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mardi 4 novembre 2014

Hommage à Edmundo Rivero à la Academia vendredi [à l'affiche]

Dans le cadre des soirées payantes du vendredi, ce 7 novembre 2014, à 20h, la Academia Nacional del Tango accueillera un grand hommage au chanteur et compositeur Edmundo Rivero, dit El Feo (le moche).

Entrée : 80 $ (peso argentin), avec une visite du Museo Mundial del Tango.

Participeront le fils de Rivero (qui tente de faire carrière lui aussi dans le chant) (1), Néstor Fabián, les chanteurs María José Mentana, Carlos Rossi, Lucrecia Merico, le Tony Gallo Trío et Oscar del Priore en Monsieur Loyal, entre autres artistes.

Deux couples de danseurs interviendront également.


Bref, une soirée complète comme la Academia en a le secret.
Avendia de Mayo 833, 1er étage.


Edmundo Rivero, avec l'orchestre de Horacio Salgán à la télévision
Ils interprètent Trenzas (2)


(1) Comme Franck Fernandel a lui aussi voulut se lancer derrière la caméra avant d'arrêter assez vite. Il faut un talent très largement supérieur à la normale pour survivre à la stature du père dans ce cas-là. Tout le monde n'est pas Claude Brasseur ou Sacha Guitry !
(2) Trenzas fait partie du corpus de textes que j'ai traduits dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j'ai publié en mai 2010 aux Editions du Jasmin.

lundi 3 juin 2013

¡Feliz cumpleaños, Maestro! [Troesmas]


Hier, dimanche 2 juin 2013, le Maestro Horacio Ferrer, notre cher Président de la Academia Nacional del Tango, le poète fou des Ballades et autres Chiquilín de Bachín, "El Duende" comme l'avait surnommé son ami et complice Astor Piazzolla, lui qui a su chanter la Buenos Aires du renouveau tanguero, à partir de 1968, fêtait ses quatre-vingts apriles, comme disent les Argentins (1).

Depuis la France, c'est une grande joie pour moi de participer, même de loin et en pensée, aux réjouissances de ce soir à la Academia Nacional del Tango, avenida de Mayo 833, au premier étage, dans les locaux du Museo Mundial del Tango, où sera inaugurée une exposition De Lulú à Horacio, pour ses quatre fois vingt ans, en douze affiches de la main de l'artiste peintre Lulú Michelli, sa femme, qui repasse douze de ses plus beaux poèmes et letras de tango :
Balada para un loco (2), Chiquilín de Bachín (2), Mi loco bandoneón, Balada para mi muerte, Preludio para el año 3001 (3), La bicicleta blanca (4), Lulú (2), Fábula para Gardel (3), El Gordo triste (2), La última grela, María de Buenos Aires (5), Soy un circo.

Le Plenario de ce soir, lundi 3 juin 2013, première réunion publique du mois de juin, sera entièrement consacré à cette belle fête, qui commence, comme tous les Plenarios, à 19h30.

Tango rituel : Poema a los zapatos de Lucía (6), dit par Horacio Ferrer accompagné au piano par Juan Trepiana (extrait du disque Flor de tangos y poemas).

Participeront à l'hommage les chanteurs Carlos Rossi, Carlos Varela et Hernán Genovese, le poète Héctor Negro, le tangologue (et notaire de son état) Natalio Etchegarray, le fondateur-directeur du Festival Internacional de Tango de Granada (Espagne), l'Argentin Tato Rebora et beaucoup d'autres, dont des représentants de la Academia Porteña del Lunfardo, dont Horacio Ferrer est un membre éminent...

Au cours de ce Plenario, notre Président recevra une récompense de la Legislatura Porteña des mains du député Oscar Moscariello...

¡Feliz cumpleaños, muy querido Maestro ! y ¡viva el Tango!

Horacio Ferrer et Raúl Garello, au Sommet mondial du Tango de Bariloche en 2010,
interprétant ensemble El Gordo Triste, en mémoire de leur maître commun, Aníbal Troilo.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Clarín (édition d'hier) avec une riche interview que je me promets de vous traduire au cours de cette belle semaine printanière (je parle pour la façade atlantique orientale, qu'un soleil timide sort enfin de son long hiver)
visitez la page Facebook de l'artiste (il a même un compte Twitter, notre octogénaire préféré)
Et puis on ne va pas se quitter comme ça... Ecoutons-le en personne récitant Existir (7), son grand poème sur les mille et un secrets, petits et grands, de la vie humaine, tandis que les Copes père et fille nous le commentent en dansant !



(1) april = avril. En fait quand on les compte, mieux vaut, en français, traduire par printemps. Seul souci : Horacio Ferrer est né au début de l'hiver, le 2 juin 1933, à Montevideo. Ce n'est pas grave : accordons-lui aujourd'hui 80 printemps, El Duende les mérite amplement !
(2) Balada para un loco, Chiquilín de Bachín, Lulú, El Gordo Triste appartiennent à Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, où je les présente en version bilingue traduits par mes soins respectivement en pages 316, 156, 258 et 302 (Editions du Jasmin, mai 2010)
(3) Preludio para el año 3001 et Fábula para Gardel sont dans Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, là encore en version bilingue dans une traduction personnelle, en pages 70 et 72, Tarabuste Editions, janvier 2011 (cette anthologie de dix poètes contemporains forme le numéro spécial 2010 de la revue Triages).
(4) La Bicicleta blanca s'est vue traduite dans ce blog, un Vendredi Saint (allez savoir pourquoi !), le 2 avril 2010.
(5) María de Buenos Aires, l'air le plus célèbre de l'opéra-tango homonyme qui révéla la chanteuse Amelita Baltar en 1968 et reste l'œuvre musicale de scène argentine la plus jouée au monde, a été intégré dans le tout premier hommage bilingue que j'ai publié autour de l'œuvre du poète : Le Lutin de Montevideo à Buenos Aires, constituant le cahier central du °20 de la revue Triages, Tarabuste Editions, juin 2008 (pour ses 75 ans).
(6) Ce très joli tango, qui date pour le texte du 5 août 1982, rend hommage à l'amour de toute une vie, Lulú Michelli, quelques semaines après leur rencontre au Café La Poesía (comme il le raconte lui-même avec des vers exceptionnellement simples dans Lulú). J'ai traduit ce poème dans Le Lutin de Montevideo à Buenos Aires, comme cadeau d'anniversaire en juin 2008 (ouvrage déjà cité, chez Tarabuste Editions).
(7) Existir fait partie du petit cahier hommage que j'ai publié en juin 2008, dans la revue Triages n° 20 déjà citée (Tarabuste Editions).

dimanche 31 juillet 2011

Un poète triste sur le divan : le plenario de demain à la Academia Nacional del Tango [à l'affiche]


Demain, lundi 1er août 2011, la Academia Nacional del Tango consacrera sa première séance du mois à un livre sur Enrique Santos Discépolo, Enrique Santos Discépolo o que se puede hacer con la Tristeza, de la psychanalyste Alicia Antonia Crosa.

Ce sera à 19h30, au Salón de los Angelito Horacio Ferrer, au premier étage (833 avenue de Mai), avec entrée libre et gratuite comme d'habitude.

Le tango rituel de la soirée sera Uno, de Enrique Santos Discépolo (texte) et Mariano Mores (musique), chanté par Susana Rinaldi.

L'espace artistique sera occupé par le chanteur Carlos Rossi.

Alicia Crosa est de La Plata. Elle a publié ce livre, aux Editions (editorial) de los Cuatro Vientos, à l'occasion du 110ème anniversaire de la naissance du poète, qui fut aussi un compositeur, un comédien, un acteur et un réalisateur de cinéma (1901-1951). Il devait mourir de dépression, à la veille de la Noël 1951, il y a 60 ans, après avoir été très durement attaqué par ses amis anarchistes pour ses prises de position en faveur de Perón, que les anarchistes haïssaient à peu près autant que les membres de l'oligarchie...

"A través del recorrido biográfico y del análisis de su vasta producción artística, trazo el perfil psicológico de este indiscutible filósofo popular argentino, autor de los tangos "Cambalache", "Uno" y "Martirio" entre tantos otros por igual colosales. Conductas humanas reprobables como la traición, el engaño, el abandono, la crueldad, el desamor, el abuso y la violencia, son analizadas a propósito de la difícil vida de Discépolo”
Alicia Antonia Crosa

A travers le parcours biographique et l'analyse de sa vaste production artistique, je retrace le profil psychologique de cet indiscutable philosophe populaire argentin, auteur des tangos Cambalache (1), Uno et Martirio, entre autres tout aussi colossaux. Des conduites humaines répréhensibles comme la trahison, la tromperie, l'abandon, la cruauté, le désamour, l'agression et la violence sont analysées à propos de la vie difficile de Discépolo.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Ce très grand poète a eu plusieurs biographies parmi lesquelles il faut citer celle écrite par Horacio Ferrer et Luis Adolfo Sierra, Discepolín, Poeta del hombre que está solo y espera, aux Editions Sudamericana, Buenos Aires 2004, et Discépolo y su época, par Norberto Galasso, Editions Corregidor, Buenos Aires 2004.

Pour aller plus loin :
connectez-vous au blog de Alicia Antonia Crosa.

(1) Cambalache fait partie du corpus que j'ai présenté en version bilingue dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, Editions du Jasmin, mai 2010, p 144.

samedi 19 décembre 2009

Dernier Plenario 2009 à la Academia Nacional del Tango [à l'affiche]

Pour peu que vous soyez un lecteur passablement fidèle de ce blog, vous connaissez déjà bien cette manifestation qui se tient fort ponctuellement tous les 1ers et 3èmes lundis de chaque mois, sauf en janvier et février qui sont les mois des grandes vacances d'été.

Cette année pour la première fois, ce Plenario sera consacré à présenter le travail des élèves de l'Atelier d'écriture Homero Expósito, qu'animent conjointement Alejandro Szwarcman et Alejandro Martino, et dont je vous ai parlé l'année dernière à la même époque, lorsque se sont ouvertes les inscriptions pour le 1er quadrimestre 2009 (l'année scolaire argentine est répartie en 2 quadrimestres et non en 3 trimestres comme chez nous).
En l'occurrence, et c'est bien logique, le tango rituel sera... Mi noche triste, de Pascual Contursi et Samuel Castriota chanté par Carlos Gardel (1), dont il existe deux enregistrements, l'un datant de 1917 et l'autre des années 30 et les deux versions sont stylistiquement très différentes (ce qui montre à la fois l'évolution du genre et l'évolution du chanteur).

La conférence sera donnée par Horacio Ferrer, président de la Academia, qui parlera des premiers tangos des grands poètes du genre (Los primeros tangos de los grandes letristas del género). En ce qui le concerne, on hésite entre Yo soy María, le grand air de María de Buenos Aires (écrite en 1967) ou Chiquilín de Bachín (écrit en 1968), qui est une valse. Balada para un loco, qui est un tango, date de décembre 1969 (comme le savent tous ceux qui ont lu les divers articles que je viens de consacrer à ce morceaux à l'occasion des 40 ans de sa création au Luna Park).

Et pour une poigné d'autres très grands poètes, je vous propose, de mon propre chef, quelques noms et titres (ceux d'entre vous qui assisteront au Plenario pourront me dire si c'est ça ou non....)

Pour Celedonio Esteban Flores : Por la pinta, que le poète dut rebaptiser Margot à la demande de Carlos Gardel, qui avait lu ce poème dans les colonnes de Crítica (un quotidien disparu dans les années 50), Crítica qu'il lisait pour la qualité de ses pronostics hippiques.

Enrique Cadícamo : Pompas de jabón que mit en musique le pianiste et compositeur Roberto Goyheneche (l'oncle de l'autre, le chanteur Roberto Goyeneche), à quelques mois de sa mort prématurée d'une tuberculose pulmonaire (en 1924).
Homero Manzi : Viejo ciego, que mirent en musique à sa demande ses amis Sebastián Piana et Cátulo Castillo.
Alfredo Le Pera : Carillón de la Merced, écrit en urgence avec Enrique Santos Discépolo et qui sauva in extremis la revue de la chanteuse Tania (la compagne de Discépolo) dans un théâtre de Santiago del Chile en 1932.

Enrique Santos Discépolo : Que vachaché. Malgré l'interprétation de la grande Tita Merello, ce fut un four retentissant qui affecta beaucoup l'auteur-compositeur et comédien encore tout jeune.
Homero Expósito : Maquillaje, que mit en musique son petit frère, Virgilio Expósito, début d'une longue et fructueuse collaboration entre les deux frères...

Le traditionnel espace artistique sera consacré aux créations des oeuvres des élèves de la promotion sortante. Elles ont été mises en musique par Edgardo Acuña. Ces tangos, milongas et valses seront interprétés par un trio de chanteurs, accompagnés à la guitare par Edgardo Acuña : Carlos Rossi, Jorge Guillermo et Patricia Martínez.

Ce dernier Plenario de l'année aura lieu le 21 décembre, à 19h30, comme toujours, au premier étage du siège de la Academia (Mayo, 833). Et l'entrée est libre et gratuite comme toujours.

Après quoi, la Academia Nacional del Tango ferme ses portes pour deux bons mois.
Reprise des opérations en mars, avec la rentrée scolaire.
D'ici là, passez de bonnes fêtes...
(1) Mi noche triste est en effet considéré comme le tout premier tango à texte de l'histoire du tango. Il a été chanté (très peu de temps) par Pascual Contursi lui-même, qui s'est empressé d'aller le présenter à Gardel pour que Gardel le prenne à son répertoire et que ce changement d'interprète le libère de la fureur de Samuel Castriota, qui ne supportait qu'on ait osé mettre des paroles sur sa partition instrumentale de Lita. Carlos Gardel était alors un chanteur de folklore pampero et il se produisait tous les soirs au restaurant de Palermo, el Armenonville, avec un immense succès. Il ne chantait pas encore, et pour cause, du tango : à chanter, il n'y avait que des trucs de corps de garde ou de rengaines assez creuses...

vendredi 2 octobre 2009

Lundi, un Plenario pour José Basso [à l’affiche]

Lundi 5 octobre, à 19h30, au premier étage de la Academia Nacional del Tango (entrée par Rivadavia 830 ou par Avenida de Mayo 833), le Plenario (entrée libre et gratuite) du 1er lundi du mois sera consacré à un hommage au pianiste, chef d’orchestre et compositeur José Basso (1919-1993).

De son style, Horacio Ferrer dit qu’il se caractérisait par la brillance sonore, la succession de solos enchaînés les uns aux autres et par-dessus tout les passages où tout l’orchestre et le piano jouaient ensemble avec un rythme bien particulier reconnaissable à ces ralentis invariables, le tout donnant à ses interprétations (versiones) un peu schématique.
Pour Luis Aldolfo Sierra, autre tangologue de prestige, ce qui comptait chez José Basso, c’était l’équilibre qu’il avait su préserver entre des formes dansantes et les subtilités esthétiques des orchestres modernes. Lui aussi accorde à Basso cette brillance sonore reconnaissable entre toutes...

Comme vous le savez, un Plenario de la Academia Nacional del Tango ne serait pas un plenario digne de ce nom sans un tango rituel (Tango Ritual, avec des majuscules, s’il vous plaît !). Lundi soir, on écoutera donc Ahí vá el dulce, composé par Juan Canaro et Osvaldo Sosa Cordero, dans la version enregistrée par José Basso et son orchestre.

L’espace artistique sera animé par le chanteur Carlos Rossi, qui fut l’un des chanteurs de l’orchestre de Basso.

La conférence sera donnée par Oscar del Priore.
Pour écouter José Basso et Carlos Rossi en même temps, cliquez sur le lien vers Cuando tú no llegas (quand toi, tu n'arrives pas), un enregistrement de 1966, grâce à Todo Tango, comme toujours...

mercredi 24 juin 2009

Patricia Barone et Carlos Rossi invités de la Orquesta Juan de Dios Filiberto au Cervantes [à l'affiche]

Orquesta Nacional Juan de Dios Filiberto


La chanteuse Patricia Barone et le chanteur Carlos Rossi seront ce soir, mercredi 24 juin à 20h30, les invités d'un grand concert gratuit que donne la Orquesta Nacional Juan de Dios Filiberto au Teatro Cervantes, un des théâtres les plus prestigieux de la capitale argentine.

Il se situe sur l'avenida Córdoba, au numéro 1155, tout près de Plaza Lavalle et donc du teatro Colón dont il abrite une partie de la saison (le Colón est en travaux depuis 3 ans jusqu'à sa réouverture en 2010 pour le Bicentenaire de la déclaration d'indépendance du pays). Le théâtre se situe à la limite entre Recoleta et Balvanera.

L'orchestre sera placée comme d'habitude sous la direction de Oscar de Elía.
Patricia Barone est une artiste assez souvent citée dans ces colonnes. Elle a donc un raccourci à son nom dans la rubrique Vecinos del Barrio (à droite de votre écran).
Carlos Rossi est plus rare. Mais vous pouvez aussi accéder à l'ensemble des articles qui lui sont consacrés par le mot-clé que vous trouverez dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.
Il en va de même de la Orquesta Nacional Juan de Dios Filiberto, dont cet article est le second qui lui est consacré sur ce site qui s'attache à vous donner en français les nouvelles du tango argentin en Argentine et en Uruguay.

mardi 17 mars 2009

Carlos Rossi ce jeudi au Tortoni et sur ADN Tango [à l’affiche]

Le chanteur et letrista (1) de tango Carlos Rossi sera ce jeudi 19 mars, à 19h (heure de Buenos Aires, laquelle vient de passer à l’horaire d’hiver), au micro de Claudio Tagini, dans l’émission (el programa) ADN Tango, sur le site de Radio Sentidos.

S’écoute en direct ou en différé, en streaming, pendant toute une semaine, 24h sur 24.

* ~ * ~ * ~ * ~ *

Carlos Rossi est né en 1943, dans le sud de Buenos Aires, dans le quartier de Nueva Pompeya, celui qu’ont célébré Homero Manzi et Aníbal Troilo dans Sur et dans Barrio de Tango, en 1948. C’est donc un artiste d’expérience et qui a tout pour être validement enraciné dans une tradition tanguera on ne peut plus orthodoxe. Au début de sa carrière, dans les années 60, il a chanté dans l’orchestre de José Basso, une figure musicale dans ces années-là qui sont moins connues par chez nous que celles qui avaient précédé, les années 30 et 40. Aujourd’hui, Carlos Rossi est un chanteur soliste.
En ce mois de mars, il se produit tous les vendredis et tous les samedis au Gran Café Tortoni, dans la salle Alfonsina Storni (rez-de-chaussée, au fond), à 20h30, avec une chanteuse de quelques années (!) sa cadette, Virginia Verónica (né en 1970). L’entrée est fixée à 60 $ le vendredi comme le samedi.
C’est cher, c’est cher, s’écrient mes lecteurs fidèles, habitués à une échelle de prix bien différentes. Vous êtes drôles, vous ! C’est qu’on est au Tortoni, tout de même. Tout est plus cher au Tortoni, même la tasse de café. Mais vous avez le décor, l’ambiance, les garçons en grande tenue, à la parisienne, les souvenirs historiques, la réalité culturelle d’aujourd’hui, vous tutoyez Jorge Luis Borges et Héctor Negro, sans parler de Quinquela Martín ou de Gardel en personne... Il faut attendre pour entrer, même en hiver quand ce n’est pas la saison touristique. Il y a un maître d’hôtel pour régler les entrées et les sorties, jusque sur le trottoir. Au-dessus, vous avez le Palacio Carlos Gardel, siège de la Academia Nacional del Tango. Le Café Tortoni, fondé en 1858 et aujourd’hui installé Avenida de Mayo n° 829, c’est l’un des lieux les plus prestigieux de tout Buenos Aires.

Le show du vendredi s’appelle Sol y Tango 2009, celui du samedi s’appelle Contango Historias (2). Ensemble, les deux chanteurs participent aussi à un spectacle conçu par Virginia Verónica, Terapía Tango (présenté comme un remède à la vie folle et déprimante d’aujourd’hui, mais qui n’a de thérapie que le nom. Un spectacle de tango, excellent à ce qu’il paraît. Todo Tango lui-même y fait référence dans son article sur cette chanteuse de la Guardia Jóven, une catégorie propre au site). Tous les deux sont enfin également co-auteurs de quelques tangos, publiés là aussi sur le site encyclopédique qu’est Todo Tango (voir le lien avec Todo Tango dans la rubrique Les Institutions dans la Colonne de droite, partie basse).

Carlos Rossi est aussi un chanteur connu pour ses prestations dans les médias audio-visuels. Il fait partie de l’équipe (el elenco) de La Noche con Amigos de Lionel Godoy tous les soirs de semaine, sur La 2x4, de Grandes Valores del Tango, l’émission dont fit aussi partie José María Mentana (récente invitée de Claudio Tagini). Enfin, il se produit sur le plateau de la chaîne payante Sólo Tango, sur laquelle travaille aussi Nolo Correa, autre récent invité de ADN Tango.

Carlos Rossi a fait un long séjour sur la scène de Taconeando, la tanguería fondée par la chanteuse et danseuse de tango Beba Bidart (aujourd’hui, La vereda de Beba, pour rappeler a mémoire de la fondatrice). Il s’est aussi produit un temps sur la scène de la tanguería voisine, à seulement une centaine de mètres de là, dans ce même coin ultra-pittoresque et authentique de Buenos Aires, presque à cheval entre San Telmo et Monserrat, El Viejo Almacén (fondé par Edmundo Rivero et passé, lui aussi, en d’autres mains désormais).

En 2003, Carlos Rossi a sorti un disque (qui n’est hélas plus disponible aujourd’hui sur Tangostore, la boutique en ligne de Zivals, mais il pourrait y revenir prochainement) : Socios de un sueño (associés d’un songe).

A ce disque ont participé en artistes invités des pointures comme Raúl Garello, Oscar Barrios, José Colángelo, Saúl Consentino, Carlos Morel et Juan Carlos Zunini, parmi d’autres. Rossi y interprète des pièces qui ne sont pas souvent enregistrées, notamment Lulú, une valse écrite d’une plume exceptionnellement simple par Horacio Ferrer, un beau poème passionnément amoureux et subtilement érotique dédié à sa femme, l’artiste peintre Lulú Michelli, et dont la musique est signée Raúl Garello (Lulú avait été créé et enregistré en 1992 par Raúl Garello et le chanteur uruguayen, décédé depuis hélas, Gustavo Nocetti, ami personnel et intime du poète). Egalement deux morceaux de Saúl Consentino, dont l’un écrit par la chanteuse guitariste compositrice et poète Eladia Blázquez (Sin tu mitad). Carlos Rossi est lui-même l’auteur de huit morceaux (temas) dont le second signé sur ce disque par Saúl Consentino, Tiempo de Nadie (temps de personne), et...

Vous savez garder un secret ?
Sûr ?

Bon. OK. OK, je vous le dis mais c’est entre nous, hein ? On est bien d’accord ? Vous le répétez pas ! Sur la liste de pistes composant Socios de un Sueño, on trouve un tango écrit par Claudio Tagini (musique d’Oscar Barrios). Si ! Al filo del otoño (au fil de l’automne). Bon ADN ne saurait mentir (3), Claudio est le fils d’un chanteur et letrista, qui a signé 7 tangos enregistrés par Carlos Gardel ! Ceci dit, je me répète, je l’avais déjà raconté dans un autre article, le premier consacré dans ce blog à cette émission de radio par Internet, en janvier dernier.

Chose bizarre, Carlos Rossi est aussi attendu à côté de Córdoba, le 27 mars, un vendredi, pour une émission en direct sur la radio de Bell Ville, et Bell Ville ce n’est pas tout près de Buenos Aires. Donc ou il y va en super-sonique, ou il ne chantera pas ce soir-là au Tortoni, ou il y a une gourrance (4) sur le programme du Tortoni ou dans l’article de Diario Marca, le journal de Bell Ville. Vous pouvez toujours aller lire l’article, il vous donne l’adresse du site de la radio où vous pourrez écouter l’émission en direct...

Sinon, ADN Tango figure dans les sites de la rubrique Ecouter, en partie basse de la Colonne de droite. Vous trouvez le lien aussi dans les autres articles que j’ai consacrés à cette émission (en cliquant sur le nom de Claudio Tagini, là-haut, entre le titre et l’article). Et si vous ne voulez pas attendre jeudi soir à 19h (là-bas, maintenant, 19h, ça nous fait minuit ici et à partir du 29 mars, ça nous donnera du 1 h du matin !), vous pouvez aller sur Todo Tango l’écouter chanter en 1966 avec l’orchestre de José Basso Mientras tú no llegas de Manuel Sucher et Carlos Bahr (tandis que tu n’arrives pas) ou en 1999 Musa de neón de Saúl Cosentino et María del Mar Estrella.

Et puisqu’on y est, parlons aussi de la partenaire, Virginia Verónica, dont Todo Tango nous offre la version de Cada día te extraño más (chaque jour, tu me manques un peu plus), enregistrée en 2001 (écoutez cette voix, ça vaut vraiment le coup). Vous pouvez aussi l'entendre dans le podcast 119 de Tango City Tour (lien dans la Colonne de droite, dans la rubrique Ecouter).

Et puis comme on parle de ADN Tango et qu’on ne fait rien sans Gardel dans ADN Tango (avec un titre et une histoire pareils, comment pourrait-il en être autrement ?), voilà le début d’une letra de Carlos Rossi et Virginia Verónica (musique de Saúl Cosentino).

Te canto desde mi canto, Gardel que estás en los cielos.
Te canto desde el desvelo de mis sueños de cantor.
Y para cantarte en serio, cuento con la bendición
que desde el fondo del tiempo puso en mi garganta Dios.
Y con la vida mis ganas de honrarte desde mi voz.
(Carlos Rossi et Virginia Verónica, 2004)

Je chante pour toi depuis ma musique, Gardel qui es aux Cieux.
Je chante pour toi depuis l’éveil de mes rêves de chanteur.
Et pour vraiment chanter pour toi, je compte sur la bénédiction
Que depuis le fond des temps Dieu a mis en mon gosier.
Et c’est ma vie que mon envie de te rendre hommage avec ma voix...
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Ce tango s’intitule tout simplement Gardel que estás en los cielos (formule empruntée à une traduction hispanophone du Pater, le Notre Père. Quand je vous disais que Gardel était plus qu’un chanteur, que c’était un mythe).

(1) letrista : parolier. Mais je n’aime guère cette traduction (même s’il n’y en a guère d’autre) : en tango, les textes vont bien plus loin que les paroles des chansons telles qu’on les conçoit, telles qu’on les écrit en Europe. A moins de faire du répertoire d’un Georges Brassens ou d’un Jacques Brel la norme or la richesse littéraire de ces textes sont des exceptions dans le genre qu’est la chanson ici.
(2) Contango Historias est une espèce de jeu de mot. Cela sonne comme "contando historias" ("en racontant des histoires", au sens des récits et non des mensonges, comme en français oral).
(3) El turno idiomático es "bon sang ne saurait mentir" (la sangre buena no sabe mentir, es decir que los hijos salen como sus padres)
(4) "gourrance" : error en argot parisino.