Actualité culturelle argentine, là-bas à Buenos Aires et sur le Río de la Plata, et ici, en Europe francophone.
Actualidad cultural, allá en Buenos Aires y su zona y acá en nuestras ciudades europeas franco-hablantes. Noticias en español si te gusta más así...
Cultural current affairs, there in Buenos Aires area and here, in French-speaking Europe. Depending on your demand...
"A l'encan" dit le gros titre sur une photo de l'affreux grimaçant Cliquez sur l'image pour une meilleure définition
Hier, un scandale a explosé dans
la campagne électorale en Argentine.
Javier Milei, candidat libertaire
d’extrême-droite, qui s’est fait connaître par sa vulgarité et
sa violence verbale (sans parler de celle de ses propositions), est
accusé d’avoir vendu les candidatures de son parti aux différents
scrutins qui se joueront en octobre : municipales (maires et
assemblées délibératives, provinciales (gouverneur et parlements
locaux) et nationales (président et congrès).
Les sommes demandées aux futurs
candidats pour l’attribution d’une investiture sont très
élevées. Milei se défend en prétendant qu’il s’agit en fait
de financer la campagne, chaque candidat le faisant sur ses fonds
propres, ce qui n’est pas l’usage en Argentine. Mais déjà
quelques investis semblent avouer qu’il y a bien eu dans
l’organisation de cette campagne des pratiques pas très claires.
Or Milei était jusqu’à
présent le seul candidat à droite dont la courbe des intentions de
vote était continûment ascendante depuis environ cinq ans, depuis
qu’il a surgi dans le paysage politique national comme sorti de
nulle part, avec ses propos orduriers et ses vérités alternatives
à la Trump.
Milei vient de déclarer qu’il
se portait en justice, au pénal, contre ceux qui, d’après lui, le
diffameraient. Cependant de nouvelles fuites viennent accréditer le
caractère sordide de son système.
Voilà la campagne relancée sur
des effluves assez peu agréables, pour dire le moins.
Sous le titre : "Tabaré, Diogène orphelin" Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Tabaré avait 74 ans. Tous les
jours, depuis 1977, il régalait les lecteurs de Clarín d’une
histoire en trois cases rapportant la philosophie de comptoir, d’un
clochard, Diogène, en hommage au philosophe grec qui vivait en
ermite dans un tonneau, dissertant, souvent avec un sens aigu de
l’absurde, avec un pauvre clébard super-moche et ultra-lucide.
L'un des ouvrages publiés par Tabaré à Montevideo "La chanson de geste du Cacique Tabaré illustrée par Tabaré" Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Tabaré n’était pas argentin
mais uruguayen et il tenait à cette identité culturelle, qu’il
affichait fièrement dans ce prénom devenu son pseudonyme
artistique. C’est toutefois du côté de Buenos Aires qu’il avait
choisi de vivre depuis 1974.
Aujourd’hui, les quatre autres
dessinateurs de la dernière page de Clarín lui rendent
hommage avec des dessins originaux et Página/12, le plus
virulent des journaux concurrents, lui consacre une digne nécrologie
dans son supplément culturel du jour.
Hier matin, Tabaré avait encore
publié son histoire quotidienne, malgré le cancer qui l’a emporté
dans la journée.
La dernière page de Clarín ce matin En haut, un dessin de Tabaré avec une légende : "Tu vas nous manquer, l'ami" En-dessous : Matías : "Aujourd'hui, j'ai un peu plus l'impression d'exister un peu moins" Sa mère (hors champs) : "Moi aussi, Matías, moi aussi" En-dessous : Erlich a dessiné le visage de Tabaré entouré de ses personnages récurrents A gauche : Diogène : "Je vous dis une seule chose : à bientôt' Son chien : "A bientôt, Tabaré" Tout en bas : "Adieu, camarade" Cliquez sur l'image pour une haute résolution
En Uruguay, l’actualité ne
permet pas de servir la mémoire de l’artiste disparu : il y a
un autre deuil dans le monde médiatique (un grand journaliste
sportif), le sommet du Mercosur avec ses tensions politiques
habituelles et l’arrivée du spectre du manque d’eau potable dû
à une sécheresse tout à fait exceptionnelle dans le pays. Depuis
plusieurs semaines en effet, c’est de l’eau salée qui sort des
robinets chez les Montévidéens… Une horreur !
Ce soir, lundi 3 juillet 2023, à
19 h, la Academia Nacional del Tango, avenida de Mayo 833,
rendra hommage à José Libertella, qui aurait eu 90 ans le 9 juillet
prochain.
La Orquesta Típica José
Libertella, dirigée par Julián Hermida, se produira dans ce cadre,
avec les chanteurs Cucuza Castiello et Walter "El Chino" Laborde.
Auparavant, à 18 h,
l’exposition consacrée au musicien disparu sera inaugurée :
elle se compose de documents jamais exposés encore : photos,
affiches et objets ayant appartenu au maestro.
La façade de ce qui fut l'entrée de l'Université complètement refaite A Buenos Aires, je loge non loin de la Manzana et je ne vais plus rien reconnaître à mon prochain séjour tant c'est fait avec soin...
Depuis plusieurs années, cet important complexe architectural construit dans le centre historique de Buenos
Aires par la Compagnie de Jésus comme sa maison provinciale au 17e
siècle et confisqué en 1767 lors de l’expulsion des jésuites de
toutes les Espagnes n’a plus cessé depuis lors d’abriter toutes
sortes d’institutions intellectuelles et culturelles jusqu’à
devenir le siège de l’Université de Buenos Aires de sa fondation
en 1821 à son déménagement complet en 1971.
Depuis de très nombreuses
années, ce complexe muséologique national était abandonné malgré
plusieurs plans de restauration dont le dernier, dûment exécuté,
livre enfin ses premiers résultats.µ
Quelques uns des objets retrouvés grâce aux fouilles récentes
Et pour une fois, ce sont des
travaux sérieux qui ont été menés, à commencer par des fouilles
archéologiques systématiques qui ont permis de découvrir ce qui se
cachait sous ce sol historique jusqu’à près de 5 mètres de
profondeur. Les lieux ont livré quelques uns de leurs secrets comme
ces citernes de briques dans le sous-sol du patio dit « historique »,
qui servaient, comme partout ailleurs dans la ville, à récupérer
les eaux de pluie dans cette zone marécageuse et deltaïque sur
laquelle est construite la capitale argentine.
Des sols carrelés ont été
restaurés ainsi qu’un toit-terrasse, avec vue sur le palais de la
Legislatura à quelques mètres de là, et la magnifique salle dite
des Représentants, premier hémicycle parlementaire en Amérique du
Sud, bâti au 19e
siècle.
On a pu identifier un système
d’évacuation des eaux usées datant du 18e
siècle, une rareté dans la Buenos Aires de l’époque coloniale et
jusque assez tard après l’indépendance. On a aussi trouvé un
trésor d’objets de la vie quotidienne, comme, à deux pas de là,
dans ce qui fut la maison de ville de Juan Manuel de Rosas et dont j'ai parlé ici il y a quelques jours…
Le patio archéologique et ses citernes maçonnées d'époque coloniale
Bientôt, pourra ouvrir dans ce
lieu chargé d’histoire un nouveau musée archéologique à Buenos
Aires, qui viendra compléter ce qui existe déjà dans la même
zone : le musée (public) de la Citerne (Rosas) et le musée
(privé) des Grenadiers, un peu plus au sud, dans San Telmo, où une
maison patricienne, dont les fondations remontent à la seconde
fondation de la ville, a été mise en valeur par un riche
propriétaire qui a renoncé à y implanter une vulgaire pizzeria,
comme il y en a tant le long de cette rue ultra-touristique le
dimanche (c’est la rue où s’installe la Feria de San Telmo).
Le tango demande la piste, dit le nom de la manifestation
Cela se passe à Pista Urbana,
une salle modeste du quartier de San Telmo, rue Chacabuco 874, qui
accueillera une série de trente concerts des meilleurs musiciens
contemporains de tango, de ce soir à 21h au 30 juillet prochain..
Une partie de ces concerts se
donnent sans réservation avec participation libre au chapeau (a la
gorra, dit-on à Buenos Aires), une autre est payante et sur
réservation en ligne sur le site de Pista Urbana.
Au programme, un bon nombre de
référence à Piazzolla et à son répertoire mais aussi un hommage
au chanteur Ignacio Corsini, un contemporain de Carlos Gardel éclipsé
par l’aura de ce dernier et pourtant très représentatif d’un
style de chant emblématique sur les bords du Río
de la Plata.
Si la curiosité vous prend
d’aller regarder le
programme complet, vous y trouverez des artistes dont ce blog
vous a parlé plus d’une fois.
En gros titre : les manœuvres partisanes de la campagne électorale qui se déchaîne L' autre photo, à droite, est celle de Héctor Abad Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Après une opération à cœur
ouvert dont il était tout juste remis, le célèbre romancier colombien Héctor
Abadétait en visite en
Ukraine pour témoigner au pays martyrisé par la Fédération de
Russie la solidarité latino-américaine qui s’exprime si peu et
si mal à travers les
canaux diplomatiques et politiques officiels. Lundi soir, il se
trouvait à Kramatorsk, dans la pizzeria Ria Pizza, lorsque le
missile russe est tombé sur le restaurant au
moment où le service
battait son plein avant le couvre-feu. D’un
coup, l’établissement a été réduit en miettes. A cette heure,
cette attaque qui a toutes
les apparences d’avoir été
délibérée a fait douze morts dont trois mineurs et soixante-cinq
blessés, dont certains sont toujours entre la vie et la mort.
Héctor Abad était accompagné
par son compatriote Sergio Jamarillo, un
ancien commissaire de la paix dans leur pays.
En février, lors d’une
festival à Cartegena, en
Colombie, tous les deux avaient lancé une initiative culturelle de
solidarité sous le nom de Aguanta
Ucrania (ce qui peut
s’entendre à la fois comme « Courage, Ukraine » et
« L’Ukraine résiste »).
Il y a quelques jours, Héctor
Abad avait participé
au salon du livre de Kiyv dont la nouvelle édition venait d’être
inaugurée par le couple présidentiel, après que celle de l’année
dernière avait dû être
annulée. Sur place, ils avaient fait la connaissance d’une jeune
écrivaine ukrainienne, Victoria
Amelina, qui s’était
penchée sur les crimes de guerre commis contre ses compatriotes et
avait tenu à partager cette réalité avec les deux Colombiens de
passage mais bel et bien solidaires.
Une reporter de guerre, Catalina Gómez, s’était jointe à
leur groupe avec son
fixeur, Dmitro.
Impressionnés
par l’engagement et
l’enthousiasme patriotique
de Victoria, les deux
Colombiens avaient
souhaité découvrir avec
elle l’intérieur du
pays et se rapprocher de la ligne de front pour
aller à la rencontre des habitants du Donbass.
C’est ainsi qu’ils se trouvaient à Kramatorsk au surlendemain
du coup d’État raté de Prigojine qui semble avoir donné au
Kremlin une envie de
vengeance (ou
de diversion)
et provoquer ce nouveau crime de guerre.
L’explosion
a gravement blessé la
jeune autrice
ukrainienne, la laissant
entre la vie et la mort,
et ses compagnons sud-américains ne savaient pas ce qu’il en était
d’elle
lorsque Héctor Abad, encore tout secoué par la tragédie et n’en
revenant pas de s’en être sorti indemne dans
ses vêtements
ensanglantés, s’est confié à Clarín
dans un train qui les
emmenait loin de Kiyv.
Le quotidien, qui consacre
presque tous les jours au moins une page au conflit provoqué par une
puissance dotée s’abritant
derrière ses ogives pour massacrer impunément
son voisin qu’il a
désarmé en 1994, a mis en une de ce jour cette photo saisissante du
romancier rescapé et
encore presque hagard. Une
manière d’insister encore et toujours pour sensibiliser l’opinion
publique argentine sur le
caractère criminel de la politique menée par Vladimir Poutine.
Héctor
Abad le dit d’ailleurs très clairement :
“Es
una campaña a favor del sentido común, para llamar las cosas por su
nombre. Invadir al vecino es lo que es: una invasión, atacar civiles
en sus residencias con misiles es lo que es: asesinar civiles. No
necesita más comentario y no se puede
ignorar”, explique-t-il
au sujet de Aguanta
Ucrania.
Rappelons que la
Colombie sort à peine elle-même du cauchemar de la guerre civile
alors qu’il n’y a que quelques années que les FARC ont fini par
déposer les armes.
Clarín
publie sa description de ce qu’il s’est passé, avant et après
la chute du missile. La vie calme et intense du restaurant de
quartier puis ce chaos : l’obscurité, les sirènes, les cris,
les gyrophares, les pompiers, les ambulances, l’incompréhension de
ce qu’il vient de vous tomber dessus…
Aujourd’hui,
l’actualité russo-ukrainienne occupe trois pages du quotidien.
Ajout du 3 juillet 2023 :
La jeune écrivaine ukrainienne
est décédée à l’hôpital le 1er juillet. Ses
funérailles auront lieu mercredi à Kiyv, avec une cérémonie
religieuse dans l’un des hauts-lieux de la foi orthodoxe, puis le
lendemain, dans une église de Lviv, avant une inhumation dans cette
ville de l’ouest du pays.
La jeune femme avait 37 ans. Elle
était membre de la branche ukrainienne de l’association
internationale d’écrivains PEN.
lire l’article
de Clarín, qui figure sous forme d’entrefilet dans son
édition papier de ce matin.
Viktoria Amelina
Ajout du 5 juillet 2023 : La télévision ukrainienne a
rendu hommage à l’écrivaine disparue. Ses obsèques au monastère
Saint-Michel de Kiyv ont fait l’objet de ce reportage de cinq
minutes, qui prend en compte ses contacts récents avec les trois
Colombiens, un romancier, un homme politique et une journaliste
correspondante de guerre, qui l’accompagnaient à la pizzeria
attaquée au missile. On la voit il y a quelques mois témoigner de
la découverte du journal d’occupation laissé par un poète
ukrainien assassiné par les ruschistes. La présidente de PEN
Ukraine répond à la reporter de la chaîne. Sur le programme d’information
continue et partagé diffusé par les six chaînes d’ampleur
nationale qui se sont unies au début de l’invasion, on trouve tout
au long de la journée d’autres reportages consacrés à la femme
de lettres et à la patriote.
Bien entendu, le reportage est en ukrainien
Mise à jour du 6 juillet 2023 :
Clarín continue à rendre hommage à la jeune écrivaine disparue. Aujourd'hui, c'est une colonne dans la rubrique Regards (miradas).
Borges et sa femme en promenade sur les bords de Seine, face au Louvre Cliquez sur la photo pour une meilleure résolution
Trois mois après la disparition
de María Kodama, la veuve de Jorge Luis Borges, le tribunal
compétent vient de reconnaître les cinq enfants de son frère comme
ses héritiers universels. Tous ses biens meubles et immeubles, y
compris ceux qu’elle avait hérités de son époux, leur
reviennent.
L'affaire est traitée en haut à droite avec photo de María Kodama Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Des neveux qui n’étaient pas
très proches de leur tante. Ils étaient visiblement absents à la
mort et aux obsèques de celle-ci et ils se sont fait connaître en
se présentant à la justice civile quelques jours après son décès
une fois que les confidents de la défunte avaient fait savoir
publiquement qu’ils n’avaient pas retrouvé de testament et que
les dispositions (très compliquées et assez difficiles à
appliquer) dont elle leur avait parlé n’existaient pas en droit.
On croyait alors que les biens et surtout la gestion de l’œuvre
devaient passer sous la responsabilité de l’État, qu’il
s’agisse de l’Argentine ou de la Ville autonome de Buenos Aires.
Héritage Kodama : extrait du jugement - désignation des héritiers Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Eu égard à l’importance
littéraire de l’écrivain, le tribunal a assorti sa décision
d’une servitude contre laquelle les cinq frères et sœurs ont
aussitôt interjeté appel : il s’agit d’une restriction sur
les biens ayant appartenu personnellement à Borges, meubles et
immeubles, y compris bien entendu et surtout ses notes et manuscrits,
qui doivent demeurés dans l’indivision. En effet, ces témoignages
de la vie et de l’œuvre de l’écrivain ont vocation à revenir à
la République argentine en 2056, lorsque l’œuvre tombera dans le
domaine public. Il s’agit donc d’éviter qu’ils soient
dispersés au gré de ventes aux enchères sans doute très juteuses
pour les vendeurs, au hasard des besoins de trésorerie des membres
de la fratrie ou de leurs héritiers. Il n’est pas question qu’ils
intègrent le patrimoine personnel des membres cette famille, comme
s’il s’agissait de biens comme les autres. Pour cela, ils ont les
biens propres de leur tante, y compris ce qu’elle a elle-même
publié sous sa propre signature, et c’est déjà pas mal.
L'affaire est traité tout en bas, à droite Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Le peu d’eux-mêmes que leur
comportement a récemment révélé montre qu’ils sont passablement
procéduriers et tend à faire craindre que leur démarche soit
quelque peu intéressée.
Du vivant de María Kodama, le
secteur du livre se plaignait déjà du comportement très difficile
de celle-ci mais avec ses neveux et héritiers, ça risque d’être
tout aussi peu commode pour les chercheurs, les éditeurs et les
traducteurs qui voudront se pencher sur cette œuvre.
Il faut maintenant attendre ce
que dira l’instance d’appel sur cette restriction mise à la
jouissance de l’héritage.
Il y a cinq ans, un chantier
mettait à jour les vestiges d’un patio que les archéologues ont
tôt fait d’attribuer à une maison particulière ayant appartenu
au gouverneur de la Province de Buenos Aires des années 1835-1852,
Juan Manuel de Rosas, haute figure du camp fédéraliste pendant la
guerre civile qui suivit l’indépendance argentine.
Despote richissime, il disposait
de cette belle maison de maître en centre-ville, à quelques
centaines de mètres de la cathédrale, de la place de la Victoire
(future Plaza de Mayo) et du Fort de Buenos Aires qui a depuis fait
place à la Casa Rosada et d’un vaste manoir au sein d’une
gigantesque propriété transformée dans la seconde moitié du 19e
siècle en un quartier d’habitations et d’espaces verts, Palermo.
Au sein de cette maison de ville,
située en plein Monserrat, rue Moreno 550, où une famille riche a
effectivement vécu, on a trouvé des trésors d’informations sur
le mode de vie des Portègnes de cette époque, à commencer par une
gigantesque citerne destinée à recueillir les eaux de pluie qu’il
a été très difficile de préserver de l’avidité de l’exploitant
du chantier qui a bien failli la faire disparaître pour ne pas
prendre de retard. Cette citerne a donné son nom au musée qui va
bientôt ouvrir ses portes dans un bâtiment tout neuf de 14 étages
qui accueilleront tous les objets que les archéologues ont sauvés :
vaisselle de luxe, bouteilles, cruches, ustensiles de cuisine, ossements,
reliefs de repas, objets domestiques, jetons et monnaies, etc.
Le museo de la Cisterna sera
ouvert tous les après-midis du mercredi au dimanche et fermés les
lundis, mardis et jours fériés.
"Un bon coup de Masse", dit le gros titre avec son traditionnel jeu de mots en l'occurrence sur le nom du candidat qui offre dans ce domaine des choix à l'infini ! Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution
Finalement, après la publication
officielle des deux candidats de Unión por la Patria (ex-Frente de
Todos), le ministre de l’Intérieur, Eduardo "Wado" de Pedro, et un ancien
vice-président puis gouverneur de la province de Buenos Aires,
Daniel Scioli, c’est finalement le ministre de l’Economie, Sergio
Massa, qui portera les couleurs du péronisme de gauche, avec pour
candidat au poste de vice-président, l’ancien ministre de la
Défense, Agustín Rossi (Rossi occupe aujourd’hui les fonctions de
Jefe de Gobierno, qui se situent entre celles de Premier ministre et
celles de Secrétaire-Général de la Présidence dans les
institutions françaises).
Il n’y aura donc pas besoin de
départager les candidats lors des primaires, les PASO de la mi-août.
Il lui suffit de faire un bon score et d’arriver si possible avant
le premier candidat de la droite libérale.
On est à quelques jours de la
clôture des candidatures et du début de la campagne électorale
officielle pour ce premier round que représentent les PASO. Sans
aucun doute possible, Massa était le meilleur présidentiable de ce
camp. C’est lui qui a la plus forte notoriété et la plus belle
trajectoire. En revanche, il va être fortement handicapé pur ne pas
dire plus par les chiffres de l’inflation et de la pauvreté dont
il porte la responsabilité politique depuis deux ans. L’effet de
surprise est donc peut-être son meilleur atout dans des
circonstances aussi difficiles.
"Cristina fait marche arrière : elle écarte De Petro et Massa devient le candidat unique", dit le gros titre sur cette photo du ministre satisfait cette nuit Cliquez sur l'image pour une haute résolution
De toute évidence, pendant les
dernières heures, pendant que Prigojine lançait son coup de force à
la frontière russo-ukrainienne et stupéfiait le monde, cette
nomination a été arrachée de haute lutte à Cristina Kirchner qui
aura tout fait jusqu’au dernier moment pour pousser son poulain, le
ministre de l’Intérieur, qui a depuis renoncé à sa candidature,
comme l’a fait son compétiteur, Daniel Scioli. De toute évidence,
ce qui vient de se passer correspond à une défaite pour Cristina et
comme elle n’est candidate à rien pour les deux années à venir,
on peut se demander si sa carrière politique n’est pas en train de
prendre vraiment fin. Massa ne manque en effet ni de charisme ni de
capacités. Il est encore jeune et de toute évidence, il en veut et
il obtient ce qu’il veut. Il s’était imposé à la présidence
de la chambre au début du mandat, puis il a arraché à la majorité
la constitution de son super-ministère et enfin il se bat toute la
journée d’hier et une partie de la nuit pour se faire nommer
candidat à la présidence au tout dernier moment… Costaud !
"Cristina a dû céder et le tandem de la majorité sera Massa-Rossi", dit le gros titre Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Le coup de tonnerre est tel qu’il
éclipse complètement dans les journaux argentins les événements
en cours à Rostov sur le Don, Voronej et Moscou, même dans les
colonnes de Página/12, un quotidien qui est resté poutinien malgré
les dix-huit mois de guerre épouvantable sur le sol ukrainien.
A l’heure où je publie cet
article, toutes les unes ne sont pas encore disponibles. Je
reviendrai donc sur les illustrations dans la suite de la journée
s’il y a lieu.
"Une mer de petites lumières", dit le gros titre sur cette photo de la foule manifestant hier à Buenos Aires Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution
La répression policière qui
s’est abattue avant-hier sur les manifestants (pas très
pacifiques) qui s’opposaient à l’adoption de la réforme
constitutionnelle provinciale a choqué toute la gauche argentine.
"Le conflit de Jujuy s'installe dans la campagne", dit le gros titre Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Hier, plusieurs marches ont eu
lieu dans différents endroits du pays, en particulier une marche aux
flambeaux au cœur de Buenos Aires.
"Morales [le gouverneur] redouble d'accusation contre le gouvernement à propos de la violence après l'ultimatum du président", dit le gros titre A droite : l'enquête sur le féminicide en province de Chaco met de plus en plus en évidence la culpabilité de la famille de militants de gauche, dont la jeune femme était une des pièces rapportées Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Malgré ces réactions publiques
très spectaculaires et l’avis de plusieurs organismes américains
chargés de dire le droit sur l’ensemble du continent, lesquels
demandent au gouvernement provincial de Jujuy d’arrêter les
violences policières et de laisser les opposants manifester, ce
même gouvernement signe et persiste : le gouverneur cherche à
prouver, en pleine campagne électorale, que le gouvernement national
aurait payé certains opposants pour provoquer les rixes dans sa
capitale.
"Enquête pour savoir si la majorité a payé les agresseurs de la Législature de Jujuy", dit le gros titre sur ces photos détaillées Cliquez sur l'image pour une haute résolution
De son côté, le président
Alberto Fernández a annoncé qu’il en référait à la justice
pour faire annuler les deux articles contestés qu’il estime
inconstitutionnels. Certains kirchneristes commencent même à
réclamer que les pouvoirs publics nationaux interviennent dans la
province, déposent le gouverneur et le remplacent jusqu’aux
élections. Une solution extrémiste très improbable à ce stade du
processus démocratique.
Infographie présentant la synthèse du rapport de l'INDEC publié hier à Buenos Aires Cliquez sur l'image pour une haute résolution
118 et 122 % d’augmentation
des deux paniers, en bleu celui qui définit la pauvreté et en rose
pour celui qui définit l’indigence, en mai 2023 (voir schéma
ci-dessus), en valeur cumulée sur douze mois contre 114 %
d’inflation moyenne nationale sur la même durée et pour le même
mois, selon l’INDEC, l’institut national des statistiques en
Argentine.
Il faut maintenant près de
100 000 pesos de revenus mensuels pour qu’une famille moyenne
se situe au-dessus du seuil d’indigence.
Ce rapport mensuel est établi à
partir d’un relevé de prix effectué à Buenos Aires et dans sa
banlieue, la zone où la pauvreté se concentre.
"Jujuy en feu", dit le gros titre Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution
Depuis une dizaine d’années,
la province de Jujuy est au pouvoir d’un gouverneur plutôt
droitier et passablement provocateur, qui passe son temps à chercher
querelle à la gauche péroniste qui en a bien entendu autant à son
service.
"Jujuy approuve la Constitution malgré la violence séditieuse", dit le gros titre Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Depuis plusieurs jours, les
manifestations succèdent aux manifestations dans l’espoir de le
faire reculer sur sa réforme constitutionnelle dont la gauche et
certains organismes représentant les peuples premiers disent qu’elle
va réduire la liberté de manifester et livrer à la vénalité
capitaliste certaines terres que les Amérindiens considèrent comme
ancestrales, voire sacrées.
"Des groupes violents ont tenté d'incendier la Législature de Jujuy", dit le gros titre En-dessous, les recherches policières ont abouti à la découverte des restes d'une personne dont on a tout lieu de penser que c'est la victime d'un féminicide qui bouleverse l'Argentine et surtout la province de Chaco Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Deux articles soulèvent la
colère de ces secteurs. Le premier oblige les organisateurs de
manifestations de rue à se déclarer à l’avance auprès des
pouvoirs publics pour que la police connaisse l’itinéraire
empruntée et puisse le sécuriser tout en assurant la circulation
dans le reste de la ville. Il interdit les barrages routiers
(piquete), l’occupation des édifices publics et l’entrave
au fonctionnement des services collectifs. Trois techniques
traditionnelles en Argentine et auxquelles les organisations de
gauche n’imaginent même pas pouvoir renoncer. Elles y voient un
renoncement à leur liberté d’expression. Le second organise
l’exploitation des gisements de lithium et devrait aboutir à la
concession, voire à la vente de ces gisements à des grands groupes
miniers internationaux dont nul n’ignore plus ce que, par pure
vénalité, ils en font sur ce continent comme en Afrique :
crimes d’écocide en pagaille à prévoir dans toute cette
magnifique province andine.
Hier, la réforme a été adoptée
et les élus ont prêté serment à la nouvelle constitution, malgré
d’importants rassemblements dans la rue. Comme on peut s’en
douter, chauffée à blanc par plusieurs jours de manifestation qui
n’ont reçu pour toute réponse que l’éternel mépris du
gouverneur et de sa majorité, la foule des mécontents s’est
livrée à des actes de violence particulièrement spectaculaires.
Dans la foulée de la prise du Congrès à Washington et de la place
des Trois Pouvoirs à Brasilia, on a même craint ou feint de
craindre que la Législature provinciale allait elle aussi y passer…
"Tentative d'incendier la Législature de Jujuy : [la droite libérale] accuse le gouvernement [national]", Cliquez sur l'image pour une haute résolution
La majorité actuelle affirme que
des cars, afrétés par La Campora, l’organisation de la jeunesse
kirchneriste, le bras armé de Cristina dirigé par son fils, Máximo
Kirchner, ont déversé des flots de manifestants étrangers à la
province. Ce qui n’est pas impossible – ils sont assez organisés
pour ce genre de choses.
Hier, le centre-ville de San
Salvador de Jujuy était donc sens dessus-dessous, alors que le reste
du pays célébrait son drapeau et la mémoire du général Manuel
Belgrano, un personnage très présent dans cette province puisque
c’est dans cette capitale qu’il fit bénir pour la première fois
le drapeau national qu’il avait créé pour le champ de bataille
révolutionnaire quelques mois plus tôt, dans la pampa, sur les
rives du Paraná.
On compte de nombreux blessés parmi les manifestants et il y a eu d'encore plus nombreuses arrestations. Le gouverneur Gerardo Morales a la main lourde en matière de répression. Il est largement connu pour cela dans le pays.
Selon l’appartenance
idéologique de leurs rédactions, les journaux donnent des versions
assez différentes de ces événements très inquiétants en plein
cœur d’une année électorale.
Cours du peso (ARS) : 1 € = 41 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centavos) Décalage horaire (Paris) : - 5 h Population BsAs : 3 millions Superficie BsAs : 202,4 km2 Pop. Gran BsAs : 12,5 millions Superficie Gran BsAs : 3833 km2
Population totale : 47 327 407 hab (mai 2022) Superficie Argentine : 2.780.400 km2
MONTEVIDEO : infos pratiques
Cours du peso (UYU) : 1 € = 37 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centesimos) Décalage horaire (Paris) : -5 h Pop. Montevideo : 1,3 million Superficie Montevideo : 193 km2 Pop. région Capitale : 2 millions Sup. région Capitale : 525,54 km2 Pop. Uruguay : 3,4 millions Superficie Uruguay : 176 220 km2
Asado : barbecue (du genre monstre, même en petit comité)
Baires : apocope de Buenos Aires
Boliche : tout établissement qui permet de se rencontrer autour d'une consommation solide ou liquide
Bombilla : pipette métalique ou végétale dont on se sert pour boire le mate (voir ce mot) en évitant d'avaler la poussière de yerba mate (voir ce mot). Lorsque le mate est partagé entre plusieurs convives, tous boivent à la même bombilla.
BsAs (ou BA) : initiales de Buenos Aires
Cambalache : Sens premier : dépôt-vente, brocante, voire mont-de-piété. D’où bazar, souk, bric-à-brac.
Candombe : musique d'origine afro-sud-américaine conçue pour les défilés festifs sans doute au 19e siècle au moment de la fin de l’esclavage. Cette musique est restée très populaire en Uruguay où elle est présente tout le temps.
Canyengue : caractéristique des faubourgs
Charla : conférence, causerie
Confitería : café-salon de thé et/ou pâtisserie-traiteur
Cuadra : portion de voie publique entre deux esquinas. Une cuadra faisant la plupart du temps 100 m, elle sert de mesure des distances dans la ville. Tel lieu se trouve à tant de cuadras de tel autre.
Empanada : chausson fourré à déguster chaud
Esquina : croisement de deux voies publiques (rues, avenues...) qui constitue un point de repère fixe dans la ville. On donne une adresse en indiquant sa cuadra (entre telle et telle rue) et sa distance par rapport à la esquina
GCBA : anagramme de Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires (Gouvernement de la Ville de Buenos Aires)
Gorra (a la) : littéralement "à la casquette". En français, "au chapeau". Il s'agit d'un mode de rémunération artistique traditionnel dans toute la région du Rio de la Plata
Guampa : récipient pour préparer, boire et partager le tereré (voir ce mot) quand on n'utilise pas un mate classique (voir ce mot). Le guampa est creusé dans une corne de vache.
Guita : l'argent en lunfardo. Désigne aussi la devise nationale (la guita nacional)
Legislatura : nom de l’assemblée législative unicamérale de la Ville Autonome de Buenos Aires
Mate : 1. boisson nationale argentine, uruguayenne, chilienne et paraguayenne, très appréciée aussi dans le sud du Brésil. La boisson est produite par l'infusion de la yerba maté. En Bolivie et dans certaines zones du Pérou, on boit un mate de coca. 2. récipient de toute forme, de toute matière et de différentes contenances dans lequel le mate se prépare, se boit et se partage. (Voir ce mot)
Milonga : 1- musique qui a précédé le tango, toujours très vivante (caractérisée de nos jours par un rythme vif et allègre quand bien même les paroles raconteraient un drame) ; 2- bal de tango argentin
Milonguero : l´homme qui vit la nuit dans le monde dominé par le tango. Contrairement à ce que pensent les Français, le mot ne sert que rarement à désigner le danseur de tango en tant que tel. Attention quand vous employez le mot au féminin : il a longtemps désigné une réalité sociale disparue à la fin des années 50, la cocotte qui dansait dans les cabarets et se faisait entretenir. Danseur se dit la plupart du temps bailarin (bailarina au féminin)
Murga : musique festive de défilé de carnaval et autres grandes fêtes collectives.
Orquesta típica : ensemble musical comprenant au minimum 1 piano, 1 violon, 1 bandonéon et 1 contrebasse.
Peso : devise nationale (non convertible). Sigle : $
Picada : assortiment de fromages et/ou de charcuterie
Plenario : réunions académiques que les Academias organisent dans le cadre de leurs activités culturelles publiques
Porteño : gentilé de Buenos Aires. Se dit de toute personne née à BsAs. Nul n’est jamais vraiment porteño s’il est né hors de la Ville. Sauf à s’appeller Carlos Gardel, et ce quel que soit le lieu de sa naissance.
Show : tout concert, récital, tour de chant, spectacle. Le mot n’est pas réservé aux spectacles de revue ni aux grand événements ultra-marketés drainant des milliers de spectateurs.
Tango baile : le tango dans sa dimension dansée, une dimension parmi d’autres.
Tango salón : tango qui se danse en société (par opposition au tango professionnel, pour la scène)
Tereré : mate préparé avec de l'eau froide ou à température ambiante ou du jus d'orange ou de citron, parfois de pamplemousse, très apprécié par grandes chaleurs.
Troesma : verlan de Maestro (maître)
Yerba mate : feuilles d'un arbuste de la famille du houx, originaire du Paraguay et du nord de l'Argentine et de l'Uruguay. Séchées à l'air chaud ou au four, fermentées puis hachées, elles forment l'ingrédient essentiel du mate et du tereré.
CENTENARIO TROILO (2014)
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La Boca de Quinquela et des peintres
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Blogs et sites culturels : Walter Alegre, militant de la culture (BsAs) Pablo Vignali, photographe à Montevideo Melografías, sur l'actualité de la musique argentine(BsAs)
Radios généralistes : NCI, culture pan-ibéroaméricaine (Madrid) RFI Radio France Internationale en français RFI Radio France Internationale en espagnol Canal Académie (radio de l'Institut de France)
Dictionnaires et traducteurs en ligne : ATLIF-Université de Caen (dictionnaire de français) CISCO-Université de Caen (synonymes français) RAE Real Academia Española (dictionnaire d’espagnol)