Affichage des articles dont le libellé est Puerto Madero. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Puerto Madero. Afficher tous les articles

jeudi 16 mars 2023

La Milonga Federal fait sa rentrée au CCK ce soir [à l’affiche]

La Milonga Federal (compte Facebook du CCK)


Ce soir, jeudi 16 mars 2023, le CCK offre à tous ceux qui veulent y participer la Milonga Federal, une milonga différente, ouvertes à tous les danseurs, qu’ils veuillent danser avec une personne du sexe opposé ou une du même sexe (ce qui est contraire à la tradition), et à tous les styles de tango.

Il s’agit d’une grande soirée qui s’ouvre avec un cours à partir de 18 h, donné par Johana Copes et son partenaire David Palo, avant le bal proprement dit et la participation de musiciens, ce soir la chanteuse Adriana Varela.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

La Milonga Federal se tiendra tous les jeudis au CCK comme c’est le cas depuis sa création, avant la pandémie. Le CCK dépend du ministère de la Culture du gouvernement national. Il occupe l’ancienne Poste Centrale.

Entrée libre et gratuite, sans inscription préalable.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire la présentation sur le site Internet du Centro Cultural Kirchner

mercredi 30 janvier 2019

A Puerto Madero, régate de bienvenue à l’Année du Cochon [à l’affiche]

Régates 2018 (photo Maximiliano Faila)

Samedi prochain, le jour de la Chandeleur (peu fêté en Argentine), la communauté chinoise de Buenos Aires organise les régates du dragon pour fêter le Nouvel An chinois et l’année du Cochon, qui commencera le 5 février.

L'année dernière (photo Fernando de la Orden)

Comme l'année dernière, ces régates se disputeront dans le port de plaisance de Puerto Madero, non loin du Barrio Chino, installé depuis plusieurs années à Belgrano (1).

Les petites Argentines participent elles aussi aux festivités à Belgrano (photo F. de la Orden)

Depuis quelques années, les fêtes du nouvel an chinois cherchent leur place au soleil de la culture métissée de Buenos Aires et apparaissent comme un carnaval avant le carnaval et comme en plus, dans l’hémisphère sud, cela se passe en plein été et pendant les vacances, c’est un vrai atout touristique pour la capitale fédérale.

Sous les marquises, de quoi se restaurer de façon exotique ou plus classique
(photo Fernando de la Orden)

Les régates seront les bienvenues, un petit tour sur l’eau fera le plus grand bien à tout le monde, malgré l’effort, car actuellement la canicule règne sur l’Argentine et en particulier sur Buenos Aires.

Pour en savoir plus :
lire l’article de Clarín, qui propose aussi une sympathique galerie de photos.



(1) Et comme l’année dernière, à Paris, les mêmes festivités auront lieu le week-end suivant (dans le 13e arrondissement).

mercredi 12 octobre 2016

Coopération internationale : l'Argentine reçoit la reine Máxima [Actu]

La reine et le président, ce midi, à Olivos
Photo Casa Rosada
Cliquez sur l'image pour une très haute résolution

La reine Máxima des Pays-Bas est représentante de l'ONU pour l'intégration financière des pays émergents et en voie de développement à travers l'accès au crédit pour les personnes à faibles revenus (micro-crédits et autres aides à la croissance économique locale). Depuis hier, elle est donc en Argentine, son pays natal, pour présenter au Gouvernement argentin une proposition des Nations-Unies à laquelle le pays va adhérer.

La reine dispose d'une photo en une de La Prensa
mais pas la mieux placée

Elle a été accueillie avec curiosité et un certain enthousiasme par ses anciens compatriotes pour lesquels une visite royale est quelque chose de vraiment très très très exotique !

Elle a donné une causerie à l'université pontificale de Buenos Aires, dans ses très beaux locaux de Puerto Madero, les anciens docks transformés en bâtiments luxueux accueillant entreprises, restaurants chics et appartements de prestige.

La reine est en manchette à gauche dans une robe Givenchy
qui a tapé dans l'œil des chroniqueurs royaux d'un jour à la rédaction de Clarín

Aujourd'hui, la reine devait rencontrer le président argentin à la résidence de campagne de Olivos, à midi, où Mauricio Macri rendra aussi hommage à son prédécesseur Hipólito Yrigoyen, dont c'est aujourd'hui le centenaire de la prestation de serment...

La Nación, Clarín et La Prensa se régalent de glamour et de mondanités.
Página/12 ignore superbement cette présence qui lui est foncièrement désagréable (la reine est la fille d'un ancien ministre de l'agriculture de la dictature de 1976-1983). Il faut noter que, de son côté, si la presse néerlandaise s'intéresse à une tête couronnée, c'est de la visite aux Pays-Bas de la duchesse de Cambridge qu'elle s'intéresse sans dire un seul mot de la visite de sa reine dans son pays natal (1). Même le site Internet de la Famille royale des Pays-Bas est muet sur cette visite de la reine à son pays natal alors qu'un communiqué daté d'aujourd'hui annonce une visite que Máxima a à son programme pour le 17 novembre !

La file d'attente devant l'amphithéâtre où la reine devait s'exprimer hier, à la UCA

Pour en savoir plus :
lire l'article de La Prensa, qui mentionne la reine comme Máxima Zorreguieta, de son nom de naissance (en Argentine, les femmes mariées conservent leur propre nom), et non pas avec son identité de princesse consort d'un pays européen
lire l'article de La Nación sur la rencontre à la UCA
lire l'article de La Nación sur les entretiens bilatéraux avec les membres du gouvernement
lire l'article de Clarín, qui se transforme en Point de Vue, le temps de se passionner pour la garde-robe de haute couture de Sa Majesté
lire le communiqué officiel de la Casa Rosada sur l'entrevue entre la reine et le président (la présidence argentine confond allégrement la Hollande et les Pays-Bas !)
voir le communiqué minimaliste du Ministère des Affaires étrangères argentin (qui évite cette erreur de dénomination)

Página/12 préfère pour son compte se pencher sur la plainte en justice que des vétérans de la guerre des Malouines ont portée contre Susana Malcorra, la ministre des Affaires étrangères, qui vient de signer un accord de pêche et de navigation entre le continent et l'archipel, avec la Grande-Bretagne.



(1) Pourtant, si les noces du prince héritier avec la fille d'un ministre d'un régime dictatorial avaient choqué de très nombreux Néerlandais en leur temps, Amsterdam s'est vite mise à la mode argentine avec multipliant les parrillas pour proposer de la viande grillée aux palais locaux...

vendredi 8 avril 2016

Buenos Aires se transforme : grands travaux au Vieux Port [Actu]

Schéma La Nación

D'ici à 2019, des travaux importants, pour un budget 650 millions de dollars US, vont transformer profondément la ville de Buenos Aires dont le sud et le nord seront reliées par une voie souterraine réservée aux bus, aux cars de ligne (1) et aux poids lourds, de La Boca au nord de Puerto Madero, le long du Vieux Port, avec deux files dans l'un et l'autre sens sur 300 m de large. Cette voie sera recouverte d'une dalle piétonnière. Ce parcours de 6,7 km en voie rapide devrait considérablement améliorer les liaisons intra-urbaines entre les deux zones industrielles, celle du sud et celle du nord.

Parallèlement à la voie souterraine à toit piétonnier, existera une rue à l'air libre, à deux fois deux voies là encore, pour les voitures particulières. Cette rue existe déjà mais aujourd'hui, c'est une avenue infernale, bruyante et très dangereuse que double une voie ferrée sans guère de protection et sur la chaussée de laquelle transitent tous les poids lourds qui desservent le port industriel et commercial du nord et des particuliers qui conduisent leur véhicule comme un bolide sur un circuit au pied de la préfecture navale et des bâtiments de l'armée et de la gendarmerie... Là encore, on peut espérer une amélioration très nette en terme de circulation, de sécurité et d'urbanisme dans un coin plus que cossu de la ville, qui offre, le long de la berge, un cadre de promenade élégant et très agréable pour tout le monde.

La nouvelle infrastructure sera confiée à une société concessionnaire d'autoroute et les travaux assurés par un prêt international à hauteur de 400 millions, le reste étant partagé entre le promoteur qui élève les gratte-ciel dans le quartier de Puerto Madero (Corporación Puerto Madero) et la ville, qui vendra les 90 000 m2 couverts par la ligne de chemin de fer qui traverse encore le quartier qui accueillait autrefois les grands transatlantiques de transport de passagers. Encore faudra-t-il que la Legislatura vote ce plan d'urbanisation. Si la chambre le fait, les travaux pourront débuter à la fin de l'année.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Clarín, qui offre en prime une démonstration vidéo.



(1) Le transport de voyageurs se fait beaucoup par des lignes de cars ultra-confortables, qui sillonnent le pays en tout sens, surtout la nuit, pour des prix largement plus raisonnables que ceux pratiqués par les compagnies aériennes. Ces lignes remplacent les chemins de fer qui ont presque tous été supprimés pendant les deux mandats ultra-libéraux de Carlos Menem dans les années 1990.

jeudi 25 février 2016

Exposition sur l'Antarctique argentine à Puerto Madero [à l'affiche]

La Base de Marambio (sans doute en été : il faut jour !)
Photo Ministère argentin de la Défense

Jusqu'au 4 mars 2016, le Ministère de la Défense propose une exposition sur la présence humaine sur l'Antarctique argentine. L'armée nationale, qui dispose du matériel spécifique, dont est démuni le ministère des sciences et des technologies, assure une présence permanente sur le continent blanc depuis 1904 sur l'actuelle base Orcadas sur l'île Laurie dans l'archipel Orcadas.

Les équipes scientifiques et militaires vivent sur la calotte glacière, qui mesure deux kilomètres de profondeur en moyenne sur le cône antarctique dépendant de la souveraineté argentine. Les températures y varient de 0° l'été à -60° C l'hiver. On a pu enregistrer un minimum de -82° C !

L'Argentine compte aujourd'hui une trentaine de bases dans lesquelles vivent et travaillent deux cents scientifiques. Le pays maintient désormais six bases permanentes sur cette partie extrême de son territoire.

L'exposition photographique se tient dans le grand Hall de l'immeuble Libertador, situé entre les rues Alsina et Paseo Colón, tout près du Vieux Port de Buenos Aires. Elle a été inaugurée hier par le ministre en personne. L'entrée est libre et gratuite.

A quelques pas de là, amarrée sur le quai droit de Puerto Madero, on peut aussi visiter la corvette d'exploration polaire Uruguay, qui assura les liaisons exploratoires jusqu'au pôle Sud depuis 1903 jusqu'à 1960, année où elle fut désarmée pour devenir un bateau-musée.

Pour aller plus loin :
lire le communiqué officiel du ministère de la Défense
lire la page consacrée à la corvette ARA Uruguay sur le site de la Marine nationale argentine.

samedi 31 octobre 2015

Des reconstitutions historiques au Ministère de la Défense [à l'affiche]


En cette Noche de los Museos 2015, le Ministère de la Défense propose ce soir, samedi 21 octobre 2015, dans ses locaux du port de Buenos Aires, un certain nombre de reconstitutions historiques autour des deux tentatives d'invasion britannique en 1806 et 1807 où les Portègnes, en l'absence du vice-roi parti protéger le trésor royal à Córdoba, se transformèrent en soldats pour défense leur territoire attaqué par des régiments écossais de Sa Gracieuse Majesté.

La ACARHI, l'association américaine des reconstitutions historiques, donnera deux spectacles d'une part du musée du Régiment Patricios, le héros de la défense de Buenos Aires puis, quatre ans plus tard, de la Révolution de Mai, à Palermo, de 20h30 à 21h30, puis à 22h45 au siège de la Préfecture maritime, bâtiment Libertador, sur le port de Buenos Aires, pour un son et lumière avec quelques armes de l'époque et leurs répliques, pour évoquer les combats qui se tinrent là sous la direction de l'Argentin Manuel Belgrano et de l'aristocrate français Santiago de Liniers.

Plusieurs fanfares participeront à ces deux moments de la soirée, dont quelques unes appartenant à l'Armée.



Côté militaire, le musée du Régiment des Grenadiers à cheval proposera lui aussi son programme habituel : visites commentées du musée qui retrace le rôle qu'a tenu ce corps dans la conquête de l'indépendance et abrite de nombreux documents et objets ayant appartenu au général José de San Martín, démonstrations équestres et concert de la Fanfarría Alto Perú, la plus célèbre formation de musique militaire de tout le pays.

Pour plus de détail sur l'ensemble de cette nuit, consultez le programme en ligne de la manifestation et connectez-vous à sa page Facebook.

mercredi 5 août 2015

Le baleineau qui a bouché le port de Buenos Aires (1) [Actu]

Dessin de Ricardo Siri Liniers
extrait de sa page Facebook
Le cétacé ne semble toutefois pas en état de sauter d'aussi belle façon
du côté du Puente de la Mujer, fierté architecturale du quartier

Lundi dernier, un baleineau de six mètres de long, dont il a été difficile de déterminer l'espèce, a créé l'attraction de l'hiver dans le port de plaisance qui borde Puerto Madero. L'animal semblait mal en point, portait des lésions cutanées et barbotait dans les eaux pas très propres et surtout douces du vieux port de Buenos Aires. Il semble que ce juvénile ait eu un problème de santé qui a perturbé son sens de l'orientation qui le conduisait des eaux du cercle polaire ou celles de la Péninsule de Váldez jusqu'à celles, plus chaudes, où ces cétacés passent la saison froide au large du Brésil. Il est en effet tout à fait anormal que l'animal géant, qui a besoin d'eau salée pour vivre, soit remonté si haut dans une masse d'eau douce peu profonde.

Les journaux en ont parlé, ça détend en cette dernière semaine de campagne électorale avant les PASO, les primaires ouvertes et obligatoires qui vont permettre d'écrémer les candidats à la présidence nationale, ainsi que ceux qui briguent les gouvernorats dans six Provinces qui s'alignent sur la date nationale (2).

Lundi dernier, à Puerto Madero, au pied d'une des grues du Vieux Port de marchandises
Photo AP, Natacha Pisarenko

Hier, une équipe spécialisée, composée de militaires de la Préfecture Navale et de scientifiques de la Fundación Cethus, qui croule sous les appels du public ému ou curieux, ont tenté d'escorter l'animal jusqu'en haute mer, au-delà de l'embouchure du Río de la Plata. Sans résultat. L'animal a faussé compagnie à son escorte pendant deux heures au beau milieu de la nuit puis il est réapparu, vers 4 heures du matin, dans le Vieux Port. Le baleineau, qui peut avoir deux ans, qui est stressé et carencé du point de vue alimentaire, reste donc égaré très loin de sa route migratoire sans que le phénomène ne puisse trouver d'explication satisfaisante. Qui plus est, une tempête typique du Río de la Plata, la sudestada, s'est levée dans la journée d'hier, compliquant encore un peu plus les opérations. Impossible pour les zodiacs de la Préfecture de sortir sous un gros temps de ce type.

Dans les eaux douces et limoneuses du Río de La Plata, affectées par la pollution d'un port de plaisance situé en aval du port industriel, le baleineau est en danger de mort. Aussi la Préfecture Navale met-elle tous ses moyens logistiques pour tenter de le sauver, appuyée par le Secrétariat d'Etat à l'Ecologie et différents spécialistes issus de plusieurs institutions océanographiques de Patagonie, qui sont eux-mêmes en ce moment occupés aux nombreuses missions d'observation des migrations.

La population de cétacés et surtout de baleines est l'une des fiertés de l'Argentine qui veille scrupuleusement sur les sanctuaires marins qu'elle leur a établis le long de ses côtes.

Pour en savoir plus :
consulter la page Facebook de la Fundación Cethus, prise de court par cet accident inouï.



(1) Para mis lectores no-francohablentes: este título es una alusión a una expresión de Marsella, "la sardine qui a bouché le port de Marseille". Algún día lejano un barco, La Sardine, cierró accidentalmente este puerto estratégico para el comercio de toda Provenza. Ahora los franceses confunden el barco con el pescado chiquito (sardina) y atribuyen el refrán al berretín de los marsellesos conocidos por exagerar siempre. La sardine qui a bouché le port significa que una explicación no vale por no tener proporción con el hecho.
(2) Mendoza, Santa Fe, Tierra del Fuego et la Ville Autonome de Buenos Aires ont déjà passé le cap des élections provinciales au gouvernorat.

mardi 10 mars 2015

Quand le Pape salue le centenaire de la faculté de théologie de Buenos Aires [Actu]

Illustration extraite du site Internet de l'UCA

Le Pape François a salué le centenaire de la faculté de théologie de Buenos Aires, l'une des premières facultés de la UCA, l'Université catholique, dont il a été chancelier en sa qualité d'archevêque de la capitale argentine.

Sa lettre à son successeur, le cardinal Mario Poli, a été rendue publique par le Vatican (1) : François y parle de la mission du théologien, qui doit lui aussi être un pasteur, un évangélisateur conscient des réalités de son temps, plutôt qu'un intellectuel hors sol comme il y en a beaucoup dans toute l'Eglise universelle.

L'UCA a en fait été fondée à deux reprises, comme Buenos Aires (2). Il y eut une première tentative qui dura dix ans, de 1910 à 1920 (3). Puis près de quarante ans plus tard, presque comme dans le cas de Buenos Aires au XVIème siècle, l'aventure repartit en 1958 et c'est cette UCA-là qui fonctionne aujourd'hui dans les superbes bâtiments de briques qui bordent les bassins d'amarrage de Puerto Madero. L'UCA a obtenu la reconnaissance du Saint Siège en 1960, alors que Eduardo Pironio se trouvait à la tête de la faculté de théologie, un éminent théologien, l'un des fondateurs de la théologie de la libération première manière (4), futur archevêque de Mar del Plata (1972-1975) et membre de la Curie, où il fut appelé par Paul VI qui le sauva ainsi des menaces de mort qui lui étaient adressées, venues de la gauche comme de la droite, dans ces temps troublés et violents que traversait déjà l'Argentine bien avant le coup d'Etat de mars 1976 (5).
Mauricio Macri ou la reine Máxima des Pays-Bas ont fait leurs études à l'UCA, qui a formé une bonne partie de l'actuelle droite argentine (celle des quinqua et quadragénaires). Dans les vingt premières années, elle a formé surtout des hommes d'Eglise, des médecins, des juristes, des historiens et des philosophes.
Sa bibliothèque en ligne, en accès libre depuis le site Internet, est l'une des plus fournies d'Argentine, pays où les universités et autres institutions académiques commencent tout juste à numériser leurs fonds documentaires.

A titre de comparaison, en 2011, l'UBA, l'Université de Buenos Aires, la rivale laïque, fondée en 1821 par Bernardino Rivadavia, fêtait en grande pompe ses 190 ans en septembre 2011, comme je vous l'avais montré à travers un Retour sur Images. Elle a elle aussi formé de très nombreuses hautes personnalités de l'Argentine et s'en enorgueillit tout autant.

Photo extraite de la page Facebook de l'UCA

Pour aller plus loin :
lire la lettre en espagnol (avec traduction en italien) publiée par le site du Vatican News VA ou ici, le texte sans traduction ni commentaire. Dans cette autre version en espagnol, les deux fautes OCR ont été corrigées et la formule d'appel a été modifiée : on passe de "Estimado hermano" à "Querido hermano", une expression plus personnelle (l'adjectif querido/a s'emploie pour une personne intimement amie, ce qui est le cas en l'espèce).
lire le commentaire en espagnol du service de presse du Vatican
se connecter à la page Facebook de l'institution.

Ajout du 20 mars 2015 :
lire l'article en français de News Va sur la consécration d'une église dans les bâtiments de l'UCA
lire l'article en espagnol sur cette consécration (avec document audio).



(1) Avec des fautes de frappe, sans doute dues à un scanner suivi d'une lecture OCR : estimarlo (au lieu de estimado) et cat6lica (au lieu de católica).
(2) Sur les grandes dates historiques, voyez le Vademecum historique qui se trouve dans la partie médiane de la Colonne de droite.
(3) Curieusement, ces dates sont aussi celles d'un haut lieu du tango au début du XXème siècle. Un lieu de plaisir et de divertissement de la haute société, celle-là même qui, au-delà de ses frasques, soutenait de ses fonds l'université confessionnelle. El Armenonville, un restaurant où Carlos Gardel lança sa carrière en 1913 en duo avec José Razzano et où il créa Mi noche triste, le premier tango qu'il ait jamais chanté à la fin de l'année 1916...
(4) Ce courant théologique a ensuite connu différentes dérives temporelles qui ont conduit à la condamnation de l'ensemble par Jean-Paul II. Depuis l'élection du Pape François, un certain nombre de travaux, fidèles à l'enseignement du concile Vatican II, sont remis à l'honneur parce qu'ils correspondent à un besoin pastoral de l'Eglise en Amérique du Sud, dans les circonstances socio-économiques qui sont les siennes.
(5) Eduardo Pironio (1920-1998) a été déclaré Vénérable Serviteur de Dieu. Son procès en béatification est en cours, très soutenu par l'archidiocèse de Mar del Plata et par le diocèse de Mercedes-Luján. Il a en effet été l'un des grands architectes du développement des pèlerinages mariaux vers la Virgen Gaucha,comme on l'appelle dans la Province de Buenos Aires. C'est aussi une personnalité qui a fortement marqué l'actuel Pape dans son parcours ecclésial. Il est enterré dans la basilique de Notre-Dame de Luján.

dimanche 11 janvier 2015

Je suis Charlie [ici et dans le monde entier]

Aujourd'hui, grande manifestation silencieuse à Paris pour défendre la liberté et la démocratie et rendre hommage aux victimes des attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015 à Paris et à Montrouge.

Comme tous mes compatriotes et au-delà d'eux :


A Buenos Aires, le ministère de la culture portègne appelle à un rassemblement solidaire au tout jeune musée de l'Humour, demain, lundi 12 janvier 2015, à 19h.



Il s'agit d'un musée très récent, puisqu'il a ouvert en juin 2012 sur la Costanera Sur, Avenue des Italiens, à Puerto Madero.

Pour en savoir plus :
lire le communiqué officiel du Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires.

vendredi 3 janvier 2014

1er et 2 mai à Buenos Aires : le Roman national argentin continue [Human Trip]

Patio du Museo Mitre, avec la statue du maître de maison
Nous poursuivons notre parcours culturel dans la capitale argentine avec l'agence de voyage équitable Human Trip, qui commercialise et opère depuis la France (Aix-en-Provence) ce séjour de deux semaines que j'ai conçu et que j'accompagnerai sur place, du 24 avril au 8 mai 2014, pour 2 740 € par personne (tout compris, à part quelques repas laissés libres), dans un bel hôtel du centre-ville (quartier de Monserrat).

Ces deux jours, au milieu du voyage, s'organiseront autour d'une journée libre (le 1er mai, férié comme presque partout ailleurs dans le monde) et d'une nouvelle journée thématique axée sur l'immigration massive entre 1880 et 1930 et les déclinaisons idéologiques et politiques que cet afflux de population pan-européenne, multilingue et pauvre a suscitées dans ce pays neuf en pleine construction.

Le jeudi 1er mai sera donc une journée de liberté puisque de nombreuses activités sont proposées dans Buenos Aires ce jour-là : certains musées sont ouverts, de nombreux restaurants aussi et même des commerces (mais évitez tout de même les magasins à touristes, c'est cher et la plupart des souvenirs sont made in China). Par ailleurs, à Palermo, à partir du 24 avril, se tiendra la quarantième Feria del Libro, le Salon du Livre de Buenos Aires, la plus grosse manifestation de ce type en Amérique du Sud, avec ses nombreux stands d'éditeurs et d'institutions (dont la Ville de Buenos Aires et le Secrétariat d'Etat national à la Culture), ses conférences, ses projections, ses rencontres avec des auteurs venus de tout le pays et bien au-delà présenter et signer leurs derniers ouvrages, le tout pendant deux grosses semaines d'activités incessantes.
On s'y rend facilement en métro, le centre des expositions se trouvant à deux pas de Plaza Italia, bien reconnaissable avec son monument à Garibaldi.
Des activités communes pourront être proposées au groupe en fonction des desiderata exprimés et des disponibilités du jour.

Arrivée du jour à l'hôtel des Immigrés à la fin du XIXe siècle

Le lendemain, nous aborderons donc cette période charnière de la construction nationale de l'Argentine qu'a été l'ouverture des frontières en grand et qui vit la capitale aussitôt débordée par l'afflux d'immigrants. A la même époque, en effet, après le baby-boom consécutif aux guerres napoléoniennes et l'amélioration rapide des conditions de vie grâce à la révolution industrielle, l'Europe souffrait d'un excédent démographique qui se déversait en flot continu dans les ports de New-York, de Sydney et de Buenos Aires... Et c'est donc à cette époque-clé que le tango a commencé à prendre sa forme définitive, comme j'aurai l'occasion de vous l'exposer dans ma prochaine conférence, mardi 7 janvier à 20h, à la Maison de l'Argentine à Paris (Cité Internationale Universitaire).

Ce 2 mai s'organisera donc autour de deux pôles complémentaires :
d'un côté, le port, tel qu'il est aujourd'hui (et il a bien changé) et la Grande Immigration,
de l'autre ce qu'on appelle traditionnellement la "république conservatrice", c'est-à-dire gouvernée par les patriciens portègnes (1), une droite anglophile, favorable au grand commerce et au libre-échange, tout droit descendue de Bernardino Rivadavia, fondateur de ce grand courant de l'époque révolutionnaire et que nous aurons rencontré à travers nos parcours autour de la Révolution de Mai et du Général San Martín.

La Douane Taylor (Aduana Taylor) au fond, en 1888,
et les lavandières travaillant sur la rive du Ríp de la Plata

Après le petit-déjeuner, que le Monserrat Apart Hotel propose sous forme d'un buffet libre-service, je vous dresserai une esquisse de cette époque mouvementée dans la salle de conférence de l'hôtel puis nous prendrons la direction du Vieux Port, l'actuel quartier, hyper-chic, de Puerto Madero, issue de la réhabilitation de luxe des vieux quais où toute cette population s'est déversée pendant cinq décennies avec une seule interruption, celle de la Grande Guerre. C'est là qu'est arrivée un jour une Française de Toulouse, nommée Berthe Gardes, son petit garçon de deux ans dans les bras, un bébé qui allait devenir le plus grand chanteur de tango de tous les temps. Il s'appellera Carlos Gardel, vous l'aviez deviné.

Cette partie du port est désormais réservée à la navigation de plaisance. Les vacances en pleine cité urbaine : on se croirait sur la côte d'Azur ou la Costa Blanca. Le musée de l'immigration, que nous visiterons s'il est ouvert, occupe le bâtiment d'un ancien centre d'accueil fort peu accueillant, où s'entassaient les immigrants que n'attendaient ni amis ni famille (ce n'était pas le cas de Berthe Gardes, à qui ses amis sur place épargnèrent la promiscuité épouvantable de cet avant-goût de purgatoire). Le long des quais, de nos jours, sont amarrés deux splendides navires à voile et à moteur transformés en musées nationaux : l'ancien navire-école de la marine argentine, la frégate ARA Sarmiento, désarmée lorsque la Libertad a été mise en service (voir mon article sur le rapatriement il y a un an de ce somptueux trois-mâts de la Marine argentine) et un navire d'exploration antarctique, lui aussi désarmé, la corvette ARA Uruguay (2).

Pour le déjeuner, deux solutions s'offriront à nous : pique-niquer devant ce cocktail de gratte-ciels et d'eau qui composent un paysage improbable et peu bruyant, typiquement portègne, dont la classe possédante a fait disparaître toute trace de souffrance et d'humiliation sociale en transformant docks et grues en décor d'industrie élégante, ou déjeuner, un peu à la française, dans l'un des restaurants huppés du coin. Deux façons d'aborder cette ville profondément contrastée...

Dans l'après-midi, retour à Monserrat : nous visiterons le musée Mitre, dans la rue San Martín.
Un musée national établi au domicile de Bartolomé Mitre (1821-1906), grand intellectuel de la droite, inspirateur de la pensée dominante argentine, historien qui fixa l'interprétation officielle de la Révolution de Mai et les biographies des grands héros que furent San Martín, Belgrano et Pueyrredón, patron de presse (il a fondé le quotidien La Nación, toujours dirigé par l'un de ses descendants), officier unitaire portègne, Gouverneur de la Province de Buenos Aires (1860-1862) et même Président de la Nation (1862-1868).
Ce personnage ambigu et fondamental, nous l'aurons déjà découvert le premier jour, en visitant le musée national du Bicentenaire, sous la Casa Rosada.

Mitre aujourd'hui : sur le billet de 2 pesos
Au revers, la façade du musée Mitre, rue San Martín

Véritable bête noire de la gauche argentine actuellement à la barre, l'homme était pourtant un intellectuel brillant, un érudit, propriétaire d'une bibliothèque qui fait encore autorité à juste titre (et qu'on peut consulter tous les mercredis, à condition de prendre rendez-vous), étonnant auteur d'un dictionnaire bilingue pampa-espagnol (3) et si on lui reproche aujourd'hui ses écrits manipulatoires pleins de partis-pris (4), il se comporta la plupart du temps comme les historiens de son siècle, tous plus politiciens et militants que chercheurs scientifiques comme nous l'entendons aujourd'hui. En fait, après un début du XIXème siècle où l'on avait vu quelques esprits encore sous l'influence des philosophes des lumières tenter de se tenir à bonne distance de leur sujet d'étude (5), dans la seconde moitié du siècle on ne voyait dans l'histoire qu'un outil de gouvernance comme le sont aujourd'hui les promesses électorales qui n'existaient guère dans cette république reposant sur le suffrage ultra-censitaire et surtout oral (6).

Le musée est une maison typiquement patricienne à visiter pour elle-même. Elles sont peu nombreuses à Buenos Aires, où, heureusement pour nous, les demeures de Sarmiento (dans le quartier de Belgrano) et celle-ci ont été préservées.
Côté muséographique : l'exposition permanente se compose de deux collections distinctes, l'une sur la vie et l'œuvre politique et militaire du prócer (comme on appelle en Argentine les grands personnages historiques), l'autre est constituée de documents historiques rassemblés par Mitre lui-même, parmi les archives et les souvenirs de Belgrano, San Martín et Pueyrredón, qui lui ont été cédées par les familles respectives des trois héros (próceres eux aussi) et qu'il a longtemps considérés comme des curiosités participant de son patrimoine privé alors qu'il les avait obtenus en usant de son mandat officiel de président du pays ! (7)

Juan Vattuone au Torquato Tasso
(retrouvez-le dans l'écran de veille que je vous propose cette année)

Pour la soirée, nous irons écouter de la musique, dans un bistrot ou un centre culturel de quartier, comme le font les Argentins, qui y dînent avant le spectacle, à la bonne franquette et à des prix très abordables... Nous irons écouter ce que l'affiche nous proposera ce soir-là. Le droit au spectacle est inclus dans le prix du voyage, le repas reste libre.

* * *

Pendant tout le voyage, nous séjournerons au Monserrat Apart Hotel, qui propose des chambres équipées d'une kitchenette, où il est donc permis de prendre un repas léger. Ce mode d'hébergement permet d'équilibrer le budget et le régime alimentaire de chacun (c'est nettement moins cher et beaucoup plus sain que de prendre tous ses repas au restaurant car cela évite les commissions léonines des intermédiaires en tout genre. Et Dieu sait s'ils sont gourmands !)
Vous pouvez consulter le site Internet de cet hôtel, les informations reflètent la réalité de l'établissement.
Le Monserrat Apart Hotel dispose aussi d'une page Facebook.

Le programme complet du séjour est disponible en format imprimable sur mon site Internet et en lecture en ligne sur le site de l'agence Human Trip, qui est à votre disposition pour répondre à toutes vos questions (conditions de vente, modalités de paiement et d'inscription et toutes les autres questions techniques).
Ce séjour comporte plusieurs soirées libres, notamment à l'intention des danseurs de tango qui souhaitent profiter des milongas portègnes.

* * *

Grâce à son correspondant sur place, Human Trip peut vous proposer des extensions vers d'autres destinations, tant en Argentine que dans les pays limitrophes, à l'intérieur des dates prévues (vous pouvez sauter des étapes de notre séjour si vous le souhaitez), soit avant l'arrivée du groupe, le 25 avril, soit après son départ le 7 mai.
L'agence est à votre service
pour vous construire un programme sur mesure.
Contactez-la par mail (info@humantrip.fr
ou par téléphone (04 86 11 01 71).

* * *

Pour en savoir plus sur les éléments de ces deux jours :
Visitez le site Internet de la Feria del Libro (quelques points du programme commencent à être annoncés)
Connectez-vous à la page Facebook de la manifestation

Pour en savoir plus sur les quartiers concernés par ces deux journées, cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.
Pour accéder à l'ensemble des articles concernant ce voyage, cliquez sur le mot-clé Human Trip.



(1) Cette époque est dominée par la politique unitariste, qui suivit la phase fédérale, avec l'impérialisme portègne de Rosas de 1835 à 1852 (voir mon article sur la journée à Palermo) suivi du fédéralisme de l'intérieur, sous l'impulsion du général Justo José Urquiza de 1852 à 1861. Général Urquiza que Mitre contribua à chasser définitivement du pouvoir à la bataille de Pavón (17 septembre 1861) : lassé par les soulèvements trop fréquents des partisans de l'unitarisme portègne, Urquiza préféra lui laisser la victoire pour éviter un massacre fratricide. Tant et si bien que Mitre est un général qui n'a jamais connu de vraies victoires, ce qui n'a pas empêché qu'il soit présenté aux écoliers argentins comme un immense héros militaire (qu'il n'a jamais été).
(2) Le sigle ARA précède les noms des bâtiments militaires. C'est l'abréviation de Armada de la República Argentina (Marine de la République argentine).
(3) La langue pampa est celle que parlaient les Amérindiens de la Province de Buenos Aires. De la part de Mitre, on s'attend à tout, sauf à cet intérêt pour un phénomène culturel aborigène tant sa politique fut hostile aux premiers habitants du Nouveau Monde, considérés pendant son mandat et longtemps après comme des sauvages sans aucun droit et bientôt comme des sous-hommes à exterminer (1870).
(4) Certains de ses contemporains eux-mêmes les avaient déjà dénoncés, notamment Carlos Guido Spano, considéré comme un grand poète de son temps. Il était le fils de Tomás Guido, compagnon politique et militaire de San Martín, et Mitre avait fait passer par pertes et profits le vieux révolutionnaire, qui avait travaillé aux côtés de Pueyrredón puis de San Martín, en Argentine, au Chili et au Pérou. Guido mourut en 1866 et Mitre, alors chef d'Etat, eût l'indécence de ne pas lui rendre hommage et s'abstint même de visiter la famille endeuillée, ce qui constituait un affront délibéré. Tout ça parce que Guido, comme San Martín, s'était abstenu de participer à la guerre civile entre fédéraux et unitaires, de son déclenchement en 1820 jusqu'à sa mort, alors que le conflit persistait. Inutile de vous préciser que les accusations portées par Carlos Guido Spano contre Mitre et ses adeptes, notamment dans la Revista de Buenos Aires, sont saignantes...
(5) J'en montrerai quelques exemples dans mon prochain livre qui approfondira la figure de José de San Martín.
(6) On parlait alors de voto cantado (vote chanté). On votait à haute voix, à main levée ou avec bulletin mais sans isoloir. Ainsi donc, dans le petit cercle des électeurs où tout le monde connaissait tout le monde, chacun savait ce que les autres votaient tant et si bien que le scrutin relevait souvent d'une entente préalable au sein d'un groupuscule dominant, tantôt à travers des discussions en loge maçonnique, tantôt au cours d'un déjeuner dominical d'après-messe présidé par le Nonce apostolique ou l'évêque du lieu, deux techniques impeccables qui permettaient de dégager facilement des majorités on ne peut plus confortables... A la même époque, en France, les collèges électoraux du Second Empire se chauffaient peu ou prou du même bois.
(7) Mitre est un exemple de la pratique ordinaire de la corruption et du népotisme dans cette belle société unitaire de Buenos Aires qui monta à des niveaux inouïs à l'époque suivante connue sous le nom de Generación del Ochenta (1880-1916).

jeudi 1 août 2013

Un incendie ravage la Reserva Ecológica [Actu]


Hier soir, à 19h30, heure locale, un incendie s'est déclenchée dans la réserve écologique qui longe une partie de Puerto Madero, un bout de lande gagnée sur le fleuve et où toute une faune ornithologique niche au gré des saisons à quelques centaines de mètres des gratte-ciels de l'ancien port (devenu le coin le plus chic et le plus cher de la capitale argentine) et de la City (son quartier des affaires autour des premières cuadras de la rue San Martín).

L'incendie, sans doute d'origine criminelle, a pris sur une langue de terre de 150 m sur 50 avant de se développer à grande vitesse à cause de la sécheresse d'une végétation abondante (l'hiver, c'est la saison sèche à Buenos Aires).

Le parc était déjà fermé, la nuit était tombée, il n'y a donc pas de blessé humain. En revanche, les dégâts écologiques, botaniques et zoologiques sont sans doute très importants. Et l'obscurité rend le spectacle particulièrement lugubre et angoissant.

Cette après-midi, heure de Paris, on annonçait seulement que le feu était sous contrôle mais les dix brigades de pompiers engagés dans l'opération étaient encore à la tâche.

Ce n'est pas le premier incendie qui sinistre cette zone bucolique et très plaisante, véritable bijou du patrimoine naturel de Buenos Aires, mais elle n'en avait jamais subi aucun d'une telle gravité.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 à l'aube
lire la dépêche de Télam en cours de matinée (heure de Buenos Aires)

lundi 15 octobre 2012

Buenos Aires, le roman national argentin et la culture populaire, jours 8 et 9 [Agenda Barrio de Tango]


Un frutero du marché de San Telmo (à la fin du mois d'août, avec les premières fraises, en bas à gauche)

Nouvel épisode de ma série d'articles hebdomadaires où je décris, depuis le 18 septembre, le programme du séjour culturel à Buenos Aires que je vous propose pour le printemps prochain, qui sera aussi l'automne portègne (donc avec une faible différence de température).

Résumé des épisodes précédents (pour lire les articles concernés, cliquez sur le lien) :
La synthèse initiale du programme des 14 jours (article du 18 septembre)
le programme des jours 2 et 3 (le jour 1 est celui du vol aller)
Tous ces articles sont rassemblés sous le mot-clé Viaje, sur lequel vous pouvez cliquez dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

Aujourd'hui, je vous présente le programme des jours 8 et 9, conçus sur un samedi et un dimanche (on pourrait penser à modifier certains détails sur des jours de semaine en tenant compte du calendrier variable de musées cités ci-dessous).

Une grande partie de ces deux jours sera occupée par de longues promenades à pied, où nous irons à notre rythme, tranquillement, sans rechercher le record de kilomètres parcourus mais en prenant le temps de savourer visites et parcours, avec, le cas échéant, quelques pauses dans tel ou tel café que nous trouverons sur notre chemin...

Le 8ème jour du séjour sera consacré à découvrir la vie quotidienne d'hier et d'aujourd'hui.
Nous commencerons donc par une visite du musée de la Ville de Buenos Aires, Museo de la Ciudad, en fonction des expositions qui s'y tiendront à ce moment-là, le musée disposant de plusieurs locaux, tous dans le même bloc architectural, situé à l'angle des rues Alsina et Defensa. Ce musée est installé dans un ancien hôtel particulier, transformé ensuite en plusieurs appartements L'actrice et comédienne argentine Niní Marshall (1903-1996) y passa une partie de son enfance (elle était née dans le quartier de Caballito) et le musée lui rend d'ailleurs un discret hommage. Elle fut surtout une interprète comique, d'un talent qui a marqué plusieurs générations, une sorte d'Arletty argentine, pour vous donner une idée de la manière dont ce nom résonne dans la mémoire nationale...

Sur le site Internet du musée, hébergé par le portail de la Ville de Buenos Aires, vous trouverez un "tour virtuel" (recorrido virtual) au contenu très "touristique" au sens grassement commercial du terme. C'est passablement décevant à regarder mais ça vous permettra de reconnaître et repérer un peu les lieux une fois sur place (tout est photographié un dimanche d'été, pendant la feria de San Telmo, laquelle est en train de perdre son caractère convivial et authentiquement populaire pour devenir un centre commercial à ciel ouvert pour gadgets internationaux.... Préférez donc et de loin les pages consacrées aux collections, aux expositions temporaires, à l'histoire du quartier et du musée, si toutefois vous lisez l'espagnol car le site est unilingue).

Dans les alentours immédiats, on trouve encore pas mal de bâtiments d'un grand intérêt historique. Nous verrons, à quelques mètres de là, la façade de la maison de María Josefa de Ezcurra, la belle-sœur de Juan Manuel de Rosas (voir le programme des jours 6 et 7 consacrés aux quartiers de Palermo et de Recoleta) et la supposée et sans doute éphémère maîtresse de Manuel Belgrano. Cette vieille demeure cossue du 19ème siècle est en cours de restauration, elle n'est donc pas encore ouverte au public. Croisons les doigts : si elle l'est enfin en mai prochain, on la visitera !

A quelques centaines de mètres de là, se dresse le mausolée du général Belgrano (1770-1820), l'autre grand héros de l'indépendance avec José de San Martín. Il repose dans un tombeau monumental, veillé par deux flammes éternelles, dans le patio du couvent Santo Domingo, toujours occupé par une communauté dominicaine, le long de Avenida Belgrano.

Fils d'un couple d'Italiens ayant immigré (déjà !) à Buenos Ayres comme on écrivait alors, Don Manuel fut un juriste, un économiste, un homme de lettres, un traducteur, un fondateur d'écoles primaires et d'écoles techniques. Il se transforma en chef d'armée pour reprendre Buenos Aires aux Anglais en 1806 main dans la main avec Santiago de Liniers, ce Français qui s'était mis au service du roi d'Espagne et que l'administration coloniale de Buenos Aires allait nommer elle-même vice-roi en 1807 (nous aurons visité ce qu'il reste de la maison de Liniers au jour 2 de notre séjour).
En mai 1810, Belgrano fut l'un des membres de la Junta de Mayo (collège gouvernemental) qui remplaça le vice-roi Cisneros, déposé la veille (voir mes articles de mai 2010 sur cette Semana de Mayo). Par la suite, il se battit dans le Haut-Pérou (1), qu'il chercha à maintenir dans la juridiction de Buenos Aires de 1811 à 1820. En 1812, Belgrano fut le créateur du drapeau national (dont on a fêté au début de cette année les 200 ans).
De sa vie privée, à part des ragots destinés à le déconsidérer aux yeux du peuple qui ne cessa de l'admirer et de l'apprécier, on sait peu de choses mais il a eu une relation amoureuse avec María Josefa de Ezcurra et il en a eu un fils, que ce catholique dévot et pratiquant n'aurait jamais reconnu. A ce que l'on peut reconstituer, il fut éduqué par Juan Manuel de Rosas qui lui donna son nom en premier patronyme, accolé à celui de Belgrano, qui apparaissait ainsi comme le nom de la mère, ce qui avait sans doute pour objectif de préserver l'honneur de María Josefa.
Belgrano mourut chez lui, à Buenos Aires, des suites du paludisme contracté en 1812 à Tucumán, épuisé par la maladie et tant d'années de lutte dans des conditions matérielles et politiques épouvantables. Pour autant qu'on puisse le savoir aujourd'hui, la cause immédiate de sa mort fut un œdème (le diagnostic de l'époque est celui d'une hydropisie).
Dans un premier temps, il fut enterré comme un miséreux, qu'il était devenu en ayant tout sacrifié à sa patrie, et son corps échappa de peu à la fosse commune. La Gaceta de Buenos Aires, l'organe officiel du gouvernement, qui, l'année précédente, avait salué, comme il convenait, la mémoire d'un autre général émérite mort dans la fleur de l'âge, Antonio González Balcarce, ne mentionna même pas la mort de Belgrano. Plus tard, sa mémoire fut même roulée dans la boue par l'oligarchie des années 1860 et suivantes (Sarmiento, Mitre, Avellaneda, Roca, etc..), ce qui fut le cas pour tous les révolutionnaires de la tendance sociale (Moreno, San Martín, Castelli, French, Berutti, Monteagudo, etc...). Et de manière très ambiguë pour lui comme pour San Martín, on lui rendit aussi des honneurs dithyrambiques, en le limitant étroitement à son rôle militaire, avec l'installation de sa très martiale statue équestre devant la Casa Rosada, sur Plaza de Mayo (programme du jour 2) et celle de ce tombeau aussi pompeux que celui de San Martín dans la cathédrale (jour 2).

Une galerie marchande dans une vieille casona du 19ème siècle,
à l'emplacement supposé de la maison de French,
l'un des leaders du soutien populaire à la révolution de Mai :
el solar de French. Rue Defensa, à la hauteur de Plaza Dorrego (San Telmo)

Après le déjeuner, qui est libre et que nous prendrons à notre guise, ensemble ou non, comme chacun le souhaitera, nous passerons cet après-midi à nous promener dans le quartier, qui fourmille de petites rues très caractéristiques, de vieilles casonas patriciennes qui connurent des fortunes diverses à partir de 1871, quand elles furent abandonnés par leurs propriétaires qui fuyaient dans leurs chacras de Recoleta la contagion de la fièvre jaune (voir notre programme du 7ème jour). Après le luxe que nous aurons pu apprécier les deux jours précédents, à Palermo et à Recoleta, nous découvrirons ce quartier de classe moyenne, donc encore populaire. Le contraste sera saisissant. Deux pays différents en une seule ville !

Après avoir la plupart du temps servi de conventillo (2) jusqu'à l'orée des années 1930, ces vieilles casonas abritent maintenant des studios d'artistes ou des galeries d'artisans, des restaurants au cachet inimitable, pas toujours bon marché, ou des brocantes (les fameux cambalaches portègnes), parfois mêmes des hostels (sorte de maison d'hôtes où chaque client dispose d'une chambre et partage le reste des installations avec les autres, cuisines, salles de bain, salles de séjour et à manger, patios...).

Nous visiterons à coup sûr le marché de San Telmo, un marché couvert tout ce qu'il y a de plus quotidien à Buenos Aires, à ceci près qu'il dispose aussi d'une très belle partie brocante que les autres n'ont pas. Ce marché a été fondé en 1887, lorsque l'immigration qui déferlait sur Buenos Aires a obligé la ville a aménagé des lieux d'approvisionnement un peu partout dans le sud où s'amassait cette population pauvre. Elle le fit en 1893 dans l'actuel quartier de l'Abasto (les Halles), et dans les mêmes années sur Avenida San Juan, avec le Mercado San Juan, qui existe toujours lui aussi (mais il est moins vivant et moins achalandé que le Mercado  San Telmo). Je vous montrerai quelques secrets des bouchers, des charcutiers (ceux dont je suis cliente quand je suis à Buenos Aires), des boulangers-pâtissiers et des fromagers de là-bas, très différents de leurs homologues d'ici. Nous admirerons les compositions magiques des marchands de fruits et légumes, avec sans doute, en mai, pas mal de prunes, de raisins, de figues, de poires d'automne (à Buenos Aires, en fruits et légumes, on ne trouve guère que des produits de saison car le pays importe très peu dans ce domaine, à part les bananes et les ananas, qui viennent du Costa Rica, comme pour nous). C'est là que vous pourrez, si vous le voulez, acheter mate (3) et bombilla à prix local ou trouver des vieux vinyles de tango dans leurs pochettes originales, des vielles cartes postales, des vieux bouquins (y compris des éditions françaises !)...

L'autre must du quartier, c'est la très fameuse Plaza Dorrego, centre névralgique de la Feria de San Telmo le dimanche (mieux vaut la visiter un samedi quand elle est vide, on la voit mieux). Et si nous avons assez de jambes pour cela, nous pousserons jusqu'à Parque Lezama, un très bel espace vert devant le Centro Cultural Torquato Tasso dont je vous parle fréquemment pour ses très belles soirées musicales. Au Parque Lezama, se trouve aussi le Museo Histórico Nacional, le MHN de son petit nom. Ce musée n'est pas inclus dans le parcours déjà fixé mais il fait partie de ceux que vous pourrez ajouter à votre parcours personnel, soit ce jour-là, avec ou sans moi, soit un autre jour, à votre guise. Le MHN raconte la création de l'imagerie nationale, aux environs du premier centenaire du pays, lorsqu'il fallait faire feu de tout bois pour intégrer cette énorme masse d'immigrants qui affluaient de toute l'Europe. On le fit à travers l'école obligatoire pour leurs enfants et on le fit aussi en créant de toutes pièces des images, devenues depuis autant de stéréotypes, pour fédérer dans les mêmes représentations ce qui devenait l'histoire commune à tous. Inutile de vous dire que ce musée nous montre aussi combien cette imagerie est éloignée de la la réalité historique qu'elle prétend raconter...

Le dîner est libre. La soirée aussi. Milonga pour ceux qui brûlent de "raboter (4) la piste" (vous disposez dans la Colonne de droite, dans la rubrique Eh bien ! Dansez maintenant, de liens actifs et permanents vers plusieurs magazines de la communauté portègne des danseurs, où vous avez toutes les annonces des milongas jour par jour, quartier par quartier). Ce sera un bon jour pour aller danser car, à Buenos Aires aussi, les milongas du samedi sont favorisées par la grasse matinée du lendemain dimanche. Concert (en fonction de l'affiche pour ceux qui le souhaiteront, ils pourront m'en parler la veille pour que je consulte mes sources, celles-là même avec lesquelles je construis ce blog jour après jour). Ou dodo !

Le lendemain, après le petit-déjeuner dominical, dans la salle de réunion de l'hôtel, je vous dresserai un tableau succinct de ce phénomène historique, politique, démographique, économique, linguistique et culturel tout-à-fait capitale dans la constitution de ce pays et singulièrement de sa capitale que fut l'immigration massive des années 1880-1930.
Pour vous en donner simplement une petite idée, imaginez qu'entre 1870 et 1895, soit en un quart de siècle sur un phénomène qui s'attela sur 50 ans, la population de Buenos Aires, au sens strict, a augmenté de 370%, alors même que l'épidémie de fièvre jaune avait tué 7,3% des habitants à l'été 1871. Seule la première guerre mondiale parvint à interrompre quelque temps ce flot d'immigrants qui débarquaient jour après jour, par navire de 1000 passagers à la fois au bas mot, sur le port, dans sa partie aujourd'hui transformée en port de plaisance de Puerto Madero.

Comme vous pouvez l'imaginer, il reste peu de témoignages urbains de ce phénomène qui ne fut pas, bien au contraire, ce qu'attendait ses initiateurs, les gros propriétaires terriens qui s'emparèrent du pouvoir en 1880 à l'occasion d'élections grossièrement truquées, ce qu'on appelle la Generación del 80, l'un des gouvernements les plus corrompus de l'histoire argentine, qui se maintint à la tête de l'Etat, dans le népotisme, les prévarications et la persécution forcenée de toute forme d'opposition démocratique ou anarchiste, jusqu'en 1916. Ils voulaient attirer des capitaines d'industrie et des professionnels libéraux anglosaxons et virent débouler des Galiciens sans terre, des révolutionnaires italiens, des anarchistes russes, des juifs d'Europe de l'Est et des Libanais maronites qui fuyaient la politique turquisante de l'Empire Ottoman...

Après ma conférence, une bonne partie de notre journée se passera donc dans ce qui est aujourd'hui le Vieux Port et constitue désormais le quartier ultra-moderne et ultra-chic de Puerto Madero. Ce qui est tout compte fait une victoire posthume de la Generación del 80 ! Nous nous rendrons d'abord au Museo de la Inmigración, qui est actuellement en travaux. S'il est ouvert en mai, on le visitera. Sinon, on pourra voir le bâtiment de l'extérieur (en tout cas, je l'espère) car il s'agit d'une institution très particulière, el Hotel de los Inmigrantes, établissement sinistre où les nouveaux arrivants, qui n'avaient personne pour les accueillir à leur descente du bateau (5), étaient parqués, quelques jours seulement et dans le plus absolu dénuement, histoire de ne pas les habituer à être assistés, ce qui (l'oligarchie le croyait et le croit toujours fermement) rend les pauvres encore plus paresseux qu'ils ne le sont naturellement (6).
Aujourd'hui, le port populeux, boueux, avec ses dockers en sueur et ces flots incessants d'immigrants épuisés par le voyage en troisième classe, a fait place à un élégant quartier insouciant, qui a réhabilité pour son agrément les quais, les hangars en briquettes rouge-sang et les grues jaune-orangé, y installant de fastueux cafés, restaurants, hôtels et commerces de luxe, avec vue imprenable sur la blancheur immaculée d'un spectaculaire pont suspendu (Puente de la Mujer). La promenade est somptueuse et il faut faire un gros effort d'imagination pour se représenter le phénomène qui se produisit là pendant 50 ans...

Le long des quais, deux bâtiments de la Marine Nationale ont été amarrés définitivement pour être transformés en musée : la frégate Sarmiento, le plus gros des deux, et la corvette Uruguay, magnifiques voiliers qui furent, l'un, un navire-école qui sillonna le monde (et vint longtemps rendre les honneurs à San Martín le 17 août, dans le port de Boulogne-sur-Mer) (7), l'autre, un bâtiment d'exploration qui fit plusieurs missions scientifiques dans les eaux du pôle sud. Très impressionnants l'un et l'autre. La visite n'a pas été intégrée au programme fixé sur le papier pour dégager des marges de manœuvre sur place mais si le groupe le souhaite, on pourra mettre le pied à bord. En août, la visite s'élevait à 1 peso (ce qui fait quelque chose comme 20 centimes d'euro). Je n'ai donc pas jugé utile de faire inclure cette éventualité dans l'établissement du devis qu'Intermèdes a calculé et vous propose (2 785 € par personne, hors taxes aéroportuaires).

Si le temps le permet (c'est-à-dire s'il ne pleut pas), nous irons nous promener aussi sur la Costanera Sur ou dans la Réserve écologique, deux bandes de terre qui ont été gagnées sur le fleuve avec la technique des polders hollandais pour abriter flore et faune, en particulier une riche biodiversité d'oiseaux de toutes tailles...

Dans la soirée, nous partagerons une nouvelle soirée musicale, dans un lieu et avec des artistes qui dépendront de ce que l'affiche nous offrira ce jour-là. Un mini-bus est prévu pour nous emmener sur place et nous raccompagner à l'hôtel en toute fin de soirée...

Et le lendemain, nous aborderons enfin le sujet mythique de tout voyage à Buenos Aires : le tango.
Nous y consacrerons deux journées complètes pour pouvoir l'examiner sous toutes ses coutures, musique instrumentale, chant, fileteado, danse, histoire et mémoire, et même une conférence en français d'un académicien qui ne sera pas moi (ça changera), un Argentin...

Suite au prochain numéro !

Pour aller plus loin :
visiter la page Internet du Museo Histórico Nacional sur le site du Secrétariat d'Etat à la Culture
visiter la page Internet de la frégate Sarmiento sur le portail de la Marine Argentine
visiter la page Internet de la corvette Uruguay sur ce même portail


(1) Le Haut-Pérou, attaché au vice-royaume du Río de la Plata en 1776 lors de la scission en deux du vice-royaume du Pérou, est devenu aujourd'hui la Bolivie.
(2) conventillo (ou petit couvent) : nom dérisoire donné par les immigrants aux logements délabrés, humides et insalubres qu'ils s'organisèrent comme ils le purent pendant la grande vague migratoire qui sera le sujet de notre 9ème jour. Donc dans la suite de ce même article.
(3) le récipient qui sert à confectionner le breuvage et non pas la plante (yerba mate) qui s'achète au supermarché. Je vous emmènerai si vous voulez. Ce n'est pas très compliqué. Il y en a à tous les coins de rue.
(4) sacar viruta al piso : littéralement "enlever un copeau au plancher", est une expression qui s'applique aux danseurs, si passionnés qu'ils usent le plancher de la piste à force de danser... C'est pour cette raison qu'une des milongas les plus connues de Buenos Aires s'appelle la Viruta.
(5) Berthe Gardes, par exemple, lors qu'elle arriva en mars 1893 avec son bébé de deux ans dans les bras, un petit garçon qui allait donner quelques lettres de noblesse à la musique populaire du lieu sous le nom de Carlos Gardel, fut accueillie tout de suite par une de ses amies françaises, Anaïs Beau, qui l'avait fait venir en lui offrant un emploi de repasseuse dans sa blanchisserie. Elle échappa donc à l'enfer de cet Hotel de los Inmigrantes. Mais pour une Berthe Gardes, combien de pauvres hères s'entassèrent là pour passer deux nuits à même le sol, avec à peine un drap pour se couvrir et un bagage en guise d'oreiller, paysans sans terre, artisans chassés de leur métier par la révolution industrielle désormais terminée, révolutionnaires interdits de séjour dans leur pays de naissance ou famille ashkénaze fuyant les pogroms de l'Empire russe qui ne connaissaient personne à destination et n'avaient pas la moindre idée réaliste du pays dans lequel ils débarquaient, croyant encore pour quelques heures qu'ils allaient y faire une fortune rapide...
(6) Cet hôtel imitait les homes de charité qui accueillaient les miséreux de Londres et où Chaplin enfant avait vécu à plusieurs reprises. Et l'idée que l'assistanat invite à la paresse, qui traînent dans le discours des démagogues en Europe, est encore très, très forte en Argentine, et l'actuelle politique de redistribution sociale de Cristina Fernández de Kirchner fait ressortir ces vieilles lunes un peu partout au café du commerce...
(7) Actuellement, ce rôle de navire-école a été repris par la frégate Libertad, qui se trouve depuis plusieurs jours saisie dans un port du Ghana par des fonds financiers privés créanciers d'une partie de la dette contractée par l'Argentine avant la faillite de décembre 2001. Le gouvernement argentin s'efforce de faire libérer le navire mais l'opération juridique a été admirablement bien montée par le fonds créancier et la frégate semble au mouillage africain pour un bon moment...