vendredi 14 octobre 2022

Nancy Abalos mélange les genres ce soir au Café La Humedad [à l’affiche]


La fille de Adolfo Abalos, membre d’une fratrie musicale, un quintette vocal fondé en 1939 à Santiago del Estero, dans le nord-ouest argentin, Nancy Abalos présentera ce soir, vendredi 14 octobre 2022, à 21 h, un nouveau tour de chant qui mêle le tango, la musique de la grande ville qu’est Buenos Aires, à la chacarera, la musique rurale du nord illustrée par son père et ses oncles.

Elle se produira au Café La Humedad, Carlos Calvo 2540, à Balvanera, un café qui doit son nom à une chanson de Cacho Castaña, un artiste populaire (et parfois franchement vulgaire bien que doté d'une belle voix) qui lui avait donné ce titre en souvenir d’un autre café dans un autre quartier.

La réservation est obligatoire et doit se faire par Whatsapp, comme l'indique l'affiche.

Ce mariage de deux genres qui ont longtemps refusé de se côtoyer témoigne du tournant que la musique populaire argentine a pris depuis quelques années : de plus en plus, les artistes décloisonnent l’expression artistique et piochent dans tous les genres pour constituer une identité musicale nationale.

Página/12 propose ce matin une interview de la chanteuse qui insiste aussi sur l’influence qu’à eue sur elle la musique brésilienne puisqu’elle a vécu quatre ans dans le pays voisin.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lundi 10 octobre 2022

La canonisation de « l’infirmier en bicyclette » dans la presse ce matin [Actu]

"Parent des pauvres", dit le gros titre
en citant l'homélie du pape
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Cette troisième canonisation argentine, celle de l’infirmier Artemides Zatti, né en Italie à la fin du 19e siècle et mort en 1950 à Viedma, n’aura pas attiré l’attention de nombreux journaux. La cérémonie n’est même pas à la une du journal local patagonien, Río Negro, dont le titre est tout simplement le nom de la province dont Viedma est la capitale.

Il faut dire que le Vatican l’a lui-même présenté comme un nouveau saint italien ! Et que les drapeaux argentins n’étaient que fort peu visibles sur la place Saint-Pierre hier, à l’inverse des drapeaux brésiliens qui s’agitaient à tout-va en l’honneur de l’autre canonisé.

L’événement est toutefois présent à la une de deux quotidiens nationaux, La Prensa, le très catholique journal de la droite réactionnaire, et Clarín, un tabloid de droite.

Un petit titre secondaire en bas à droite
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Il est vrai que l’actualité n’aidait pas : remaniement gouvernemental attendu dans les heures qui viennent après une démission retentissante, révolte mapuche dans le sud et même nouveau tournant dans la guerre en Ukraine.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

Feu d’artifice sur un pont russe : les échos dans la presse argentine [ici]

"Cadeau d'anniversaire", dit la légende de la photo
de ce panache de fumée noire au dessus du pont
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Cette fois-ci, la presse argentine, mis à part Página/12, n’a pas fait l’impasse sur l’explosion qui a gravement endommagé le pont de Kerch samedi matin. Tout au contraire, comme aux premiers jours de l’invasion, les trois journaux de droite ont placé l’information en une, non sans une certaine délectation !

"Un pont vital entre la Russie et la Crimée détruit"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

La Prensa a même fait preuve d’une ironie mordante peu commune à la une de ce journal.

Je vous laisse consulter les articles, sachant que celui qui a fait hier la une de Clarín n’est plus disponible en ligne.

"Un coup stratégique contre Poutine"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Depuis ce matin, tous les sites Internet rendent compte du bombardement russe sur l’ensemble de l’Ukraine et à chaque fois sur des infrastructures civiles, culturelles, techniques et patrimoniales.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 6 octobre 2022

On attend le troisième saint argentin dimanche [ici]

Le nouveau saint à la fin de sa vie


Le bienheureux Artemides Zatti, soignant italien, frère coadjuteur dans la congrégation des Salésiens, fondée en Italie par saint Jean Bosco et répartie dans toute l’Amérique du Sud, exerça ses talents infirmiers et pharmaceutiques dans un hôpital catholique en Patagonie, auprès des populations locales et notamment des peuples premiers.

Zatti avec l'allure du parfait immigrant italien

Dimanche prochain, il sera canonisé sur la place Saint-Pierre, par le pape François, son compatriote, qui semble vouloir rattraper le retard pris par son pays natal qui compte pas mal de figures qui, toute édifiantes qu’elles soient pour les croyants, ne bénéficient pas de la part de l’Église universelle de la reconnaissance qu’elles mériteraient. Une injustice qui sent son ancien esprit colonial !

C’est ainsi que Zatti n’est que le troisième saint du pays après le très populaire Cura Brochero (une sorte de Curée d’Ars où les montagnes de Córdoba remplacent les hauteurs du Lyonnais) et Héctor Valdiviedo Sáez, un martyr qui jouit d’une bien moindre notoriété dans son pays.

Une photo de Zatti
avec un verset évangélique manuscrit

A Buenos Aires, dans le quartier central de Almagro, Artemides Zatti, assez médiocrement connu lui aussi dans l’ensemble du pays, est en revanche largement vénéré à la basilique San Carlos y María Auxiliadora, l’église des salésiens et aussi celle de la paroisse locale, là où Carlos Gardel a appris à chanter dans la chorale de l’école salésienne (devenue publique depuis) où il se formait au métier de typographe (qu’il n’a jamais vraiment exercé), où Aníbal Troilo, né pas très loin de là, aimait assister à la messe de Minuit et à partir de laquelle fut fondé le Club Atlético de San Lorenzo de Almagro (et Boedo), dont le pape est sociétaire (là, on parle foot, vous aviez compris). Je me souviens de ce portrait de Zatti qui trônait dans l’une des chapelles latérales alors qu’il n’était encore que vénérable à mon premier séjour à Buenos Aires en 2007, quand je logeais à un jet de pierre de là. La paroisse s’enorgueillissait alors de ses deux vénérables : d’un côté, cet infirmier italien mort à Viedma ; de l’autre, le jeune étudiant mapuche, fauché en pleine jeunesse par la tuberculose, à Rome, pendant ses études au grand séminaire, Ceferino Namuncurá, le tout premier bienheureux argentin (lui aussi élevé aux autels par François), qui était aussi, paradoxalement, le petit-fils du dernier cacique mapuche qui ait pris les armes contre l’État argentin pendant la mal nommée « Conquête du Désert » du général et futur président de la République, Julio Argentino Roca (la conquête de la Patagonie argentine par les descendants d’Européens au détriment du peuple mapuche qui depuis plusieurs semaines se rappelle au bon souvenir de Buenos Aires avec des occupations de terrains qui leur ont été pris à la suite de cette campagne militaire sanguinaire).

C’est aussi dans cette basilique que le Pape lui-même a été baptisé le jour de Noël 1936. C’est vous dire qu’il connaît la question !

Zatti dans son service hospitalier
dans la cour de l'établissement où il travaillait, au milieu des patients
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Pendant tout le week-end, samedi et dimanche, la basilique San Carlos y María Auxiliadora accueillera de grandes célébrations pour accueillir ce nouveau saint qui avait vécu dans le coin à son arrivée en Argentine et avait prononcé ses vœux religieux dans la congrégation sans prendre l’habit puisqu’il n’était pas allé jusqu’au sacerdoce.

La cérémonie romaine, qui commencera à 10 h (heure italienne), sera retransmise en Argentine à 5 h du matin ! Pour les courageux et les convaincus.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

L’initiative footeuse lusitano-hispanique fait de l’ombre au Cono Sur [Actu]

Photo EFE


Hier, les comités d’organisation de la Coupe du monde de Football 2030 du Portugal et de l’Espagne ont présenté officiellement leur candidature jointe en y associant... l’Ukraine. Le secret avait été bien gardé, tout comme celui de l’actuelle contre-offensive, et la surprise est totale.

En Argentine, ça n’a pas vraiment fait sourire car cette candidature multiple, en plus avec l’Ukraine, pourrait bien faire de l’ombre au projet conjoint que l’Argentine, le Chili, le Paraguay et l’Uruguay avaient présenté et soigné aux petits oignons dès le mois d’août ! La crainte que la concurrence européenne suscite témoigne au moins que, malgré le peu d’allant de ces pays à soutenir la cause de l’Ukraine, celle-ci n’en a pas moins acquis, qu’on le veuille ou non, un prestige tel qu’il sera difficile d’y résister.

Les quatre pays pourraient l’avoir très mauvaise si la candidature européenne était en effet retenue : ils s’étaient associés pour présenter un projet très solide et s’assurer de célébrer comme il le fallait le centenaire de la compétition, dont la première édition s’était tenue, en 1930, en Uruguay en l’honneur du centenaire de l’indépendance du pays (acquise en 1830) et que toute l’Europe, furieuse que le championnat se joue hors du Vieux Continent, avait boycottée, sous prétexte que c’était la crise et que le voyage était trop cher ! Or à cette époque, la quasi-totalité de l’Asie et de l’Afrique était encore colonisée. En dehors de l’Europe et de l’Amérique latine, il n’y avait donc pas beaucoup de nations footeuses ! L’Uruguay a remporté sa première étoile cette année-là, contre l’Argentine, mais le pays et le continent tout entier n’ont toujours pas digéré la bouderie européenne.

Et voilà que cela recommence ! Et qui plus est, le coup vient de l’Espagne et du Portugal, les deux anciennes puissances coloniales du continent !


Et pour couronner le tout, les Ukrainiens ont encore réussi un coup de maître dans la communication internationale et le soft power : vous avez vu ce logo ?

© Denise Anne Clavilier
www.barrio-de-tango.blogspot.com


Pour aller plus loin :

lire le communiqué minimaliste d'Ukrinform, l’agence de presse ukrainienne (le lien renvoie au texte en anglais, mais vous pouvez l’avoir sur le site dans d’autres langues).

Emmanuel invite Alberto au Forum de la Paix à Paris pour l’Armistice [ici]

Macron accueille son homologue argentin au pied du consulat de France
à New York en marge de l'assemblée générale de l'ONU


Emmanuel Macron ne lâche rien. Il vient d’inviter le président argentin, Alberto Fernández, à participer au Forum de la Paix, une rencontre internationale à haut niveau qui se tient à Paris autour de l’anniversaire de l’Armistice de 1918. Cette année, la rencontre aura lieu les 11 et 12 novembre et travaillera essentiellement sur la situation de guerre créée par la Russie en Ukraine.

Ce n’est pas la première fois que le président français s’efforce d’amener son homologue argentin dans le camp des soutiens francs de l’Ukraine. Il l’avait déjà invité à un dîner au consulat français de New York il y a un mois en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, avec quelques autres chefs d’État de pays hésitants. Tout cela reste très difficile. L’Argentine vient de rester neutre à l’ONU dans la question soulevée par le rapport de Michèle Bachelet au sujet des Ouighours en Chine.

Ce matin, les quatre quotidiens principaux évoquent cette invitation à Paris, sinon dans leurs éditions papier du moins sur leurs sites Web.

La lettre d'invitation a été publiée par La Nación
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

De son côté, Volodymyr Zelensky a peut-être marqué un point dans son discours d’hier devant l’Organisation des États américains où il a cité les hautes figures de Bolívar (1783-1830) et de San Martín (1778-1850) en demandant à ses interlocuteurs ce que les deux libérateurs auraient fait devant une agression de la même nature que celle que subit son pays. Bien entendu, il est impossible de répondre qu’ils regarderaient ailleurs et s’abstiendraient de se lever contre le pays agresseur puisque toute leur vie, ils l’ont consacrée à combattre un pays qui faisait en Amérique du Sud exactement ce que la Russie fait en Ukraine, y compris les raisonnements cyniques ou incohérents. Malheureusement, aujourd’hui, un seul quotidien en faisait mention, La Nación, dans un fil enligne sur l’actualité ukrainienne et non dans son édition papier.

Autrement dit, ce n’est pas encore gagné !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


Ajout du 7 octobre 2022 :
lire
cet article développé en ligne par Clarín et qui contient plusieurs vidéos, dont où Zelensky développe cet argument Bolívar-San Martín avec des sous-titres en espagnol. Dans l’édition papier de ce matin, il s’agit d’un entrefilet minuscule qu’on ne repère qu’avec de très bons yeux et pourtant, Clarín n’est pas le plus pro-russe des quotidiens sud-américains mais j’ai pu expérimenter que les Argentins, à moins qu’ils ne soient de vrais historiens travaillant sur les sources, supportent assez mal que l’on compare la situation de l’Ukraine et les acteurs ukrainiens de cette guerre avec leur indépendance et leurs sacro-saints héros nationaux.
Pas très fair-play, tout ça.

mardi 4 octobre 2022

Un marché du troc hier sur Plaza de Mayo [Actu]

Le troc est de retour, dit la banderole, en référence au même phénomène
en 2002, après le krach général de l'économie nationale
Photo Rafael Mario Quinteros pour Clarín


Hier, une organisation de gauche a monté un marché du troc sur Plaza de Mayo pour protester devant le palais présidentiel contre l’inflation qui réduit les revenus des salariés à peu de choses et fait augmenter la pauvreté et l’indigence dans tout le pays.

"Nous sommes "Belindia" : du troc au dollar-tecno",
dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Cette manifestation n’a reçu qu’un accueil discret dans Clarín et La Nación qui lui consacrent chacun un petit entrefilet dans leur édition papier et rien sur le site de La Nación !

Extrait de l'édition imprimée de Clarín ce matin
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Rien non plus sur le site de Página/12.

Extrait de La Nación, édition papier de ce matin
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

En revanche, La Prensa en a fait sa une ! Mais son site n’en dit pas un mot.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

Le gouvernement argentin mise sur l’économie de la connaissance [Actu]

Il faut avoir de bons yeux !
L'info est traitée en titre secondaire,
en bas à droite
Le journal de gauche préfère se repaître des dissensions de la droite
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Après le dollar-soja, lancé le mois dernier pour inciter les producteurs agricoles à exporter dans la légalité, voici la nouvelle recette du super-ministre de l’Économie Sergio Massa pour faire rentrer des devises dans les caisses publiques : le dollar-tecno ou tecnodollar, surnom que la presse a déjà donné à cet ensemble de mesures visant à encourager l’exportation de services et de produits immatériels dans les domaines scientifiques et technologiques, cette économie de la connaissance où l’Argentine tire très bien son épingle du jeu et dans laquelle le ministre aimerait la voir gagner les premiers rangs au niveau du continent et du monde.

Clarín a adopté la même discrétion mais préfère
consacrer sa photo aux résultats du premier tour
de la présidentielle au Brésil
L'info est traité en haut à droite
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Cette annonce a été faite dans le très prestigieux cadre du CCK, le Centro Cultural Kirchner, l’un des emblèmes de cette puissance intellectuelle du pays. Elle a reçu un accueil assez peu enthousiaste de la part de la presse, les journaux de droite ayant même tendance à tourner cette politique en ridicule. Dommage ! Ce n’est pas comme ça que le pays parviendra à développer son soft-power pour lequel il dispose pourtant d’un potentiel que bien des pays du continent peuvent lui envier.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lundi 3 octobre 2022

Exposition à Buenos Aires sur la « conquête du Delta » [à l’affiche]

Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Retratos anfibios (portraits amphibies), tel est le titre d’une exposition historique qui ouvre demain, mardi 4 octobre 2022, à La Boca, au siège de la Fondation CIFHA, le centre de recherche sur la photographie historique en Argentine, General Daniel Cerri, 1101.

Il s’agit d’une vingtaine de clichés qui remontent à un siècle et demi et qui montrent les colons qui se sont installés sur les rives du Delta du Paraná au 19e siècle, à quelques dizaines de kilomètres au nord de Buenos Aires, alors que ces territoires étaient encore sauvages, sans ponts, ni quais, ni ports, sujets aux caprices du fleuve qui entrait en crue pour un oui ou pour un non et dont les fourrés abritaient encore des jaguars, nommés en Argentine « tigre » (d’où le nom d’une des villes emblématiques de la zone, Tigre, où les Portègnes aiment aller se détendre à la belle saison et dont les habitants peuvent accéder à la capitale grâce à de charmants et tranquilles ferries fluviaux).

La qualité des clichés est très impressionnante : ils montrent un niveau de détail exceptionnel et le tout a une valeur autant documentaire qu’esthétique.

Ces photos sont l’œuvre d’un Norvégien devenu argentin, Juan Müller, qui s’embarqua à l’âge de 16 ans sur un voilier pour parcourir le Delta en 1868 et le photographier sous tous les angles. Il a laissé environ 400 clichés qui nous sont parvenus malgré l’humidité régnant dans la région. Ce sont quelques unes de ces photographies que les commissaires de l’exposition ont mis en valeur, en en faisant des tirages soignés et présentés dans les règles d’une muséographie moderne.

Un voyage dans le temps à faire avant le 4 novembre, l’exposition se clôturant le 3.

L’exposition est ouverte tous les mercredis de 13 h à 17 h et les samedis de 14 h à 18 h. Il faut s’inscrire à l’avance auprès de la Fondation.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire et regarder l’article de Clarín

Ce soir, la Academia Nacional del Tango remet ses trois premiers prix Tagini [à l’affiche]

Cliquez sur l'image
pour une haute résolution


Ce soir, lundi 3 octobre 2022, au cours du Plenario qui se tient chaque premier lundi du mois d’avril à décembre, la Academia Nacional del Tango distinguera deux artistes, la grande chanteuse Susana Rinaldi (née en 1935) et le guitariste Horacio Malvicino (né en 1929), qui a joué dans les formations de Astor Piazzolla, et un inventeur, Fernando Crudo, qui a conçu un système d’enregistrement sonore grâce à une lecture optique d’une partition, invention qui n’a pas pu accéder à la phase d’industrialisation mais qui n’en reste pas moins un apport technologique au monde de la phonographie nationale, auquel est consacré ce nouveau Prix Tagini, remis par l’académie.

Ce Plenario se tiendra comme d’habitude à partir de 19h30, au salon d’honneur de la Academia Nacional del Tango, avenida de Mayo 833, premier étage (au-dessus du Gran Café Tortoni).

Entrée libre et gratuite.

© Denise Anne Clavilier

dimanche 2 octobre 2022

Bonnes feuilles de l’autobiographie de Fito Páez [Disques & Livres]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Ce matin, dans son supplément culturel dominical, Яadar, Página/12 propose les bonnes feuilles de l’autobiographie que le rockeur Fito Páez, un des grands du genre en Argentine, publie aux Éditions Planeta Argentina, sur son enfance et sa jeunesse.

Il y raconte en particulier le lancement de sa carrière qu’il doit en grande partie à Charly García, autre monument du rock nacional argentin, lorsque celui-ci l’a fait entrer dans l’ensemble avec lequel il se produisait sur scène.

Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

L’ouvrage est d’ores et déjà disponible sur le marché argentine. L’éditeur le propose à 2 400 $ ARG en format papier et à 1 399 $ ARG sous forme numérique (ebook).

Les 17 premières pages peuvent être lues en ligne sur le site de Planeta Argentina.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire la présentation du livre sur le site de Planeta.

Prix Général Belgrano et interview à la télé dans l’émission de Nolo Correa – article n° 7100 [Chronique d’Argentine]

En compagnie du président de l'INB, Manuel Belgrano,
un descendant du général dont un portrait imaginaire trône derrière nous


Le 23 septembre dernier, à Buenos Aires, le président de l’Instituto Nacional Belgraniano m’a remis le prix General Manuel Belgrano pour l’ensemble de mon travail de vulgarisation de la culture argentine en français et tout particulièrement pour la biographie de Manuel Belgrano que j’ai publiée en France en 2020, quelques semaines à peine avant le premier confinement (Manuel Belgrano, l’Inventeur de l’Argentine, Éditions du Jasmin).


Ce travail avait été présenté à l’Ambassade argentine, le 27 février 2020, une date symbolique qui émeut beaucoup les membres de l’Institut puisqu’il s’agit de la date de la création du drapeau national, imaginé par Manuel Belgrano afin de distinguer sur le champ de bataille les troupes révolutionnaires qu’il commandait de celles de l’ennemi, les troupes coloniales fidèles à l’Ancien Régime, alors que jusqu’à cette date, tout le monde combattait sous les mêmes couleurs rouge et jaune, celles de l’Espagne.


Le titre que j’ai donné à cette biographie a lui aussi beaucoup plu car il rend compte de l’un des aspects du personnage qui est très peu et très mal développé dans le discours que les Argentins tiennent traditionnellement sur lui. Trop souvent, Belgrano y est en effet réduit à la seule création du drapeau. Or dans sa courte vie, il a réalisé infiniment plus. Dans ces conditions, qu’une historienne française en parle ainsi ! Surtout si en plus, elle a travaillé directement à partir des sources et non pas de l’habituel salmigondis de biographies publiées en Argentine pas d’autres auteurs… cela pouvait impressionner ce public de connaisseurs.

Une partie de la promotion 2020-2022.
Je suis entourée de l'historien Matías Dibb et de l'aumônier de l'INB
au premier rang

A cause de la pandémie, cette année, la cérémonie a exceptionnellement rassemblé trois promotions successives de récipiendaires. En ce jour du 23 août qui marque l’anniversaire de l’Évacuation de Jujuy (Exodo Jujeño), elle résonnait d’autant plus pour moi qu’au même moment, dans un autre point du globe où je vis, en Europe, un autre pays était en train d’assurer son avenir en évacuant une partie de son territoire avant de lancer une contre-offensive dont on admire maintenant le succès… Comme en 1812 ! Puisque que l’Exode Jujègne fut suivi d’une spectaculaire reconquête du territoire perdu, Belgrano remontant avec succès jusqu’en Bolivie !

Avec l'historienne Norma Ledesma lors de la remise du prix
sous les yeux de l'actuel colonel des Patricios

Tout le monde s’était rassemblé à Palermo, dans le grand hall d’honneur de la caserne du 1er Régiment d’infanterie dit de Los Patricios, dont Manuel Belgrano (1770-1820) a été le second commandant. Los Patricios est le plus ancien régiment du pays. A Buenos Aires, il assure les missions de protocole et de sécurité des autorités municipales. Il a en effet été constitué en 1806 comme milice citoyenne de volontaires de Buenos Aires pour repousser un corps expéditionnaire britannique qui cherchait à s’emparer d’un bout de l’empire espagnol puisque le roi Carlos IV était alors allié de Napoléon : il s’agit d’un épisode épique, baptisé Las Invasiones Inglesas, dont les Portègnes tirent une légitime fierté et dont Manuel Belgrano, encore économiste civil à la tête de la Corporation des Marchands, a été considéré par ses contemporains comme l’un des principaux héros, au point que les autorités municipales encore coloniales ont donné son nom à l’une des rues de la petite bourgade qu’était alors Buenos Aires. C’était la première fois que la ville introduisait des noms historiques dans sa toponymie, remplie jusqu’alors de saints et de notions religieuses.

Après toutes ces émotions matinales, on avait faim !
Un magnifique et très bon gâteau au dulce de leche nous attendait
sous ce décor en pâte d'amande réalisé par une pâtissière amateure très douée

En ce 210e anniversaire de l’Exodo Jujeño, la musique du régiment a participé à la fête... avant de retourner à ses répétitions de l’hymne ukrainien, puisque le lendemain, le 24 août, l’ambassade de ce pays fêtait sa propre fête nationale, son jour de l’Indépendance (restée parfaitement inaperçue dans ce pays gouverné par des prorusses qui ne savent pas trop comment, à l’heure actuelle, ils vont se dépatouiller quand il faudra se prononcer d’ici quelques jours, à l’assemblée générale de l’ONU, sur les rapines de la dictature russe sur le territoire ukrainien).



Une semaine plus tard, cette fois-ci à San Telmo, dans la salle de La Vereda de Beba, un cena-show de taille modeste, je participais à une émission que je connais depuis plusieurs années, Hablando de Arte con Nolo Correa. Un talk-show culturel, en espagnol bien sûr, diffusé à la radio puis à la télé, sur une chaîne de la TNT argentine. Depuis plusieurs années, Nolo Correa, qui en est le producteur et l’animateur principal, diffuse aussi l’émission sur Youtube, où l’on peut donc regarder l’ensemble de la collection, semaine après semaine. Et comme Nolo est un excellent intervieweur, cela vaut la peine de s’abonner à cette chaîne digital.

Un petit retour sur images que je suis heureuse de partager sur Barrio de Tango.

© Denise Anne Clavilier

jeudi 29 septembre 2022

La Fiesta Nacional del Teatro commence aujourd’hui à Resistencia [à l’affiche]


A partir de ce soir, la Fiesta Nacional del Teatro s’empare de toute l’Argentine : la FNT est un gigantesque festival organisé par l’Instituto Nacional del Teatro, qui dépend directement du ministère de la culture du gouvernement fédéral.

Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Dans le cadre de la politique de décentralisation assumée par le gouvernement de Alberto Fernández, l’ouverture de la fête se fera à Resistencia, la capitale de la province de Chaco, une des provinces du grand nord argentin parmi les plus oubliées dans tous les domaines, y compris culturel et touristique. C’est une œuvre de la province de Corrientes qui ouvrira la manifestation, autre province du nord mais nettement moins oubliée pour sa part (elle dispose d’un grand atout touristique, la Laguna Iberá, de deux trésors patrimoniaux, le chamamé et le lieu de naissance du général José de San Martín et de deux spécialités gastronomiques, les agrumes et la yerba maté).

Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Cette 36e édition de la FNT se tiendra jusqu’au 6 octobre prochain. Grande fête culturelle en perspective, en espérant que les Argentins s’y précipiteront plutôt que de rester chez eux…

Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

© Denise Anne Clavilier


Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’article de El Litoral sur l’œuvre choisie pour ouvrir la fête
lire la présentation du festival sur le portail officiel du gouvernement argentin