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mercredi 7 mars 2012

Le 3ème Festival de Tango Indépendant s'étend bien au-delà de Buenos Aires [à l'affiche]


Toute la semaine prochaine, du 10 au 18 mars 2012, aura lieu le Troisième Festival de Tango independant, organisé par la Unión de Orquestas Típicas (UOT) et Fractura Expuesta, l'émission de radio produite pour et diffusée sur La Voz de las Madres à Buenos Aires, avec l'appui du Secrétariat d'Etat à la Culture.

Cette année, le festival se décline à Buenos Aires et dans sa banlieue, comme cela avait déjà commencé à se produire l'année dernière, et deux nouvelles villes s'agrègent à la manifestation : Rosario (Province de Santa Fe) et Mendoza, au pied des Andes.

Le festival ouvrira simultanément à Buenos Aires et à Mendoza, avec une milonga en plein air samedi prochain à 18h (gratuite bien entendu).

Au programme de cette semaine, des bals, des cours de danse, des concierts, des débats et des conférences.

Toute la programmation est disponible sur le site de l'UOT (dont le lien permanent est disponible dans la Colonne de droite).

Cette année, le Museo Casa Carlos Gardel s'est joint au Festival.

La clôture aura lieu à La Plata et ce sera un hommage à Alorsa, auteur-compositeur interprète de cette ville qui nous a quittés maintenant il y a presque trois ans. Vous pourrez trouver sous son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, des articles qui vous donneront une idée de son talent et de l'admiration que lui vouent ses confrères et consoeurs du tango et de la musique populaire argentine.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 (publié hier).

vendredi 18 mars 2011

Milonga en plein air samedi dans le cadre du Festival Indépendant [à l'affiche]

Grande milonga pour clore le deuxième Festival Indépendant de Tango à Buenos Aires, ce samedi 19 mars à partir de 19h, à la hauteur de Avenida Patricio 1900, à cheval entre La Boca et Barracas. En cas de pluie, tout le monde se repliera au Malevaje Arte Club, Garibaldi 1670, dans le quartier de La Boca.

Les musiciens programmés sont : Proyecto LCB, le chanteur Dema et son orquestre La Petitera, Alan Haksten Grupp, bien connu de mes lecteurs réguliers, le Quinteto El Berretín, et le duo Angel Pulice et Ruth de Vicenzo, que vous connaissez bien eux aussi.

Pour en savoir plus sur le festival, cliquez sur le mot-clé FIT dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus. Vous accéderez ainsi à l'ensemble des articles que je lui ai consacrés sur les deux édtions, celle de mars 2010 et celle de cette année.

mercredi 16 mars 2011

Le week-end très chargé de la OT La Vidú [à l'affiche]

Vous saviez déjà que cet orchestre était attendu à la SFCO de Avellaneda, à l'invitation du quintette La Biyuya, puisque je vous en ai parlé en début de semaine.

Mais ils seront aussi jeudi à la Milonga La Viruta, qu'ils animeront après minuit, dans le quartier de Palermo, puis dimanche, sur la Place Dorrego, à San Telmo, pour la fête qui clôturera le Festival Indépendant du Tango, à partir de 18h30 (croisons les doigts pour que l'automne n'apporte pas la pluie, comme celle qui a fait reporter de 24 h la grande milonga d'ouverture de ce festival, qui célèbre cette année sa deuxième édition).


Toutes les informations pratiques sont sur l'affiche diffusée par le groupe.

Pour en savoir plus sur ce festival, cliquez sur le sigle FIT dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

lundi 14 mars 2011

Angel Pulice et Ruth de Vicenzo au CCC mercredi dans le cadre du Festival Indépendant [à l'affiche]

Dans le cadre du deuxième Festival Indépendant de tango qui s'est ouvert samedi 12 mars sous la pluie (avec report de la milonga d'ouverture au lendemain, hier dimanche), le Quintette Pulice-Vicenzo, animé par l'auteur compositeur interprète Ángel Pulice et la chanteuse-accordéoniste Ruth de Vicenzo, donneront un concert au Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini, Avenida Corrientes 1543, à 21h (1)

Affiche diffusée par les artistes

Ils y donneront un tour de chant intitulé, La Carnada (l'hameçon, comme le titre de l'un de leurs disques), et commenté, comme leur disque le plus récent, Tangos nuevos y usados (tangos neufs et d'occasion), mélange de grands classiques et de titres de la composition de Ángel.

Pour en savoir plus sur les propositions du Festival, cliquez sur le sigle FIT dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.
Faites de même avec le nom des artistes pour accéder à l'ensemble des articles que je leur ai consacrés à l'heure où vous lisez cette note dans ce blog.

(1) Ángel annonce que l'horaire sera ponctuellement respecté. Ce sera donc sans doute une première au CCC !

vendredi 11 mars 2011

Festival indépendant : le programme des trois prochains jours [à l'affiche]


Demain samedi 12 mars 2011, à 18h, s'il ne pleut pas, Milonga d'ouverture du festival à San Juan y Boedo (attention, on avait annoncé initialement un coin de rue situé 100 mètres plus loin vers le nord, Boedo y San Ignacio). C'est gratuit.

Côté scène : la Orquesta Típica Agustín Guerrero (dont je n'avais encore jamais eu l'occasion de vous entretenir), le Alan Haksten Grupp (que vous connaissez nettement mieux), le Quinteto Negro La Boca, le trio Violentango, l'auteur-compositeur-interprète Juan Vattuone et le quintette de tango contemporain La Biyuya (1). Un DJ sera là aussi, celui de la Milonga del Morán, Mariano Romero.

Le concert doit être retransmis en direct par La Radio Rebelde.

Après-midi, le dimanche 13 mars, à partir de 19h, projection de deux courts-métrages, conférence du contrebassiste Horacio Cabarcos, exposition photographique organisée par Jorgelina Rueda et concert, à 21h30, du duo Rozencrom et du Richard Cappz Sexteto, le tout au Teatro El Fino, Paraná 673.

Entrée au concert : 20 $.

Lundi 14 mars 2011, à 21h, concert a la gorra (voir en partie médiane de la Colonne de droite ma Trousse lexicale d'urgence) :

Au programme : les groupes Bettinotti - Fernández (Gabriel Anonni au bandonéon, Federico Renati à la batterie, Javier Crego aux percussions et aux accessoires, Esteban Pueta à la guitare électrique, et Manuel Vazquez Guijo aux claviers) et Los Hermanos Butaca, que vous connaissez déjà.

Lieu : les locaux d'ADUBA, une association des enseignants de l'Université de Buenos Aires (UBA), c'est-à-dire une organisation syndicale et militante, rue Azcuénaga 770.

Bettinotti-Fernández se produiront aussi au Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini, le 23 mars, à 21h30, dans le cadre des concerts Tango de Miércoles, qui entame en ce moment sa 5ème saison ! Leur répertoire politiquement engagé et leur regard sans concession sur la société de consommation qui gagne du terrain en Argentine comme partout ailleurs en fait un groupe idéal pour la programmation toujours critique de la Sala Osvaldo Pugliese (Corrientes 1543).

Pour en savoir plus :
visitez le site Internet de la ADUBA, histoire de vous faire une meilleure idée de ce monde intellectuel dre gauche de l'Université de Buenos Aires (et rassurez-vous, il contient aussi sa bonne part d'intellectuels de droite, fortement conservateurs).
Connectez-vous au site Internet de La Radio Rebelde, sur lequel vous disposez d'un streaming pour écouter en direct (mais attention à l'heure locale, il y a pour le moment quatre heures de décalage entre Buenos Aires et la côte atlantique européenne).

(1) Dans ma deuxième anthologie bilingue, parue fin janvier 2011 chez Tarabuste Editions, Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, vous trouverez un chapitre consacré au répertoire original de ce groupe, animé par la chanteuse Marina Baigorria et le guitariste Pablo Dichiera, tous deux auteurs et compositeurs du groupe. Quant à Juan Vattuone, il est présent dans mon autre anthologie, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, parue aux Editions du Jasmin.

mercredi 9 mars 2011

Le Festival indépendant : programme des festivités [à l'affiche]


Maintenant que le Carnaval est passé, mais il fut intense à Buenos Aires cette année où il s'est concentré sur quatre jours au lieu de se diluer sur trois week-ends comme c'était le cas jusqu'à l'année dernière, avant le rétablissement des jours fériés du Lundi et Mardi Gras, le Festival Indépendant de Tango reprend son teasing et fait un petit inventaire de ce qu'il proposera dans tout Buenos Aires du 12 au 20 mars 2011 :
  • trois milongas en plein air, à Boedo, à Barracas et à San Telmo
  • neuf nuits de concerts divers et variés, dont certains se tiendront en banlieue
  • trois tables rondes, qui porteront sur Horacio Cabarcos, un panorama du présent et sur le rôle des conservatoires et le profil des musiciens de tango d'aujourd'hui
  • Enfin, le Festival offrira aussi des projections de courts-métrages.
La milonga d'ouverture est prévue le samedi 12 mars, esquina Boedo y San Ignacio, et si jamais il pleut, la milonga sera reprogrammée le dimanche 13 mars.

La petite rue San Ignacio a toute une histoire et n'a pas été choisie au hasard. Dans les années 20, cette esquina (voir Trousse lexicale, dans la partie médiane de la Colonne de droite), était un point de rencontre socialiste et un lieu où quelques tribuns de cette lignée politique venaient haranguer le peuple. Elle a reçu des hommages de tangueros célèbres. C'est elle dont parle la milonga Cortada de San Ignacio du grand pianiste et compositeur Horacio Salgán (letra, ou paroles, de Carmelo Volpe) (1). Au cas où vous ne l'auriez pas encore saisi, les organisateurs du Festival Indépendant ne sont pas à moitié à gauche, ils font partie des adversaires les plus déclarés du monde culturel à la politique de Mauricio Macri, actuellement à la tête du Gouvernement de la Ville autonome de Buenos Aires et qui vise la Casa Rosada, malgré le piètre bilan de sa gestion dans la capitale.

Le programme du festival peut être consulté dans son intégralité sur le site de la Unión de las Orquestas Típicas, il sera sans aucun douté annoncé et commenté demain soir, à partir de 22h30, sur l'antenne de La Voz de Las Madres, dans l'émission Fractura Expuesta (voir le lien vers leur site dans la rubrique Ecouter, dans la partie basse de la Colonne de droite).

Vous pouvez aussi retrouver le Festival Indépendant de Tango sur Facebook (cliquez sur le lien et identifiez-vous comme membre du réseau).

(1) A Buenos Aires, on appelle cortada ([rue] coupée) une rue assez courte (deux ou trois cuadras, guère plus), qui débouche donc dans deux autres rues ou avenues, sans se prolonger au-delà. Ce n'est donc pas tout à fait une impasse au sens français du terme.

jeudi 3 mars 2011

La 2ème édition du Festival Indépendant de Tango de Buenos Aires [à l'affiche]

Samedi 5 mars à 20h30, s'ouvrira le Festival Indépendant de Tango dont ce sera, cette année, la deuxième édition. Cette ouverture aura lieu au Sanata Bar, esquina Sarmiento et Sánchez de Bustamante, dans le quartier de Almagro, avec un grand concours des artistes participants à la manifestation. A 22h, le groupe La Petitera se produira.

Affiche officielle du Festival

Le Festival en lui-même se tiendra du 12 au 20 mars 2011, c'est-à-dire après le long week-end du Mardi Gras (Descanso de Carnaval), dont je vous entretenais dans un article d'hier. Les événements auront lieu à Buenos Aires même, à Banfield et à Avellaneda, dans le Gran Buenos Aires. Trente-deux artistes individuels et groupes participeront, parmi lesquels des musiciens que connaissent bien désormais les lecteurs de Barrio de Tango : La Vidu, Alan Haksten Grupp, Quinteto Negro La Boca, La Biyuya, Proyecto LCB, Angel Pulice et Ruth de Vicenzo, Cucuza, le Cuarteto Julio Coviello et Ciudad Baigon...

Le Festival est co-organisé par Fractura Expuesta (voir le lien dans la rubrique Ecouter, de la Colonne de Droite) et la Unión de Orquestas Típicas (lien dans la rubrique Grillons, zorzales et autres cigales) et monté en mars, pour réactiver l'ancienne époque du Festival de Tango de Buenos Aires, que l'actuel Gouvernement portègne a déplacé au mois d'août, pour permettre aux touristes de l'hémisphère nord d'en profiter. Ce qui irrite au plus haut point les organisateurs du Festival Indépendant. Leur rejet de l'exploitation commerciale du tango  est parfois excessive (tango antipostalero, tango anti-carte postale, dit l'affiche) et les empêche de conduire une politique de haut niveau culturel n'excluant pas les touristes. Personnellement, je trouve que c'est dommage. Si donc, vous faites partie des personnes qui se trouvent à Buenos Aires en cette saison basse, profitez-en. Ils valent le coup, les uns comme les autres.

Retrouvez l'ensemble des articles que j'ai déjà écrits sur chacun de ces artistes en cliquant sur leur nom dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la partie supérieure de la Colonne de droite, consacrée aux raccourcis internes à ce blog. La partie inférieure rassemble, elle, les liens vers des sites externes.

mardi 16 mars 2010

Le 1er Festival de Tango indépendant à Buenos Aires, suite et fin dans Página/12 [à l'affiche]

Le 1er Festival de Tango indépendant s’est achevé dimanche dernier à Buenos Aires. Le quotidien Página/12, qui soutient cette initiative avec une ferveur que je ne lui avais encore jamais vue pour aucun festival de tango, a consacré encore deux articles à ce qui s’est passé pendant ces quelques jours et à l’espoir que ce festival d’un genre nouveau soulève, selon lui, chez les amateurs d’authenticité parmi les tangueros argentins.

Le premier article, publié dimanche matin, porte sur la 3ème conférence à deux voix, non annoncée à l’avance, et tenue par Ildefonso Pereyra, l’un des initiateurs du projet, et Gustavo Varela, sur l’actualité politique et culturelle du genre. Le second article date de ce matin et passe en revue l’ensemble des spectacles, concerts et conférences qui se sont succédés tout au long de la semaine dernière, et dont vous avez pu constater que souvent il s'agissait de l’activité régulière de l’artiste (cf. Cucuza et Moscato au Bar el Faro le vendredi soir, avec un invité comme d'habitude, ou El Afronte à la Feria de San Telmo dimanche midi). Les deux papiers sont signés Cristian Vitale et sont parus dans le supplément culturel du journal.

Où l’on apprend que le projet avait été exposé au Directeur des Arts au sein du Secrétariat d’Etat à la Culture au niveau du gouvernement fédéral et qu’il a été rendu possible grâce à son appui.

“Cuando dejamos la carpeta con el proyecto en la oficina de Castiñeira de Dios –director de Artes de Cultura Nación– pensamos que podía perderse entre los cajones, como a veces pasa. Felizmente nos equivocamos”, tuvo que sincerarse Pereyra, también integrante de la Red de Cultura Boedo.
Página/12

"Quand nous avons laissé le dossier avec le projet à l’intérieur au bureau de Castiñeira de Dios -directeur des Arts au Secrétariat d’Etat fédéral de la Culture- nous avons pensé qu’il pourrait se perdre au fond des tiroirs, comme il arrive que ça se passe. Mais heureusement, nous nous sommes trompés", a dû reconnaître Pereyra, lui-même membre du Réseau de Culture de Boedo.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Le fait que ce haut-fonctionnaire n’ait pas laissé se perdre le projet dans les ordinaires sables mouvants de la bureaucratie argentine est en soi certes un signe de changement considérable dans les moeurs politiques et peut être légitimement le motif d’une véritable safisfaction chez les organisateurs puisque d’ordinaire, les instances officielles ne donnent pas suite aux projets risqués, sortant de l’ordinaire, surtout s’ils concernent des artistes de talent que le succès commercial et médiatique n’a pas encore couronnés (c’est souvent la même chose en Europe, soit dit en passant). Reste à savoir quelle est la part de calcul politique dans les couloirs du Secrétariat d’Etat à la Culture, lequel a tout intérêt à délégitimer, autant que faire se peut, la politique culturelle ultra-libérale de la Ville de Buenos Aires (l'opposition au niveau national).

Il n’en demeure donc pas moins que ce 1er Festival, présenté dans un premier temps comme une équipée totalement indépendante de tout système, bénéficiait en fait d’un appui des plus officiels et qu’il n’était donc pas cette manifestation quasi-libertaire, en complète autogestion, menée par une poignée d’artistes et d’animateurs culturels, tous totalement indépendants, que les organisateurs et Página/12 annonçaient au début de la manifestation. Il y avait là-dessous aussi une tactique politique, parfaitement légitime au demeurant en démocratie, consistant en une opération qui poursuive un véritable objectif artistique en même temps qu’un objectif partisan qui n’était pas exprimé comme tel : s’en prendre à la politique culturelle et générale de Mauricio Macri dans la ville de Buenos Aires. D’où le soutien apporté par Página/12 qui a multiplié les articles et y revient encore maintenant que l’opération est finie. Tant mieux, d’ailleurs, pour les artistes, qui ont mouillé leur chemise dans cette manifestation (car ils ont bien réellement travaillé) et qui en retirent un peu de notoriété et d’écho médiatique. Ce n’est que justice ! Mais il y a fort à parier dans ces conditions que l’adjectif "indépendant" dont se parait le festival était là avant tout pour démarquer celui-ci du festival organisé et financé par la Ville (en août), que les organisateurs estiment volontiers à la botte du business, comme tout ce que touchent de près ou de loin Mauricio Macri ou Hernán Lombardi, son ministre de la culture.

Pourtant les choses ne sont pas si tranchées, comme on peut le voir en consultant la liste des artistes invités, l’année dernière ou l’année précédente, au festival et dont bon nombre ne peuvent être accusés par personne d’avoir vendu leur âme au système : Alorsa, Juan Vattuone, Los Hermanos Butaca, Javier Cardenal Domínguez, Patricia Barone et Javier González, Alejandro Szwarcman, j’en passe et des meilleurs. Il est vrai toutefois et cela met hors d’eux les organisateurs du festival indépendant (Ildefonso Pereyra, de l’UOT, Germán Marcos de Fractura Expuesta, Walter Alegre de la Ciudad del Tango au CCC...) que, depuis plus de deux ans, on peut voir à l’oeil nu que toute l’activité culturelle gratuite qui existait dans Buenos Aires à l’intention de la population locale, a fondu comme neige au soleil, en quantité, en contenu et en subventions allouées, au profit d’autres activités, plus lucratives, qui favorisent, d’une manière ou d’une autre, le commerce ou le tourisme qui rapporte des devises et que le Gouvernement de la Ville instrumentalise dans ce sens l’inscription du tango au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité (vote de l'Unesco, le 30 septembre 2009). Une partie du marketing du festival de Buenos Aires, l’officiel, celui qui est donc taxé d’être "dépendant", "aux ordres", celui qui est organisé par Hernán Lombardi et dirigé par Gustavo Mozzi, vise clairement à attirer les touristes (comprenez les touristes étrangers et de préférence ceux de l’hémisphère nord) et que les Portègnes se sentent privés des retombées de l’argent public (celui de leurs impôts), puisqu’ils ont du même coup un bien moindre accès aux manifestations du festival.

D’où la tension grandissante entre le milieu artistique, culturel et intellectuel de Buenos Aires aux prises avec les difficultés économiques que l’on sait et ce gouvernement libéral qui gère la Ville en les privant des soutiens structurels et financiers dont ils bénéficiaient sous l’ancienne gestion, celle de Jorge Telerman (péroniste).
Dès lors la tentation est grande de jouer, très finement d’ailleurs, le Gouvernement fédéral (péroniste) contre le Gouvernement local, honni et diabolisé. Non sans raison.

A lire avec cette toile de fond le reportage sur le débat entre Ildefonso Pereyra et Gustavo Varela (1) dans l’article paru dimanche et le résumé de la semaine, établi dans l’article paru ce matin.

Vous disposez dans la Colonne de droite d’un lien vers l’outil de traduction en ligne Reverso, dans la rubrique Cambalache (casi ordenado) pour vous aider dans la lecture de ces deux articles en espagnol d’Argentine.
Dans la partie haute de la Colonne de droite, dans la rubrique Les grands rendez-vous du tango, vous pouvez accéder à l'ensemble de mes articles sur le Festival de Buenos Aires (l'officiel), en cliquant sur le raccourci qui porte ce nom.

(1) auteur d’un essai philosophico-politique, Mal de Tango, que j’ai tenté de lire et qui ne m'a pas convaincue. Le livre de Gustavo Varela est bâti sur la thèse a priori du complot bourgeois qu’il s’acharne à démontrer en tordant au besoin la réalité historique pour la faire coincider avec le modèle de lecture idéologique qu’il souhaite illustrer. Dans l’article de Página/12, il dit lui-même qu’il prend le contrepied de la méthodologie historique et que sa démarche rend les historiens fous. Sur la 4ème de couverture de son ouvrage, il dit qu'il ne fait pas de l'histoire mais de la généalogie du tango. Je n'ai jamais compris quelle différence fondamentale il faisait entre les deux.
La théorie du complot bourgeois, très en vogue dans certains milieux de gauche argentins, plus ou moins marxisants, consiste à penser que le tango était originellement une danse et une musique joyeuse, subversive et sexuellement jouissive (hédoniste, donc immorale au regard du puritanisme moral qui règnait à la fin du 19ème siècle) et que la bourgeoisie aurait récupéré le tango et en aurait fait cet art plein de tristesse et de nostalgie, vidé de sa dimension subversive (!!!!!) mais néanmoins reliée à l'identité portègne. Personnellement, je n'y crois pas une seule seconde, d'abord parce que l'histoire a toujours et partout fait évoluer l'art et qu'en ce qui concerne le tango, l'afflux massif d'hommes seuls de 1880 à 1930 accompagné du développement crapuleux de la traite des blanches (qui rendit les femmes encore plus inaccessibles aux hommes) a fortement façonné la société et a donc inspiré les artistes, ensuite parce que l'homme a toujours cherché à s'élever au-dessus des contingences strictement matérielles de sa vie quotidienne, précisément grâce à l'art, dont c'est, depuis la nuit des temps, l'une des vocations essentielles (avec la vie spirituelle, dans la dimension religieuse ou magique). Et c'est ainsi que l'art a toujours contribué à humaniser l'homme.
Par conséquent, l'arrivée des poètes dans le tango, avec les précurseurs que furent des payadores citadins comme Gabino Ezeiza (1858-1916) et José Betinotti (1878-1915), puis les tout premiers poètes tangueros, nés à l'orée du 20ème siècle, comme Pascual Contursi, Roberto Goyheneche (l'oncle, compositeur et auteur, du chanteur el Polaco Goyeneche), Enrique Cadícamo, Enrique Santos Discepolo et Celedonio Flores ne peut pas ne pas avoir eu une influence forte sur le contenu et l'esthétique du tango. Et il suffit de lire attentivement leurs letras pour se rendre compte qu'ils ont toujours su développer, en contournant les innombrables censures des pouvoirs en place, un contenu fortement contestataire de l'ordre établi par la classe possédante et patronale (au nez et à la barbe de ces mêmes patrons). Je suis toujours très étonnée de constater comment ces intellectuels marxisants argentins nient cette évidence qui pourtant crève les yeux, ne reconnaissent pas la signification politique de ces letras, parce qu'elles sont devenues des classiques de la littérature populaire portègne (mais jamais enseignées à l'école pourtant). Vous n'aurez qu'à lire Corrientes y Esmeralda (Flores), Al mundo le falta un tornillo (Cadícamo), Yira yira (Discépolo), pour n'en citer que trois, pour vous en convaincre.

samedi 13 mars 2010

Página/12 revient sur le débat de mercredi au CCC [à l’affiche]

En hommage à Jean Ferrat (26 décembre 1930-13 mars 2010), grand auteur-compositeur-interprète français ô combien engagé lui aussi

Sous le titre Penser le tango au-delà du tourisme, Cristian Vitale revient dans le supplément culturel de Página/12 d'hier matin sur le débat qui a eu lieu mercredi en fin de journée au CCC dans le cadre du 1er Festival de Tango indépendant dont le quotidien est un fervent promoteur (lire mon article sur cette conférence et ses trois intervenants).
C’est surtout l’analyse économique et sociale du tango et de son exploitation dans le cadre du spectacle et de la production discographique qui a retenu l’attention du chroniqueur.
Une analyse sans aucun doute possible enracinée à gauche.

Verbatim :

“Lo que más me llama la atención tiene que ver con la mala distribución del ingreso”, sostiene Marchini, con los números sobre la mesa. El investigador tiró data gruesa sobre el dinero que mueve el mercado tanguero año tras año –un 85 por ciento ingresa por el turismo– y trazó una analogía dicotómica entre el género y la Pampa Húmeda, para explicar por qué necesita ser protegido. “El tango no es la Pampa Húmeda. Si ahora en un rato llueve, entran 350 millones de dólares al país, porque justo es marzo, termina la cosecha de soja y, claro, la plata cae del cielo. Esa es la riqueza natural, pero también hay una riqueza cultural que se construye ¿no? y que la podemos ver en el tango. Acá el género tuvo maestros durante toda la historia, y no se puede perder esa riqueza. Es necesario entender que hay una nueva arquitectura de negocios en la música. Hay que pensarlo mucho, porque hay algo que está cambiando en forma agresiva. ¿Cómo se vende?, ¿cómo se ofrece música?, ¿quiénes son los referentes en todo esto? Y hay una carencia del género y es que no tiene una referencia de culto. Tanto el jazz como el flamenco tienen un mercado de culto, nosotros necesitamos eso: una renovación permanente, que no se puede salvar solamente con el turismo. Es algo que hay que discutir entre todos los sectores y con honestidad. Ver entre todos, músicos, empresarios y funcionarios, hacia dónde vamos. Al tango hay que cuidarlo, porque no está sobrando.”
Jorge Marchini, cité par Página/12

"Ce qui attire le plus mon attention concerne la distribution injuste des revenus, soutient [Jorge] Marchini, avec les chiffres sur la table. Le chercheur a lancé des données énormes sur l'argent que brasse le marché du tango année après année - quelque 85% sont générés par le tourisme - et il a tracé une analogie dychotomique entre le tango et la Pampa humide (1), pour expliquer pour quelle raison [le tango] a besoin d'être protégé. "Le tango, ce n'est pas la Pampa humide. S'il pleut dans un moment, ce sont 350 millions de dollars qui entrent dans ce pays, juste parce qu'on est en mars, que la récolte de soja se termine. Aors, bien entendu, l'argent tombe du ciel (2). Cette richesse est une richesse naturelle mais il y a aussi une richesse culturelle que l'on construit, n'est-ce pas ? et que nous pouvons observer dans le tango. Ici, le genre (3) a connu des grands maîtres pendant toute son histoire et cette richesse-là, on ne peut pas la laisser perdre. Il faut bien comprendre qu'il y a une nouvelle architecture du business dans la musique. Il faut vraiment y réfléchir, parce qu'il y a quelque chose qui est en train de changer d'une manière violente. Comment vend-on, comment est l'offre de musique ? Qui sont les gens qui font référence dans ce domaine ? Là, le genre n'est pas à la hauteur et ce, parce qu'il lui manque une référence reconnue. Le jazz comme le flamenco ont un marché où il y a une référence reconnue. C'est ce dont nous, nous avons besoin : une rénovation permanente, qui ne peut pas s'en sortir seulement avec le tourisme. C'est quelque chose dont tous les secteurs doivent discuter et avec honnêteté. Regarder tous ensemble, les musiciens, les chefs d'entreprise, le gouvernement, vers où nous allons. Le tango, il faut le protéger parce qu'on n'en a pas de trop"
(Traduction Denise Anne Clavilier)
Quant à José Luis Castiñeira de Dios, directeur des Arts au Secrétariat d'Etat à la Culture, au niveau national, il est lui aussi cité dans l'article :

“Lo que falta, en general, es encontrar la manera de que el tango se reencuentre con el público, más allá de lo que digan ciertos diarios sobre San Telmo y el gusto de la juventud por el género. Se venden pocos discos, el patrimonio cultural del género está disperso y esa visión de ‘boom’ corresponde a una superestructura interesada en el tema. Lo que yo veo es un interés del turista sólo por la danza y una falencia interna en cuanto a la difusión de la música. Hay que reinventar el género”
José Luis Castiñeira de Dios, cité par Página/12

"Ce qui manque, en général, c'est de trouver la façon dont le tango pourra trouver le public, au-delà de ce que disent certains journaux sur San Telmo (4) et le goût de la jeunesse pour le genre (5). On vend peu de disques, le patrimoine culturel du genre est dispersé et cette vision de boom correspond à une superstructure que le sujet intéresse. Moi, ce que je vois, c'est un intérêt du touriste uniquement pour la danse et ici, au pays, une carence pour ce qui est de la diffusion de la musique (6). Il faut réinventer le genre".
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Le reste se lit dans l'article d'hier, sur le site de Página/12.

Dans un entrefilet secondaire, Página/12 donne aussi les derniers rendez-vous du festival qui se termine ce week-end :
outre Cucuza, Moscato et Tape qui étaient, hier soir, au Bar El Faro, il y avait, hier soir encore, le Quinteto La Boca et la Orquesta Típica La Vidú qui jouaient à la milonga Gardel en Medellín.
Cet après-midi, à 18h30, Cucuza et Moscato joueront à la Esquina Homero Manzi, esquina San Juan et Boedo, dans le quartier de Boedo.
Et cette nuit, samedi 13 mars 2010, Dema et la Petitera, Timotteo et le cycle des Conciertos Atorrantes (ce qu'on pourrait traduire par concerts pas sortables ou par concerts pas BCBG) sont à 22h au Sanata Bar, esquina Sarmiento y Sánchez de Bustamante, dans le quartier de Almagro.

Demain, dimanche 14 mars, le Festival se termine avec la Orquesta Típica El Afronte, qui jouera dans la rue, à la hauteur de Humberto Primo 343, devant l'école Guillermo Rawson, comme presque tous les dimanches, à la Feria de San Telmo, à midi.
En fin de journée, à 18h, ce sont la Orquesta Típica La Vidú et Alan Haksten Grupp qui vous attendent au Centro Nacional de la Música, México 564, dans le quartier de Monserrat
Et à minuit, ce sera un grand orchestre de derrière les fagots (orquestazo), composé de El Afronte, La Vidú et le Quinteto Negro La Boca qui jouera à la milonga La Viruta (que l'on peut traduire par le copeau, c'est-à-dire celui que vous arrachez au plancher avec vos semelles à force de danser, selon une expression idiomatique du coin).
La Viruta se situe rue Armenia au numéro 1366, dans le quartier de Palermo.

Et pour en savoir plus sur l'ensemble de ce 1er Festival de Tango Indépendant, cliquez sur le mot-clé Festival dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, sous le titre de l'article. Vous accéderez ainsi à l'ensemble de mes articles sur les différents festivals dont celui-ci, le dernier en date à l'heure où je publie.
Vous pouvez aussi vous reporter à mes articles précédents à ce sujet :
présentation générale du festival dans mon article du 22 février
interview de huit participants dans Página/12 à travers mon article du 6 mars 2010
présentation du débat de mercredi dernier au CCC dans mon article du 10 mars
présentation de la soirée d'hier au Bar el Faro, précédée d'un autre débat (sur le bandonéon) dans mon article du 9 mars

(1) Pampa humeda : c'est le nom que l'on donne à la pampa de la Province de Buenos Aires. C'est un terme géographique qui tient compte du climat particulier de cette zone, très humide du printemps à l'automne.
(2) Sur le problème de la culture du soja en Argentine, lire
mon article du 7 mars 2009 avec ses notes : depuis l'année dernière, un sérieux conflit d'intérêt oppose le gouvernement argentin à l'ensemble des organisations professionnelles du monde agricole dans tout le pays. Voir aussi l'ensemble de mes articles sur les questions politico-agricoles sous le mot-clé Campo (une sous-rubrique d'Economie dans ce blog). Vous pourrez enfin dans quelques heures vous reporter au supplément Futuro de Página/12 dont le sujet cette semaine sera La Argentina Sojera (la mise à jour sur le site de Página/12 se fait le samedi, à 18h, heure de Buenos Aires).
(3) el género : un terme très employé pour désigner le tango dans cet article. Les Argentins emploient le même terme dans un article sur le rock pour désigner le rock, ou pour désigner le théâtre dans un article sur le théâtre. En français, l'emploi du terme genre est moins fréquent. Il relève d'un usage de la langue légèrement plus savant.
(4) Les journaux en question sont ceux qui se laissent impressionner par les attroupements que provoquent le dimanche les spectacles de tango (pas toujours ni très bons, ni très authentiques) de la Feria de San Telmo, sur Plaza Dorrego et le long de la rue Defensa et dans les rues adjacentes (et la même chose à Caminito, le secteur hyper-touristique du quartier de La Boca). C'est effectivement un phénomène bien superficiel pour prendre la température réelle du tango sur un plan authentiquement culturel. Un peu comme si vous mesuriez la santé de la chanson francophone en Europe à ce que font les musiciens qui font la manche dans les rames du métro parisien.
(5) Au sujet de ce retour ou non de la jeunesse vers le tango, écoutez ce qu'en disaient Horacio Molina et le Trio Fulanos de Tal dans l'émission Radio Paradiso sur les ondes de la RSR en janvier dernier (lire
mon article du 16 janvier 2010)
(6) C'est aussi la raison pour laquelle, dans Barrio de Tango (le blog), je parle relativement peu de danse, préférant mettre l'accent sur le reste du tango, la partie immergée d'une culture qui nous apparaît, à nous en Europe, comme un iceberg, à l'inverse de ce que vivent et que savent les Argentins et les Uruguayens. La danse est en effet l'expression du tango la plus visible en dehors de l'Argentine. Mais dans l'univers du tango, elle est la moins féconde, puisque une énorme partie des milongas fonctionnent à partir d'enregistrements des années 20, 30 et 40 et ne font donc que très rarement travailler les musiciens d'aujourd'hui, ce que vous constatez dans mes articles : les concerts dans les milongas existent mais en toute petite quantité. Dans ces conditions, il est normal que les musiciens soient très peu nombreux à composer, de nos jours, pour la danse. Dans les années 20, 30 et 40, les cabarets étaient les plus gros employeurs des musiciens. Par conséquent, les musiciens jouaient pour les clients, des hommes riches qui venaient prendre du bon temps, seuls, sans femmes ni enfants, et danser avec des hôtesses de charme de mauvaise réputation, les milongueras, qui étaient employées par les cabarets à cet effet, ou des courtisanes, puisque ces patriciens et ces fils à papa entretenaient souvent une maîtresse attitrée. Les musiciens et les compositeurs, les D'Arienzo, Pugliese, Di Sarli, Troilo, Canaro et autre Miguel Caló ou Osvaldo Fresedo, travaillaient donc essentiellement pour le bal. Des musiciens plus jeunes, comme Astor Piazzolla ou Horacio Salgán, qui ont inventé le tango para escuchar parce qu'ils voulaient jouer pour des auditeurs plutôt que pour des danseurs, passaient pour des martiens. Aujoud'hui, la situation s'est inversée : les musiciens font très majoritairement du tango para escuchar et le tango para bailar, c'est celui d'autrefois, un tango muséifié avec ses 78 et 33 tours remasterisés sur CD. C'est la raison pour laquelle ici, dans ce blog, je me préoccupe prioritairement des poètes, des compositeurs, des auteurs-compositeurs-interprètes et des chanteurs, qui composent, écrivent, jouent et chantent pour être écoutés, car ce sont eux qui portent le présent et l'avenir du genre.

mercredi 10 mars 2010

Ce soir à 19h30 conférence au CCC sur Tango et économie [à l'affiche]

Cette conférence-débat en forme de table-ronde se tient dans le cadre du 1er Festival de Tango Indépendant dont je vous parle depuis quelques jours. Elle aura lieu au Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini, Corrientes 1543, dans la salle Jacobo Lacks. L'entrée est libre et gratuite.

Annonce envoyée par mail ce matin par le CCC
(cliquez sur l'image pour obtenir une meilleure résolution)


Les trois intervenants sont José Luis Castiñeira de Dios, à la tête de la Direction des Arts, au Secrétariat d'Etat du gouvernement national (de gauche), qui parlera des politiques publiques (fédérales) relatives au tango, Jorge Marchini, auteur d'un essai sur le tango dans l'économie portègne en 2006, dans lequel il a révélé le vrai chiffre d'affaires du tango, 400 millions de pesos, et la très faible rémunération touchée par les artistes (1), et Ildefonso Pereyra, le président de l'UOT, co-organisatrice du festival, qui parlera de tout le mal qu'il pense de l'inscription du tango au Patrimoine immatériel de l'Humanité (position idéologique que je vous ai résumée dans une note de bas de page de mon article de samedi dernier).

La table-ronde sera suivie d'un concert par Alan Haksten et Proyecto LCB.
Pour le concert, il faudra acquitter un prix de 20 $ argentin. Avec un tel sujet de conférence, difficile de faire travailler les musiciens gratuitement en plus...

La table-ronde promet d'être particulièrement politisée et c'est peu de le dire. Le CCC est un bastion d'une gauche très idéologique, parfois à la limite de la mauvaise foi et du sectarisme, telle qu'elle a existé en Europe jusqu'à il y a 30 ans et qui n'a plus aujourd'hui qu'une audience très minoritaire (ce qu'on appelle aujourd'hui l'extrême-gauche). C'est une gauche de combat, globalement acquise à l'idée des droits de l'homme mais pas toujours, par anti-libéralisme (une gauche qui voue un véritable culte à Fidel Castro, en dépit de tout, parce que Fidel Castro est le symbole de la lutte contre l'impéralisme des Etats-Unis).
La soirée promet d'être très vive et sur un ton très inattendu pour des Européens, où la politique s'est considérablement assagie et dépassionnée depuis la chute du Mur de Berlin.

Pour en savoir plus sur ce festival :
voir mon article de présentation générale du 22 février 2010

(1) Sur cette question du peu de royalties perçus par les artistes, lire le billet d'humeur publié il y a quelques jours par le musicien et producteur Litto Nebbia dans Página/12. Je l'ai entièrement traduit dans mon article du 1er mars 2010.

mardi 9 mars 2010

Cucuza, Moscato et Tape Rubin au Bar El Faro en Festival [à l’affiche]

Affiche de la soirée diffusée par Cucuza (cliquez sur l'image pour une meilleure résolution)

C’est sous l’égide du 1er Festival de Tango Indépendant (et non pas dans le cadre habituel de El Tango vuelve al Barrio, qui offrira néanmoins la structure de la soirée) que se tiendra cette nouvelle nuit tango au Bar El Faro, un établissement du quartier de Villa Pueyrredón, fondé en 1931, et récemment inscrit sur la liste des Bares Notables de la Ville de Buenos Aires.

Cela se passera vendredi prochain, 12 mars 2010, à 22h : le concert sera assuré par le chanteur Cucuza (Hernán Castiello) et le guitariste Moscato (Maximiliano Luna) qui sont (on peut le dire ainsi) les artistes résidents du lieu (voir les articles sur leur cycle El Tango vuelve al Barrio, sous le mot-clé ETvaB dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus).
Ils ont invité le chanteur Alfredo Tape Rubin qui se produira avec ses musiciens, Las guitarras de Puente Alsina (1).

Avant le concert, 20h, se tiendra une conférence débat sur la récente loi de protection du bandonéon (voir mon article du 3 novembre 2009 sur cette loi). La causerie sera animée par Diego Boris, représentant la FIMA (Fédération Indépendante des Musiciens d’Argentine), et le facteur d’instrument Oscar Fischer, qui est à l’initiative de cette loi (et dont le site figure parmi les liens dans la rubrique Les Commerçants del Barrio de Tango, dans la partie inférieure de la Colonne de droite, il s’agit de La Casa del Bandoneón).

Comme d’habitude, le rendez-vous est au Bar El Faro, esquina La Pampa y Constituyentes, et le prix du concert est de 20 $ (peso argentin). Ajoutez le coût du repas (pas beaucoup plus).

Pour en savoir plus sur ce 1er Festival de Tango indépendant :
Lire l’article de présentation générale du 22 février 2010
Lire l’article sur l’interview de huit des artistes participants dans Página/12 samedi dernier (6 mars)
Lire l’article sur le programme du CCC pour le mois de mars 2010 (le Centro Cultural de la Cooperación est l’un des co-organisateurs avec l’UOT, Unión de Orquestas Típicas, et l’émission de radio Fractura Expuesta, à écouter en podcast téléchargeable manuellement)
Lire l’article sur le concert de ce soir par Angel Pulice et Ruth de Vicenzo au Musetta Bar dans le quartier d’Almagro dans le cadre de ce festival nouvelle manière.

Pour en savoir plus sur les artistes du concert de vendredi soir, cliquez sur le nom des artistes dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, sous le titre du présent article. Vous accéderez ainsi à toutes les entrées de ce blog concernant leurs activités.
Dans la partie basse de la Colonne de droite, vous pouvez accéder à leur site ou à leur page Myspace ainsi qu’au site de l’UOT, dans la rubrique Grillons, zorzales et autres cigales.
Le site de Fractura Expuesta se trouve dans la rubrique Ecouter, celui du CCC dans la rubrique Cambalache (casi ordenado), ce que l’on pourrait traduire par "Souk" ou "Bazar (avec un peu d’ordre)".
Pour consulter le site de Tape Rubin, cliquez sur ce lien.
Sur la FIMA, lire l’article paru sur le site du CCC en octobre 2009 sur la création de cette association professionnelle alternative.

(1) Puente Alsina est un lieu dit du sud du quartier de Nueva Pompeya. C’est un pont métallique qui enjambe le Riachuelo et relie la capitale à sa banlieue qui donne son nom à ce secteur de la ville. Puente Alsina est un quartier ouvrier qui a connu au début du 20ème siècle de nombreuses insurrections populaires, trop souvent violentes et sanglantes.

samedi 6 mars 2010

Le Festival de Tango indépendant fait la une du supplément culturel de Página/12 [à l'affiche]

Une du supplément culturel de Página/12 de ce matin

Après le bandonéoniste franco-argentin Juan José Mosalini la semaine dernière (voir mon article de ce jour), c'est le 1er Festival de Tango Indépendant qui a les honneurs de la une du supplément Espectaculos y Cultura du quotidien Página/12 ce matin.

Un festival organisé par la UOT, Unión de Orquestas Típicas, présidé par Ildefonso Pereyra (1), Fractura Expuesta, avec le co-animateur de l'émission, Germán Marcos, le CCC où la Ciudad del Tango est coordonnée par Walter Alegre, et plusieurs bars et salles, comme El Faro, Musetta ou Sanata, c'est-à-dire dans différents quartiers de la capitale argentine.

Un festival qui s'ouvre ce soir avec une grande milonga gratuite en plein air, esquina San Juan y Boedo, dans le quartier de Boedo (voir mon article de présentation générale du 22 février 2010).

Un festival où se retrouveront des artistes originaux et très talentueux, très souvent oubliés de ce genre de manifestation parce qu'ils se veulent eux-mêmes hors système.

En l'occurrence, le journaliste Cristián Vitale a choisi de rassembler huit des participants pour une interview collective où ils ne prennent pas tous la parole et qui est difficilement résumable dans le format de ce blog.
Allez donc découvrir tout cela directement dans l'article de Página/12 : cela vaut la peine de faire l'effort linguistique qui s'impose.

Verbatim (par définition insatisfaisant) :

“Dar visibilidad a una movida del tango que está entre nosotros y no tiene difusión”, resume, escueto y exacto, Germán Marcos, periodista, productor y coorganizador del encuentro junto a la gente de la Unión de Orquestas Típicas. Lo rodean, entre sandwiches de milanesas, aguas minerales, instrumentos y cafés, Julio Coviello (2), Alan Haksten, Cucuza Castiello, Angel Pulice, Ruth de Vicenzo, Pablo Bernaba y el inefable Moscato Luna, algunos de los músicos que le pondrán sustancia a lo que, en esencia, huele a bocanada de aire fresco en medio de un movimiento que suele contaminarse con el bendito for export. Tango under, en mejores palabras. “Este festival implica la articulación de espacios muy distintos a la tanguería adonde vas y tenés que tocar sí o sí determinado repertorio, y ya... esa cuestión bien for export, o tango de cliché, ¿no? La independencia de poder elegir repertorio y espacio es un punto en común en esta cuestión estético-política que impulsa el festival. Después, hay estéticas muy diferentes que, obvio, son bienvenidas, porque las diferencias fortalecen más que las similitudes, si se las sabe articular”, extiende Bernava, integrante del Proyecto L.C.B y del Quinteto Negro La Boca.
Página/12

"Donner de la visibilité à une tendance du tango qui est là au milieu de nous et qui n'a aucune diffusion", résume en peu de mots et avec exactitude Germán Marcos, journaliste, producteur et coorganisateur de la rencontre avec la UOT. L'entourent, au milieu des sandwichs de milanesas (3), des eaux minérales, des instruments et des cafés, Julio Coviello (2), Alan Haksten, Cucuza Castiello, Angel Pulice, Ruth de Vicenzo, Pablo Bernaba et l'ineffable Moscato Luna (4), quelques uns des musiciens qui donneront de la substance à ce qui, par définition, sent la bouffée d'air frais au milieu d'une mouvance qui a l'habitude de se laisser polluer par le ravi de la crèche du For export. Du Tango underground, pour le dire plus gentiment. Ce festival implique l'articulation d'espaces très différents de la tanguería où tu vas et où tu dois jouer tel ou tel répertoire déterminé et... bon ! toute cette histoire du tango for export ou du tango cliché, d'accord ? L'indépendance de pouvoir choisir le répertoire et le lieu est un point commun sur cette question esthético-politique qui donne son impulsion au festival. Après, il y a des esthétiques très différentes qui, bien entendu, sont les bienvenues, parce que les différences renforcent plus que les ressemblances, si on sait les articuler, complète Bernaba, membre du Proyecto LCB et du Quinteto Negro La Boca.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

“Nos necesitamos entre todos, por eso estamos acá. Algunos de nosotros recién nos conocemos, pero ya hay un espíritu común”, arriesga Bernaba, y Julio Coviello [...] amplifica el concepto. “Sí... lo que nos une es que somos músicos de tango que no esperamos que alguien nos contrate para organizar nuestra movida artística, sino que lo generamos desde nosotros.” “Una de las razones –engancha Haksten– es que muchos turistas vienen al país y se van con la idea de que el tango es una postal del hombre con gomina, y eso... está bien como postal, pero no es lo que pasa hoy.”
Página/12

"Nous avons besoin les uns des autres au milieu de tous, c'est pour cela que nous sommes ici. Certains d'entre nous venons de nous rencontrer mais il y a un esprit commun", se risque Bernaba. Et Julio Coviello élargit l'idée : "Voilà, ce qui nous unit, c'est que nous sommes des musiciens de tango qui n'attendons pas que quelqu'un nous embauche pour organiser notre mouvement artistique mais que nous le créons nous-mêmes". "Une des raisons, enchaîne Haksten, c'est que beaucoup de touristes viennent dans ce pays et s'en retournent avec l'idée que le tango est une carte postale montrant un homme gominé et ça, c'est très bien pour une carte postale mais ce n'est pas ce qui se passe aujourd'hui." (5)
(Traduction Denise Anne Clavilier)

“De reivindicar el barrio, la cotidianidad, y no depender sólo de lo exportable”, completa Marcos, también conductor de la otra pata organizadora: el programa de la Radio de las Madres, Fractura Expuesta. “Ojo, no decimos que somos el otro tango, somos un tango que existe, que gana espacios, que genera su público, su circuito... no queremos sacar a nadie de ningún lado. El tango es uno que convive entre varios y, en nuestro caso, nos une el hecho de autogenerarnos trabajo sin que nadie nos contrate.”
Página/12

[Il s'agit] "de revendiquer le quartier, la quotidienneté, et ne pas dépendre seulement de ce qui est exportable, ajoute Marcos, qui est aussi animateur de l'autre patte organisatrice, l'émission de la Radio de las Madres, Fractura Expuesta. Attention, hein ! nous ne disons pas que nous sommes l'autre tango (6), nous sommes un tango qui existe, qui prend sa place, qui crée son public, son circuit... Nous ne voulons virer personne de nulle part (6 bis). Le tango est quelque chose d'unique qui vit au milieu de beaucoup d'autres et, dans notre cas, ce qui nous unit c'est le fait de nous autogénérer du travail sans que personne ne nous embauche."
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Le reste doit se lire en VO. C'est indispensable.
Sinon je glisse sur la pente dangereuse de la trahison en esprit.

Pour aller plus loin :
Lire l'article de Página/12
Pour mieux connaître les artistes dont il est question plus haut, cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, situé sous le titre de l'article, ou dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la Colonne de droite (partie haute). Vous accéderez ainsi aux articles que je leur ai consacrés (en français) dans ce blog.
Alan Haksten n'a pas encore de raccourci dans la Colonne (il a eu son premier article dans Barrio de Tango, à l'occasion de la nuit des musées de Buenos Aires, en octobre 2009, lorsqu'il a été invité à la Academia Nacional del Tango).
Cet article est le premier de Barrio de Tango qui cite Bernaba.

(1) Ildefonso Pereyra fait partie de ces vrais porteurs de culture qui, à Buenos Aires, se battent sans compter pour que la culture authentique soit accessible à tous et qu'elle puisse enrichir la vie du plus grand nombre. Sujet hautement politique dans un pays comme l'Argentine où l'Etat Providence n'existe pas et l'accès à l'alimentation, à la santé et au savoir n'est pas encore garanti à tous dans les faits (il l'est en droit). Ildefonso fait partie de cette poignée d'intellectuels et d'artistes qui se sont opposés avec ardeur et persistent, sans en démordre, à s'opposer violemment à l'inscription du tango au patrimoine de l'humanité, une polémique à laquelle fait allusion Juan José Mosalini dans l'interview de la semaine dernière que j'ai partiellement traduite dans un autre article paru aujourd'hui, 6 mars 2010. Je n'ai moi-même pas fait allusion à ce contentieux hyperpolitisé jusqu'à présent dans Barrio de Tango parce que je trouve les arguments déployés par les adversaires de cette déclaration de l'UNESCO fort peu convaincants et l'énergie, pourtant si précieuse, fort mal employée dans ce combat là. Cette énergie qu'Ildefonso investit avec plus de fruits sans aucun doute dans l'organisation de ce festival. Les arguments des opposants à la déclaration internationale pourraient se résumer ainsi (en très gros traits) : cette déclaration ne servirait en fait que les intérêts économiques des grands groupes capitalistes qui exploitent le tango for export, donc déforme la culture tanguera authentique en la vidant de sa substance, pour en faire un ragoût insipide et inodore destiné au grand public international et aux touristes étrangers qui n'y connaissent rien et s'approprient le tango pour le consommer chacun à leur façon à l'étranger, en privant ainsi les artistes authentiques de leurs droits moraux et financiers légitimes. Tout n'est pas faux dans ce portrait au vitriol de la situation. Il n'est que de se reporter à l'article que Litto Nebbia a récemment publié dans ce même quotidien Página/12 (voir mon article du 1er mars 2010) ou de relire la lettre ouverte du poète Héctor Negro au Ministre portègne de l'Education l'année dernière (voir mon article du 30 mars 2009) pour se convaincre qu'il y a bel et bien en Argentine un combat homérique et inévitable entre les puissances d'argent et les artistes qui ont des choses à dire et auquel les premières ne laissent pas beaucoup d'espace pour s'exprimer. Mais croire ou dire que la déclaration va renforcer cette tendance prédatrice qui existe depuis que le tango est tango me paraît personnellement et depuis l'Europe où je réside, une vue de l'esprit et le fruit d'une analyse défaitiste et manichéenne de la situation, quelque dure que la réalité soit à vivre au jour le jour. Selon cette théorie du complot capitaliste, la déclaration serait l'initiative de Mauricio Macri, Chef du Gouvernement de la ville autonome de Buenos Aires et grand tenant de l'ultra-libéralisme en Argentine, y compris dans le domaine culturel. Elle n'aurait qu'un but : transformer le tango en une juteuse source de profit sans éthique au bénéfice de quelques uns et au détriment des artistes (et du public). Or l'initiative de poser la candidature du tango à l'UNESCO a été soutenue conjointement par les deux capitales voisines, Buenos Aires et Montevideo, politiquement à l'opposée l'une de l'autre. Qui plus est, du côté argentin, l'idée a été lancée non par Mauricio Macri (qui se l'est appropiée, ô combien) mais par son prédécesseur, Jorge Telerman, péroniste pur et dur, incontestablement de gauche et dont la politique culturelle n'est pas contestée. Bref, la déclaration unesquienne est et sera ce que les acteurs du secteur en Argentine et en Uruguay en feront. Quant aux majors et aux entreprises de tango for export, elles n'ont pas attendu cette inscription pour faire n'importe quoi avec le tango comme avec le reste, c'est à dire tout sauf de la qualité et du sens. Ce n'est pas une inscription au patrimoine de l'humanité qui leur permettra d'en tirer plus ou moins d'argent mais la crétinisation du public à laquelle elles s'emploient de toutes leurs forces depuis que le tango est né ou peu s'en faut, pour mieux vendre n'importe quoi à des acheteurs au discernement esthétique et intellectuel le plus amoindri possible. Et c'est à la tâche inverse, celle de promouvoir la vraie culture du tango et de donner au public la bonne information, y compris en dehors de l'aire linguistique hispanophone, que nous nous attelons, et nous sommes nombreux à le faire, sur toute la surface du globe. Aussi me paraît-il plus judicieux de mettre toutes nos forces dans ces actions-là que de les dépenser à nous battre contre ce que de vilains méchants affreux capitalistes pourraient faire d'une déclaration officielle ou d'une autre. Voilà un siècle que le pouvoir de l'argent essaye d'avoir la peau du tango et jusqu'à preuve du contraire, il ne l'a pas eue et il n'est pas prêt de l'avoir... Et ce Festival le démontre si tant est qu'il en soit besoin.
(2) Julio Coviello qui est aussi le premier bandonéon de la Orquesta Típica Fernández Fierro, vient de lancer en parallèle son propre quatuor. Il en a fait plusieurs essais au cours de l'année dernière, notamment au Sanata Bar (voir mes articles sur lui en cliquant sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, sous le titre de l'article).
(3) Milanesa : tranche généreusement panée et pôélée, de viande (boeuf ou génisse), de jambon, d'aubergine ou de fromage. Les Argentins adorent s'en faire de gros casse-croûtes très nourrissants, même si la tranche de viande (carne, qui ne désigne que la viande rouge), de jambon ou de fromage à l'intérieur est aussi fine que du papier à cigarette. Ce qui a donné l'expression idiomatique : la verdad de la milanesa (la vérité de la milanesa), une expression dont on se sert pour dénoncer les mensonges et les embrouilles en tout genre.
(4) le guitariste, bien connu des lecteurs de Barrio de Tango, pour ses prestations auprès du chanteur Cucuza le vendredi soir au Bar el Faro ou dans le groupe Guitarra Negra, conduit par Alfredo Piro, n'a pas pipé mot de toute l'interview.
(5) J'espère que les fidèles lecteurs de ce blog n'avaient pas besoin de cette précision pour avoir conscience de ce phénomène et qu'ils reviennent chez eux en ayant une idée du tango complètement différente.
(6) Si, si, ils le disent tout de même un petit peu, en tout cas au micro de Fractura Expuesta, sur la scène du CCC, au sein de la UOT... En tout cas, je l'ai entendu à plusieurs reprises, parole d'auditrice fidèle mais non argentine.
(6 bis) Cela, si, c'est vrai. Ils prennent bien soin de ne nuire à personne et s'auto-produisent en permanence sans s'appuyer sur le système. Et Dieu sait que ce n'est pas facile.

vendredi 5 mars 2010

Angel Pulice et Ruth de Vicenzo au Musetta pour le 1er Festival de Tango Indépendant [à l'affiche]

L'auteur-compositeur-interprète, Ángel Pulice, et sa partenaire, la chanteuse et accordéoniste Ruth de Vicenzo, seront mardi soir, le 9 mars 2010, à 21h, au Musetta Café, Billinghurst 894.

Ils se produiront en formation de quintette dans le cadre du 1er Festival de Tango Indépendant organisé par l'UOT (Unión de Orquestas Típicas) dont j'ai déjà annoncé l'ensemble de la manifestation à travers mon article du 22 février 2010.



Pour en savoir plus sur les artistes, cliquez sur leurs noms dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, situé sous le titre de l'article : ces mots-clés vous permettront de faire remonter tous les articles que je leur ai consacrés dans ce blog.

lundi 22 février 2010

1er Festival de tango indépendant du 6 au 14 mars [à l'affiche]

C'est une initiative conjointe de la Unión de las Orquestas Típicas et de l'émission de radio Fractura Expuesta que vous connaissez déjà bien pour les podcast hebdomaires dont ils nous régalent.
Vous retrouverez dans le programme de nombreux artistes et groupes déjà connus des lecteurs de ce blog :
le chanteur Cucuza et son alter ego musical, le guitariste, Moscato, le Cuarteto Julio Coviello, la orquesta El Afronte, la orquesta La Vidú, Alan Haksten, Analia Sirio, Angel Pulice et Ruth de Vicenzo, Dema et la Petitera, Tape Rubin et Juan Tata Cedrón.

Vous voyez aussi apparaître des lieux que vous connaissez déjà bien : la Esquina Homero Manzi, le Sanata Bar, le Bar El Faro, diverses milongas comme Gardel de Medellín ou La Viruta.

Parmi les conférenciers, le célèbre historien très engagé dans le mouvement péroniste, Norberto Galasso (la UOT et Fractura Expuesta, ce sont des partisans du tango résolument engagé à gauche toute). Il faut aller les écouter si vous vous trouvez à Buenos Aires cette semaine-là. Il est passionnant.



Le Festival s'ouvrira sur une grande milonga gratuite le 6 à partir de 18h, à ciel ouvert, dans la plus célèbre esquina chantée par le tango, la esquina San Juan y Boedo, celle qui ouvre la letra de Sur, de Homero Manzi et Aníbal Troilo, celle que je citais encore il y a quelques jours seulement au sujet des inondations que la capitale argentine a subies au cours de la semaine dernière.

Pour connaître le programme de ce festival hors norme et surtout complètement off par rapport au Gouvernement portègne, il faut consulter le site de l'UOT, dont vous trouverez le lien dans la Colonne de droite, dans la rubrique Grillons, zorzales et autre cigales.