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mardi 26 avril 2022

En mai, un festival de cinéma consacré à la Guerre des Malouines [à l’affiche]

"Cinéma et souveraineté - Malouines
40 ans - 40 films"
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Au mois de mai, la Province de Tierra del Fuego, de l’Antarctique et des îles de l’Atlantique sud (dont la compétence territoriale juridique s’étend à l’archipel des Malouines) et la Fundación Octubre (liée à Página/12, lui-même membre du groupe médiatique Octubre) proposent un festival cinématographique consacré à la guerre des Malouines (avril-mai 1982) avec 40 films pour les 40 années qui nous séparent de ce conflit terrible avec la Grande-Bretagne.

La présentation se fait aujourd’hui, à la Casa de Tierra del Fuego, à Buenos Aires, ville où se tiendra la manifestation.

Tous les mardis du mois de mai, un film sera projeté au centre culturel Caras y Caretas, qui appartient au Grupo Octubre, avec entrée libre et gratuite.

Une du supplément culturel quotidien de Página/12
dimanche dernier
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Tout au long du mois, la plateforme Octubre TV diffusera les œuvres du 1er juin au 30 octobre prochain.

Rappelons que l’archipel des Malouines a été cédé par la France à l’Espagne en 1768 (ça ne nous rajeunit pas), que le roi Carlos III d’Espagne a placé ces territoires sous l’autorité du gouverneur de la Province de Buenos Aires puis celle du vice-roi du Río de la Plata à partir de 1776, lorsque ce même roi a créé ce dernier vice-royaume en Amérique du Sud, que les îles sont devenues argentines en 1816 lorsque le pays a déclaré son indépendance et qu’elles ont été saisies en janvier 1833, par un imprévisible coup de main de la Royal Navy, alors maîtresse des mers sur toute la planète mais qui en l’occurrence a agi contre tous les usages reconnus et pratiqués dans la diplomatie à cette époque. En 1853, la première constitution à entrer en vigueur en Argentine a précisé que l’archipel faisait partie intégrante du territoire national. Aux termes de leur texte juridique fondamental, les Argentins considèrent donc que la Grande-Bretagne est aux Malouines une puissance occupante illégale.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

jeudi 1 juillet 2021

Tierra del Fuego interdit l’industrie salmonicole [Actu]

Le quotidien catholique a mis l'information à sa une
avec cette banderole : "Canal de Beagle, pas touche"
mais l'article n'est pas en ligne sur son site
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Hier, au terme d’un débat de plus de deux mois, la Legislatura provinciale de Tierra del Fuego, qui ne compte qu'une quinzaine d'élus (dont trois écologistes), a adopté un projet de loi qui interdit dans les eaux de sa juridiction tout élevage industriel de saumon, une industrie très polluante pour un produit aux qualités gastronomiques et organoleptiques des plus contestables. Sans parler des conditions de vie déplorables des pauvres poissons.

L'info est aussi en une ici mais de façon plus discrète et sans photo
En bas, à gauche ("Pionniers dans la défense de l'environnement")
Le gros titre est réservé aux éleveurs qui menacent
d'importantes manifestations le 9 juillet
(ils rouspètent toujours contre les limites à l'exportation)

C’est la première fois au monde qu’un pays adopte une loi portant cette introduction.

Les mouvements écologiques ont fêté l’événement et la presse nationale et locale s’en fait l’écho.

Clarín se montre lui aussi très discret.
L'info est en bas à gauche ("Tierra del Fuego interdit les fermes à saumons")
La photo de une est consacrée au centenaire du Parti communiste chinois
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Cette question travaille le personnel politique de la province depuis trois ans. L’installation d’une ferme salmonicole était projetée dans les eaux froides et pures du Canal de Beagle et elle avait il y a deux ans provoqué une levée de boucliers sur place et dans le monde entier. Quelques protagonistes de la gastronomie s’en étaient même mêlés pour entraver le projet. Maintenant, les choses sont claires. Cela ne se fera pas.

Même El Sureño est discret : encart bleu sous le gros titre
("Les écologistes ont fêté l'interdiction de la salmoniculture"
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La pisciculture artisanale, quant à elle, reste légale et l’assemblée entend bien la protéger et l’encourager comme le tourisme, une des activités qui assure une part non négligeable du revenu de la province, riche de splendides paysages naturels sur terre et sur mer. Un refuge de biodiversité animale et végétale.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de El Sureño, le quotidien provincial qui paraît du lundi au vendredi<
lire le communiqué officiel de Pablo Villegas, l’auteur de la loi, sur le site Internet de l’assemblée législative provinciale

Ajout du 5 juillet 2021 :
lire cet article de Página/12 sur la polémique suivante qui porte sur la pisciculture raisonnée et son potentiel économique qu'il ne faudrait pas abandonner dans les eaux du sud de l'Argentine

samedi 26 janvier 2019

« El grito » pour protéger le Canal de Beagle [Actu]

"Nous avons besoin que vous lisez ceci"

El grito, la clameur, c’était la manière des révolutionnaires de 1810 de désigner leur revendication d’une liberté politique dont les pays d’Amérique latine manquaient terriblement depuis 300 ans.

"C'est en mars que la décision sera prise sur ce projet
et on vous en parler parce qu'il faut qu'on vous dise :
Non à la salmoniculture !"

Et voici que des cuisiniers argentins de renom s’unissent pour dénoncer un accord entre la République argentine, la Province de Tierra del Fuego et une entreprise norvégienne pour créer des fermes marines d’élevage intensive de saumons dans le Canal de Beagle, qui sépare le continent des îles de la province la plus australe du pays. Parmi les signataires de l’appel, le chef italo-argentin formé en France Mauro Colagreco, le tout nouveau trois étoiles Michelin de Menton.

"Au  moment où l'on veut implanter cette industrie en Argentine..."

Que redoutent-ils ? La pollution irréversible de ces eaux froides qui accueillent une grande biodiversité. On sait ce qu’il en est sur les côtes norvégiennes. On sait que les consommateurs commencent à se détourner du saumon d’élevage à cause de cette catastrophe écologique, qui fait l’objet de plus en plus d’articles de presse et de documentaires audiovisuels. Pas question qu’il arrive la même chose en Argentine alors que c’est déjà fait au Chili tout proche (les deux pays se partagent le canal). D'autant que c'est peut-être le scandale de la pollution en Norvège qui a convaincu l'entreprise d'aller polluer ailleurs pour maintenir le niveau de ses ventes et des dividendes pour ses actionnaires.

"Dans le reste du monde, on est en train de l'interdire"

Le scandale a commencé en octobre, lorsque les scientifiques argentins ont lancé un premier cri d’alerte, mais il semblerait que l’initiative des chefs, relayée surtout sur les réseaux sociaux, ait un peu plus de succès médiatique…

"Le coût écologique, social et économique de la production de saumon
a des conséquences dévastatrices et irréversibles.
Nous avons malheureusement l'exemple de nos frères chiliens.
Les conséquences de l'introduction de l'industrie et de l'espère dans les eaux chiliennes
sont et ont été si nombreuses que nous ne savons par quel bout commencer
pour vous les exposer."

Les pouvoirs publics vantent la perspective de création d’emplois mais on sait ce qu’il en est en Scandinavie : les emplois en question sont des emplois industriels dévalorisés, avec de MST à la clé, or ils risquent de l’être encore plus dans un pays où le droit du travail est aussi fragile qu’en Argentine, et la qualité de vie de toute la région concernée s’est singulièrement dégradée pour les hommes et les animaux sur tous les plans.

Ferme piscicole dans le détroit de Magellan, dans les eaux chiliennes


Sans parler de la catastrophe nutritionnelle et gastronomique !

Pour aller plus loin :
lire l’article de Clarín du 5 octobre 2018
lire l’article de Nuevo Día, un quotidien de la province patagonienne de Santa Cruz, une province pétrolifère qui dispose aussi de la plus grande réserve d’eau douce du continent dans le parc national Los Glaciares (1).



(1) Le canal de Beagle et le parc Los Glaciares sont au programme du voyage que l’agence Odeia propose et que j’accompagnerai en novembre prochain. Voir mon article du 19 janvier 2019. Imaginez la catastrophe touristique si le canal de Beagle se remplit de parcs à saumon nourris aux croquettes de soja transgénique et de farine animale, avec plein d’antibiotiques dedans pour assaisonner !

samedi 19 janvier 2019

Grand circuit culturel en Argentine avec Odeia et... moi [ABT]

Jeudi dernier, lors d’une longue et chaleureuse après-midi de présentation aux clients et prospects dans une très belle et très vaste crypte de l’église Saint Ferdinand, à Paris, l’agence de voyage Odeia (Paris, 17e) a publié sa proposition 2019 d’un grand circuit en Argentine que j’aurai l’honneur d’accompagner, du 7 au 24 novembre prochain, et que j’ai enrichi pour en faire un parcours original, conforme à l’esprit de l’agence.

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Jusqu’au mois de juin, j’aurai l’occasion de vous en présenter les différentes facettes, l’une après l’autre : histoire, gastronomie, beaux-arts, musique, merveilles de la nature.

Au programme de ce périple de 18 jours, au départ de Paris (Roissy Charles de Gaulle / vol direct Air France) :
  • trois jours non consécutifs à Buenos Aires, le premier consacré à la découverte de l’histoire nationale, avec ces deux géants que furent les généraux José de San Martín (1778-1850) et Manuel Belgrano (1770-1820), tous deux pères de la patrie, le second aux beaux-arts avec la visite de trois musées (1) et le dernier au tango, dont la diversité des dimensions structure la culture de cette mégalopole trois fois plus grande que Paris ;
  • trois jours dans la province de Misiones au nord-est du pays, avec la visite de deux sites inscrits au patrimoine de l’Unesco -les inévitables chutes d’eau d’Iguazú et les ruines de la mission jésuite San Ignacio Miní-, un petit bout de chemin sur la Ruta de la Yerba Mate (RYM) avec un arrêt dans une plantation pour y découvrir les secrets de cette infusion nationale qui allie la tradition guaranie et l’acculturation de la Compagnie de Jésus, et, enfin, une soirée autour du chamamé, la musique locale qui constitue le vecteur culturel de toute la région, en Argentine et au-delà (Uruguay, sud du Brésil et Paraguay) ;
  • cinq jours dans le Nord-Ouest et plus précisément dans les provinces de Salta et de Jujuy, à la découverte des beautés naturelles des Andes, dont ce Mont des Sept Couleurs, un site inscrit lui aussi au patrimoine de l’Humanité et actuellement au centre d’une guerre picrocholine (2), de l’architecture ancienne (superbe basilique San Francisco de Salta, par exemple), des vestiges d’une citadelle inca, du vin d’altitude, de la musique locale (la chacarera, en tout premier lieu, avec son instrument emblématique, le charango) et des faits historiques qui ont marqué la région : la conquête espagnole qui est venue du Pérou au 16e siècle, apportant avec elle le baroque européen qui s’est très vite mêlé à la culture précolombienne, et cet épisode de la guerre d’indépendance que l’histoire a surnommé la Guerra Gaucha, à la tête de laquelle se trouvait Miguel Martín Güemes (1785-1821), le gouverneur révolutionnaire de Salta ;
  • et enfin trois jours en Patagonie, dans les provinces de Tierra del Fuego, dont la capitale est Ushuaía, et de Santa Cruz, où se trouve le Lago Argentino et ses glaciers, dont le formidable Perito Moreno, un ensemble qui constitue la plus grande étendue d’eau douce du monde, avec son musée de glaciologie ultramoderne. La spécialité culinaire de cette région, très récemment annexée à la République argentine (3), est l’agneau de Patagonie. Les Argentins disent qu’il est supérieur à celui de nos prés-salés… On goûtera et on verra bien si la comparaison se soutient !

A tout cela s’ajoute des journées de voyage aérien d’une région à l’autre, que je n’ai pas incluses dans les paragraphes précédents.

Sur place, nous serons logés dans des hôtels haut de gamme (de toute façon, il n’y a pas d’autres standards d’hôtellerie acceptables en Argentine) et nous serons accompagnés, à chaque étape, par un guide local qui me complétera. C’est du grand luxe ! D’autres guides prendront le relais dans les parcs naturels nationaux où les visites doivent obligatoirement être accompagnées par un membre du personnel, préservation de la nature oblige.

Odeia (filiale de Wagran Voyages) reçoit dès à présent les inscriptions, par courrier ou en ligne (www.odeia.fr). Le groupe devra se composer d’au moins 15 personnes et restera, quoi qu’il en soit, de taille raisonnable (20 personnes environ). Sinon, ce n’est plus un groupe, c’est un troupeau et on ne savoure ni ne retient rien...



(1) En Argentine, les musées sont beaucoup plus modestes en taille que nos grands musées européens, de type Louvre, National Gallery, Prado, Offices, Ermitage ou Rijksmuseum. Les musées argentins sont tous des musées spécialisés. Ce n’est donc pas une prouesse que d’en parcourir trois dans une seule journée. Qui plus est, ils exposent des grands artistes nationaux dont nous ne possédons pas d’œuvres.
(2) Voir mes articles du 27 décembre 2018 et du 16 janvier 2019.
(3) Longtemps ignorée et presque inexplorée, la Patagonie a été rattachée à la République argentine dans les années 1860, grâce à une expédition militaire sans scrupule qui a mis en œuvre un véritable génocide contre le peuple mapuche. La politique de peuplement est venue au bout de nombreuses années. L’un de ses vecteurs a été le terrible bagne de Ushuaía (1901-1947), dont il ne reste plus que le pénitencier en étoile, aujourd’hui transformé en musée historique et maritime. L’autre a été l’exploitation pétrolifère , qui n’est pas la plus équitable des activités économiques. La Patagonie a connu encore d’autres malheurs qui l’ont marquée au fer rouge : la répression sanglante des ouvriers anarchistes de Santa Cruz en 1920 et 1921 (peu après cette Semaine Tragique dont, il y a peu, on célébrait le centenaire – voir mon article du 7 janvier), puis le nid de criminels hitlériens qui s’est formé à San Carlos de Bariloche, dans une autre province, et qui s’est dispersé lorsque les chasseurs de nazis sont allés les débusquer au milieu de leurs chalets bavaro-alpins planqués dans les Andes, et enfin le massacre des prisonniers politiques de Trelew, en 1972, quelques années avant le sinistre coup d’État de Rafael Videla, en mars 1976. Cette Patagonie au passé traumatique n’a donc pas encore de musique emblématique. Qui plus est, elle est la moins peuplée de toutes les régions d’Argentine.

mardi 20 mars 2018

Avec Odeia, partez en Argentine. C'est moi qui vous accompagne ! [ici]


Comme tous les ans à la fin de l'été austral (nous y sommes), je reprends le rythme ordinaire de ce blog avec de nouvelles propositions autour de l'Argentine et de sa culture. Pendant la pause estivale, j'ai travaillé sur mon prochain livre qui a bien avancé, sur de nouvelles conférences, dont une que j'ai donnée le samedi 10 mars à Gretz-Armainvilliers, et sur de nouveaux circuits de tourisme culturel.

El Puerto y el Trabajo (le port et le travail), toile de Benito Quinquela Martín
sur le thème du port de La Boca, son quartier natal

Barrio de Tango fait donc (enfin) sa rentrée australe sous les auspices de l'agence de voyage Odeia, spécialiste à Paris du voyage organisé à haute valeur ajoutée. L'enseigne vient de faire appel à moi pour accompagner un voyage de 18 jours en Argentine au mois de novembre 2018, c'est-à-dire au printemps en hémisphère sud.

Ce circuit nous emmènera dans plusieurs lieux emblématiques :
  • la capitale fédérale, Buenos Aires, qui sera notre fil rouge puisque, dans cet immense pays, il faut toujours repasser par la capitale pour aller où que ce soit par la voie aérienne. Cette ville regorge de monuments historiques (surtout dans le centre, autour de Plaza de Mayo, dans les quartiers de Monserrat, San Nicolás et San Telmo), de musées modestes en taille mais riches en patrimoine inconnu chez nous, d'espaces verts, de tanguerías (salles de musique) et de véritables institutions gastronomiques ;
  • le Noreste, que l'on appelle aussi Litoral, en l'occurrence la province de Misiones, à la frontière du Paraguay et du Brésil, avec les inévitables chutes d'Iguazú et, ce qui est beaucoup plus rare et combien bien plus précieux, les vestiges d'une des villes fondées par les jésuites au début du XVIIe siècle, là où les bons pères ont permis aux Guaranis (1) de vivre en toute liberté, dans une fusion culturelle entre l'Europe et l'Amérique précolombienne, pendant cent cinquante ans, jusqu'à l'expulsion de la Compagnie de Jésus en 1767 – le Litoral est aussi le royaume de la yerba mate, du dulce de leche (confiture de lait), une invention des jésuites si l'on en croit la légende, et du chipá (sorte de gougère, à base de farine de maïs ou de manioc, avec du fromage et du jus d'orange), que l'on devrait aussi aux héritiers de saint Ignace de Loyola. Sans oublier le chamamé, la musique et la danse qui unissent le nord de l'Argentine et de l'Uruguay, l'extrême-sud du Brésil et tout le Paraguay ;
  • le Noroeste, en l'occurrence la province andine de Salta, où s'illustrèrent, pendant la guerre d'indépendance, le général Manuel Belgrano (1770-1820) et le gouverneur local, Martín Miguel de Güemes (1785-1821), chef de la Guerra Gaucha, la guerre des partisans contre les troupes coloniales envoyées par Lima pour combattre la Révolution. Egalement au menu dans cette province en forme de croissant : vestiges archéologiques du passé précolombien, œnotourisme d'altitude sur la Ruta del Vino de Salta, empanada salteña (2), tamales et savoureuses petites pommes de terre andines, le tout arrosé de folklore musical contemporain, autour de la chacarera ;
  • la Patagonie et ses provinces les plus australes, Tierra del Fuego (en France, nous en connaissons surtout le nom de la capitale, Ushuaia, grâce à un animateur de télévision devenu ministre de l'écologie ! Notre culture télévisuelle fait de nous les seuls Européens à vouloir nous y rendre) et Santa Cruz, où se trouvent les glaciers les plus célèbres du pays, dont le fameux Perito Moreno, le parc naturel national Los Glaciares et son musée, ultra-moderne, consacré à la glaciologie et aux enjeux planétaires que sont les réserves d'eau douce et le réchauffement climatique. Mais Ushuaia, ce fut aussi le plus terrible des bagnes (1904-1947), abondamment utilisé contre les anarchistes en 1910, à l'époque du Centenaire, et, pendant la Década Infame (3),contre les opposants de la toute première dictature anticonstitutionnelle (1930-1940). Aujourd'hui, il a été transformé en musée. Beaucoup d'infrastructures de ce petit archipel qui s'avance à la pointe du continent ont été construites par les bagnards, pour permettre à quelques pionniers d'aller explorer le cercle polaire antarctique (4). Un tango rend hommage à leur souvenir. Il s'intitule El penado 14 (le matricule 14) et fait partie du corpus que j'ai traduit et commenté dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins (Editions du Jasmin). Je vous propose de l'écouter sous ce lien, grâce à Todo Tango ; c'est un enregistrement de son créateur, Agustín Magaldi, un chanteur représentatif de l'esthétique portègne des années 1930.

Pour ce circuit, vous devrez emporter des vêtements légers et bien couvrants pour Iguazú (il y a des moustiques, comme dans toutes les grandes forêts subtropicales) et des vêtements chauds, puisqu'une grande fraîcheur, pour ne pas dire plus, règne perpétuellement sur le lac du Parque Nacional Los Glaciaires où nous ferons une jolie croisière au milieu des murailles de glace parmi les plus impressionnantes du monde.

Couverture de la partition originale de El Penado 14

Un programme, décrit jour par jour, est disponible sur le site Web de l'agence. Il va évoluer, sans modification du prix. Avec Odeia, je travaille en effet à l'enrichir en contenu culturel pour varier les plaisirs et les découvertes. Je vous en ai donné un aperçu plus haut, en résumant les atouts des principales étapes du parcours. Ces enrichissements, qui reposent sur mes propositions, mes connaissances, mes contacts sur place et ma passion de longue date pour ce pays, prendront la forme de visites non encore mentionnées dans des quelques haut-lieux historiques, des musées des beaux-arts (en Argentine, ils sont petits mais ils regorgent d'œuvres qui ne voyagent jamais), avec des arrêts gastronomiques précis et des spectacles authentiques, au milieu des Argentins, comme Barrio de Tango en a le secret !
Nous nous trouverons en Argentine le 20 novembre. C'est un jour férié qui rappelle la résistance nationale au blocus anglo-français, lorsque Louis-Philippe, en plein accord avec le gouvernement de la reine Victoria, prétendait imposer la liberté pour les Européens de naviguer sur les fleuves pour y faire du commerce, sans acquittement des droits de douane décidés par le gouverneur de la Province de Buenos Aires ! (5). Ce sera une expérience à vivre et qui pourra susciter quelques sourires amusés chez les Argentins s'ils découvrent notre nationalité. Nous jouerons le jeu. Ce sera aussi l'occasion ou jamais de déguster le locro, le plat traditionnel des fêtes patriotiques.

Pour découvrir une recette d'empanada, n'hésitez pas à regarder l'émission
Cocineros Argentinos, un rendez-vous quotidien de TV Pública
Ici, photo La Salteña, qui propose aussi une recette

A chacune de nos étapes, nous serons accueillis par un guide local, parlant français (quel luxe !), et avec qui je partagerai le plaisir de vous révéler les secrets du pays, de ses usages, de son histoire, de sa musique, de ses artistes. Nous descendrons dans des hôtels trois ou quatre étoiles. Nous serons reçus dans une estancia où nous découvrirons le travail agricole d'une exploitation ovine et le rituel d'un véritable asado argentin (l'agneau de Patagonie est très réputé, les Argentins prétendent même qu'il est supérieur à notre agneau de pré-salé. Nous en serons juges !).

Les fidèles lecteurs de Barrio de Tango savent que je dispose sur place d'un carnet d'adresses plutôt épais et que je connais les pièges à éviter (ceux que le secteur touristique local s'efforce de nous refiler à toute force mais je sais lutter contre cette tendance à tout standardiser). Je m'attelle actuellement à vous préparer des rencontres privilégiées et exclusives. Grâce à mes contacts parmi les artistes, les historiens et les guides, dont certains parlent notre langue, Odeia vous emmène hors des sentiers battus, dans l'Argentine des Argentins, loin des attractions passe-partout où l'on ne croise que des touristes. Vous rentrerez à la maison avec des souvenirs inoubliables, en ayant pu approcher une réalité argentine plus authentique que celle des cartes postales ordinaires.

Ruta del Vino dans la province de Salta
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Pour les internautes qui découvrent mon blog aujourd'hui, rien n'est perdu. Prenez le temps d'explorer le contenu de Barrio de Tango – il contient plus de 5 500 articles. Disposés en tête de chacun d'eux, des mots-clés sont là pour vous orienter dans les différents thèmes que j'aborde depuis juillet 2008. Vous pouvez aussi utiliser les liens internes que vous trouverez dans la Colonne de Droite (partie supérieure) ainsi que le lien externe vers mon site Internet (qui présente l'ensemble de mes activités). Les mots-clés toponymiques, Salta, Misiones, Santa Cruz, Tierra del Fuego et Monserrat, vous permettent de voir remonter tous les articles sur ce qu'il se passe dans ces provinces, cette ville ou ce quartier.

* * *

Circuit en Argentine
avec un guide local francophone à chaque étape et une conférencière-accompagnatrice
Mardi 6 novembre – Vendredi 23 novembre 2018
18 jours / 15 nuits
Aller-retour en vol direct Paris-Buenos Aires
Vols intérieurs et transferts aéroports
Autocar Grand Tourisme tout au long du séjour
5 975€ TTC par personne
(sur la base de 15 participants payants, en chambre double)

Pour toute inscription avant le 15 juin 2018,
l'agence propose une réduction de 70 € par participant.

* * *

Afin que le groupe soit souple et propice aux échanges conviviaux, il doit conserver une taille humaine. Le nombre de places est donc limité mais il en reste encore. Vous pouvez donc toujours vous inscrire. Faites-le auprès d'Odeia après avoir pris connaissance des conditions commerciales sur le site Web. Vous y trouverez un descriptif qui prend en compte toutes les étapes et un formulaire d'inscription.
L'équipe d'Odeia se tient à votre disposition pour toute information supplémentaire. Si vous ne connaissez pas encore cette agence, allez la découvrir sur son site Internet, en toute tranquillité, depuis votre salon. Odeia est une société du groupe Wagram Voyages, avec une équipe dynamique, composée de professionnels multilingues très courtois. Je l'ai constaté de mes propres yeux.

Cliquez sur la carte pour vous repérer en haute résolution

Pour préparer d'ores et déjà votre voyage, n'hésitez pas à découvrir mon propre tour d'Argentine dans mon dernier livre, Contes animaliers d'Argentine, paru aux Editions du Jasmin : le Litoral, le Noroeste et la Patagonie en font partie. C'est Salta qui ouvre le recueil avec une histoire... d'empanada, de renard et de tatou.
Sur le temps fort que fut la guerre d'indépendance, j'ai publié plusieurs articles dans ce blog (sous le mot-clé Bicentenaire) et j'ai écrit deux ouvrages sur le général José de San Martín (1778-1850), avec lequel tant Manuel Belgrano que Martín Güemes ont su collaborer entre 1814 et 1820.
Mon prochain livre, qui doit paraître aux Editions de La Bisquine, portera sur d'autres épisodes de cette même époque fondatrice, que nous découvrirons ensemble, sur Plaza de Mayo et dans le quartier de Monserrat, à Buenos Aires, puis à Salta.
Et pour une première approche de la ville de Buenos Aires, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins a été conçu comme une balade urbaine, dans l'histoire, les quartiers, les coutumes de cette vaste cité de 3 millions d'habitants. Parce que le tango, c'est la musique et la poésie par excellence de cette ville. C'en est même l'âme, le génie, le duende, comme disent ses habitants.



(1) A la même époque, les populations aborigènes étaient réduites au servage partout sur les terres du roi d'Espagne, sauf dans les réductions ou missions concédées à des ordres religieux (les franciscains au nord du continent, les jésuites au sud). Les jésuites avaient donc obtenu un privilège royal pour ces terres situées au Paraguay et tout autour. Les laïcs d'origine européenne n'avaient pas le droit d'y pénétrer (sous peine d'excommunication). De petites républiques agraires utopiques purent ainsi s'y développer et leur prospérité participa au projet du roi de se débarrasser de la Compagnie de Jésus. Ces vestiges des missions jésuites ont été inscrits au Patrimoine de l'Humanité par l'UNESCO.
(2) Il s'agit d'un chausson farci à la viande, si bien identifié à cette province qu'un industriel n'a pas hésité à emprunter l'adjectif "Salteña" pour en faire un nom de marque de pâte à empanada prête à l'emploi (d'excellente qualité d'ailleurs). La recette de Salta a beau varier d'une famille à l'autre, elle n'en donne pas moins lieu, en Argentine, à des disputes picrocholines sur les ingrédients, les modalités de préparation et d'assaisonnement, comme c'est le cas en France quand nous parlons gratin dauphinois ou gratin savoyard dans les Alpes ou galette et crêpes en Pays Gallo (à l'intention de mes lecteurs sud-américains, le Pays Gallo est en Bretagne)
(3) Sur la Década Infame (1930-1940), reportez-vous à mon article intitulé Vademecum historique, dont vous trouverez le lien dans la partie centrale de la Colonne de Droite.
(4) L'une de ces frégates d'exploration, la ARA Corbeta Uruguay, a été désarmée et transformée en musée national. Elle est maintenant amarrée définitivement dans le port de Buenos Aires, dans le quartier de Puerto Madero. Nous la visiterons si vous le souhaitez.
(5) Le 20 novembre 1845, a eu lieu la bataille fluviale de Vuelta de Obligado sur le Río Paraná. Techniquement, il s'agit d'une victoire française. Mais une victoire à la Pyrrhus. En effet, les Argentins avaient tenté d'empêcher la flottille étrangère de remonter le fleuve mais, après bien des efforts et des échanges d'artillerie nourris, les navires étaient parvenus à passer. Au prix de graves avaries qu'aucun des équipages ne parvint à faire réparer. Pas plus qu'ils n'arrivèrent à écouler leur cargaison puisque les Argentins boycottèrent ces produits impérialistes. Ce fut donc une défaite politique, commerciale et diplomatique retentissante pour les puissances européennes (qui avaient sans doute espéré profiter des divisions causées par la guerre civile en Argentine) et une victoire de même nature pour la Confédération Argentine, qui était parvenue à reconstituer une certaine unité à cette occasion. Il s'ensuivit à Paris un rude débat parlementaire qui dura plusieurs années. Ce n'est que très récemment, sous le mandat de Cristina Kirchner, que cette date est devenue fériée, dans le but de développer le tourisme intérieur et de compenser, par une journée non travaillée mais payée, le petit nombre de jours de congés légaux auxquels ont droit les salariés déclarés (pour ceux, très nombreux, qui sont embauchés au noir, c'est une autre histoire !)

lundi 11 juillet 2016

Le Bicentenaire à travers les unes provinciales du lendemain [Bicentenaire]

"La Patrie bien vivante", proclame La Gaceta de Tucumán
en consacrant toute sa une à la fête dont sa capitale a été le centre national

A l'autre bout du pays, en Tierra del Fuego
l'accent est mis sur les cérémonies à Río Grande

Dans les provinces dont les quotidiens étaient accessibles en ligne hier (certains d'entre eux présentaient des difficultés, sans doute étaient-ils beaucoup plus consultés qu'à l'ordinaire), le ton des unes était à la fête et au succès populaire qu'ont rencontré la plupart des manifestations dans tous les points du pays.

A Salta, l'une des provinces du Nord-Ouest, voisine de Tucumán

A l'opposé géographique et politique de Tucumán, Corrientes

jeudi 25 février 2016

Le Train du Bout du Monde modernisé par son personel [Actu]

Capture d'écran du site de Tranex Turismo SA

En début de semaine, le ministre du Tourisme, Gustavo Santos, est descendu à Ushuaia, la capitale de Tierra del Fuego, pour inaugurer, avec la jeune et nouvelle gouverneure kirchneriste Rosana Bertone, deux nouveaux wagons du Tren del Fin del Mundo, un petit train touristique qui parcourt 7 km sur une voie ferrée ancienne, ce qu'on appelle en Argentine une trochita, de 50 cm de large, en partie dans le Parc national de Tierra del Fuego, l'une des très nombreuses réserves naturelles qui parsèment le territoire de l'Argentine.

Les nouveaux wagons ont été dessinés et fabriqués dans les ateliers de la société d'exploitation, Tranex Turismo SA, par les mécaniciens du train qui travaillent aussi sur une nouvelle locomotive qui devrait être mise en service au cours de cette année. Leur atelier peut être visité, sur rendez-vous...


Ce petit train avait originellement la mission de relier le bagne de Ushuaia à la capitale provinciale. C'était entre 1909 et 1947 : la ligne assurait l'approvisionnement du terrible pénitencier (1). En 1947, la ligne fut désaffectée au profit d'une autre, qui fonctionna 5 ans puis le bagne cessa d'exister.

En 1994, c'est un entrepreneur privé qui reconstruisit un petit bout de cette voie ferrée (2) avec ses caractéristiques techniques d'origine. Il lui a conservé son étroitesse d'origine et a fait remettre en fonctionnement un matériel très particulier, qui n'existe plus nulle part en exploitation commerciale ordinaire. C'est donc un travail de sauvegarde d'un patrimoine et de tout un pan d'histoire dans l'une des provinces les plus récentes du pays que réalise ce petit train touristique qui vous emmène découvrir les beautés naturelles de ces paysages du grand sud.

Malgré la traction à vapeur, le Tren del Fin del Mundo se veut écologique et le prouve sur son site, avec un tableau chiffré !

Photo Casa Rosada

En Patagonie, la province de Chubut possède elle aussi un petit train touristique ancien, que les habitants de la région surnomment affectueusement La Trochita. Il circule sur un tronçon un peu plus long (18 km), avec des wagons en bois, dans un paysage non pas de fin des Andes mais de steppe colorée....

Pour en savoir plus :
lire le communiqué officiel du Gouvernement national
lire l'entrefilet de La Nación, qui reprend le communiqué
lire l'entrefilet du quotidien fueguino El Diario de Carlos Paz
lire l'entrefilet de U24, le quotidien de Ushuaia
se connecter à la page Facebook de la compagnie.



(1) El penado catorze (le matricule 14), l'un des tangos que j'ai traduits dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins (Editions du Jasmin), évoque le sort peu enviable des prisonniers de ce bagne où furent envoyés de très nombreux anarchistes et simples grévistes dans les années 1900, en prévision des fêtes du premier Centenaire où l'Argentine attendait le Gotha européen, et tout au long des années 1930, au gré des répressions de tous les mouvements ouvriers pendant la Década Infame (la décennie ignoble), la première période anticonstitutionnelle depuis l'adoption de la constitution de 1853. Voir le Vademecum historique, dont le lien permanent se trouve dans la rubrique Petites Chronologies, dans la partie médiane de la Colonne de droite.
(2) Si toutefois on peut parler de voie ferrée puisque, à l'origine, tout était en bois, les traverses et les rails.

Exposition sur l'Antarctique argentine à Puerto Madero [à l'affiche]

La Base de Marambio (sans doute en été : il faut jour !)
Photo Ministère argentin de la Défense

Jusqu'au 4 mars 2016, le Ministère de la Défense propose une exposition sur la présence humaine sur l'Antarctique argentine. L'armée nationale, qui dispose du matériel spécifique, dont est démuni le ministère des sciences et des technologies, assure une présence permanente sur le continent blanc depuis 1904 sur l'actuelle base Orcadas sur l'île Laurie dans l'archipel Orcadas.

Les équipes scientifiques et militaires vivent sur la calotte glacière, qui mesure deux kilomètres de profondeur en moyenne sur le cône antarctique dépendant de la souveraineté argentine. Les températures y varient de 0° l'été à -60° C l'hiver. On a pu enregistrer un minimum de -82° C !

L'Argentine compte aujourd'hui une trentaine de bases dans lesquelles vivent et travaillent deux cents scientifiques. Le pays maintient désormais six bases permanentes sur cette partie extrême de son territoire.

L'exposition photographique se tient dans le grand Hall de l'immeuble Libertador, situé entre les rues Alsina et Paseo Colón, tout près du Vieux Port de Buenos Aires. Elle a été inaugurée hier par le ministre en personne. L'entrée est libre et gratuite.

A quelques pas de là, amarrée sur le quai droit de Puerto Madero, on peut aussi visiter la corvette d'exploration polaire Uruguay, qui assura les liaisons exploratoires jusqu'au pôle Sud depuis 1903 jusqu'à 1960, année où elle fut désarmée pour devenir un bateau-musée.

Pour aller plus loin :
lire le communiqué officiel du ministère de la Défense
lire la page consacrée à la corvette ARA Uruguay sur le site de la Marine nationale argentine.

lundi 22 juin 2015

Les premières élections partielles donnent leurs résultats à Santa Fe, à Mendoza, en Tierra del Fuego [Actu]

A Santa Fe, les élections provinciales pour le gouvernorat avaient lieu la semaine dernière. Il s'agissait d'une élection à un tour à la majorité simple. Les résultats ne sont toujours pas définitifs car il a été demandé un recomptage des voix au tribunal électoral qui veille à la constitutionnalité et à la sincérité du scrutin. L'électorat s'est divisé en trois tiers avec deux ex-aequos : le candidat socialiste, qui au premier dépouillement avait quelques milliers de voix de plus, le candidat du PRO (un ancien comique passablement vulgaire qui roule pour Mauricio Macri). A quelques décimales près, les deux ont remporté 30% des voix exprimées. Derrière, déjà éliminé semble-t-il quel que soit le recomptage, le candidat FpV (soutenu par l'actuelle majorité nationale kirchneriste), qui arrivait avec 26% des voix. De 12 à 14% des électeurs se sont répartis sur des candidatures de témoignage, comme disent les politologues français.

Malgré ce mauvais résultat pour elle et cette incertitude, Cristina Kirchner a pourtant tenu à se rendre à Rosario samedi pour célébrer le drapeau, selon la coutume, puisque c'est à Rosario, aujourd'hui capitale économique et culturelle de la Province de Santa Fe, que Manuel Belgrano a inventé le drapeau argentin en 1812.

A Mendoza et en Terre de Feu, les élections se sont tenues hier. Aucune surprise puisque les résultats correspondent à ceux des PASO (les élections primaires obligatoires) : à Mendoza, c'est le candidat UCR, allié à de nombreuses autres formations d'opposition, qui a emporté avec plus de 46% des voix contre la majorité kirchneriste sortante et à Ushuaia, c'est la candidate FpV qui arrive en tête avec 42% des voix, contre un candidat d'une formation provinciale. En Terre de Feu, il y aura un second tour la semaine prochaine. Rappelons qu'en Argentine, même au niveau national, l'élection du chef de l'Etat est acquise à 46% des voix dès le premier tour.

Ainsi, on a deux provinces passées aujourd'hui à l'opposition actuelle, probablement socialiste dans un cas (étant entendu qu'on attend encore un arbitrage), nettement à droite dans l'autre (UCR-PRO et diverses formations qui se réclament de la gauche mais très minoritaires à tous niveaux, comme le GEN). Dans un cas comme dans l'autre, ces deux provinces votent selon une longue tradition locale : Sante Fe est socialiste depuis longtemps, Mendoza est radicale, malgré une parenthèse de huit ans avec l'actuel gouverneur Paco Pérez (FpV).

Reste à savoir si, avec ses 132 000 électeurs, Terre de Feu se maintiendra dans le giron de l'actuelle majorité. Il y a quatre ans, la même candidate était arrivée en tête au premier tour, à tel point qu'elle avait été donnée quasi-élue. Et puis au second tour, patatras ! La majorité avait basculé. Il faudra donc attendre.

Les journaux nationaux commentent ces résultats dans leurs éditions du jour. Vous pouvez les consulter à partir des liens permanents présents dans la rubrique Actu de la partie basse de la Colonne de droite.

Ajout du 29 juin 2015 :
La sénatrice FpV a finalement remporté cette fois-ci l'élection provinciale. C'est la première fois que Tierra del Fuego se dote d'une Gouverneure.
Lire à propos de ces résultats l'article de Pagina/12 de ce matin.