vendredi 21 décembre 2018

Justice et science sans budget de fonctionnement [Actu]

"Droits de l'homme en faillite", dit le gros titre

Le laboratoire argentin d’anthropologie judiciaire, connu dans le monde entier pour avoir réussi à rendre des identités de naissance à une centaine d’adultes enlevés en bas âge à leurs parents sous la dictature et à des ossements de plusieurs victimes des persécutions de cette même dictature, vient d’annoncer qu’il ne pouvait plus maintenir ses activités dans le pays, faute de budget. Le gouvernement lui a en effet coupé les crédits. Or ce corps de techniciens hyper-qualifiés était occupé depuis plusieurs mois à mettre un nom sur les soldats argentins tombés aux Malouines lors de la guerre de 1982 et qui ont été inhumés anonymement sur les îles par les autorités d’occupation britannique (1).

De son côté, et pour les mêmes raisons de coupe budgétaire, le CONICET, centre national de recherche scientifique et technologique, a annoncé qu’il était contraint pour l’année prochaine de renoncer à toutes les rencontres scientifiques dans tout le pays, les journées, colloques, symposiums, congrès et autres séminaires, qui permettent aux chercheurs d’établir des échanges nationaux et internationaux et de se faire connaître auprès des uns et des autres. Or le CONICET est l’un des organismes scientifiques les plus prestigieux du continent sud-américains.

Une catastrophe culturelle et politique qui obère l’avenir du pays.

Pour en savoir plus :
lire l’article principal de Página/12 sur l’arrêt des activités d’identification judiciaire
lire l’article de Página/12 sur la paralysie du CONICET
lire l’article de La Nación sur les techniciens judiciaires.



(1) Comme le savent déjà bien mes lecteurs assidus, les îles Malouines ont été prise par un coup de main de la Royal Navy, en janvier 1833, sans déclaration de guerre alors qu’elles étaient habitées et exploitées par des Argentins et que la Grande-Bretagne avait reconnu le nouvel Etat en 1824.

Juan Darthés s’est fait la belle au Brésil ! [Actu]

Couverture de Noticias la semaine dernière
avec ce portrait de Darthès derrière une vitre vandalisée
En haut, le cas du fils de la procureure, lui aussi accusé de viol
En bandeau inférieur : l'implication de la famille Macri
dans un scandale de corruption
avec le jeu de mots indispensable :
En blanco-En negro signifie
"en noir et blanc" mais aussi "déclaré et au noir"

Mis en cause par plusieurs femmes du monde du cinéma et de la télévision qui l’accusent de les avoir violées, l’acteur Juan Darthés a mis le comble à sa veulerie : il vient de quitter le sol argentin. Hier, à l’aéroport de Rosario, il a pris l’avion avec ses deux fils pour São Paulo, sa ville natale, d’où il ne pourra pas être extradé, le Brésil ne livrant pas ses ressortissants aux justices étrangères. Or Darthés a la double nationalité.

Dès le week-end dernier, un hebdomadaire de large diffusion, Noticias (ci-dessus), avait averti que le comédien envisageait cette solution. La condition de binational de l’intéressé ne pouvait pas ne pas être connue de l’administration argentine. Il est assez scandaleux et surprenant que, dans ces conditions, la police aux frontières l'ait laissé monter dans un avion qui s’envolait pour l’étranger et qu’aucun juge n’ait pris de mesure restrictive de liberté pour empêcher cet homme soupçonné de viol d’échapper à la justice, que ce soit celle de l’Argentine ou celle du Nicaragua, où se sont produits les faits déclencheurs du scandale (le viol de la jeune comédienne Thelma Fardin). Les autres crimes ont été commis en Argentine.

Aussitôt connue la nouvelle, un collectif d’actrices brésiliennes s’est constitué pour réprouver l’arrivée de l’indésirable sur le sol national et se solidariser avec les consœurs argentines.

Pour en savoir plus :
lire l’entrefilet de La Prensa sur les réactions des actrices brésiliennes
lire l’article de La Prensa sur la fuite de Darthés
lire l’article de La Nación.


Ajout du 25 décembre 2018 :
Juan Darthés a trouvé du travail, dans la chaîne de restaurants qu'un cousin éloigné dirige au Brésil. Finie, pour le moment en tout cas, la carrière devant la caméra. L'ex-acteur continue à chercher un avocat puisque ceux qu'il avait jusqu'à présent sont argentins et ne l'ont pas suivi dans son exil sans honneur :
lire l'article de Clarí

Ajout du 27 décembre 2018 :
lire cet article de Página/12 (édition d'hier) sur le travail de serveur de restaurant désormais exercé par l'ex-beau gosse du cinéma argentin à São Paulo

mardi 18 décembre 2018

La Juan de Dios Filiberto souffle ses bougies demain au CCK [à l’affiche]

"Orchestre qui porte nos couleurs", dit le gros titre

Demain, mercredi 19 décembre 2018, et après-demain jeudi, la Orquesta Nacional de Música Argentina Juan de Dios Filiberto joue au Centro Cultural Kirchner (CCK) pour fêter ses 70 ans d’existence.

Au programme de demain, des œuvres de Astor Piazzolla, Carlos Guastavino, Aldemaro Romero et Héctor Iglesias Villoud, tous compositeurs argentins. C’est le chef d’orchestre international de nationalité vénézuélienne Armando Guzman Villalobos qui tiendra la baguette.

Le lendemain, l’orchestre rendra hommage à Miguel Abuelo.

C’est en 1938 en effet que la municipalité de Buenos Aires, qui n’avait pas encore un statut d’entité fédérée comme aujourd’hui, fondait un orchestre de musique folklorique, à partir d’un orchestre fondé en 1932 par le compositeur et pianiste Juan de Dios Filiberto, l’auteur du tango Caminito. Mais c’est en 1973 que l’orchestre a pris son nom actuel, après la mort de Filiberto.

Página/12 consacre à cette belle formation la une de ses pages culturelles de ce matin.

lundi 17 décembre 2018

Venez découvrir l’Argentine avec Odeia [ici]


Le jeudi 17 janvier 2019, à partir de 14h, l’agence de voyage culturel Odeia vous invite rencontrer quelques uns de ses guides-conférenciers, dont je suis, pour découvrir leurs destinations fétiches…

La manifestation se tiendra à Paris, dans le 17e arrondissement, à la station de métro Argentine (ça ne s’invente pas !), dans la crypte de l’église Saint Ferdinand des Ternes.

L’événement est gratuit mais il exige une réservation en ligne ou par courrier avant le 10 janvier (pour une bonne organisation).

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Très bientôt, paraîtra le programme du voyage de novembre 2019 sur lequel nous sommes en train de travailler. J’y ai fait insérer quelques étapes originales (que vous ne trouverez chez aucun autre voyagiste) et des rencontres exclusives.

Pour le dernier Plenario de l’année : hommage à María Nieves [à l’affiche]


Ce soir, lundi 17 décembre 2018, à 19h30, se tiendra le dernier Plenario de la Academia Nacional del Tango autour d’une grande dame du tango danse, María Nieves, académicienne d’honneur et jeunette de 84 ans. Toujours bon pied bon œil !


Le tango rituel sera un bon vieux Pugliese de derrière les fagots, Patético…


María Nieves a dansé sur les scènes du monde entier avec son partenaire fétiche, Juan Carlos Copes, qui fut aussi son mari, avec leur(s) divorce(s) spectaculaires...

Nieves et Copes, il y a... quelques années
Photo Ricardo Villalba

Entrée libre et gratuite, avenida de Mayo 833, 1er étage.

Noël aux antipodes et l’esclavage moderne [Actu]

Miguel Rep vient de régler ses comptes avec la précarisation des travailleurs, qui ne sont même plus salariés, que ce soit en Amérique du Sud ou en Europe, grâce à la soi-disant modernisation et flexibilisation du marché du travail, servi à la sauce ultra-libérale.

Ce matin sur Página/12

Qu’on te paye mal, passe encore !
Que tu n’aies pas d’assurance-accident, bon…
Qu’on ne te paye pas les congés
Que tu ne puisses pas te syndiquer, tout ça, on accepte
mais avec cette chaleur, ce déguisement obligatoire !
(Traduction © Denise Anne Clavilier)



Ajout du 24 décembre 2018 :
Les travailleurs kleenex viennent de fonder un syndicat pour se défendre devant leurs donneurs d'ordre. Lire à ce sujet cet article de Página/12.

Яadar revient sur Jean-Pierre Léaud avec une nouvelle interview [Cinéma]


Le passage de Jean-Pierre Léaud en Argentine, où il était invité au festival international de Mar del Plata en novembre dernier, continue de nourrir la presse.

Página/12 lui consacre la une de son supplément dominical Яadar avec une très longue interview et un gros titre en forme de jeu de mot : El rey Léaud pour El Rey león ("le roi lion").

Régalez-vous !

samedi 15 décembre 2018

Viviana Scarlassa chante la terre natale à Pista Urbana ce soir [à l’affiche]


La chanteuse Viviana Scarlassa présentera son nouveau tour de chant, qui correspond aussi à son dernier disque, Suelo Natal, à Pista Urbana, un café-concert de San Telmo, Chacabuco 874.

Ce troisième disque de l’artiste a été arrangé et dirigé par Diego Schissi. La chanteuse sera accompagnée par le pianiste et compositeur Pepo Ogivieki, le guitariste Leonardo Andersen, le pianiste Leandro Marquesana et le percussionniste Sergio Morán.

Entrée : 200 $ ARG.

Salon du livre des éditeurs indépendants à La Plata [à l’affiche]


Les éditeurs indépendants continuent le combat pour la survie. Ce week-end, à partir de 15h et jusqu’à 21h, ils donnent rendez-vous au Centre de Arte de la Universidad Nacional de La Plata (UNLP), rue n° 48, à tous les lecteurs pour une nouvelle édition d’un salon du livre à dimension humaine, Edita, qui réunit cette années 85 exposants de tout le sous-continent.


La manifestation s’accompagnent de conférences, d’expositions et d’un patio de comidas, un coin restauration avec plusieurs stands.

L'année dernière

Entrée libre et gratuite.

Pour en savoir plus :
lire l’article de Página/12, où les éditeurs exposent la crise des ciseaux à laquelle ils sont soumis : baisse des ventes et hausse des coûts de production

Dernière soirée chez Jacqueline ce soir [à l’affiche]


Pour la dernière fois de l’année, avant les longues vacances d’été, Jacqueline Sigaut ouvre ses portes pour un récital de tango qu’elle donnera accompagnée de Juan Martínez, son guitariste attitré.

Une inscription à l’avance est obligatoire (voir sur le visuel numérique ci-dessus).

Le concert se tient à deux pas de Plaza Italia, ce soir, samedi 15 décembre 2018, à 21h30, dans le quartier de Palermo.

vendredi 14 décembre 2018

Super-réveillon en tango à Toulouse [ici]

L'association La Maquina Tanguera propose sa traditionnelle milonga de la Saint-Sylvestre cette année comme les autres. L’association toulousaine profite du calendrier pour proposer trois milongas festives les 29, 30 et 31 décembre au lieu d’une seule.

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Préparez vos tenues. Bal masqué en vue !

40 € pour les trois soirées.

Documentaire sur les supporters de San Lorenzo de Almagro [à l’affiche]

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Volver a Boedo est un documentaire de Sergio Criscolo, à la fois cinéaste et supporter du Club San Lorenzo de Almagro (ou de Boedo, comme vous voulez). Il dure 88 minutes et il est sorti hier sur les écrans de Buenos Aires. Le San Lorenzo est l’un des nombreux clubs qui, dans la capitale argentine, entretiennent une équipe professionnelle de football. Il a été fondé par un prêtre salésien, prénommé Lorenzo, qui servait dans la paroisse de San Carlos de Almagro, où Carlos Gardel a été scolarisé et où le pape a été baptisé, un jour de Noël. François est d’ailleurs encarté dans ce club, qui a conservé une forte relation avec la religion catholique, au point qu’on appelle ses membres, joueurs et supporters, los Santos (les saints) ou los Cuervos (les corbeaux, rapport aux soutanes noires de leurs aumôniers et catéchistes omniprésents) (1).

Le film raconte l’épopée que constitue pour le club la récupération de haute lutte du domaine où il possédait son stade historique, le Gazometro. Il en fut délogé, presque expulsé, sous la dernière dictature militaire, en 1979, au profit de promoteurs immobiliers qui voulaient faire une opération dans ce coin du quartier de Boedo, où s’est ouvert peu après un supermarché Carrefour, le premier supermarché de Buenos Aires. Ce Carrefour devra d’ailleurs fermer ses portes en juillet 2019 au profit du nouveau propriétaire du foncier. Après une longue errance à travers Buenos Aires, le club a pu bâtir, en 1993, son nouveau stade, dans le quartier de Flores (celui qui s’est constitué autour de l’imposante basilique de San José de Flores, où François a reçu sa vocation sacerdotale à l’âge de 16 ans). San Lorenzo n’a pas pour autant renoncé à son berceau géographique. Peu à peu, des supporters passionnés ont racheté des parcelles de ce coin de ville et les ont cédés au club qui a ainsi récupéré son bien et pourra bientôt en avoir l’usufruit.

Liste des salles où passe le film
à Buenos Aires et Gran Buenos Aires à gauche
dans tout le pays à droite

Le cinéaste interviewe des habitants de Boedo, des supporters, d’anciens joueurs qui ont connu le vieux stade et ont illustré l’histoire de l’équipe. Nombreux sont les témoins qui éclatent en sanglots en racontant leur histoire et leur attachement à ce club, une institution qui, à Buenos Aires, est un exemple emblématique de ce que représente le club de quartier, un lieu que tout le monde s’approprie, un lieu de socialisation authentique, un lieu où l’on se rencontre et où se lient des amitiés de toute une vie.

Gageons qu’il y aura d’ici peu, en guise de cadeau d’anniversaire ou de Noël, une projection privée de Volver a Boedo à la Cité du Vatican, que ce soit à la Casa Santa Marta ou ailleurs, à l’ambassade argentine, par exemple…

Pour en savoir plus :
lire l’article de Olé, le quotidien sportif
accéder à la page Facebook du film



(1) On les appelle aussi les azulgrana à cause des couleurs de leur maillot : bleu et grenat.

Le secteur du livre se mobilise ce soir [à l’affiche]


Le secteur du livre, auteurs, éditeurs, libraires, imprimeurs et bibliothécaires, organise ce soir, vendredi 14 décembre 2018, à partir de 17h, un grand événement sur Plaza del Congreso, au pied du monument aux deux Congrès, à Buenos Aires.

Braderie de livres (offerts par des lecteurs), séances de dédicaces, conférences, débats avec le public, musique et lectures pour défendre le livre et le pouvoir d’achat culturel de la population.

L’augmentation de la pauvreté menace en effet l’ensemble du marché du livre.

Une des pages culturelles de Página/12 aujourd'hui

Les organisateurs exigent que le gouvernement respecte la loi du livre, cesse de faire le vide aux ministères et dans les programmes de l’éducation et de la culture, soutienne l’activité éditoriale et abandonne sa politique de rigueur et de répression sociale.

Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12, qui en fait la une de ses pages culturelles d’aujourd’hui
lire l’article de Diario Vivo

Ajout du 23 décembre 2018 :
lire cet article du supplément économique dominical de Página/12, Cash, sur la crise du livre

Le rapport de la UCA confirme celui de l’Unicef [Actu]

La Prensa a choisi de mettre en une une photo de la réception
des partenaires sociaux par le bureau de la Conférence épiscopale
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En Argentine, la pauvreté s’est aggravée au cours des dernières années. C’est bien ennuyeux pour le gouvernement qui avait promis la pauvreté zéro à l’issue du mandat qui s’achève en décembre 2019. Or c’est exactement l’inverse qui s’est produit. Sans surprise aucune puisque dans un pays émergent, une politique néolibérale provoque toujours la même paupérisation des classes inférieures tout en enrichissant les classes supérieures.

Clarín fait peser le poids de la paupérisation au dollar
En vedette, si l'on ose dire, Juan Darthés, l'acteur accusé de viols
par désormais 5 femmes et dont la défense est ignoble
(c'est pas lui ! C'est la jeune Thelma, 16 ans à l'époque, qui lui a fait du gringue)
sur ce scandale, voir mon article d'hier
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Cette fois-ci, c’est l’Université Catholique Argentine (UCA) qui publie son rapport, qui confirme et complète celui que l’Unicef vient de publier (voir mon article du 5 décembre 2018). La pauvreté touche 13,6 millions d’Argentins (sur un total d’environ 44 millions d’habitants) et l’indigence affecte 2,47 millions de personnes. Le taux de pauvreté est donc de 33,6 % tandis que l’indigence touche 6,1 % de la population totale. Le rapport de l’Unicef annonçait que 48 % des enfants argentins étaient en situation de pauvreté, par manque d’un des biens indispensables pour une bonne éducation (nourriture, habitat correct, vêtement, enseignement, soins de santé).

La UCA est considérée de droite par la gauche, notamment par Página/12, qui s’est toujours méfié de ses publications pendant les trois mandats Kirchner (de 2003 à 2015). Pendant cette période, la UCA publiait des études qui contredisaient les chiffres officiels, ceux de l’INDEC, concernant la pauvreté endémique dont la politique de gauche du couple n’arrivait pas à bout, tandis que l’opposition de droite, à la tête de laquelle se trouvait Mauricio Macri (1), l’actuel président, s’appuyait sur ces données pour critiquer le gouvernement. La situation se trouve renversée aujourd’hui : la droite et l’alliance aux affaires (Cambiemos) se voit contrainte de reconnaître la triste réalité.

En gros titre, un nouveau jeu de mot.
Macri avait promis Pobreza Cero (pauvreté zéro)
Le gros titre dit "Promesse Zéro"
Toute la manchette est consacrée au scandale Darthés
avec à droite la une du supplément consacré à la cause des femmes
avec Thelma Fardin qui accuse (yo acuso, j'accuse)
et de l'autre côté une photo de l'acteur avec un autre jeu de mot :
Donde termina la función (où se termine le spectacle)
Donde termina la ficción (où se termine la fiction)
pour faire allusion aux mensonges minables de l'accusé

Cohérente avec sa ligne générale depuis le retour de la démocratie, le magistère catholique continue à dénoncer l’injustice des situations sociales et cette fois-ci, les évêques s’allient aux partenaires sociaux pour faire le point sur le phénomène : le président de la conférence épiscopale a reçu hier une délégation de syndicats ouvriers et d’organisations patronales qui lui ont remis un travail commun intitulé Une patrie fondée sur la Solidarité et le Travail – Base de dialogue pour le travail et la vie dans la dignité. Ils y critiquent fermement la politique menée par le gouvernement et énonce en 21 points des propositions et des revendications pour améliorer la situation. Parmi les signataires, l’UIA (union de l’industrie argentine), un organisme patronal dominé par les PME, qui a longtemps hésité avant de sauter le pas (elle craignait de se politiser). Les associations coopératives étaient elles aussi représentées.

En gros titre : le rapport de l'UCA
en photo : Juan Darthés, dans l'émission d'hier, comme à la une de Clarín
En titre secondaire, en haut, à droite :
les dénégations du frère du président
Gianfranco Macri a nié devant le juge avoir payé des dessous-de-table
en ajoutant avec courage : "mon père, ça je ne sais pas !"
alors que la famille tente de protéger le père et de lui éviter la comparution
parce que son état de santé ne le permettrait pas...
C'est beau, la famille !
Voir mon article du 11 novembre sur cet autre scandale
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Même le quotidien économique Ambito est obligé d’en faire mention, ce qu’il fait avec une répugnance marquée, parlant de la présence de grévistes (piqueteros) parmi les participants.

Le même jour, sortent les chiffres de l’inflation mensuelle : à la fin novembre, on arrive à une inflation sur l’année de 48 %, soit le double de ce qu’elle était sous la présidence de Cristina Kirchner (environ 25%).

Pour en savoir plus :
sur le rapport de la UCA
lire l’article de La Prensa sur les déclarations du président Macri (l’année prochaine, l’Argentine confirmera qu’elle a compris que nous sommes sur le bon chemin, allusion à son espoir d’être réélu en octobre prochain)
lire la dépêche de la AICA (l’agence de presse de l’Église catholique argentine)
sur le document remis aux évêques

Ajout du 16 décembre 2018 :
lire cet article de Página/12 qui analyse un autre rapport d'une autre source, qui porte sur les comportements d'épargne et de restriction de leur consommations des Argentins, confrontés à la perspective d'une éventuelle perte d'emploi ou d'activité. Des graphiques très parlants sur les restrictions alimentaires et l'évaluation des revenus
lire cet article de La Prensa qui annonce que le bureau de la CEA devrait être reçu par Mauricio Macri jeudi prochain, comme le président l'avait fait à la fin de l'année dernière.

Ajout du 19 décembre 2018 :
lire cet article de Página/12 sur les déclarations pessimistes du président de l'UIA en conférence de presse. Il déclare que les patrons d'entreprises manufacturières que rassemble son organisation ont vécu une année très éprouvante et ne sont pas d'accord avec Mauricio Macri qui promet la reprise en 2019 (une année où il cherchera probablement sa réélection). Il y a quelques jours, l'ancien président de l'UIA, qui avait salué la victoire de Macri en 2015, avouait s'être trompé sur l'actuel gouvernement...

Ajout du 20 décembre 2018 :
lire cet article de Página/12 sur les déclarations de Mauricio Macri qui a concédé que les mois à venir allaient être durs à vivre.

Ajout du 22 décembre 2018 :
lire cet article de La Prensa sur les récentes déclarations de l'actuel président de l'UIA, très critique sur l'incapacité dont le pays fait preuve pour tirer un profit durable de ses richesses immenses.



(1) Mauricio Macri a fait ses études d'ingénieur à l'UCA avant d'aller les compléter aux Etats-Unis. C'est aussi le cas de plusieurs de ses ministres et conseillers.

Milonga del Angel à Nïmes pour fêter la fin de l’année [ici]


L’association Milonga del Angel, baptisée ainsi pour reprendre le titre d’un célèbre morceau de Astor Piazzollla (1), propose cette année quatre soirées dansantes, dont trois milongas, entre le vendredi 28 et le lundi 31 décembre 2018 aux Nîmois et aux autres.

Le tarif varie selon que vous serez adhérents ou non.
Un forfait est prévu pour les trois soirées tango, du samedi au lundi.



(1) Un compositeur qui ne voulait pas travailler pour le bal et sur les notes duquel on ne danse jamais en milonga en Argentine.