jeudi 22 juillet 2010

Le Cuarteto Julio Coviello au CAFF demain soir [à l'affiche]

Le bandonéoniste Julio Coviello, qui est depuis de nombreuses années le premier bandonéon de la Orquesta Típica Fernandez Fierro, se produit avec son quatuor demain, vendredi 23 juillet 2010, au CAFF (Sánchez de Bustamante 764), la salle de l'orchestre dans le quartier emblématique et populaire de l'Abasto, à 22h30, pour présenter le premier disque de sa formation.

Entrée : 25 $ en prévente au Musetta Café (Billinghurst 894) et 30$ le soir même à la caisse du CAFF.

Le disque, intitulé Catorce (14), parce qu'il compte 14 morceaux, s'organise selon la grande tradition léguée par Osvaldo Pugliese : des arrangements du chef (Julio Coviello), de la musique originale du chef (5 morceaux, plus que sur les disques de Pugliese qui n'en mettait que 2 de lui, jamais plus) et d'autres compositeurs de la OTFF (2 morceaux, il a inversé les proportions pugliesiennes), des versions propres de classiques (Pa' que bailen los muchachos de Aníbal Troilo et Enrique Cadícamo, Milonga triste de Sebastián Piana et Homero Manzi, Lo que vendrá de Astor Piazzolla, Canción de Ausencia de Roberto Pansera et Victor Lambertucci) et, chose que ne faisait pas du tout Pugliese, une bossa brésilienne, Retrato em branco e preto de Antonio Victor Jobim et une chacarera (1) de Julio Coviello lui-même, revue et corrigée par la sensibilité citadine du grand monstre urbain qu'est Buenos Aires.

Le disque est déjà disponible sur la boutique en ligne de Zivals, le grand disquaire portègne (cliquez sur le lien pour visiter la page du disque (2), écouter les 45 premières secondes de chaque plage et découvrir le style âpre, sombre et orageux dans la ligne du travail développé par la OTFF mais sans en être une copie).

Le Cuarteto Julio Coviello rassemble Julio Coviello (bandonéon, arrangement et direction), Nicolás Di Lorenzo (piano), Mariano Bustos (contrebasse), Eduardo Lucente (guitare électrique) et Mariano Mazzei (chant).

Vous pouvez aussi découvrir le groupe sur la page Myspace de Julio Coviello.

(1) Chacarera : musique et danse folklorique typique du nord de l'Argentine.
(2) où vous découvrirez une petite erreur : Pa' que bailen los muchachos est répété deux fois, il y a sûrement une erreur de saisie et un titre qui manque sur les 14 morceaux qui composent le CD.

Macri met son mandat en jeu [Actu]

Depuis la fin de la semaine dernière, comme le savent les fidèles lecteurs de ce blog, la justice argentine a validé l’inculpation de Mauricio Macri, prononcée à la mi-mai, dans le dossier des écoutes illégales, désormais connu comme l’espionnage de l’AMIA (voir mon article du 18 juillet 2010 sur le sujet).

La Legislatura Porteña, assemblée législative compétente pour la Ville Autonome de Buenos Aires, où le chef du Gouvernement en fonction n’a pas de majorité absolue mais une opposition déterminée à lui faire rendre gorge (voir mon article du 30 juin 2009 sur les résultats des élections de mi-mandat en juin 2009), s’est aussitôt emparée de cette occasion en or pour lancer une procédure de destitution dont l’envie la démangeait depuis de nombreux mois, tant le feu couve entre Macri et elle depuis la prise de fonction du premier (10 décembre 2008) et l’avalanche de scandales, tous plus énormes les uns que les autres, qui a suivi sans solution de continuité depuis.

A Buenos Aires, la procédure de destitution doit passer par ce que les Argentins appellent un procès politique (juicio político) qui, à Buenos Aires, doit être engagé par 45 députés (1) sur les 70 que compte la Legislatura Porteña et il faut pour cela l’accord de 30 de ces 45 députés. Dans un deuxième temps, il faut que le Chef du Gouvernement mis en cause comparaisse devant une Commission de jugement (sala juzgadora), composée de 15 députés, dont 10 siègent aujourd’hui dans les rangs de l’opposition. Ce qui signifie que si la procédure passe, la destitution est très vraisemblable. Or la procédure, lancée par l’opposition avant-hier, a été mise en échec dès sa première étape : les députés du PRO (macristas) ont tous voté contre.

Et à la surprise de tout le monde, en un vrai coup de théâtre qui reste difficile à comprendre, contre le vote exprimé quelques heures auparavant par les députés qui lui sont acquis, Mauricio Macri vient de demander lui-même, au cours d'une conférence de presse, sa mise en jugement politique, devant les instances de la Legislatura. Sans doute espère-t-il ainsi sortir politiquement blanchi, ce qui lui laisserait les mains libres face à son opposition (qui aurait alors bien du mal à être audible) et lui donnerait (peut-être) un petit avantage psychologique devant les magistrats dans la procédure pénale entamée contre lui, qui sera maintenue quel que soit le résultat de la procédure à la Legislatura.

Tous les observateurs sont abasourdis : il prend un risque qui paraît énorme dans une affaire où il y a vraiment un faisceau d’indices contre lui et tout un passé de dossiers très troubles (voir mes articles sur la vie politique au niveau de la Ville en cliquant sur le mot-clé GCBA dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, sous le titre du présent billet).

Ses adversaires et ses partisans se départagent avec seulement 4 voix de différence et ces 4 voix sont des voix d’appui, d’alliés et non de partisans soumis à une discipline de parti (ou de courant). Deux de ces députés sont des fidèles de Francisco de Narváez, du PRO comme lui mais contre lui depuis que Macri a annoncé, cet été, son intention de se présenter à l’élection présidentielle (2), et les deux autres sont des fidèles de Elisa Carrió, une opposante viscérale au couple Kirchner qui a jusqu’ici soutenu la politique et les arguments de Macri parce qu’il est l’opposant en chef des Kirchner sur Buenos Aires mais lundi, elle s’est soudain désolidarisée de lui (à la plus grande jubilation des titreurs et des graphistes du quotidien de gauche Página/12) en lui donnant un très spectaculaire coup de pied de l’âne. En se rapprochant ostensiblement d’un allié jusqu’alors indéfectible de Macri mais qui venait de le lâcher (3), elle a affirmé que l’arrêt qui confirme l’inculpation était un arrêt impeccable, ce qui était peu cohérent avec ses propos précédents.

A Página/12, on interprète le changement radical de stratégie de Mauricio Macri comme un abandon à son sort judiciaire du Ministre de la Justice portègne, Guillermo Montenegro, lui aussi dans le collimateur des magistrats, et de ses subordonnés de la Policia Metropolitana, un ministre que Macri a pourtant soutenu jusqu’à l’arrêt de confirmation et qu’il serait en train de lâcher maintenant pour lui faire porter le chapeau, en sa qualité de supérieur du Directeur de la Sécurité, en prison préventive depuis plusieurs mois, après son inculpation comme ordonnateur effectif des écoutes (4).

La décision de Mauricio Macri ressemble aussi à un désaveu de ses propres avocats qui étaient d’avis jusqu’ici de laisser se dérouler la procédure pénale en évitant les vagues inutiles et d’aviser au fur et à mesure, ce qui paraissait le plus raisonnable. Sauf que les délais de justice risquaient bel et bien de placer les audiences en pleine campagne électorale.

Si les choses se passent comme prévu, on va assister dans les heures qui viennent, si ce n'est déjà fait ou en cours, à un spectacle surréaliste : l’enclenchement de la procédure de destitution par les députés du PRO, qui vont faire l’inverse de ce qu’ils ont fait au cours du dernier scrutin. Comme un énorme coup de dé qu’un Mauricio Macri imberbe de fraîche date (5) a présenté dans sa conférence de presse, entouré de tous ses ministres, qui font tout de même tous une drôle de tête (6), comme une preuve suprême de transparence démocratique de sa part.

Qui vivra verra. La précédente et unique procédure de destitution a eu lieu en 2006 contre Aníbal Ibarra pour des malversations diverses et variées. Elle avait abouti. La procédure lancée par Mauricio Macri contre lui-même sera la seconde depuis que Buenos Aires jouit d’un statut de Ville autonome, avec un Gouvernement et une Chambre Législative (Legislatura) -et non plus un maire et un conseil municipal comme avant 1994- et une Constitution qui la dote des mêmes attributions qu’une Province.

Affaire à suivre dans la presse argentine, dont un certain nombre de titres sont présents parmi les liens de la rubrique Actu, dans la partie basse de la Colonne de droite de ce blog…

(1) qui forme la Commission d’accusation (sala acusadora).
(2) à laquelle De Narváez ne peut de jure se présenter car il est Argentin par naturalisation et non par naissance (comme l’exige la constitution fédérale) mais dont il veut être le décideur au sein du PRO, qu’il dirige.
(3) Felipe Solá, un ancien Gouverneur de droite de la Province de Buenos Aires, aujourd’hui député de la Ville de Buenos Aires (siégeant à la Legislatura), qui a écarté publiquement l’hypothèse jusqu’alors unanimement soutenue par la droite portègne que l’inculpation venait d’une manœuvre politique inavouable des Kirchner pour se débarrasser de leur plus dangereux adversaire politique à la prochaine élection présidentielle.
(4) Personnellement, j’ai été très frappée du ton, plutôt inhabituel, des informations sur la 2 x 4 mardi matin, il y a donc deux jours (je n’ai pas eu l’occasion d’écouter depuis). La 2 x 4 est le fidèle reflet du pouvoir portègne. Radio publique directement administrée par le Gouvernement, elle porte la voix de cette instance dans ses analyses politiques, tout comme le site Internet de la Ville. Or mardi, le ton des journalistes n’était pas particulièrement macriste et ils ne se faisaient pas vraiment l’écho des arguments développés par Mauricio Macri dans sa défense pro domo.
(5) Cela le rend plus difficile à croquer pour les caricaturistes qui vont devoir attendre que le public se soit habitué à cette nouvelle tête pour le reprendre et le débarrasse d’un petit point en commun avec Hitler, un peu risqué par les temps qui courent. Mais allez donc regarder la une de Página/12 d’aujourd’hui, vous allez constater que l’opposition a facilement contourné l’obstacle en appelant à la rescousse les photographes de presse (la rédaction a sélectionné un impitoyable trio de clichés) et pour la moustache, Daniel Paz a joué avec celle du premier ministre national, Aníbal Fernández, plus fournie et qui ne fait courir aucun risque d’aucune comparaison fâcheuse à son propriétaire.
(6) Et encore ! la photo est extraite du Portail de la Ville de Buenos Aires, tout acquis au Chef du Gouvernement, auquel il obéit au doigt et à l’œil, avec ou sans moustache…

Avortement en Argentine : le Gouvernement recule [Actu]

Comme on pouvait s’y attendre, la tentative d’alléger la procédure légale conduisant à l’IVG ne passe pas dans l’opinion publique en Argentine. Il faut dire que le Gouvernement fédéral (Gobierno de la Nación) en avait pris un peu à son aise en essayant de passer par la voie d’un guide pratique et directif à l’intention des médecins sans tenir compte de la représentation nationale ni des requis que seule la loi peut fixer comme le nombre de semaines d’aménorrhée durant lequel l’avortement n’est pas considéré comme un infanticide (sans parler des risques encourus par la mère en cas de grossesse très avancée, risques dont on imagine que guide laissait le médecin juge légitime). Voir à ce sujet mon article d’hier.

Aussi ce matin, tous les journaux argentins (1) reviennent sur l’affaire et sur la marche arrière, par communiqué de presse, de Juan Manzur, le Ministre de la Santé, qui assure que le guide publié (et disponible sur le site du Ministère) ne correspond en aucun cas à une directive de sa part et qu’il n’a lui-même signé aucune résolution en ce sens. Toutefois le Ministre se garde de retirer le guide de la circulation.

Selon le communiqué officiel, l’affaire serait une opération politique montée contre le ministre à l’intérieur du Ministère et Manzur serait prêt à limoger les responsables.

La Nación, quotidien très hostile à la mesure, affirme aujourd’hui qu’il existe pourtant une résolution numérotée (1184), datée du 12 juillet dernier, et dont le guide pratique serait la fidèle application.

Quand le scandale a éclaté dans la journée d’hier, il y avait une réception très médiatique et qui se voulait telle à la Casa Rosada : Cristina Fernández de Kirchner, le Chef d’Etat, signait publiquement le décret d’application de la loi accordant aux couples homosexuels le statut matrimonial plein et entier. Si la cérémonie du Palais présidentiel devait faire diversion, ce qui n’est pas certain, elle aurait donc échoué et de belle manière. Il faudra donc rester attentifs dans les jours et les semaines à venir à la tournure des événements puisque le lancement de la campagne électorale pour l’élection présidentielle, les élections législatives partielles et les élections provinciales est désormais imminent : elles auront lieu en 2011. Ce sujet est très sensible en Argentine et dans toute l’Amérique Latine. Ce sont les seuls pays de la civilisation occidentale où la législation reste prohibitive en la matière. Et cette sensibilité pourrait bien être exacerbée par le succès remporté par les lobbies homosexuels dont la pression est à l’origine de la toute récente loi dite du mariage gay, contre laquelle plusieurs officiers d’Etat Civil n’ont pas tardé à faire valoir leur ferme opposition de conscience.

(1) Les liens sont dans la rubrique Actu, dans la partie basse de la Colonne de droite.

mercredi 21 juillet 2010

Caracol et Horacio Molina consacrent chacun un disque à un poète [Disques & Livres]

Clarín publie aujourd’hui un article sur la sortie des nouveaux disques de deux excellents tangueros : Horacio Molina qui publie un disque sobrement intitulé Alfredo Le Pera et Caracol qui sort, quant à lui, un album sur Homero Manzi. Alfredo Le Pera (1900-1935) et Homero Manzi (1907-1951) sont deux des plus grands poètes de tango. Le premier a essentiellement travaillé avec et pour Carlos Gardel et j’ai eu l’occasion d’en parler à différentes reprises mais particulièrement en juin dernier, lorsque l’Argentine a commémoré les 75 ans de leur mort conjointe et tragique à Medellín en Colombie (lire mon article sur l’hommage à Le Pera le 24 juin dernier). Le second est l’auteur du chef d’œuvre qu’est Barrio de Tango et l’un des plus prolifiques letristas de tango, malgré une existence très courte pour lui aussi (à peine 44 ans).

Pour l’heure, je n’ai bien évidemment écouté ni l’un ni l’autre de ces deux disques, que je me ferai un bonheur de découvrir prochainement au cours de mon séjour annuel à Buenos Aires pendant le festival mais j’ai tendance à croire Clarín lorsqu’il dit qu’il s’agit de deux disques aux interprétations très personnelles et à la touche originale. Les deux chanteurs sont connus pour sortir des rails conventionnels et conformistes du tango de papa.

Le contenu des deux albums est des plus appétissant :

Côté Horacio Molina - Le Pera : le disque, sorti le 22 juin chez DBN, est riche de 17 morceaux, dont trois bonus qui ont été enregistrés dans les années 80. La perle des bonus est sans doute ce Cuando tú no estás en duo avec Mercedes Sosa, décédée il y a une huitaine de mois maintenant (voir mes articles sur Mercedes Sosa). Autre chanteur invité dans cet album, le Brésilien Dorival Caymmi qui accompagne Horacio à la guitare dans Arrabal Amargo, le premier titre du CD, et chante avec lui El día que me quieras. Les autres morceaux sont chanté a la criolla (avec un accompagnement de guitares) ou avec orchestre mais dans ce cas, sans bandonéon, ce qui participe à l’originalité du style délibérément tenu en dehors des sentiers battus.
Parmi les titres interprétés sur ce disque (d’ores et déjà en vente sur la boutique en ligne de Zivals, Tangostore, à retrouver dans la rubrique Les commerçants del Barrio, dans la partie basse de la Colonne de droite de ce blog), il y en a sept qui font partie de mon livre (1) : El día que me quieras, Melodía de Arrabal, Sus ojos se cerraron, Amores de estudiante, Soledad (qu’Horacio Molina chante a capella, s’il vous plaît), Cuesta abajo et Volver.
Les autres titres sont : Mañanita de sol, Amargura, Volvio una noche, Lejana tierra mía, Recuerdo malevo, Criollita de mis amores, Sol tropical et Golondrinas.
Il est possible d’écouter des extraits de chaque morceau (les 45 premières secondes) sur le site de Zivals.

Côté Caracol - Homero Manzi : le disque, intitulé Manzi x Caracol (que je n’ai pas vu sur le site Internet de Zivals, mais qui ne saurait tarder à s’y trouver) propose 9 titres et suscite l’enthousiasme du journaliste de Clarín. Grâce au site de l’artiste, je peux vous donner la liste complète des 9 morceaux qui le composent : Barrio de Tango*, Malena*, Fuimos*, Milonga triste, Tal vez será su voz*, Che bandoneón*, Fruta amarga, Gota de lluvia* et El último organito* (2). L’ensemble du disque est dirigé et arrangé par le compositeur Fernando Tato Finocchi (3). Tout cela semble bel et bon. Et en attendant que Zivals se réveille, vous pouvez toujours aller jeter un œil sur le site du chanteur.

Pour en savoir plus :
Lire l’article de La Nación du 24 juin (4) sur la sortie du disque de Horacio Molina (vous y trouverez en prime les annonces de deux spectacles que je n’ai pas reprises faute de temps dans Barrio de Tango en ce 75ème anniversaire de la mort de Carlos Gardel et de Alfredo Le Pera : un récital de Esteban Riera et Cardenal Domínguez avec le groupe d’électro-tango Otros Aires au Museo Casa Carlos Gardel et un concert de la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires au Teatro Alvear pour rendre hommage là encore au Troesma tragiquement disparu).
Consulter la page de DBN sur le disque de Horacio Molina
Visiter le site de Caracol
Visiter la page Myspace de Horacio Molina (qui n’est pas encore à jour de la sortie du nouveau disque)

Dans la Colonne de droite, vous trouverez des raccourcis correspondant à mes articles sur les deux chanteurs et sur les deux poètes, dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la partie haute de la Colonne. Vous pouvez aussi accéder à l’ensemble des articles en cliquant sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.
Dans la rubrique Grillons, zorzales et autres cigales, vous trouverez un lien permanent avec le site de Horacio Molina. Je n’ai pas encore ajouté le lien au site de Caracol, mais ça viendra bien un jour…

(1) Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, éditions du Jasmin, mai 2010.
(2) Les titres accompagnés d’une astérisque font partie du corpus de letras présentées dans le texte original et que j’ai traduites en français dans mon livre.
(3) Fernando Tato Finocchi sera présent dans la seconde anthologie, à laquelle je mets à présent la dernière main, et qui présentera en version bilingue là-encore 10 poètes actuels de musique urbaine. Tato Finocchi est le compositeur de deux tangos écrits par Raimundo Rosales, qui compte au nombre de ces 10 poètes, avec Héctor Negro, Alejandro Szwarcman, Alorsa, Luis Alposta, Horacio Ferrer, Litto Nebbia, La Biyuya, Verónica Bellini, Lucrecia Merico… A paraître en décembre aux Editions Tarabuste, Rue du Fort 36170 Saint-Benoît-du-Sault (France), dans la revue Triages.
(4) L’article comporte quelques phrases extraites d’une interview dont voici la version bilingue :
"Desde niño incorporé esas canciones a mi vida como el arroz con leche y las calles de mi barrio. Forma parte de mi estructura musical",
Horacio Molina dans La Nación

Depuis l’enfance, j’ai intégré ces chansons-là dans ma vie comme le riz au lait et les rue de mon quartier. Cela fait partie de ma structure musicale.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

"Cuando comencé a escuchar a Gardel no hacía una análisis intelectual de las letras de Le Pera, pero con el tiempo me di cuenta del valor poético y las imágenes que utilizó. Y siento que quedó un poquito relegado en la historia a pesar de haber compuesto cuarenta canciones, que se conocen en el mundo entero".
Horacio Molina dans La Nación

Quand j’ai commencé à écouter Gardel, je ne faisais pas une analyse intellectuelle des textes de Le Pera mais avec le temps, je me suis rendu compte de la valeur poétique et des images qu’il a employées. Et je regrette qu’il soit resté un peu relégué dans l’histoire alors qu’il a composé quarante chansons qui sont connues dans le monde entier.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

"Hace tiempo tenía ganas de meterme con semejante obra, sabiendo que fue interpretada por un monstruo como Gardel. No me hice el raro y respeté el clima de las canciones, pero esta mi mirada […]. Me extraña que sea el primero en hacer una cosa así. Lo ninguneaban porque decían que hacía cosas a pedido. Mozart tambien escribía a pedido y todos los grandes escribieron a pedido. Había que escribir en cuatro días esas frases de antología. Sus letras son magistrales".
Horacio Molina dans La Nación

Cela fait un bon moment que j’avais envie de me coltiner à une œuvre pareille, vu qu’elle a été interprétée par une pointure comme Gardel. Je n’ai pas joué l’originalité pour l’originalité et j’ai respecté l’ambiance des chansons mais c’est bien mon regard dessus. Cela me surprend que je sois le premier à faire une chose de ce genre. On faisait peu de cas de lui parce qu’on disait qu’il avait travaillé sur commande. Mozart aussi écrivait sur commande et tous les grands ont écrit sur commande. Ces phrases d’anthologie, en quatre jours, il fallait tout de même les écrire ! Ses textes sont magistraux.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Elargissement du droit à l’avortement du côté gauche [Actu]

Encouragé par le vote, plutôt confortable tout compte fait, de la loi sur le mariage homosexuel il y a quelques jours (voir mon article du 15 juillet 2010), c’est à un autre tabou que le Gouvernement argentin vient de s’attaquer : l’avortement, qui est toujours un crime au regard de la loi dans le pays. Et cela n’est pas vrai qu’en Argentine mais dans toute l’Amérique du Sud (voir mon article du 3 novembre 2008 sur la tentative manquée en Uruguay il y a deux ans).

En Argentine, les avortements clandestins sont à l’origine d’une impressionnante mortalité féminine et en majorité chez les plus pauvres, car elles n’ont pas accès à la contraception soit par manque d’information, soit pas manque d’argent et ne peuvent souvent pas supporter la charge économique d’une bouche à nourrir. La loi ne permet, en gros, que les avortements thérapeutiques, dont elle laisse l’appréciation aux médecins, et exige en pratique dans tous les autres cas, notamment ceux des grossesses liées à un viol, que l’affaire soit examinée par un juge, qui décide en toute indépendance. C’est alors l’arrêt favorable du juge qui autorise le médecin à procéder à l’interruption de grossesse sans qu’il y ait commission d’un crime. Mais, encore tout récemment, on a vu des juges refuser cet aborto no punible à des gamines de moins de 15 ans, qui devaient leur grossesse à un viol ou à un inceste.

Le Gouvernement argentin vient donc de procéder par une astuce réglementaire : le Ministère de la Santé, qui était, au début du mandat de Cristina Kirchner, en décembre 2008, tenu par une adversaire déclarée de la dépénalisation de l’avortement et qui est depuis septembre dernier aux mains de Juan Manzur, qui a un beau palmarès en matière d'amélioration de la santé publique dans sa Province d'origine, vient de publier à l’intention des médecins un guide de la conduite à tenir devant une femme en état de grossesse non désirée. Ce guide leur indique les critères qui doivent leur permettre de procéder à l’interruption de grossesse dans tous les cas de viol et non plus seulement en cas de viol sur une femme handicapée mentale, à la seule condition que la femme produise soit le récipissé de sa plainte auprès de la police pour l'agression dont elle a été victime soit une déclaration sur l’honneur qu’elle a subi une telle agression, sans qu'elle ait à apporter la preuve qu’elle a effectivement été victime d'une telle relation sexuelle non consentie. Jusqu’à présent, affronté à une demande de ce type, le médecin n’avait pas d’autre choix que d’adresser au juge une demande de aborto no punible. Désormais il pourra, et même devra, procéder à l’IVG, et de ce fait, il ne pourra pas être poursuivi au pénal puisqu’il ne fera qu’appliquer une directive (ou ce qui peut en tenir lieu) de sa hiérarchie, à savoir le Ministère de la Santé. Ce qui ne manquera pas de soulever de graves questions de conscience chez le grand nombre de praticiens opposés par principe à l’interruption volontaire de grossesse.

Le ministère de la Santé a promis qu’il y aurait tout un travail d’accompagnement des médecins et des patients pour que ce nouveau protocole entre en vigueur en douceur mais bien réellement. Un nouveau protocole que tout un chacun peut télécharger sur le site du Ministère.

Bien entendu, ce guide technique (protocolo de atención), qui est conçu pour homogénéiser les pratiques des établissements publics de santé et qui s’impose à eux comme une directive, qu'il en ait ou non le statut officiel (1), emporte la dépénalisation générale de l’avortement de facto tout en évitant au Gouvernement une nouvelle bataille parlementaire avec une nouvelle bronca dans les rangs des catholiques pratiquants et chez la hiérarchie épiscopale, déjà remontée comme une pendule par la loi sur le mariage homosexuel. Ce qui est certes très efficace mais est aussi très contestable sur le plan de la démocratie, même si le ministère présente ce guide comme un simple outil d’interprétation pratique du Code pénal argentin, qui laisse théoriquement toute liberté au médecin de juger si le cas tombe ou non sous le coup de la loi (2) et affirme qu’il s’agit seulement d’éviter les délais et les retards avec lesquels la justice a l’habitude de traiter ces affaires de moeurs (ce qui n’est pas faux non plus).

Décidément, Cristina marche dans les pas d’Evita, elle qui avait bataillé -et obtenu à la fin des années 40- le droit de vote pour les femmes, la légalisation du divorce et le partage égalitaire de l’autorité parentale entre le père et la mère, deux lois qui furent abolies aussitôt après le renversement de Perón en 1955 par un gouvernement à la solde des Etats-Unis et soucieux de se concilier les bonnes grâces de l’épiscopat catholique, si influent. En 1955, le droit de vote des femmes fut la seule conquête féministe péroniste à survivre au coup d’Etat. Il est clair que Cristina Fernández de Kirchner veut laisser son nom à la postérité dans cette tradition politique-là (elle le revendique même ouvertement), d’autant qu’elle passera à l’histoire de toute façon pour avoir été la Présidente du Bicentenaire. Se représentera-t-elle l’année prochaine pour un second mandat ? Peut-être oui, peut-être non. Hier, sa belle sœur, Alicia Kirchner, qu’elle avait reconduite en décembre 2010 dans les fonctions ministérielles qu’elle exerçait déjà sous le mandat de son frère, Néstor Kirchner, époux de Crisitina, a lancé son propre mouvement au sein du Partido Justicialista. Pour encourager,dit-elle, les candidatures féminines… Après le mari, la femme et puis ensuite la belle-sœur ? Aïe ! Aïe ! Aïe ! Le modèle risque alors de se rapprocher un peu trop de celui de la Generación del Ochenta, ces gouvernements népotiques et consanguins qui se succédèrent à la Casa Rosada pendant 36 ans, de 1880 à 1916, et sont si impopulaires dans la mémoire nationale.

Pour en savoir plus :
Lire l’article de La Nación (très hostile à la mesure)
Lire l’article de Clarín (réservé mais pas hostile)
Lire l’article de Página/12 (très favorable)

(1) En Argentine, le réseau de santé public est d’accès entièrement gratuit. La médecine privée, en consultation de ville ou en clinique, est hors de prix pour la majorité des habitants puisqu’il n’y a pas de système de remboursement des frais de santé. Il est donc indispens able de mettre en place des protocoles qui soient appliqués partout de la même manière pour éviter les distortions de pratique selon les lieux et la plus ou moins grande richesse de la Province. Les guides techniques font donc office d’étalon qui permettent aux médecins de maintenir un niveau de soin jugé convenable pour le pays. Et de fait, le réseau des hôpitaux argentin est réputé dans toute la région au point qu’on vient parfois de pays voisins pour se faire soigner en Argentine.
(2) Beaucoup de médecins refusent de pratiquer des avortements de peur que leur geste tombe sous le coup de la loi. Et ils recourent donc parfois à des procédures judiciaires là où ils pourraient prendre leur courage à deux mains et exercer leur métier sans interférence d’un juge, notamment lorsqu’il s’agit de toutes jeunes filles de moins de quinze ans, emmenées par leurs mères elle-même femmes battues par un mari violeur et incestueux. Mais le tabou est terrible en Argentine où l’histoire politique particulièrement douloureuse pèse au moins autant que l’Eglise institutionnelle. La démocratie n’a que 26 ans et elle n’est pas encore libérée des vieux démons de la corruption et des jugements partiaux.

mardi 20 juillet 2010

Comment faire sa fête à Macri à la Une de Página/12 le jour des Amis [Actu]

Comme j'ai eu l'occasion de le raconter dans ces colonnes, le chef du Gouvernement Portègne, Mauricio Macri, a été inculpé dans l'affaire des écoutes illégales des victimes de l'AMIA et cette inculpation a été confirmée par la Chambre de contrôle qu'il avait aussitôt saisie espérant faire valoir des vices de forme et s'affranchir ainsi de ce procès dont il réclame à présent la tenue très rapide, en espérant limiter le risque que les audiences aient lieu alors que la campagne électorale battra son plein : depuis l'été, Mauricio Macri ne cache plus en effet son intention de se présenter à l'élection présidentielle d'octobre 2011.

Jusqu'à cet arrêt en appel, les représentants à Buenos Aires de l'opposition au Gouvernement national s'étaient bien gardé de se désolidariser de lui, certains allant même jusqu'à dire que cette inculpation était le fruit d'une manigance de la Casa Rosada et du parti majoritaire, le partido justicialista, les péronistes (1). Depuis l'arrêt qui confirme l'inculpation, cette belle solidarité vole en éclat. Même les plus proches soutiens de Macri émettent désormais l'idée qu'il n'y a pas de fumée sans feu et que, pour que la justice maintienne ainsi ses accusations, il faut bien que le chef du Gouvernement de la Ville de Buenos Aires se soit sali les mains dans ce scandale.

Il se trouve qu'aujourd'hui l'Argentine et l'Uruguay célèbrent la Fête des Amis (Día del Amigo). Vous imaginez bien que les deux humoristes de la une de Página/12 n'allaient pas laisser passer si belle occasion de tomber à bras raccourcis sur celui qu'ils considèrent comme leur pire adversaire politique de l'heure...

Ce qui donne ce dessin, aussi cruel que langagièrement habile (les deux sont liés, bien évidemment) :



La pancarte de Macri : Un ami, c'est celui qui est toujours là pour t'écouter.
Le spectateur au loin : Macri essaye de profiter de la fête des amis pour se débarrasser de l'affaire des téléphones piégés (2)
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Ce type d'humour est très typique des premières années du tango-canción, dans les années 20 et 30 alors qu'une censure très vigoureuse obligeait les auteurs à jouer sur les mots et sur les concepts pour renvoyer au patronat ses arguments et ses moeurs dans les gencives sans que celui-ci s'en rende vraiment compte. Ce qui fait des tangos de ces années-là des textes passionnants pour leurs nombreux niveaux de lecture et qui a enraciné dans la culture locale cette manière de s'exprimer qui est très proche de l'humour juif, lui aussi, un humour des sans-voix (d'ailleurs Rudy revendique sa judéïté et ce n'est pas pour rien...)

(1) Contrairement à ce qui se passe en Europe, la culture politique de l'Argentine ne porte pas les hommes politiques à fuir le confrère inquiété par la Justice. Au contraire. C'est une occasion pour accuser la justice d'être au service d'intérêts autres que ceux du pays et de la loi. Résultat d'une longue tradition de corruption évidente de l'appareil judiciaire depuis très longtemps et en particulier depuis 1880, que les dictatures successives n'ont évidemment pas aidé à corriger...
(2) littéralement l'expression parle de téléphones pincés (pinchar).

Pétition pour la réouverture du complexe cinématographique Tita Merello [Actu]

Le Complexe Tita Merello, du nom de la chanteuse et actrice argentine des années 30 à 70 que j'ai eu l'occasion de vous présenter en avant-première de la dernière chronique 2009-2010 de Jean-Louis Mingalon le samedi matin sur France Culture (voir mon article du 20 juin 2010), est un petit ensemble de salles de cinéma d'art et d'essai installé dans le coeur historique de la Ville de Buenos Aires, à quelques pas de la Legislatura Porteña. Depuis le 1er juillet, cette salle, qui a d'ailleurs besoin de travaux de rénovation importants, est fermée : en janvier, l'INCAA, l'institut national du cinéma argentin, a refusé de renouveler la convention qui le liait à elle parce qu'elle ne remplissait plus ses objectifs : le public désertait le complexe et lui préférait d'autres salles des environs.

4500 citoyens de la Capitale argentine viennent donc de monter une initiative législative pour demander à l'Assemblée de la Ville (Legislatura) de voter une loi d'expropriation qui permettrait de préserver le lieu et de lui attribuer à titre permanent une fonction de cinéma culturel dont la gestion serait alors concédée à une association sans but lucratif. Le mouvement a été lancé sur Facebook par un ancien directeur de l'INCAA.

La salle est aujourd'hui la propriété de la famille Suñe qui possède par ailleurs 70 salles de cinéma dans tout le pays. On craint bien sûr que le Complejo Tita Merello soit mis sur le marché et qu'une autre activité, fort peu culturelle celle-là, s'y installe (banque, assurance, magasin d'informatique... comme le coin en regorge).

Pour en savoir plus :

lundi 19 juillet 2010

Présentations passées (et futures) de Barrio de Tango : retour sur images [ici]

Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, est paru le 3 mai 2010 aux éditions du Jasmin, à Paris (Clichy, 92).

Sa présentation m’a conduite, en mai, juin et juillet, dans plusieurs villes dont j’ai pu, de temps à autre, rapporter quelques photos (quand j’ai eu le temps, quand j’y ai pensé ou quand on y a pensé pour moi). A l’automne, je tenterai d’en rapporter d’autres manifestations d’ores et déjà en préparation…

Le cadeau-surprise de Taquetepa pour le lancement du livre : un arrangement de Barrio de Tango, de Daniel Pérez, avec Daniel Pérez au bandonéon (!), sa guitare laissée... au vestiaire (dans la pièce du fond).

Aujourd'hui, Barrio de Tango, le blog, fête ses deux ans, avec plus de 1550 articles et plus de 41 300 visites (depuis le 1er janvier 2009 - avant, je ne sais pas, je n'avais pas de compteur).
Aussi, pour cet anniversaire, moins triste que l'année dernière, voici, en pleines vacances d'été, un petit retour sur images à propos de quelques uns des concerts et autres conférences qui auront rythmé ce premier trimestre de vie du bouquin...


La présentation initiale s'est tenue à Paris (ci-dessus). C’était à la Maison de l’Argentine à la Cité Internationale Universitaire, le 3 mai. Ma causerie y a été suivie d’une partie musicale qui a reçu un beau succès bien mérité, petit concert donné par le trio Taquetepa (Marie Crouzeix, Daniel Pérez et Fabrice Gouterot) et le duo Mariel Martínez et Alejandro Picciano (à Paris, j’ai assuré d’autres séances de dédicace et plusieurs conférences, en particulier celle donnée à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm devant une audience studieuse mais je n’ai pas pensé à faire prendre des photos).

Taquetepa en première partie de l'espace musical

Mariel et Alejandro en deuxième partie de l'espace musical

Au sujet de cette présentation initiale, voir la chronique publiée dans le blog de Méphisto Tango, une association de tango nuevo installée à Paris, à travers mon article du 6 mai 2010.

A l'Angora, le dimanche 2 mai... avec le muguet traditionnel de la Fête du Travail

La veille de la présentation, le dimanche 2 mai dans l'après-midi, Mariel Martínez et Alejandro Picciano avaient donné un concert au café restaurant L'Angora, du côté de la Bastille à Paris...

A Clermont-Ferrand, le 9 juin, je faisais à nouveau équipe avec le trio Taquetepa, tant à la librairie Les Volcans (où ils n'étaient que deux) qu’au Café-lecture Les Augustes, dont la soirée a donné lieu à un reportage dans l’édition du 15 juin de La Montagne, le quotidien local (édition Clermont-Métropole). Voir mon article du 22 juin sur ce retour dans le quotidien auvergnat.


Aux Volcans, photographiés par le photographe-libraire maison, André Hébrard (merci à lui)

La conférence s'éternise aux Augustes et Marie Crouzeix part dans la fantaisie photographique avec mon appareil...

Retour à Paris, le surlendemain, à l’espace d’animation des Blancs-Manteaux à Paris dans le cadre du Salon Polar en Plein Cœur (de Paris), avec conférence le 11 juin (sur le thème Polar et Tango : mêmes combats ?) et dédicace à la librairie le reste du week-end (voir mon article du 17 mai 2010 sur la présentation de PPC).


Polar en Plein Coeur de Paris (1ère édition)

Enfin, tout récemment à Toulouse, le 8 juillet (voir mon article du 29 mai 2010), j’ai donné une autre conférence au Festival Tangopostale, le Festival International du Tango de la Ville Rose, à la librairie Chapitre (ex-Privat) de la rue des Arts, en présence de José María Kokubu, de la Academia Nacional del Tango, tout frais débarqué à Blagnac, une heure et demie auparavant, pour une conférence qu’il devait donner le lendemain à la Médiathèque José Cabanis sur les révolutions musicales conduites par Mozart et par Gardel (voir mon article du 14 juin 2009 sur cette conférence que Pepe Kokubu avait déclinée alors en anglais sous la forme d’une interview téléchargeable gratuitement).


Lecture à deux voies dans une cave de la Ville Rose

A la demande de Solange Bazely, à l'issue de mon intervention, il est venu me rejoindre pour que nous lisions à deux voix, lui en espagnol, moi en français, El Gordo Triste, l'un des tangos de Piazzolla-Ferrer que j'ai traduits. Choix de Solange entre les 231 letras du volume.

En même temps que le Festival, et débordant de quelques jours ses limites dans le temps, il y avait à Toulouse une exposition sur Carlos Gardel, pour les 120 ans de sa naissance dans la Ville Rose et les 75 ans de sa mort à Medellín, à laquelle les organisateurs avaient tenu à faire figurer, au moins sous forme de maquette, une oeuvre que Jorge Muscia (1) a offert à la ville il y a plusieurs années : Totem Porteño ou l'Obélisque de Buenos Aires, habillé aux couleurs de Gardel et de sa ville natale, avec ruban argentin et croix occitane entrelacés (ci-contre)...

Pour accéder aux autres articles concernant les présentations de Barrio de Tango (le livre), cliquez sur le mot-clé dédicace conf BdT dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

A la rentrée, après mon retour de Buenos Aires, la tournée reprendra. En voici déjà quelques dates et lieux que vous pouvez noter sur vos agendas :
à Rambouillet, au Salon du Livre, le dimanche 19 septembre, de10h à 18h30, Salle Patenôtre (rue Gambetta)
à Paris, à Tango Negro, 71 rue Rochechouart, dans le 9ème arrondissement, le mercredi 22 septembre à 20h,
à Orléans, le vendredi 24 septembre au soir, avec l’association Tango Porteño Orléans
et à Caen, le samedi 9 octobre au soir, dans une vieille église désaffectée et transformée en centre culturel, avec l’association Tempo Tango.

Quelques autres dates sont en vue sans être encore établies, notamment à l’Ecole Normale Supérieure au début de la nouvelle année universitaire, dans le cadre d’un cycle de conférences sur les cultures d’Amérique Latine.

* * * * *

Pour les lecteurs peu habitués à Barrio de Tango (ce blog), voici quelques liens vers des articles de présentation de l’ouvrage, publiés tout au long de l’hiver dernier :
Commentaire du 8 mars 2010 sur un choix qui sort de l'ordinaire pour la structuration de l'ouvrage
Pour vous procurer Barrio de Tango, consulter la rubrique Où trouver Barrio de Tango, tout en haut de la Colonne de droite.

(1) Jorge Muscia est fileteador de son état. Il est l'auteur de la couverture de Barrio de Tango. Sur le fileteado, visitez son site, dont vous trouverez un lien permanent dans la partie basse de la Colonne de droite, rubrique Artistes plastiques, et l'ensemble des articles de ce blog qui abordent cet art pictural particulier à la ville de Buenos Aires, en cliquant sur ce lien.

Analyse du roman historique en cette année du Bicentenaire [Disques & Livres]

A l’occasion des festivités du Bicentenaire, le supplément bibliographie du quotidien Página/12, Radar Libros, fait le point cette semaine sur les grandes tendances qui règnent dans les romans historiques en Argentine ces dernières années.

Le journaliste interrogent les différences de regard qui se reflètent dans cette littérature en Europe et en Amérique du Sud et soulignent ce que le genre, en Argentine, a de polémique puisque de nombreux auteurs entendent contester l’histoire officielle telle qu’elle est enseignée à l’école. Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises de cette dialectique historique spécifique qui hésitent entre deux Argentines, une Argentine essentiellement européenne et une Argentine métissée typiquement sud-américaine ainsi que de l’instrumentalisation de l’histoire, une cinquantaine d’années après la Révolution de mai 1810, au service de la construction d’un pays qui aurait copié le modèle de l’Angleterre victorienne au lieu de revendiquer une identité et une insertion dans le monde originales (voir mes articles du 26 juin 2010 sur la sortie du livre de Juan Carlos Cáceres et du 22 juin 2010 sur la sortie du plus récent essai de l’historien Norberto Galasso au sujet de ces polémiques très vives qui agitent le monde intellectuel et universitaire argentin. Le livre de Miguel Rep sur le panpéronisme -si vous voulez bien m’autoriser ce néologisme- des 200 ans de l’Argentine apporte lui aussi sa contribution, à sa manière, à la dynamique de cette controverse fondatrice, voir mon article du 14 juin 2010).

L’article de Juan Pablo Bertaza se termine par une revue des parutions récentes, centrées sur des faits emblématiques de l’histoire du pays : la Révolution de mai (on n’en attendait pas moins des maisons d’édition, cette année), les invasions anglaises, en fait des tentatives d’invasion en 1806 et 1807 repoussées vaillamment par les milices criollas qui prirent les armes pour défendre leurs terres, le début de la grande vague migratoire qui transforma profondément le pays et s’échelonna de 1880 (et même déjà un peu avant) jusqu’au début des années 1930.

Sur la une de Radar Libros (cliquez sur l'image pour la lire en une résolution plus haute), les fidèles lecteurs de Barrio de Tango, qui connaissent ce blog depuis au moins le 22 mai 2010, reconnaissent le document historique qui l'illustre... Il s'agit bien entendu de la convocation au Cabildo Abierto du 22 mai 1810 qui déclencha le processus révolutionnaire, allait conduire à l'éviction du Vice Roi et à l'institution d'un gouvernement criollo (lire mon feuilleton sur la Semana de Mayo, publié du 18 au 25 mai 2010 et les autres articles disponibles sous forme de raccourcis dans la rubrique Petites chronologies dans la partie médiane de la Colonne de droite).

Pour aller plus loin :
Lire l’article de Radar Libros du 18 juillet 2010

Ouverture des inscriptions pour la fin de l’année au Taller Homero Expósito [Actu]

L’atelier de formation des poètes et paroliers de tango organisé par la Academia Nacional del Tango, Taller Homero Expósito, ouvre à nouveau ses inscriptions pour le deuxième quadrimestre de l’année.

Du changement dans le personnel enseignant : Alejandro Szwarcman a abandonné la coordination de ce séminaire, seul Alejandro Martino reste à la manœuvre (et enseigne la versification).

Côté poésie, c’est une équipe pédagogique qui prend le relais avec des pratiquants expérimentés comme Raimundo Rosales, Marcela Bublik, Ernesto Pierro, Bibi Albert et Eugenio Mandrini, des poètes dont j’ai déjà eu l’occasion de vous parler à des occasions diverses, à la seule exception de Bibi Albert, dont c’est la première mention dans ce blog.. Pour lire les articles les concernant, cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, ou pour certains d’entre eux, dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans les sections Les poètes ou Les auteurs-compositeurs-interprètes, dans la partie haute de la Colonne de droite.

Les cours commenceront le vendredi 20 août à 19h30 et s’achèveront juste avant Noël, avec le début des vacances d’été.

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 20 août, du lundi au vendredi, de 18h à 20h en juillet et de 16h à 20h en août, au 3ème étage de la Academia Nacional del Tango, dont vous trouverez le lien au site internet officiel dans la rubrique Les institutions, dans la partie basse de la Colonne de droite.

dimanche 18 juillet 2010

L'inculpation de Mauricio Macri confirmée en appel [Actu]

Il y a plusieurs mois, Mauricio Macri, le chef du Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, a été inculpé dans le cadre d'une affaire d'écoutes illégales en qualité de commanditaire et de bénéficiaire de ces faits délictueux qui visaient des victimes de l'attentat contre l'AMIA, il y a précisément 16 ans aujourd'hui (un attentat antisémite qui, au coeur de Buenos Aires, avait fait ce matin-là 85 morts et près de 300 blessés, dont plusieurs sont handicapés à vie).

Les écoutes illégales auraient été mises en oeuvre par le Directeur de la sécurité de la Ville et tout l'appareil des services de police portègne est impliqué dans le scandale.

Aussitôt après son inculpation, Mauricio Macri avait fait appel de cette décision auprès d'une Chambre de révision qui a le pouvoir de contrôler les actes des juges et des enquêteurs et peut donc relever les magistrats en charge de l'affaire ou invalider des actes qu'ils auraient établis, notamment pour vice de forme. En l'occurrence, il y a quelques jours, la chambre a validé en tout point le dossier d'inculpation. C'est bien entendu un cri de victoire dans le camp des opposants à Macri, c'est-à-dire l'ensemble de la gauche et un peu au-delà dans toute la capitale argentine. Le quotidien Página/12 (dont voici sous le lien l'article principal) en première ligne : la rédaction s'est lâchée avec une jubilation évidente pour faire cette une bondesque en diable...

D'où le dessin à la une ce matin concocté par Rudy et Daniel Paz (où il faut connaître un peu la géographie de Buenos Aires pour s'y repérer).

L'homme interviewé : Je peux vous assurer que Mauricio ira jusqu'au bout de son mandat. Soit dans le centre historique soit à Devoto mais il ira jusqu'au bout.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Le micro-centro, c'est essentiellement les quartiers de San Nicolás et Monserrat. C'est à Monserrat que se trouve le siège du pouvoir municipal de Buenos Aires. Devoto, c'est une prison fédérale située à l'ouest de la ville. Elle est très connue. C'est comme si à Paris on vous parlait de La Santé ou à Bruxelles de Saint-Gilles...

Le mandat de Mauricio Macri court jusqu'en décembre 2011. Mais les scandales s'amoncellent rapidement depuis un peu plus d'un an... (Voir mon article du 16 mai 2010 sur cette inculpation et cliquer sur le mot-clé GCBA dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, pour lire l'ensemble des articles relatives à la vie politique dans la capitale argentine, dont les nombreux scandales mentionnés ci-dessus).

samedi 17 juillet 2010

Barrio de Tango : le programme de la rentrée [ici]

A la rentrée, la présentation de mon livre, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins (ed. du Jasmin, mai 2010) et ma série des conférences itinérantes reprendra…

Quelques dates et lieux que vous pouvez d’ores et déjà noter sur vos agendas :

Rambouillet (78) : au Salon du Livre, le dimanche 19 septembre, de10h à 18h30, Salle Patenôtre (rue Gambetta), sur le stand des Editions du Jasmin
Un lien vers le site des Editions du Jasmin est disponible en permanence dans la rubrique Cambalache (casi ordenado) (entendez "grand bazar à peu près ordonné"), dans la partie basse de la Colonne de droite.

Paris (75) : à Tango Negro, 71 rue Rochechouart, dans le 9ème arrondissement, M° Anvers, le mercredi 22 septembre à 20h.
Tango Negro est le studio de répétition et de concert de Juan Carlos Cáceres. La soirée est organisée par le maître des lieux et son épouse. Juan Carlos et Alicia sont tous deux des hôtes d’une exquise et chaleureuse cordialité…
Pour en savoir plus sur le travail de Juan Carlos Cáceres, vous pouvez visiter son site trilingue (espagnol, français, anglais), géré par Mañana (le label français qui édite ses disques) et lire les articles que je lui ai déjà consacrés sur Barrio de Tango (ce blog), notamment au sujet de la parution récente de son livre Tango negro : la historia negada (Planeta, Buenos Aires, juin 2010).

Orléans (45) : le vendredi 24 septembre au soir, dans une salle encore à déterminer.
La soirée sera organisée par l’association Tango Porteño Orléans, dont vous trouverez le site dans la rubrique Eh bien dansez maintenant ! en partie basse de la Colonne de droite.

Caen (14) : le samedi 9 octobre au soir, au Vieux Saint-Sauveur, Place Saint-Sauveur. Le Vieux-Saint-Sauveur est une ancienne église carolingienne à choeur gothique, classée monument historique en 1951. Très tôt sous la Révolution, elle a été désaffectée et, contrairement à de nombreux autres édifices religieux vendus comme biens nationaux, elle n’a jamais été réaffectée au culte par la suite. Ainsi au 19ème siècle a-t-elle servi de halle aux grains puis de halle au beurre et localement, elle est encore connue sous ces deux dénominations. Son aspect actuel est postérieur à 1837, année au cours de laquelle la flèche a été abattue par mesure de sécurité. Le Vieux-Saint-Sauveur abrite désormais des manifestations culturelles de toute sorte tandis qu’une église proche, ex-Notre-Dame de Froide-Rue, a repris son nom dès 1791.
Si donc vous n’êtes pas de Caen, ne confondez pas Vieux-Saint-Sauveur et église Saint Sauveur. Celle-ci est un bâtiment consacré et l’on n’y disserte donc pas sur le tango argentin.
La soirée sera organisée par l’association Tempo Tango en partenariat avec la librairie caennaise Au brouillon de culture, 29 rue Saint Sauveur, où vous pouvez d’ores et déjà vous procurer le livre si vous le souhaitez (pour visiter le site de la librairie, cliquez sur le lien).

Vous pouvez trouver le blog de Tempo Tango dans la rubrique Eh bien dansez maintenant ! en partie basse de la Colonne de droite.

Quelques autres dates seront établies prochainement, notamment à l’Ecole Normale Supérieure (rue d’Ulm, à Paris) au début de l’année universitaire, dans le cadre d’un cycle de conférences sur les cultures d’Amérique Latine.

Ajout du 15 septembre 2010 :

Je serai aussi présente sur les trois salons suivants, sur le stand des Editions du Jasmin bien entendu :

Gagny (93) : le 30 octobre au Salon de l’Ecrit en Aulnoye, dont ce sera la première édition, de 10h à 18h, salle Arena, 121 rue Jules Guesde. Entrée libre et gratuite. Le Salon est organisé par la Société Historique du Raincy et du Pays d’Aulnoye.

Paris  : les 12, 13 et 14 novembre (horaire exact à préciser ultérieurement), à l’Espace d’Animation des Blancs-Manteaux (4ème arrondissement), au Salon L’Autre Livre, où il est possible que je fasse une conférence un après-midi du week-end (à confirmer ultérieurement).

Maule (78) : le 28 novembre, au Salon du Livre de ce village des Yvelines, en région parisienne.

Les associations, les centres culturels et les librairies qui souhaitent organiser quelque chose peuvent prendre contact avec moi par l’intermédiaire du mail de ce blog ou avec mon éditeur, via son site, par courrier ou par mail (pour lui envoyer un mail, cliquez ici). Le mail devrait permettre de me joindre même lorsque je serai à Buenos Aires, d’ici quelques jours.

vendredi 16 juillet 2010

Vision surréaliste à Mar del Plata [Actu]

Photo Fabian Gastiarena pour Clarín

Une vague de froid polaire s’est abattue depuis quelques jours sur les régions d’Amérique du Sud qui se trouvent sous la latitude du Río de la Plata. Il fait -2° la nuit à Montevideo (où on déplore un sans abri mort de froid). Il neige à Mendoza, la capitale de la région viticole de l’Argentine (à l’ouest du pays) et Ceci n’est pas la plage de Mar del Plata, comme aurait dit le regretté Magritte… Mar del Plata qui est à l’Argentine ce que la Côte d’Azur est à la France et à l’Europe du nord..

Pour en savoir plus, lire l’article de Clarín.

Interview de Chino Laborde et Dipi Kvitko dans Clarín [Actu]

A l’occasion de leur retour sur scène à Buenos Aires ce soir au CAFF (voir mon article d’hier), Clarín publie une interview du duo composé du chanteur et du guitariste. Sur son site, l’article est accompagné d’une illustration audio, leur interprétation du tango Zorro gris (1), présenté par Marcelo Guaita, l’un des animateurs vedettes de la 2 x4, la radio 100% tango de Buenos Aires.

Extraits (larges) :

Algo más de una década después de su primer encuentro, el dúo va por el tercer volumen de Tango Tango, y la idea de una trilogía quedó archivada.
Clarín

Un peu plus de dix ans après leur première rencontre, le duo est en route vers le 3ème volume de Tango Tango et l’idée d’une trilogie fait maintenant partie des choses acquises.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

"Puede ser que la primera intención haya sido ésa. Pero ahora creo que el dúo tiene que durar para siempre", exagera Laborde. "A lo sumo -agrega Kvitko-, puede marcar un cambio. Hasta ahora, hicimos clásicos. Para el próximo, pensamos en hacer cosas nuevas, aunque es todo un desafío".
Clarín

Il se peut que la première intention ait été celle-là. Mais maintenant je crois que le duo doit durer toujours, exagère Laborde. En tout cas, ajoute Kvitko, il peut marquer un changement. Jusqu’à présent, nous avons joué des classiques. Dans le prochain [spectacle ou disque], nous songeons à faire des choses nouvelles, bien que ce soit tout un défi.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

¿Por qué? Laborde: Porque es muy jodido superar lo que se hizo en el Siglo XX, que, vaya uno a saber gracias a qué Dios, nos da a nosotros la posibilidad de jugar con titulazos. El tema con el tango nuevo es complejo.
Por eso, lo que venimos haciendo hasta acá lo hacemos traídos por el respeto por lo que se hizo, porque sabemos que así está bien hecho. Es tango-tango.
Clarín

Pourquoi ? Laborde : Parce que c’est marrant d’aller au-delà de ce qui s’est fait au 20ème siècle, que, va savoir grâce à quel Dieu, ça nous donne à nous la possibilité de jouer avec des grands titres. Aborder le tango nuevo (2) c’est complexe.
Pour cette raison, ce que nous avons joué jusqu’ici, nous l’avons joué portés par le respect de ce qui s’est fait [avant nous], parce que nous savons que comme ça c’est bien joué. C’est du tango-tango.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

¿Eso significa que conviene no intentar nada nuevo? Kvitko: Lo primero que tenemos que hacer -y estamos haciendo- es aprender a tocar tango. El techo del género es altísimo. Incluso el piso lo es. Y darle nuestra visión a esa enorme cantidad de música y poesía que ya hay, es una tarea por hacer, inacabable. No tiene sentido componer por componer.
Laborde: O escribir un tango hoy, y al año estar en otra. Lo que hay de tango es tan grosso que, a pesar de los años, no pasa de moda.
Clarín

Ce qui veut dire qu’il convient de ne rien essayer de nouveau ? Kvitko : la première chose qu’il faut faire et c’est ce que nous faisons, c’est d’apprendre à jouer du tango. Le plafond du genre est très haut. Et même le plancher l’est aussi. Et donner notre propre vision de cette énorme quantité de musique et de poésie qui existe déjà, c’est une tâche à faire, interminable. Ça n’a pas de sens de composer pour composer.
Laborde : Ou écrire un tango aujourd’hui et dans la même année passer à autre chose. Ce qui existe dans le tango est tellement formidable que, malgré les années qui passent, le tango ne passe pas de mode.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Après quelques piques des deux artistes contre le tango for export et le tango commercial de certaines maisons de disques, le journaliste reprend :
Pero hay casos como Bajo Fondo... Kvitko: Pero es música electrónica. Laborde: Me encanta que exista. Kvitko: Pero si te venden chocolate y te dicen que es café, es una distorsión de la realidad.
Clarín

Mais il ya des cas comme Bajo Fondo... Kvitko : Mais c’est de la musique électronique. Laborde : je suis enchanté que ça existe. Kvitko : mais si on te vend du chocolat en te disant que c’est du café, c’est une distortion de la réalité.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

En el caso del dúo, ¿eso no pasa? Kvitko: En nuestro caso hay humor, cierta jocosidad. Pero cuando empieza el tango, es como cuando entra la bandera de ceremonias.
Clarín

Dans le cas de votre duo, ça n’arrive pas ? Kvitko : dans notre cas, il y a de l’humour, un certain amusement. Mais quand le tango commence, c’est comme pour la levée des couleurs des grandes occasions. (3)
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour aller plus loin :

(1) Zorro gris fait partie des 231 letras (textes) de tango, vals, milonga et candombe que je présente en version bilingue dans Barrio de Tango, mon livre paru le 3 mai 2010 aux Editions du Jasmin (p 118). Sur le livre et son contenu, voir l’article que j’ai écrit à ce sujet le 8 mars 2010.
(2) Ce que les Argentins et en particulier les artistes de tango à Buenos Aires appellent le tango nuevo n’a rien à voir avec la danse que les Européens connaissent sous ce nom, qui est un tango argentin dans lequel les Européens ont intégré les déhanchés de la salsa. Le tango nuevo dont il est question ici, c’est la musique de tango qui se compose essentiellement à Buenos Aires depuis le début des années 90 et qui intègre une part de la tradition musicale venue du rock.
(3) En Argentine, les cérémonies de lever des couleurs sont très fréquentes et interviennent dans de très nombreuses circonstances. Il suffit d’ailleurs de se promener pour constater le nombre de fois où les couleurs nationales et le drapeau sont arborés sur les façades, sur les instruments de musique, sur les monuments, dans les vitrines, sur les tenues vestimentaires… Le culte du drapeau est très important.

Juan Vattuone à Piedra y Camino [à l'affiche]

L’auteur-compositeur interprète Juan Vattuone donnera son nouveau spectacle, Escuchame una cosa, Vicente (écoute-moi, j’ai un truc à te dire, Vicente), accompagné par Victor Lasear à la guitare (qui assure aussi les arrangements) et Gustavo Corrado au piano au Peña Bar Piedra y Camino, Humahuaca 3853, à 23 h, le vendredi 23 juillet.

Entrée 25 $.

Juan Vattuone vient d’entreprendre une série de cours à ECuHNi, le centre culturel de l’association Madres de Plaza de Mayo, sur les poètes du tango (voir mon article du 1er juillet 2010)

Pour en savoir plus sur l’artiste, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, ou dans la rubrique Vecinos del Barrio (habitants du quartier) dans la partie supérieure de la Colonne de droite. Dans un autre article de Barrio de Tango (le blog), vous trouverez une photo de ce spectacle donné l’année dernière, en août 2009, au Festival de tango de Buenos Aires (sur la scène de Harrods).