Actualité culturelle argentine, là-bas à Buenos Aires et sur le Río de la Plata, et ici, en Europe francophone.
Actualidad cultural, allá en Buenos Aires y su zona y acá en nuestras ciudades europeas franco-hablantes. Noticias en español si te gusta más así...
Cultural current affairs, there in Buenos Aires area and here, in French-speaking Europe. Depending on your demand...
Pour cet été, le Museo Casa Carlos Gardel propose une exposition temporaire consacrée à la relation de Gardel avec les sports.
L’artiste était un
grand fan de football et de courses hippiques. C’est d’ailleurs
en lisant un journal qu’il achetait surtout pour ses pronostics de
turf qu’il découvrit le premier poète de tango qu’il
distingua : Celedonio Esteban Flores... Gardel était lui-même
propriétaire de chevaux et son amitié avec le jockey uruguayen
Ireneo Leguisamo est devenue légendaire. Carlos Gardel a même fait
composer un tango pour honorer son ami, alors une grande vedette des
champs de course : Leguisamo solo, qu’il a enregistré en
1927.
L’un de ses chevaux,
monté par Leguisamo, Lunático, a lui aussi gagné l’immortalité
grâce au talent de son propriétaire.
Carlos Gardel et Ireneo Leguisamo sur le champ de course
Le football a lui aussi
eu droit aux honneurs de la musique, comme par exemple, l’année
suivante, avec Patadura (Patte raide), portrait d’un joueur qui
rate toutes ses balles et qu’un supporter insulte depuis les
gradins (1).
Hélas, le Museo Casa
Carlos Gardel a été massacré il y a deux ans par un réaménagement
qui a transformé ce qui était une maison viable en un lieu sans
âme, purement fonctionnel, qui se contente de donner à écouter la
voix d’or, qu’on peut trouver facilement sur le Web, grâce à
Todo Tango, par exemple (cliquez sur les deux titres de tango pour les écouter sur ce site encyclopédique argentin). Pas la peine pour nous de faire 11.000 km en avion et de payer 50 pesos (2) pour visiter ce machin super-moche (il n'y a qu'à regarder la photo pour s'en rendre compte ! Vous vivriez, vous, dans un tel décor ?)
Página/12 a toutefois
publié ce matin un article sur cette exposition (c’est l’été,
il y a moins à se mettre sous la dent). Lisons-le !
(1) J'ai moi-même traduit plusieurs tangos sur ce thème, dont certains choisis dans le répertoire créé par Gardel, dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, Editions du Jasmin.
(2) Sauf le mercredi, où le ministère local de la culture a maintenu la gratuité de l'entrée.
"Ne pleure pas sur moi, Royaume-Uni", déclare le gros titre
Cela vous dit bien quelque chose, non ? "Don't cry to me Argentina".
Quelque chose dans le genre...
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Pour une fois, c’est La Prensa qui fait de
l’humour (noir) sur sa une : en mettant en vedette le revers
subi par Theresa May hier soir à Westminster, le quotidien de la
droite catholique paraphrase, de façon cinglante, le célèbre
refrain de la comédie musicale Evita ! Une
comédie musicale anglo-saxonne dont les Argentins ne raffolent pas
vraiment : l’histoire qu’elle rapporte n’a pas grand-chose
à voir avec la réalité historique qu’ils ont vécu, qu’ils
soient péronistes ou gorilas (anti-péronistes).
Vous
ajoutez les Malouines à tout ça et vous avez un cocktail
passablement empoisonné. Donc que Theresa May se prenne une grosse
défaite devant son Parlement, les Argentins, ça les fait plutôt
sourire...
Cette
une est d’autant plus violente
que La Prensa n’est pas fan de Eva Perón, révolutionnaire de
gauche et féministe, qui n’est pas tout
à fait sa tasse de thé conservatrice,
pour ne pas dire
réactionnaire.
"L'inflation, c'est la démonstration de son incapacité à gouverner"
Mauricio Macri, 16 mai 2014
L’inflation a tenu ses promesses : pour
l’année 2018, elle est de 47,6 % en moyenne, alors que les
observateurs s’attendaient à un taux aux environs de 50 %.
C’est
un rapport de l’INDEC (institut national des statistiques) qui le
dit.
Tous
les quotidiens nationaux s’en font l’écho aujourd’hui, comme
on peut l’imaginer, et avec une cruauté cinglante, Página/12 en
fait sa une en rappelant une phrase de Mauricio Macri pendant la
campagne électorale qui lui a permis d’emménager à la Casa
Rosada, il y a trois ans.
Notons
juste que les gouvernants de gauche qu’il accusait ainsi
d’incompétence parvenaient à juguler l’inflation dans des
limites situées entre 22 et 25 % l’an… En janvier de
l’année dernière, les ministres argentins annonçaient
triomphalement qu’ils se fixaient comme objectif une inflation à
10 % à la fin de l’année, avec une marge de plus ou moins 2
points.
Une de ce jour
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Le
taux actuel est le plus élevé depuis 1991. Même lors de la crise
de 2001, l’Argentine n’avait pas souffert à ce point !
Personne n’attend que cette inflation record pour le pays ne baisse
rapidement. Le président abordera donc la campagne pour sa
réélection avec ce handicap.
Après le scandale provoqué en décembre par
l’interdiction d’accéder au Cerro de los Siete Colores de la
part d’un particulier, en l’occurrence le chanteur Memo Vilte,
voilà que la justice provinciale de Jujuy intervient et questionne
l’existence d’une vente de ce site inaliénable, puisqu’il est
inscrit au Patrimoine de l’Unesco.
Le
juge a interdit à l’artiste qui se dit propriétaire de l’endroit
d’y faire quelque construction que ce soit. Memo Vilte avait
annoncé qu’il souhaitait bâtir un amphithéâtre à ciel ouvert.
Ce
sont les riverains de ce lieu emblématique de la région de
Purmamarca qui ont porté l’affaire devant les tribunaux.
Les
riverains continuent la lutte. Ils ne se tiennent pas pour satisfaits, ce qu'ils veulent, c'est que le juge interdise définitivement
toute espèce d'artificialisation de ce magnifique site naturel, qui figure dans tous les catalogues
des voyagistes du monde entier.
Cette année, Corrientes a choisi de mettre en vedette le nouveau parc national de la Province
la magnifique Laguna Iberá qui occupe le tiers de son territoire
L'affiche participe aussi à la candidature du genre au patrimoine de l'UNESCO
L’été, c’est la saison des festivals et
Corrientes, dans le nord-est du pays, dit aussi El Litoral(1), est
l’une des premières villes argentines à lancer la saison avec sa
Fiesta Nacional del Chamamé y fiesta del Mercosur.
Programme de ce soir
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Le
chamamé est en effet une musique qui unit l’Argentine, le sud du
Brésil, le nord de l’Uruguay et le Paraguay autour de l’accordéon,
de la guitare et du maté. Une musique, une danse, une poésie, bref
une culture complète et complexe… Le programme de ce soir est
alléchant et typique : bénédiction pour commencer et hommage
aux artistes disparus au cours de l’année 2018…
La
page Facebook du festival donne le programme de chaque jour.
D’ordinaire, les concerts du soir sont retransmis par Radio
Nacional, à condition que l’antenne soit en mesure de travailler,
maintenant qu’un nouveau directeur exécutif a été nommé par le
gouvernement. Traditionnellement aussi, les concerts sont retransmis par TV Pública.
(1)
On désigne ainsi cette région parce qu’elle est limitée par deux
rivières majeures, le Río Uruguay à l’est, qui sert de frontière
avec la République Orientale de l’Uruguay, et le Paraná, à
l’ouest, qui remonte vers le Paraguay. On l’appelle aussi la
Mésopotamie argentine. C’est la terre par excellence de la forêt
subtropicale et des plantations de yerba mate. En Province de
Corrientes, on trouve aussi beaucoup de culture d’agrumes, en
particulier la bigarade, la fameuse orange amère font l’écorce
peut parfumer la yerba. Enfin, Corrientes, vous le savez depuis mon
article d’hier, c’est aussi la patrie du Gauchito Gil (et vous le
savez depuis encore plus longtemps, c’est la province qui a vu
naître San Martín, dont vous parle mon autre article).
Un grand merci à Madame Evlyne Leraut qui, le 21
décembre 2018, a publié sur Babelio cette critique élogieuse de ma
biographie San Martín, à rebours des conquistadors, que j’ai
publiée aux Editions du Jasmin et qui est toujours disponible dans
toutes les bonnes librairies francophones européennes (1).
Copie d'écran.
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Pour
consulter l’article en ligne, cliquez sur ce lien.
La même critique a été mise en ligne sur le site Onlalu.com.
(1)
Comme les libraires ne peuvent pas avoir tout en rayons ni en
réserve, pensez à le commander ! Ce sera plus facile.
L’éditeur enverra le livre au libraire en quelques jours. Et cela
fera vivre les librairies de nos villes.
Après la pause des fêtes, Jacqueline Sigaut
rouvre sa porte pour une nouvelle série de concerts du samedi soir.
Ce
samedi 12 janvier 2019, à 21h30, Jacqueline a invité le chanteur et
compositeur Hernán Genovese pour un récital intime, où il chantera
plusieurs chansons qu’il a écrites et puisera pas mal dans le
répertoire de Carlos Gardel, dont il est l’un des excellents interprètes
masculins actuels, avec une belle voix de baryton-basse…
Mardi dernier,
la ville de Mercedes, dans la province de Corrientes, célébrait un
nouvel anniversaire de la mort du Gauchito Gil avec l’inauguration
d’une statue géante de ce saint populaire et non officiel. Une
statue qui ne plaît pas à tout le monde. Elle peut nous paraître
kitsch. Elle est en fait assez typique de la dévotion populaire
sud-américaine, très chargée en couleurs et de forme très simple.
Haute de 9 mètres, donc pas vraiment discrète, elle représente le
Gaucho, dans ses vêtements traditionnels, où le rouge se voit à
mille lieues à la ronde, et sa croix, qui rappelle celle qui fut
posée sur sa tombe, après son exécution extrajudiciaire, il y a
141 ans.
La messe du 8 janvier à la paroisse de Mercedes
avec toutes les statues que les fidèles ont apportées pour qu'elles soient bénies
On voit que l'assemblée est très populaire
(regardez les tenues et la fréquence du surpoids)
Photo Ville de Mercedes
Qui
fut le Gauchito Gil ? Une sorte de Robin des
Bois argentin, un journalier rural qui, en pleine guerre civile entre
fédéraux et unitaires, rejoignit une bande de hors-la-loi qui
volait les riches pour redistribuer aux pauvres, sous la forme de
protection apportée aux fugitifs, de soutien matériel aux
persécutés. La bande aurait pris part à la guerre civile dans le
camp des fédéraux, que la bonne société des possédants unitaires
assimilait tous à des bandits. Au moins, ce n’était pas l’analyse
politique qui lui donnait la migraine !
Le Gauchito Gil à côté d'une Vierge couronné et de San Cayetano
(chez nous saint Gaëtan : le prêtre avec un bébé dans les bras)
le saint du pain et du travail, autre grande figure de la piété populaire,
honoré le 7 août
Photo Ville de Mercedes
Dans
ce qui n’était pas encore Mercedes, le hameau de Pai Ubre où il
serait né, Antonio Mamerto Gil Núñez (circa 1840- 8 janvier 1878)
fut arrêté pour désertion (il aurait désobéi alors
qu’il était mobilisé, contre son gré comme la plupart des
combattants de ce conflit, lors de la Guerre de la Triple Alliance,
qui opposa, de 1864 à 1870, l’Argentine au Paraguay, pour la
possession de la province de Chaco). Les policiers, qui devaient
l’escorter jusqu’à la ville de Goya pour qu’il y soit jugé,
décidèrent de l’exécuter en route. Il fut pendu par les pieds à
un caroubier sur le bord du chemin et égorgé avec son propre
couteau, grâce aux mœurs très douces des forces de l’ordre de
l’époque (1). Des villageois vinrent décrocher son corps et
l’enterrèrent pieusement dans le cimetière local, en mettant une
croix sur sa tombe.
Le tumulus à l'extérieur de l'agglomération
Photo Ville de Mercedes
La
légende veut qu’il ait supplié son bourreau de ne pas le tuer en
lui prédisant qu’il allait recevoir une lettre qui prouverait son
innocence et devant la résolution implacable du policier, il lui
annonça qu’à son retour dans ses foyers, il trouverait son fils
malade et sur le point de mourir, qu’il n’aurait plus alors que
prier, en l’invoquant lui qui serait au Ciel (2), pour que son fils
soit sauvé. Et c’est ce qu’il se passa. Depuis, les fidèles
témoignent que de nombreux miracles et guérisons mystérieuses ont
lieu sur sa tombe, dans le cimetière de Mercedes, et ailleurs,
lorsqu’ils l’invoquent, comme on le fait traditionnellement avec
un saint canonique.
Les
valeurs de pardon et de grâce divine étant au cœur de cette
croyance marginale, peu compatible avec l’ordre rigoureux de
l’Église catholique d’aujourd’hui (3), celle-ci accompagne le
pèlerinage en organisant des messes et des bénédictions dans
l’église paroissiale et au cimetière.
Une de El Litoral, le 8 janvier
Le secteur du tumulus était déjà complètement engorgé sous un ciel qui menaçait
(photo centrale)
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Des
petits sanctuaires du Gauchito Gil, très reconnaissables à leur
armée de foulards rouges flottant au vent, jalonnent toutes les
routes rurales du pays. Ce culte a même gagné les alentours de
Barcelone en Espagne. On y lit des tas d’ex-votos très
impressionnants avec des remerciements pour les grâces reçues.
En
1872, le journaliste et poète José Hernández (1834-1886), qui
avait vécu à Corrientes, publia une grande épopée en sixains
d’octosyllabes, El gaucho Martín Fierro, dont l’histoire est
assez proche de celle que raconte la légende du Gauchito Gil, une
légende qui, mis à part les événements miraculeux posthumes,
correspond à une réalité sociale et politique souvent attestée
dans cette deuxième partie du dix-neuvième siècle.
Une de El Litoral d'hier
Au centre de la page, les images de l'orage qui a inondé la province
En manchette, en haut à gauche, le pèlerinage à cheval
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Le
Gauchito Gil est devenu le saint patron des petits salariés ruraux,
ultra-précaires, celui des gens qui s’estiment victimes
d’injustices, qui sont humiliés à leur travail, dans leur vie
civile, etc. Et bien entendu, ils sont plus nombreux en période de
crise grave comme celle que traverse l’Argentine, surtout depuis
juin.
A
l’occasion de cette inauguration, on a vu arriver à Mercedes
quelque 200.000 pèlerins. Une manne économique dont cette statue
doit favoriser l’exploitation à fonds. Ce sanctuaire et ce culte
populaires sont un atout touristique pour la petite ville et tout est
bon pour gagner de l’argent : le parking, l’accès aux
toilettes, l’accès au tumulus qui marque l’endroit de
l’exécution, à huit kilomètres de l’agglomération, les
bibelots de piété et autres amulettes et breloques…
Les
marchands du Temple dans toute leur splendeur ! Mais c’est
aussi authentiquement pittoresque. Et très sincère chez la grande
majorité des pèlerins.
consulter
le site religieux du Gauchito Gil, où vous pouvez déposer des
intentions, comme on le fait sur les sites Internet de tous les
grands sanctuaires catholiques partout dans le monde. Bien évidemment, celui-ci n'a rien d'officiel.
(1)
Cette explosion de violence pourrait indiquer que l’homme était
effectivement un fédéral rebelle car c’est le genre de crime que
provoquaient les passions politiques de cette guerre civile atroce
qui commença en janvier 1820 et prit fin en 1880, au moment où,
après la victoire sur le Paraguay, le camp fédéral reculait devant
la puissante avancée des unitaires, qui étaient au pouvoir à
Buenos Aires, capitale fédérale depuis 1853. La "République
conservatrice" (1860-1880) qui bénéficiait d’un meilleur armement,
acheté, avec les gros sous des gros propriétaires terriens, aux
puissances européennes qui étaient leurs clients, finit par écraser
définitivement les fédéraux dans la banlieue de Buenos Aires en
juin 1880. Une version lénifiante de la légende veut que Antonio
soit tombé amoureux de la fille d’un commissaire, qui lui refusa
la main de sa fille, et que l’inimitié entre les policiers et le
gaucho viendrait de cet incident de jeunesse. C’est un procédé
assez fréquent en Argentine lorsque l’oligarchie en place a voulu
détourner la dénonciation de ses abus de pouvoir qui se glisse dans
la parole populaire, comme les contes ou les chansons, dans le
folklore à la campagne et comme dans le tango en ville.
(2)
Un élément de la légende qui se raccroche très certainement à la
figure du Bon Larron qui meurt sur la croix à côté du Christ, qui
lui dit, à lui le réprouvé, que demain il sera dans le Paradis
avec lui.
(3)
Mais assez semblable sans doute à ce que furent les débuts
chaotiques et anarchiques du culte des saints avant que l’Église
organise son droit canon et établissent des procédures rigides qui
entourent depuis le bas Moyen-Age la canonisation et la vénération
des bienheureux et des saints.
Pierre Richard, façon statue de la Vierge, au milieu d'un décor typiquement portègne !
Décidément, la tournée actuelle de Pierre
Richard en Argentine plaît à Página/12 qui, ce dimanche, publiait
dans Яadar une
longue interview où notre Grand Blond avoue, à 84 ans, qu’il
n’est pas prophète en son pays. En novembre dernier, il était
l’un des invités d’honneur du Festival International de Cinéma
de Mar del Plata. Et depuis, c’est le troisième article que
Página/12 consacre à notre compatriote.
Pierre
Richard reçoit en Argentine un accueil beaucoup plus chaleureux
encore que chez nous.
Selon
son habitude ludique, Página/12 a choisi d’intituler l’article
en paraphrasant le premier verset de l’Ave Maria : Lleno eres
de gracia (plein de grâce).
En cette période de longues vacances scolaires,
le journal de gauche Página/12 revient sur la fermeture, décidée
par la municipalité ultra-libérale de Buenos Aires, de quatorze
centres de formation professionnelle et de cours du soir de
préparation au baccalauréat, pour des adultes sortis trop tôt du
système scolaire.
En
décembre, en annonçant cette mesure d’austérité, la ministre de
l’Education de la Ville Autonome de Buenos Aires avait affirmée
que les écoles qui restaient ouvertes étaient largement suffisantes
pour accueillir le public concerné. Or c’est faux : les
personnes intéressées ne trouvent déjà plus de places et les
inscriptions sont closes en ce qui concerne la première année, pour
la rentrée de mars prochain.
Un
collectif d’étudiants, de professeurs et des syndicalistes de tous
les secteurs (1), s’est forgé pour lutter contre cette décision
unilatérale de la ministre, qui a évité le débat à la
Legislatura de la Ville. Le collectif organise des bureaux
d’inscription en plein air, dans la rue, dans divers secteurs de
Buenos Aires, pour identifier tous ceux qui ne trouvent pas chaussure
à leur pied. Le Défenseur du Peuple (médiateur) est prêt à
intervenir dans cette affaire qui est le premier recul de
l’instruction publique depuis le retour à la démocratie. Dans un pays dont les pères fondateurs, au temps de l'indépendance, ont presque tous eu pour obsession le développement de l'instruction publique !
Il
y a à Buenos Aires intra-muros 400.000 personnes qui ont quitté
l’école sans diplôme, le plus souvent lorsqu’ils ont atteint
l’âge de la fin de l’obligation scolaire.
Dessin paru à la une de Página/12 ce matin
Les deux types au fond : Avec le chômage et la fermeture
d’écoles,
la manière d’aborder les inconnus a changé.
Elle : Et toi ?
Tu ne travailles pas ou tu n’est pas étudiant ?
(1)
Ces formations diplômantes sont en effet soutenues par les
syndicats, qui parfois aident matériellement et financièrement les
étudiants s’ils doivent renoncer à une partie de leurs revenus
pour libérer du temps pour l’étude.
Le début des troubles au début du reportage de Caras y Caretas
En haut, les lieux de la première fusillade policière contre les ouvriers rebelles
Au centre : les dégâts dans un salon de coiffure du voisinage et un mur
En bas : le médecin venu au secours des victimes
avec son secrétaire et les forces de police montée
Les obsèques des victimes, le lendemain, allaient mettre le feu aux poudres
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Il y a un siècle, dans ce qui est aujourd’hui plaza Martín
Fierro, dans le quartier San Cristóbal, à Buenos Aires, éclatait
une grève, que ses organisateurs déclaraient générale et qui
allait se transformer du jour au lendemain, aux premiers morts, en
émeute qui enflamme tout le sud de la ville, à quoi répondirent
une nouvelle série de représailles d’une rare violence. La place recouvre le vaste périmètre où se dressaient les
Ateliers Vasena, un complexe industriel de mécanique et de
métallurgie fondée par un immigré italien, Pietro Vasena (1853-1916). Il y a quelques
années, l’endroit a fait l’objet de fouilles archéologiques qui
ont donné lieu à plusieurs articles scientifiques rassemblés dans
un livre, en accès libre et gratuit en ligne. Un morceau du mur de
l’usine principale tient encore debout, ultime témoin de la
tragédie qui a pris naissance dans ce sud populaire de Buenos Aires.
Plaza Martín Fierro (Facebook)
Les vestiges de l'usine
En janvier 1919, la
révolution bolchévique était toute récente et elle terrorisait
les grands possédants et les bourgeois modestes partout dans le
monde. Les rumeurs courraient que le tsar Nicolas II avait été tué mais on
n’en savait pas plus. A Berlin, la marxiste Rosa Luxemburg et le
social-démocrate Karl Liebknecht voyaient leur échapper une
révolution prolétaire immature. Elle s’achèva par leur
assassinat le 15 janvier et un bain de sang général qui fit office de fonts baptismaux à la malheureuse République de Weimar. Et voilà
qu’à Buenos Aires, les trains s’arrêtent d’un seul coup, au
lendemain de l’Epiphanie. Les journaux ne paraissent plus, les
commerces cessent de lever le rideau, les services de voiture à
chevaux ne fonctionnent plus et l’approvisionnement de la ville est
interrompu. De plus, les femmes tiennent un rôle certain dans ce mouvement revendicatif et les enfants sont présents parmi les grévistes et les manifestants. Le gouvernement du président Hipólito Yrigoyen(1),
pourtant de gauche et porté au pouvoir dans la liesse en 1916 par le
vote populaire (2), fait donner la troupe et la police. Il préfère
négocier avec le patronat qu’avec les ouvriers. La répression qui
s’ensuivit causa de nombreux morts et blessés pendant toute la
semaine.
D’un seul coup,
Buenos Aires est transformée en ville assiégée, où le peuple
érige des barricades dans les quartiers populaires (Constitución,
San Cristóbal, La Boca, Barracas, etc.) tandis que la cavalerie,
l’infanterie et l’artillerie de l’armée de terre protégent
les institutions nationales, comme le Congrès et le palais du
Gouvernement (Casa Rosada), et investissent la rue, les gares et le
métro tout neuf (3), pendant que les troupes de marine transforment
les deux ports de la ville en camps retranchés.
Caras y Caretas
Les incidents en marge de la "marche patriotique" de l'UCR
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Parmi les manifestants
ouvriers, il y avait quelques communistes, peu nombreux, et beaucoup
d’anarchistes. Certains d’entre eux étaient juifs, c’étaient
des immigrants de date récente, originaires de l’ancien empire
russe (4), arrivés en Argentine pour fuir les pogroms du vendredi
soir dans leur pays natal. Or des groupes d’émeutiers s’en
prirent, entre autres, à des institutions catholiques : une
église fut incendiée, Jesús Sacramentado, ainsi qu’un orphelinat
de filles, la Casa de Jesús, entièrement pillé et dévasté. La
répression se traduisit très rapidement en débordements
antisémites, d’origine patronale et radicale, qui donnèrent lieu
à un progrom sanglant, le seul qui ait jamais eu lieu en Amérique
du Sud.
Quotidien Le Temps (Paris), édition du 14 janvier 1919 (Gallica - BNF)
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Face aux ouvriers
révoltés, l’UCR, parti au pouvoir, organisa une réponse dite
patriotique, avec un impressionnant défilé en bon ordre, en
costumes et canotiers, sur Avenida de Mayo, qui relie les deux
centres du pouvoir, la Casa Rosada et le Congrès. Les photos ne sont
pas sans nous rappeler la manifestation en faveur du général De
Gaulle à la fin des événements de mai 1968.
Le Figaro, du 14 janvier 1919 (Gallica-BNF)
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La ville connut aussi
tous les désagréments collatéraux : grève des éboueurs,
montagnes d’immondices dans les rues, voitures de tramway
renversées et détruites, abandonnées sur la voie publique,
vitrines démolies, milliers de litres de lait renversés sur la
chaussée. Le tout en plein été, avec les odeurs nauséabondes que
provoquait ce soleil qui dardait sans pitié ses rayons sur ce champ
de bataille urbain.
Le vieil ombú de Plaza Martín Fierro (Facebook)
Un peu de paix sur des lieux qui perdent la mémoire...
C’est l’hebdomadaire
Caras y Caretas qui, pour décrire les faits qui venaient de ravager
la capitale argentine trouva, dans son édition du 18 janvier 1919,
ce nom de Semana Trágica que l’histoire a retenu pour désigner
ces événements. Le magazine illustré ne consacra pas moins de
29 pages à cette sanglante actualité.
Des pages très instructives et émouvantes : beaucoup
de photos et quelques dessins montrent un cœur historique de Buenos
Aires qui n’a pas beaucoup changé, en particulier les rues de
Monserrat (Belgrano, Mitre, Chacabuco, Perú, Saénz Peña, Piedras,
etc.) alors que les quartiers industriels ont complètement disparus.
Ils montrent aussi des classes sociales aux tenues très
discriminantes : le peuple, de tout niveau social, qui a pour
expression culturelle le tango naissant.
Dans les éditions
papier de ce matin, la presse rappelle ces événements douloureux.
Bien entendu, la presse
militant de gauche en parle beaucoup plus encore mais, là, il y en a
trop !
Ajout du 23 janvier 2019 :
il y a une semaine, l'historien Esteban Ocampo était interviewé sur le sujet par France 24 (canal espagnol), dont le siège est à Bogotá, en Colombie. A regarder sur Youtube.
(1) Yrigoyen était le
leader de la Unión Cívica Radical, parti d’abord révolutionnaire
et devenu démocratique en 1916, qui forme aujourd’hui une bonne
partie du centre droit du paysage politique argentin. L’UCR est
actuellement alliée au PRO (libéraux), formant ainsi l’alliance
gouvernementale Cambiemos. L’UCR avait surgi en 1891 de la classe
moyenne, passablement embourgeoisée, de Buenos Aires :
médecins, juristes, fonctionnaires, enseignants... Les attaques de
groupes radicaux contre les comités ouvriers, notamment juifs,
viennent donc d’une tradition de violence politique encore très
ancrée dans le jeune parti.
(2) En 1912, la loi
Saénz Peña avait donné le droit de vote à tous les hommes nés
argentins, le refusant aux naturalisés, dans un pays qui connaissait
une vague d’immigration dont l’ampleur n’a pas beaucoup
d’équivalent dans l’histoire du monde, à part celle qui
connaissait New York à la même époque. La loi prévoyait que le
vote serait obligatoire et secret. Trois grandes nouveautés qui ne
manquèrent pas de produire leur effet : au premier scrutin
national qui suivit, les électeurs mirent la tête du pays le
premier gouvernement constitutionnel de gauche de l’histoire
argentine.
(3) La première ligne,
qui partait alors de Plaza de Mayo, datait de 1813. Le premier métro
du continent.
(4) C’est la raison
pour laquelle ruso, en Argentine et surtout à Buenos Aires, veut
souvent dire juif et non pas russe. De même, turco veut dire arabe
et non pas turc : les immigrants venant du Liban et de la Syrie,
en majorité des chrétiens qui, avant la première Guerre
mondiale, fuyaient l’islamisation et la turquisation de l’Empire ottoman, entre les guerres balkaniques et la première Guerre mondiale,
présentaient à la douane du port de Buenos Aires des passeports
turcs jusqu’au traité de Trianon, qui démantela l’empire, après
sa défaite de 1918.
En vacances en Patagonie depuis plusieurs semaines
(il est parti avant Noël), le président Mauricio Macri a accordé
vendredi deux
interviews à des radios locales, l’une installée à Neuquén,
dans le sud du pays, l’autre à Córdoba, dans le centre.
Il
y a fait une énième analyse des trois premières
années de son mandat. Il a
fait preuve d’une autosatisfaction à
laquelle nous sommes désormais habitués et qui n’est pas sans
rappeler aux Français
le décalage du chef de l’Etat
avec la réalité du pays qu’exprime
Emmanuel Macron, avec lequel Macri partage
beaucoup plus
qu’une similitude patronymique. Dans ces déclarations, l’Argentin
a glissé quelques phrases très polémiques, sans doute destinées
à souder la droite de son électorat
et qui fait réagir fortement, malgré la trêve des fêtes (1), son
opposition : en faisant référence à l’histoire de
l’Argentine, il a parlé des 70 dernières années comme d’années
de fiesta dont il serait impossible de sortir en trois ans. Ce qui
expliquerait la crise terrible qui affecte le pays, en particulier
depuis juin et l’intervention du FMI, qui a pris les rênes de la
politique économique nationale. On
croirait le diagnostic d’un médecin de Molière : "Voilà justement ce qui fait que votre fille est muette !" (2)
Or
depuis 1949, le pays a connu plusieurs dictatures militaires, dont la
dernière, d’une violence extrême, a
fait plusieurs milliers de morts de 1976 à
1983, et de nombreuses crises économiques, toujours déclenchées à
la suite d’une phase néolibérale où l’État s’est effacé au
profit des intérêts privés, la plus brutale
remontant à 18 ans, la crise de l’été 2001, où le pays s’est
effondré.
En
octobre prochain, ce sera le
premier tour des élections présidentielles, législatives
nationales et provinciales. 2019 s’annonce comme une année où
l’exécutif actuel cherchera à cliver la
population et n’hésitera pas à mentir (3).
Dernières
confidences d’un chef d’État en vacances : le pauvre chou
ne comprend pas pourquoi on le critique pour ses nombreux jours de
vacances (tout au long de l’année) et s’est pas encore remis de
la défaite de Boca Juniors devant River Plate, à la finale de la
Copa Libertadores, jouée pour la première fois en dehors du
continent, parce que le gouvernement argentin n’a pas été capable
d’assurer l’ordre dans les rues de sa capitale… On le plaint !
lire également l'article de Página/12 de ce jour qui dénonce le gouvernement qui se réjouit (festeja) de la stabilisation du dollar (à des altitudes stratosphériques tout de même) qui a pour conséquence la hausse tout aussi stratosphérique des taux d'intérêt et la chute du crédit.
(1)Le 6 janvier est
la date traditionnelle et conservée par le
magistère catholique, en Espagne et
dans tous les pays hispanophones, comme aussi en Italie, où l’Église
célèbre l’Epiphanie, jour où l’on donne leurs cadeaux aux
enfants. En Amérique du Sud, la tradition est respectée puisque les
petits sont en vacances d’été et qu’ils ont tout l’été pour
profiter de leurs jouets. En Espagne, l’usage des cadeaux glisse
progressivement vers Noël, parce que l’école reprend le 7
janvier, sauf quand le 7 tombe le week-end.
(2)Le Médecin malgré lui, acte II, scène 4.
(3) Il y a quatre ans,
Cristina Kirchner avait agi de la même manière, dressant les gens
les uns contre les autres. Ce qui a eu probablement une certaine
influence sur la défaite du kirchnerisme face à Macri, qui
apparaissait comme un contrepoids valide alors, sauf pour les
électeurs de gauche à la conscience politique très structurée.
Miguel Rep a réjouit la première édition 2019 de Página/12 avec
cette vignette qui fait la part belle à la coccinelle, surnommée en
Argentine bichito de la suerte (bestiole porte-bonheur). Un insecte
de saison, puisqu’on est en plein été.
Cette année, à la
suite du #MeToo argentin dont je vous ai parlé en décembre,
l’artiste a choisi de féminiser l’expression en y ajoutant un
petit pléonasme des familles (bichita de la buena suerte).
Miguel Rep, dans Página/12, daté du 2 janvier 2019
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution
Et comme dit Rep dans
sa légende : "Les petites bêtes porte-bonheur, pour l’année
qui commence.
Parce qu’on va en
avoir sacrément besoin, c’est moi qui te le dis !"
De toute évidence, il
pense à la situation économique de l’Argentine, aux prochaines
élections générales qui désigneront le prochain président et à
ce qu’il se passait le même jour au Brésil, où Bolsonaro venait d'inaugurer son mandat (et prenait, dès le lendemain, des décrets scandaleux, pour placer les terres réservées aux peuples premiers sous la
tutelle du ministère de l’agriculture, baisser le montant du
salaire minimum et exclure la population LGTB de la politique des
droits de l’homme). Et c’est dans ce beau pays que Juan Darthès, la vedette du cinéma et de la chanson poursuivie pour viols au Nicaragua et en Argentine, vient de se
réfugier…
Dimanche dernier, Página/12 a consacré son
supplément hebdomadaire idées presque entier à l’historien
anarchiste Osvaldo Bayer, disparu le 24 décembre dernier.
Osvaldo
Bayer a été chroniqueur dans les colonnes de ce quotidien depuis sa
fondation.
Tout au long de la semaine, la presse a rendu
hommage à Osvaldo Bayer, inhumé au milieu d’un grand concours de
peuple à Buenos Aires. Página/12, dans les pages duquel l’historien
avait tenu des chroniques fréquentes, lui a consacré sa une du 26
décembre, avec ce portrait signé Daniel Paz.
Une photo choisie par Página/12
Osvaldo Bayer chez lui, dans son patio,
un décor typique de la classe moyenne portègne
La
Prensa a critiqué vertement les prises de position du disparu, avec
des arguments catho-aigris, particulièrement désagréables au moment de Noël et qui remontent à une Guerre froide qui est
finie depuis longtemps.
Cours du peso (ARS) : 1 € = 41 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centavos) Décalage horaire (Paris) : - 5 h Population BsAs : 3 millions Superficie BsAs : 202,4 km2 Pop. Gran BsAs : 12,5 millions Superficie Gran BsAs : 3833 km2
Population totale : 47 327 407 hab (mai 2022) Superficie Argentine : 2.780.400 km2
MONTEVIDEO : infos pratiques
Cours du peso (UYU) : 1 € = 37 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centesimos) Décalage horaire (Paris) : -5 h Pop. Montevideo : 1,3 million Superficie Montevideo : 193 km2 Pop. région Capitale : 2 millions Sup. région Capitale : 525,54 km2 Pop. Uruguay : 3,4 millions Superficie Uruguay : 176 220 km2
Asado : barbecue (du genre monstre, même en petit comité)
Baires : apocope de Buenos Aires
Boliche : tout établissement qui permet de se rencontrer autour d'une consommation solide ou liquide
Bombilla : pipette métalique ou végétale dont on se sert pour boire le mate (voir ce mot) en évitant d'avaler la poussière de yerba mate (voir ce mot). Lorsque le mate est partagé entre plusieurs convives, tous boivent à la même bombilla.
BsAs (ou BA) : initiales de Buenos Aires
Cambalache : Sens premier : dépôt-vente, brocante, voire mont-de-piété. D’où bazar, souk, bric-à-brac.
Candombe : musique d'origine afro-sud-américaine conçue pour les défilés festifs sans doute au 19e siècle au moment de la fin de l’esclavage. Cette musique est restée très populaire en Uruguay où elle est présente tout le temps.
Canyengue : caractéristique des faubourgs
Charla : conférence, causerie
Confitería : café-salon de thé et/ou pâtisserie-traiteur
Cuadra : portion de voie publique entre deux esquinas. Une cuadra faisant la plupart du temps 100 m, elle sert de mesure des distances dans la ville. Tel lieu se trouve à tant de cuadras de tel autre.
Empanada : chausson fourré à déguster chaud
Esquina : croisement de deux voies publiques (rues, avenues...) qui constitue un point de repère fixe dans la ville. On donne une adresse en indiquant sa cuadra (entre telle et telle rue) et sa distance par rapport à la esquina
GCBA : anagramme de Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires (Gouvernement de la Ville de Buenos Aires)
Gorra (a la) : littéralement "à la casquette". En français, "au chapeau". Il s'agit d'un mode de rémunération artistique traditionnel dans toute la région du Rio de la Plata
Guampa : récipient pour préparer, boire et partager le tereré (voir ce mot) quand on n'utilise pas un mate classique (voir ce mot). Le guampa est creusé dans une corne de vache.
Guita : l'argent en lunfardo. Désigne aussi la devise nationale (la guita nacional)
Legislatura : nom de l’assemblée législative unicamérale de la Ville Autonome de Buenos Aires
Mate : 1. boisson nationale argentine, uruguayenne, chilienne et paraguayenne, très appréciée aussi dans le sud du Brésil. La boisson est produite par l'infusion de la yerba maté. En Bolivie et dans certaines zones du Pérou, on boit un mate de coca. 2. récipient de toute forme, de toute matière et de différentes contenances dans lequel le mate se prépare, se boit et se partage. (Voir ce mot)
Milonga : 1- musique qui a précédé le tango, toujours très vivante (caractérisée de nos jours par un rythme vif et allègre quand bien même les paroles raconteraient un drame) ; 2- bal de tango argentin
Milonguero : l´homme qui vit la nuit dans le monde dominé par le tango. Contrairement à ce que pensent les Français, le mot ne sert que rarement à désigner le danseur de tango en tant que tel. Attention quand vous employez le mot au féminin : il a longtemps désigné une réalité sociale disparue à la fin des années 50, la cocotte qui dansait dans les cabarets et se faisait entretenir. Danseur se dit la plupart du temps bailarin (bailarina au féminin)
Murga : musique festive de défilé de carnaval et autres grandes fêtes collectives.
Orquesta típica : ensemble musical comprenant au minimum 1 piano, 1 violon, 1 bandonéon et 1 contrebasse.
Peso : devise nationale (non convertible). Sigle : $
Picada : assortiment de fromages et/ou de charcuterie
Plenario : réunions académiques que les Academias organisent dans le cadre de leurs activités culturelles publiques
Porteño : gentilé de Buenos Aires. Se dit de toute personne née à BsAs. Nul n’est jamais vraiment porteño s’il est né hors de la Ville. Sauf à s’appeller Carlos Gardel, et ce quel que soit le lieu de sa naissance.
Show : tout concert, récital, tour de chant, spectacle. Le mot n’est pas réservé aux spectacles de revue ni aux grand événements ultra-marketés drainant des milliers de spectateurs.
Tango baile : le tango dans sa dimension dansée, une dimension parmi d’autres.
Tango salón : tango qui se danse en société (par opposition au tango professionnel, pour la scène)
Tereré : mate préparé avec de l'eau froide ou à température ambiante ou du jus d'orange ou de citron, parfois de pamplemousse, très apprécié par grandes chaleurs.
Troesma : verlan de Maestro (maître)
Yerba mate : feuilles d'un arbuste de la famille du houx, originaire du Paraguay et du nord de l'Argentine et de l'Uruguay. Séchées à l'air chaud ou au four, fermentées puis hachées, elles forment l'ingrédient essentiel du mate et du tereré.
CENTENARIO TROILO (2014)
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La Boca de Quinquela et des peintres
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