vendredi 9 juin 2023

Cucuza demain à Rondeman [à l’affiche]



Le chanteur Cucuza sera demain, samedi 10 juin 2023, à 21h, à Rondeman, Lavalle 3177, dans le quartier de l’Abasto, célèbre pour avoir abrité la crème du tango des années 1930 et 1940.

Il reviendra en deuxième semaine, le 17, même heure.

Il sera entouré de ses musiciens habituels.

A l’évolution de ses affiches, on constate à quel point il est maintenant une figure reconnue du genre à Buenos Aires. Et tant mieux parce que son talent le mérite.

© Denise Anne Clavilier

La Biblioteca Nacional propose une exposition sur les LGTBI dans la presse populaire argentine [à l’affiche]


Le Museo del Libro y de la Lengua, récemment rebaptisé du nom de Horacio González, célèbre et brillant sociologue qui fut directeur de la Bibliothèque Nationale argentine, propose depuis la fin mai et jusqu’à la fin de cette année une exposition originale. Elle porte sur les archives du journal disparu Crónica remise à l’institution en 2014.

Le fonds remonte à 1964 et les commissaires de l’exposition ont choisi de suivre ce que l’on a pu dire depuis dans ses colonnes sur les sexualités minoritaires et, comme vous pouvez l’imaginer, c’est plein de tous les préjugés qu’on pouvait avoir dans les années 1960 et jusqu’à il y a très peu de temps.

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Cela nous paraît néolithique mais ce n’est rien d’autre que le demi-siècle qui nous précède. Le gouvernement actuel s’efforce de normaliser tous ces phénomènes socio-culturels, avec plus ou moins de réussite. On verra ce que cela donnera aux élections à la fin de l’année. Dans les urnes, la vérité.

Entrée libre et gratuite, tous les après-midi, du mardi au dimanche, et ça vaut son pesant de cacahuètes, pour le dire familièrement.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article que Página/12 consacre à l’exposition dans son supplément sur la marginalité culturelle militante, Soy (je suis)
lire la présentation officielle sur le portail des activités nationales.

jeudi 8 juin 2023

Messi rejoint Beckham en Floride ! [Actu]

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Il n’était pas heureux à Paris et cela s’est vu comme le nez au milieu de la figure dès ses premiers pas sur le sol hexagonal. Messi part donc au bout de deux ans pour un très gros tas de pognon dans l’une des villes les plus réactionnaires et les plus bling-bling d’un des États les plus trumpistes des États-Unis. Miami en Floride où il va rejoindre Beckham qui y exerce les fonctions de directeur technique du club Inter. Au programme : soleil et cyclones, voire plus si réchauffement climatique.

Página/12 met en vedette la question politique :
les gouverneurs péronistes [dit de l'Intérieur] se sont réunis hier
et ont demandé que les candidats s'entendent et cessent
de donner ce spectacle désolant des rivalités d'ego.
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En toute fin de carrière, à 35 ans, Messi va briller de ses derniers feux dans un pays où le niveau technique du foot masculin n’est pas très élevé puisque la tradition n’y existe que pour les filles. Il gardera son numéro fétiche, le 10, sur son nouveau maillot. C’est sans doute l’essentiel.

En bas avec pour titre en blanc : "Super-bombe !"
En haut, la même question d'unité à gauche
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Ce matin, la presse argentine paraissait sous le choc. En Argentine, on s’attendait généralement à un retour, certes difficile mais effectif, à Barcelone mais le Barça n’aurait pas proposé assez. Messi dit qu’il n’a pas reçu de proposition. Le club voit rouge et déclare que c’est faux. Clarín avait flairé une entourloupe depuis quelque temps et hier soir, le journal avait annoncé la probabilité de la destination définitive du champion.

"Choc dans le football : Messi a choisi Miami", dit le gros titre
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Messi figurait donc ce matin sur toutes les unes même si Página/12, encore lui, restait plus discret que les autres quotidiens en la matière.

"Messi part à Miami et provoque déjà
un effet dans le monde des affaires et
des ventes de billets", dit le titre sous la photo
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Allez ! Bon vent et sans rancune.

"Une puce à Miami", le titre secondaire reprend
le surnom que les Argentins adorent donner à Messi
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© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Clarín (une dizaine de pages sur le sujet dont une pleine page de publicité dans l’édition imprimée !)
lire l’article principal de La Nación
lire l’article principal de Olé, le quotidien sportif du groupe Clarín
lire l’article principal de El Hincha, le supplément sportif de El Ciudadano, un quotidien de Rosario (Sante Fe), la ville natale de la star.

mercredi 7 juin 2023

A Olavarría, ils ont tous quelque chose en eux du Beauvaisis [à l’affiche]

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Samedi prochain, le 10 juin 2023 à 18 h, le musée municipal de Olavarría, ville située dans l’ouest de la province de Buenos Aires, inaugure une exposition qu’il organise autour de son principal trésor, le portrait en pied de Manuel Belgrano (1770-1820), que celui-ci avait fait faire pendant sa mission diplomatique à Londres, dans la deuxième moitié de 1815.

Un portrait réalisé par un disciple de David et d’Ingres qui s’était récemment réfugié dans la capitale britannique pour ne pas être contraint par la Restauration de renier ses engagements politiques : Casimir Carbonnier.

Casimir Carbonnier était né à Beauvais en 1787. Fils d’un maître menuisier, il avait attiré l’attention de ses enseignants et avait ainsi obtenu une place au lycée du département (à cette époque, il n’y en avait qu’un et il se situait dans la préfecture). Le jeune garçon y avait fait reconnaître en particulier ses talents de dessinateur. Plus tard, il était allé se former à Paris et avait pu intégrer l’atelier de Jacques Louis David, à peu près à l’époque où cet atelier réalisait l’immense tableau du Sacre de Napoléon. Carbonnier a fait une jolie carrière à Paris sous l’Empire, participant à tous les salons annuels où la reine de Naples, Caroline Murat, finit par le remarquer en 1812. Elle lui commanda diverses œuvres pour son palais italien, dont un portrait dont il semble qu’on ait perdu la trace aujourd’hui.

A Londres, où Carbonnier s’est installé depuis quelques mois, Manuel Belgrano est l’un de ses tout premiers clients prestigieux. Il n’en manquera pas par la suite. Sans doute ont-ils pu communiquer en français, car le général argentin parlait notre langue et plutôt bien, disent les contemporains. Ce qu’on peut facilement croire car la maîtrise de notre langue était alors indispensable à tout travail diplomatique.

On doit la majeure partie de ce que l’on sait de sa vie à un prêtre féru d’histoire locale qui s’est attaché à sauvegarder l’histoire de cet artiste qui avait illustré sa Picardie natale.

Le tableau de Londres, non signé, destiné à la famille du modèle tout là-bas, dans la lointaine Argentine, est resté dans la famille pendant quelque cent-cinquante ans et il a été donné, il y a plusieurs années, à ce musée de la ville où une branche de la famille vit toujours.

Belle exposition autour de ce portrait récemment nettoyé et restauré par les soins du musée. Inauguration en présence de Manuel Belgrano, le président de l’Instituto Nacional Belgraniano, descendant du général à la sixième génération et qui a connu ce tableau chez lui dans sa jeunesse. Olavarría, c’est loin de Buenos Aires mais ça vaut le coup !

© Denise Anne Clavilier


En 2017, à Buenos Aires, dans l’une des salles de la caserne du Régiment de Patricios, à l’invitation du président Manuel Belgrano et de l’équipe qui anime l’Instituto Nacional Belgraniano, j’avais pu donner une conférence sur la vie et l’œuvre de Casimir Carbonnier, mort à Paris, en 1873, dans la maison provinciale des Missions étrangères de Paris où il avait pris l’habit quelques années plus tôt et où on lui doit une grande partie de l’actuelle décoration religieuse, tant dans la chapelle que dans les parties communautaires.

La catastrophe de Kherson vue par la presse argentine [Actu]

La photo de une est pour cette Ukrainienne et ses animaux
"Un barrage explose en Ukraine et ce sont les civils qui payent",
dit le titre au-dessus de la photo
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Comme partout ailleurs dans les démocraties, la catastrophe qui a frappé dans la nuit de lundi à mardi la basse vallée du Dniepr fait en Argentine la une de la presse sauf, comme on pouvait s’y attendre, celle de Página/12, qui garde envers et contre tout son penchant poutinien sous prétexte d’anti-impérialisme.

"Guerre totale : explosion d'un barrage en Ukraine",
dit le titre sous la photo de cette dame d'un certain âge
dans une rue inondée
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Dans l’ensemble, les journaux de droite adoptent dans le corps de leurs articles l’interprétation la plus plausible : ce sont les Russes, qui occupaient le barrage depuis le début de l’invasion, qui l’ont fait sauter, provoquant une catastrophe sociale, économique et écologique, sans parler des conséquences militaires.

"Rendez-vous ou nous vous noyons",
dit le gros titre en jaune
Au-dessus : La Prensa a choisi de parler des querelles
fratricides électoralistes à gauche
tandis que les deux autres titres ont préféré
commenter le même phénomène mais à droite
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Página/12 préfère mettre en valeur les explications russes sans tenir compte des contradictions successives des communiqués qui se sont succédés dans la journée d’hier en provenance du Kremlin ou des autorités qui lui sont fidèles, en particulier le substitut de maire que les occupants ont mis à la tête de la ville de Nova Kakhovka, la première agglomération à avoir été submergée par les flots venus de la retenue éventrée toute proche. Même un désastre comme celui-là, avec ses dimensions environnementales auxquelles la rédaction se montre d’ordinaire si sensible, ne les fait pas dévier de leur lecture idéologique.

Rien sur l'Ukraine. En revanche, les querelles à droite
font les délices de la rédaction
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© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mardi 6 juin 2023

Relaxe pour Cristina Kirchner dans l’affaire de le « Circuit de l’argent K » [Actu]

Un tournoi en France en photo
et l'actualité politique en titre secondaire
en haut de la colonne de droite
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Il s’agit d’un circuit de supposé blanchiment d’argent de pots-de-vin qu’auraient touchés Néstor et Cristina Kirchner, lorsqu’ils étaient aux affaires, à la tête de la province de Santa Cruz puis à celle de l’État fédéral, ainsi que d’autres membres de leur famille, principalement leurs deux enfants.

"Relaxe pour Cristina dans une affaire de blanchiment d'argent
mais d'autres [affaires] continuent", dit le gros titre
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La presse de droite avait baptisé ce circuit la Ruta del dinero K. Il était censé impliquer un célèbre homme d’affaires de Patagonie et un hôtel que le couple avait fait construire dans une zone particulièrement jolie de Santa Cruz où de nombreux séminaires résidentiels n’auraient existé que sur le papier, aux fins de blanchir des sommes illégalement acquises.

La Prensa préfère titrer sur la "panier de crabes"
qu'est devenu la droite libérale
(en Argentine, on parle de "sac de chats")
L'information concernant Cristina est annoncée
en bas, au centre, sur fond bleu ciel
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Depuis plusieurs années, Cristina Kirchner, aujourd’hui remuante vice-présidente qui empêche le camp péroniste de faire son unité à la veille des élections générales, est dans le collimateur de la justice dans de multiples affaires, ce qui lui fait invoquer l’existence d’un complot judiciaire destiné à l’écarter de la vie publique où elle est très puissante à gauche.

Cette fois-ci pourtant, le procureur a abandonné les charges pour insuffisance de preuve. Or le doute doit bénéficier au prévenu et le juge n’a donc pas eu d’autre choix que de prononcer la relaxe de l’intéressée.

"Une route qui ne mène nulle part", ironise le titreur
en haut, sur fond noir, pour reprendre l'expression de la droite
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Les autres causes qui l’impliquent restent ouvertes. Une condamnation a déjà été prononcée pour laquelle Cristina a interjeté appel, tout en se disant d’ores et déjà mise au ban de la politique par une magistrature aux ordres de l’opposition.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 qui a évité d’en faire le principal sujet de sa une du jour

vendredi 2 juin 2023

C’est Infobae qui l’a fait : première interview de Volodymyr Zelensky avec un média argentin [ici]

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Infobae est le plus important journal en ligne sans édition imprimée en Argentine. Il est lu par un public très important à Buenos Aires et ailleurs dans le pays. Et c’est cette rédaction qui vient de décrocher le pompon : la première interview exclusive de Volodymyr Zelensky publiée en Argentine. Parce qu’ils ont fait la démarche de la demander et de satisfaire aux exigences de la sécurité de la présidence ukrainienne.

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Il y a quelques jours, Volodymyr Zelensky a donc reçu une délégation de sept titres sud-américains dont un Brésilien (La Fohla de São Paulo) et ce portail argentin. La une de La Fohla est datée d’aujourd’hui et l’article de Infobae de jeudi, soit quand Zelensky se trouvait au sommet européen en Moldavie et eu égard aux difficultés de déplacement, il est peu probable que l’interview se soit tenue le même jour.

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Interview au contenu très intéressant, comme on peut s’y attendre dans ce cas, avec intégration de trois extraits vidéo de l’entretien, en commençant bien sûr avec le moment où il est question de l’audience avec le pape François (comme par hasard !). La vidéo sera mise en ligne en intégralité dans les prochains jours si ce n’est déjà fait (je n’ai pas encore vérifié) sur les différents sites de la présidence ukrainienne ainsi que sur la chaîne Youtube Зе!президент (comprenez « Ze! Président »), la chaîne baptisée d’un slogan populaire et ouverte pour la campagne électorale de 2019. Au fur et à mesure, elle reprend toutes les vidéos du chef de l’État, en respectant le petit délai d’exclusivité que l’intervieweur a souvent négocié avec les services de presse de Zelensky.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mercredi 31 mai 2023

La vérité sort devant la justice quarante-cinq ans plus tard [Actu]


En 1978, une jeune femme enceinte et déjà maire d’un petit garçon, Eduardo, de deux ans disparaissait, enlevée par les sbires du régime putschiste. Un peu plus tard, elle a été fusillée dans une exécution extra-judiciaire comme il y en avait tant sous la dictature militaire, connue aujourd’hui sous le nom de « Masacre de la calle Belén » (le massacre de la rue de Bethléém). Son corps a été détruit par le feu pour qu’il ne reste pas une seule trace du crime. Son compagnon a été assassiné au cours du même massacre.

Le petit Eduardo est devenu un cacique de la branche du péronisme qui est actuellement au pouvoir. A gauche, il est même un présidentiable potentiel assez connu pour ne pas être ridicule (de là à être éligible, c’est autre chose dans le contexte actuel, très défavorable aux sortants). Il est actuellement ministre de l’Intérieur du gouvernement fédéral. Il est surtout connu par son surnom plutôt que par son prénom. Il s’appelle Wado de Pedro. Sa maman s’appelait Lucila Révora. Ce matin, sa photo fait la une de Página/12 (qui, au comble de la contradiction, continue de soutenir Poutine au nom de la lutte contre l’impérialisme et en faisant silence sur les crimes contre l’humanité qui se commettent de nos jours en Ukraine – et ailleurs sous l’autorité du dictateur kagébiste).

Dans l’article, le journal met côte à côté la photo en noir et blanc de la maman et celle, en couleurs, du ministre presque cinquantenaire que l’on connaît aujourd’hui : la ressemblance est frappante. Elle est donc aussi très émouvante.

Wado de Pedro a appris le sort réservé à sa mère grâce à l’audition d’un ancien gendarme dans un procès contre les crimes de la dictature. L’homme, qui a participé à la commission des faits, répondait aux magistrats à travers une connexion Zoom.

Il y a quelques temps, le ministre s’était rapproché d’un collectif qui permet aux enfants des criminels de la dictature qui renient le régime militaire de leurs parents de rencontrer les victimes de ce régime : cette institution milite pour une réconciliation à la sud-africaine, dans une démarche de vérité de la part des bourreaux ou de leurs descendants. En complément de son article de tête sur Lucila Révora, Página/12 a donc choisi de publier l’interview d’un des membres du collectif, Analía Kalinec.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur les déclarations de l’ancien gendarme
lire l’interview de Analía Kalinec, fille d’un sbire de la dictature.

Le nouvel archevêque de Buenos Aires a déjà la droite contre lui [Actu]

L'évêque de Río Gallegos à Rome, avec le pape
à la fin d'une audience publique du mercredi
place Saint-Pierre (photo AICA)


Au lendemain du 25 mai, où le cardinal Mario Poli, actuel archevêque de Buenos Aires démissionnaire parce qu’il a atteint la limite d’âge, a prononcé, devant les représentants des pouvoirs publics fédéraux, son dernier sermon du Te Deum national, le Vatican a fait connaître le nom de son successeur : l’actuel évêque de Río Gallegos, la ville dont le président de gauche Néstor Kirchner était originaire et où il est enterré depuis sa mort en octobre 2010.

L'info traitée en titre secondaire, en haut, sur la gauche
"Un archevêque qui a des airs du Sud", dit le titre
La vedette est tenue par un scandale de fausses factures
qui impliquent des membres de la haute magistrature
et des ministres provinciaux qui ont bénéficié d'un séjour
fort agréable dans une station lacustre de Patagonie.
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A droite, ce choix a tout de suite fait grincer des dents : le prochain archevêque, Jorge Ignacio García Cuerva, qui a 55 ans et va donc gouverner le premier diocèse d’Argentine durant les vingt prochaines années, si Dieu lui prête vie, est avocat et théologien. Il a engrangé une grande expérience auprès des plus pauvres qu’il a toujours défendus avec courage et cohérence. Dans la très chic et très élégante ville de Tigre, au nord-ouest de Buenos Aires, il a été en mission dans un bidonville au début de son ministère et c’est à ce titre qu’il a noué des relations amicales et confiantes avec l’actuel ministre de l’Economie, Sergio Massa, qui était à la même époque le maire de Tigre, un maire dont tout le monde reconnaissait alors qu’il faisait du bon travail.

Le nouvel archevêque a droit à la vedette sur la une
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Il est clair que García Cuerva exerce son ministère d’une manière innovante et qu’il est proche des périphéries : il est favorable à l’accueil des couples homosexuels dans les communautés paroissiales, il accorde en particulier le baptême aux enfants de ces couples ; il innove dans sa pastorale pour parler à tout le monde, syndicats et coopératives ouvrières compris. Il s’intéresse au sort des prisonniers. Bref, tout ce que la droite politique argentine attribue à une Église qu’elle estime de gauche. Ajoutez à cela qu’on l’accuse (car il s’agit bien d’une accusation) d’être péroniste (et alors ? Il est aussi un citoyen et dispose de sa liberté de pensée).


Le jour de la Pentecôte, a filtré un discours incendiaire qu’un ancien aumônier militaire, qui exerce maintenant son ministère dans la province de Buenos Aires, a tenu dans un groupe Whatsapp, dont un membre l’a publié. Ce prêtre prétend connaître très bien le nouvel archevêque pour avoir étudié à ses côtés dans le même séminaire. Il l’accuse d’être lui-même efféminé et homosexuel et, ô crime impardonnable, d’être amis avec Madres et Abuelas de Plaza de Mayo, les deux associations les plus emblématiques de la lutte des droits de l’homme contre la défunte dernière dictature militaire. Dans sa rage, ce prêtre a aussi craché son rance venin idéologique sur l’archevêque de La Plata, autre prélat nommé par François pour remplacer cette fois-là un épouvantable réactionnaire, Héctor Aguer, qui trouve encore à s’exprimer dans le quotidien La Prensa.

La photo principale illustre la tragédie de la sécheresse
Au-dessus : la photo du nouvel élu et le gros titre
"Pour succéder au cardinal Poli, le Pape a choisi
un évêque qui critique le gouvernement"
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Le prêtre colérique a dû présenter des excuses publiques. Il semblerait que sa hiérarchie a trouvé le propos irrévérencieux ou indiscipliné.

"Le Pape a choisi le pire du pire", une citation
tirée de la diatribe tenue pour un groupe privé Whatsapp
et rendue publique par l'un des destinataires
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En observant le ton général dans la presse, entre l’enthousiasme de Página/12 et la prudence, entre embarrassée et hostile, des trois autres quotidiens, tous trois de droite, on peut d’ores et déjà imaginer que le nouvel archevêque va avoir du fil à retordre pour imposer son autorité dans son diocèse et que l’Église catholique s’approche dangereusement de la fracture pour des motifs politiques et non pas religieux.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

les 26 et 27 mai, l’annonce de la nomination et le premier portrait du nouvel archevêque
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación
les 29 et 30 mai, les déclarations incendiaires whatsappiennes et leurs suites
lire l’article de Página/12 qui en a fait sa une (en pleine campagne électorale, ne l’oublions pas)
lire l’article de La Prensa
lire l’article de La Nación
les 29 et 31 mai, quelques éditoriaux sur les divers aspects du sujet
lire l’article de Página/12
lire l’article de La Nación avant-hier
lire l’article de La Nación ce matin
Clarín a publié plusieurs opinions mais, même en ligne, elles sont réservées aux abonnés (d’où leur absence dans les références ici).

vendredi 26 mai 2023

Zamba pour se souvenir toujours de Daniel Toro [Actu]

Hommage du quotidien El Tribuno sur son compte Facebook
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A 82 ans et à l'issue d’une pneumonie, Daniel Toro nous a quittés hier, 25 mai, le jour de la fête nationale.


En haut à droite, avec photo
En vedette, la manifestation cristiniste, ultra-partisane
sur Plaza de Mayo hier, sans le président en place
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A la SADAIC, la société des auteurs-compositeurs argentins, ses dépôts témoignent d’une œuvre gigantesque : plus de mille chansons qui illustrent et nourrissent le patrimoine national du folklore du nord-ouest argentin. Plusieurs de ces titres sont devenus de véritables classiques, repris par la plupart des grands interprètes dans leurs disques et leurs récitals, dont la grande Mercedes Sosa, elle-même originaire d’une province voisine de la sienne, Tucumán.


En haut au centre
Dessous : la manifestation cristiniste
(gros succès d'affluence malgré la pluie comme il y a 213 ans)
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Sa chanson la plus connue, Zamba para olvidarte (Zamba pour t’oublier) compte plus de 8 millions d’interprétations diverses et variées sur la plateforme Spotify, nous dit Página/12, qui rend surtout hommage au caractère engagé de l’artiste.

En effet, Daniel Toro a connu la censure sous la dernière dictature, celle dont on célèbre cette année les 40 ans de la fin. Pour conserver la vie et continuer à travailler, il avait dû adopter un pseudonyme.

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Il y a deux ans, un documentaire de longue durée (84 mn) lui avait été consacré par la cinéaste Silvia Majul. Sur l’affiche (ci-dessus), le jeune Daniel faisait face au vieux Toro.

Son décès est traité à la une d’à peu près tous les journaux nationaux, à l’exception notable de La Nación, et ce malgré une actualité politique chargée, puisque Cristina Kirchner a été hier l’unique oratrice sur la Plaza de Mayo, où elle avait convoqué ses partisans, malgré le fait qu’elle refuse de se présenter aux élections… Elle a même chassé le président en place de la traditionnelle célébration publique, ordinairement ouverte à tous, sur la place historique de la capitale, là même où s’est produite la révolution qui a mis fin au régime vice-royal.


En bas à droite, avec photo
En vedette, les acrobaties réalisées par Tango 01,
le nouvel avion présidentiel,
sous la pluie, sur l'aéroport domestique de Buenos Aires
alors que le président devait se rendre en Patagonie
pour le long week-end férié
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A Salta, où l’artiste était né et où il est décédé, dans un hôpital de la capitale provinciale, l’un des quotidiens locaux, El Nuevo Diario de Salta, en fait le sujet principal de sa une.

La une locale
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De nombreuses vidéos sont incrustées sur la plupart des articles en ligne.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

dans la province de Salta :
lire l’article de El Tribuno (édition de Salta)

mercredi 24 mai 2023

Festival de tango coopératif à Rosario [à l’affiche]

L'un des participants : Alejandro Guyot et son récent travail
sur l'art gardélien du chant (dont j'ai déjà parlé il y a quelques jours)


Tout ce week-end de fête, qui commence demain avec l’anniversaire de la Révolution de Mai 1810, qui est la fête nationale principale de l’Argentine, se tiendra à Rosario, la capitale culturelle de la province de Santa Fe, la 8e édition d’un festival coopératif de tango alternatif, résolument moderne.


Au programme de ces trois jours, tout ce qui fait un vrai festival : des concerts, des milongas, des ateliers, des cours, des conférences, de la danse, de la poésie, du chant, de la musique instrumentale et de la composition…

Atelier sur la manière de mettre une musique sur un texte
animé par Analia Goldberg

Le festival se déploiera dans plusieurs lieux emblématiques de la cité.

© Denise Anne Clavilier


Pour en savoir plus :

lire l’article de Página/12
consulter la page Facebook de la coopérative d’artistes qui l’organise.