir mon article du 13 juin 2011 à ce sujet). Peut-être, qui sait, parce qu'elle a dénoncé haut et fort ce qui ressemblait point pour point à une manoeuvre des plus douteuses... Si ce revirement inespéré des deux jeunes gens est un nouveau signe que l'Argentine normalise peu à peu ses pratiques démocratiques, on ne peut que s'en féliciter.

Pour aller plus loin :
lire l'article central de Clarín (très favorable aux enfants Noble Herrera).
lire l'analyse de la déclaration officielle de Marcela et Felipe dans Clarín, que le quotidien classe dans ses pages politiques.
lire l'article de La Nación (qui leur est très favorable aussi)
lire l'article de Página/12, partagé entre une heureuse surprise et une insondable méfiance.

vendredi 17 juin 2011

Hommage de la Legislatura à Juan Carlos Copes [Actu]

Ce soir, vendredi 17 juin 2011, à 19h, la Legislatura Porteña rendra hommage au danseur Juan Carlos Copes, qui a eu 80 ans le 31 mai dernier.

Juan Carlos Copes a déjà été récompensé deux fois par la Chambre législative de la Ville Autonome de Buenos Aires, une première fois quand il a été fait Bailarín del Siglo, il y a une dizaine d'années, puis lorsqu'il a été fait Ciudadano ilustre.

L'hommage aura lieu dans le Salón Dorado, dans le Palais législatif, Perú 160, dans le quartier de Monserrat, à 19h, et il est prévu que Juan Carlos Copes y danse avec sa fille, Johana. Grand concours de personnalités de la culture attendu sur place...

María José Mentana et Pepo Ogivieki pour le concert SADAIC à Radio Nacional [à l'affiche]

Ce soir, vendredi 17 juin 2011, de 19h à 20h, heure locale, aura lieu le concert de Sadaic, dans l'auditorium de Radio Nacional, Maipú 555, avec retransmission à l'antenne en direct (voir le streaming de FM 98.7, sur le portail de Radio Nacional, dont vous trouverez le lien dans la rubrique Ecouter, dans la partie inférieure de la Colonne de droite).

Participeront à ce concert, à l'entrée libre et gratuite, la chanteuse María José Mentana et le pianiste et compositeur José Pepo Ogivieki, qui ont invité auprès d'eux le bandonéoniste Pocho Palmer.

Ils partageront la soirée avec le duo formé par le bandonéoniste Osvaldo Montes et le guitariste Alfredo Sadi, qui a pris la place du regretté Aníbal Arias, décédé il y a 18 mois.

Paire de chanteurs façon Bar de la Marine au Torcuato Tasso [à l'affiche]

Photo diffusée par Patricia

Les chanteurs Patricia Barone et Marcelo Tommasi partageront avec le guitariste et compositeur Javier González la soirée de mercredi prochain, 22 juin 2011, à 21h, au Centro Cultural Torcuato Tasso, de Defensa 1575, dans le quartier de San Telmo, face au Parque Lezama.

Leur récital à deux voix s'intitulé Quiero Retruco (1) et annonce une soirée de jeu de répertoire qui vont tantôt s'harmoniser, tantôt s'opposer et rivaliser, comme les Portègnes en ont le secret. Mais tricher, eux, non, jamais... Ils ont trop de talent et de voix pour tricher, rassurez-vous.

En plus de Javier González, les autres musiciens du quatuor animé par le couple seront eux aussi de la partie, Juan Pablo Gallardo au piano et Luis Vázquez au bandonéon.

Entrée : 40 $. Vous misez gagnant à coup sûr.

Pour en savoir plus sur les artistes :
visiter leur page Myspace respective

(1) Le truco est un jeu de cartes hyperpopulaire en Argentine. Je ne sais pas y jouer pour ma part (encore que je ne demande qu'à être initiée) mais c'est une référence permanente à laquelle il est difficile d'échapper sur place. Quiero retruco est une phrase ou plutôt un cri (on a le volume sonore assez haut dans les cafés à Buenos Aires) qui permet d'engager un coup particulier. Imaginez un titre de concert qui serait "Tu me fends le coeur".

Un Plenario "marplatense, gardeliano y violero a la vez" (1) [à l'affiche]

Le prochain Plenario de la Academia Nacional del Tango aura lieu le lundi 20 juin 2011 à 19h30, toujours dans le Salón de los Angelitos Horacio Ferrer, au 1er étage, dans l'une des trois salles qui composent le Museo Mundial del Tango.

L'entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles, comme toujours.

Capture d'écran sur le site de l'auteur

Cette séance académique sera axée sur la présentation de la Enciclopedia Carlos Gardel, su técnica vocal, qui sera faite par son auteur, l'auteur-compositeur interprète et guitariste Fernando Fernández qui est né à Mar del Plata (il est marplatense), en 1954.

La Enciclopedia Carlos Gardel est une énorme somme détaillant l'oeuvre, le style, la technique et le répertoire du grand artiste. Su técnica vocal (650 pages) est le premier volume de ce qui s'annonce comme une collection future. Il aura demandé 19 ans de travail à son auteur. En Argentine, l'offre de lancement est à 220 $ sur le marché domestique (le prix passe à 55 USD pour les ventes à l'étranger). Selon les critères argentins, c'est un ouvrage très onéreux que l'on n'achètera donc pas sur un coup de tête. Etant donné le sujet, qui a donné lieu à publication de beaucoup de livres médiocres et non pas seulement à des travaux de haute volée, c'est sans doute un gage de qualité. En tout cas, l'ouvrage promet d'être un travail de référence pour la suite des études universitaires et musicologiques sur Gardel. Pour ma part, j'attends avec impatience le mois d'août pour voir sur place de quoi il retourne.

Verso de la couverture sur le site argentin de vente en ligne Mercadolibre.

Fernando Fernández sera aussi en charge d'animer l'espace artistique et sera accompagné pour ce faire par un un invité spécial, le Maestro Héctor Cachito Rodríguez, qui est ciudadano ilustre (citoyen d'honneur) de Mar del Plata (2) et qui est considéré comme un guitariste de très haute volée.

Pour découvrir le travail de musicien interprète et créateur de Fernando Fernández, connectez-vous à son site Internet. Ce site est très riche, très intéressant, et il vous donnera déjà une bonne idée du contenu du volume encyclopédique qui aura les honneurs des boiseries académiques lundi soir. Vous pouvez y lire ce qui concerne le livre en écoutant la guitare de l'auteur vous jouer le tango Por una cabeza dans son propre arrangement (et il vaut la peine).

Le tango rituel qu'on écoutera en ouverture de séance sera Mano a mano, de Carlos Gardel et José Razzano pour la musique, de Celedonio Esteban Flores pour les paroles (3), chanté, comme de bien entendu, a la criolla, par Carlos Gardel himself, accompagné de ses guitaristes.

Pour aller plus loin :
voir aussi la présentation du livre sur la librairie en ligne Mercadolibre.com.ar.
Il est probable que dans les jours à venir, des articles paraîtront aussi dans la presse quotidienne. Il ne semble pas que ce soit fait encore, en tout cas dans aucun des grands titres nationaux, vu la difficulté que j'ai rencontrée pour accéder à l'information que je vous livre ici.

(1) Ah non, ne me dites pas que vous n'avez pas compris ! Utilisez les techniques de Sherlock Holmes pour décrypter la langue... Gardeliano, ce n'est pas compliqué à comprendre. Il suffit de regarder les images (et accessoirement de lire le texte de l'article). Marplatense : vous reconnaissez là-dedans le nom de la ville natale de Astor Piazzolla, tout de même ! La plus grande plage argentine (si j'étais argentine, je dirai "du monde"). Le plus grand port argentin ! Vous y êtes ? Mar del Plata, c'est élémentaire... Il nous reste violero. Là, je vous accorde qu'il y a un piège. Linguistique, le piège, donc pas méchant... Si vous parlez français, vous pensez spontanément à une viole ou à une viole de gambe. Perdu. Si vous parlez déjà espagnol, surtout l'espagnol péninsulaire, pour vous, viola, c'est le violon alto et vous avez raison. Mais, ici, en Argentine, c'est du lunfardo et en lunfardo, la viola, c'est la guitare. "La gratte", si vous préférez. Mais en Argentine aussi, ça peut être l'alto, sinon ce ne serait pas drôle (faites attention en lisant le dos des pochettes de disque, tendez l'oreille pour savoir à quel instrument vous avez affaire). Or donc le violero, c'est le guitariste. Autrement dit, lundi, c'est chant, guitare et dévotion au saint Patron local, au menu du 833 Avenida de Mayo, un hôtel particulier alvearien qu'à l'orée du présent millénaire, Horacio Ferrer a baptisé Palacio Carlos Gardel. Et a la vez, ça veut dire "en même temps"...
(2) A ceci près qu'en français, le titre de citoyen d'honneur est attribué à une personne qui justement n'appartient pas au lieu (ville, région ou pays) en question. En Argentine, el ciudadano ilustre est un membre de la communauté locale qui est honoré pour son travail exceptionnel.
(3) Mano a mano fait partie de Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j'ai publié l'année dernière, en mai 2010, aux Editions du Jasmin. Il se trouve à la page 20 de cet ouvrage que vous pouvez commander dans n'importe quelle librairie de la zone francophone européenne et peut-être en dehors, mais sans doute faut-il alors bien choisir le libraire. Sinon, il y a des informations pratiques dans la Colonne de droite de ce blog. Por una cabeza, de Carlos Gardel et Alfredo Le Pera, y figure aussi. A la page 76.

La Orquesta Típica La Vidú ce soir à la Faculté d'Ingénierie de Buenos Aires [à l'affiche]

Affiche diffusée par les artistes

Ce sera un concert a la gorra (voir Trousse lexicale d'urgence, dans la partie médiane de la Colonne de droite), à la Faculté d'Ingénierie de l'UBA (Universidad de Buenos Aires), dans le quartier de San Telmo, un énorme bâtiment qui se pose là avec la délicatesse d'un Luis de Funès en dame de la cour dans la scène de la gargote, dans La Folie des Grandeurs, le film de Gérard Oury...

Ce soir, vendredi 17 juin 2011, à 22h. Une des jeunes formations orchestrales traditionnelles qui se multiplient dans la capitale argentine et l'une de celles qui gagnent en notoriété depuis le premier festival indépendant de mars 2010, qui semble avoir donné une bonne impulsion à l'ensemble de la movida tanguera locale...

mercredi 15 juin 2011

Dernière chronique tango de la saison : Pichuco sur les ondes de France Musique [ici]

Jean-Louis Mingalon consacrera sa dernière chronique de la saison au "plus grand bandonéoniste de Buenos Aires", selon la formule du poète Julián Centeya, Aníbal Troilo, dit Pichuco, dit aussi El Gordo (1914-1975).


Ce sera pour conclure la prochaine émission de Benoît Duteurtre, Etonnez-moi Benoît, qui est diffusée le samedi, de 11h à 12h30, sur France Musique, et qu'il est possible de podcaster pendantn une semaine, après la diffusion en direct.

Aníbal Troilo, on ne le présente plus, en tout cas plus sur Barrio de Tango, dont les lecteurs le connaissent désormais très bien (cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, pour accéder à tous les articles que j'ai déjà consacrés au souvenir vibrant qu'il a laissé à Buenos Aires). Bandonéoniste, chef d'orchestre, compositeur de très nombreux chefs d'oeuvre, dont le tango Barrio de Tango, soit dit en passant, il est un personnage fondateur de l'histoire du genre et on le rencontre à tous les coins de rue à Buenos Aires, sous toutes les formes : la caricature, le fileteado, les plaques commémoratives, les références à ses oeuvres... Il a inventé le chanteur d'orchestre, celui dont la voix est l'un des instruments de la formation, par opposition au estribillista des années 30 qui ne faisait que chanter un refrain au milieu d'un arrangement en majeure partie instrumental. Il a donné au bandonéon ses lettres de noblesse définitives, après les pionniers que furent Eduardo Arolas, Pedro Maffia et Pedro Laurenz. Il a accepté d'accueillir dans son orchestre un jour un troublion très doué, Astor Piazzolla, et les deux hommes deviendront des amis inséparables. Le répertoire du tango, instrumental comme chanté, regorge de morceaux qui lui rendent hommage, dont Ese muchacho Troilo ou El Gorde Triste pour citer deux oeuvres de deux grands poètes, Homero Expósito et Horacio Ferrer (1) qui furent aussi de ses très nombreux amis (2).

Pour écouter l'émission, allumez votre radio si vous habitez en France ou dans les régions frontalières. Sinon, connectez-vous au streaming de la station sur le Portail de Radio France ou à la page de l'émission et abonnez-vous au podcast dont vous trouverez la liste sur la gauche de la page d'accueil du site de France Musique. Si vous ratez les 7 jours qui suivent la diffusion, vous pouvez encore écouter l'émission jusqu'à 30 jours plus tard.

La partie principale de l'émission sera consacrée à Jacqueline Boyer.

(1) Les deux pièces font partie de mon anthologie, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, ed. du Jasmin, respectivement aux pages 247 et 302.
(2) Il y a deux ans, Horacio Ferrer a sorti une biographie consacrée à Aníbal Troilo, aux Ediciones del Soñador, une épaisse somme accompagnée de deux CD, avec le soutien de la Ville de Buenos Aires. Voir mon article du 19 septembre 2009 sur la sortie de cet ouvrage. Aníbal Troilo a également son fascicule de la collection Historia del Tango, aux éditions Corregidor (c'est le n° 16).

Hernán Genovese et Leonardo Pastore rempilent au Bar 36 Billares [à l'affiche]

Le spectacle monté par le chanteur de tango Hernán Genovese et le chanteur lyrique Leonardo Pastore, De Lanús al Colón, se donnera tous les jeudis de ce mois de juin 2011, à 21h30, au Bar 36 Billares, avenida de Mayo 1265, avec Fabian Bertero et Miguel Pereiro. Les deux chanteurs ont lancé ce récital qui mêle tango et opéra jeudi dernier, le 9 juin. La soirée a visiblement rencontré un grand succès.

Entrée : 40 $.
Affiche diffusée par les artistes

Fête des Pères à l'Abasto, ça vous dit ? [à l'affiche]

Dimanche prochain, 19 juin 2011, l'Argentine fêtera la fête des pères en même temps que la France.

Et pour cette fête, le teatro El Cubo, Zelaya 3035, porpose à partir de 12h une fête spaghetti-empanadas côté assiette, tango-folklore côté scène.

Affiche diffusée par les artistes

Pour le tango, le spectacle sera assuré par le chanteur Cucuza et son guitariste attitré Moscato.
Pour le folklore, le spectacle sera donné par Julio Verdi et Amilcar Valeriani.

Entrée : 25 $.

Belle journée en perspective...

Pour en savoir plus sur Cucuza et Moscato, cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, pour accéder à l'ensemble des articles que je leur ai déjà consacrés dans ce blog.

Retour de Alejandra Radano à Clásica y Moderna, avec Delirio Gaucho [à l'affiche]

Les vendredis 17 et 24 juin 2010, à minuit et demi, la chanteuse, danseuse et comédienne Alejandra Radano que les Français ont découvert grâce aux spectacles d'Alfredo Arias, créés au Théâtre du Rond-Point à Paris en novembre 2009, revient à Clásica y Moderna, Callao 892, avec un tour de chant de chansons sud-américaines, de tangos, de valses et de monologues, intitulé Delirio Gaucho. Elle sera accompagnée par Los Primos Gabino, les guitaristes Nacho Cabello, Juan Pablo Esmok Lew et Esteban Tibi Ruiz.

C'est tard mais le talent n'a pas d'heure, surtout à Buenos Aires...

mardi 14 juin 2011

Viviana Scarlassa demain soir dans le cycle Tango de Miércoles [à l'affiche]


La chanteuse et comédienne Viviana Scarlassa, qui développe de plus en plus sa carrière de soliste, sera mercredi 15 juin à 20h30, au Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini (CCC), Corrientes 1543. Viviana Scarlassa a déjà sorti deux disques solo, Camino en 2008 et En carne propia en 2010. Sur scène, elle a une présence très forte, ce qui n'est pas toujours le cas des belles voix dont je vous parle souvent. Ce mélange de présence théâtrale et de qualité vocale qui promet à ceux qui le détiennent une belle carrière malgré les difficultés du temps...

Entrée : 30 $.

Viviana Scarlassa sera accompagnée des guitaristes Dario Barozzi et Leandro Nikitoff et du percussionniste Martías Novelle.

Pour découvrir Viviana Scarlassa, il faut aller visiter son site Internet et sa page Myspace.