vendredi 21 février 2014

Lady's Tango Festival 2014 : du 16 au 2 mars [à l'affiche]


Le Lady's Tango Festival a commencé comme un festival de tango danse centrée sur la danse féminine pour célébrer le jour international de la Femme le 8 mars.

Mais cette année, cette initiative de la danseuse, chorégraphe et professeur Johana Copes s'étend sur une semaine entière, du 16 au 22 mars.

Programme de cours de technique et de style, d'ateliers, de pratiques, de milongas, de défilés vestimentaires et de démonstrations avec une brochette d'enseignantes de top niveau, dont Aurora Lubiz, dont je vous parle de temps à autre et j'embrasse par la même occasion.

Invité d'honneur : le danseur Juan Carlos Copes (c'est souvent le cas : c'est le papa de la fondatrice)

Plusieurs lieux dont la Academia Nacional del Tango à Monserrat et la Usina del Arte, à La Boca.

mardi 18 février 2014

Festival de Tango de Zárate les 1er et 2 mars prochain [à l'affiche]


La ville de Zárate, située sur le fleuve Paraná, tout au nord de la Province de Buenos Aires, a vu naître ou au moins grandir les frères Expósito, le poète Homero et le compositeur Virgilio, ainsi que Armando Pontier, compositeur et chef d'orchestre auquel les deux frères furent liés à travers l'orchestre de Miguel Caló, dans les années 1940.

La municipalité de Zárate organise cette année pour la cinquième fois le Festival Provincial de Tango les 1er et 2 mars 2014 à l'Amphithéâtre Homero Expósito, entrée libre et gratuite.

Les artistes invités sont nombreux : Juan Darthés, Ariel Ardit, Amores Tangos, China Cruel, Noelia Moncada, Hernán Genovese, Esteban Riera, el Nego Falótico, le Cuarteto Suárez Paz et beaucoup d'autres... Deux belles soirées de musique en perspective.

Pour en savoir plus :
et consulter l'affiche

Retour en poste de Claudio Espector à titre conservatoire [Actu]

Photo Jorge Larrosa (Página/12)
Il y a deux jours, la justice portègne a prononcé une décision de réintégration dans ses fonctions du Maestro Claudio Espector, dont vous vous souvenez sans doute si vous suivez l'actualité culturelle argentine dans ces colonnes que, le 19 décembre dernier (voir mon article à ce sujet), le Ministère de l'Education portègne par le truchement d'une de ses sous-secrétaires l'avait révoqué, d'une manière arbitraire et discrétionnaire, sans pouvoir avancer la moindre faute professionnelle à son encontre et ce malgré son élection comme Personnalité de la Culture, en juin 2013 (voir mon article à ce sujet).

Certes la décision est prise à titre conservatoire. Il ne s'agit pas d'une décision de fonds pour laquelle Claudio Espector et les syndicats de musiciens et d'enseignants ont saisi les tribunaux : cette autre décision se prononcera sur la validité de la révocation et le droit du Gouvernement portègne de se défaire d'un fonctionnaire sans cause réelle et sérieuse, comme s'exprime le code du travail en France. Il se peut toutefois que le juge du fonds confirme la première décision puisque le ministère de tutelle n'a jamais procédé dans les formes, aucune notification écrite de révocation n'ayant jamais été adressée à l'intéressé. On croit rêver ! Ou plutôt cauchemarder.

Toujours est-il qu'exit pour le moment le nouveau Coordinateur nommé à la fin décembre (un obscur clarinettiste sans grand talent mais avec de grandes ambitions politiques et des copains d'école bien placés). Claudio Espector reprend sa charge aujourd'hui avec l'appui de nombreux parents d'élèves, du corps professoral et de plein d'élèves, dont il faut voir là-bas, à Buenos Aires, l'affection et la confiance qu'ils lui manifestent.

Vous pouvez manifester votre soutien au musicien et à l'enseignant qu'est Claudio Espector ainsi qu'à l'ensemble du Programme des Orchestres d'enfants qu'il a fondé à Buenos Aires et qu'il coordonne en vous connectant à la page Facebook du collectif militant. Vous pouvez aussi vous connecter à la page personnelle qu'il a créée en 2010.

Plus d'info :
lire l'entrefilet de Página/12 du 16 février 2014
lire l'article de Página/12 de ce matin sur le retour en poste de Claudio (avec les difficultés que le Ministère pourrait lui faire bien que ses conseils se soient montré fort empruntés dans leur défense à la barre).
Voir également mon article sur ma propre visite au programme le 31 août2013
et mon article concernant la matinée consacrée à ce programme d'enseignement dans Le Roman national argentin, voyage culturel,solidaire et humain, opéré par Human Trip.
Pour lire tous les articles sur Claudio Espector, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

Argentin il est, argentin il restera ! [Actu]

Illustration publiée par le Ministère de l'Intérieur argentin

Le ministre de l'Intérieur argentin vient de faire savoir que ses services ont renouvelé les papiers d'identité du Pape François, qui a donc manifesté qu'il souhaitait continuer à voyager avec son passeport argentin plutôt que d'utiliser le passeport diplomatique que lui vaut son statut de chef d'Etat de la Cité du Vatican.

Les procédures administratives se sont réalisées grâce à la représentation diplomatique de la République argentine près le Saint-Siège comme dans n'importe quelle ambassade argentine et pour n'importe quel autre citoyen du Cône Bleu partout dans le monde grâce à l'adoption récente des mesures de biométries qui ont été intégrées à la délivrance des papiers d'identité (d'où le slogan nuevo DNI de la campagne d'information gouvernementale). Une belle modernité technique dont les Argentins sont assez fiers, tous bords politiques confondus.

Et c'est donc tous les journaux argentins qui célèbrent cette nouvelle dans une belle unanimité patriotique ! En soulignant tous la simplicité de vie de l'intéressé dont cette façon de se plier à la loi commune à tous les Argentins leur apparaît comme un nouvel indice. D'autres y verront aussi la marque d'un Souverain Pontife qui, le jour venu, renoncera lui aussi à sa charge, comme le fit son prédécesseur il y a juste un an.

lire la dépêche de Télam, qui intègre un reportage vidéo sur le sujet.

Histoire du théâtre musical à Buenos Aires [Disques & Livres]


Après deux premiers tomes sortis l'année dernière, voici la conclusion d'un important travail de recherche sur l'histoire du théâtre et de la musique à Buenos Aires : Historia del teatro musical en Buenos Aires, du journaliste Pablo Gorlero, aux Editions Emergentes, avec l'appui du Ministère de la Culture de la Ville autonome de Buenos Aires.

Pablo Gorlero est un animateur radiophonique qui travaille entre autres sur AM Once Diez, la radio publique généraliste de la capitale argentine.

L'ouvrage, richement illustré, représente quinze ans de recherche qui ont produit plus de 1500 pages d'une histoire mouvementée. Le journaliste s'est fait aider par plusieurs documentalistes qui ont rassemblé les sources en explorant les bibliothèques du matin au soir car il y a quinze ans, il n'y avait pas comme aujourd'hui de digitalisation des fonds documentaires, comme l'Argentine elle-même en constitue peu à peu.

Le travail remonte jusqu'à la scène des années 40, bien qu'il y ait eu déjà un théâtre musical dans les années 1910 et 1920 (le sainete porteño) pour lequel s'écrivirent certains des titres classiques de l'actuel répertoire du tango. Les trois tomes étendent leur champ d'étude jusqu'à l'année 2012.

Un travail impressionnant qui vaut à son auteur principal une interview ce matin dans les pages culturelles de Página/12.



Pour aller plus loin :
consulter aussi le blog de Pablo Gorlero (pas tout à fait à jour de cette information – mais il est vrai qu'on est en plein été et encore en grandes vacances jusqu'à la fin de la semaine prochaine).

samedi 15 février 2014

Sortie argentine d'un DVD sur Eduardo Falú [Disques & Livres]

Image tirée du site Internet du film

Le guitariste, chanteur et compositeur de folclore Eduardo Falú est décédé l'année dernière (voir mon article du 10 août 2013). Ces jours-ci, sort en DVD un documentaire, Canto al paisaje soñado (Chant pour le paysage de mes rêves) qui lui est consacré et qui a la particularité d'avoir été projeté en Europe (Amsterdam, Málaga et Nyon en Suisse) avant d'être présenté dans le pays natal de l'artiste.

Bande-annonce du film avec sous-titres en anglais

Hommage à l'un des plus grands musiciens du Noroeste argentin, puisqu'il était originaire de la Province de Salta.

Página/12 lui consacre ce samedi l'un des cinq articles principaux de ses pages culturelles.

Pour aller plus loin :
lire la page Internet du film (en français) – la page existe aussi en anglais, en espagnol et en allemand.

Une retransmission télévisée d'un concert de Eduardo Falú,
accompagné par Ernesto Sabató,
auteur du texte de son chef d'œuvre,
Romance para la muerte de Juan Lavalle
sorte d'oratorio profane pour un personnage historique contestable,
le général Juan Lavalle, un héros de la guerre d'indépendance
qui avait gagné ses galons sous les ordres de San Martín
et avait ensuite trahi les notions d'honneur que celui-ci cultivait :
Juan Lavalle a fait exécuter Manuel Dorrego
pour s'emparer de son poste de Gouverneur de la Province de Buenos Aires
puis combattu Juan Manuel de Rosas.

Exposition sur le tango au Musée Luis Perlotti [à l'affiche]


Du mardi au dimanche, de 10h à 18h, jusqu'à la fin du mois, le Musée de sculpture Luis Perlotti propose une exposition des œuvres de Juan Carlos Ferraro sur le tango, intitulée El último farol (le dernier réverbère), dans sa salle du second étage. Entrée libre et gratuite.
Museo Luis Perlotti, Pujol 644, dans le quartier de Caballito.

En savoir plus :
consulter la page du musée sur le portail de la Ville de Buenos Aires

vendredi 14 février 2014

Pichuco, le film du centenaire [Troesmas]

Parmi les grands moments du Centenaire Aníbal Troilo qui se déploiera tout au long de l'année 2014, on attend avec impatience le documentaire du réalisateur argentin Martín Turnes, intitulé Pichuco.

Tous les grands du tango d'aujourd'hui se sont donné rendez-vous pour raconter leurs souvenirs du Maître né en 1914 et trop tôt disparu (1975).

Bande-annonce du film, déjà sous-titrée en anglais

Entre autres, vous retrouverez sur l'écran Horacio Ferrer, Raúl Garello (1) et Nelly Vázquez (2)...

Le documentaire, actuellement en post-production, sera projeté en première mondiale le 11 juillet prochain à Buenos Aires, au pied de l'Obélisque, pour l'événement culminant de cette année. Il y aura sans doute quelques avant-premières ici ou là dans le monde. On en organise en ce moment une en France pour début juillet. A surveiller de près.

Interview du réalisateur par l'agence Télam,
avec quelques extraits du documentaire (sans sous-titres)

Sur les activités en France, reportez-vous à la page de mon site Internet que j'ai monté pour présenter mon travail de Correspondante en France de ce Centenaire. Je viens de la mettre à jour sur le documentaire et mes propres prestations (conférences et projection-débat).


(1) Horacio Ferrer et Raúl Garello ont écrit et composé ensemble un hommage à Pichuco intitulé La Jaula mágica (la cage magique), que j'ai traduit dans le cahier Le lutin de Montevideo à Buenos Aires, dans la revue Triages, n° 20, juin 2008, p 91 (Tarabuste Editions). Dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, vous trouverez un autre hommage, du même poète, mais avec une musique de Astor Piazzolla, El Gordo Triste (Editions du Jasmin, mai 2010).
(2) Nelly Vázquez est la dernière chanteuse de l'orchestre de Pichuco, par lequel sont passés les plus grands, dont Edmundo Rivero et Roberto Goyeneche. Dans le disque Melopea, offert avec mon livre avec Barrio de Tango, c'est elle qui chante le tango titre, composé par Troilo et écrit par le poète Homero Manzi.

mercredi 12 février 2014

Avant de descendre des bateaux, les Argentins descendaient des montagnes [Histoire]

Chacabuco par Tomás Vandorse, en 1850 (avant la grande création des imageries nationales)
Tableau exposé au Museo Histórico de Santiago du Chili
Image empruntée à la page Facebook des Grenadiers à cheval réservistes (Argentine)

Ce fut l'affaire d'un peu plus de trois semaines.
Une armée de 5 000 hommes, soit 3 000 Argentins et 2 000 Chiliens, avait traversé la Cordillère des Andes par quatre chemins différents, sur une étendue totale de 1 000 km du nord au sud. Tous se rassemblèrent au même point, à quelques heures de décalage entre les diverses unités, avec l'intégralité de l'artillerie, placée sous la responsabilité d'un franciscain défroqué, et beaucoup de pertes animales (peu de chevaux avaient survécu à l'épreuve et même les mules, pourtant beaucoup plus robustes, avaient succombé aux conditions terribles de l'expédition, avec ses 40° de différence thermique entre le jour et la nuit, l'altitude et son oxygène raréfiée).

Dès qu'il vit son armée au complet, le général José de San Martín prépara l'assaut pour le lendemain matin, afin de ne laisser aucune capacité aux forces contre-révolutionnaires, dispersées sur une trop grande distance, de se reformer. On était le 11 février 1817.

Le 12 au matin, le clairon sonna et les colonnes d'infanterie et de cavalerie fondirent sur le camp royaliste, en contrebas de la côte de Chacabuco, sur laquelle s'étendait un vaste domaine agricole. San Martín avait dressé le plan de bataille et en avait délégué l'exécution à son ami, Bernardo O'Higgins (1778-1842), et selon toute probabilité, il ne participa pas lui-même directement à l'action qui dura toute la journée.

Sujet à d'impressionnantes crises d'asthme (1) et atteint d'un ulcère à l'estomac qui lui avait fait souffrir mille morts dans les Andes (2) à cause du régime alimentaire adopté dans l'armée (3), il ne se tenait debout qu'à grand peine mais il avait préservé suffisamment de forces pour assurer la tactique durant la bataille et veiller sur ses suites militaires et politiques lorsque les troupes ennemies capitulèrent, en l'absence du capitaine-général du Chili, Francisco Marcó del Pont, qui avait courageusement pris la fuite dans l'espoir de s'embarquer à Valparaíso.

Documentaire historique sur Chacabuco, partie 1

Excellent film, où interviennent des historiens universitaires chiliens et argentins, avec le sceau académique de l'Instituto Nacional Sanmartiniano, le nec plus ultra dés qu'il s'agit de ce personnage historique. Pour ma part, je trouve cette émission didactique admirablement bien montée avec un mélange d'interventions magistrales (sans pédanterie), des vues des sublimes paysages de Chacabuco aujourd'hui, les reconstitutions en images de synthèse, les schémas fléchés, les tableaux chiffrés qui facilitent la compréhension pour tout le monde, jusqu'au téléspectateur dont l'espagnol n'est pas la langue maternelle. C'est assez rare pour être signalé.
A comparer avec le documentaire ¿Qué hubiera pasado? que je vous présentais la semaine dernière à l'occasion de l'anniversaire du combat de San Lorenzo.

La bataille de Chacabuco a changé le cours de la guerre d'indépendance en Amérique du Sud. Par la suite, les pro-Espagnols n'ont plus jamais pu reconquérir une place, une fois celle-ci aux mains des indépendantistes. On peut dire qu'après Chacabuco, l'indépendance du Chili fut acquise, malgré quelques territoires, notamment l'un ou l'autre port, qui restèrent aux mains des absolutistes pendant encore cinq à six ans. Bernardo O'Higgins prit les rênes du pouvoir, installa à Santiago un régime de type bonapartiste pour garantir la pérennité du processus révolutionnaire et se maintint à la tête de la nouvelle république presque jusqu'à sa première reconnaissance diplomatique, ce qu'offrit la grande puissance de l'époque, la Grande-Bretagne, en 1824.

A Paris, à la même époque, régnait Louis XVIII. Le Journal des Débats, fondé à Paris en pleine Révolution française pour retracer les débats de l'Assemblée Constituante, avait changé son fusil d'épaule et sa rédaction avait adopté depuis avril 1814 le ton royaliste qui seyait aux circonstances. Aussi ce quotidien accueillit-il très froidement l'annonce de la victoire des "insurgens", qui passa par Londres et arriva à la capitale française au tout début du mois de juin. Voyez ce qu'il en était.

Le Journal des Débats, du 1er juin 1817
Le 27 dont il est question au-dessus de l'article est le 27 mai (date de l'article ici résumé)

Le Journal des Débats, du 2 juin 1817
La citation attribuée ici à San Martín fut reprise mot à mot par André Malraux
dans son discours de juin 1962
pour l'inauguration de la statue parisienne.
Une partie de ce discours sert de préface à San Martín par lui-même et par ses contemporains.
On ne se refuse rien au Jasmin !

Dans San Martín par lui-même et par ses contemporains, cet épisode occupe vingt pages, de la page 87 à la page 107, où j'ai rassemblé deux récits d'un célèbre écrivain et aventurier chilien (4) décrivant les scènes qui eurent lieu à Santiago à l'approche de l'armée des Andes puis quelques jours après la victoire, les échanges très fraternels entre San Martín et les autorités politiques de Buenos Aires, notamment le Directeur suprême des Provinces-Unies du Sud, Juan Martín de Pueyrredón, le discours inaugural de O'Higgins lorsqu'il assuma lui-même le Directorat chilien le 17 février 1817 (5), un courrier de San Martín chargeant le Cabildo de Santiago de fonder une bibliothèque nationale avec l'excès d'argent que cette institution venait de lui faire remettre pour le remercier de l'œuvre de libération accomplie, un courrier qu'il envoya depuis Buenos Aires au Président des Etats-Unis (6) et qui, lui, aussi transita par Londres (impressionnant flux des informations diplomatiques d'il y a deux cents ans) et enfin un billet rapide d'un de ses amis écossais, James Duff, quatrième comte Fife, qui faisait alors du lobbying (pardon pour l'anachronisme langagier) en sa faveur auprès de l'opinion publique naissante en Europe.

Un lobbying qui fut des plus efficaces. On peine pourtant à en déceler la trace dans les entrefilets du Journal des Débats que je vous livre ici. Mais on le reconnaît distinctement dans ceux publiés sur les mêmes événements au bord du Lac Léman, dans cette Confédération helvétique trop républicaine pour être contaminée par les préventions des voisins transalpins. Ce que vous pourrez constater dans San Martín par lui-même et par ses contemporains puisque j'ai rassemblé bon nombre de ces nouvelles de presse dans les annexes de ce prochain livre, à paraître au début mai 2014 (en souscription jusqu'au 30 avril – télécharger la version imprimable de la documentation).

Documentaire partie 2

Pour aller plus loin sur la bataille de Chacabuco :
voir mon article du 16 novembre 2012 (où je vous présentais un article de La Gaceta de Buenos Aires, dont vous ne manquerez pas de reconnaître la typographie dans le petit documentaire vidéo que j'inclus ci-dessus).

Pour aller plus loin sur mon prochain livre :
cliquez sur le mot-clé SnM ant Jasmin dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, pour accéder à tous les articles le concernant dans ce blog
consulter ma page auteur sur le site Internet des Editions du Jasmin (elle a été mise à jour lundi dernier)
consulter la page consacrée à la souscription sur mon propre site Internet
écouter l'interview que j'ai donnée en août dernier à Radio Nacional (RAE) en espagnol sur le sujet.


Autres documents historiques déjà publiés et commentés dans ce blog sur le même sujet :

Rapport du Cabildo de Mendoza sur les efforts déployés par son Gouverneur, le général José de San Martín, pour donner à la Province de Cuyo toute sa vigueur dans le combat pour la liberté et pour l'indépendance de la Patrie
Analyse ambiguë de la situation révolutionnaire en Amérique du Sud parue en 1821 dans un journal libéral barcelonais, El Diario Constitucional de Barcelona, animé par des opposants au roi Fernando VII
Entretien accordé par San Martín au capitaine de la Royal Navy Basil Hall, quelques semaines avant la prise de Lima (juillet 1821)
Analyse dressée vingt ans plus tard par le marin français Gabriel Lafond de la politique menée par San Martín à Lima


(1) San Martín était un homme d'une rare sensibilité parmi les grands chefs de guerre de ces soixante ans de révolution (1773-1830). Il avait assez souvent des symptômes d'autant plus spectaculaires que personne n'imaginait alors le processus psychique qui les provoquait. Les personnes avaient alors besoin de signaux très voyants pour extérioriser leur souffrance, tant et si bien qu'assez souvent on a cru San Martín au bord du tombeau, ce qui rebattait les cartes, améliorait considérablement sa situation politique, après quoi son étrange maladie disparaissait et il reprenait la lutte. Une fois en exil à Paris, comme il était très lucide sur lui-même, il parvint à faire un lien entre les tensions psychiques qu'il ressentait (ce qu'il appelait ses nerfs) et les maladies qui, de temps en temps, l'obligeaient à garder la chambre. Et il mit au point une thérapie empirique qui lui permettait de passer outre ses crises d'angoisse. Dans San Martín par lui-même et par ses contemporains, j'ai glissé un rapport d'un médecin militaire qui passe bien près de découvrir la nature psychique des pathologies qui lui font craindre, en juillet 1817, pour la "digne et très précieuse vie du très appréciable général".
(2) Il avait eu la première manifestation clinique de son ulcère en juin 1814 pendant qu'il se trouvait à Tucumán en train de réorganiser l'armée du Nord, mise à mal par plusieurs défaites consécutives (dans le nord-ouest argentin et l'actuelle Bolivie). La première crise d'asthme s'était-elle manifestée bien plutôt, en août 1808, en Espagne, juste après la victoire de Bailén, contre les Français, à laquelle il avait puissamment contribué. Voir à ce sujet San Martín à rebours des conquistadors, que j'ai publié aux Editions du Jasmin, en décembre 2012.
(3) Pour nourrir les 5 000 hommes de l'expédition, San Martín avait fait emporter du charqui, du bœuf séché et accommodé dans un mélange de sel et de piment, qui était à cette époque une des grandes spécialités exportables du sud du sous-continent, en un temps où durant l'hiver, l'une des rares sources de protéines se trouvait être les salaisons et autres viandes séchées ou fumées et parfois les deux, dont nous avons gardé une impressionnante collection de jambons crus quasiment partout en Europe, la palette de porc qui entre, notamment, dans la composition de la choucroute ou la savoureuse viande des Grisons suisse.
(4) Vicente Pérez Rosales (1807-1886), qui avait alors une dizaine d'années mais dont les souvenirs de cette époque charnière et traumatisante par bien des aspects semblent très fiables. A un an près, ses dates correspondent à celles du gendre de San Martín, Mariano Balcarce Buchardo, né en 1817 et mort, à Paris, en 1885.
(5) Dans le documentaire joint, l'un des historiens chiliens, confortablement installé chez lui, cite de mémoire et en substance un passage de ce discours, où O'Higgins parvint à rendre hommage à San Martín sans jamais prononcer son nom pour ne pas froisser sa légendaire discrétion.
(6) Seul document en anglais dans les pages citées. Tous les autres sont en espagnol. Dans tous les cas, une traduction en vis-à-vis permet au lecteur d'aborder ces archives soit en français soit dans la langue originale. Même James Duff, le comte Fife, écrit en espagnol une lettre rapide, dès qu'il a eu connaissance des faits intervenus au Chili, comme on peut le voir en rapprochant les dates de la missive et des articles de journaux. Les textes en anglais vont venir après Chacabuco, quand le bruit de tonnerre que fit cette victoire dans tout l'hémisphère nord (occidental) incita de nombreux officiers anglophones, tant des îles britanniques que des Etats-Unis, à partir pour l'Amérique du Sud pour se mettre aux ordres de ce fameux général San Martin ou Saint Martin qui venait de faire éclater son nom, alors que au nord, les guerres révolutionnaires et napoléoniennes avaient pris fin et que l'idéal qu'elles portaient semblait vaincus pour longtemps (et ce longtemps dura quinze ans). Et cet attrait ne fut pas réservé aux militaires. Les civils y furent sensibles aussi : les négociants britanniques ne tardèrent pas à envisager le parti qu'ils pouvaient tirer de ce nouveau marché qui surgissait avec la nouvelle république.

Le souvenir de Cortázar trente ans après [Troesmas]


Cette année est un triple centenaire. A moins d'être idiots ou de débarquer de la lune, vous savez que l'on commémore cette année le début de la Grande Guerre. Si vous lisez ce blog, vous savez aussi que l'on fête depuis le début de l'année le souvenir du compositeur de tango Aníbal Troilo, né le 11 juillet 1914, à Buenos Aires. Et si vous êtes hispaniste, vous savez aussi que cette même année naissait à Bruxelles, de parents diplomates, un petit garçon qui allait devenir l'un des plus grands écrivains argentins, Julio Cortázar, l'auteur de La Rayuela.

Or Julio Cortázar est mort en février 1984, à Paris. Il est enterré au cimetière du Montparnasse, dans la troisième division, et c'est avec cette date que Página/12 a voulu ce matin entamé le cycle des articles que ce journal de gauche ne manquera pas de consacrer à l'écrivain tout au long de cette année.

A lire sur le site Web du quotidien.

L'optimisation fiscale façon grande distribution argentine [Actu]

Le siège de l'AFIP, ou ministère du Trésor Public, sur Plaza de Mayo (en 2010)
Página/12 soulève encore un lièvre quant aux pratiques pour le moins contestables du capitalisme argentin.

Dans certaines chaînes de la grande distribution, notamment dans les super- et hypermarchés Coto, si vous payez en espèces, ce qui est le cas le plus fréquent, on vous propose de vous rendre la monnaie au peso inférieur et de donner les centimes (centavos) de différence à des associations de solidarité sociale. Bien entendu, la plupart des clients, qui eux-mêmes ne roulent pas sur l'or, acceptent cette généreuse solution.

Sauf que, d'après Página/12, cette solution cache une arnaque des plus ignobles : l'argent ainsi récolté irait bien aux associations visées. Menos mal, comme disent les Argentins (en français, encore heureux!). A ceci près que l'enseigne fait passer dans sa comptabilité cette remise d'argent pour une donation volontaire sur son chiffre d'affaires et obtient grâce à ce jeu d'écriture une remise sur l'impôt sur les sociétés dont elle est redevable envers l'Etat argentin. Ou comment le client lambda, avec ses propres sous, permet à son supermarché de payer moins d'impôt sans rien rogner à son bénéfice !

Pour en savoir plus :

Chacabuco, 1817, revu et corrigé par Billiken en 1967 [Histoire]

Cliquez sur l'image pour lire les légendes

Pour l'anniversaire de San Lorenzo, je vous ai fait faire un double voyage dans le temps, d'abord en vous proposant plusieurs articles sur l'événement de 1813 lui-même, ensuite en vous ramenant en enfance, mais dans une enfance argentine grâce à un numéro de juillet 1941 la revue emblématique Billiken, créée en 1919.

Je vous propose la même chose en ce jour anniversaire de la libération du Chili, jour anniversaire de la bataille de Chacabuco, menée sur le versant ouest des Andes, par San Martín, secondé par les généraux Soler (l'Argentin) et O'Higgins (le Chilien), le 12 février 1817.


Voici comment, dans son numéro du 8 août 1967, pour préparer le Día de San Martín du 17 août, Billiken proposait aux écoliers argentins de se représenter la célèbre bataille qui a donné son nom à plusieurs municipalités en Argentine et à un nombre de rues, avenues et autres artères incalculable...

Les forces en présence, la tactique, les uniformes
et tout ce qui tonne, détonne, galope et pétarade.
Cliquez sur l'image pour lire les textes

Comparez avec le documentaire que j'inclus dans mon autre article de ce jour sur cet événement d'il y a bientôt deux cents et vous verrez, c'est pas mal fait !

mardi 11 février 2014

Week-end Argentine à Saint-Mandé les 1er et 2 mars [ici]

Ajout du 1er mars 2014 :
Attention : changement d'horaires pour le 2 mars
Concert du Trio Taquetepa (Fabrice Gouterot est venu lui aussi) vers midi (à l'issue du marché qui se tient à Saint-Mandé)
Conférence sur San Martín et les droits de l'homme, dans la foulée, vers 15h (pas avant).
La carte gastronomique reste la même...

Cliquez sur l'affiche pour la lire plus confortablement
(Affiche conçue et réalisée par Denise Anne Clavilier)

Le samedi 1er et dimanche 2 mars, je participerai avec le duo Taquetepa à un week-end culturel consacré à l'Argentine au Art Book Café, 44 avenue du Général De Gaulle, à Saint-Mandé, dans le Val de Marne, M° Saint-Mandé.

Dans l'après-midi, à 17h, je donnerai deux conférences. Le samedi, la causerie portera sur l'apparition du tango à Buenos Aires au cours du XIXème siècle. Le dimanche, elle portera sur la figure du général José de San Martín, héros de la révolution des droits de l'homme, né en Argentine le 25 février 1778 et mort, en France, comme le savent mes lecteurs assidus, le 17 août 1850, à Boulogne-sur-Mer.
Sans oublier la séance de dédicace de mes livres déjà parus, qui seront donc en vente sur place.

Les deux soirées seront animées par Daniel Pérez (guitare, charango et bandonéon) et Marie Crouzeix (flûtes traversières toutes tessitures et quena), pour un programme de musique argentine, des ville et des champs, à 20h.

Art Book Café développe depuis plusieurs mois, à quelques pas de la Mairie de Saint-Mandé, un concept original de salon de thé-snack et de librairie, où vous pouvez déjeuner ou dîner à prix très raisonnable ou venir prendre le thé ou un verre l'après-midi tout en découvrant des livres originaux de petits éditeurs indépendants. Vous y trouverez ainsi une partie fort représentative du catalogue des Editions du Jasmin, chez qui j'ai déjà publié trois ouvrages et m'apprête à en sortir un quatrième, sur San Martín, au début du mois de mai prochain.
Pour ce week-end, Art Book Café vous proposera quelques spécialités argentines, sucrées, salées, avec ou sans alcool, histoire de voyager un peu de ce côté-là aussi. Vous pouvez découvrir cet établissement et sa proposition culturelle et gastronomique, marquée du sceau de l'économie durable et solidaire, sur sa page Facebook.


La salle, très cosy, du salon de thé-librairie

Vous pouvez d'ores et déjà retenir votre table si vous le souhaitez.
Et je profite de l'occasion pour vous informer que ma page d'auteur vient d'être mise à jour sur le site Internet des Editions du Jasmin où vous pouvez découvrir les dernières publications de cette maison dynamique au catalogue maintenant très fourni pour les grands et les petits.


La carte gastronomique du week-end
On pourra aussi déguster la bière argentine, très peu présente à Paris
(affiche réalisée par Denise Anne Clavilier)

dimanche 9 février 2014

Une icône de la contestation nord-américaine de retour à Buenos Aires [à l'affiche]


A l'occasion des deux récitals qu'elle donnera les 6 et 7 mars prochains au Gran Rex, un haut-lieu de la musique située sur avenida Corrientes, Joan Baez vient d'accorder une longue interview à Página/12. Il s'agit d'un retour pour la chanteuse folk, militante des droits civiques aux côtés de Martin Luther King dans les années 1960 qui revient en Argentine, où elle avait osé venir chanter sous la Dictature militaire. C'est une grande tournée en Amérique Latine que s'apprête à accomplir Joan Baez, qui a des liens avec cette partie du Nouveau Monde, puisque son père était mexicain.

Mercedes Sosa et Joan Baez, en 1988, en Allemagne,
interprétant ensemble Gracias a la vida, de la Chilienne Violeta Parra

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12, qui en fait le sujet principal de ses pages culturelles, en ce dimanche estival.
En décembre dernier, La Nación avait elle aussi annoncé, dans un entrefilet très aimable, les deux concerts de la chanteuse !

samedi 8 février 2014

Les festivités du Centenaire Troilo s'engagent ici et là-bas [à l'affiche]

Toute cette année sera consacrée au Centenaire Troilo. Eh oui ! Il n'y a pas que Cortázar ou la première Guerre mondiale au programme...


Ainsi donc le grand port chilien de Valparaíso fête en ce moment les 25 ans de son festival, Valparatango, et les cent ans de la naissance de Pichuco, jusqu'au 16 février 2014.


On enchaînera avec Séville, en Espagne, qui propose une milonga et des ateliers danse le 13 février 2014.


Puis ce sera le tour de La Plata, capitale de la Province de Buenos Aires, samedi prochain, 15 février, avec concert, documentaire et conférence...

Introduit par la voix exaltée du poète (et de l'ami) Julián Centeya
Quejas de Bandoneón, de Juan de Dios Filiberto,
un des grands arrangements de Pichuco

L'année s'annonce chargée !

Sans compter sur les 7 monuments qui seront inaugurés dans les mois qui viennent dans différentes villes et Provinces argentines.



En France, n'hésitez pas à me contacter, comme l'ont déjà fait Caen et Toulouse, pour me soumettre vos idées d'hommage afin qu'elles figurent dans le programme officiel mondial tenu à Buenos Aires (pour me contacter, voir Colonne de droite ou bas d'écran).