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vendredi 17 septembre 2021

Le Festival de Tango de Buenos Aires, c’est en ligne ! [à l’affiche]

En gros titre principal : "Le peuple payera les pots cassés"
(au sujet de la première phase des élections de dimanche)
En dessous : "La Ville s'habille en tango"
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Hier, le Festival de Tango de Buenos Aires s’est ouvert hier avec un peu de public à la Usina del Arte (le grand complexe municipal de spectacle) et beaucoup de distanciel, grâce à la chaîne Youtube officielle Vivamos Cultura (Vivons Culture).

Une soirée d’ouverture qui rendait hommage à Aníbal Troilo, une façon très consensuelle de lancer la manifestation, ce qui est de bon augure en pleine période électorale.

Tous les événements sont gratuits et leur retransmission leur donne un retentissement plus large que les années précédentes.

Au programme cette année : un hommage à Piazzolla (dont c’est le centenaire) et un autre à Maradona (mort il y a quelques mois), un concert pour les 80 ans du pianiste José Colángelo et un autre pour ceux de la chanteuse María Garay, la participation de plusieurs chanteurs bien connus des lecteurs de Barrio de Tango (Cucuza, El Chino Laborde, Cardenal Domínguez), une conférence-visite de l’atelier du fileteador Jorge Muscia (1). Et beaucoup d’autres, malgré les restrictions dues à la crise sanitaire.

Programme officiel
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Le festival se répartit sur plusieurs quartiers et de très nombreux lieux, dont plusieurs milongas qui rouvrent pour la première fois leurs portes à cette occasion (avec enfin la mise au point de protocoles consensuels). Le Teatro Colón lui-même sera mis à contribution au cours de la semaine.

Le festival et le Mundial s’achèveront dans dix jours, le 26 septembre.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Prensa (le seul quotidien national qui ait mis l’événement à sa une hier)
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación
accéder au site Internet Vivamos Cultura (du ministère de la Culture de la Ville Autonome de Buenos Aires).

Ajout du 22 septembre 2021 :

lire cet article de La Nación, sous la plume de Mauro Apicella, sur l’hommage à Maradona hier au festival, où a bien sûr résonné l’hymne tanguera à D10s qu’est Para verte gambetear, du regretté Alorsa, une chanson que j’ai traduite dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, paru en 2010 aux Éditions du Jasmin (la maison d’édition vient de mettre en place sur son site la vente en ligne de tous ses titres).



(1) Jorge Muscia est membre de la Academia Nacional del Tango, qu’il a contribué à mettre en place aux côtés de Horacio Ferrer, qui nous a quittés en 2014. Jorge est l’auteur du logo de l’institution. C’est lui qui m’a fait l’honneur d’accepter d’illustrer la couverture de mon premier livre, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins (Éditions du Jasmin).

jeudi 11 mars 2021

Les cent ans d’Astor : revue de presse en Argentine [Troesma]

Une du supplément culturel de Página/12 ce matin


Aujourd’hui, 11 mars 2021, cent ans après la naissance de Astor Piazzolla à Mar del Plata, tous les journaux nationaux ont sorti leur article ou plutôt leurs articles pour un hommage bien mérité à un musicien dont l’œuvre et le nom ont largement dépassé les frontières et font toujours rayonner la musique argentine dans le monde entier.

En revanche, l’actualité est si fournie aujourd’hui que Clarín n’a pas trouvé de place pour le grand musicien tandis que La Nación et La Prensa n’en ont trouvé qu’une minuscule (sans photo pour la première).

En revanche, Google Argentina a orné sa page d’accueil d’un doodle spécial pour l’occasion ! Dans le grand style portègne : un fileteado en bonne et due forme.


© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12, qui a mis Piazzolla à sa une et lui consacre la première page de son supplément culturel quotidien, Cultura y Espectaculos
lire l’article témoignage de Página/12
lire l’article principal de Clarín
lire l’article de Clarín sur le doodle de Google
lire l’article de La Nación, qui a intégré plusieurs précieuses vidéos historiques des meilleurs concerts, notamment celui donné par Astor Piazzolla au Teatro Colón en 1983.

Ajout du 12 mars 2021 :
La Prensa met très souvent ses articles en ligne avec beaucoup de retard
lire cet article de La Prensa sur les spectacles prévus
lire cet article de La Prensa sur la vie de Piazzolla

jeudi 2 novembre 2017

Lucrecia Merico et Oscar De Elia au Museo de la Ciudad [à l'affiche]


La chanteuse Lucrecia Merico et le pianiste Oscar De Elia reprendront leur récital ce samedi 4 novembre 2017, à 23h, au Bar del Filete du Museo de la Ciudad, Alsina 217 (Monserrat). Ce sera à l'occasion de la Nuit des Musées.

Le Bar del Filete est un joli endroit qui permet au musée d'exposer les œuvres de son fonds, qui rassemble les meilleurs fileteadores de la ville, ces artistes décorateurs qui excellent dans les arabesques d'origine italienne qui ont pris racine à Buenos Aires à la même époque que le tango, dans les années 1880.

Entrée libre et gratuite.

La Noche de los Museos dispose de sa page Internet sur le site du ministère de la Culture de la Ville Autonome de Buenos Aires.

mardi 23 février 2016

Le Museo Casa Carlos Gardel prépare sa rentrée pédagogique [à l'affiche]


En avril, les différents cours et ateliers réguliers du Museo Casa Carlos Gardel redémarreront dans quatre domaines : poésie, composition, histoire de la Orquesta Típica et fileteado, cet art décoratif si typique de Buenos Aires qui a récemment été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.


Le Museo Casa Carlos Gardel est installé dans la maison qui fut celle du grand artiste de 1929 à son départ en tournée, au début 1933, une tournée qui s'est interrompue en Colombie dans une catastrophe aérienne qui a coûté la vie à Gardel et à son partenaire de création, le poète et parolier Alfredo Le Pera, entre autres victimes...


Le musée dépend du ministère de la Culture de la Ville Autonome de Buenos Aires.

jeudi 3 décembre 2015

Une technique picturale traditionnelle digne du patrimoine de l'humanité : le fileteado [Actu]

Fileteado de León Untroib (photo Clarín)

"Une technique picturale traditionnelle", c'est sous cette définition que l'UNESCO a inscrit mardi le fileteado au patrimoine immatériel culturel représentatif de l'Humanité, avec une quinzaine d'autres pratiques du monde entier.

La une de Clarín hier
(l'info est traitée en manchette, en haut à droite)

La candidature était portée par la Ville Autonome de Buenos Aires, à travers la représentation fédérale argentine. Elle débouche comme un chantier de l'administration Macri au moment où le Chef du Gouvernement prépare son accession à un pouvoir exécutif fédéral depuis si longtemps convoité. Est-ce la raison pour laquelle Página/12 n'en fait même pas mention ? C'est possible. En tout cas, en quelques années, c'est plusieurs éléments argentins qui obtiennent leur inscription à ce patrimoine : le tango en 2009, le Qhapaq Ñan (le chemin royal de l'Inca présenté en coopération avec cinq autres pays du continent) l'année dernière en juin puis cet art décoratif éminemment populaire qu'est le fileteado, inventé à Buenos Aires par deux immigrants italiens pour donner un peu d'allure à une charrette de laitier. Par la suite, le fileteado a servi à tout : enseignes, peintures murales, panneaux publicitaires, plaques souvenirs dans les rues, mobilier, vaisselles...

Une de La Nación hier
L'information a droit à la photo principale
sur un fatras de panneaux d'un des faiseurs les plus mercantiles

Le fileteado est en bonne place dans les expositions du Museo de la Ciudad, dont il pare toutes les parois du café en annexe du musée, où l'on peut boire un verre ou manger un morceau pour un prix des plus raisonnables.

Gardel par Carlos Carboni (collection personnelle de Luis Alposta)

Aujourd'hui, le fileteado a ses grands maîtres, comme León Untroib et Carlos Carboni, ses grandes références d'aujourd'hui comme Luis Zorz ou Jorge Muscia (1), et ses mauvais faiseurs, ceux qui occupent hélas le devant de la scène touristique. Le fileteado est représenté à la Academia Nacional del Tango comme genre frère du tango. Ils sont en effet apparus dans les mêmes années et les mêmes quartiers de la capitale fédérale. Peu à peu, le fileteado se développe aussi dans l'Intérieur. A ma grande surprise, j'ai vu des peintures en filete à Mendoza, pour rendre hommage à José de San Martín !

Pour aller plus loin :
lire l'article de Clarín, qui publie en tout quatre notes sur le sujet
(plusieurs journaux de moindre tirage en ont aussi parlé, tant au niveau national que provincial)
lire le communiqué en français de l'UNESCO dans la section culture
lire le communiqué en français de l'UNESCO dans la section Service de presse
consulter le site Internet que Buenos Aires a consacré à cette candidature
consulter les pages que l'UNESCO consacre à la présente réunion de la dixième réunion du Comité de sélection (les pages sont en anglais, les documents sont pour les uns uniquement en anglais pour les autres en anglais et en français, la langue officielle de l'UNESCO étant le français – dans la réalité, notre langue a perdu presque toute espèce de préséance dans ces murs).

Il y a quelques temps, le poète Luis Alposta avait consacré l'une de ses notes de Mosaicos Porteños à cet art. Je vous invite à aller déguster ce petit morceau d'écriture argentine en espagnol bien sûr.


(1) Jorge Muscia, Académicien de l'ANT, est l'auteur de la couverture de Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins que j'ai publié aux Editions du Jasmin en mai 2010.

samedi 20 décembre 2014

Exposition sur Luis Zorz au Museo de la Ciudad [à l'affiche]

Luis Zorz dans son atelier

Jusqu'au 28 février 2015, le Museo de la Ciudad, Defensa 223, dans le quartier historique de Monserrat, présente une exposition des œuvres de Luis Zorz, un des grands maîtres du fileteado.

Luis Zorz est l'un des fileteadores dont on voit le plus de plaques dans les rues du centre-ville de Buenos Aires. Son style se reconnaît assez bien avec un peu d'habitude. L'homme est né à Flores en juillet 1932, il a été très proche d'un des pères du fileteado, le peintre León Untroib, auteur du portrait de Gardel qui orne l'entrée nord de la station de métro homonyme, devant le Centre Commercial El Abasto.

L'exposition est à voir tous les jours, du lundi au vendredi de 11h à 19h, les samedis, dimanches et jours fériés de 10h à 20h.

Entrée libre et gratuite.

mercredi 26 novembre 2014

Buenos Aires active la candidature du fileteado à l'UNESCO [Actu]

Photo Clarín
Le Ministère de la Culture de la Ville Autonome de Buenos Aires présente cette année à l'UNESCO la candidature du filete porteño au Patrimoine culturel immatériel de l'Humanité, comme je vous le racontais le 16 juin dernier dans les colonnes de Barrio de Tango.

Un portail Internet consacré à cette candidature et bilingue espagnol-anglais, a été ouvert par la Ville et plusieurs manifestations ont déjà été organisées pour la soutenir, après les deux succès de 2009 (avec le tango) et en 2014 (avec la voie inca, Qhapaq Ñan, dans les Andes).

Cette année encore, le Museo de la Ciudad a ouvert dans ses murs un espace physique réservé au Fileteado, un café public situé à l'angle de la manzana qu'il occupe dans Monserrat, face au couvent franciscain. Un lieu chaleureux que je vous recommande, tout au nord de la rue Defensa.

Aujourd'hui, Clarín consacre un article au sujet, avec une courte interview du ministre Hernán Lombardi, qui avance l'hypothèse que la candidature devra une fois encore être portée conjointement par les deux capitales rioplatenses, Buenos Aires et Montevideo (1), à la demande de l'UNESCO cette fois-ci. Pas sûr que l'idée enchante tous les fileteadores argentins, souvent à cheval sur le caractère exclusivement portègne de leur pratique.
A suivre.


(1) Il avait déjà fallu se partager pour la candidature du tango, ce qui n'avait pas été sans poser des problèmes, d'autant que de son côté Montevideo présentait seule la candidature du candombe, un genre qui existe aussi à Buenos Aires (mais dont la revendication portègne est la particularité de la gauche, et le Gouvernement de Buenos Aires est exclusivement à droite).

lundi 16 juin 2014

Le filete porteño candidat au patrimoine de l'humanité [Actu]



Le Gouvernement portègne et la Legislature s'associent pour présenter à l'UNESCO la candidature du filete porteño au Patrimoine culturel immatériel de l'Humanité. C'est Clarín qui rapporte l'information, à l'aide d'illustration contestable car les fileteadores les plus en vue à Buenos Aires, surtout ceux qui s'affichent dans le quartier de l'Abasto, ne sont pas toujours les meilleurs artistes du monde et le recours presque systématique des pouvoirs publics à ces peintres commerciaux, criards et racoleurs, comme Alfredo Genovese et Martiniano Arce, fait grincer bien des dents dans les ateliers de la corporation.

Le Gouvernement n'en a pas moins mis en place un petit site Web bilingue espagnol-anglais sur le portail du Ministère de la Culture avec une documentation assez large : vidéos, interviews audio, liens vers les sites de tous les fileteadores qui en possèdent un, quelle que soit leur allégeance ou leur peu de proximité avec la majorité municipale actuelle, et une explication, qui se tient, sur les raisons qui motivent la candidature en préparation.

Le filete ou fileteado est un art décoratif typiquement portègne, d'origine nettement populaire, avec une forte influence de l'Italie méridionale, liée à l'époque de son apparition, en pleine vague migratoire dans les toutes dernières années du XIXème siècle.

Couverture du n°1 de la revue de filete (décembre 2013)

Pour aller plus loin :
visiter le site Internet sur le filete et le patrimoine sur le portail officiel de la Ville Autonome de Buenos Aires

lundi 3 mars 2014

Luis Alposta rend hommage au fileteado porteño [Coutumes]

Carlos Carboni, Pavie 1901 - Buenos Aires 1989
Jeudi dernier, dans sa nouvelle série de Mosaicos porteños, le poète Luis Alposta rendait hommage au filete portègne, cet art (ou cet artisanat, comme l'appelle Luis) plastique typique de la capitale argentine et dont vous avez un exemple sur la couverte de Barrio de Tango (Editions du Jasmin).

Luis Alposta y parle de son ami, le fileteador de Villa Urquiza, né en Italie, Carlos Carboni, dont il nous présente deux œuvres qu'il lui a données : un portrait (classique) de Carlos Gardel et une icône de la très emblématique et très argentine Vierge de Luján, admirable.

Sur la photo du Maestro Carboni, dont il illustre sa "mosaïque", on distingue nettement une icône du Sacré-Cœur de Jésus dont un joli cadre d'arabesques très caractéristique de la main de cet orfèvre du genre.

A lire sur Mosaicos Porteños, le blog de Luis Alposta.

vendredi 20 juillet 2012

Hommage à Ignacio Corsini demain dans sa rue [Actu]


Ignacio Corsini était un chanteur strictement contemporain de Carlos Gardel, qui resta plus que lui fidèle à la tradition esthétique des payadores, dans la manière de chanter notamment, tandis que Gardel tirait peu à peu le tango vers une esthétique plus européanisante avec l'introduction des techniques du bel canto dans l'art vocal utilisé.

Ignacio Corsini était né en Sicile, le 13 février 1891, et mourut à Buenos Aires, après une belle carrière de chanteur et de comédien, le 26 juillet 1967. Comme Carlos Gardel, il était un enfant naturel né de père inconnu et arriva très tôt, à 5 ans, en Argentine.

Très engagé politiquement, il fut le créateur de la série de morceaux de Enrique Maciel et Pedro Blomberg (1) que l'on appelle el ciclo federal, pleins de la nostalgie de l'époque (dite fédéral) de Juan Manuel de Rosas (1835-1852), où les noirs connurent leur apogée politique, sociale et culturelle en Argentine, avant de subir des mesures de rétorsion sans nombre à partir de 1852, après la défaite par les armes de Rosas. Corsini fut aussi et c'est très cohérent historiquement parlant un partisan du président Yrigoyen, le premier président de gauche du pays, élu en 1916, après 36 ans de l'épouvantable régime de la Generación del Ochenta (génération de l'année 1880).

Demain, samedi 21 juillet 2012, une plaque fileteada sera aposée au numéro 676 de la rue Otamendi, à 11h30, dans le quartier d'Almagro, où il vécut. C'est là que sa mère s'installa à son arrivée. Ils partirent ensuite vivre à la campagne (une expérience que ne fit pas Carlos Gardel, ce qui explique sans doute les rapports différents que les deux hommes eurent avec l'héritage des payadores, des artistes qui furent essentiellement des musiciens des champs plus que des villes). C'est là aussi qu'il revint vivre en 1907 et qu'il connut alors le grand payador qui habitait ce quartier (et dont le souvenir est toujours palpable dans plusieurs de ces rues), José Betinotti. C'est là qu'il habita presque jusqu'à sa mort.

Je ne vois pas de signature sur la photo de la plaque (le cadrage l'omet) mais je veux bien parier qu'il s'agit d'une oeuvre du fileteador Luis Zorz. C'est d'ailleurs lui en général qui obtient ces commandes pour des plaques souvenirs en extérieur. Un des très bons maîtres de cette discipline plastique si typique de Buenos Aires. Et comme vous le lisez sur le texte d'accompagnement envoyé par le Musée Casa Carlos Gardel, la plaque est posée dans le cadre de l'exposition consacrée à Corsini et cette série de chansons du Cycle Fédéral.

(1) Plusieurs de ces morceaux qu'il contribua à rendre célèbres et vivants jusqu'à aujourd'hui ont été traduits par mes soins dans Barrio de Tango, l'anthologie que j'ai publiée en mai 2010 aux Editions du Jasmin.

samedi 26 juin 2010

Pour philatélistes : la nouvelle chronique de Luis Alposta dans Noticia Buena [Troesma]

Comme vous avez pu le lire dans l'un des articles que j'ai publiés jeudi 24 juin, pour les 75 ans de la disparition de Carlos Gardel, Luis Alposta a fourni le motif du timbre que la Ville de Buenos Aires vient d'éditer à l'occasion de cet anniversaire.

Aujourd'hui, Luis publie une nouvelle chronique dans sa page Mosaicos Porteños qu'il tient tous les quinze jours sur le site du journaliste Marcelo Villegas, Noticia Buena : cette nouvelle chronique, il la consacre à la toute première série de timbres qui ait rendu hommage en Argentine à Carlos Gardel. Il s'agissait d'une initiative du tanguero japonais Joji Kanematzu et qu'avec le chanteur-compositeur Edmundo Rivero et le poète et compositeur Enrique Cadícamo, Luis appuya en Argentine à partir de juin 1984 lorsque le pays préparait les célébrations marquant les 50 ans de la mort du Zorzal Criollo. Une année 1985 qui vit aussi la pose du très beau mural fileteado que le Maestro León Untroib a peint pour la station de métro Carlos Gardel, au pied du bâtiment de l'Abasto.

Les trois tangueros Argentins et leur ami japonais présentèrent donc un dossier à la Commission Nationale d'expertise pour l'Emission de timbres commémoratifs, laquelle finit par accepter l'idée et émit en effet trois timbres, dont les motifs furent dessinés respectivement par les fileteadores Severi et Arce, qui exercent toujours, le caricaturiste de presse uruguayen Hermenegildo Sabát, qui vit à Buenos Aires depuis de nombreuses années et travaille à la rédaction de Clarín, et Alonso qui représenta un Gardel tel que le virent les Parisiens au début des années 20, déguisé en gaucho d'opérette (c'était la grande mode de l'exotisme facile et Gardel s'y prêta le temps de se faire connaître).

La chronique de Luis raconte donc cette histoire avec l'érudition discrète dont il fait preuve à chacune de ces petites vignettes que je vous invite à découvrir sur le site, dans une langue très simple, vraiment facile à lire dans le texte.

En illustration audio de cette vignette (vous savez qu'il y a toujours un document audio en bas de la page, un document que Luis tire de sa collection personnelle à la richesse et la variété inimaginables), vous entendrez Carlos Gardel chanter Anclao en París, un tango que lui écrivit Enrique Cadícamo à la demande du compositeur et guitariste Guillermo Barbieri qui a signé la partition. Bien entendu, Anclao en París fait partie de Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, éd. du Jasmin, mai 2010 (page 284).

Un mot encore sur Joji Kamenatzu (en transcription argentine,Yoyi Kamenatz) : grand admirateur de la chanteuse et compositrice Rosita Quiroga, à qui il écrivit un jour son admiration dans un espagnol parfait, il fut, par l'intermédiaire de la chanteuse, qui fut une patiente et une amie de Luis, un ami personnel de ce dernier. Ils se sont connus au Japon lors du premier voyage que Luis fit dans l'archipel. Joji Kamenatzu vécut ses dernières années, en se partageant entre le Japon et Buenos Aires, où il est décédé, comme il l'avait souhaité, et où il est enterré. C'est en très grande partie grâce à son aide que Luis a écrit son passionnant essai historiographique, El Tango en Japón, qui reste aujourd'hui l'unique ouvrage sur l'histoire du genre dans l'archipel nippon (ed. Corregidor, Buenos Aires, 1987). La plaque commémorative qu'ils ont tous les quatre posée sur la tombe de Carlos Gardel, le 24 juin 1985, je l'ai prise en photo en août 2007 et elle illustre l'une des pages de Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, déjà cité, tout comme l'autre photo, que vous trouverez sur la page de Noticia Buena de cette quinzaine, celle qui représente Joji Kamenatzu, Luis, Enrique Cadícamo et Edmundo Rivero, que Luis m'a gracieusement autorisée à reproduire dans mon ouvrage (1).



(1) la photo de groupe, qui en fait n'est pas exactement celle que Luis a choisie pour Noticia Buena mais une autre qui a été prise lors de la même séance de pose près de la tombe de Gardel, à quelques secondes d'intervalle, se trouve à la page 288 du bouquin (dans l'esquina intitulée La traversée du siècle et consacrée à la notice biographique d'un poète, je vous laisse deviner lequel. Franchement, ce n'est pas difficile).
La photo de la plaque commémorative, qui a été apposée sur le côté latéral de la tombe, sur le piédestal de la statue, se trouve à la page 297, dans une esquina qui s'intitule Simple escale technique et dont la clé du titre vous sera suggérée par l'article que j'ai consacré jeudi à la mort de Carlos Gardel, Alfredo Le Pera, son parolier et scénariste privilégié, Guillermo Barbieri et Angel Riverol, deux de ses guitaristes, dans un accident au sol sur un aérodrome colombien. La clé complète du titre est fournie par l'esquina elle-même dans le bouquin (vous ne croyez pas qu'en plus, je vais vous la livrer comme ça !).
Malheureusement, il y a sur cette page et celle qui lui fait face un petit défaut de fabrication. Allez savoir pourquoi, il manque les numéros de page. Mais la page d'avant et la page d'après sont, elles, numérotées. Aucun risque donc de vous perdre dans les 384 pages du livre ni dans le disque Melopea de 22 pistes qui l'accompagne et dont vous avez la description à la page 350 (la table des matières vous permettra d'ailleurs de la retrouver).

jeudi 24 juin 2010

Il y a 75 ans aujourd'hui disparaissait La Voz, qu'on appelait aussi El Mudo [Troesma]

Academia Nacional del Tango, 1er étage.
Au fond, encadrant l'entrée de El Rincón de los Académicos, à droite, le portrait de Gardel, à gauche celui de Juan Carlos Cobián
Au-dessus de la porte au premier plan, le fileteado de Jorge Muscia représentant l'Oratorio Carlos Gardel, où Gardel est flanqué du compositeur et du poète.

Le 24 juin 1935, sur l'aérodrome de Medellín, en Colombie, peu avant 15 h, l'avion, où avaient pris place Carlos Gardel, Alfredo Le Pera, Guillermo Barbieri, Angel Riverol et José María Aguilar, les trois guitaristes du chanteur, ainsi que ses deux secrétaires, celui qui parlait anglais et celui qui parlait espagnol, prenait feu comme une torche, après une collision au sol avec un autre avion, qui arrivait en sens inverse.

Carlos Gardel, Alfredo Le Pera et Guillermo Barbieri moururent sur le coup. Riverol mourut le surlendemain des suites de ses blessures. Aguilar s'en sortit vivant, par miracle, comme le secrétaire anglophone, José Plaja. Mais Aguilar y laissa deux doigts et mourut deux ans plus tard.

Tandis que la nouvelle se diffusait sur tout le continent, du nord au sud et dans toute l'Europe et qu'elle atteignait ainsi Berthe Gardés, la mère de Gardel, alors en vacances dans sa famille à Toulouse, la ville de Medellín veillait toute la nuit les 18 morts de cet accident atroce qu'elle enterra le lendemain.

Les Colombiens firent un beau tombeau à Carlos Gardel, en attendant de savoir ce qu'il adviendrait de son corps, qui ne fut rapatrié, par mesure d'exception, à Buenos Aires qu'en février 1936.

C'était les dernières semaines de sa grande tournée mondiale, la plus longue qu'il avait jamais faite. Il était sur le retour vers Mi Buenos Aires Querido (1), que l'on peut ici l'entendre chanter grâce à Todo Tango.

Invierno del Treinta y cinco
La Muerte quiere saber
a quien mató
Horacio Ferrer, Oratorio Carlos Gardel (musique de Horacio Salgán), 1974

Hiver de 1935
La Mort veut savoir
qui elle a tué.
(traduction Denise Anne Clavilier)

(1) Mi Buenos Aires Querido fait partie des tangos présentés dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, éditions du Jasmin, mai 2010. Pour connaître l'intégralité des oeuvres présentées et traduites, consultez l'article que j'ai consacré à la table des matières. La couverture du livre a été réalisée par Jorge Muscia, dont une oeuvre illustre cet article.

jeudi 1 avril 2010

Le pont du Bicentenaire [Coutumes]

Alors que commence aujourd'hui le long week-end de Semaine Sainte (en Argentine, les Jeudi et Vendredi Saints sont fériés, c'est un vrai chassé-croisé sur les routes et tout le monde reprend le travail lundi), le Gouvernement vient d'annoncer que le lundi 24 mai sera un jour férié dans tout le pays.

Rien à voir avec le lundi de Pentecôte qui, s'il est férié en France, en Belgique et dans certains cantons suisses, n'existe pas en Argentine (pas plus qu'en Espagne). Non, le 24 mai, il s'agit de faire le pont avec la fête nationale, qui sera aussi cette année celle du bicentenaire, le 25 mai, où les Argentins célébreront la toute première déclaration d'indépendance de leur pays, lorsque la colonie a voulu se séparer de l'Espagne qui venait de tomber sous la coupe de Napoléon, lequel avait installé sur le trône de l'Escurial son frère, Joseph, l'usurpateur que les Espagnols surnommèrent bien vite Pepe Borracho, à cause de son penchant pour la bouteille (Pepe l'Ivrogne). Cette déclaration était une initiative d'une certaine frange de l'aristocratie de Buenos Aires, le 25 mai 1810, dans l'enceinte du Cabildo, qui était jusqu'alors le siège de la vie politique régionale, la résidence officielle du Vice Roi.

Les célébrations de ce Bicentenaire se préparent donc en ce moment. Les Argentins vivent toujours dans l'improvisation par rapport à notre propre relation au temps. On a donc appris mardi, de la bouche de la Présidente Cristina Fernández de Kirchner, en visite à Luján, que ce ne serait pas l'archevêque de Buenos Aires, le Cardinal Jorge Bergoglio, sj, qui présiderait le Te Deum du 25 mai prochain (il passe pour un adepte de la droite et du coup, la Présidente et lui maintiennent entre eux des relations assez fraîches) mais l'évêque de Luján-Mercedes (Province de Buenos Aires), Monseigneur Agustín Radrizzani, réputé plus proche de la gauche péroniste actuellement au pouvoir.

Le Te Deum de cette Fête Nationale tout à fait particulière sera célébré dans la Basilique de Luján et non à la Cathédrale Métropolitaine, située sur Plaza de Mayo à Buenos Aires, comme on s'y serait attendu et comme l'aurait voulu, paraît-il, Néstor Kirchner, le mari de la Présidente et ex-président lui-même. La raison officielle et symbolique en est simple, la Vierge de Luján est la sainte Patronne de l'Argentine (et en plus, a dit le Chef de l'Etat, sa mère et sa soeur en seraient des fidèles adoratrices). Il est vrai aussi que, depuis l'arrivée au pouvoir des Kirchner, le Président puis la Présidente se sont arrangés pour décentraliser presque tous les ans le Te Deum du 25 mai et éviter ainsi le contact avec le cardinal jésuite (1).


Fileteado représentant la Vierge de Luján par le fileteador Carlos Carboni
(un cadeau du peintre à Luis Alposta en 1984,
et que Luis Alposta a sous les yeux lorsqu'il travaille à son bureau, chez lui)

A mon retour de Buenos Aires, je vous avais fait un petit retour sur images sur une excursion que je devais à la gentillesse de Luis Alposta, de son épouse et de leur fille, qui m'ont fait visiter Luján avec un petit crochet par Tigre sur le retour vers la capitale. En marchant à travers la ville et en visitant la basilique, je ne pouvais pas ne pas penser à Virgencita criolla (Sainte Vierge de chez nous), cette très jolie chanson écrite par Luis et dont je vous donne ci-dessous les premiers vers (avec traduction, comme d'habitude)...

Et si vous voulez voir un peu à quoi ressemble cette petite citée, où la naissance du poète Enrique Cadícamo avait été déclarée le 15 juillet 1900 (2), vous pouvez cliquer sur le lien vers cette Promenade au bord de l'eau, publiée le 27 septembre dernier.

¡Hay fiesta de kermese
y es por la Virgencita
que en procesión se mece!

Es una Virgencita
de corona polenta
y cuatro pingos bayos
le van abriendo senda.

Virgencita Criolla, Luis Alposta (musique de Juan Tata Cedrón)

C'est la fête, la kermesse
la fête pour la Sainte Vierge
qui en procession est bercée !

C'est une Sainte Vierge
à couronne safran
et quatre canassons bais
vont lui ouvrant le chemin.

(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour en savoir plus sur les préparatifs de ce Te Deum 2010 :
lire l'article de ce jour sur le site Página/12
lire l'article du 30 mars sur le site de Clarín
Si vous lisez les articles d'hier sur le site La Nación et d'avant-hier sur celui de Crítica de la Argentina, vous aurez en prime l'anecdote racontant quel signe (à tomber par terre, c'est le cas de le dire !) la Vierge aurait envoyé à la Présidente pour qu'elle désigne Luján comme lieu du Te Deum du Bicentenaire. On pourrait croire à un poisson d'avril. Mais ce n'en est pas un : les articles sont tous datés de mars !


(1) Pourtant la Compagnie de Jésus a un long et glorieux passé en Argentine où elle a constamment mené une pastorale d'adaptation des pratiques chrétiennes, tant liturgiques que sociales, à la réalité sociologique et culturelle du pays. Il en reste de nombreux témoignages à Buenos Aires, à commencer par la Manzana de las Luces, aujourd'hui grand centre culturel au cœur de la capitale et autrefois maison-mère de la Compagnie pour ce qui est aujourd'hui le Paraguay, l'Argentine et l'Uruguay. Et l'Université du Sauveur, fondée et tenue par la Compagnie, est un autre de ces témoignages de cette action de développement culturel, intellectuel et économique menée par les jésuites dans la région (dont ils furent chassés pour cette raison à plusieurs reprises). Voir mon article du 23 septembre 2009 sur la réception comme docteur Honoris Causa de Horacio Ferrer à la Universitad del Salvador.
(2) Enrique Cadícamo est né à General Rodríguez, à quelques kilomètres de Luján, mais il n'y avait d'état-civil alors dans ce qui n'était encore qu'un hameau rural. Son père, Angel, alla donc déclarer son dixième enfant dans la bourgade la plus proche, qui était Luján. Son statut de sanctuaire marial pour tout le sud de l'Amérique du Sud et de sanctuaire national en a fait aujourd'hui une vraie petite ville et un centre d'attraction de tout le voisinage pour les loisirs du dimanche.

dimanche 10 janvier 2010

La danseuse Milena Plebs se raconte dans Clarín pour la reprise de Tramatango [à l’affiche]

Affiche tirée du blog de Milena Plebs

La danseuse Milena Plebs, formée par la danse classique et passée depuis plusieurs années désormais au tango, reprend à partir du 14 janvier 2010 son spectacle chorégraphique Tramatango, dont elle est la chorégraphe, l’une des 15 interprètes, titulaires et remplaçants confondus, et la co-productrice (MilenaTango) avec le Teatro Presidente Alvear, Corrientes 1659. Tramatango a été créé le 14 novembre dernier et s’est donné jusqu’au 13 décembre 2009. Les décors sont du fileteador Jorge Muscia et ça se voit (allez regarder les photos que propose le site du Complexe Théâtral de Buenos Aires et cette affiche, publiée par Milena Plebs, sur laquelle elle exhibe sa jambe fileteada par ce pinceau passablement reconnaissable. Vous pouvez aussi lire cet article de décembre 2008 que je lui ai consacré, pour sa participation au Festival Tango Danza Teatro dans la capitale argentine). Jorge Muscia travaille souvent pour le théâtre et pour la danse (il a récemment fait aussi un body painting sur le corps nu d’une danseuse pour la couverture du numéro 174 de El Tangauta, celui d'avril 2009, qui a mis la Buenos Aires du tango tout sens dessus-dessous). Il est aussi l’artiste qui a signé la couverture que je publie prochainement aux Editions du Jasmin en France (voir mon article sur ce livre, qui fait la part belle à la couverture réalisée par Jorge). Vous trouverez son site dans la Colonne de droite, dans la partie basse, celle des liens externes, dans la rubriques Artistes plastiques.

Tramatango, d’une durée approximative de 75 minutes, se déroule en 3 tableaux, Sintonías, Pugliese Yumba et Tango Congo et il mêle le tango et la danse contemporaine. Les trois tableaux sont comme autant de paysages, de regards et de styles différents. Le premier tableau s’attache au monde urbain d’aujoud’hui, le second à un hommage à Osvaldo Pugliese et à son orchestre, le troisième pose la question de l’origine africaine du tango. Au milieu de nombreux tangos, valses et milongas classiques, dont Ninguna, Negracha, A Evaristo Carriego, La Yumba, Milonga del 900 et la traditionnelle Cumparsita qui termine le spectacle comme de bien entendu, Milena Plebs a choisi aussi des morceaux de musiciens contemporains, comme les compositeurs Sonia Possetti et Ramiro Gallo.

Le spectacle reprend le 14 janvier et se donnera toutes les semaines du jeudi au dimanche à 21h30 au Teatro Alvear. Prix des places : de 45$ à 15$, sauf le jeudi, où les prix sont plus bas, à 25 et 10$. C’est ce qu’on appelle le día popular. Le Teatro Alvear est un théâtre public et ce prix est vraiment très bon marché. Dans les théâtres privés des alentours, vous pouvez constater la différence !

A l’occasion de cette reprise, le quotidien Clarín donne la parole à la danseuse et chorégraphe qui se raconte...

Verbatim
Comencé a tomar clases de danza a los 10 años. A los 13, comencé a viajar de Temperley al centro a tomar clases. A los 15 quería dejar la secundaria y dedicarme a bailar. Cuando bailaba era de los pocos momentos en que sentía plenitud total: los conflictos adolescentes se evaporaban. De grande, tras 20 millones de años de psicoanálisis, puedo decir que encontré plenitud en muchos otros momentos más allá de la danza.

J’ai commencé à prendre des cours de danse à 10 ans. A 13, j’ai commencé à aller de Temperley au centre de Buenos Aires pour prendre des cours. A 15 ans, je voulais laisser le lycée et me consacrer à la danse. Quand je dansais, c’était l’un de ses rares moments où je ressentais une plénitude totale : les conflits de l’adolescence s’évaporaient. Plus vieille, après 20 millions d’années de psychanalyse, je peux dire que j’ai trouvé la plénitude à beaucoup d’autres moments au-delà de la danse.

Con Tramatango lo que sucedió fue muy fuerte emocionalmente hablando: volver a estar vinculada al Complejo Teatral Buenos Aires. Estuvimos ensayando en el octavo piso del San Martín, donde tomaba clases cuando estaba en el grupo de danza contemporánea, de los 18 a los 25, y después, en los '90, con Tango x 2, también hicimos funciones en el San Martín y en el Alvear.

Avec Tramatango, ce que s’est passé a été très fort du point de vue émotionnel : me retrouver attachée au Complexe Théâtral de Buenos Aires. Nous avons répéter au 8ème étage du Complexe San Martín (1), où je prenais des cours quand j’étais dans le groupe de danse contemporaine, de 18 à 25 ans, et plus tard, dans les années 90, avec Tango x 2 (2), nous donnions aussi des spectacles au San Martín et à l’Alvear.

Copes me enseño mucho. Postura, la colocación de los pies, la dinámica. Y me decía: hay que maquillar tus piernas. Mis piernas tenían la fuerza de la danza y él las quería más elegantes: me aconsejaba medias de red y hasta el tipo de zapatos que tenía que usar. [...]

Copes (3) m’a appris beaucoup. La posture, le placement des pieds, la dynamique. Et il me disait : il faut que tu maquilles tes jambes (4). Mes jambes avaient la force de la danse et lui les voulait plus élégantes. Il m’a conseillé des bas résilles et jusqu’au type de chaussures qu’il fallait que je porte. [...]

A los once años mi mamá me llevó a ver el ballet de Oscar Araiz al San Martín, a la sala Martín Coronado. Se paró el mundo. Me acuerdo el programa: Aló, un dúo con música de Albinoni, Big Sweet con música de Cat Stevens y Casa de Puertas, una adaptación de Ana Itelman de La casa de Bernarda Alba. Yo quiero hacer eso, le dije a mi mamá, cuando salimos caminando por la avenida Corrientes.

Quand j’ai eu 11 ans, ma mère (5) m’a emmenée voir le ballet d’Oscar Araiz au San Martín, dans la salle Martín Coronado (6). Le monde s’est arrêté de tourner. Je me rappelle le programme : Aló, un duo sur une musique d’Albinoni, Big Sweet sur une musique de Cat Stevens et Casa de Puertas, une adaptation par Ana Itelman de La Casa de Bernarda Alba [de Federico García Lorca]. C’est ça que je veux faire, ai-je dit à ma mère, quand nous sommes sorties à pieds dans l’avenue Corrientes.

Estaba con Miguel Zotto, estábamos juntos. Había aprendido con él a bailar tango. Y nos ofrecen integrar Tango Argentino. Fue una enorme duda dejar el Ballet del San Martín. La obra estaba rompiendo todo y me mandé: fue una gira de ocho meses, la más larga que hice en mi vida. Todo un desafío: hacía poco que estaba con Miguel, y era un baile nuevo, y bailar con tacos, y siguiendo a un hombre. En un mundo bravísimo. En Tango Argentino eran todos unas águilas: había, la verdad, una competencia feroz.

J’étais avec Miguel Zotto. Nous étions ensemble. J’avais appris à danser le tango avec lui. Et on nous a proposé de faire partie de Tango Argentino (7). J’ai énormément hésité à quitter le Ballet du San Martín. Il s’agissait de rompre avec tout et je me suis lancée : ça a été une tournée de huit mois, la plus longue que j’ai faite dans ma vie. Un défi complet : cela faisait peu de temps que j’étais avec Miguel et c’était une danse nouvelle [pour moi] et danser avec des talons et suivre un homme. Dans un monde pas commode. Dans Tango Argentino, c’était tous des rapaces : à vrai dire, il y avait une concurrence terrible.

No es fácil explicar cómo se fragua el tango en mi cuerpo. Mi familia es de clase media, nada que ver con el bajo fondo tanguero, pero es algo que vibra en mí, que me trasciende. Yo hago una interpretación un poco delirante: mi apellido, Plebs, es una palabra en latín que tiene que ver con los plebeyos, con el pueblo. En el sentido más profundo, me siento muy cómoda en el tango. Los movimientos en espiral del cuerpo, esta cosa de acción y reacción de la pareja, siento que es como una identidad mía.

Ce n’est pas facile d’expliquer comment le tango s’installe dans mon corps. Ma famille appartient à la classe moyenne, rien à voir avec la bas-fond tanguero, mais c’est quelque chose qui vibre en moi, qui me transcende. Je donne une interprétation un peu délirante : mon nom de famille, Plebs (8), est un mot qui en latin a à voir avec les plébéiens, avec le peuple. Dans le sens le plus profond, je me sens à l’aise dans le tango. Les mouvements en spiral du corps, cette affaire d’action et de réaction du couple, je ressens que c’est comme mon identité.

Durante varios años escribí en El Tangauta sobre aspectos de la danza. Estoy en 24 artículos y empecé a pensar en un libro. No creo que lo del tango sea una moda. En tiempos de tanta redefinición de los roles masculinos y femeninos, no es casual que aparezca esta danza del abrazo, para volver a jugar en los planos activos y receptivos: porque la mujer, en el tango, no es pasiva sino receptiva.

Pendant plusieurs années, j’ai écrit dans El Tangauta (9) sur des aspects de la danse. Je figure dans 24 articles et j’ai commencé à penser à un livre. Je ne crois pas que ce qui tourne autour du tango soit une affaire de mode. Dans une époque où il y a une telle redéfinition des rôles masculins et féminins, ce n’est pas un hasard qu’apparaisse cette danse de l’étreinte pour se remettre à jouer sur les plans actifs et réceptifs : parce que la femme, dans le tango, n’est pas passive, elle est réceptive.
(Traduction Denise Anne Clavilier)




Pour aller plus loin :
Vous reporter à l’article complet de Clarín
Visiter la page consacrée à Tramatango sur le site du Complejo Teatral de Buenos Aires
Visiter le site de Milena Plebs
Visiter le blog de Milena Plebs
Lire le numéro 182 de El Tangauta de décembre de 2009 (c'est le dernier numéro publié). Pour télécharger les textes, il faut vous identifier sur le site et pour effectuer votre premier téléchargement, créer votre compte au préalable. Dans ce numéro 182, vous trouverez aussi un hommage original que Jorge Muscia a rendu à "San Pugliese", à l'occasion de l'anniversaire de naissance de Osvaldo Pugliese, "canonisé" par le peuple portègne et presque tous les musiciens populaires argentins.

(1) Un autre théâtre du Complejo teatral de Buenos Aires, situé à quelques centaines de mètres du Teatro Alvear, sur l’avenue Corrientes, un peu plus à l’est et sur le trottoir opposé...
(2) Tango par deux, tango pour deux, nom de la compagnie qu’elle avait fondée avec son compagnon, dont elle s’est récemment séparée avec pertes et fracas, le danseur Miguel Angel Zotto, dont le frère cadet vient de disparaître (voir
mon article d'hier sur Osvaldo Zotto).
(3) Il s’agit du danseur et chorégraphe Juan Carlos Copes.
(4) Elle a donc bien retenu la leçon !
(5) Quel que soit leur âge et leur rang dans la société, les Argentins parlent plus volontiers de leur mamá et de leur papá, voire de leur vieja et de leur viejo, que de leur père et mère, là où les francophones européens nous n’employons que ces derniers termes, réservant à un cercle intime les diminutifs Papa et Maman.
(6) Le théâtre San Martín a une multitude de salles. L’un des étages est même occupé par les studios des deux radios publiques de Buenos Aires, la 2x4 et Radio Ciudad, que vous pouvez écouter par streaming en direct, sur Internet. Les liens aux deux chaînes se trouvent dans la rubrique Ecouter, de la partie inférieure de la Colonne de droite.
(7) Une troupe de danse.
(8) C’est encore plus vrai qu’elle ne le croit. Plebs, -bis, en latin, c’est la plèbe, les hommes libres les plus humbles de la Rome républicaine, c'est-à-dire les artisans et paysans, qui exprimaient leur vote après les patriciens, et donc généralement dans le même sens qu’eux. Les membres de la plèbe n’avait qu’un très rare accès aux magistratures de la République et une culture distincte de celle de la classe plus aristocratique que constituaient les patriciens.
(9) Une revue de référence pour le tango danse à Buenos Aires. Vous trouverez le lien à son site dans la rubrique Eh bien dansez maintenant !, dans la Colonne de droite (partie inférieure).

mercredi 6 janvier 2010

Jour des Rois spécial pour et sur Barrio de Tango [Disques & Livres]

Les Rois Mages, qui distribuent les cadeaux le 6 janvier dans tout le monde hispanophone, ont fait cette année un détour par Barrio de Tango. Leur passage m’a été signalé par mon éditeur qui, lundi soir, m’a annoncé la sortie, fin mars ou début avril 2010, d’un ouvrage qui lui aura demandé, à lui, un an (voire plus) d’un minutieux travail de mise en page et à moi plus 18 mois de recherche et de traduction non-stop en 2006-2007 suivi de 18 autres mois passés à peaufiner l’écriture, à établir les index et à cadrer les illustrations...

Le titre : Barrio de Tango (ça nous aurait étonné aussi qu’il en soit autrement, vous entends-je dire derrière vos écrans).
Le sous-titre : recueil bilingue de tangos argentins (vous vous en doutiez aussi, c’est sûr).
L’éditeur : Les Editions du Jasmin, dirigées par Saad Bouri (ça, vous ne pouviez pas le deviner).
Petite maison indépendante française fondée en 1997, les Editions du Jasmin ont leur siège à Clichy (92), à la limite nord-ouest de Paris.

Ce broli (libro en verlan), de 380 pages, présentera, dans le texte et en français, 231 letras (c’est ainsi qu’on désigne le texte d’une chanson en espagnol), 231 letras de tango, vals, milonga et candombe, dans et avec leur contexte, leurs non-dits, leurs sous-entendus. La sélection couvre une période qui va de 1916, année du premier tango-canción (je ne vous apprends rien), jusqu’en 2008. Elle concerne 96 auteurs (letristas) et plus de 100 compositeurs.

Barrio de Tango (le livre) est aussi un ouvrage illustré, avec dessins et photos (en noir et blanc pour que le prix de l’ensemble reste abordable pour tous, selon une politique commerciale constante des Editions du Jasmin, qui veulent mettre des ouvrages de qualité, agréables à lire et à tenir en main, à la portée du plus grand nombre). J’ai pris moi-même sur place, là-bas, en Argentine et toujours en hiver, lors de mes séjours, la plupart de ces clichés : j’avais envie d’entraîner le lecteur avec moi dans la Buenos Aires que j’aime, le plus loin possible des chromos touristiques (hideux et kitch, alors que l’authenticité portègne recèle un charme irrésistible)... D’autres illustrations m’ont été offertes, non pas tant à moi d’ailleurs qu’au public auquel le livre est destiné : photos inédites envoyées par le poète et essayiste Luis Alposta, par les labels discographiques indépendants Melopea (Litto Nebbia) et Pichuco Records (Francisco Torné), portrait original offert par le peintre Chilo Tulissi (et sa femme Teresa), et sans doute aussi des partitions originales des compositeurs et arrangeurs Javier González et Néstor Tomassini... (1)



La couverture du livre est l’oeuvre d’un grand maître du fileteado, le Maestro Jorge Muscia, membre de la Academia Nacional del Tango, où il est chargé de tout l’enseignement relatif aux arts plastiques. Jorge dispose d’un atelier dans le quartier de San Telmo, dans le coeur historique de Buenos Aires, un atelier qu’il est possible de visiter (sur rendez-vous, bien sûr). En sa qualité d’artiste, Jorge s’investit beaucoup au service de ce qu’il est convenu d’appeler chez nous le bien commun, à travers l’enseignement et le développement du tourisme culturel dans sa ville. Il est aussi l’auteur de la première oeuvre d’art plastique qui ait rendu hommage à Carlos Gardel dans sa ville natale de Toulouse, en Haute-Garonne, et celui d’un Obélisque modèle réduit de celui qui se dresse à Buenos Aires et qu’il a transformé en Totem porteño, avec, pour peintures de guerre, le tango et le visage de Carlitos.... Horacio Ferrer et Raúl Garello lui ont dédié un tango, El fileteador, que vous pouvez entendre dans Diálogo de Poeta y Bandoneón, un disque Pichuco Records et un DVD Aguila Taura (pour vous les procurer, voir la boutique en ligne de Zivals, dans la partie basse de la Colonne de droite).

Sur fond de Croix du Sud, cette constellation de quatre étoiles qui n’est visible qu’au sud de l’équateur et qui symbolise l’Argentine aux yeux de ses habitants, un couple de danseurs, Aurora Lubiz et Luciano Bastos, qui exercent leurs talents eux aussi à Buenos Aires (ici photographiés par Ciro Jeolás). Ils étaient, récemment encore, au nombre des professeurs qui animaient le Festival Bailemos Tango, en décembre dernier, dans un grand hôtel de San Telmo (voir mon article à ce propos). Lorsque vous aurez en main le livre, vous pourrez admirer, dans sa taille définitive, le très beau filete qui entoure le buste des deux danseurs et la très subtile asymétrie de la composition qui est le sceau de ce fileteador (2). Et puis regardez comment le pied d’Aurora désigne la première étoile de la Croix du Sud, dans ce ciel nocturne qui nous est inconnu et qui révèle à nos imaginations de Septentrionaux le "ciel perdu" (cielo perdido) et les étoiles avec lesquelles Homero Manzi éclairait les "marches sans querelle dans les nuits de Pompeya" (Ya nunca alumbraré con las estrellas / nuestras marchas sin querellas / por las noches de Pompeya) dans Sur, sublime tango co-signé avec Pichuco, Aníbal Troilo, qui fut avec Sebastián Piana, José Dames et Cátulo Castillo, l’un des compositeurs des nombreux chefs-d’oeuvre que ce grand poète nous a laissés en héritage, après une carrière aussi courte que féconde (Homero Manzi est mort avant d’avoir atteint ses 44 ans). Pour écouter Sur, chanté ici par Edmundo Rivero, cliquez sur le lien qui vous conduira vers Todo Tango.

Et puis je voulais aussi que cet ouvrage ait une postface.
Je souhaitais qu’elle vienne d’un des poètes présentés et traduits dans le livre.
Luis Alposta, sollicité par moi en août à Buenos Aires, a eu la gentillesse et m’a fait l’honneur d’accepter, sans hésiter une seule seconde. En octobre, il m’a envoyé par mail une des ces pages sobres et concises dont il a le secret et que vous pourrez lire en español, avec traduction en français en face (ouf !). Les lecteurs habituels de ce blog connaissent déjà bien Luis Alposta. Les internautes qui débarquent rencontrent peut-être son nom pour la première fois. En deux mots : c’est un poète, un essayiste et un médecin et vous pourrez vous en rendre compte en lisant les articles que je lui ai consacrés (cliquez sur son nom pour y accéder). Luis a beaucoup travaillé avec Edmundo Rivero jusqu’à la mort de ce grand créateur et interprète, en 1986. Edmundo Rivero a mis en musique, chanté et enregistré plusieurs de ses poèmes. Aujourd’hui, Luis travaille avec des musiciens comme Daniel Melingo, Juan Tatá Cedrón (le chanteur, guitariste et compositeur du Cuarteto Cedrón) et avec cet autre guitariste et compositeur du tango contemporain qu’est Acho Estol, qui anime avec sa femme, la chanteuse Dolores Solá, le groupe La Chicana qui se produira à Paris le 13 février prochain (Festival Au fil des Voix, à l’Alhambra dans le quartier de la République).
Luis Alposta est membre de la Academia Nacional del Tango, où il occupe le siège Tiempos Viejos (un tango à écouter ici chanté par Carlos Gardel) et il est Vice-président de la Academia Porteña del Lunfardo.

Dans Barrio de Tango (le livre), vous trouverez, dans le texte et en traduction française, un bon nombre de morceaux traditionnels et quelques autres récents, donc beaucoup moins connus, et même des inédits, dont une chanson de Alorsa (l’insertion de Para verte gambetear étant prévue depuis très longtemps, bien avant qu’une crise cardiaque ne nous enlève l’ami et l’artiste le 30 août dernier), un poème de Luis Alposta en hommage à Osvaldo Pugliese, un autre de Alberto Ortiz en hommage également au troesma (maestro en verlan) dont les enregistrements ont marqué les plus beaux moments de mon initiation au tango, une letra de Juan Vattuone et une autre de Alejandro Szwarcman.

Je les remercie tous du fond du coeur de leur générosité et de la confiance qu’ils me font en s’en remettant ainsi à moi pour faire connaître leur travail ici.

Parmi tous ces tangos qu’on entend si fréquemment dans les milongas, dans les cours et sur les compilations discographiques, Barrio de Tango (le livre) présente, en version originale et en traduction française, 23 letras de Homero Manzi (le recueil a été conçu pour le plus gros pendant l’année Homero Manzi, dans les 8 premiers mois de 2007), 14 letras de Enrique Cadícamo, 5 de Cátulo Castillo, 7 de Pascual Contursi, 11 de Enrique Santos Discépolo, 8 de Homero Expósito, 12 de Horacio Ferrer, 12 aussi de Celedonio Esteban Flores, 11 de Alfredo Le Pera. Vous trouverez aussi des tangos, des valses et des milongas de grands compositeurs consacrés par le temps et le succès : de Francisco Canaro, il y en a 4, de Juan D’Arienzo 5, de Carlos Di Sarli 4, de Carlos Gardel 13, de Sebastián Piana et de Astor Piazzolla 8 chacun, de Osvaldo Pugliese 9 et de Aníbal Troilo 10, pour ne citer qu’une huitaine de noms parmi les plus prestigieux.

Le livre se présente comme un guide touristique, une sorte de promenade dans Buenos Aires, sa géographie, son histoire, ses coutumes, son actualité artistique et urbanistique, puisque cette ville est intimement liée au tango et vice-versa, comme vous l’avez déjà bien compris si vous visitez ce blog régulièrement. Le recueil s’agence ainsi en 37 chapitres, comportant chacun 5 à 7 textes en version bilingue. On passera d’un chapitre à l’autre grâce à des récits d’une ou deux pages, qui éclairent, en français, des points cruciaux du contexte, car sans ce contexte, le lecteur non argentin passe à côté de la moitié des richesses d’un tango, quand ce n’est pas plus.

Le livre fera très prochainement l’objet d’une souscription dont je vous tiendrai informés.
Les animateurs du réseau tanguero francophone (professeurs de danse, associations, responsables de milonga et j’en passe) auront bien sûr la possibilité de passer des commandes groupées. Ils peuvent pour cela prendre directement contact avec Monsieur Saad Bouri, patron des Editions du Jasmin par mail (le fax et le téléphone sont sur son site), selon l'adage que les méthodes les plus simples sont aussi les plus efficaces.

Les libraires eux aussi peuvent d’ores et déjà se rapprocher de l’éditeur lui-même (par mail, ou téléphone ou fax selon leur préférence).

Barrio de Tango sera présenté, en France, en Belgique, en Suisse, ailleurs... au gré des invitations (conférence, rencontre-débat ou séance de signature) qui me seront adressées soit personnellement sur ma messagerie par mail, soit par l’entremise de Saad Bouri, des Editions du Jasmin (contact mail). Au fur et à mesure que des dates seront prises, elles seront annoncées dans ces colonnes.

Pour découvrir les Editions du Jasmin et leur catalogue consacré aux cultures du monde et à la littérature jeunesse, vous pouvez visiter le site de cette maison à la politique culturelle courageuse et originale (mail, fax, téléphone et adresses s’y trouvent qui vous permettront de prendre contact avec Saad Bouri, le directeur).

Pour en savoir un peu plus, en français, sur les auteurs et musiciens cités ci-dessus, vous pouvez cliquer sur leur nom dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la partie haute de la Colonne de droite, ou dans le corps même de l’article que vous lisez. Ces raccourcis et ces liens vous conduiront à l’ensemble des articles que je leur ai consacrés dans ce blog, à l’heure où vous parcourez cette page.
Pour découvrir les deux peintres dont j’ai parlé, Jorge Muscia et Chilo Tulissi, vous pouvez faire de même et vous reporter aussi à leurs sites respectifs. Vous en trouverez les liens dans la partie basse de la Colonne de droite (rubrique Artistes plastiques).

Pour ceux qui veulent se faire une idée préalable du style de mes traductions, au-delà des extraits que j’ai semés au long de mes déjà 1100 articles depuis le 19 juillet 2008, ils peuvent se rendre sur le site de Gisela Passi et Rodrigo Rufino, mes professeurs de tango ici en France (Colonne de droite, rubrique Eh bien dansez maintenant !). Sur la page Ecouter de la version française du site, Rodrigo et Gisela mettent en ligne diverses traductions que j’ai réalisées en exclusivité pour eux et leurs élèves, la mise en ligne est renouvelée périodiquement toutes les 2 à 3 semaines.
Il s’agit bien sûr de grands tangos du répertoire et ils ne figurent pas pour autant dans le corpus de l’anthologie à paraître dans trois mois. Dans un seul volume papier maniable, en version bilingue et avec des commentaires, il est en effet impossible de rassembler l’intégralité du répertoire traditionnel du tango. Celui-ci compte beaucoup trop de titres. Pas loin de 300 rien que pour le tango-canción et presque autant pour les morceaux instrumentaux ! Imaginez un peu ce travail de Romain ! (3)

En guise de conclusion et parce que c’est aujourd’hui Día de Reyes et que c’est donc le jour des cadeaux, je vous invite à cliquer sur le lien qui suit, pour écouter une très belle version de Barrio de Tango, le chef d’oeuvre immortel de Homero Manzi et Aníbal Pichuco Troilo, qui donne son nom à ce livre et à ce blog.
Ajout du 7 avril 2010 :
Lire mon premier article de présentation du disque joint (à l'ouverture de la souscription)
Lire
mon second article sur le disque joint (avec facsimilé de la page du livre)

(1) Ce à quoi, les vedettes du jour, Gaspard, Melchior et Balthazar auront peut-être ajouté un bonus (sans supplément de prix, cela va sans dire). Mais chut ! On saura ça en sortie de presse. Je reviendrai vers vous avec la bonne nouvelle à ce moment-là. D’ici là, comme on dit à Buenos Aires pour attirer las buenas ondas : Pugliese, Pugliese, Pugliese... le compositeur a la réputation de porter chance et on l’invoque à tout bout de champs pour cela ! Je vous promets que c’est vrai.
(2) A Buenos Aires, vous pourrez rencontrer quantité de fileteadores plus faiseurs qu’artistes qui vous enseigneront que le secret de "leur art" consiste à décalquer sur papier le motif de droite pour le reproduire parfaitement à gauche. Le résultat donne un dessin qui, sur le coup, vous en fiche plein les mirettes et déclenche la mitraille photographique des cars de touristes mais au bout de quelques secondes, cette émotion se sera évaporée sans même que vous sachiez où elle est passée. Jorge n’utilise pas le papier calque, ni pour les fresques murales qu’il réalise dans les bâtiments publics (en particulier à l’Ambassade d’Argentine à Mexico), ni pour les enseignes, ni pour les décors de théâtre ni pour les pochettes de disque, ni pour les couvertures de livre que tous les connaisseurs de fileteado lui commandent d’un peu partout...
(3) Sans parler du prix exorbitant auquel serait vendue une telle somme....