Actualité culturelle argentine, là-bas à Buenos Aires et sur le Río de la Plata, et ici, en Europe francophone.
Actualidad cultural, allá en Buenos Aires y su zona y acá en nuestras ciudades europeas franco-hablantes. Noticias en español si te gusta más así...
Cultural current affairs, there in Buenos Aires area and here, in French-speaking Europe. Depending on your demand...
La fille de Adolfo Abalos, membre
d’une fratrie musicale, un quintette vocal fondé en 1939 à
Santiago del Estero, dans le nord-ouest argentin, Nancy Abalos
présentera ce soir, vendredi 14 octobre 2022, à 21 h, un
nouveau tour de chant qui mêle le tango, la musique de la grande
ville qu’est Buenos Aires, à la chacarera, la musique rurale du
nord illustrée par son père et ses oncles.
Elle se produira au Café La
Humedad, Carlos Calvo 2540, à Balvanera, un café qui doit son nom à
une chanson de Cacho Castaña, un artiste populaire (et parfois franchement vulgaire bien que doté d'une belle voix) qui lui avait
donné ce titre en souvenir d’un autre café dans un autre
quartier.
La réservation est obligatoire et doit se faire par Whatsapp, comme l'indique l'affiche.
Ce mariage de deux genres qui ont
longtemps refusé de se côtoyer témoigne du tournant que la musique
populaire argentine a pris depuis quelques années : de plus en
plus, les artistes décloisonnent l’expression artistique et
piochent dans tous les genres pour constituer une identité musicale
nationale.
Página/12 propose ce
matin une interview de la chanteuse qui insiste aussi sur l’influence
qu’à eue sur elle la musique brésilienne puisqu’elle a vécu
quatre ans dans le pays voisin.
"Parent des pauvres", dit le gros titre en citant l'homélie du pape Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Cette troisième canonisation
argentine, celle de l’infirmier Artemides Zatti, né en Italie à
la fin du 19e siècle et mort en 1950 à Viedma, n’aura
pas attiré l’attention de nombreux journaux. La cérémonie n’est
même pas à la une du journal local patagonien, Río Negro,
dont le titre est tout simplement le nom de la province dont Viedma
est la capitale.
Il faut dire que le Vatican l’a
lui-même présenté comme un nouveau saint italien ! Et que les
drapeaux argentins n’étaient que fort peu visibles sur la place
Saint-Pierre hier, à l’inverse des drapeaux brésiliens qui
s’agitaient à tout-va en l’honneur de l’autre canonisé.
L’événement est toutefois
présent à la une de deux quotidiens nationaux, La Prensa, le
très catholique journal de la droite réactionnaire, et Clarín,
un tabloid de droite.
Un petit titre secondaire en bas à droite Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Il est vrai que l’actualité
n’aidait pas : remaniement gouvernemental attendu dans les
heures qui viennent après une démission retentissante, révolte
mapuche dans le sud et même nouveau tournant dans la guerre en
Ukraine.
"Cadeau d'anniversaire", dit la légende de la photo de ce panache de fumée noire au dessus du pont Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Cette fois-ci, la presse
argentine, mis à part Página/12, n’a pas fait l’impasse
sur l’explosion qui a gravement endommagé le pont de Kerch samedi
matin. Tout au contraire, comme aux premiers jours de l’invasion,
les trois journaux de droite ont placé l’information en une, non
sans une certaine délectation !
"Un pont vital entre la Russie et la Crimée détruit" Cliquez sur l'image pour une haute résolution
La Prensa a même fait
preuve d’une ironie mordante peu commune à la une de ce journal.
Je vous laisse consulter les
articles, sachant que celui qui a fait hier la une de Clarín
n’est plus disponible en ligne.
"Un coup stratégique contre Poutine" Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Depuis ce matin, tous les sites
Internet rendent compte du bombardement russe sur l’ensemble de
l’Ukraine et à chaque fois sur des infrastructures civiles,
culturelles, techniques et patrimoniales.
Le bienheureux Artemides Zatti,
soignant italien, frère coadjuteur dans la congrégation des
Salésiens, fondée en Italie par saint Jean Bosco et répartie dans
toute l’Amérique du Sud, exerça ses talents infirmiers et
pharmaceutiques dans un hôpital catholique en Patagonie, auprès des
populations locales et notamment des peuples premiers.
Zatti avec l'allure du parfait immigrant italien
Dimanche prochain, il sera
canonisé sur la place Saint-Pierre, par le pape François, son
compatriote, qui semble vouloir rattraper le retard pris par son pays
natal qui compte pas mal de figures qui, toute édifiantes qu’elles
soient pour les croyants, ne bénéficient pas de la part de l’Église
universelle de la reconnaissance qu’elles mériteraient. Une
injustice qui sent son ancien esprit colonial !
C’est ainsi que Zatti n’est
que le troisième saint du pays après le très populaire Cura
Brochero (une sorte de Curée d’Ars où les montagnes de Córdoba
remplacent les hauteurs du Lyonnais) et Héctor Valdiviedo Sáez, un
martyr qui jouit d’une bien moindre notoriété dans son pays.
Une photo de Zatti avec un verset évangélique manuscrit
A Buenos Aires, dans le quartier
central de Almagro, Artemides Zatti, assez médiocrement connu lui
aussi dans l’ensemble du pays, est en revanche largement vénéré
à la basilique San Carlos y María Auxiliadora, l’église des
salésiens et aussi celle de la paroisse locale, là où Carlos
Gardel a appris à chanter dans la chorale de l’école salésienne
(devenue publique depuis) où il se formait au métier de typographe
(qu’il n’a jamais vraiment exercé), où Aníbal Troilo, né pas
très loin de là, aimait assister à la messe de Minuit et à partir
de laquelle fut fondé le Club Atlético de San Lorenzo de Almagro
(et Boedo), dont le pape est sociétaire (là, on parle foot, vous
aviez compris). Je me souviens de ce portrait de Zatti qui trônait
dans l’une des chapelles latérales alors qu’il n’était encore
que vénérable à mon premier séjour à Buenos Aires en 2007, quand
je logeais à un jet de pierre de là. La paroisse s’enorgueillissait
alors de ses deux vénérables : d’un côté, cet infirmier
italien mort à Viedma ; de l’autre, le jeune étudiant
mapuche, fauché en pleine jeunesse par la tuberculose, à Rome,
pendant ses études au grand séminaire, Ceferino Namuncurá, le tout
premier bienheureux argentin (lui aussi élevé aux autels par
François), qui était aussi, paradoxalement, le petit-fils du
dernier cacique mapuche qui ait pris les armes contre l’État
argentin pendant la mal nommée « Conquête du Désert »
du général et futur président de la République, Julio Argentino
Roca (la conquête de la Patagonie argentine par les descendants
d’Européens au détriment du peuple mapuche qui depuis plusieurs
semaines se rappelle au bon souvenir de Buenos Aires avec des
occupations de terrains qui leur ont été pris à la suite de cette
campagne militaire sanguinaire).
C’est aussi dans cette
basilique que le Pape lui-même a été baptisé le jour de Noël
1936. C’est vous dire qu’il connaît la question !
Zatti dans son service hospitalier dans la cour de l'établissement où il travaillait, au milieu des patients Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Pendant tout le week-end, samedi
et dimanche, la basilique San Carlos y María Auxiliadora accueillera
de grandes célébrations pour accueillir ce nouveau saint qui avait
vécu dans le coin à son arrivée en Argentine et avait prononcé
ses vœux religieux dans la congrégation sans prendre l’habit
puisqu’il n’était pas allé jusqu’au sacerdoce.
La cérémonie romaine, qui
commencera à 10 h (heure italienne), sera retransmise en
Argentine à 5 h du matin ! Pour les courageux et les
convaincus.
Hier, les comités d’organisation
de la Coupe du monde de Football 2030 du Portugal et de l’Espagne
ont présenté officiellement leur candidature jointe en y
associant... l’Ukraine. Le secret avait été bien gardé, tout
comme celui de l’actuelle contre-offensive, et la surprise est
totale.
En Argentine, ça n’a pas
vraiment fait sourire car cette candidature multiple, en plus avec
l’Ukraine, pourrait bien faire de l’ombre au projet conjoint que
l’Argentine, le Chili, le Paraguay et l’Uruguay avaient présenté
et soigné aux petits oignons dès le mois d’août ! La
crainte que la concurrence européenne suscite témoigne au moins
que, malgré le peu d’allant de ces pays à soutenir la cause de
l’Ukraine, celle-ci n’en a pas moins acquis, qu’on le veuille
ou non, un prestige tel qu’il sera difficile d’y résister.
Les quatre pays pourraient
l’avoir très mauvaise si la candidature européenne était en
effet retenue : ils s’étaient associés pour présenter un
projet très solide et s’assurer de célébrer comme il le fallait
le centenaire de la compétition, dont la première édition s’était
tenue, en 1930, en Uruguay en l’honneur du centenaire de
l’indépendance du pays (acquise en 1830) et que toute l’Europe,
furieuse que le championnat se joue hors du Vieux Continent, avait
boycottée, sous prétexte que c’était la crise et que le voyage
était trop cher ! Or à cette époque, la quasi-totalité de
l’Asie et de l’Afrique était encore colonisée. En dehors de
l’Europe et de l’Amérique latine, il n’y avait donc pas
beaucoup de nations footeuses ! L’Uruguay a remporté sa
première étoile cette année-là, contre l’Argentine, mais le
pays et le continent tout entier n’ont toujours pas digéré la
bouderie européenne.
Et voilà que cela recommence !
Et qui plus est, le coup vient de l’Espagne et du Portugal, les
deux anciennes puissances coloniales du continent !
Et pour couronner le tout, les
Ukrainiens ont encore réussi un coup de maître dans la
communication internationale et le soft power : vous avez vu ce
logo ?
lire le
communiqué minimaliste d'Ukrinform,
l’agence de presse ukrainienne (le lien renvoie au texte en
anglais, mais vous pouvez l’avoir sur le site dans d’autres
langues).
Macron accueille son homologue argentin au pied du consulat de France à New York en marge de l'assemblée générale de l'ONU
Emmanuel Macron ne lâche rien.
Il vient d’inviter le président argentin, Alberto Fernández, à
participer au Forum de la Paix, une rencontre internationale à haut
niveau qui se tient à Paris autour de l’anniversaire de
l’Armistice de 1918. Cette année, la rencontre aura lieu les 11 et
12 novembre et travaillera essentiellement sur la situation de guerre
créée par la Russie en Ukraine.
Ce n’est pas la première fois
que le président français s’efforce d’amener son homologue
argentin dans le camp des soutiens francs de l’Ukraine. Il l’avait
déjà invité à un dîner au consulat français de New York il y a
un mois en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, avec
quelques autres chefs d’État de pays hésitants. Tout cela reste
très difficile. L’Argentine vient de rester neutre à l’ONU dans
la question soulevée par le rapport de Michèle Bachelet au sujet
des Ouighours en Chine.
Ce matin, les quatre quotidiens
principaux évoquent cette invitation à Paris, sinon dans leurs
éditions papier du moins sur leurs sites Web.
La lettre d'invitation a été publiée par La Nación Cliquez sur l'image pour une haute résolution
De son côté, Volodymyr Zelensky
a peut-être marqué un point
dans son discours d’hier devant l’Organisation
des États
américains où il a cité les hautes figures de Bolívar (1783-1830) et de
San Martín (1778-1850) en demandant à ses interlocuteurs ce que
les deux libérateurs
auraient fait devant une agression de
la même nature que celle
que subit son pays.
Bien entendu,
il est impossible
de répondre qu’ils regarderaient
ailleurs et s’abstiendraient
de se lever contre
le pays agresseur puisque toute leur vie, ils l’ont consacrée à
combattre un pays qui faisait en Amérique du Sud exactement ce que
la Russie fait en Ukraine,
y compris les raisonnements cyniques ou incohérents.
Malheureusement,
aujourd’hui, un seul quotidien en faisait mention, La
Nación, dans un fil
enligne sur l’actualité ukrainienne et non dans son édition
papier.
Ajout du 7 octobre 2022 :
lire
cet
article développé en ligne par Clarín et qui contient plusieurs vidéos, dont où Zelensky développe cet argument Bolívar-San Martín avec des sous-titres en
espagnol. Dans l’édition papier de ce matin, il s’agit d’un
entrefilet minuscule qu’on
ne repère qu’avec de très bons yeux et pourtant, Clarín
n’est pas le plus pro-russe des quotidiens sud-américains mais
j’ai pu expérimenter que les Argentins, à moins qu’ils ne
soient de vrais historiens travaillant sur les sources, supportent
assez mal que l’on compare la situation de l’Ukraine et les
acteurs ukrainiens de cette guerre avec leur indépendance et leurs
sacro-saints héros nationaux. Pas très fair-play, tout ça.
Le troc est de retour, dit la banderole, en référence au même phénomène en 2002, après le krach général de l'économie nationale Photo Rafael Mario Quinteros pour Clarín
Hier, une organisation de gauche
a monté un marché du troc sur Plaza de Mayo pour protester devant
le palais présidentiel contre l’inflation qui réduit les revenus
des salariés à peu de choses et fait augmenter la pauvreté et
l’indigence dans tout le pays.
"Nous sommes "Belindia" : du troc au dollar-tecno", dit le gros titre Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Cette manifestation n’a reçu
qu’un accueil discret dans Clarín et La Nación qui
lui consacrent chacun un petit entrefilet dans leur édition papier
et rien sur le site de La Nación !
Extrait de l'édition imprimée de Clarín ce matin Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Rien non plus sur le site de
Página/12.
Extrait de La Nación, édition papier de ce matin Cliquez sur l'image pour une haute résolution
En revanche, La Prensa en
a fait sa une ! Mais son site n’en dit pas un mot.
Il faut avoir de bons yeux ! L'info est traitée en titre secondaire, en bas à droite Le journal de gauche préfère se repaître des dissensions de la droite Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution
Après le dollar-soja, lancé le
mois dernier pour inciter les producteurs agricoles à exporter dans
la légalité, voici la nouvelle recette du super-ministre de
l’Économie
Sergio Massa pour faire rentrer des devises dans les caisses
publiques : le dollar-tecno ou tecnodollar, surnom que la presse a déjà donné
à cet ensemble de mesures visant à encourager l’exportation de
services et de produits immatériels dans les domaines scientifiques
et technologiques, cette économie de la connaissance où l’Argentine
tire très bien son épingle du jeu et dans laquelle le ministre
aimerait la voir gagner les premiers rangs au niveau du continent et
du monde.
Clarín a adopté la même discrétion mais préfère consacrer sa photo aux résultats du premier tour de la présidentielle au Brésil L'info est traité en haut à droite Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Cette annonce a été faite dans
le très prestigieux cadre du CCK, le Centro Cultural Kirchner, l’un
des emblèmes de cette puissance intellectuelle du pays. Elle a reçu
un accueil assez peu enthousiaste de la part de la presse, les
journaux de droite ayant même tendance à tourner cette politique en
ridicule. Dommage ! Ce n’est pas comme ça que le pays
parviendra à développer son soft-power pour lequel il dispose
pourtant d’un potentiel que bien des pays du continent peuvent lui
envier.
Retratos
anfibios (portraits amphibies), tel est le titre d’une
exposition historique qui ouvre demain, mardi 4 octobre 2022, à La
Boca, au siège de la Fondation CIFHA, le centre de recherche sur la
photographie historique en Argentine, General Daniel Cerri, 1101.
Il
s’agit d’une vingtaine de clichés qui remontent à un siècle et
demi et qui montrent les colons qui se sont installés sur les rives
du Delta du Paraná au 19e siècle, à quelques dizaines
de kilomètres au nord de Buenos Aires, alors que ces territoires
étaient encore sauvages, sans ponts, ni quais, ni ports, sujets aux
caprices du fleuve qui entrait en crue pour un oui ou pour un non et
dont les fourrés abritaient encore des jaguars, nommés en Argentine
« tigre » (d’où le nom d’une des villes
emblématiques de la zone, Tigre, où les Portègnes aiment aller se
détendre à la belle saison et dont les habitants peuvent accéder à
la capitale grâce à de charmants et tranquilles ferries fluviaux).
La
qualité des clichés est très impressionnante : ils montrent
un niveau de détail exceptionnel et le tout a une valeur autant
documentaire qu’esthétique.
Ces
photos sont l’œuvre d’un Norvégien devenu argentin, Juan Müller, qui
s’embarqua à l’âge de 16 ans sur un voilier pour parcourir le
Delta en 1868 et le photographier sous tous les angles. Il a laissé
environ 400 clichés qui nous sont parvenus malgré l’humidité
régnant dans la région. Ce sont quelques unes de ces photographies
que les commissaires de l’exposition ont mis en valeur, en en
faisant des tirages soignés et présentés dans les règles d’une
muséographie moderne.
Un
voyage dans le temps à faire avant le 4 novembre, l’exposition se
clôturant le 3.
L’exposition
est ouverte tous les mercredis de 13 h à 17 h et les
samedis de 14 h à 18 h. Il faut s’inscrire à l’avance
auprès de la Fondation.
Ce soir, lundi
3 octobre 2022, au cours
du Plenario qui se tient
chaque premier lundi du
mois d’avril à
décembre, la Academia
Nacional del Tango distinguera deux
artistes, la grande chanteuse Susana Rinaldi (née en 1935) et le
guitariste Horacio Malvicino (né en 1929), qui a joué dans les
formations de Astor Piazzolla, et un inventeur, Fernando Crudo, qui a
conçu un système d’enregistrement sonore grâce à une lecture
optique d’une partition, invention qui n’a pas pu accéder à la
phase d’industrialisation mais qui n’en reste pas moins un apport
technologique au monde de la phonographie nationale, auquel est
consacré ce nouveau Prix Tagini, remis par l’académie.
Ce Plenario se tiendra comme
d’habitude à partir de 19h30, au salon d’honneur de la Academia
Nacional del Tango, avenida de Mayo 833, premier étage (au-dessus du
Gran Café Tortoni).
Ce matin, dans son supplément
culturel dominical, Яadar,
Página/12
propose les bonnes feuilles de l’autobiographie que le rockeur Fito
Páez, un des grands du genre en Argentine, publie aux Éditions
Planeta Argentina, sur son enfance et sa jeunesse.
Il y raconte en particulier le
lancement de sa carrière qu’il doit en grande partie à Charly
García, autre monument du rock nacional argentin, lorsque celui-ci
l’a fait entrer dans l’ensemble avec lequel il se produisait sur
scène.
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution
L’ouvrage est d’ores et déjà
disponible sur le marché argentine. L’éditeur le propose à 2 400
$ ARG en format papier et à 1 399 $ ARG sous forme numérique
(ebook).
Les 17 premières pages peuvent
être lues en ligne sur le site de Planeta Argentina.
En compagnie du président de l'INB, Manuel Belgrano, un descendant du général dont un portrait imaginaire trône derrière nous
Le 23 septembre dernier, à
Buenos Aires, le président de l’Instituto Nacional Belgraniano m’a
remis le prix General Manuel Belgrano pour l’ensemble de mon
travail de vulgarisation de la culture argentine en français et tout
particulièrement pour la biographie de Manuel Belgrano que j’ai
publiée en France en 2020, quelques semaines à peine avant le
premier confinement (Manuel
Belgrano, l’Inventeur de l’Argentine,
Éditions
du Jasmin).
Ce travail avait été présenté
à l’Ambassade argentine, le 27 février 2020, une date symbolique
qui émeut beaucoup les membres de l’Institut puisqu’il s’agit
de la date de la création du drapeau national, imaginé par Manuel
Belgrano afin de distinguer sur le champ de bataille les troupes
révolutionnaires qu’il commandait de celles de l’ennemi, les
troupes coloniales fidèles à l’Ancien Régime, alors que jusqu’à
cette date, tout le monde combattait sous les mêmes couleurs rouge
et jaune, celles de l’Espagne.
Le titre que j’ai donné à
cette biographie a lui aussi beaucoup plu car il rend compte de l’un
des aspects du personnage qui est très peu et très mal développé
dans le discours que les Argentins tiennent traditionnellement sur
lui. Trop souvent, Belgrano y est en effet réduit à la seule
création du drapeau. Or dans sa courte vie, il a réalisé
infiniment plus. Dans ces conditions, qu’une historienne française
en parle ainsi ! Surtout si en plus, elle a travaillé
directement à partir des sources et non pas de l’habituel
salmigondis de biographies publiées en Argentine pas d’autres
auteurs… cela pouvait impressionner ce public de connaisseurs.
Une partie de la promotion 2020-2022. Je suis entourée de l'historien Matías Dibb et de l'aumônier de l'INB au premier rang
A cause de la pandémie, cette
année, la cérémonie a exceptionnellement rassemblé trois
promotions successives de récipiendaires. En ce jour du 23 août qui
marque l’anniversaire de l’Évacuation
de Jujuy (Exodo
Jujeño), elle
résonnait d’autant plus pour moi qu’au même moment, dans un
autre point du globe où je vis, en Europe, un autre pays était en
train d’assurer son avenir en évacuant une partie de son
territoire avant de lancer une contre-offensive dont on admire
maintenant le succès… Comme en 1812 ! Puisque que l’Exode
Jujègne fut suivi d’une spectaculaire reconquête du territoire
perdu, Belgrano remontant avec succès jusqu’en Bolivie !
Avec l'historienne Norma Ledesma lors de la remise du prix sous les yeux de l'actuel colonel des Patricios
Tout le monde s’était
rassemblé à Palermo, dans le grand hall d’honneur de la caserne
du 1er
Régiment d’infanterie dit de Los Patricios, dont Manuel Belgrano
(1770-1820) a été le second commandant. Los Patricios est le plus
ancien régiment du pays. A Buenos Aires, il assure les missions de
protocole et de sécurité des autorités municipales. Il a en effet
été constitué en 1806 comme milice citoyenne de volontaires de
Buenos Aires pour repousser un corps expéditionnaire britannique qui
cherchait à s’emparer d’un bout de l’empire espagnol puisque
le roi Carlos IV était alors allié de Napoléon : il
s’agit d’un épisode épique, baptisé LasInvasiones Inglesas,
dont les Portègnes tirent une légitime fierté et dont Manuel
Belgrano, encore économiste civil à la tête de la Corporation des
Marchands, a été considéré par ses contemporains comme l’un des
principaux héros, au point que les autorités municipales encore
coloniales ont donné son nom à l’une des rues de la petite
bourgade qu’était alors Buenos Aires. C’était la première fois
que la ville introduisait des noms historiques dans sa toponymie,
remplie jusqu’alors de saints et de notions religieuses.
Après toutes ces émotions matinales, on avait faim ! Un magnifique et très bon gâteau au dulce de leche nous attendait sous ce décor en pâte d'amande réalisé par une pâtissière amateure très douée
En ce 210e
anniversaire de l’Exodo Jujeño, la musique du régiment a
participé à la fête... avant de retourner à ses répétitions de
l’hymne ukrainien, puisque le lendemain, le 24 août, l’ambassade
de ce pays fêtait sa propre fête nationale, son jour de
l’Indépendance (restée parfaitement inaperçue dans ce pays
gouverné par des prorusses qui ne savent pas trop comment, à
l’heure actuelle, ils vont se dépatouiller quand il faudra se
prononcer d’ici quelques jours, à l’assemblée générale de
l’ONU, sur les rapines de la dictature russe sur le territoire
ukrainien).
Une semaine plus tard, cette
fois-ci à San Telmo, dans la salle de La Vereda de Beba, un
cena-show de taille modeste, je participais à une émission que je
connais depuis plusieurs années, Hablando
de Arte con Nolo Correa.
Un talk-show culturel, en espagnol bien sûr, diffusé à la radio
puis à la télé, sur une chaîne de la TNT argentine. Depuis
plusieurs années, Nolo Correa, qui en est le producteur et
l’animateur principal, diffuse aussi l’émission sur Youtube, où
l’on peut donc regarder l’ensemble de la collection, semaine
après semaine. Et comme Nolo est un excellent intervieweur, cela
vaut la peine de s’abonner à cette chaîne digital.
Un petit retour sur images que je
suis heureuse de partager sur Barrio
de Tango.
A partir de ce soir, la Fiesta
Nacional del Teatro s’empare de toute l’Argentine : la FNT
est un gigantesque festival organisé par l’Instituto Nacional del
Teatro, qui dépend directement du ministère de la culture du
gouvernement fédéral.
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution
Dans le cadre de la politique de
décentralisation assumée par le gouvernement de Alberto Fernández,
l’ouverture de la fête se fera à Resistencia, la capitale de la
province de Chaco, une des provinces du grand nord argentin parmi les
plus oubliées dans tous les domaines, y compris culturel et
touristique. C’est une œuvre de la province de Corrientes qui
ouvrira la manifestation, autre province du nord mais nettement moins
oubliée pour sa part (elle dispose d’un grand atout touristique,
la Laguna Iberá, de deux trésors patrimoniaux, le chamamé et le
lieu de naissance du général José de San Martín et de deux
spécialités gastronomiques, les agrumes et la yerba maté).
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution
Cette 36e
édition de la FNT se tiendra jusqu’au 6 octobre prochain. Grande
fête culturelle en perspective, en espérant que les Argentins s’y
précipiteront plutôt que de rester chez eux…
Cours du peso (ARS) : 1 € = 41 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centavos) Décalage horaire (Paris) : - 5 h Population BsAs : 3 millions Superficie BsAs : 202,4 km2 Pop. Gran BsAs : 12,5 millions Superficie Gran BsAs : 3833 km2
Population totale : 47 327 407 hab (mai 2022) Superficie Argentine : 2.780.400 km2
MONTEVIDEO : infos pratiques
Cours du peso (UYU) : 1 € = 37 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centesimos) Décalage horaire (Paris) : -5 h Pop. Montevideo : 1,3 million Superficie Montevideo : 193 km2 Pop. région Capitale : 2 millions Sup. région Capitale : 525,54 km2 Pop. Uruguay : 3,4 millions Superficie Uruguay : 176 220 km2
Asado : barbecue (du genre monstre, même en petit comité)
Baires : apocope de Buenos Aires
Boliche : tout établissement qui permet de se rencontrer autour d'une consommation solide ou liquide
Bombilla : pipette métalique ou végétale dont on se sert pour boire le mate (voir ce mot) en évitant d'avaler la poussière de yerba mate (voir ce mot). Lorsque le mate est partagé entre plusieurs convives, tous boivent à la même bombilla.
BsAs (ou BA) : initiales de Buenos Aires
Cambalache : Sens premier : dépôt-vente, brocante, voire mont-de-piété. D’où bazar, souk, bric-à-brac.
Candombe : musique d'origine afro-sud-américaine conçue pour les défilés festifs sans doute au 19e siècle au moment de la fin de l’esclavage. Cette musique est restée très populaire en Uruguay où elle est présente tout le temps.
Canyengue : caractéristique des faubourgs
Charla : conférence, causerie
Confitería : café-salon de thé et/ou pâtisserie-traiteur
Cuadra : portion de voie publique entre deux esquinas. Une cuadra faisant la plupart du temps 100 m, elle sert de mesure des distances dans la ville. Tel lieu se trouve à tant de cuadras de tel autre.
Empanada : chausson fourré à déguster chaud
Esquina : croisement de deux voies publiques (rues, avenues...) qui constitue un point de repère fixe dans la ville. On donne une adresse en indiquant sa cuadra (entre telle et telle rue) et sa distance par rapport à la esquina
GCBA : anagramme de Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires (Gouvernement de la Ville de Buenos Aires)
Gorra (a la) : littéralement "à la casquette". En français, "au chapeau". Il s'agit d'un mode de rémunération artistique traditionnel dans toute la région du Rio de la Plata
Guampa : récipient pour préparer, boire et partager le tereré (voir ce mot) quand on n'utilise pas un mate classique (voir ce mot). Le guampa est creusé dans une corne de vache.
Guita : l'argent en lunfardo. Désigne aussi la devise nationale (la guita nacional)
Legislatura : nom de l’assemblée législative unicamérale de la Ville Autonome de Buenos Aires
Mate : 1. boisson nationale argentine, uruguayenne, chilienne et paraguayenne, très appréciée aussi dans le sud du Brésil. La boisson est produite par l'infusion de la yerba maté. En Bolivie et dans certaines zones du Pérou, on boit un mate de coca. 2. récipient de toute forme, de toute matière et de différentes contenances dans lequel le mate se prépare, se boit et se partage. (Voir ce mot)
Milonga : 1- musique qui a précédé le tango, toujours très vivante (caractérisée de nos jours par un rythme vif et allègre quand bien même les paroles raconteraient un drame) ; 2- bal de tango argentin
Milonguero : l´homme qui vit la nuit dans le monde dominé par le tango. Contrairement à ce que pensent les Français, le mot ne sert que rarement à désigner le danseur de tango en tant que tel. Attention quand vous employez le mot au féminin : il a longtemps désigné une réalité sociale disparue à la fin des années 50, la cocotte qui dansait dans les cabarets et se faisait entretenir. Danseur se dit la plupart du temps bailarin (bailarina au féminin)
Murga : musique festive de défilé de carnaval et autres grandes fêtes collectives.
Orquesta típica : ensemble musical comprenant au minimum 1 piano, 1 violon, 1 bandonéon et 1 contrebasse.
Peso : devise nationale (non convertible). Sigle : $
Picada : assortiment de fromages et/ou de charcuterie
Plenario : réunions académiques que les Academias organisent dans le cadre de leurs activités culturelles publiques
Porteño : gentilé de Buenos Aires. Se dit de toute personne née à BsAs. Nul n’est jamais vraiment porteño s’il est né hors de la Ville. Sauf à s’appeller Carlos Gardel, et ce quel que soit le lieu de sa naissance.
Show : tout concert, récital, tour de chant, spectacle. Le mot n’est pas réservé aux spectacles de revue ni aux grand événements ultra-marketés drainant des milliers de spectateurs.
Tango baile : le tango dans sa dimension dansée, une dimension parmi d’autres.
Tango salón : tango qui se danse en société (par opposition au tango professionnel, pour la scène)
Tereré : mate préparé avec de l'eau froide ou à température ambiante ou du jus d'orange ou de citron, parfois de pamplemousse, très apprécié par grandes chaleurs.
Troesma : verlan de Maestro (maître)
Yerba mate : feuilles d'un arbuste de la famille du houx, originaire du Paraguay et du nord de l'Argentine et de l'Uruguay. Séchées à l'air chaud ou au four, fermentées puis hachées, elles forment l'ingrédient essentiel du mate et du tereré.
CENTENARIO TROILO (2014)
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La Boca de Quinquela et des peintres
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Blogs et sites culturels : Walter Alegre, militant de la culture (BsAs) Pablo Vignali, photographe à Montevideo Melografías, sur l'actualité de la musique argentine(BsAs)
Radios généralistes : NCI, culture pan-ibéroaméricaine (Madrid) RFI Radio France Internationale en français RFI Radio France Internationale en espagnol Canal Académie (radio de l'Institut de France)
Dictionnaires et traducteurs en ligne : ATLIF-Université de Caen (dictionnaire de français) CISCO-Université de Caen (synonymes français) RAE Real Academia Española (dictionnaire d’espagnol)