jeudi 19 août 2010

Présentation de Barrio de Tango au CCC (article n° 1599) [à l'affiche]

Mail envoyé par le CCC pour annoncer la conférence
(ajout du 9 septembre 2010)

Mon anthologie bilingue Barrio de Tango, parue en mai de cette année en France aux Editions du Jasmin, fera l'objet d'une présentation (en espagnol, cela va de soi), à Buenos Aires, le mercredi 1er septembre 2010, à 19h, au CCC Floreal Gorini, Corrientes 1543.

Assureront avec moi la présentation le poète Luis Alposta, qui a signé la postface, le fileteador Jorge Muscia, qui a composé et réalisé la couverture, et le peintre Chilo Tulissi, qui m'a offert un portrait original de Pugliese réalisé pour mon livre. Comme Jorge et Luis, Chilo a accompagné mon projet depuis pusieurs années.

Tous les trois m'ont fait bénéficier de leurs immenses connaissances du tango et de son histoire et le livre doit beaucoup à leur sollicitude, à leur amitié et à leur érudition.

Nous profiterons de l'occasion pour rendre un hommage à Alorsa, dont une chanson est intégrée à l'anthologie. Le 30 août qui vient, cela fera un an qu'il nous a quittés, emporté par un infarctus imprévisible et suraigu.

La soirée est organisée par Walter Alegre, coordinateur du département La Ciudad del Tango, qui sera présent et que je remercie du bon accueil qu'il m'a toujours réservé à Buenos Aires.

Pour en savoir plus (en espagnol), voir l'article consacré à la soirée dans le blog de la Ciudad del Tango en cliquant sur le lien.

Des problèmes informatiques très agaçants m'empêchent actuellement de mettre à jour ce blog aussi souvent que j'aimerais le faire. Que les lecteurs fidèles, qu'ils soient en Europe, en Argentine ou en Uruguay, veuillent bien m'en excuser. A mon retour en Europe, avec un ordinateur qui ne partira pas en carafe comme ce notebook, pourtant dernier cri, je reprendrai le rythme normal de parution et rattraperai le retard accumulé à Buenos Aires.

samedi 14 août 2010

Peu d'articles jusqu'à la mi-septembre

Comme l'année dernière et pourtant dans des circonstances bien différentes, les conditions techniques de connexion internet dont je dispose actuellement à Buenos Aires ne me permettent pas d'espérer pouvoir vous tenir au courant de ce qui se passe ici en temps réel.

Rendez-vous donc à mon retour en Europe où je retrouverai mes moyens tecniques habituels et pourrai publier le cas échéant les articles de mes chroniques de Buenos Aires que je pourrai avoir écrits ici.

Désolée pour les quelques lecteurs de Barrio de Tango résidant à Buenos Aires et qui espéraient profiter de mon passage pour me rencontrer.

mardi 10 août 2010

Interview vidéo du Maestro Horacio Salgán par El Tanguata [Troesma]

A voir et à écouter : huit minutes d’une interview du Maestro Horacio Salgán en espagnol, avec sous-titres en anglais (ah oui ! la passion du tango conduit à apprendre les langues !), postée sur You Tube par la revue argentine El Tanguata, pour faire suite à son numéro anniversaire de juillet 2010 (n° 189).

Le titre de la vidéo vous indique la présence de César Salgán, le fils du Maestro, interviewé avec son père dans l’édition papier. Mais sur la vidéo, vous ne verrez guère que son bras et vous saurez dès lors vers qui, de temps à autre, Horacio Salgán se tourne lorsqu’il cherche un mot ou une approbation…

Pour voir l’interview exclusive de Tanguata, cliquez sur le lien.
Pour lire mon article du 10 juillet 2010 sur ce numéro collector, n°189, de El Tanguata, cliquez sur le lien.

Dans la même série de vidéos postées par la revue portègne sur You Tube, vous retrouverez des clips tournés pendant les spectacles donnés pendant les célébrations du Bicentenaire, au pied de l’Obélisque à Buenos Aires, en mai 2010 (voir mes articles sur les célébrations du Bicentenaire argentin).

Vous pouvez accéder au site de la revue en cliquant sur son lien dans la rubrique Eh bien dansez maintenant ! en partie inférieure de la Colonne de droite de ce blog.

lundi 9 août 2010

Arte s'arrête tous les soirs de cette semaine vingt minutes à Buenos Aires [ici]

La chaîne franco-allemande Arte démarre ce soir une émission d'été intitulée Prochain arrêt : cinq épisodes documentaires par semaine sur une seule et même ville et la chaîne nous en fera visiter quatre différentes jusqu'à la rentrée, tous les soirs de 19h30 à 19h50, après le journal, avec rediffusion le lendemain à 12h20. La série commence avec la destination la plus lointaine :  Buenos Aires toute cette semaine.

L'idée est originale et vaut d'être soutenue : l'animatrice racontait ce matin sur France Inter qu'il s'agissait de montrer que, contrairement à ce qu'organisent la plupart des agences touristiques, on peut passer plusieurs semaines à Buenos Aires en découvrant des tas de choses plus intéressantes les unes que les autres. Dit comme ça, l'émission s'annonce meilleure (1) que le reportage creux que la même chaîne a consacré il y a une dizaine de jours à Mar del Plata (et dont je vous parlais dans mon article annonçant le reportage tango sur le dernier Envoyé Spécial de cette année, voir mon article du 29 juillet sur cette émission du service public nourrie au cliché).

Le site d'Arte annonce une émission qui nous fera visiter l'opéra de Buenos Aires, le Teatro Colón (2), qui vient d'être réouvert après plus de trois ans de travaux de rénovation, un passage par la Place de Mai (Plaza de Mayo), une promenade dans le quartier de Palermo sur les traces de Jorge Luis Borges... Pas un mot dans cette courte présentation sur le tango. Je ne sais s'il faut s'en réjouir (on va enfin échapper aux clichés) ou s'il faudra le regretter (le documentaire ne laissera pas sa place au tango, croyant à tort avoir justement affaire à un cliché, ce que les lecteurs de ce blog savent que le tango n'est décidément pas). Donner sa juste place au tango semble donc bien difficile pour les médias français (et peut-être aussi les médias francophones plus généralement) comme on le voit avec cette cascade de mentions presque toutes ratées dans des émissions qui avaient toutes les moyens d'atteindre leur objectif d'information fiable.

Pour ma part, je suis trop proche de mon départ pour Buenos Aires pour trouver le temps de regarder l'émission ce soir et demain. Je l'annonce donc avec les précautions et les réserves d'usage dès qu'il s'agit de l'Argentine de ce côté-ci de l'Atlantique.

Pour en savoir plus (peut-être), consulter le programme d'Arte sur le site de la chaîne.

(1) A l'intention des personnes qui cherchent sur Google : le Teatro Colón porte le nom de Christophe Colomb, en espagnol Cristobal Colón. Inutile donc de le chercher sous l'ortographe Théâtre Colonne. Certes il existe en France un orchestre Colonne, dirigé par l'académicien Laurent Petitgirard, mais c'est différent.
(2) Petite alerte ce matin au cours de l'interview de la présentatrice sur France Inter : d'ordinaire, cette dame présente de la musique classique, ce n'est donc pas le métier de faire des émissions de tourisme. Elle a montré une singulière confusion, dûe peut-être au trac de l'intervention ultra-matinale en direct et par téléphone (c'est dur, ça ! surtout pendant les vacances, un lundi du mois d'août), en parlant à deux reprises de sa rencontre avec la présidente de "la Place des Folles de Mai". Elle voulait bien sûr se référer à l'Association des Mères de la Place de Mai (Madres de Plaza de Mayo), dont elle a rencontré la présidente, Hebe de Bonafidi, dans le cadre de l'Université Populaire que l'association a fondée à Palermo. En plus de l'interversion des termes qui pourrait révéler peu de familiarité avec ce dont elle parle (encore qu'il peut tout simplement s'agir de l'effet déstabilisant du trac -par ailleurs, elle a très bien décrit l'objectif poursuivi aujourd'hui par l'Association), elle a employé une expression dont je vais répéter ici qu'il ne faut JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS y recourir, même si nos medias ne s'en privaient pas pendant la Dictature : "Locas de Plaza de Mayo" est une insulte donnée par la Junte à ces femmes qui se ressemblaient sous les fenêtres du palais présidentiel pour contester leur politique. Il ne faut pas la traduire pour la leur appliquer.
Locas, dans ce contexte très particulier, et à Buenos Aires, cela ne vaut pas dire folles, cela vaut dire putes.
Ce n'est donc un hommage ni au courage ni à la témérité de ces femmes. C'est une flétrissure sur leur honneur pour les disqualifier devant l'opinion publique argentine de cette époque-là. Et ça n'a pas marché, parce que les Argentins ne sont pas plus imbéciles que n'importe qui d'autre sur terre. Sur l'action aujourd'hui de Madres de Plaza de Mayo, cliquez sur le raccourci Justice et Droits de l'Homme dans la partie haute de la Colonne de droite de ce blog (vous accéderez ainsi à l'ensemble des articles parus en français, dans Barrio de Tango, sur ce sujet toujours très douloureux).

samedi 7 août 2010

La réponse de Fractura Expuesta aux provocations de Mauricio Macri [Actu]

Mercredi, comme je vous le racontais dans un autre article publié le lendemain, Mauricio Macri, Chef du Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, qui sortait de sa visite annuelle au Salon de l'Agriculture, à Palermo, l'un des fortins de l'ultra-libéralisme et de la déréglementation à tout va en Argentine, osait comparer les bénéfices que Buenos Aires peut retirer du tango à ceux que le secteur agricole national tire de la culture intensive du soja. Rappelons que l'Argentine est le premier producteur de soja au monde et que cette culture, récente, est en train d'envahir tout le territoire rural, en en détruisant tout l'équilibre écologique, économique et social, car son exportation est démesurément rémunératrice pour les propriétaires des terres qui le produisent et des usines qui le transforment (ce sont les mêmes propriétaires).

Etant donné la catastrophe qu'est l'extension du soja en Argentine, dont seuls ces gros propriétaires bénéficient, la comparaison délibérée et violente, osée par Mauricio Macri en pleine présentation du programme du prochain festival de Tango de Buenos Aires, ne pouvait qu'être extrêmement mal perçue par la gauche et par les partisans du tango authentique, comme le sont en particulier le quotidien Página/12, l'émission de radio Fractura Expuesta, le Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini et un bon paquet d'artistes, de journalistes, de producteurs qui refusent de céder aux sirènes de l'exploitation commerciale du tango.

L'équipe de Fractura Expuesta a donc réagi dès jeudi, au cours de l'émission, en consacrant sa traditionnelle parodie de flash d'information à cette affaire. Ce qu'ils ont décliné avec leur humour ordinaire en deux versions, une version orale, le flash lui-même, et une version sous forme d'image pieuse. Or les deux méritent un brin d'explication.

Dans le flash d'information, que vous pouvez écouter seul grâce à ce lien You Tube, vous entendrez essentiellement de deux choses :

- d'une part, une parodie des reportages radiophoniques sur ce conflit agraire interminable et récemment ravivé par les propos du Président de la Rural (Academia Rural del Tango), pendant le Salon de l'Agriculture, avec rappel de la Mesa de Enlace (littéralement "la table du lien", instance de concertation entre les 4 grandes organisations rurales qui y définissent leur stratégie commune depuis plus de deux ans), des routes coupées (cortes), la forme préférée de manifestation de la Mesa de Enlace contre le projet de taxation indéxable (retenciones moviles) sur les exportations de soja, projet que le secteur agricole (el campo) a mis en échec et une parodie des commentaires boursiers (1) sur le cours de quelques tangos classiques, Yuyo Verde, La Cumparsita, El Choclo....

- d'autre part, une immédiate et tout aussi fantaisiste revendication uruguayenne pour laquelle le tango est aussi le chorizo de Montevideo (la candidature du tango au Patrimoine de l'Unesco avait été portée autant par Buenos Aires que par Montevideo et la saucisse uruguayenne tout comme l'asado de ce pays jouissent d'une très belle réputation gastronomique l'un et l'autre).

Heureusement que les Portègnes ont l'humour pour se défendre de certains de leurs dirigeants...



L'image pieuse est sans doute encore plus surprenante que les grands délires verbaux de nos amis de la Voz de las Madres : vous y avez reconnu Osvaldo Pugliese portraituré en pur style saint-sulpicien, avec à ses pieds du blé et du pain (au lieu du soja, qui ne nourrit pas les Argentins mais nos bovins de l'hémisphère nord). A noter que l'image copie la représentation traditionnelle de San Cayetano, le patron des travailleurs et des chômeurs en Argentine, qui fournit donc du pain aux familles (d'où le petit enfant dans les bras du saint), comme si les tangueros se tournaient vers Pugliese pour qu'il veille à nouveau à leur fournir du travail comme le fait San Cayetano depuis sa basilique du quartier de Liniers. Aussi surprenant que cela puisse être pour nous, après son décès, Pugliese a été élevé par la vox populi au statut d'un véritable saint hors de l'église catholique. Pour les Argentins, qui ont toujours connu des formes de syncrétisme d'autant plus robustes qu'elles ont été vécues clandestinement, en cachette et même dans le déni, ce qui s'est passé là leur paraît tomber sous le sens et la prière qui accompagne l'image pieuse (estampita) originale (différente de celle ci-dessus) est d'une très grande orthodoxie, au point qu'elle supporte très bien la comparaison avec ses homologues catholiques, par exemple celle qui a été écrite pour le bienheureux Ceferino Namuncura, le premier bienheureux argentin. Contrairement à ce qui se passe dans l'Eglise Maradonienne, dont le but est délibérément parodique et représente une démarche d'humour politique sans aucune espèce d'ambiguïté (voir mon article du 9 février 2009), il n'y a dans le culte de San Pugliese aucune dimension parodique. San Pugliese est un authentique porteur de buenas ondas et on l'invoque très fréquemment pour éloigner la mufa (un mauvais sort de tradition précolombienne). C'est pour cette raison qu'on l'appelle "Pugliese la Suerte" (Pugliese la Chance) et lorsque l'on fait quelque chose que l'on considère comme important, qu'on va monter sur scène, qu'on va publier un disque ou un livre, qu'on va répondre à une interview, qu'on achète une maison ou une voiture, que l'on se rend à un entretien de recrutement, il existe un rite qui consiste à l'invoquer trois fois d'affilé : "Pugliese, Pugliese, Puglise !" Et les gens qui font cette invocation la font comme d'autres récitent, en se signant avec un authentique recueillement "Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit" (3).... Ce qui est très touchant, très émouvant, très impressionnant lorsque l'on découvre ce culte de San Pugliese pour la première fois à Buenos Aires, c'est de constater que l'on n'a pas affaire à une superstition, comme on pourrait le croire, mais à une attitude très similaire à l'attitude de foi la plus orthodoxe dans l'Eglise Catholique, une attitude consciente, intérieure et dont l'esprit critique n'est pas absent. Or la superstition existe aussi en Argentine et elle présente un visage tout autre.

Ici, le quatuor de choc de Fractura Expuesta a repris l'image avec une intention parodique, non pas contre l'Eglise, mais contre les propos de Macri (on se rapproche donc en l'occurrence de l'intention de l'Eglise Maradonnienne). Ils viennent d'envoyer l'image par mail à tous leurs contacts en l'accompagnant d'une citation de La Pesadilla (le cauchemar), une chanson de Alorsa (voir le raccourci à son nom dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la partie supérieure de la Colonne de droite) et d'un mode d'emploi.

Voilà la citation :

"Soñé que San Cayetano junaba contento al mundo
junaba contento al mundo...
porque el día que todos trabajen
el va a tener que buscar laburo" (2)
Alorsa et La Guardia Hereje

J’ai rêvé que San Cayetano, (4)
ravi, biglait le monde (bis)
Parce que le jour où tout le monde travaillera,
lui, il faudra qu’il cherche du boulot.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Et voici le mode d'emploi, que je laisse à votre appréciation...

En la semana de "el tango es la soja porteña", nosotros preguntamos por las retenciones. Para no perder el trabajo, y para atraer a la buena suerte diseñamos la estampita que le va a devolver el alma de heladera al tango. Imprimidlo. Los no músicos deberán pegarlo en la heladera.
Los músicos deberan llevarlo en el estuche de su instrumento. Satisfacción garantizada.
(Germán Marcos, Maximiliano Senkiw, Sebastián Linardi, Carlos Bevilacqua, Fractura Expuesta)

Au cours de la semaine où "le tango est le soja portègne", nous, nous posons la question de la taxation. Pour ne pas perdre notre travail et pour attirer la chance, nous avons conçu l'image qui va rendre au tango son âme de frigo. Imprimez-la. Les non musiciens n'auront qu'à la coller sur leur frigo. Les musiciens n'auront qu'à la placer dans l'étui de leur instrument. Satisfaction garantie.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Ce matin, Página/12 lançait un autre pavé dans la mare macriste en dénonçant l'interdiction d'organiser des concerts au Bar El Faro, dont sont victimes depuis deux mois Cucuza et Moscato, qui ont, depuis trois ans, réussi à créer un véritable rendez-vous (una movida) dans cette pizzeria de quartier de Villa Pueyrredón, qui, au début de l'année a été inscrit sur la liste de Bares Notables de la Ville (voir mon article du 11 février 2010). Or les Bares Notables (bars classés) sont distingués pour le rôle qu'ils jouent dans la vie artistique et culturel de la ville. Et depuis fin juin, Cucuza et Moscato ne peuvent plus y tenir les concerts de El Tango vuelve al Barrio, dont je vous parlais régulièrement (voir mes articles sur ces concerts) et où ils ont, l'année dernière, enregistré en public leur premier disque ensemble (voir mon article du 14 août 2009 à ce sujet).

Ce matin, le cahier culturel de Página/12 publie d'eux une interview à l'occasion de la non-sortie de leur disque, qui est prêt mais pour lequel ils attendent que El Faro soit à nouveau autorisé à être un lieu de culture.

La décision de fermer l'établissement aux musiciens a été prise par le Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, quelques semaines avant que Mauricio Macri abatte si clairement ses cartes en présentant un programme de festival ouvertement organisé autour de promotions commerciales (toutes les conférences sont montées sur la sortie d'un livre ou d'un disque). La préparation de mon voyage à Buenos Aires ne me laisse malheureusement pas le temps de reprendre en les traduisant les propos des deux musiciens, mais vous pouvez bénéficier d'une traduction automatique en soumettant l'article, dont voici le lien, au logiciel Reverso dont vous trouverez le lien dans la rubrique Cambalache (casi ordenado) dans la partie basse de la Colonne de droite. Bien sûr, une traduction automatique ne vaut pas la traduction humaine, surtout lorsqu'il s'agit de langue populaire comme c'est le cas ici, mais ça dépanne.

(1) La cotation de El Choclo est un jeu de mots particulièrement bien ciblé, puisque choclo en argentin, ça veut dire maïs. En l'occurrence, il est plus que probablement que Angel Villoldo n'avait pas cette acception du mot en tête lorsqu'il a donné ce titre à son tango emblématique. El choclo, en lunfardo, c'est en effet aussi l'organe viril (à cause de l'épi) et le cher Villoldo était suffisamment paillard pour y avoir pensé... Ceci dit, après sa mort, sa veuve a expliqué que El Choclo était en fait le surnom d'un de ses amis de son mari, à cause de ses cheveux blonds et rêches. Allez savoir ce qu'il y a de vrai dans cette explication posthume et si elle n'a pas voulu mettre tout simplement un terme à la valse des hypothèses, toutes plus gênantes pour elle les unes que les autres... Yuyo verde est choisi à deux titres, d'abord parce que l'expression veut dire herbes folles, et parce que les vers principaux ont servi d'exergue pour l'éditorial de jeudi de Página/12, dont l'équipe de l'émission est proche. Quant à la Cumparsita, le choix se passe de commentaires.
(2) La Pesadilla figurera, en version bilingue, dans mon anthologie de poésie populaire urbaine argentine qui paraîtra en décembre 2010 dans la revue Triages, éditions Tarabuste (rue du Fort, 36170 Saint-Benoît-du-Sault, France). C'est aussi ce même texte dont je m'étais inspirée l'année dernière lorsqu'il a fallu avertir mes lecteurs du décès de Alorsa, un décès qui nous avaient tous pris par surprise et assommés pour de longues semaines (voir cet article du 1er septembre 2009, dans les Chroniques de Buenos Aires).
(3) Si vous allez un jour à Buenos Aires, ayez beaucoup de respect pour cette pratique. N'en riez pas. C'est très sérieux. Et si vous voulez en plaisanter, attendez que les Argentins le fassent. San Pugliese n'est pas une gentille anecdote pittoresque et rigolote pour distraire les touristes. C'est sérieux.
(4) San Cayetano est le patron du travail en Argentine. Voir mon article du 7 août 2008 sur le jour de sa fête autour de sa basilique dans le quartier de Liniers (dont vous savez maintenant qu'il a été l'avant-dernier Vice Roi du Río de la Plata, voir mon article du 18 mai 2010 à ce sujet).

Révolution toponymique en vue à Buenos Aires [Actu]

Une juge de Buenos Aires vient de signifier à la Legislatura de Buenos Aires qu'elle doit soumettre à une loi votée il y a douze ans la toponymie des rues, avenues et places de Buenos Aires.

Il y a douze ans a été en effet votée une loi qui interdit de rendre hommage à des gouvernants anticonstitutionnels. Et l'histoire de l'Argentine en compte un bon nombre entre 1930 et 1983 ! Dont plusieurs ont à Buenos Aires donné leur nom à des espaces publics.

L'arrêt de la juge répond à une plainte portée par un habitant de Buenos Aires offusqué de voir autant de putchistes et de dictatures sur les panneaux indicateurs de sa ville.

La Legislatura doit donc opérer ces changements de nom avant la fin de la présente session (donc avant la tenue des prochaines élections, prévues l'année prochaine). Quel chambardement en perspective !

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12 de ce matin.

vendredi 6 août 2010

Nouvelle interview d’Alfredo Arias pour la première de Tatuaje ce soir [à l’affiche]

Ce soir, au Teatro Alvear, c’est la première de la version argentine de Tatouage, l’une des trois pièces qu’Alfredo Arias avait présentées à Paris de novembre 2009 à la mi-janvier 2010 (voir mon article du 27 octobre 2009 à ce propos, déjà à l’occasion d’une interview dans le même quotidien). Même mise en scène, mêmes costumes, même distribution. Et visiblement, l’événement fait du bruit dans Buenos Aires (j’ai hâte de voir ce que ça donne dans cette grande salle à l’italienne et surtout comment le public là-bas réagit, si toutefois il reste des places lorsque je serai sur place…) : Alfredo Arias a été interviewé la semaine dernière par Clarín, son spectacle fait l’objet d’un article sur le Portail de la Ville de Buenos Aires (le Teatro Alvear est un théâtre public dépendant du Ministère de la Culture portègne) et ce matin, il est à la une du cahier culturel de Página/12 (photo ci-contre) avec une assez longue interview où il explique, dans sa langue maternelle, ce qu’il a voulu dire dans la pièce et comment il s’y est pris.

Pour tous ceux qui ont déjà vu la pièce et ont pu lire les textes de présentation du programme, cette interview est bien entendu des plus intéressantes (pour autant que lire de l’espagnol ne vous fasse pas peur). Pour les autres, peut-être convient-il maintenant d’aller d’abord voir la pièce avec toutes les informations que vous pouvez collecter à travers les articles et les autres auxquels je renvoie…

En novembre 2009, CultureBox, le site culturel de France 3, avait mis en ligne un reportage monté à Paris sur le triptyque qui se jouait alors au Théâtre du Rond Point. Vous pouvez toujours le voir en cliquant sur le lien et une fois sur la page de ce reportage, il vous suffira de cliquez sur l’onglet, En savoir +, pour trouver le lien que l’équipe du site a installé vers Barrio de Tango. Vous pouvez donc quitter ce blog et y revenir ensuite pour continuer à lire les infos concernant l’actualité du genre sur les bords du Río de la Plata.

Sur CultureBox, vous pouvez également visiter la page qui rassemble les différents reportages liés à Alfredo Arias et avoir ainsi en plus un aperçu des Oiseaux d’Aristophane qu’il a mis en scène au printemps à la Comédie Française, avec Catherine Hiegel, dont cette comédie de la Grèce Antique, très, très largement adaptée et remise au goût du jour, a été la dernière apparition sur la scène du Français, puisque le Conseil d’Administration l’avait déjà contrainte à se retirer, à la grande surprise de nombreux autres sociétaires…

Pour aller plus loin sur la reprise de Tatouage à Buenos Aires :
Lire l’annonce sur le Portail de la Ville de Buenos Aires
Lire mon article précédent, du 2 août 2010, sur l’interview accordée à Clarín la semaine dernière.
Pour voir tous les articles consacrés au spectacle dans Barrio de Tango (ce blog), cliquez sur le nom d’Alfredo Arias dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus. Pour élargir, cliquez sur le mot-clé Théâtre.

Le Conseil des Salaires est parvenu à un accord à la hausse [Actu]

En Argentine, un nouveau relèvement du salaire minimum sera effectif prochainement, étalé sur deux échéances, d’abord au 1er septembre et ensuite au 1er janvier, conformément à l’accord qui vient d’être signé entre les partenaires sociaux qui forment le Conseil des Salaires.

Comme d’habitude dans ces négociations, la CTA, la Centrale des Travailleurs Argentins, un syndicat récent qui fait beaucoup de surenchère sur les organisations plus anciennes, a refusé de signer. Mais toutes les autres organisations ont accepté le résultat des discussions, qui ont duré 48h et se sont soldées par un vote de 29 voix pour et 3 contre.

Ainsi le salaire minimum, aujourd’hui de 1500 $ par mois, passera-t-il au 1er septembre à 1740 $ puis à 1840 $ au début de l’année prochaine. Ceci correspond à une augmentation de 22,6%, dans un pays dont l’économie est ravagée par une très forte inflation.

La mesure devrait bénéficier à 227 000 salariés du secteur officiel (le travail au noir représente environ 40% de l’activité économique dans le pays), soit 3% de salariés déclarés.

Sur ces questions de salaire, de minimums sociaux et d’indice des prix, cliquez sur le mot-clé Niveau vie dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, pour accéder à l’ensemble des articles de Barrio de Tango y afférents. En cliquant sur le mot-clé Economie, vous accéderez à un corpus d’articles beaucoup plus large.

Pour aller plus loin :
Vous pouvez retrouver les sites des quotidiens nationaux argentins et uruguayens grâce aux liens disposés dans la rubrique Actu, dans la partie inférieure de la Colonne de droite de ce blog.

jeudi 5 août 2010

Le programme du Festival de Tango de Buenos Aires [à l’affiche]

C’est avec une formule pour le moins provocatrice que Mauricio Macri a dévoilé mardi dernier le programme culturel du Festival de Tango de Buenos Aires : d’après lui, le tango est le soja de Buenos Aires, l’or vert de la ville. Provocation invraisemblable que ce clin d’œil appuyé aux organisations patronales agricoles, qui viennent de clore le Salon de l’Agriculture avec de grandes déclarations très hostiles au Gouvernement national et à ses réformes sociales, tandis qu’à Buenos Aires même, la majorité des responsables et des acteurs de la vie culturelle et artistiques sont, de leur côté, vent debout contre la politique libérale et mercantile menée notamment par le Ministère de la Culture de la Ville, au sein de ce Gouvernement local présidé par Mauricio Macri, actuellement dans le collimateur de la justice nationale et locale sous des chefs d’inculpation très graves (voir mes articles précédents sur le procès en cours d’instruction à propos des écoutes illégales. Pour y accéder, cliquez sur le mot-clé GCBA dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus).
Cela fait tout de même beaucoup.

Surtout si l’on intègre que le développement illimité et qui n’est soumis à aucune régulation de la culture du soja (destiné à l’exportation) a des conséquences désastreuses sur le marché intérieur de la viande et du blé (donc du pain et des pâtes), dont les prix ne cessent de monter parce que le soja prend progressivement toutes les terres arables (où l’on cultivait des céréales et des fruits et légumes) et les prairies sur lesquelles se pratique traditionnellement un élevage extensif, de plus en plus remplacé par un élevage intensif qui réclame moins de terre mais fait perdre à la viande ses qualités gustatives et diététiques, tout en en faisant grimper le prix jusqu’à des montants que des nombreux Argentins ne peuvent plus acquitter.

Devant de telles provocations de la part de Mauricio Macri, on comprend la haine qu’il suscite dans l’opposition de gauche et la colère qui a saisi les responsables culturels en octobre dernier après l’inscription du tango au patrimoine de l’UNESCO. Pour ma part, je persiste néanmoins à penser que cette inscription est neutre du point de vue de l’exploitation commerciale qui est faite du genre, que le festival de Buenos Aires et tout ce qui dépend de la Ville auraient de toute manière pris le chemin de confusion et de paupérisation culturelle qu’ils ont pris depuis 3 ans tout simplement parce qu’un tel chemin correspond au projet politique du Gouvernement actuel de Buenos Aires. Sous certains autres Gouvernements, cette inscription servirait et étaierait (servira et étayera) une toute autre politique, une politique de développement durable y compris sur le plan du tourisme, beaucoup plus exigeante en matière culturelle … Si le Festival de Théâtre d’Avignon ou de Ramatuelle (pour ne prendre mes exemples qu’en France), si le Festival de Cinéma de Cannes ou de Berlin ou de Venise, si le Festival de jazz de Montreux se sont faits reconnaître internationalement et sont devenus aujourd’hui ces gros événements qui font tourner une bonne partie de l’économie locale, c’est bien parce qu’ils ont fait le choix de l’exigence et non pas celle du tourisme décervelé…

Cette année, c’est la troisième édition du festival à laquelle j’assiste et je vois la part dévolue à la culture et à la variété des styles qui caractérise le tango d’aujourd’hui se réduire à vue d’oeil d’année en année. Il est dramatique de constater que la direction de ce festival, pourtant confiée à un musicien de valeur, Gustavo Mozzi, s’en va se fourvoyer davantage chaque année dans une politique d’exploitation du tango comme produit d’appel destiné aux touristes en oubliant de plus en plus l’authenticité et la satisfaction du public local. Cette année, la Academia Nacional del Tango ne participe même pas au Festival, il semble bien qu’elle n’ait même pas été représentée hier à la conférence de presse que Macri a donnée à la Esquina Carlos Gardel, un cena-show qui ne travaille que le soir pour une clientèle argentée, composée d’une petite fraction d’Argentins (notamment d’hommes d’affaires accompagnant des clients ou des partenaires) et une grosse majorité de touristes qui y passent une soirée dans le cadre d’un forfait monté par leur tour opérateur. Il y aura juste, au nouveau quartier général du Festival, l’ancien El Hogar Argentino, Bartolomé Mitre 575, qui remplacera cette année le magasin désaffecté et plein de charme du vieux Harrods (rue Florida), une participation de Horacio Ferrer, Raúl Garello et Marcelo Tomassi qui présenteront leur dernier disque, Buenos Aires es tu fiesta (19 août à 21h30) et une participation de Gabriel Soria qui présentera son prochain livre sur le tango au Japon (le second livre écrit sur le sujet, le premier à avoir défriché le terrain étant Luis Alposta en 1984, avec un livre toujours disponible aux éditions Corregidor).

Ce qui n’empêche bien évidemment pas que de très bonnes choses soient au programme :

Guillermo Fernández (qui est toujours programmé, d’année en année) avec cette fois-ci Demoliendo Tangos qui jouera deux fois,

Federico Mizrahi (du duo Demoliendo Tangos) qui présentera Contratiempo et Marea

Daniel Melingo qui sera au Teatro de la Ribera (à La Boca) et Adriana Varela qui sera au Teatro 25 de Mayo un autre jour, deux interprètes dont le style ne fait pas l’unanimité mais qui ont leurs partisans enthousiastes

Le pianiste José Colángelo, qui n’est pas toujours invité de ce festival et joue dès demain à Datil, à Parlermo (voir mon article de ce jour)

Le bandonéoniste Daniel Binelli et la pianiste Polly Ferman, eux aussi rarement invités

Le violoniste Pablo Agri à la tête d’une nouvelle formation et presque toujours présent à cette manifestation

Une célébration des 75 ans de la mort de Gardel qui reviendra 3 fois au cours des 15 jours de festivité

Les chanteurs Hernán Genovese qui se produira avec la Siniestra Tango, Horacio Molina (lui aussi très rarement participant de ce genre de rencontre) qui chantera au Teatro 25 de Mayo, Marisa Vásquez, Cecilia Bonardi avec Pulso Ciudadano, María José Mentana accompagnée du Quinteto Viceversa, Ariel Ardit qui présentera un disque intitulé A los cantores, Chino Laborde avec Dipi Kvitko pour présenter leur nouveau disque (une première, me semble-t-il, pour tous les deux)

Différentes formations comme Color Tango (qui poursuit le style de Osvaldo Pugliese au lieu de développer le sien), le Quinteto El Descarte, le Quinteto Suárez Paz

Horacio Salgán sortira une nouvelle fois de sa retraite pour prolonger l’événement des fêtes du Bicentenaire et Juan Carlos Godoy, plus tout jeune lui non plus, remontera aussi sur scène, après le succès du spectacle de l’année dernière.

Il sera rendu hommage à Rubén Juárez par la Orquesta del Tango de la Ciudad de Buenos Aires et à Osvaldo Zotto, dont une milonga portera le nom. Il n’est rien prévu pour Tete ni pour Chula Clausi, décédés eux aussi au début de cette année.

Il y aura une projection du film racontant la vie de Homero Manzi (voir mon article du 22 septembre 2009 sur sa sortie l’année dernière) et un hommage à une grande émission de radio des années 50 et 60, le Glostora Tango Club, plusieurs conférences sur l’actualité du tango, ses liens avec la littérature, son développement en Finlande, diverses figures de son histoire, comme le chanteur Roberto Rufino dont une biographie sera présentée au Punto de Encuentro, et de nombreux cours de tango par Mora Godoy, Aurora Lubiz et Luciano Bastos, Jorge Manganelli ainsi qu’Eduardo et Gloria Arquimbau, qui fêtent en ce moment leurs 50 ans de carrière…

Pour aller plus loin :
Consulter le site du Festival sur le Portail de la Ville de Buenos Aires
Lire le communiqué officiel issu de la conférence de presse de Mauricio Macri
Lire la sélection du programme retenue par Página/12
Lire l’article de Clarín paru avant-hier (qui semble reprendre le communiqué de presse de la Direction du Festival)

Sur la forte baisse de la consommation de viande pour cause de hausse des prix, lire l’article d’aujourd’hui dans La Nación. Le journal (d’opposition nationale) attribue la montée des prix à la raréfaction de l’offre, elle-même fruit d’une politique de contrôle des prix et des exportations, décidée par le Gouvernement pour limiter les exportations et satisfaire en priorité le marché intérieur.

Comme on peut l’imaginer, la provocation lancée mardi par Mauricio Macri a fait mouche. On a aussitôt réagi un peu partout à gauche. A se demander si Macri ne poursuit pas une stratégie délibérée consistant à épuiser son opposition dans la bataille… Voir l’éditorial de dernière page de Página/12 dans l’édition de ce matin (1). Il dénonce l’appauvrissement du tango par la surexploitation commerciale du genre, une politique suicidaire d’épuisement du sol similaire à celle conduite par les exploitants de la manne du soja, bien visible dans la programmation où la quasi-totalité des concerts et des conférences sont liées à la sortie de livres ou de disques, un peu comme nos émissions de variété où ne participent plus que des artistes en campagne de promotion pour leur disque, leur tournée ou leur film…

(1) Le journaliste y cite deux vers de Homero Expósito dans un très célèbre tango de Domingo Federico (pour la musique), Yuyo verde, intégré dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, éditions du Jasmin, mai 2010, p 253.

Cecilia Bonardi et Pulso Ciudadano au CC Borges [à l’affiche]


La chanteuse Cecilia Bonardi et son groupe, Pulso Ciudadano, se produiront vendredi 13 août à 22h30 au Centro Cultural Borges, esquina Viamonte y San Martín, dans le cadre d’une série de concerts à laquelle elle a déjà participé, les concerts MAC (Música de Alta Calidad).

Entrée : à partir de 35 $ (peso argentin)

Pulso Ciudadano se compose de Cecilia Bonardi pour le chant, Martín Almada, qui assure les arrangements du groupe, à la guitare, au violoncelle, Roberto Seitz à la contrebasse, Mariano Zambonini au bandonéon, à la flûte traversière et au clavier (synthétiseur) et Maxi Votta à la percussion.

Cecilia Bonardi et Pulso Ciudadano se produiront aussi le mardi suivant, le 17 août, à 19h, au Punto de Encuentro, le nom donné à l’immeuble de l’ex-Hogar Argentino, Bartolomé Mitre 575, dans le cadre du festival de Tango de la Ville de Buenos Aires (entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles).

Pour en savoir plus sur l’artiste, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, pour accéder à l’ensemble des articles la concernant dans ce blog.

Pour en savoir plus sur le Festival de Tango de Buenos Aires, cliquez sur le sigle FTBA dans le bloc Pour chercher, ou sur le raccourci Festival de Buenos Aires dans la rubrique Grands Rendez-vous du Tango, dans la partie haute de la Colonne de droite de ce blog.

Tango íntimos à Datil en août [à l’affiche]

Tango íntimos est une série de concerts qui aura lieu tous les samedis d’août 2010 à 21h, à Datil, un restaurant situé rue El Salvador 4607, dans cette partie du quartier de Palermo que les Portègnes ont baptisée Soho pour son ambition de ressembler à Londres…

Samedi 7 : le pianiste et compositeur José Colángelo, qui présentera son disque, sorti en avril de cette année, Clásicos, avec la chanteuse Gabriela Rey qui, elle aussi, est en pleine promotion de son propre disque, Sensual y tanguera, dont la direction musicale et les arrangements sont du Maestro Colángelo (il sera lui-même au Festival de Tango de Buenos Aires, voir mon article de ce jour à ce propos).

Samedi 14 : le chanteur Ariel Ardit (lui aussi invité du Festival) et le pianiste et compositeur Andrés Linetzky, tous les deux transfuges de l’orchestre El Arranque

Samedi 21 : le chanteur Carlos Morel, qui a commencé sa carrière en 1978 dans l’orchestre de Eduardo del Piano et dont je ne crois pas avoir encore parlé dans ce blog (voir son site Internet)

Samedi 28 : la chanteuse Noelia Moncada, qui a remplacé Ariel Ardit dans l’orchestre El Arranque. Noelia Moncada dispose d’un site Internet dont le lien se trouve dans la Colonne de droite de ce blog, dans la partie basse, rubrique Grillons, zorzales et autres cigales. Noelia Moncada présente actuellement le contenu de son prochain disque solo.

En septembre, les artistes seront Andrés Linetzky, Ariel Ardit et José Colángelo à nouveau et la chanteuse Roxana Fontán, elle aussi habituée de Porteño y Bailarín.

Datil est un restaurant de gastronomie juive. Il est dirigé par Patricia Alfie, qui est aux fourneaux. C’est elle, semble-t-il, qui a confié ou laissé à Carlos Stasi (1) le soin d’organiser et de programmer cette série de soirées, exemptes de prise de risque artistique inconsidérée (ils n’ont pas invité Juan Vattuone ou El Chino Laborde, qui sont capables de tirer sur tout ce qui bouge. Les artistes invités sont des gens qui savent toujours très bien se tenir…).

Dans son établissement, la chef propose un service traiteur mêlant, si j’en crois les photos de son site, traditions ashkénazes et sépharades, un service restaurant dans un très bel espace qui semble aménagé avec un goût précieux (très en phase avec le quartier) et des cours de cuisine et de pâtisserie pour retrouver des traditions ou savoir recevoir à la palermienne (pastelería para la hora del té) (2). Il est possible d’en savoir plus en visitant son site qui affiche une démarche marketing très influencée par un certain snobisme grastronomico-culinaire européen (elle aurait fait ses classes dans une école hôtelière française, milanaise, barcelonaise ou londonienne, qu’elle ne parlerait pas autrement). On est à des milliers de kilomètres de l’ambiance naturelle, franche et sans façon à quoi l’on reconnaît l’authentique culture portègne et que l’on retrouve à Buenos Aires dans des établissements de toute catégorie (3)… Cette authentique culture portègne, on la vit dans des confiterías au décor très soigné et même plutôt chargé, avec personnel de salle en grande tenue comme Las Violetas (Rivadavia y Medrano, à Almagro) ou les grands cafés que sont la Esquina Homero Manzi (San Juan y Boedo, à Boedo) ou le Tortoni (Avenida de Mayo 835, à Monserrat). On la trouve aussi dans les restaurants de quartier qui servent la pizza et les grillades comme Recuerdo, la Esquina Osvaldo Puglise (Boedo y Carlos Calvo, à Boedo), le Plaza Dorrego (Defensa 1098, à San Telmo), El Obrero (Agustín R. Caffarena 64, à La Boca) ou Lalo de Buenos Aires (Montevideo 353, à San Nicolás, à deux pas des théâtres Président Alvear et San Martín). Le reste est imitation de cette Grande-Bretagne victorienne et édouardienne qui, elle-même, imitait ou imite toujours un certain Paris des beaux salons, dont je ne suis pas sûre qu’il ait jamais réellement existé…

(1) Carlos Stasi est le co-fondateur et co-directeur de la milonga Porteño y Bailarín, Riobamba 345 à Balvanera. Les artistes invités à Datil sont aussi ceux qui se produisent souvent à sa milonga.
(2) Le teatime est une coutume anglaise qui s’est fort acclimatée dans la bonne société argentine au 19ème siècle dans ces quartiers nord et chics de la capitale. La coutume argentine, quant à elle, est la merienda (collation surabondante que l’on prend vers 18h ou 19h) et la rueda del mate (la tournée du mate), qu’on se passe de main en main et qui peut tenir le rôle que tient l’apéritif dans le Midi de la France.
(3) Nul n’est obligé de s’en tenir aux boui-bouis minables pour goûter cette ambiance. A Buenos Aires (comme dans beaucoup d’autres villes du monde), populaire ne rime pas avec vulgaire.

lundi 2 août 2010

Les vacances de Barrio de Tango

L’année 2009-2010 a été bien chargée pour moi :

- partenariat pédagogique à partir de décembre avec Gisela Passi et Rodrigo Rufino, avec les premières fiches d'une série sur les thématiques du répertoire du tango et publication de letras en version bilingue avec traductions exclusives sur le site de ces deux professeurs argentins qui exercent à Paris, dans toute la France et en Europe (ils sont actuellement au festival de tango de Nice).

- sortie en mai de mon premier livre, Barrio de Tango (ed. du Jasmin), anthologie bilingue de tango argentin, orientée vers la présentation au public francophone, dans son contexte socio-historique et géographique, du répertoire classique, celui qu’on entend dans les milongas et les cours de tango et que l’on retrouve dans la majeure partie de la production discographique qui arrive jusqu’en Europe

- série de conférences et de dédicaces données dans plusieurs villes de France depuis le 3 mai à la Maison de l’Argentine à la Cité Internationale Universitaire de Paris jusqu’au 31 juillet à l’Académie Esprit Tango à Paris, en passant par le Café Les Augustes à Clermont-Ferrand avec le trio Taquetepa et l'association Tango Volcanique, le salon du Polar en Plein Cœur (de Paris) à l’Espace de Blancs-Manteaux, et le festival international de tango de Toulouse qui a animé pendant une semaine le cœur historique de la Ville Rose du 5 au 11 juillet dernier

- série d'articles autour du Bicentenaire de l'Argentine, qui a été célébré le 25 mai de cette année

- bouclage enfin (à marche forcée) le 30 juillet (à minuit) d’un travail commandé il y a plus de deux ans par la revue Triages des Editions Tarabuste, à Saint-Benoît-sur-Sault (Indre), c’est-à-dire une deuxième anthologie (1), qui portera elle sur des productions littéraires majoritairement plus récentes, qui ne sont pas encore parvenues jusqu’à nous pour la plupart d’entre elles, à part quelques tangos écrits par Luis Alposta et inscrits au répertoire de Daniel Melingo et quelques rares tangos, peu souvent enregistrés malheureusement, du duo Horacio Ferrer-Astor Piazzolla, soit quelque 150 pages partagées entre 10 auteurs actuels, dont les œuvres s’échelonnent de 1967 (La Balsa, de Litto Nebbia) à 2009 (Princesa Guarani, de Alorsa, qui figure dans son second et dernier disque, 13 canciones para Mandinga, et que Lucrecia Merico a repris vendredi dernier pour sa pièce de théâtre policier radiophonique dont je vous parlais dans mon article du 27 juillet 2010)

Il est donc temps pour moi de prendre quelques vacances. En pointillé bien sûr. Je ne saurais m’éloigner vraiment de l’actualité du tango (c’est une passion, pas un gagne-pain). Mais les articles vont s’espacer dans le temps malgré la proximité de l'article n° 1600 (ce billet est le n° 1588). Le mois d’août ne comptera certainement pas les 81 articles que j’ai publiés en juillet. Les billets ne seront probablement plus quotidiens mais je compte bien renouer avec mes Chroniques de Buenos Aires à partir de la mi-août puisque je pars là-bas assister au Festival de Tango et retrouver les amis, comme les chanteurs (mais aussi compositeurs et letristas) Cucuza et Hernán Genovese, qui vont mercredi à 21h30 partager la scène du Bar Notable 36 Billares (avda de Mayo, 1265), dans le cadre de la série des concerts Tango a Tres Bandas (Esteban Riera sera avec eux, pour compléter le trio), comme l’auteur-compositeur-interprète Juan Vattuone qui continue d'animer son stage sur la poésie du tango au Centre Culturel ECuHNi et voudrait m’y voir intervenir pour parler de la passion que m’inspire le tango, comme la chanteuse et interprète Marcela Bublik, l'une des poètes présentes dans l'anthologie à paraître dans la revue Triages (elle se produira au Bar Sanata dans la soirée du 17 juillet), comme l’auteur-compositeur-interprète Lucio Arce qui chantera lui le 24 août avec l’orchestre de Alan Haksten (que je n’ai encore jamais entendu) à La Paila, à Palermo encore, un restaurant dédié à la gastronomie du nord-ouest du pays et où mercredi prochain se produit aussi la chanteuse Jacqueline Sigaut

Et puis il y aura les Plenarios de la Academia Nacional del Tango, les concerts de la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires du jeudi midi au Teatro Alvear, Tatuaje à aller voir en espagnol (s’il reste des places quand je serai arrivée, voir mon article de ce jour), les cours de technique femme dispensés par Aurora Lubiz (2) à la Escuela de Tango Argentino au Centro Cultural Borges. Sans compter tous les autres, et ils sont un petit paquet qu’il serait trop long d’énumérer ici, mais je vais tout de même citer Chantal, une compatriote que je n’ai pas revue depuis deux ans…

Comme vous le voyez, je ne vais pas vraiment m’ennuyer en août et en fonction de la météo Wii-Fii que je trouverai sur place (dans le sud de Monserrat, cette année, plutôt qu’au cœur d'Almagro comme les années précédentes) et du temps que je pourrai m’accorder entre deux rendez-vous avec des amis que je ne vois qu’une fois l’an, je vous raconterai un peu ce qui se passe là-bas, dans les théâtres, dans les cafés, dans les librairies et chez les disquaires, au quartier général du festival, cette année dans la rue Bartolomé Mitre, et aussi, comme toujours, dans les linéaires des supermarchés, Coto ou autres, et sur les étals des bouchers et des marchands de fruits et légumes…

Le rythme européen de publication reprendra dans ces colonnes vers le 15 septembre et la prochaine Gazette de Barrio de Tango sera envoyée aux abonnés autour du 1er octobre, entre les différentes conférences et dédicaces d’ores et déjà programmées à la rentrée, dès le 19 septembre à Rambouillet.

(1) à paraître au mois de décembre 2010 pour clore cette année du Bicentenaire de l’indépendance argentine avec un petit panorama de la poésie populaire de la mégalopole portègne (Editions Tarabuste, supplément à la revue Triages, rue du Fort, 36170 Saint-Benoît-du-Faure, mail : taratri@wanadoo.fr)
(2) Qui m’a gentiment confié une photo d’elle et de son partenaire, Luciano Bastos, pour illustrer et faire briller la couverture de Barrio de Tango, due au pinceau du fileteador Jorge Muscia, que je verrai aussi là-bas…

Alfredo Arias et toute la troupe à l’Alvear pour une version argentine de Tatouage [à l’affiche]

Alfredo Arias et toute la troupe de Tatouage sont à Buenos Aires pour jouer la pièce avec son titre et son texte argentins (Tatuaje). Le spectacle se donnera plusieurs soirs par semaine pendant trois semaines au Teatro Presidente Alvear, Corrientes 1659.

La première a lieu vendredi 6 août d’après le site du Complexe Théâtral de Buenos Aires (Clarín avance néanmoins la date du jeudi 5 août)

Le spectacle se donnera du mercredi au samedi, à 21h, et le dimanche, à 19h30. Plus tard dans l’année, les artistes reviendront en France où une tournée de cinq mois est prévue, qui doit passer par le Théâtre du Rond-Point à Paris en avril 2011 et à Nice en mai (où les représentations auront lieu à guichets fermés. C’est déjà complet).

Prix des places à Buenos Aires du jeudi au dimanche : 50 $ à l'orchestre, 30 $ au premier balcon et 15 aux autres étages
Le mercredi (jour à prix réduit, dit jour populaire -ça existe encore à Buenos Aires) : orchestre et premier balcon à 25 $ et ailleurs à 10 $.

Photo publiée par le site de Clarín

Alfredo Arias est entouré de la même distribution qu’à l’automne dernier à Paris au Théâtre du Rond-Point : Carlos Casella, Marcos Montes, Sandra Guida et Alejandra Radano.

Ceux qui ont vu le spectacle à Paris et les lecteurs de ce blog qui ont lu mes articles à son sujet en novembre, décembre et janvier, se souviennent que ce spectacle est une évocation fantastique et passablement onirique de deux figures exceptionnelles, celle d’un chanteur espagnol homosexuel et efféminé, chassé d’Espagne par le franquisme, et celle d’Eva Perón, dont les Argentins ont célébré le souvenir, il y a quelques jours, à l’occasion des 58 ans de sa disparition (voir mon article du 27 juillet 2010).

La semaine dernière, le jeudi 29 juillet 2010, Clarín a donc saisi l’occasion pour interviewer l’auteur-metteur en scène et comédien après le succès parisien (mes lecteurs se souviennent sans doute qu’en octobre, Página/12 avait publié lui aussi une interview mais avant les représentations parisiennes… Voir mon article du 27 octobre 2009)

Extraits de l’interview :
Aunque su vida transcurre desde hace décadas en París y es uno de los directores de elite en la escena europea, cada visita a la Argentina lo ubica en una situación singularmente sensible. “Me he relatado como un argentino en idioma francés y es difícil unirse emotivamente a la lengua extranjera”, dice. “Con los años me di cuenta que me he refugiado en otra cultura, la francesa. Por eso en Buenos Aires me conmueve y fragiliza enormemente decir cosas en español. Hace poco fui a un médico por un resfriado y me preguntó ¿De dónde venís? Tenés un acento ... y eso me arruinó el día. Me siento profundamente argentino, a pesar de haber vivido cuarenta años en Francia.”
Clarín

Bien qu’il ait fait sa vie depuis plusieurs décennies à Paris et qu’il soit l’un des metteurs en scène très recherché de la scène européenne, chaque visite en Argentine le place dans une situation singulièrement délicate. "Je me suis identifié comme Argentin de langue française et c’est difficile de s’unir à la langue étrangère sur le plan émotionnel, dit-il. Avec les années, je me suis rendu compte que je m’étais réfugié dans une autre culture, la culture française. A cause de ça, à Buenos Aires, dire des choses en espagnol, ça me touche et me fragilise énormément. Il y a peu, je suis allé chez le médecin pour un rhume et il m’a demandé : «d’où viens-tu ? Tu as un accent...» et ça m’a fichu la journée en l’air. Je me sens profondément argentin, même si j’ai passé quarante ans en France".
(Traduction Denise Anne Clavilier)

De la marca que le dejó Evita, dice Arias: “Yo fui un niño peronista. En mi familia eran radicales y yo milité individualmente por Eva Perón. Tengo su imagen ligada a una expectativa: de chico me imaginaba que ella iba a pasar por mi barrio regalando juguetes en un tren. Fue un personaje fantasma, nunca la vi, pero la aspiración de acercarme y de cultivarla como una especie de esperanza de algo diferente, extraordinario, me hizo mantener esa actitud hacia ella”.
Clarín

De l’empreinte qu'Evita a laissée sur lui, Arias dit : "J’ai été un enfant péroniste (1). Dans ma famille, on était radical (2) et moi, j’ai milité personnellement pour Eva Perón. Son image est chez moi liée à une attente : petit, je m’imaginais qu’elle allait passer en train dans mon quartier en distribuant des jouets. Elle a été un personnage phantasme, je ne l’ai jamais vue mais l’aspiration à m’approcher d’elle et à la soigner comme une espèce d’attente (3) de quelque chose de différent m’a fait maintenir cette attitude envers elle".
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Sur le chanteur Miguel de Molina, qui partage la pièce avec le personnage d’Evita, Alfredo Arias parle des innovations artistiques qu’il apporta à la scène et cette identité sexuelle ambigüe qui provoquait les hommes et en laissait pas les femmes indifférentes. Puis l’interview se prolonge :

¿Piensa que la homosexualidad era también una situación política que molestaba en la época?
No, creo que la poesía y lo extraño del personaje era lo que irritaba. El mismo lo dice: Si hubo otras más locas que yo, ¿por qué me persiguieron a mí? Tampoco era un personaje tan desencajado. La persecución va a buscar la poesía, del mismo modo que mataron a Lorca, también lo persiguieron a él. Lo que se cuenta en la historia de su vida que decidí incluir en este espectáculo es que fue un homosexual quien lo persiguió, un tipo que formaba parte del gobierno español, que hizo de su persecución un objeto de odio. Molina despertaba su deseo y a veces la gente quiere matar antes de exhibir lo que le pasa.
Clarín

Vous pensez que l’homosexualité était aussi une situation politique qui gênait à l’époque ?
Non, je crois que la poésie et le côté étrange du personnage, c'était ça qui causait de l’irritation. Lui-même le dit : "S’il y avait d’autres folles que moi, pourquoi m’ont-ils persécuté, moi ?" D’ailleurs, ce n’était pas non plus un personnage aussi disjoncté que ça. La persécution s’acharne sur la poésie, de la même manière qu’ils ont tué Lorca, ils l’ont persécuté, lui. Ce qui est raconté dans l’histoire de sa vie et que j’ai décidé de mettre dans le spectacle, c’est que c’est un homosexuel qui l’a persécuté, un type qui faisait partie du gouvernement espagnol, qui, en le persécutant, en a fait un objet de haine. Molina suscitait son désir et parfois, les gens préfèrent tuer plutôt que de montrer ce qui leur arrive.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

¿Cómo considera su diálogo con el público argentino?
Es algo sincopado. Porque en Francia tengo una continuidad, saben mi historia, tenemos lugares donde nos esperan. En Niza, por ejemplo, tenemos vendidas las entradas para nuestras funciones en mayo. Aquí es diferente. Yo lo veo así: esta ciudad es un laboratorio de mi memoria, con situaciones infinitas que enfrento. Lo que pase, lo acepto como venga y como sea con el público que esté ahí.
Clarín

Quel regard jetez-vous sur votre dialogue avec le public argentin ?
C’est un truc syncopé. Parce qu’en France, j’ai une continuité, on connaît mon histoire, il y a des lieux où l'on nous attend. A Nice par exemple, toutes les places sont déjà vendues pour nos représentations de mai. Ici, c’est différent. Moi, je vois ça comme ça : cette ville est un laboratoire de ma mémoire, avec des situations infinies que j’affronte. Quoi qu’il arrive, je l’accepte comme ça vient et avec le public qui est ici.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

L’interview se termine sur les projets cinématographiques de l’artiste. Je vous laisse découvrir dans l’article de Clarín de quoi il retourne…

Pour aller plus loin :
Lire l’entrefilet de Clarín sur l’album souvenir d’une admiratrice de Miguel de Molina
Consulter la page du spectacle sur le site du Complejo Teatral de la Ciudad de Buenos Aires
Pour lire les autres articles déjà parus dans Barrio de Tango sur ce spectacle, cliquez sur le nom d’Alfredo Arias dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, ou sur les noms des deux interprètes féminines qui se sont produites récemment à Buenos Aires à l’occasion du Bicentenaire, entre autres…

(1) Voir à ce sujet ce qu’il en dit dans son livre de souvenirs, écrit avec Hervé Pons, L’écriture retrouvée, aux éditions du Rocher, mars 2008. Il a complètement viré sa cutie depuis et tient des propos très anti-péronistes aujourd’hui. Il faut dire qu’il a été sérieusement échaudé, dès son arrivée à Paris, par les persécutions qu’il a subies de la part de gros bras de l’extrême-droite française utilisés par Perón depuis son exil espagnol pour faire interrompre la pièce qu’il venait de monter, une oeuvre de l'Uruaguayen Copi, parlant déjà, de manière peu orthodoxe, du personnage qu'est Evita.
(2) Les radicaux, militants ou proches de l’UCR, sont, comme les péronistes, des nationalistes à forte dimension sociale. Quand, à travers un coup d'Etat éclatant et populaire, Perón a surgi dans l'arène politique au début des années 40, après le déclin qu'avait fait subir à l'UCR la Década Infame (1930-1943), le vieux parti des années 1890 vit en lui un terrible et redoutable concurrent (ce qu'il fut), voire un usurpateur de la place légitime que l'UCR s'était forgée dans l'histoire de l'Argentine et qu'elle n'a jamais récupérée depuis. Aujourd'hui encore, radicaux et peronistes se regardent en chiens de faïence et la toute première tentative de coopération entre ces deux grands partis de gouvernement installés à gauche, sous la forme d'une plateforme électorale formée par Cristina Kirchner et Julio Cobos, n’a pas fait long feu. Elle a lamentablement échoué comme le prouvent les relations détestables que la Présidente et le Vice Président, arrivés au pouvoir en décembre 2007, ont depuis juillet 2008. Aussi quelles que soient par ailleurs les bizarreries des adultes qui entouraient Alfredo Arias dans son enfance, son inscription tout minot (pas vraiment légale) aux jeunesses péronistes ne pouvait que très fortement déplaire à ses parents. Ce pourquoi il dit l'avoir fait.
(3) Alfredo Arias utilise un verbe et un substantif qui recouvrent deux significations différentes en français : espérer et attendre.

Le prochain disque de Leopoldo Federico et El Arranque [Disques & Livres]

Les samedis 7 et 14 août et les dimanches 8 et 15, à 17h, le Maestro Leopoldo Federico présentera à la Biblioteca Nacional, Agüero 2502, seul cette semaine et accompagné de l’orchestre El Arranque la semaine prochaine, son tout nouveau disque composé de ses œuvres rares, peu jouées, peu enregistrées.

Le disque, intitulé Raras partituras 6, est produit par Ignacio Varchausky et prend place dans une collection conjointe du label Epsa Music et de la Biblioteca Nacional. Le Maestro Federico y joue tout en soliste.

Chose exceptionnelle, le disque sera édité en format CD et en format vinyle de 180 grammes, qui devrait avoir un son de meilleure qualité.

Pour aller plus loin :
Lire l’entrefilet de Clarín du 28 juillet 2010 à ce sujet.

Mauricio Macri poursuit en justice les sans abri pour non assistance à personne en danger [Actu]

Ce matin, Página/12 a une nouvelle occasion de dénoncer Mauricio Macri, son ennemi juré, installé, depuis décembre 2007, à la tête du Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, où il mène une politique ultra-libérale, très dure aux pauvres et aux fragiles et passablement propice aux affaires économiques.

C’est le 19 juillet dernier qu’un avocat du Conseil des Droits de Enfants et Adolescents de la Ville a porté plainte auprès des services de police pour non assistance (abandono) à mineurs en danger contre un couple sans toit, qui a trouvé refuge, avec ses enfants mineurs, sous le pont de l’autoroute du 25 de Mayo, dans le sud de Buenos Aires (à Buenos Aires, les autoroutes traversent toute la ville sur des voies aériennes, qui forment autant de ponts très larges, sous l'énorme tablier desquels on est un tout petit peu protégé du vent, du froid de l’hiver et de la pluie, mais pas du bruit ni de la pollution ni du passage des voitures dans la rue qui passe sous le pont et encore moins du passge des gros bras qui attaquent les sans logis pour les inciter à quitter la ville et à rejoindre la Province de Buenos Aires pour fuir les sévices dont ils sont l'objet dans la capitale).

Dès le lendemain, lui ont emboîté le pas différents ministres et directeurs de service de ce même gouvernement portègne. Le Procureur n’a néanmoins moins pas donné suite à ces dénonciations parce qu'il estime que les parents ainsi mis en cause se trouvent eux-mêmes en situation de grande précarité et que le fait de faire vivre ainsi leurs enfants ne peut pas leur être imputé comme un délit. En l'occurrence, les deux personnes que les dignitaires ont cherché à transformer en délinquants ou en criminels sont un homme de 51 ans qui exerce le métier de cartonero (chiffonier) et sa femme de 40 ans, qui n'a pas de papiers. Leurs deux enfants ont respectivement 10 ans et 10 mois.

Une nouvelle vague de froid polaire vient de s’abattre sur Buenos Aires, quelques jours après la fin de la première. La nuit, le thermomètre descend en-dessous de zéro, ce qui représente une température peu habituelle dans la capitale argentine et donc une pénible contrainte pour des organismes mal adaptés à de tels frimas. A l’aube du 4 juillet dernier, un nouveau-né, Luis Navarro Fernández, né dans la rue 25 jours plus tôt et dont les parents vivent sous ce même pont de cette même énorme autoroute, est mort d’une pneumopathie et les médecins de l’hôpital voisin, où sa mère s’est précipitée pour tenter de le sauver, n’ont pas pu le réanimer. Depuis, la famille, le père, la mère et leurs cinq enfants toujours en vie, a été logée dans un hôtel du quartier de Constitucion.

Comme j’ai eu l’occasion de le dire ici à plusieurs reprises depuis la fin de l’été austral, les gens qui se retrouvent à la rue à Buenos Aires le doivent en grande partie à la politique anti-sociale de Mauricio Macri. Aussi, dès qu’a été connue la nouvelle des plaintes déposées auprès des services de police par les instances municipales, deux députés siégeant au Congrès, membre de Proyecto Sur, l’un des partis socialistes argentins, dirigé par Pino Solanas, élu de la Legislatura de Buenos Aires, ont porté eux-mêmes plainte contre Mauricio Macri pour abus de pouvoir et manquement à ses devoirs de détenteur de l’autorité exécutive (incumplimiento de sus deberes de funcionario, terme qui, en Argentine, ne veut pas dire fonctionnaire mais haut-commis de l’Etat ou Ministre).

Les deux élus socialistes ont présenté leur requête, vendredi 30 juin, devant le tribunal criminel territorialement compétent : elle dit qu’on "peut difficilement trouver des cas dans lesquels on aura recouru de manière aussi manifeste à la criminalisation de personnes se trouvant dans un si haut niveau de vulnérabilité en violation des règles et des procédures en vigueur afin de dissimuler le manquement à ses propres fonctions".

La plainte est déposée nommément contre Mauricio Macri et plusieurs de ses ministres ainsi que contre les membres du Conseil des Droits des Enfants.

Les organismes sociaux estiment aujourd’hui qu’il y a à Buenos Aires environ 15 000 personnes à la rue mais le Gouvernement de la Ville n’en dénombre, lui, qu’à peine 1500. Sur ces 15 000 personnes, près d’un millier serait des mineurs d’âge, la plupart scolarisés. C’est beaucoup plus que ce que les organismes sociaux municipaux estimaient il y a un peu plus d’un an, en mai 2009, au début de l’automne (moins de 2000 personnes, ce qui à ce moment-là paraissait un chiffre exorbitant dans une ville comme Buenos Aires).

Pour en savoir plus :
Lire l’article de Página/12 de ce matin.
Lire mon article du 5 mai 2009 sur le nombre des sans abris déjà alors en forte croissance.
Lire mon article du 25 avril 2010 sur la tentative du Gouvernement portègne de placer les sans-abris dans les les lieux de culte la nuit contre une misérable rétribution pour les institutions religieuses qui se seraient ainsi nuitamment transformées en asiles, totalement inadaptés à cet objectif.
Lire mon article du 23 juin 2010 sur l’augmentation brutale de la mortalité infantile à Buenos Aires en 2009.
Pour ces questions relatives au niveau de vie, cliquez sur le mot-clé niveau vie dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, pour accéder aux articles qui en parlent dans ce blog.
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