vendredi 19 avril 2013

Tango et Mémoire ne font qu'un à ECuNHi ce week-end [à l'affiche]



Le Festival de Tango de l'Espace ECuNHi, dont la programmation est placée sous la responsabilité de Lucrecia Merico, s'ouvre ce soir pour tout le week-end. Comme la plupart des activités sous le patronage de Madres de Plaza de Mayo, ce petit festival célèbre la mémoire des victimes de la Dictature (1976-1983). La manifestation est assez complète puisqu'elle comporte des concerts, une exposition, des projections cinématographiques, des cours de danse, une milonga, dans le même esprit qui préside au Festival de Tango Independiente organisé sur plusieurs lieux dans tout le pays par la Unión de Orquestas Típicas et l'équipe productrice de Fractura Expuesta, l'émission tango diffusée par La Voz de las Madres, la radio de l'ONG des Mères de la Place de Mai.

Le Festival a pour parrain et marraine le pianiste et compositeur José Colángelo et la chanteuse Susana Rinaldi (1), qui se produiront eux-mêmes sur la scène de ce centre culturel, installé dans les locaux de l'ex-ESMA, cette école de mécanique navale qui avait abrité sous la Dictature un centre de détention et de torture clandestin, à quelques mètres des immeubles d'habitation du quartier de Palermo.

La clôture du festival, dimanche, sera consacrée elle-même aux différents festivals alternatifs qui se développent à Buenos Aires, dans des perspectives politiques, qui vont de la revendication sociétale à la dénonciation de la politique culturelle affairiste du gouvernement portègne : festival de La Boca, festival de Barracas, Tango Queer ainsi que le cycle El Tango vuelve al Barrio (ETvaB) de Cucuza et Moscato à Villa Urquiza et Villa Pueyrredón (vous connaissez déjà bien la plupart de ces manifestations dont je tâche de rendre compte autant que ma disponibilité et que les priorités de l'actualité me le permettent).

Le Festival fait l'objet d'un article de Cristian Vitale dans les pages culturelles de Página/12 ce matin. L'article prend place dans un contexte très houleux puisque la réforme du pouvoir judiciaire actuellement en débat au Congrès a fait sortir hier dans la rue une grande masse d'opposants qui ont donné le concert de casseroles commun en Amérique du Sud à toutes les manifestations hostiles au gouvernement en place. Une réforme du pouvoir judiciaire qui a beaucoup à voir avec la démocratisation des institutions argentines et la purge des structures qui ont permis la réussite de plusieurs coups d'Etat au cours du 20ème siècle.

ECuNHi (Espacio Cultural Nuestros Hijos), Libertador 8400, Palermo.
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles (mais la salle de concert est très grande, trop grande même, elle a été conçue comme hangar à navire, à moteurs ou à simulateurs pédagogique, pas du tout comme salle de concert...)

Pour aller plus loin :
visiter les pages du festival sur le site Internet d'ECuNHi



(1) Susana Rinaldi est aussi députée socialiste à la Legislatura portègne, elle siège dans l'opposition municipale (opposition à Mauricio Macri). Elle ne fait pas partie de la majorité nationale, les socialistes se classant plus souvent dans l'opposition au gouvernement de Cristina Kirchner qu'en alliés objectifs du Frente para la Victoria.