Actualité culturelle argentine, là-bas à Buenos Aires et sur le Río de la Plata, et ici, en Europe francophone.
Actualidad cultural, allá en Buenos Aires y su zona y acá en nuestras ciudades europeas franco-hablantes. Noticias en español si te gusta más así...
Cultural current affairs, there in Buenos Aires area and here, in French-speaking Europe. Depending on your demand...
Le
Lady's Tango Festival a commencé comme un festival de tango danse centrée sur
la danse féminine pour célébrer le jour international de la Femme
le 8 mars.
Mais
cette année, cette initiative de la danseuse, chorégraphe et
professeur Johana Copes s'étend sur une semaine entière, du 16 au
22 mars.
Programme
de cours de technique et de style, d'ateliers, de pratiques, de
milongas, de défilés vestimentaires et de démonstrations avec une
brochette d'enseignantes de top niveau, dont Aurora Lubiz, dont je
vous parle de temps à autre et j'embrasse par la même occasion.
Invité d'honneur : le danseur Juan Carlos Copes (c'est souvent le cas : c'est le papa de la fondatrice)
Plusieurs
lieux dont la Academia Nacional del Tango à Monserrat et la Usina del Arte, à La Boca.
La
ville de Zárate, située sur le fleuve Paraná, tout au nord de la
Province de Buenos Aires, a vu naître ou au moins grandir les frères
Expósito, le poète Homero et le compositeur Virgilio, ainsi que
Armando Pontier, compositeur et chef d'orchestre auquel les deux
frères furent liés à travers l'orchestre de Miguel Caló, dans les
années 1940.
La
municipalité de Zárate organise cette année pour la cinquième
fois le Festival Provincial de Tango les 1er et 2 mars
2014 à l'Amphithéâtre Homero Expósito, entrée libre et gratuite.
Les
artistes invités sont nombreux : Juan Darthés, Ariel Ardit,
Amores Tangos, China Cruel, Noelia Moncada, Hernán Genovese, Esteban
Riera, el Nego Falótico, le Cuarteto Suárez Paz et beaucoup
d'autres... Deux belles soirées de musique en perspective.
Il
y a deux jours, la justice portègne a prononcé une décision de
réintégration dans ses fonctions du Maestro Claudio Espector, dont
vous vous souvenez sans doute si vous suivez l'actualité culturelle
argentine dans ces colonnes que, le 19 décembre dernier (voir mon article à ce sujet), le Ministère de l'Education portègne par le
truchement d'une de ses sous-secrétaires l'avait révoqué, d'une
manière arbitraire et discrétionnaire, sans pouvoir avancer la
moindre faute professionnelle à son encontre et ce malgré son
élection comme Personnalité de la Culture, en juin 2013 (voir mon article à ce sujet).
Certes
la décision est prise à titre conservatoire. Il ne s'agit pas d'une
décision de fonds pour laquelle Claudio Espector et les syndicats de
musiciens et d'enseignants ont saisi les tribunaux : cette autre
décision se prononcera sur la validité de la révocation et le
droit du Gouvernement portègne de se défaire d'un fonctionnaire
sans cause réelle et sérieuse, comme s'exprime le code du travail
en France. Il se peut toutefois que le juge du fonds confirme la
première décision puisque le ministère de tutelle n'a jamais
procédé dans les formes, aucune notification écrite de révocation
n'ayant jamais été adressée à l'intéressé. On croit rêver !
Ou plutôt cauchemarder.
Toujours
est-il qu'exit pour le moment le nouveau Coordinateur nommé à la
fin décembre (un obscur clarinettiste sans grand talent mais avec de
grandes ambitions politiques et des copains d'école bien placés).
Claudio Espector reprend sa charge aujourd'hui avec l'appui de
nombreux parents d'élèves, du corps professoral et de plein
d'élèves, dont il faut voir là-bas, à Buenos Aires, l'affection
et la confiance qu'ils lui manifestent.
Vous
pouvez manifester votre soutien au musicien et à l'enseignant qu'est
Claudio Espector ainsi qu'à l'ensemble du Programme des Orchestres
d'enfants qu'il a fondé à Buenos Aires et qu'il coordonne en vous
connectant à la page Facebook du collectif militant. Vous pouvez aussi vous connecter à la page personnelle qu'il a créée en 2010.
lire
l'article de Página/12 de ce matin sur le retour en poste de Claudio
(avec les difficultés que le Ministère pourrait lui faire bien que
ses conseils se soient montré fort empruntés dans leur défense à
la barre).
Illustration publiée par le Ministère de l'Intérieur argentin
Le
ministre de l'Intérieur argentin vient de faire savoir que ses
services ont renouvelé les papiers d'identité du Pape
François, qui a donc manifesté qu'il souhaitait continuer à
voyager avec son passeport argentin plutôt que d'utiliser
le passeport diplomatique que lui vaut son statut de chef d'Etat de
la Cité du Vatican.
Les
procédures administratives se sont réalisées grâce à la
représentation diplomatique de la République argentine près le
Saint-Siège comme dans n'importe quelle ambassade argentine et pour n'importe quel autre citoyen du Cône Bleu partout
dans le monde grâce à l'adoption récente des mesures de biométries
qui ont été intégrées à la délivrance des papiers d'identité (d'où le slogan nuevo DNI de la campagne d'information gouvernementale).
Une belle modernité technique dont les Argentins sont assez fiers,
tous bords politiques confondus.
Et
c'est donc tous les journaux argentins qui célèbrent cette nouvelle
dans une belle unanimité patriotique ! En soulignant tous la
simplicité de vie de l'intéressé dont cette façon de se plier à
la loi commune à tous les Argentins leur apparaît comme un nouvel
indice. D'autres y verront aussi la marque d'un Souverain Pontife
qui, le jour venu, renoncera lui aussi à sa charge, comme le fit son
prédécesseur il y a juste un an.
Après
deux premiers tomes sortis l'année dernière, voici la conclusion
d'un important travail de recherche sur l'histoire du théâtre et de
la musique à Buenos Aires : Historia del teatro musical en
Buenos Aires, du journaliste Pablo Gorlero, aux Editions Emergentes,
avec l'appui du Ministère de la Culture de la Ville autonome de
Buenos Aires.
Pablo
Gorlero est un animateur radiophonique qui travaille entre autres sur
AM Once Diez, la radio publique généraliste de la capitale
argentine.
L'ouvrage,
richement illustré, représente quinze ans de recherche qui ont
produit plus de 1500 pages d'une histoire mouvementée. Le
journaliste s'est fait aider par plusieurs documentalistes qui ont
rassemblé les sources en explorant les bibliothèques du matin au soir car il y a
quinze ans, il n'y avait pas comme aujourd'hui de digitalisation des
fonds documentaires, comme l'Argentine elle-même en constitue peu à peu.
Le
travail remonte jusqu'à la scène des années 40, bien qu'il y ait eu déjà un
théâtre musical dans les années 1910 et 1920 (le sainete porteño) pour lequel s'écrivirent certains des titres classiques de l'actuel répertoire du tango. Les trois tomes étendent leur champ d'étude jusqu'à l'année 2012.
Un
travail impressionnant qui vaut à son auteur principal une interview
ce matin dans les pages culturelles de Página/12.
consulter
aussi le blog de Pablo Gorlero (pas tout à fait à jour de cette
information – mais il est vrai qu'on est en plein été et encore
en grandes vacances jusqu'à la fin de la semaine prochaine).
Le
guitariste, chanteur et compositeur de folclore Eduardo Falú est
décédé l'année dernière (voir mon article du 10 août 2013). Ces
jours-ci, sort en DVD un documentaire, Canto al paisaje soñado
(Chant pour le paysage de mes rêves) qui lui est consacré et qui a
la particularité d'avoir été projeté en Europe (Amsterdam, Málaga
et Nyon en Suisse) avant d'être présenté dans le pays natal de
l'artiste.
Bande-annonce du film avec sous-titres en anglais
Hommage
à l'un des plus grands musiciens du Noroeste argentin, puisqu'il
était originaire de la Province de Salta.
Página/12
lui consacre ce samedi l'un des cinq articles principaux de ses pages
culturelles.
Du
mardi au dimanche, de 10h à 18h, jusqu'à la fin du mois, le Musée
de sculpture Luis Perlotti propose une exposition des œuvres de Juan
Carlos Ferraro sur le tango, intitulée El último farol (le dernier
réverbère), dans sa salle du second étage. Entrée libre et
gratuite.
Museo
Luis Perlotti, Pujol 644, dans le quartier de Caballito.
En
savoir plus :
consulter
la page du musée sur le portail de la Ville de Buenos Aires
Parmi
les grands moments du Centenaire Aníbal Troilo qui se déploiera
tout au long de l'année 2014, on attend avec impatience le
documentaire du réalisateur argentin Martín Turnes, intitulé
Pichuco.
Tous les grands du tango d'aujourd'hui se sont donné rendez-vous pour raconter leurs souvenirs du Maître né en 1914 et trop tôt disparu (1975).
Bande-annonce du film, déjà sous-titrée en anglais
Entre
autres, vous retrouverez sur l'écran Horacio Ferrer, Raúl Garello
(1) et Nelly Vázquez (2)...
Le
documentaire, actuellement en post-production, sera projeté en
première mondiale le 11 juillet prochain à Buenos Aires, au pied de
l'Obélisque, pour l'événement culminant de cette année. Il y aura
sans doute quelques avant-premières ici ou là dans le monde. On en
organise en ce moment une en France pour début juillet. A surveiller
de près.
Interview du réalisateur par l'agence Télam,
avec quelques extraits du documentaire (sans sous-titres)
Sur
les activités en France, reportez-vous à la page de mon site Internet que j'ai monté pour présenter mon travail de
Correspondante en France de ce Centenaire. Je viens de la mettre à
jour sur le documentaire et mes propres prestations (conférences et
projection-débat).
(1)
Horacio Ferrer et Raúl Garello ont écrit et composé ensemble un
hommage à Pichuco intitulé La Jaula mágica (la cage magique), que
j'ai traduit dans le cahier Le lutin de Montevideo à Buenos Aires,
dans la revue Triages, n° 20, juin 2008, p 91 (Tarabuste Editions).
Dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, vous
trouverez un autre hommage, du même poète, mais avec une musique de
Astor Piazzolla, El Gordo Triste (Editions du Jasmin, mai 2010).
(2)
Nelly Vázquez est la dernière chanteuse de l'orchestre de Pichuco,
par lequel sont passés les plus grands, dont Edmundo Rivero et
Roberto Goyeneche. Dans le disque Melopea, offert avec mon livre avec
Barrio de Tango, c'est elle qui chante le tango titre, composé par
Troilo et écrit par le poète Homero Manzi.
Chacabuco par Tomás Vandorse, en 1850 (avant la grande création des imageries nationales)
Tableau exposé au Museo Histórico de Santiago du Chili
Image empruntée à la page Facebook des Grenadiers à cheval réservistes (Argentine)
Ce
fut l'affaire d'un peu plus de trois semaines.
Une armée de 5 000
hommes, soit 3 000 Argentins et 2 000 Chiliens, avait traversé la
Cordillère des Andes par quatre chemins différents, sur une étendue
totale de 1 000 km du nord au sud. Tous se
rassemblèrent au même point, à quelques heures de décalage entre
les diverses unités, avec l'intégralité de l'artillerie, placée sous la responsabilité d'un franciscain défroqué, et
beaucoup de pertes animales (peu de chevaux avaient survécu à
l'épreuve et même les mules, pourtant beaucoup plus robustes,
avaient succombé aux conditions terribles de l'expédition, avec ses 40°
de différence thermique entre le jour et la nuit, l'altitude et
son oxygène raréfiée).
Dès
qu'il vit son armée au complet, le général José de San Martín
prépara l'assaut pour le lendemain matin, afin de ne laisser aucune
capacité aux forces contre-révolutionnaires, dispersées sur une
trop grande distance, de se reformer. On était le 11 février 1817.
Le 12 au matin, le clairon sonna et les colonnes d'infanterie et de
cavalerie fondirent sur le camp royaliste, en contrebas de la côte
de Chacabuco, sur laquelle s'étendait un vaste domaine agricole. San Martín avait dressé le plan de bataille et en
avait délégué l'exécution à son ami, Bernardo O'Higgins
(1778-1842), et selon toute probabilité, il ne participa pas
lui-même directement à l'action qui dura toute la journée.
Sujet
à d'impressionnantes crises d'asthme (1) et atteint d'un ulcère à
l'estomac qui lui avait fait souffrir mille morts dans les Andes(2)à cause du régime alimentaire adopté dans l'armée (3), il ne se
tenait debout qu'à grand peine mais il avait préservé suffisamment
de forces pour assurer la tactique durant la bataille et veiller sur
ses suites militaires et politiques lorsque les troupes ennemies
capitulèrent, en l'absence du capitaine-général du Chili,
Francisco Marcó del Pont, qui avait courageusement pris la fuite
dans l'espoir de s'embarquer à Valparaíso.
Documentaire historique sur Chacabuco, partie 1
Excellent film, où interviennent des historiens universitaires
chiliens et argentins, avec le sceau académique de l'Instituto
Nacional Sanmartiniano, le nec plus ultra dés qu'il s'agit de ce
personnage historique. Pour ma part, je trouve cette émission didactique admirablement bien
montée avec un mélange d'interventions magistrales (sans pédanterie), des vues des sublimes paysages de Chacabuco aujourd'hui, les
reconstitutions en images de synthèse, les schémas fléchés, les
tableaux chiffrés qui facilitent la compréhension pour tout le
monde, jusqu'au téléspectateur dont l'espagnol n'est pas la langue
maternelle. C'est assez rare pour être signalé.
La
bataille de Chacabuco a changé le cours de la guerre d'indépendance
en Amérique du Sud. Par la suite, les pro-Espagnols n'ont plus
jamais pu reconquérir une place, une fois celle-ci aux mains des
indépendantistes. On peut dire qu'après Chacabuco, l'indépendance
du Chili fut acquise, malgré quelques territoires, notamment l'un ou
l'autre port, qui restèrent aux mains des absolutistes pendant encore cinq à six ans. Bernardo
O'Higgins prit les rênes du pouvoir, installa à Santiago un régime
de type bonapartiste pour garantir la pérennité du processus
révolutionnaire et se maintint à la tête de la nouvelle république
presque jusqu'à sa première reconnaissance diplomatique, ce qu'offrit la grande puissance de
l'époque, la Grande-Bretagne, en 1824.
A
Paris, à la même époque, régnait Louis XVIII. Le Journal des
Débats, fondé à Paris en pleine Révolution française pour retracer les
débats de l'Assemblée Constituante, avait changé son fusil
d'épaule et sa rédaction avait adopté depuis avril 1814 le ton royaliste qui seyait aux
circonstances. Aussi ce quotidien accueillit-il très froidement
l'annonce de la victoire des "insurgens",
qui passa par Londres et arriva à la capitale française au tout
début du mois de juin. Voyez ce qu'il en était.
Le Journal des Débats, du 1er juin 1817
Le 27 dont il est question au-dessus de l'article est le 27 mai (date de l'article ici résumé)
Le Journal des Débats, du 2 juin 1817
La citation attribuée ici à San Martín fut reprise mot à mot par André Malraux
dans son discours de juin 1962
pour l'inauguration de la statue parisienne.
Une partie de ce discours sert de préface à San Martín par lui-même et par ses contemporains.
On ne se refuse rien au Jasmin !
Dans
San Martín par lui-même et par ses contemporains, cet épisode
occupe vingt pages, de la page 87 à la page 107, où j'ai rassemblé
deux récits d'un célèbre écrivain et aventurier chilien (4)
décrivant les scènes qui eurent lieu à Santiago à l'approche de
l'armée des Andes puis quelques jours après la victoire, les
échanges très fraternels entre San Martín et les autorités
politiques de Buenos Aires, notamment le Directeur suprême des
Provinces-Unies du Sud, Juan Martín de Pueyrredón, le discours
inaugural de O'Higgins lorsqu'il assuma lui-même le Directorat
chilien le 17 février 1817 (5), un courrier de San Martín chargeant le Cabildo de
Santiago de fonder une bibliothèque nationale avec l'excès d'argent
que cette institution venait de lui faire remettre pour le remercier de l'œuvre de libération accomplie, un courrier qu'il
envoya depuis Buenos Aires au Président des Etats-Unis (6) et qui,
lui, aussi transita par Londres (impressionnant flux des informations
diplomatiques d'il y a deux cents ans) et enfin un billet rapide d'un
de ses amis écossais, James Duff, quatrième comte Fife, qui faisait alors du lobbying (pardon pour l'anachronisme langagier) en sa faveur auprès de l'opinion publique naissante en Europe.
Un
lobbying qui fut des plus efficaces. On peine pourtant à en déceler la trace dans les
entrefilets du Journal des Débats que je vous livre ici. Mais on le reconnaît distinctement dans ceux publiés sur les mêmes
événements au bord du Lac Léman, dans cette Confédération
helvétique trop républicaine pour être contaminée par les préventions des
voisins transalpins. Ce que vous pourrez constater dans San Martín par lui-même et par ses contemporains puisque j'ai rassemblé bon nombre de ces nouvelles de presse dans les annexes
de ce prochain livre, à paraître au début mai 2014 (en
souscription jusqu'au 30 avril – télécharger la version imprimable de la documentation).
Documentaire partie 2
Pour
aller plus loin sur la bataille de Chacabuco :
voir
mon article du 16 novembre 2012 (où je vous présentais un article
de La Gaceta de Buenos Aires, dont vous ne manquerez pas de
reconnaître la typographie dans le petit documentaire vidéo que
j'inclus ci-dessus).
Pour
aller plus loin sur mon prochain livre :
cliquez
sur le mot-clé SnM ant Jasmin dans le bloc Pour chercher, para
buscar, to search, ci-dessus, pour accéder à tous les articles le
concernant dans ce blog
consulter
la page consacrée à la souscription sur mon propre site Internet écouter l'interview que j'ai donnée en août dernier à Radio Nacional (RAE) en espagnol sur le sujet.
Autres documents historiques déjà
publiés et commentés dans ce blog sur le même sujet :
Rapport du Cabildo de Mendoza sur les efforts déployés par son Gouverneur,
le général José de San Martín, pour donner à la Province de Cuyo
toute sa vigueur dans le combat pour la liberté et pour
l'indépendance de la Patrie
Analyse ambiguë de la situation révolutionnaire en Amérique du Sud parue
en 1821 dans un journal libéral barcelonais, El Diario
Constitucional de Barcelona, animé par des opposants au roi
Fernando VII
Entretien accordé par San Martín au capitaine de la Royal Navy Basil Hall,
quelques semaines avant la prise de Lima (juillet 1821)
(1)
San Martín était un homme d'une rare sensibilité parmi les grands
chefs de guerre de ces soixante ans de révolution (1773-1830). Il
avait assez souvent des symptômes d'autant plus spectaculaires que
personne n'imaginait alors le processus psychique qui les provoquait.
Les personnes avaient alors besoin de signaux très voyants pour
extérioriser leur souffrance, tant et si bien qu'assez souvent on a
cru San Martín au bord du tombeau, ce qui rebattait les cartes,
améliorait considérablement sa situation politique, après quoi son
étrange maladie disparaissait et il reprenait la lutte. Une fois en
exil à Paris, comme il était très lucide sur lui-même, il parvint
à faire un lien entre les tensions psychiques qu'il ressentait (ce
qu'il appelait ses nerfs) et les maladies qui, de temps en temps,
l'obligeaient à garder la chambre. Et il mit au point une thérapie
empirique qui lui permettait de passer outre ses crises d'angoisse.
Dans San Martín par lui-même et par ses contemporains, j'ai glissé
un rapport d'un médecin militaire qui passe bien près de découvrir
la nature psychique des pathologies qui lui font craindre, en juillet
1817, pour la "digne
et très précieuse vie du très appréciable général".
(2)
Il avait eu la première manifestation clinique de son ulcère en
juin 1814 pendant qu'il se trouvait à Tucumán en train de
réorganiser l'armée du Nord, mise à mal par plusieurs défaites
consécutives (dans le nord-ouest argentin et l'actuelle Bolivie). La
première crise d'asthme s'était-elle manifestée bien plutôt, en
août 1808, en Espagne, juste après la victoire de Bailén, contre
les Français, à laquelle il avait puissamment contribué. Voir à
ce sujet San Martín à rebours des conquistadors, que j'ai publié
aux Editions du Jasmin, en décembre 2012.
(3)
Pour nourrir les 5 000 hommes de l'expédition, San Martín avait fait
emporter du charqui, du bœuf séché et accommodé dans un mélange
de sel et de piment, qui était à cette époque une des grandes
spécialités exportables du sud du sous-continent, en un temps où
durant l'hiver, l'une des rares sources de protéines se trouvait
être les salaisons et autres viandes séchées ou fumées et parfois
les deux, dont nous avons gardé une impressionnante collection de
jambons crus quasiment partout en Europe, la palette de porc qui
entre, notamment, dans la composition de la choucroute ou la
savoureuse viande des Grisons suisse.
(4)Vicente Pérez Rosales (1807-1886), qui avait alors une dizaine
d'années mais dont les souvenirs de cette époque charnière et
traumatisante par bien des aspects semblent très fiables. A un an
près, ses dates correspondent à celles du gendre de San Martín,
Mariano Balcarce Buchardo, né en 1817 et mort, à Paris, en 1885.
(5)
Dans le documentaire joint, l'un des historiens chiliens,
confortablement installé chez lui, cite de mémoire et en substance
un passage de ce discours, où O'Higgins parvint à rendre hommage à
San Martín sans jamais prononcer son nom pour ne pas froisser sa
légendaire discrétion.
(6)
Seul document en anglais dans les pages citées. Tous les autres sont
en espagnol. Dans tous les cas, une traduction en vis-à-vis permet
au lecteur d'aborder ces archives soit en français soit dans la
langue originale. Même James Duff, le comte Fife, écrit en espagnol
une lettre rapide, dès qu'il a eu connaissance des faits intervenus
au Chili, comme on peut le voir en rapprochant les dates de la
missive et des articles de journaux. Les textes en anglais vont venir
après Chacabuco, quand le bruit de tonnerre que fit cette victoire
dans tout l'hémisphère nord (occidental) incita de nombreux
officiers anglophones, tant des îles britanniques que des
Etats-Unis, à partir pour l'Amérique du Sud pour se mettre aux
ordres de ce fameux général San Martin ou Saint Martin qui venait
de faire éclater son nom, alors que au nord, les guerres
révolutionnaires et napoléoniennes avaient pris fin et que l'idéal
qu'elles portaient semblait vaincus pour longtemps (et ce longtemps
dura quinze ans). Et cet attrait ne fut pas réservé aux militaires.
Les civils y furent sensibles aussi : les négociants
britanniques ne tardèrent pas à envisager le parti qu'ils pouvaient
tirer de ce nouveau marché qui surgissait avec la nouvelle
république.
Cette
année est un triple centenaire. A moins d'être idiots ou de
débarquer de la lune, vous savez que l'on commémore cette année le
début de la Grande Guerre. Si vous lisez ce blog, vous savez aussi
que l'on fête depuis le début de l'année le souvenir du
compositeur de tango Aníbal Troilo, né le 11 juillet 1914, à
Buenos Aires. Et si vous êtes hispaniste, vous savez aussi que cette
même année naissait à Bruxelles, de parents diplomates, un petit
garçon qui allait devenir l'un des plus grands écrivains argentins,
Julio Cortázar, l'auteur de La Rayuela.
Or
Julio Cortázar est mort en février 1984, à Paris. Il est enterré
au cimetière du Montparnasse, dans la troisième division, et c'est
avec cette date que Página/12 a voulu ce matin entamé le cycle des
articles que ce journal de gauche ne manquera pas de consacrer à
l'écrivain tout au long de cette année.
Pour chercher, para buscar, to search :
Actu,
Economie,
Pagina/12
Posted by
Denise Anne CLAVILIER
Le siège de l'AFIP, ou ministère du Trésor Public, sur Plaza de Mayo (en 2010)
Página/12
soulève encore un lièvre quant aux pratiques pour le moins
contestables du capitalisme argentin.
Dans
certaines chaînes de la grande distribution, notamment dans les
super- et hypermarchés Coto, si vous payez en espèces, ce qui est
le cas le plus fréquent, on vous propose de vous rendre la monnaie
au peso inférieur et de donner les centimes (centavos) de différence
à des associations de solidarité sociale. Bien entendu, la plupart
des clients, qui eux-mêmes ne roulent pas sur l'or, acceptent cette
généreuse solution.
Sauf
que, d'après Página/12, cette solution cache une arnaque des plus
ignobles : l'argent ainsi récolté irait bien aux associations
visées. Menos mal, comme disent les Argentins (en français, encore
heureux!). A ceci près que l'enseigne fait passer dans sa
comptabilité cette remise d'argent pour une donation volontaire sur
son chiffre d'affaires et obtient grâce à ce jeu d'écriture une
remise sur l'impôt sur les sociétés dont elle est redevable envers
l'Etat argentin. Ou comment le client lambda, avec ses propres sous,
permet à son supermarché de payer moins d'impôt sans rien rogner à
son bénéfice !
Pour
l'anniversaire de San Lorenzo, je vous ai fait faire un double voyage
dans le temps, d'abord en vous proposant plusieurs articles sur
l'événement de 1813 lui-même, ensuite en vous ramenant en enfance,
mais dans une enfance argentine grâce à un numéro de juillet 1941 la revue emblématique
Billiken, créée en 1919.
Je
vous propose la même chose en ce jour anniversaire de la libération
du Chili, jour anniversaire de la bataille de Chacabuco, menée sur
le versant ouest des Andes, par San Martín, secondé par les
généraux Soler (l'Argentin) et O'Higgins (le Chilien), le 12
février 1817.
Voici
comment, dans son numéro du 8 août 1967, pour préparer le Día de San Martín du 17 août, Billiken proposait aux écoliers argentins de se
représenter la célèbre bataille qui a donné son nom à plusieurs
municipalités en Argentine et à un nombre de rues, avenues et
autres artères incalculable...
Les forces en présence, la tactique, les uniformes
et tout ce qui tonne, détonne, galope et pétarade.
Cliquez sur l'image pour lire les textes
Comparez avec le documentaire que j'inclus dans mon autre article de ce jour sur cet événement d'il y a bientôt deux cents et vous verrez, c'est pas mal fait !
Concert du Trio Taquetepa (Fabrice Gouterot est venu lui aussi) vers midi (à l'issue du marché qui se tient à Saint-Mandé)
Conférence sur San Martín et les droits de l'homme, dans la foulée, vers 15h (pas avant).
La carte gastronomique reste la même...
Cliquez sur l'affiche pour la lire plus confortablement
(Affiche conçue et réalisée par Denise Anne Clavilier)
Le
samedi 1er et dimanche 2 mars, je participerai avec le duo
Taquetepa à un week-end culturel consacré à l'Argentine au Art
Book Café, 44 avenue du Général De Gaulle, à Saint-Mandé, dans
le Val de Marne, M° Saint-Mandé.
Dans
l'après-midi, à 17h, je donnerai deux conférences. Le samedi, la
causerie portera sur l'apparition du tango à Buenos Aires au cours
du XIXème siècle. Le dimanche, elle portera sur la
figure du général José de San Martín, héros de la révolution
des droits de l'homme, né en Argentine le 25 février 1778 et mort,
en France, comme le savent mes lecteurs assidus, le 17 août 1850, à
Boulogne-sur-Mer.
Sans oublier la séance de dédicace de mes livres déjà parus, qui seront donc en vente sur place.
Les
deux soirées seront animées par Daniel Pérez (guitare, charango et
bandonéon) et Marie Crouzeix (flûtes traversières toutes
tessitures et quena), pour un programme de musique argentine, des
ville et des champs, à 20h.
Art
Book Café développe depuis plusieurs mois, à quelques pas de la
Mairie de Saint-Mandé, un concept original de salon de thé-snack et
de librairie, où vous pouvez déjeuner ou dîner à prix très
raisonnable ou venir prendre le thé ou un verre l'après-midi tout
en découvrant des livres originaux de petits éditeurs indépendants.
Vous y trouverez ainsi une partie fort représentative du catalogue
des Editions du Jasmin, chez qui j'ai déjà publié trois ouvrages
et m'apprête à en sortir un quatrième, sur San Martín, au début
du mois de mai prochain.
Pour
ce week-end, Art Book Café vous proposera quelques spécialités
argentines, sucrées, salées, avec ou sans alcool, histoire de
voyager un peu de ce côté-là aussi. Vous pouvez découvrir cet
établissement et sa proposition culturelle et gastronomique, marquée
du sceau de l'économie durable et solidaire, sur sa page Facebook.
La salle, très cosy, du salon de thé-librairie
Vous
pouvez d'ores et déjà retenir votre table si vous le souhaitez.
Et
je profite de l'occasion pour vous informer que ma page d'auteur
vient d'être mise à jour sur le site Internet des Editions du Jasmin où vous pouvez découvrir les dernières publications de
cette maison dynamique au catalogue maintenant très fourni pour les
grands et les petits.
La carte gastronomique du week-end
On pourra aussi déguster la bière argentine, très peu présente à Paris
(affiche réalisée par Denise Anne Clavilier)
A
l'occasion des deux récitals qu'elle donnera les 6 et 7 mars
prochains au Gran Rex, un haut-lieu de la musique située sur avenida
Corrientes, Joan Baez vient d'accorder une longue interview à
Página/12. Il s'agit d'un retour pour la chanteuse folk, militante
des droits civiques aux côtés de Martin Luther King dans les années
1960 qui revient en Argentine, où elle avait osé venir chanter sous
la Dictature militaire. C'est une grande tournée en Amérique Latine
que s'apprête à accomplir Joan Baez, qui a des liens avec cette
partie du Nouveau Monde, puisque son père était mexicain.
Mercedes Sosa et Joan Baez, en 1988, en Allemagne,
interprétant ensemble Gracias a la vida, de la Chilienne Violeta Parra
Pour
en savoir plus :
lire
l'article de Página/12, qui en fait le sujet principal de ses pages
culturelles, en ce dimanche estival.
En
décembre dernier, La Nación avait elle aussi annoncé, dans un entrefilet très aimable, les deux
concerts de la chanteuse !
Toute
cette année sera consacrée au Centenaire Troilo. Eh oui ! Il
n'y a pas que Cortázar ou la première Guerre mondiale au
programme...
Ainsi
donc le grand port chilien de Valparaíso fête en ce moment les 25 ans de son festival,
Valparatango, et les cent ans de la naissance de Pichuco, jusqu'au 16
février 2014.
On
enchaînera avec Séville, en Espagne, qui propose une milonga et des
ateliers danse le 13 février 2014.
Puis
ce sera le tour de La Plata, capitale de la Province de Buenos Aires,
samedi prochain, 15 février, avec concert, documentaire et
conférence...
Introduit
par la voix exaltée du poète (et de l'ami) Julián Centeya
Quejas
de Bandoneón, de Juan de Dios Filiberto,
un
des grands arrangements de Pichuco
L'année
s'annonce chargée !
Sans
compter sur les 7 monuments qui seront inaugurés dans les mois qui
viennent dans différentes villes et Provinces argentines.
En France, n'hésitez pas à me contacter, comme l'ont déjà fait Caen et Toulouse, pour me soumettre vos idées d'hommage afin qu'elles figurent dans le programme officiel mondial tenu à Buenos Aires (pour me contacter, voir Colonne de droite ou bas d'écran).
Cours du peso (ARS) : 1 € = 41 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centavos) Décalage horaire (Paris) : - 5 h Population BsAs : 3 millions Superficie BsAs : 202,4 km2 Pop. Gran BsAs : 12,5 millions Superficie Gran BsAs : 3833 km2
Population totale : 47 327 407 hab (mai 2022) Superficie Argentine : 2.780.400 km2
MONTEVIDEO : infos pratiques
Cours du peso (UYU) : 1 € = 37 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centesimos) Décalage horaire (Paris) : -5 h Pop. Montevideo : 1,3 million Superficie Montevideo : 193 km2 Pop. région Capitale : 2 millions Sup. région Capitale : 525,54 km2 Pop. Uruguay : 3,4 millions Superficie Uruguay : 176 220 km2
Asado : barbecue (du genre monstre, même en petit comité)
Baires : apocope de Buenos Aires
Boliche : tout établissement qui permet de se rencontrer autour d'une consommation solide ou liquide
Bombilla : pipette métalique ou végétale dont on se sert pour boire le mate (voir ce mot) en évitant d'avaler la poussière de yerba mate (voir ce mot). Lorsque le mate est partagé entre plusieurs convives, tous boivent à la même bombilla.
BsAs (ou BA) : initiales de Buenos Aires
Cambalache : Sens premier : dépôt-vente, brocante, voire mont-de-piété. D’où bazar, souk, bric-à-brac.
Candombe : musique d'origine afro-sud-américaine conçue pour les défilés festifs sans doute au 19e siècle au moment de la fin de l’esclavage. Cette musique est restée très populaire en Uruguay où elle est présente tout le temps.
Canyengue : caractéristique des faubourgs
Charla : conférence, causerie
Confitería : café-salon de thé et/ou pâtisserie-traiteur
Cuadra : portion de voie publique entre deux esquinas. Une cuadra faisant la plupart du temps 100 m, elle sert de mesure des distances dans la ville. Tel lieu se trouve à tant de cuadras de tel autre.
Empanada : chausson fourré à déguster chaud
Esquina : croisement de deux voies publiques (rues, avenues...) qui constitue un point de repère fixe dans la ville. On donne une adresse en indiquant sa cuadra (entre telle et telle rue) et sa distance par rapport à la esquina
GCBA : anagramme de Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires (Gouvernement de la Ville de Buenos Aires)
Gorra (a la) : littéralement "à la casquette". En français, "au chapeau". Il s'agit d'un mode de rémunération artistique traditionnel dans toute la région du Rio de la Plata
Guampa : récipient pour préparer, boire et partager le tereré (voir ce mot) quand on n'utilise pas un mate classique (voir ce mot). Le guampa est creusé dans une corne de vache.
Guita : l'argent en lunfardo. Désigne aussi la devise nationale (la guita nacional)
Legislatura : nom de l’assemblée législative unicamérale de la Ville Autonome de Buenos Aires
Mate : 1. boisson nationale argentine, uruguayenne, chilienne et paraguayenne, très appréciée aussi dans le sud du Brésil. La boisson est produite par l'infusion de la yerba maté. En Bolivie et dans certaines zones du Pérou, on boit un mate de coca. 2. récipient de toute forme, de toute matière et de différentes contenances dans lequel le mate se prépare, se boit et se partage. (Voir ce mot)
Milonga : 1- musique qui a précédé le tango, toujours très vivante (caractérisée de nos jours par un rythme vif et allègre quand bien même les paroles raconteraient un drame) ; 2- bal de tango argentin
Milonguero : l´homme qui vit la nuit dans le monde dominé par le tango. Contrairement à ce que pensent les Français, le mot ne sert que rarement à désigner le danseur de tango en tant que tel. Attention quand vous employez le mot au féminin : il a longtemps désigné une réalité sociale disparue à la fin des années 50, la cocotte qui dansait dans les cabarets et se faisait entretenir. Danseur se dit la plupart du temps bailarin (bailarina au féminin)
Murga : musique festive de défilé de carnaval et autres grandes fêtes collectives.
Orquesta típica : ensemble musical comprenant au minimum 1 piano, 1 violon, 1 bandonéon et 1 contrebasse.
Peso : devise nationale (non convertible). Sigle : $
Picada : assortiment de fromages et/ou de charcuterie
Plenario : réunions académiques que les Academias organisent dans le cadre de leurs activités culturelles publiques
Porteño : gentilé de Buenos Aires. Se dit de toute personne née à BsAs. Nul n’est jamais vraiment porteño s’il est né hors de la Ville. Sauf à s’appeller Carlos Gardel, et ce quel que soit le lieu de sa naissance.
Show : tout concert, récital, tour de chant, spectacle. Le mot n’est pas réservé aux spectacles de revue ni aux grand événements ultra-marketés drainant des milliers de spectateurs.
Tango baile : le tango dans sa dimension dansée, une dimension parmi d’autres.
Tango salón : tango qui se danse en société (par opposition au tango professionnel, pour la scène)
Tereré : mate préparé avec de l'eau froide ou à température ambiante ou du jus d'orange ou de citron, parfois de pamplemousse, très apprécié par grandes chaleurs.
Troesma : verlan de Maestro (maître)
Yerba mate : feuilles d'un arbuste de la famille du houx, originaire du Paraguay et du nord de l'Argentine et de l'Uruguay. Séchées à l'air chaud ou au four, fermentées puis hachées, elles forment l'ingrédient essentiel du mate et du tereré.
CENTENARIO TROILO (2014)
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La Boca de Quinquela et des peintres
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Blogs et sites culturels : Walter Alegre, militant de la culture (BsAs) Pablo Vignali, photographe à Montevideo Melografías, sur l'actualité de la musique argentine(BsAs)
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Dictionnaires et traducteurs en ligne : ATLIF-Université de Caen (dictionnaire de français) CISCO-Université de Caen (synonymes français) RAE Real Academia Española (dictionnaire d’espagnol)