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mercredi 24 juin 2020

Une plateforme cinématographique argentine salue la mémoire de Carlos Gardel [à l’affiche]


Aujourd’hui, pour vingt-quatre heures et en hommage à Carlos Gardel, qui quittait cette vie il y a 85 ans, le 24 juin 1935, une nouvelle plateforme cinématographique argentine, Gente de Cine, bâtie pour servir le cinéma en ces temps extrêmement difficiles d’épidémie et de confinement prolongé (au-delà de l’imaginable), met à disposition des internautes deux films de 1934 et 1935 en version restaurée : Tango en Broadway et Tango Bar, tous deux tournés à New York dans la dernière année de vie du Zorzal Criollo.

Carlos Gardel dansant avec Rosita Moreno dans Tango Bar
On le sait peu mais il était aussi bon danseur de tango que chanteur du même genre musical
Il dansait estilo canyengue (à la mode des faubourgs)

Tango Bar est sorti sur les écrans après sa mort accidentel sur la piste de l’aérodrome de Medellín, en Colombie, lequel, désaffecté à présent, accueille désormais un musée mémorial consacré au grand artiste argentin.


Gente de Cine est issu d’un partenariat entre la Cinémathèque argentine et une fondation privée, la Fundación Gotica.

Pour en savoir plus :

dimanche 25 juin 2017

Hommage à Carlos Gardel par Rep [Troesmas]

Hier, 24 juin 2017, c'était le soixante-douzième anniversaire de la disparition de Carlos Gardel, ou plutôt comme aiment dire les Argentins de leurs grands personnages, de son passage à l'immortalité. C'est donc une date qui est marquée, de manière festive, par les amateurs de tango et les admirateurs (ils sont très nombreux) du grand artiste, né à Toulouse le 11 décembre 1890 (c'est attesté dans les archives départementales de l'état-civil français) (1) et décédé accidentellement à Medellín, en Colombie, le 24 juin 1935. A Medellín qui vient de célébrer ce souvenir lors de la onzième édition du festival de tango de la ville.

Miguel Rep a donc publié ce matin, dans Página/12, une petite bande dessinée où l'on reconnaît Carlitos, le Zorzal Criollo, à son immense sourire.


Carlitos. Carlos Gardel vient au monde.
Et on se le dispute entre Toulouse, en France
Tacuarembó, en Uruguay
et le quartier de l'Abasto, à Buenos Aires (2)
Carlitos est mort. Carlos Gardel est mort
à Medellín, en Colombie.
Cela, personne ne se le dispute, ni Toulouse, ni Tacuarembó, ni l'Abasto. En revanche, le paradis et le purgatoire, si ! L'enfer, jamais !
(Traduction © Denise Anne Clavilier)



(1) Cela n'empêche nullement l'Uruguay de réclamer l'artiste en affirmant qu'il est né à Tacuarembó, dans le nord du pays, à une autre date, comme cela apparaissait dans les papiers d'identité que l'on a retrouvés sur le corps de Gardel lorsqu'on l'a retiré des décombres de son avion incendié. En fait, on a appris quelques mois plus tard que, depuis 1924, Carlos Gardel voyageait avec de vrais-faux papiers, qui lui avaient été délivrés en Argentine pour le protéger des autorités françaises, puisqu'il risquait la prison pour désertion (il n'avait pas répondu à la mobilisation générale d'août 1914, dans laquelle il aurait d'ailleurs été reformé à cause de l'obésité dont il souffrait lorsqu'il avait une vingtaine d'années).
(2) Personne ne revendique ce quartier comme lieu de la naissance de Gardel. En revanche, c'est là qu'il a passé toute son enfance depuis l'installation de sa mère en Argentine en 1893.

mercredi 19 juin 2013

Le 78e anniversaire de la mort de Gardel lundi [à l'affiche]


Ce lundi 24 juin 2013, on commémorera en Argentine et à Medellín en Colombie le 78ème anniversaire de la mort de Carlos Gardel (1890-1935). Pour l'occasion, l'après-midi musicale du lundi intitulée traditionnellement Mis tardes con Gardel commencera à 17h, au lieu de 18h habituellement, au Museo Casa Carlos Gardel, Jean Jaurés 735.

Au programme, une pléiade de chanteurs et de musiciens : les chanteurs Lulú, Esteban Riera et Jesús Hidalgo, les guitaristes Moscato Luna, Pablo Alessia, Joaquin Althave, Aníbal Corniglio, Nazareno Altamirano, et des danseurs qui interviendront à différents moments de cette grande fête de la musique.

Entrée libre et gratuite, dans la limite des places disponibles dans le patio (abrité) du Musée qui fut un jour la maison de Gardel et qui fera partie du programme-découverte de Buenos Aires que je vous propose avec l'agence Human Trip.

Carlos Gardel interprétant Por una cabeza (musique Gardel, paroles Le Pera) dans l'un des quatre films qu'il tourna à New-York dans les douze derniers mois de sa vie (1). L'extrait de film a été colorisé (dommage..)

(1) Por una cabeza est inclus dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j'ai publié aux Editions du Jasmin, en mai 2010.

vendredi 24 juin 2011

Hommage à Carlos Gardel chez lui en ce 76ème anniversaire de sa disparition [à l'affiche]


C'est une belle affiche que propose gratuitement toute l'après-midi aujourd'hui, 24 juin 2011, depuis 13h, le Museo Casa Carlos Gardel, rue Jean Jaures 735, dans le quartier de l'Abasto.

Jugez-en plutôt :

13h, 14h et 15h : Guitarras Saavedrinas (15 minutes)
16h : Cordal Trío (15 minutes)
17h : Cordal Trío et l'auteur-compositeur-interprète Carlos María Seta (15 minutes)
18h : Cordal Trío (15 minutos)
19h : le chanteur Esteban Riera accompagné par le Trío Nazareno Altamirano (guitares)
19h45 : la chanteuse Lulú (dont le programme n'indique pas qui l'accompagnera)
20h30 : le folkloriste Juan Alberto Peinado et le dúo Cesar Angeleri (guitare) y Pablo Mainetti (bandonéon)

mardi 14 juin 2011

Exposition Gardel en los libros del mundo au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]


C'est une impressionnante exposition sur Carlos Gardel qui sera inaugurée jeudi 16 juin 2011 à 18h30 au Museo Casa Carlos Gardel, Jean Jaurés 735, dans le cadre des opérations Buenos Aires Capital Mundial del Libro : une collection de 365 livres sur le chanteur et compositeur à qui le monde doit l'existence du tango-canción (tango à texte, en français), des ouvrages édités en Argentine ou à l'étranger et qui appartiennent à des genres variés, tels que travaux historiques, romans, bandes dessinées, contes, recueils de chansons, le tout depuis 1935, date de la mort de l'artiste, jusqu'à aujourd'hui.


L'exposition est l'oeuvre de Ana Turón, l'une des meilleures spécialistes de Carlos Gardel. Le Musée a aussi pu compter sur l'aide de José Campoy Fernández, qui a publié l'année dernière un impressionnant catalogue de tous les timbres sortis dans le monde entier pour rendre hommage à Carlitos (voir mon article du 26 septembre 2010 à ce sujet).

L'exposition pourra se visiter jusqu'au 7 août 2011, du mercredi au lundi, de 11h à 18h. L'entrée au musée est de 1 $, sauf le mercredi où elle est gratuite.

La photo qui illustre le communiqué de presse du Musée, tout en haut, fait partie de ces toutes dernières photos qu'on a de Gardel, un Gardel au naturel, les traits fatigués par la longueur de sa tournée mondiale et les très nombreux déplacements qu'il vient de cumuler dans une grande partie de l'Amérique centrale et du nord de l'Amérique du Sud. Elle a été prise quelques minutes avant l'accident dans lequel il allait laisser la vie, comme 17 autres personnes, dont Alfredo Le Pera, à l'aérodrome de Techo, désormais désaffecté et transformé en musée à la gloire de l'artiste argentin, à Bogotá, en Colombie. Elle date donc du 24 juin 1935.

Le mois de juin en Argentine comme en Uruguay est le mois de Gardel par excellence. En Argentine, la fête nationale du tango a été fixée au 11 décembre, pour saluer le jour de sa naissance et celle de Francisco de Caro, quelques années plus tard.

jeudi 24 juin 2010

Edition du timbre commémoratif du 75ème anniversaire de la mort de Gardel illustré par Luis Alposta [Actu]

C'est le poète (et dessinateur) Luis Alposta qui a signé le portrait très sobre de Carlos Gardel que les vieux lecteurs de Barrio de Tango (ce blog) connaissent bien (il illustre ses voeux de bonne année tous les ans) et que les récents lecteurs de Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins (ed. du Jasmin) ont découvert à la page 98, depuis le 3 mai 2010 : une dizaine de traits et Carlos Gardel est là, devant nous.

Le timbre est déjà en vente à Buenos Aires, au bureau de poste de la rue Perón au numéro 300, dans le quartier de Monserrat, aujourd'hui 24 juin 2010, jusqu'à 18h.

Demain, il sera disponible dans tous les bureaux de poste de la ville...

On écoute ici, grâce au site argentin Todo Tango, la voix d'or, déclarée patrimoine de l'humanité, chantant Tiempos Viejos (1), qui a donné son nom au siège que Luis Alposta occupe à la Academia Nacional del Tango depuis 2000...

(1) p 128, dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, ed. du Jasmin, mai 2010. C'est Luis Alposta qui m'a fait l'amitié et l'honneur de rédiger la postface de l'ouvrage, qui y figure en version bilingue espagnol-français.

Hommage de La Nación à Carlos Gardel [Troesma]

Le quotidien libéral et culturel La Nación rend hommage ce matin à Carlos Gardel, dont on célèbre aujourd’hui les 75 ans de la disparition accidentelle et atroce.

En plus de l'article, assez classique, le site du journal met à disposition du public un dossier multimédia en trois volets, Notas, qui présente deux promenades à travers la carrière de Gardel et les lieux qu'il a marqués, où il a vécu, Videos, avec deux interviews dont celle d'un expert aéronautique qui a refait, il y a de nombreuses années, une enquête sur l'accident qui coûta la vie à Gardel et à tous ceux qui l'accompagnaient (c'est lui qui a porté le coup de grâce à la légende de l'attentat et a donné raison au tout premier rapport qui accuse un vent trop fort et habituel sur cet aéroport, aujourd'hui fermé, le surpoids de l'avion et l'inexpérience du pilote) et une chronologie de sa courte carrière (un quart de siècle à peine).

Le quotidien n’a pas trouvé meilleur témoin que Cacho Castaña, un auteur-compositeur interprète de variété, qui a signé deux trucs pas trop mauvais, Café La Humedad et Garganta con arena (un hommage à Roberto Goyeneche, le chanteur, auquel il se compare volontiers et sans peur). C'est l'autre interview du volet Videos. Cacho Castaña, artiste moyen mais très populaire malgré tout, est connu pour son manque de modestie et le manque de lucidité de nombreuses positions publiques, comme l'année dernière où il est parti en croisade pour la peine de mort, après la survenue d'un fait divers qui avait touché une vedette du petit écran. Son interview est insupportable de vanité. Il s'y compare lui-même à Gardel qu'il dit admirer (quelle originalité !) et dont il dit qu'il vient s'asseoir près de lui lorsqu'il est inspiré pour écrire ses chansons... A n'écouter que pour vous faire l'oreille à l'accent particulier des Argentins.

Franchement, il y avait des gens plus intéressants et plus pointus à interviewer un jour comme aujourd'hui. Je ne parle pas que de Horacio Ferrer, à qui tout le monde pense nécessairement. Mais je pense aussi à Horacio Torres, le directeur du Museo Casa Carlos Gardel, à Horacio Salgán, le compositeur de Oratorio Carlos Gardel et je m'en tiendrai là pour ne pas sortir des Horacio...

Pour aller plus loin :
Voir aussi l'enquête de La Nación sur qui est Gardel pour la culture argentine.

Et pour écouter Carlos Gardel (c'est un peu mieux que Cacho Castaña, même si lui a du mal à le croire), voici Tomo y obligo, le dernier tango qu'il ait chanté (c'était à Bogotá, le soir, la veille de l'accident, le 23 juin 1935). Son dernier récital retransmis en direct sur une bonne partie de l'Amérique du Sud par La Voz de la Victor, la grande radio et la grande maison de disques de l'époque. On l'entend ici accompagné par Guillermo Barbieri et Angel Riverol qui moururent avec lui il y a 75 ans.

Hommage de La Nación à Alfredo Le Pera [Troesma]

Gardel (1er plan) et Le Pera (derrière), caricature anomyne publiée aujourd'hui par La Nación

De tous les quotidiens nationaux argentins, c'est La Nación qui évitela grande injustice d'oublier l'autre grand mort de Medellín, sans qui Gardel n'aurait pas été tout à fait le même Gardel que celui que nous connaissons et admirons : son partenaire, parolier et scénariste des trois dernières années, Alfredo Le Pera, né en juin 1900, peut-être le 6 ou peut-être le 3, à Sao Paolo au Brésil, d'un ménage italien. Alfredo Le Pera arriva en Argentine âgé de quelques mois et a grandi en Argentine.

Il a abandonné les études médicales entreprises sur les instances de son père pour faire un carrière de journaliste qui le mena à Paris comme correspondant d'un quotidien argentin. Et c'est à Paris, ou peut-être dans les studios de Joinville, que la Paramount le présenta à Carlos Gardel. On pense que les deux hommes s'étaient connus déjà à Buenos Aires mais c'est à Joinville que se noua leur partenariat artistique. Alfredo Le Pera se vit commander le scénario d'un nouveau film que Carlos Gardel devait tourner en 1932 pour la Paramount qui les réunit encore plus tard, à New York, pour les quatre grands longs métrages musicaux qui contiennentn leurs grands chefs d'oeuvre tangueros. Ces quatre films sont Tango Bar, Cuesta Abajo, El Tango en Broadway, El día que me quieras.

C'est lui qui fut aussi l'organisateur de la tournée fatale où il devait perdre la vie à côté de son ami, un jour d'hiver, sur un petit aérodrome de montagne balayé par des vents trop violents entre Bogotá et Cali.

C'est Gabriel Plaza qui rédige cet article. En voici des extraits :

Hace 75 años, el trágico accidente aéreo en Medellín apagó la vida de Carlos Gardel y Alfredo Le Pera, una dupla que cambió la historia del tango canción para siempre. Para Gardel, esa fatídica muerte, en el punto más alto de su carrera como estrella de cine y cantor popular, fue el salto a la inmortalidad como ícono porteño alrededor del mundo. Para Le Pera, su colaborador más estrecho a partir de la década del treinta, como guionista y letrista de las canciones en los films Cuesta abajo, El tango en Broadway, El día que me quieras y Tango Bar fue la conclusión de un papel secundario tan glorioso como en las sombras.
Gabriel Plaza, La Nación

Il y a 75 ans, le tragique accident aérien à Medellín a éteint la vie de Carlos Gardel et d'Alfredo Le Pera, un duo qui a changé l'histoire du tango-canción [tango à texte] pour toujours. Pour Gardel, cette mort fatidique, au sommet de sa carrière d'étoile de cinéma et de chanteur populaire, fut un saut vers l'immortalité comme icône de Buenos Aires partout dans le monde. Pour Le Pera, son partenaire le plus proche à partir de la décennie de 1930, comme scénariste et auteur des chansons des films Cuesta Abajo, El Tango en Broadway, El día que me quieras et Tango Bar fut la conclusion d'un rôle secondaire aussi glorieux qu'il fut dans l'ombre.
(traduction Denise Anne Clavilier)

Si algún arrepentimiento tengo de haberlos presentado es porque Le Pera le sacó a Gardel la superstición de viajar en avión." Guibourg tenía razón. La sociedad creativa sólo daría buenos resultados. Le Pera desarrollaría una intuición, un lirismo y un oficio para el que se había entrenado toda su vida y volcaría en letras a personajes hechos a medida de Gardel, lo que lo transformaría en una estrella de Hoollywood poco antes de su muerte. Y, lo más importante, decodificaría como nadie la atemporalidad de ese imaginario gardeliano destinado al mito en himnos como "Volver": "Yo adivino el parpadeo/de las luces que a lo lejos van/marcando mi retorno"
Gabriel Plaza citant Edmundo Guibourg, qui pensait avoir présenté les deux hommes à Paris.

Si j'ai des remords de les avoir présentés, c'est parce que Le Pera a enlevé à Gardel sa superstition de voyager en avion.Guibourg avait bien raison. L'association de créateurs n'a donné que des bons résultats. Le Pera allait développer une intuition, un lyrisme et un métier pour lequel il s'était entraîné toute sa vie et allait coucher dans ses textes des personnages faits à la mesure de Gardel, ce qui allait le transformer en une star d'Hollywood (1) peu avant sa mort. Et, le plus important de tou, il a décodifié comme personne l'intemporalité de cet imaginaire gardélien au destin de mythe avec des hymnes comme Volver...
"Je devine le clignement/des lumières qui aux lointains/s'en vont guider mon retour" (2)
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Je vous invite à aller lire cet article, comme toujours, en vous faisant aider si besoin est par le logiciel de traduction en ligne Reverso, que vous trouverez dans la rubrique Cambalache (casi ordenado), dans la partie basse de la Colonne de droite.

Vous découvrirez à travers l'article que c'est bien Alfredo Le Pera, plus que Carlos Gardel, qui parle lorsque le chanteur entonne Sus ojos se cerraron (ses yeux se sont fermés). C'est Le Pera qui a vu mourir le grand amour de sa vie, lui qui tenta tout pour la sauver de la maladie qui l'emportait, comme elle emporte, impitoyablement, le premier amour du fils de famille qui rêve de vivre de la musique de El día que me quieras.

Ecoutons ce tango magnifique et poignant, chanté par Gardel, grâce à Todo Tango, comme toujours. Pour en connaître la traduction en français, comme celle de tous les tangos qui illustrent les articles de ce jour, voyez mon livre, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, ed. du Jasmin, mai 2010.

(1) Gabriel Plaza confond ici les deux grands centres cinématographiques des Etats-Unis, celui d'Hollywood sous le soleil de la Californie, et celui de New York. Carlos Gardel n'a jamais joué à Hollywood. Il n'a jamais tourné que sur la côte est, qu'à New York.
(2) Ces trois vers appartiennent à Volver. Tous droits de la traduction en français réservés à l'auteur, Denise Anne Clavilier et à l'éditeur, Editions du Jasmin, mai 2010.

Il y a 75 ans aujourd'hui disparaissait La Voz, qu'on appelait aussi El Mudo [Troesma]

Academia Nacional del Tango, 1er étage.
Au fond, encadrant l'entrée de El Rincón de los Académicos, à droite, le portrait de Gardel, à gauche celui de Juan Carlos Cobián
Au-dessus de la porte au premier plan, le fileteado de Jorge Muscia représentant l'Oratorio Carlos Gardel, où Gardel est flanqué du compositeur et du poète.

Le 24 juin 1935, sur l'aérodrome de Medellín, en Colombie, peu avant 15 h, l'avion, où avaient pris place Carlos Gardel, Alfredo Le Pera, Guillermo Barbieri, Angel Riverol et José María Aguilar, les trois guitaristes du chanteur, ainsi que ses deux secrétaires, celui qui parlait anglais et celui qui parlait espagnol, prenait feu comme une torche, après une collision au sol avec un autre avion, qui arrivait en sens inverse.

Carlos Gardel, Alfredo Le Pera et Guillermo Barbieri moururent sur le coup. Riverol mourut le surlendemain des suites de ses blessures. Aguilar s'en sortit vivant, par miracle, comme le secrétaire anglophone, José Plaja. Mais Aguilar y laissa deux doigts et mourut deux ans plus tard.

Tandis que la nouvelle se diffusait sur tout le continent, du nord au sud et dans toute l'Europe et qu'elle atteignait ainsi Berthe Gardés, la mère de Gardel, alors en vacances dans sa famille à Toulouse, la ville de Medellín veillait toute la nuit les 18 morts de cet accident atroce qu'elle enterra le lendemain.

Les Colombiens firent un beau tombeau à Carlos Gardel, en attendant de savoir ce qu'il adviendrait de son corps, qui ne fut rapatrié, par mesure d'exception, à Buenos Aires qu'en février 1936.

C'était les dernières semaines de sa grande tournée mondiale, la plus longue qu'il avait jamais faite. Il était sur le retour vers Mi Buenos Aires Querido (1), que l'on peut ici l'entendre chanter grâce à Todo Tango.

Invierno del Treinta y cinco
La Muerte quiere saber
a quien mató
Horacio Ferrer, Oratorio Carlos Gardel (musique de Horacio Salgán), 1974

Hiver de 1935
La Mort veut savoir
qui elle a tué.
(traduction Denise Anne Clavilier)

(1) Mi Buenos Aires Querido fait partie des tangos présentés dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, éditions du Jasmin, mai 2010. Pour connaître l'intégralité des oeuvres présentées et traduites, consultez l'article que j'ai consacré à la table des matières. La couverture du livre a été réalisée par Jorge Muscia, dont une oeuvre illustre cet article.

Quand le gros titre de Página/12 rend un hommage discret à Carlos Gardel [Troesma]

Et à Celedonio Flores par la même occasion...

y, si alguna deuda chica
sin querer se me ha olvidado,
en la cuenta del otario
que tenés se la cargás.
Celedonio Flores

Et si sans le vouloir,
j’ai oublié quelque petite dette,
Sur l’ardoise de ton tocard,
tu n’as qu’à la fourrer.
(Traduction Denise Anne Clavilier, in Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, © éditions du Jasmin, mai 2010)

C’est l’un des vers de Mano a Mano, l’un des grands succès que chanta et composa Carlos Gardel (1). Ce tango date de 1923. Il fut composé ensemble par Carlos Gardel et José Razzano, son co-duettiste jusqu’en 1925, sur un texte (admirable) de Celedonio Esteban Flores, l’un des tout premiers poètes de tango.

Et ce vers fournit aujourd’hui le titre d’une analyse de la politique financière de désendettement national conduite par Amado Boudou, le ministre argentin de l’Economie, que vous voyez se désaltérer sur fond de rideau rouge. C’est la suite de la querelle qui a opposé cet été la Présidente de la République à l’ancien PDG de la Banque Centrale de la Nation Argentine.
Pour revenir sur ce bras de fer entre Cristina Kirchner et Redrado, qui a aussi donné lieu à une belle citation tanguera (mais de Discépolo, celle-là), relire mes articles sur Redrado.

Pour en savoir plus sur la politique de désendettement, lire l’article de Página/12.
Ecoutez Mano a Mano (nous sommes quittes) chanté par Carlos Gardel grâce à Todo Tango.

(1) Ce grand classique fait partie de mon anthologie bilingue, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, parue aux éditions du Jasmin en mai 2010. Il est à la page 20 du livre.

mardi 15 juin 2010

Hommage à Carlos Gardel à Montevideo [à l’affiche]


A l’occasion de la célébration des 75 ans de la mort de Carlos Gardel, qui s’est produite à Medellín, en Colombie, le 24 juin 1935, l’association uruguayenne Joventango met les petits plats dans les grands en organisant cette série de quatre manifestations les 17, 20, 22 et 24 juin, avec milonga, conférences, tables-rondes, expositions, concerts, démonstration de danse.

L’entrée est libre les 17, 20 et 22 juin. Elle coûte 120 $ uruguayens puor la grande milonga du 24, qui sera animée par un orchestre local pratiquant le style de Juan D’Arienzo (avec lequel Gardel n'eut d’ailleurs que fort peu de contacts, s’il en eut jamais, D’Arienzo ayant connu la célébrité seulement à partir de 1934, alors que Gardel était déjà lancé dans cette tournée internationale dont il ne devait pas rentrer).

A noter dans ce programme :

Il y aura certainement beaucoup de place donnée à la version uruguayenniste, ainsi que l'on appelle la croyance très répandue en Uruguay (et qui agace particulièrement les voisins argentins) qui veut que Gardel soit né à Tacuarembo, dans le nord du pays, à une date sur laquelle les Uruguayens eux-mêmes ne s’accordent pas. Ce devrait être le cas jeudi prochain, avec la conférence de Blas Melissari, sur les oigines de la vie de Gardel.

Ce qui est attesté en matière historique, c’est la naissance de Carlos Gardel à Toulouse le 11 décembre 1890, naissance qui est documentée par plusieurs documents administratifs, une déclaration de naissance à l’Etat-Civil (aujourd’hui aux archives départementales) et une inscription sur le registre de baptême de l’hôpital Saint Joseph des Graves, où sa mère, qui n’était pas mariée, a dû accoucher, contrairement à la coutume de l’époque, qui voulait que les enfants légitimes naissent au domicile des parents ou des grands-parents.

Sur cette querelle qui touche au caractère mythique du personnage de Carlos Gardel, de part et d’autre du Río de la Plata, voir mon article du 6 mars 2009 sur les deux thèses en présence et mon article du 31 janvier 2009 sur la dimension légendaire qu’a prise la vie de l’artiste.

A noter aussi, l’intitulé de la soirée de dimanche, avec la traditionnelle milonga du Vermouth dominical qu’organise Joventango : Milonga para Gardel. C’est aussi le titre d’une milonga, à la fois nostalgique et enlevée, que j’ai inclus dans mon anthologie bilingue, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins (ed. du Jasmin, mai 2010).

Pour en savoir plus en français sur Carlos Gardel, vous pouvez lire mon livre et auparavant (ou après, c’est selon) mes articles dans ce blog : cliquez sur son nom, soit parmi les mots-clés du bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, soit parmi les raccourcis de la rubriques Les artistes, dans la partie haute de la Colonne de droite.

Pour connaître l’activité tanguera de la ville de Montevideo, vous pouvez procéder de même : mot-clé ci-dessus et raccourci ci-contre (rubrique Quelques quartiers, villes et lieux). Et ainsi de suite pour de nombreux mots-clé inclus dans le bloc Pour chercher et les raccourcis du haut de la Colonne de droite, qui ont pour fonction de vous faciliter la navigation parmi les plus de 1450 articles que j’ai déjà publiés depuis le 19 juillet 2008.

jeudi 10 juin 2010

Série hommage à Gardel à collectionner : Clarín [Troesma]

Illustration tiré du site de Clarín

Le 24 juin prochain, on commémorera les 75 ans de la disparition tragique et brutale de Carlos Gardel, qui a trouvé la mort, avec Alfredo Le Pera et plusieurs de ses guitaristes, dans une collision entre deux avions au sol, sur l’ancien aérodrome aujourd’hui désaffecté) de Medellín en Colombie.

En prévision de cette importante commémoration, le quotidien Clarín va publier du dimanche 13 au mercredi 23 juin 11 fascicules consacrés à la vie, à la carrière et à l’oeuvre de cet artiste, sous le titre général de Todo Gardel. Del Abasto al Mito (Tout Gardel. De l’Abasto au Mythe).

La collection s’ouvrira sur une chronologie illustrée qui fera le lien entre la vie de Gardel et les grands faits qui ont marqué l’histoire du tango de 1890 (année de sa naissance à Toulouse) (1) à 1935 (année de sa mort, en Colombie).

Les fascicules suivants seront confiés à plusieurs auteurs : le journaliste et essayiste Oscar del Priore, Irene Amuchástegui, le poète Ricardo Ostuni, Sandra de la Fuente, Pedro Ochoa, l’universitaire Sergio Pujol du Centro Feca (2) qui parlera de Gardel compositeur, Sergio Marchi qui fera un parcours parmi les reprises des grands succès de Carlos Gardel dans des genres autres que le tango, José Luis Sáenz analysera la technique de chant de Gardel. Quant à Pablo De Santis et Luis Chitarroni, ils apporteront des regards personnels sur l’homme et l’artiste.

Vous trouverez aussi dans ces fascicules un portrait de la mère de Gardel, Berthe Gardes (Toulouse, 1865- Buenos Aires, 1943), de Alfredo Le Pera (1900-1935), qui fut son dernier scénariste et dernier parolier et qui mourut avec lui à Medellín, des mémoires restées inédites de José María Aguilar, guitariste et compositeur qui survécut deux ans à l’accident, des propos de Isabel Del Valle, une aventurière qui se présentait après la mort de Carlos Gardel comme sa fiancée officielle, ce qu’elle ne fut jamais vraiment (3), et des lettres que Guillermo Barbieri avaient envoyées à sa famille et où il parlait du chanteur.

Chaque fascicule coûtera 0,50 peso. Un prix très raisonnable à ajouter toutefois au prix du journal, qu’il faudra acheter aussi (c’est de bonne guerre !). A trouver dans les kiosques à journaux... en Argentine.

En attendant, vous pouvez lire l’article que Clarín a publié pour annoncer cette prochaine série. Une fois sur la page de l’article, vous pourrez écouter Carlos Gardel chantant Mi Buenos Aires Querido, l’un de ses plus grands succès.

Pour en savoir plus sur Carlos Gardel et la dimension mythique du personnage, lire mon article de janvier 2009 sur ce sujet.
Pour accéder à l’ensemble des articles référés à Gardel dans le blog Barrio de Tango, cliquer sur son nom soit dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, soit dans la rubrique Les artistes, dans la partie haute de la Colonne de droite.

(1) Clarín est un quotidien argentin, qui retient pour certaine et historique la naissance de Carlos Gardel à Toulouse le 11 décembre 1890. Cette réalité documentée par de nombreux témoignages écrits contemporains de fait est fortement et passionnément contestée par de très nombreuses personnes en Uruguay, où l’on veut croire que Gardel serait né, sous ce nom, à Tacuarembo, dans le nord du pays, à des dates qui varient en fonction des thèses qui sont soutenues pour accréditer cette version de la naissance du chanteur mythique.
(2) Sur les études promues par le Centro Feca, voir mon article sur le premier colloque monté à La Manzana de las Luces le 11 décembre 2008, celui sur le deuxième colloque qui a eu lieu loin de Buenos Aires et la présentation des actes du colloque de 2008.
(3) Carlos Gardel avait été amoureux de cette toute jeune fille quand elle avait tout juste 14 ans et lui pratiquement 20 de plus. Dans une société où les hommes étaient beaucoup plus nombreux que les femmes et trouvaient donc difficilement l’élue de leur coeur pour fonder un foyer. Berthe Gardes, peut-être parce qu’elle avait perçu le danger, dissuada son fils de s’engager trop avant avec la jeune personne. Et pendant de nombreuses années, la famille Del Valle vécut presque aux crochets de Carlos Gardel, qui était connu pour la générosité avec laquelle il attribuait les aides matérielles à qui lui réclamait du secours. Tant et si bien que Gardel finit par ordonner à son chargé de pouvoir, José Razzano, de ne plus rien donner aux parents et à la fille. Au moment de la mort de Gardel, ses sentiments pour Isabel avaient bien changé mais elle ne le reconnut jamais et passa le reste de sa vie à se répandre dans les journaux, les radios et même à la télévision, sur des relations amoureuses dont il est peu probable qu’elles aient ressemblé à ce qu’elle en a dit.

mardi 11 mai 2010

Hommage à Gardel à Punta Alta [Troesmas]

En préparation du 75ème anniversaire de la mort de Garlos Gardel à Medellín en Colombie, le 24 juin 1935, une association de la petite cité balnéaire de Punta Alta, dans la Province de Buenos Aires, à peu près à la hauteur de la ville de La Plata, appelle tous les admirateurs du chanteur à aposer des plaques d’hommage sur le momunent qui a été érigé dans Punta Alta en mémoire de Gardel.

Toutes les plaques sont les bienvenues, indépendamment de la querelle qui continue de diviser les Argentins et les Uruguayens sur l’identité du lieu de naissance du chanteur : les Argentins pensent qu’il est né à Toulouse (et ils ont historiquement raison), les Uruguayens croient, certains dur comme fer, qu’il est né à Tacuarembo (sur cette querelle, voir mon article du 6 mars 2009).

Photo extraite du site

L’association qui lance cet appel s’est baptisée Grupo Gomías y Gotán (ces deux derniers termes sont du verlan : amigos et tango) et elle a un site où je vous invite à aller voir les photos du monument en question... Et si vous avez l'intention de déposer une plaque, il faut vous renseigner auprès du Président et fondateur, propriétaire de la marque Gomías y Gotán, Héctor José Patrignani, sur la manière de procéder.

mercredi 24 juin 2009

Hommage portègne à Carlos Gardel en ce jour anniversaire de sa mort [à l’affiche]



El APORTA (Ateneo Porteño del Tango) (1) réunit plus de cinquante guitaristes ce soir à 18h devant la statue de Carlos Gardel au débouché du Pasaje Carlos Gardel sur la rue Anchorena, le long du Centre Commercial el Abasto.

Concert à l’air libre, à la nuit tombée, en hiver (couvrez-vous, mais à condition de vous habiller en couleurs sombres, c’est précisé sur l’annonce), et a la gorra.

Au programme, sept tangos du répertoire du grand artiste disparu il y a 74 ans, dans une dramatique collision de deux avions au sol, sur l’ancien aérodrome, aujourd’hui désaffecté, de Medellín en Colombie, le 24 juin 1935 à 14 h :

Por una cabeza, El día que me quieras, La Cumparsita, Volver, Cuesta abajo, Mano a mano, Mi noche triste (et l’annonce précise qu’il peut y en avoir d’autres).

A part Mi noche triste, de Samuel Castriota, mis en paroles par Pascual Contursi (2), et La Cumparsita, composée par l’Uruguayen Matos Rodríguez et mise également en paroles, dans la version que chanta Carlos Gardel par Contursi (3), tous ces tangos ont été composés par Carlos Gardel lui-même.

Aujourd’hui même, dans beaucoup de lieux en Uruguay, surtout à Montevideo, la capitale, et à Tacuarembo, dans le nord du pays, le lieu supposé être pour la majorité des Uruguayens la ville natale de Carlos Gardel (4), on célèbre solennellement ce souvenir...

(1) Entendre le Lycée Portègne du Tango.
(2) Je vous renvoie à ce sujet à un article sur une causerie de Pepe Kokubu disponible et téléchargeable sur Internet dont je vous ai récemment donné la substantifique moelle en français (le document lui-même est en anglais) : il y raconte la révolution que fut grâce à Pascual Contursi et Carlos Gardel cette dépose de vers sur la mélodie composée quelques années plus tôt par Samuel Castriota.
Aller à l’article.
(3) Lire à ce propos l’article précédemment cité en note 2 ainsi que
l’article sur le 92ème anniversaire de ce morceau emblématique qui a été célébré en grande pompe au Teatro Solis de Montevideo il y a quelques mois.
(4) Ce que nous autres, Européens, avons bien du mal à comprendre. Lire à ce propos
mon article sur la querelle compliquée qui se maintient bien vivante entre l’Argentine et l’Uruguay quant à ce lieu de naissance contesté. Lire aussi mon article sur la position officielle et historiquement attestée par des documents autographes de Carlos Gardel.

Patricia Barone et Carlos Rossi invités de la Orquesta Juan de Dios Filiberto au Cervantes [à l'affiche]

Orquesta Nacional Juan de Dios Filiberto


La chanteuse Patricia Barone et le chanteur Carlos Rossi seront ce soir, mercredi 24 juin à 20h30, les invités d'un grand concert gratuit que donne la Orquesta Nacional Juan de Dios Filiberto au Teatro Cervantes, un des théâtres les plus prestigieux de la capitale argentine.

Il se situe sur l'avenida Córdoba, au numéro 1155, tout près de Plaza Lavalle et donc du teatro Colón dont il abrite une partie de la saison (le Colón est en travaux depuis 3 ans jusqu'à sa réouverture en 2010 pour le Bicentenaire de la déclaration d'indépendance du pays). Le théâtre se situe à la limite entre Recoleta et Balvanera.

L'orchestre sera placée comme d'habitude sous la direction de Oscar de Elía.
Patricia Barone est une artiste assez souvent citée dans ces colonnes. Elle a donc un raccourci à son nom dans la rubrique Vecinos del Barrio (à droite de votre écran).
Carlos Rossi est plus rare. Mais vous pouvez aussi accéder à l'ensemble des articles qui lui sont consacrés par le mot-clé que vous trouverez dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.
Il en va de même de la Orquesta Nacional Juan de Dios Filiberto, dont cet article est le second qui lui est consacré sur ce site qui s'attache à vous donner en français les nouvelles du tango argentin en Argentine et en Uruguay.