lundi 25 mai 2015

Le sabre de San Martín est désormais au Sud [Actu]

La présidente posant l'arme dans la vitrine
Photo Casa Rosada dans sa résolution maximale
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Grande cérémonie hier que cette parade qui s'est déroulée pendant près de trois heures du nord au sud de la ville de Buenos Aires : entouré de l'Escorte présidentielle à cheval en grande tenue d'apparat, à bord d'un command-car, le sabre du général San Martín a été conduit depuis la caserne des Grenadiers à cheval, dans les hauts de Palermo, où il était exposé depuis près de 50 ans, jusqu'au Museo Histórico Nacional, dans le sud de San Telmo, où la Présidente Cristina de Kirchner l'attendait pour le déposer elle-même, avec gravité et élégance, dans la vitrine préparée pour lui dans le musée récemment redessiné.

L'illustre relique du Padre de la Patria a fait halte au monument des soldats tombés aux Malouines en 1982, situé en contrebas de la Plaza San Martín, au pied de la barranca de Retiro, puis à la cathédrale, sur Plaza de Mayo, où l'archevêque de Buenos Aires, le cardinal Mario Poli, lui a donné la bénédiction.

Contrairement à ce que je craignais vendredi, Cristina de Kirchner n'en a pas fait une occasion de campagne. Elle n'a pas prononcé de discours et je dois avouer, pour avoir déjà regardé quelques passages vidéo, qu'elle s'est montrée d'une grande dignité, comme dans ses meilleurs jours (son comportement ordinaires dans ces moments institutionnels).

Le communiqué officiel de la Casa Rosada est d'ailleurs d'une grande sobriété et il faut bien lui rendre cette justice.

La presse d'opposition, Clarín en tête, interprète beaucoup de choses en mauvaise part, y compris (c'est démontant) le fait que la cérémonie ait été tout du long retransmise en direct par la télévision publique. Il me manquerait plus que ça ne le soit pas si cette arme est un patrimoine national et symbolise une personne en qui la mémoire populaire reconnaît le Père de la Patrie. Tout ça parce que l'opposition confond l'institution qu'est la télévision avec un parti politique (même si on peut critiquer encore aujourd'hui la ligne politique de la rédaction de l'audiovisuel public, toujours assez peu pluraliste, mais il le serait tout aussi peu sous un gouvernement radical ou libéral. Il n'y a qu'à écouter les radios publiques de Buenos Aires pour reconnaître très vite la ligne politique du PRO tout au long de la journée). Dans tous les cas de figure, l'opposition semble prendre très mal la mobilisation générale que ces fêtes nationales suscitent (à Buenos Aires, les foules ont été impressionnantes tout au long du week-end dans les différentes manifestations) et les sondages qui donnent actuellement le courant kirchneriste vainqueur des élections nationales prévues en octobre. Après tous les efforts que l'opposition a faits depuis janvier autour de l'affaire Nisman pour discréditer le gouvernement actuel, pour eux c'est rageant ! (1)

La Présidente suit le sabre porté par un grenadier et accompagné par une grenadière
(c'est assez difficile d'apercevoir des femmes dans ce régiment)
On se trouve dans l'entée de la salle consacrée à San Martín au MHN
Sur le mur, un portrait réalisé à partir du daguérotype de 1848
sur le côté au fond, la porte originale de la maison de Boulogne-sur-Mer, aujourd'hui musée argentine
au fond, la reconstitution de la chambre de San Martín à Boulogne-sur-Mer
avec les meubles originaux donnés au MHN par la petite-fille du général.
Photo Casa Rosada
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Ceux que ce sabre et tout le cérémonial qu'il suscite interrogent trouveront dans mes deux livres sur San Martín la réponse à leur question avec l'histoire de cette arme et de la valeur symbolique que son propriétaire le premier lui a donnée, ainsi que l'histoire du Régiment des Grenadiers à cheval. Ce qui vous permettra d'apprécier à son juste prix la participation de cette unité d'élite dans les célébrations de ces jours-ci.
deux ouvrages que j'aurai l'honneur en août de présenter à nouveau tant à Buenos Aires qu'à Mendoza (je vous tiendrai au courant le moment venu).

Pour aller plus loin :
lire l'article de Clarín (qui vomit la haine)
lire l'article de La Nación, comme d'habitude plus objectif maintenant qu'il y a quelques années encore
lire la dépêche de Télam sur le transfert en tant que tel
lire la dépêche de Télam sur la bénédiction à la cathédrale
lire l'interview par Télam de l'artisan qui a réalisé la copie du sabre qui trônera désormais dans la vitrine du Museo del Regimiento de Granaderos a Caballo (MRGC)
lire le communiqué de la Casa Rosada. Vous pouvez accéder par ce biais aux photos (dont une est vraiment sympa, quand la présidente salue militairement en bambin tout fier d'être déguisé en grenadier à cheval) et aux reportages vidéos officiels



(1) Il faut dire aussi que l'affaire était vraiment mal embranchée et que tant la presse que les partis ont choisi le mauvais cheval pour cette opération qui est peut-être en train de se retourner contre eux tant le procureur décédé et sa famille sont maintenant englués dans des affaires de corruption honteuses et déshonorantes. Voir à ce sujet l'ensemble de mes articles.

dimanche 24 mai 2015

Humour historico-patriotique [Coutumes]

En cette veille de fête nationale, Miguel Rep régale les lecteurs du quotidien Página/12 d'une de ses relectures du fait fondateur de l'Argentine moderne : la Révolution de Mai, dont l'acte fondamental, l'abolition de la vice-royauté et la prise du pouvoir par les citoyens américains à travers un collège gouvernemental (la Primera Junta), s'est produit le 25 mai 1810, après une semaine d'agitation politique grave dans toute la ville (voir mes articles de mai 2010), à l'intérieur et autour du Cabildo de Buenos Aires, dont on peut toujours visiter la partie centrale, la seule qui ait survécu, sur Plaza de Mayo.


Quand il va se produire un tremblement de terre,
les animaux fuient en l'anticipant.
"Fichons-le camp !"
Bizarre... Buenos Aires n'est pas une zone sismique.
24 mai 1810.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

De Buenos Aires, la "Gran Aldea", le gros village alors perdu au milieu de la pampa, on distingue le Cabildo (tel qu'il apparaît aujourd'hui avec ses multiples mutilations subies de 1880 à 1936), et peut-être l'une des très nombreuses églises qui faisaient alors l'étonnement des voyageurs.

J'aime beaucoup cette image. Miguel Rep est un artiste citadin en diable. Et pourtant cette vignette rejoint complètement l'esprit frondeur et insolent des conteurs dont je tâche de rendre l'art dans mon prochain livre, Contes animaliers d'Argentine jusque dans leur manière de se servir des animaux pour parler des hommes et de leurs péripéties. Nouvel indice que ce qui se joue là-bas, c'est bien la constitution d'une identité culturelle nationale et d'un patrimoine imaginaire partagé par tous.

vendredi 22 mai 2015

Long week-end festif et patriotique [Actu]

En début de semaine, nous sommes entrés dans la Semana de Mayo à la fin de laquelle, un lundi cette année, l'Argentine célébrera sa fête nationale majeure : le 25 Mai, date anniversaire de l'abolition de la vice-royauté et de l'instauration d'un premier gouvernement collégial et autonome par rapport à Madrid, alors aux mains des Français (1810).


Depuis une semaine, la Présidente Cristina Kirchner, dont c'est le dernier 25 de Mayo comme chef d'Etat, multiplie les gestes symboliques, parfois d'une manière assez contestable lorsqu'elle mêle la célébration de sa famille à la grande date nationale.

C'est ainsi que le 19 mai dernier, flanquée des présidentes de Abuelas de Plaza de Mayo et de Madres de Plaza de Mayo, association à laquelle elle n'a jamais enlevé son soutien malgré les malversations financières qui apparaissent de plus en plus dans des comptes sans dote mal tenus (1), et en oubliant Madres de Plaza de Mayo Linea fundadora (!), elle a inauguré un nouveau centre de la Mémoire et des droits de l'Homme au sein du campus de l'ex-Esma, à Palermo.

Une du 20 mai 2015
Cristina à l'ex-Esma entre Estela de Carlotto et Hebe de Bonafini

Hier, elle inaugurait, près du port de Buenos Aires, dans l'ancien bâtiment historique du Correo le plus grand centre culturel d'Amérique latine, consacré aux politiques d'inclusion sociale qui lui tiennent tant à cœur et qui jouent dans son discours politique le rôle d'un véritable mantra (avec quelques réalisations admirables à son actif, reconnaissons-le). Seul problème : le centre en question a été baptisé Néstor Kirchner, du nom de son défunt mari et prédécesseur à la Casa Rosada. Certes, elle dit elle-même, si l'Etat ne le fait pas, personne d'autre ne le fera et on ne peut que lui donner raison. Mais il n'en reste pas moins qu'il s'agit de son mari et du père de ses enfants, ce qui n'est pas un prédécesseur comme un autre, par quelque côté que l'on prenne la question !

Dimanche, la Présidente devrait présider la translation du sabre de San Martín, que tous les Argentins connaissent comme el Sable Corvo (le sabre courbe), depuis le musée du régiment des Grenadiers à cheval à Palermo jusqu'au Museo Histórico Nacional, de San Telmo (à l'extrémité du Parque Lezama, dont je vous parlais récemment à l'occasion des travaux qui s'y faisaient et ce mois-ci au sujet de sa réouverture).
Entre 1889 et les années 1960, le Museo Histórico Nacional était le dépositaire original de cette arme emblématique des campagnes de José de San Martín mais au cours des années 1960, il fut dérobé à deux reprises à cause de la vulnérabilité de l'établissement. Ce ne fut pas sans mal, procès du MNH à la clé, que le Régiment des Grenadiers à cheval a pu se charger du trésor national, à la demande du gouvernement, et en a assuré la sécurité dans le hall d'honneur de sa caserne à Buenos Aires. Et autour de cette arme, précieusement conservée dans un reliquaire blindé, vitré et inviolable, l'unité d'élite a construit son propre musée avec divers documents très précieux qui nous restent du Libertador. Aujourd'hui, le Museo Histórico Nacional s'est mis à jour en matière de sécurité comme en matière muséographique (et c'est vraiment une réussite, comme j'ai pu m'en apercevoir il y a deux ans lorsque j'ai été invitée à l'inauguration des salles San Martín). La Présidente a donc ordonné le transfert de cette pièce-clé du patrimoine national et elle assistera à la cérémonie. Mais là encore, la chose sonne faux : voilà une femme politique qui n'a eu de cesse de mésestimer San Martín (qu'elle connaît très mal, à l'instar de la grande majorité des Argentins) pendant toute la durée de son double mandat au point de ne pas même assister au bicentenaire du combat de San Lorenzo il y a deux ans , y envoyant son vice-président qui a réussi à s'y faire siffler (voir mon article sur ce sujet). Elle lui a toujours préféré Manuel Belgrano, un juriste auquel elle s'identifie plus facilement parce qu'elle est elle-même avocate d'origine et auquel elle n'accorde son titre militaire qu'avec une répugnance visible (ça a le don d'agacer un bon nombre d'officiers !). Pourtant les deux hommes, qui professaient beaucoup d'admiration l'un pour l'autre et suivaient la même ligne politique, ont subi le même sort dans la propagande de la droite que Cristina exècre tant (avec raison) : les deux ont été décrits comme des officiers criards et atteints d'un autoritarisme qui ne les affectait pourtant ni l'un ni l'autre mais les images d'Epinal sont plus fortes que les recherches historiques contemporaines, même dans l'imagination d'un président de la République (2).
Dimanche 24 mars, le sabre prendra donc le chemin de San Telmo et là, il sera dans une pièce qui lui a été préparé, avec tous les contrôles de température et d'hygrométrie qu'on peut aujourd'hui mettre en place. Compensation pour les Grenadiers privés de la précieuse relique de leur fondateur dans leurs murs : c'est toujours eux qui en assureront la garde d'honneur et de sécurité. Un salut tout particulier à la conservatrice du musée du régiment (MRGC) et au capitaine chargé du cérémonial, qui ont en ce moment une charge de travail que je peine à imaginer. Songez qu'il y a encore quelques jours, ce transfert devait avoir lieu lundi.

Le calendrier, pourtant connu longtemps à l'avance de la Présidente, change au dernier moment : le chef d'Etat assistera en effet à la basilique nationale de Luján au Te Deum lundi matin (alors que l'année dernière, elle avait enfin accepté de revenir à la tradition, en remettant les pieds à la cathédrale métropolitaine de Plaza de Mayo, qu'elle avait désertée depuis un désaccord fameux avec le cardinal Bergoglio). Et encore du travail pour le capitaine qui doit se taper l'organisation des choses à Luján, à 70 km à l'ouest de Buenos Aires, tout en veillant aussi aux affaire entre Palermo et San Telmo. Heureusement qu'il n'est pas tout seul...

Une de ce matin

A partir de ce soir, important programme de concerts et d'activités publiques d'accès libre et gratuit sur la grande scène montée sur Plaza de Mayo, devant la Casa Rosada.

D'aujourd'hui à lundi, aux alentours de la Plaza de Mayo, le long de la Diagonal Sur (avenida Julio Argentino Roca), se tiendra un marché artisanal intitulé Feria de Productos de nuestra Tierra. Sur l'autre diagonale, celle qui monte vers le sud et l'Obélisque, exposition scientifique et technique, avec des jeux pour les enfants : Muestra Innovar.
Un peu plus loin, sur les avenues Belgrano et 9 de Julio, se tiendra une exposition sur la Justice et les droits de l'Homme, autre grande thématique des trois mandats kirchneristes (celui de Néstor et les deux de Cristina). Le tout avec un hommage marqué à Eva Perón, que Cristina vénère.

Ce soir, sur la scène de Plaza de Mayo, on retrouvera entre autres le groupe féminin China Cruel, la Orquesta Rascacielos, La Chiclana, Escalandrum de Pipi Piazzolla (pour Piazzolla x Piazzolla), Guillermo Fernández et le folkloriste natif du Chaco (comme son nom l'indique), El Chaqueño Palavecino (une grosse vedette du show-biz), ainsi que la compagnie de danse de Tango et de Folklore. Ce sera entre 19h et 23h30, en plein air.

Demain, de 16h à 23h30, d'autres artistes se succéderont, encore plus nombreux parmi lesquels Richard Coleman !

Dimanche, aux mêmes heures, essentiellement des folkloristes, dont l'auteur-compositeur interprète Liliana Herrero. Et un hommage à Mercedes Sosa intitulé Traigo un pueblo en mi voz (j'apporte tout un peuple dans mon chant).

Et enfin lundi, de 16h à 23h30 également, du folklore, de la danse, du rock, du jazz et un peu de tango, avec un hommage à Carlos Gardel, dont on célébrera dans un mois les 80 ans de sa disparition. Parmi les artistes annoncés : l'auteur-compositeur interprète Litto Nebbia, le chanteur désormais soliste Walter Chino Laborde et le folkloriste-jazzman Ignacio Guido Montoya Carlotto, le petit-fils retrouvé de Estela de Carlotto ! Belle revanche des victimes sur les criminels de la Dictature, encore que le symbole soit un peu lourd, mais bon, tous ces gens qui sont aujourd'hui au pouvoir en Argentine se souviennent encore bien de leurs souffrances pendant les sept ans du gouvernement putschiste.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 sur l'inauguration du Mémorial à l'ex-Esma
lire le communiqué de la Présidence sur le même sujet
lire l'article de Página/12 sur l'inauguration du Centro Cultural Néstor Kirchner (dans les deux cas, les aménagements semblent particulièrement réussis)
lire l'article de Página/12 du 15 mai sur l'ensemble du programme
lire aussi le communiqué de la Présidence sur la translation du Sabre de San Martín (sans être faux, ce n'est pas tout à fait exact. C'est arrangé à la sauce pompeuse qui indique bien qu'il y a là-dessous une intention politique, comme si c'était inévitable en campagne électorale. Dommage !)
Tous les communiqués de la Casa Rosada comportent des reportages vidéos intégrés.



(1) Il est peu probable qu'il y ait intention de fraude ou de nuire, en tout cas dans le chef de Hebe de Bonafini, la présidente tant décriée. En revanche, il semble qu'il y ait eu chez elle beaucoup de légèreté dans la délégation de signature.
(2) De toute évidence, et pour une fois Clarín n'a pas tort, la manœuvre n'a pour but que de créer du bruit médiatique dans la campagne électorale avant les primaires nationales de juin prochain. Sinon, Cristina aurait placé cette cérémonie le 17 août, une fête nettement plus liée à San Martín que le 25 mai, qui commémore un fait auquel il n'a pas participé (il vivait alors en Espagne et se battait dans les rangs des loyalistes contre les armées napoléoniennes qui tentaient d'annexer le pays).

jeudi 21 mai 2015

Contes animaliers d'Argentine : l'apport des peuples originaires [Disques & Livres]

Depuis le début mai et jusqu'au 10 juin 2015, mon prochain livre, Contes animaliers d'Argentine, est en souscription chez son éditeur, les Editions du Jasmin, au prix de 12 € frais de port compris.

Il s'agit d'un recueil de dix-huit contes traditionnels, oraux à l'origine, de 126 pages, illustré par Jimena Tello, elle-même Argentine vivant à Buenos Aires où elle enseigne ce métier qu'est l'illustration.

Détail de la couverture (par Jimena Tello)
Le mate et le poncho sont deux des apports amérindiens à la culture et à l'identité argentine
Le mate vient des guaranis (nord-est argentin et Paraguay)
Le poncho vient des populations andines
Tous les deux sont répandus sur tout le territoire national

Dans cette sélection, le lecteur attentif discernera en filigrane de nombreux emprunts, plus ou moins marqués, à la culture précolombienne. En effet et en dépit de ce qu'aurait souhaité la République Conservatrice (1860-1880) qui a fixé l'image fallacieuse d'une Argentine blanche et européenne pour installer son autorité dans les relations internationales, les campagnes argentines se sont bel et bien métissées au fil du temps depuis l'arrivée des premiers Espagnols au début du XVIème siècle dans l'actuel Nord-Ouest du pays. Aujourd'hui, avec la stabilisation de la démocratie, revenue en 1983, ces peuples originaires revendiquent leur place dans la Nation. Ces contes sont là pour témoigner qu'elle n'est pas usurpée, y compris et surtout sur le plan culturel.

Carte des peuples originaires en Argentine
extraite du site Ecyt.ar
Attention : la diversité de ces dénominations est de tradition européenne.
Les ethnies sont en fait au nombre d'une petite trentaine
mais les Blancs se sont trompés dans leurs catégorisations.
Mais la carte est belle et respectueuse...
Cliquez sur l'image pour la lire confortablement

Cet apport amérindien est évident dans deux contes, où il a été explicitement identifié comme tel par la philologue Berta Elena Vidal de Battini. La somme des traditions orales qu'elle a recueillies au cours des années 40 à 70 dans toute l'Argentine est devenue aujourd'hui la référence de toutes les études du conte dans le pays (voir à ce propos ma présentation initiale du 29 avril 2015).
Le premier des deux vient de Formosa, une province à la frontière du Paraguay. Je l'ai intitulé Les noces de Corzuela (1). Il montre une nette influence de l'ethnie coya (ou colla, les deux orthographes coexistent).
L'autre est un conte tehuelche de Chubut, intitulé Le renard et les fourmis (je n'ai pas eu besoin de changer la moindre lettre à ce titre puisqu'il est construit comme celui d'une fable de La Fontaine. Le public peut donc l'appréhender à tout âge sans difficulté).

Dans Les noces de Corzuela, le daguet gris, qui veut marier sa fille, se comporte à la manière d'un cacique, le chef d'une communauté colla. Il soumet à des épreuves les prétendants à la main de sa fille, réduits ici à deux. Par ailleurs, Les noces de Corzuela semble fusionner deux récits différents, à moins qu'il ne dédouble des épreuves qui auparavant n'en formaient peut-être qu'une tant il est peu vraisemblable que le tatou puisse être gêné par des raquettes de cactus qu'on lui impose de porter à son insu... Toujours est-il qu'au-delà de cette double épreuve typiquement amérindienne (2), la marque précolombienne se retrouve encore à deux autres endroits :
  • d'abord dans l'exigence du daguet qui réclame à son futur gendre la peau entière d'un poulain. Vous avouerez qu'en Europe, la peau entière d'un équidé, ce n'est pas vraiment dans nos traditions ! Or il s'agit bien là d'une offrande qui était jusqu'au XIXème siècle au moins très appréciée chez ces peuples du nord de l'Argentine et de la cordillère des Andes : en effet, de ce cuir, de nombreux peuples précolombiens avaient appris à faire un récipient de forte contenance où ils conservaient et d'où ils distribuaient les boissons et singulièrement l'eau-de-vie dont ils faisaient libation et dont ils s'enivraient au cours de fêtes extatiques qui duraient plusieurs jours (3) ;
  • ensuite dans cette flûte que l'un des deux prétendants se taille dans le tibia de l'autre, qui a trouvé la mort au cours de la seconde épreuve (bien fait, c'était un tricheur !). Il est clair que si les Européens avaient conçu cette conclusion, ils auraient imaginé le vainqueur taillant l'instrument dans une canne ou un roseau. Certainement pas dans un os et encore moins s'il provient d'un animal découvert mort sur le chemin.

A travers ces différents éléments, on voit que ce conte s'est construit sur un matériau mêlé d'une grande richesse d'influences croisées.

Dans Le renard et les fourmis, le premier cherche à s'introduire chez une fourmi pour la voler mais l'insecte appelle ses congénères pour se défendre contre cet ennemi géant et va opposer à la ruse légendaire du renard la puissance de la solidarité de la fourmilière. C'est en effet toute la communauté qui échafaude puis met en œuvre sa stratégie contre le renard. Ce conte est d'origine mapuche. Dès lors que l'on connaît ce détail, il n'est nul besoin d'être devin pour relire ici l'histoire tragique de ce peuple refoulé tout au long du XIXème siècle, de 1829 jusqu'à 1885, dans les terres de plus en plus hostiles du sud de la Patagonie. Aujourd'hui encore, les Mapuches sont en lutte contre certaines grandes entreprises internationales (4) auxquelles dans les années 1990, le gouvernement de Carlos Menem a concédé, sans aucune contrepartie pour leurs légitimes occupants, d'incroyables étendues d'un territoire dont jusqu'alors on leur avait laissé un usufruit tout théorique et qu'ils considèrent comme des terres sacrées.
Dans le conte, ce sont les fourmis qui gagnent et je vous laisse découvrir avec quelle arme du pauvre elles y parviennent. Là encore, la morale est sauve. Et l'histoire est renversée car dans la réalité, le peuple mapuche a été si bien combattu par les Blancs qu'il a bien failli disparaître de la surface de la Terre.

Extrait de Contes animaliers d'Argentine (p 101)
avec crédit en sur-impression
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Dans les deux cas, les adultes pourront lire ces contes en voyant en arrière-plan ces réalités ethnologiques sans grande aide extérieure. En revanche, si vous souhaitez que votre enfant puisse décrypter les sous-entendus, il vous faudra l'accompagner tout au long de sa lecture pour le premier. Pour le second, le jeune lecteur pourra être laissé seul, pour autant que vous lui aurez donné cette clé d'interprétation. Dans les deux cas, les contes peuvent aussi être lus au premier degré, sans arrière-plan, comme deux histoires plutôt rigolotes et un peu exotiques où le méchant perd à la fin.

Dans d'autres contes, on trouve encore des traces de métissage. C'est le cas du conte Le Meilleur ami du chien (Misiones) qui contient une vision guaranie (m'bya dans leur langue), passablement nostalgique du passé heureux de cette région lorsqu'elle était placée sous la conduite des jésuites (dont la présence protégeait les populations autochtones de l'exploitation asservissante espagnole, qui n'a pas tardé à se manifester dans ces régions du nord de l'Argentine et de l'actuel Paraguay dès l'expulsion des jésuites en 1767). Je vous laisse découvrir qui est ce mystérieux meilleur ami du chien tout en vous expliquant que le terme de perro (chien) désigne depuis longtemps en Argentine les Indiens puis tous les sans-grade de la société d'origine européenne (c'est encore le cas pour les saisonniers agricoles dans certains domaines dont les patrons s'assoient sur le droit du travail et en ville, à l'égard de certains bidonvilles). Et comme toujours en Argentine, le peuple a repris ce vocabulaire à son compte pour le revendiquer par bravade et avec l'insolence que mes lecteurs connaissent déjà bien à travers le tango : bien de abajo (bien d'en dessous) ou nobleza de arrabal (noblesse du faubourg), etc. (voir mes anthologies de tangos argentins, publiées aux Editions du Jasmin et chez Tarabuste Editions).

C'est encore le cas de La Guerre des griffes et des piques (Jujuy), dont je vous ai dit dans mon article initial qu'il figurait sans doute la Guerra Gaucha, qui s'est faite indifféremment avec des Blancs et des Indiens. Mais il se pourrait tout aussi bien que ce conte renvoie à la révolte de Túpac Amaru (dit aussi Túpac Amaru II) dans la seconde moitié du XVIIIème siècle, alors qu'au nord, grondait la révolution des Etats-Unis et que le roi d'Espagne faisait expulser les jésuites de ses royaumes.
Après une carrière d'officier dans l'armée espagnole, le colonel José Gabriel Condorcanqui Noguera, marquis de Oropesa (1741-1781), métis royal descendant du dernier Inca, Túpac Amaru (1545-1572), se mit à la tête de la dernière grande révolte amérindienne et combattit jusqu'à la mort le pouvoir colonial, sous le nom de son illustre ancêtre. L'un des parents maternels de San Martín, le gouverneur Jeronimo Matorras, fut envoyé dans le Gran Chaco noyer dans le sang toute velléité d'imiter de près ou de loin cette terrible rébellion.

Dernier conte qui présente un net apport amérindien : Les filleuls du renard (Neuquén). Un conte qui évoque, du côté mapuche, la tentative des Blancs de répandre l'école dans tout le territoire et d'y soumettre les peuples originaires à une époque où les instituteurs avaient mission de leur inculquer la culture européenne et de les rendre oublieux de leur propre culture, que la République Conservatrice et pire encore la Generación del Ochenta (1880-1916) croyaient n'être qu'une simple barbarie (5), à la manière des Grecs anciens qui méprisaient toute culture non-hellénique (y compris la culture romaine et ce, jusque très tard dans l'Empire).

A ces cinq contes, on pourrait sans doute ajouter encore celui que j'ai choisi pour représenter la province patagonienne de Río Negro, Don Leoncito, le petit puma qui était déjà presque grand, où la rencontre entre ce petit gredin de Leoncito avec un certain "animal-debout" ressemble bigrement au choc des Amérindiens avec les Blancs et leurs redoutables armes à feu pendant la Conquête du Désert sous la conduite du général Julio Argentino Roca (l'équivalent argentin du général Sheridan aux Etats-Unis. Vous savez ? Celui qui donnait cette définition ignoble du bon Indien...) (6)

Pour en savoir plus sur cet univers des peuples originaires en Argentine, je ne saurais trop vous conseiller deux sources documentaires en ligne :
la série réalisée sur le sujet par Canal Encuentro, la chaîne culturelle et éducative du service public télévisuel argentin, et disponible en ligne sous forme de très nombreux extraits vidéo portant sur la vie quotidienne, la musique, les croyances, l'organisation sociale, l'artisanat, les témoignages des grands vieillards témoins ou survivants de la persécution raciste, etc.
et le site (argentin, hispanophone) de l'Encyclopédie des Sciences et des Techniques en Argentine (Ecyt) de Carlos Eduardo Solivérez, qui l'anime depuis 2005, d'où est tirée la très belle carte que j'ai intégrée à cet article.

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Contes animaliers d'Argentine
est en souscription jusqu'au 10 juin 2015
avant sa sortie en librairie à la fin du printemps.
Prix : 12 € frais de port compris,
en offre de lancement.


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Nous pourrons en parler de vive voix aux deux salons du livre où je serai présente d'ici la sortie du recueil, en Ile-de-France (au château de Fontainebleau les 29, 30 et 31 mai puis place St-Sulpice au Marché de la Poésie de Paris à la mi-juin).
Vous en entendrez parler aussi sur l'antenne de TSF98, le 30 mai à 12h30, dans l'émission animée par Serge Davy, C'est pas à moi que tu vas faire écouter ça.

Pour aller plus loin :
découvrez la collection Contes d'Orient et d'Occident sur le site des Editions du Jasmin
lisez les pages consacrées à ce sixième ouvrage sur mon site Internet
lisez les autres articles de Barrio de Tango, rassemblés sous le mot-clé Contes A Arg.
Les articles concernant les peuples originaires dans ce blog ont pour mot-clé PO dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

Et demain, nous entrons dans le long week-end de la fête nationale, fixée en Argentine au 25 mai, date anniversaire de l'abolition de la vice-royauté en 1810.


(1) Dans Contes animaliers d'Argentine, les titres sont de mon invention, car les contes traditionnels n'ont pas de titre. Chaque conteur les désigne selon sa fantaisie, dans les rares occasions où il a besoin de le faire. Dans un recueil écrit, destiné qui plus est à un public européen, il est important d'attribuer à ces contes des titres qui reflètent le contenu du récit, surtout si des enfants comptent dans le public ciblé par l'ouvrage. J'ai donc remplacé les titres austères retenus par Berta Elena Vidal de Battini pour organiser et classer la matière de son étude au profit de titres dynamiques, émotionnels, imagés, rendant compte d'une histoire avec un début, un milieu et une fin. Dans la somme de Vidal de Battini dont je vous ai parlé dans mon premier article et que je cite dans le préambule, ce conte s'appelle La hija (la fille) de la corzuela, la corzuela étant un cervidé appelé en français daguet gris, sans doute parce que les premiers Européens à l'avoir vu l'ont pris pour un jeune cerf mâle.
(2) J'ai tâché de conserver, à l'attention des adultes, le caractère peu logique de cette double épreuve tout en liant le récit pour fournir une lecture fluide aux enfants qui s'amuseront beaucoup à voir les deux rivaux disputer une nouvelle épreuve, la première s'étant terminée en mauvaise blague de l'un contre l'autre.
(3) Dans San Martín par lui-même et par ses contemporains, j'ai présenté en anglais et traduit en français un passage des Mémoires du général William Miller, Anglais d'origine. Avec un talent presque cinématographique et déjà quasi hollywoodien, il y raconte la grande négociation de San Martín avec les caciques Pehuenches en septembre 1816, juste avant le départ de l'Armée des Andes pour la libération du Chili. Il décrit très précisément les échanges de cadeaux entre les deux délégations et l'usage que les Indiens font des chevaux, dont ils sont à la fois d'admirables dresseurs et de grands consommateurs (San Martín par lui-même et par ses contemporains, Editions du Jasmin, pp. 64-73). Les Pehuenches, connus sous ce nom aux temps coloniaux et post-coloniaux, sont en fait des Mapuches.
(4) Il s'agit surtout de Benetton qui a intégré dans son empire jusqu'à la production de la laine avec laquelle il fabrique ses pulls. Ce sont des terres particulièrement aptes à l'élevage ovin, comme les îles Malouines, soit dit en passant ! Las Malvinas son argentinas, comme le clame le slogan désormais officiel qui s'affiche dans tous les transports publics argentins, par terre, mer et ciel.
(5) Il ne rentre pas dans les limites de cet article d'aborder en profondeur ce thème essentiel de l'élaboration culturelle argentine dans la seconde moitié du XIXème siècle mais l'opposition entre barbarie et civilisation, formulée par Sarmiento, a été une pierre de fondation de l'organisation politique du pays et des programmes scolaires, qui s'en remettent à peine aujourd'hui. Ils sont encore fortement bâti sur l'étude de la culture européenne et retrouve à peine la capacité de valoriser ce qui est né et s'est forgé en Amérique, avant et après la conquête espagnole. Pourtant cette capacité s'était manifestée clairement dans les projets d'école lancés par les révolutionnaires et les indépendantistes des années 1810-1820, qu'il s'agisse de Mariano Moreno et Manuel Belgrano, tous les deux à Buenos Aires, ou de José de San Martín lorsqu'il était gouverneur de Cuyo, à Mendoza.
(6) Pour ceux de mes lecteurs qui ne seraient pas très familiers avec les légendes du Far-West, la célèbre phrase Un bon Indien est un Indien mort n'a jamais été dite par le major general Custer mais c'est la reformulation d'une déclaration de son supérieur, le général Sheridan, qui a mené les guerres indiennes à l'issue de la Guerre Civile, comme Roca a conduit la Conquête du Désert après la guerre du Paraguay (où l'Argentine a agrandi son territoire au détriment de son voisin du nord en 1870).

mardi 19 mai 2015

Alfredo Piro : un dernier concert avant une tournée en Europe [à l'affiche]


Le chanteur Alfredo Piro s'apprête à venir en tournée en Europe. Il passera notamment par la France où sa mère, la chanteuse Susana Rinaldi, occupe des fonctions officielles à l'Ambassade argentine.

Mais avant de s'envoler et avant que l'hiver ne tombe sur le pays, le chanteur présentera une nouvelle fois ce soir, mardi 19 mai 2015, à 21h, son dernier disque, El Tiempo de los necios, au Café Vinilo, à Palermo...

Cucuza reprend Menesunda au CAFF [à l'affiche]

Le vendredi 22 mai 2015, à 22h, au CAFF, Sánchez de Bustamante 764, dans le quartier dit El Abasto, le chanteur Cucuza Castiello présentera une nouvelle fois son récital rocko-tanguero intitulé Menesunda et inspiré par Luis Alberto Spinetta, un grand du rock argentin malheureusement disparu.


Cucuza sera accompagné par Sebastián Zasali au bandonéon, Noelia Sinkunas au piano et son fils Mateo Castiello à la guitare. Et entouré de quelques invités déjà connus : Palo Randolfo, Acho Estol et Fernando Noy.

Entrée : 100 $ ARG.

Demain, Viviana Scarlassa chante avec l'Orchestre National de Musique argentine [à l'affiche]


Régulièrement, la Orquesta Nacional de Música Argentina Juan de Dios Filiberto invite des chanteurs réputés ou moins connus à se joindre à lui lors de ses concerts, toujours gratuits pour le public, dans un grand théâtre de Buenos Aires.

Demain, mercredi 20 mai 2015, à 20h30, le concert aura lieu au Teatro El Globo, dans Recoleta, avec pour vedette la chanteuse et comédienne Viviana Scarlassa.

A la baguette, Oscar De Elía et Atilio Stampone.

Un régal en perspective.

Billets à retirer au théâtre, deux heures avant le lever de rideau.

Le dúo Reinaudo-Enrich samedi au Teatro Sergio Souza [à l'affiche]


Le bandonéoniste Hernán Reinaudo et le guitariste Nicolás Enrich, tous deux compositeurs et arrangeurs, sont les prochains invités du cycle Tangos del Siglo XXI au Teatro Sergio Souza, Rivadavia 1180, samedi 23 mai 2015, à 23h.

Entrée : 80 $ ARG.

Pour en savoir plus sur les artistes, cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

dimanche 17 mai 2015

Hommage à Francisco De Caro à écouter sur RAE [Troesmas]

Le journaliste Leonardo Liberman a interviewé la fille du pianiste et compositeur Francisco De Caro, Norma De Caro, en compagnie du petit-neveu du musicien, Fernando Iranzi, petit-fils de Julio De Caro.

Francisco De Caro
(photo personnelle des archives familiales)

L'émission a été mise en ligne sur le blog du journaliste, El Mirador Nocturno, où elle est téléchargeable via Ivoox. Elle devrait apparaître bientôt sur le blog de RAE (partie espagnole), la chaîne internationale et polyglotte de Radio Nacional, la radio publique argentine, qui réclame maintenant depuis des mois l'attribution d'un studio en bonne et due forme, avec une table de mixage dédiée et digne de ce nom.

C'est vous dire dans quelles difficultés ces émissions sont enregistrées et peuvent être diffusées.

Vous pouvez soutenir les journalistes et les techniciens de RAE en les rejoignant sur la page Facebook que leur collectif a ouverte : Devuelvan a RAE su estudio (Rendez son studio à RAE).

vendredi 15 mai 2015

Trois concerts de Jorge Kohan au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]


Le guitariste Jorge Kohan jouera ces trois samedis de mai, les 16, 23 et 30, à 18h, dans une programmation qui lui appartient et qu'il a intitulée Solo Gardel, Tangos para el cine (Rien que Gardel, des tangos pour le cinéma), au Museo Casa Carlos Gardel, Jean Jaures 735.

D'autres artistes sont invités mais leur nom n'a pas été révélé.

Vidéo promotionnelle du spectacle

Comme je le signalais dans un article précédent, la politique du musée a évolué. Les concerts sont maintenant payants. Entrée : 50 $ ARG (un verre de vin est offert).

Jorge Retamoza et Julian Graciano Chez Praliné vendredi soir [à l'affiche]


Les deux musiciens qui fusionnent jazz et tango, Jorge Retamoza (saxophone) et Julian Graciano (guitare) se produiront ensemble ce soir, vendredi 15 mai 2015, à 22h, Chez Praliné, un lieu de rencontre artistique installé dans une grande maison datant de 1912, qui propose des soirées les week-ends, avec un carte culinaire d'avant-garde (disent-ils).

Chez Praliné se trouve rue Bolívar au numéro 696, à la limite entre Monserrat et San Telmo.

El Tangauta rend hommage à Ben Molar et à Juan Carlos Cáceres [Actu]


La revue mensuelle El Tangauta rend ce mois-ci hommage aux deux disparus récents du monde du tango : un grand personnage traditionnaliste, Ben Molar, décédé il y a quelques jours presque centenaire, et un trublion provocateur, le compositeur, chanteur et artiste plastique Juan Carlos Cáceres, mort en région parisienne le jour de Pâques.


El Tangauta est un magazine gratuit (d'où le nombre de pages de publicité), distribué sous forme imprimée (sur papier glacé) un peu partout dans Buenos Aires (écoles de danse, milongas et certaines salles accueillant des concerts), publié en version bilingue (espagnol-anglais) et consultable intégralement en ligne.


Une mine d'informations pour connaître les cours et les professeurs, les milongas, leurs adresses, leurs agendas et découvrir les nombreux artistes de toutes les disciplines et même pour connaître certains magasins de chaussures (attention toutefois : ceux qui font de la publicité sont ceux qui travaillent pour le touriste, pas les artisans modestes à la clientèle locale. Bling bling très souvent au rendez-vous dans ce domaine).

Un lien avec le site de la revue est disponible en permanence dans la Colonne de droite de ce blog, à la rubrique Eh bien, dansez maintenant !

Pour consulter le numéro de mai 2015, cliquez sur le lien.

L'Ambassade argentine à Paris lance une campagne Abuelas de Plaza de Mayo [ici]

Cliquez sur l'image pour lire le contenu

La représentation argentine en France vient de décliner en français la campagne de sensibilisation menée depuis plusieurs années au pays par l'ONG Abuelas de Plaza de Mayo (grands-mères de la Place de Mai) : il s'agit de permettre aux adultes qui ont été enlevés à leurs parents biologiques pendant la Dictature de s'interroger sur la nature de leur adoption et la réalité de leur naissance.

L'une des dernières "petites-filles retrouvées" (nietas recuperadas), Ana Libertad, vit aux Pays-Bas (voir mon article du 24 août 2014).

Le message est donc affiché sur le site Internet de l'Ambassade argentine à Paris. Je ne l'ai vu ni à Bruxelles ni à Berne. Il semble donc que dans notre langue, ce soit une exclusivité française. Et il est vrai que de nombreux Argentins de tous bords politiques ont préféré la France pour s'installer, que ce soit sous la Dictature ou après le retour de la démocratie en décembre 1983.

Ajout du 25.05.15 :
En ce jour de fête nationale, Página/12 relaie l'article de son correspondant en France, Eduardo Febbro, sur cette campagne qui cible notre pays.

Le Dúo Arce-Radice samedi au Teatro Sergio Souza [à l'affiche]


Le dúo Arce-Radice (voix et guitare) se produira demain soir, samedi 16 mai 2015 à 23h, dans le cadre de la série de concerts Tangos del Siglo XXI au Teatro Sergio Souza, à Balvanera.

Si vous êtes des fidèles de Barrio de Tango, vous connaissez déjà ces deux musiciens. Si vous découvrez ce blog, alors cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus pour lire les autres articles que je leur ai déjà consacrés ici.

Entrée : 80 $ ARG.

Des artistes du Tango Nuevo, qui créent le tango d'aujourd'hui et de demain.

jeudi 14 mai 2015

Esteban Riera revient pour trois récitals au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]


Le chanteur Esteban Riera commence ce soir, jeudi 14 mai 2015, à 18h30, une série de trois récitals, du jeudi, au Museo Casa Carlos Gardel, Jean Jaurés 735, dans le quartier dit El Abasto. Esteban Riera était un habitué du lieu sous la précédente direction et depuis l'institution du musée.

Il sera accompagné par le dúo Nazareno Altamirano.

Malheureusement, en changeant de directeur il y a un an et demi, le musée a aussi changé de politique culturelle : les récitals sont maintenant payants avec verre de l'amitié. Entrée 50 $ ARG.