mercredi 18 mars 2020

En Uruguay, une femme d’affaires poursuivie en justice pour avoir contaminé ses compatriotes [Actu]

Une d'aujourd'hui
"Moi, je reste chez moi" dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

En rentrant d’un séjour en Europe avec des symptômes grippaux, cette femme d’affaires s’était rendu à une noce rassemblant 500 invités. Elle est au cœur d’un cluster qui compte au moins 20 infectés, dont son propre fils de 30 ans.

"Fermeture des centres commerciaux.
Il y a des centaines [d'Uruguayens] à rapatrier"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Rentrée chez elle après cette catastrophe, elle a continué à mener une vie sociale très active, comme si de rien n’était.

Elle fait maintenant l’objet d’une plainte devant la justice uruguayenne et devra répondre de son comportement irresponsable et incivique.
"Le pays au ralenti", titre El Observador

En Argentine, une ex-chef de la police de Mar del Plata a commis le même genre de bêtise criminelle en fêtant son anniversaire avec soixante personnes et en présence de sa fille qui, revenant des États-Unis, aurait dû respecter l’isolement obligatoire de 14 jours. Comment peut-on être aussi stupide quand on a occupé de telles responsabilités ?

Pour en savoir plus :
lire l’article de La Nación sur la femme d’affaires uruguayenne
lire l’article de La Prensa sur la fête à Mar del Plata.

Un thème belgranien pour période de confinement [Disques & Livres]

L'Argentine républicaine porte traditionnellement le bonnet phrygien
Derrière, une carte du pays

Dans le présent numéro de son mensuel Caras y Caretas, le groupe Octubre, qui détient Página/12, consacre tout un dossier à l’histoire de la lecture… La rédaction a eu du nez, il n’y avait pas mieux pour concilier cette Année du Général Manuel Belgrano avec le confinement général auquel les Argentins sont soumis pour éviter que l’épidémie ne submerge le pays et son système hospitalier.

Extrait de La Gazette de Buenos Aires
du 24 janvier 1812
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Manuel Belgrano a été l’un des très grands promoteurs de la lecture, des livres, de l’imprimerie, des bibliothèques et de la culture en général dans la nation naissante, comme en atteste ce petit entrefilet de la Gazeta de Buenos Aires, le journal officiel de l’Argentine révolutionnaire, le 24 janvier 1812, alors que le désormais général Belgrano s’apprêtait à partir dans ce qui allait être sa grande campagne du Nord, vers Rosario puis très vite vers Tucumán et Salta puis le Haut-Pérou (la Bolivie actuelle).

Extrait de Manuel Belgrano - L'inventeur de l'Argentine
que j'ai publié le mois dernier aux Editions du Jasmin

mardi 17 mars 2020

Barrio de Tango vous offre une dose de sourire livrée chez vous en ligne [Actu]

Dans la mesure où je le pourrai, je tâcherai de vous faire sourire tous les jours de cette pénible période que nous allons vivre, en France comme en Belgique ou au Québec, enfermés chez nous pour casser la contagion (1). Ma modeste contribution (sujets tous azimuts) au combat commun.

Il se trouve que les dessinateurs de Página/12Daniel Paz et Miguel Rep, ont vraiment du talent (2). Je vous en laisse juges.


Le financier à gauche : Les gouvernements prennent des mesures draconiennes pour éviter plus de contamination et sauver des vies.
Le financier à droite : Et allez donc ! Et une mesure pour la santé. Et une autre pour sauver des vies. Et les marchés, il y a quelqu'un qui pense à eux ?
Aujourd’hui, à la une de Página/12
Traduction © Denise Anne Clavilier

Or la une de Clarín ne dit pas autre chose ce matin.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Le gros titre annonce le congé accordé aux salariés de 60 ans et plus, aux femmes enceintes et à toutes les personnes à risque. Mais la photo, particulièrement bien choisie, est légendée : "Lundi noir dans les bourses du monde [entier]".

Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

En violet : [Intérêts] privés
En bleu : États
Hier, la vignette de Miguel Rep dans Página/12
Traduction © Denise Anne Clavilier

Sa vignette d’aujourd’hui n’est pas mal non plus : elle représente le Niño Azul (un personnage lunaire et poétique tout bleu) qui s’enferme dans la coquille d’un escargot pour « rester chez soi ».



(1) La situation n'est pas vraiment meilleure en Suisse, placée en état d'urgence.
(2) Sans oublier le scénariste allié à Daniel Paz : Rudy (un ex-psychanalyste freudien) - un humour caustique à souhait.

Faudrait voir à pas confondre prophylaxie et vacances ! [Actu]

Le gros titre secondaire en rouge :
"Les fêtards ont mis Alberto en colère"
Le président argentin s'est accordé hier quelques minutes de recueillement
dans la chapelle de la Casa Rosada
entre deux réunions de crise (1).
Cela ne pouvait que plaire à La Prensa
Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Vous pourrez lire l'article

Malgré la conscience qu’ils ont de l’état dans lequel se trouve leur système hospitalier (beaucoup de très bons professionnels mais des moyens pas toujours à leur hauteur), beaucoup d’Argentins se comportent comme tant de Français ce week-end : ils confondent arrêt de l’activité pour un confinement qui doit casser la dynamique de la contagion avec vacances d’été.

Hier, alors que s’annonçaient les mesures de confinement, on a vu se former des embouteillages incroyables vers les plages de l’Atlantique du côté de Bahia Blanca, dans la Province de Buenos Aires. Cela a valu un coup de gueule du si calme président Alberto Fernández qui a rappelé ses compatriotes à un peu plus de jugeote et de sens civique : si on vous autorise à ne plus aller au travail, si on renvoie les enfants à la maison au lieu d’aller à l’école, c’est pour que vous vous protégiez et que vous protégiez les autres, pas pour que vous alliez en nombre vous prélasser sur la plage et faire de la bronzette !

Une de La Nación ce matin

Il y en a un autre qui a dit à peu près la même chose hier, sur tous les médias audiovisuels, aux "Gaulois réfractaires". Et autant il a eu tort de parler ainsi au Danemark, autant ce week-end bon nombre d’entre nous lui ont donné raison, en particulier les Parisiens qui se prélassaient en famille et entre amis dans les espaces verts et sur les quais de la Seine !

Pour aller plus loin sur la situation argentine :
lire l’article de Página/12 sur l’exode bonaerense vers Monte Hermoso à Bahia Blanca
lire l’article de Página/12 sur les déclarations du président
lire l’article de La Nación sur les deux kilomètres d’embouteillage à Bahia Blanca
lire l’éditorial de une de La Nación sur la minuscule conférence de presse tenue par le président hier à la Casa Rosada, avec une dizaine de journalistes dans la salle, pour dire et redire les quelques consignes de bon sens en ce temps de pandémie.



(1) La religion catholique est toujours religion d'Etat en Argentine. Il n'y a pas que quelques décennies que le chef d'Etat peut ne pas être catholique. C'était une condition sine qua non jusqu'au retour de la démocratie en 1983.

lundi 16 mars 2020

Avec une pointe d’humour engagé [Actu]

Dans leur dessin à la une de Página/12, Daniel Paz et Rudy reviennent sur l’éternel pouvoir de la fuite des capitaux et de l’évasion fiscale en Argentine.


Le petit jeune : C’est triste mais il faut éviter le contact physique avec les êtres qui nous sont chers.
Le gros richard : Eh oui ! C’est pour ça que je ne touche plus mes billets. Je fais tout à travers la banque en ligne.
Traduction © Denise Anne Clavilier

Dans la catégorie « Maintenant, on ne rigole plus ! », l’Argentine expulse les resquilleurs étrangers [Actu]

"Classes suspendues et frontières fermées jusqu'à la fin du mois"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Les chiffres varient entre Página/12 et les autres quotidiens.

Selon Página/12, six passagers arrivant à Ezeiza ces dernières heures après avoir transité par des zones infectées (Asie, Amérique du Nord ou Europe), se seraient vu refuser l’entrée en Argentine (conformément au décret présidentiel) tandis que 18 personnes, elles aussi de nationalité étrangère et descendues dans différents hôtels à Buenos Aires, auraient été reconduites à la frontière en application de la fermeture des frontières décrétée par le président Alberto Fernández.

Selon La Prensa, Clarín et La Nación, chez lesquels semble percer une petite pointe de xénophobie, les forces de police auraient expulsé 90 étrangers, qui, logés au Sheraton de Buenos Aires (1), auraient violé la quarantaine qui s’impose à toute personne entrant en Argentine. A cela s’ajouterait 180 étrangers qui, à leur arrivée à Ezeiza, l’aéroport international de Buenos Aires, auraient manifesté leur refus de se conformer au protocole de quarantaine, ce qui est une formulation pour le moins étrange (2). Un total de 270 touristes aurait donc fait l’objet d’une expulsion pour avoir refusé de respecter la législation du pays accueillant.

D’après La Prensa, la police a fait des descentes dans 70 hôtels sur tout le territoire pour contrôler le respect du confinement par les nouveaux arrivés.

D’après La Nación, et malgré les gros titres, la plupart de ces étrangers n’ont pas été expulsés, ils ont été raccompagnés à leur demande à l’aéroport parce qu’ils préféraient rentrer chez eux que passer deux semaines en quarantaine à leur destination de vacances. Ce qui est bien compréhensible et ne témoigne d'aucun mépris vis-à-vis de l’ordre public en Argentine.

Pour aller plus loin :



(1) En fait, ils logeaient dans plusieurs palaces portègnes : le Sheraton, à Palermo, l’hôtel Alvear, à Recoleta, et le Hilton de Puerto Madero.
(2) Comment un particulier peut-il déclarer à un agent de police du pays où il débarque qu’il n’a pas l’intention de respecter la loi de ce même pays ? S’agit-il de personnes qui ont perdu la tête en apprenant qu’elles allaient passer tout leur séjour dans une chambre d’hôtel et qui ont fait une crise de nerfs en zone de contrôle des passeports ?
D'un autre côté, des touristes qui sortent de leur hôtel avec assurance parce que « moi, je paye donc je fais ce que je veux », c’est malheureusement possible, surtout dans ce genre d’établissements de luxe dont les clients ont l’habitude qu’on leur obéisse au doigt et à l’œil où qu’ils aillent dans le monde.

L’Argentine se confine [Actu]

"Mieux vaut prévenir", dit le gros titre
En dessous : Hoy "Aujourd'hui"

Hier, comme on s’y attendait, le président argentin a monté de plusieurs degrés les mesures destinées à freiner l’expansion du virus : désormais, les frontières sont fermées pour deux semaines, les écoles aussi, les personnes âgées de 60 et plus sont en congé de leur emploi, les services publics adoptent des horaires aménagés pour recevoir le public.


"On ferme les frontières et on suspend l'école jusqu'au 31 mars"

Le message semble être passé car l’opposition appuie ces mesures et ne cherche pas à discréditer la majorité ni le gouvernement. Il faut que la gravité de la situation soit perceptible pour tous pour qu’on obtienne ainsi une union nationale.

"Frontières fermées et pas d'école", titre La Prensa
sur cette photo qui montre l'union nationale :
le président entouré du chef de Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires (de droite)
et du gouverneur de la Province de Buenos Aires (de gauche)
Cliquez sur l'image pour une haute résolution.

La télévision publique a pris le relais de l'école et s'est mis à diffuser des émissions scolaires. Il ne fallait pas en effet tout reporter seulement sur de l'enseignement en ligne car beaucoup d'enfants dans les bidonvilles et même ailleurs n'ont pas d'ordinateur et ne peuvent pas capter le signal, même si le Wi-Fi est gratuit en Argentine.

Pour en savoir plus :
lire l’article de La Nación
lire l'article de La Prensa sur les nouveaux programmes de TV Pública.

dimanche 15 mars 2020

Une lueur d’espoir dans le brouillard [Actu]

L'atelier de la Coopérative 8 de Enero aujourd'hui
(photo Carolina Camps)

Aujourd’hui, dimanche, Página/12 publie un reportage sur une entreprise reprise par ses salariés sous forme de coopérative : elle produit des vêtements de sport et, après avoir souffert pendant le mandat de Mauricio Macri (qui a tout fait pour entraver le développement des coopératives), s’est mis à recréer de l’emploi.

La coopérative 8 de Enero (8 janvier) a embauché ces derniers temps 70 couturières et couturiers. Elle constitue le deuxième pôle de production textile du pays (1), un secteur qui, de 2015 à 2019, a occupé le deuxième rang pour ce qui est de la destruction d’emploi et du nombre de licenciements.

Pour en savoir plus :



(1) Le secteur textile est l’un des tout premiers encouragés par Manuel Belgrano lorsqu’il était secrétaire royal du Consulat de commerce de Buenos Aires. Il s’agissait pour lui de transformer les matières premières produites par le vice-royaume du Río de la Plata : laine (de mouton mais aussi de vigogne et d’alpaga), lin, coton, chanvre… Voir : Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine (Éditions du Jasmin).

samedi 14 mars 2020

Laissons passer l’ouragan [ici et partout]


Pour des raisons que tout le monde comprendra, en accord avec les organisateurs, mon éditeur et le délégué parisien du Souvenir Napoléonien, je reporte sine die mes activités publiques personnelles déjà programmées, l’une le le 17 mars à l’Espace L’Autre Livre et l’autre, le 26 mars à la Fondation Napoléon.
La soirée Argentine qui devait avoir lieu dans le Quartier latin et la conférence, San Martín, vainqueur des Andes et Fondateur de la Liberté du Pérou, qui devait être donnée à la Fondation Napoléon, auront lieu à une date ultérieure, dans les mêmes locaux et aux mêmes horaires. Il n’est évidemment pas possible actuellement de déterminer une date.
La bonne nouvelle, c’est que la rueda de mate sera sans doute à nouveau possible à ce moment-là.


Bien que je n’en aie pas encore la confirmation, il ne fait aucun doute qu’aucun salon du livre ne pourra se tenir avant Pâques et peut-être pendant une durée plus longue encore. J’ai donc retiré de la Colonne de droite les affiches des salons où il était prévu que je dédicace mes livres sur le stand des Éditions du Jasmin.
Dans ces circonstances difficiles pour le monde entier, je vais mettre à profit le confinement volontaire qu’un auteur et chercheur indépendant peut s’imposer pour travailler pour travailler les enregistrements de diverses conférences que j’ai données depuis quelques années en Argentine (en espagnol) et en France (en français) et que je n’avais pas encore trouvé le temps de mettre en ligne sur mon site Internet, en commençant par la présentation de mon dernier livre, Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine, faite à l’Ambassade de ce pays à Paris le 27 février dernier. Bien entendu, j’avertirai les lecteurs de Barrio de Tango de leur disponibilité en ligne.

Ici, je tiens à remercier de leur soutien fraternel Saad Bouri, patron et fondateur des Éditions du Jasmin, et Michel Inglebert, délégué du président du Souvenir Napoléonien à Paris et en Ile-de-France. Ce genre de décision, en pleine campagne de promotion de mon plus récent ouvrage, est douloureuse mais elle ne souffre aucune hésitation. Je tiens à saluer aussi les diplomates argentins et péruviens qui me font l’honneur de soutenir mon travail et qui doivent actuellement mobiliser toutes leurs compétences pour venir en aide à leurs compatriotes bloqués en France par les difficultés du trafic aérien et les incertitudes scientifiques qui entourent cette épidémie.

Pour la première fois en démocratie, il n’y aura pas de marche du souvenir le 24 mars [Actu]


Hier, toutes les associations de victimes de la dernière dictature militaire, militantes des droits de l’homme, ont publié un communiqué commun annonçant qu’elles renonçaient à la traditionnelle marche du 24 mars, pour le jour de la Mémoire, de la Vérité et de la Justice, qui commémore le coup d’État de Videla et rappelle la quête incessante des disparus, morts (les adultes) et vivants (les enfants en bas âge arrachés par le régime putschiste à leurs familles biologiques et légitimes).

Cette marche a été maintenue avec vigueur pendant tout le mandat de Mauricio Macri dont il  semble qu’il ne lui aurait pas déplu qu’elle disparaisse du paysage politique national.

Los organismos de Derechos Humanos hemos decidido suspender la histórica marcha del 24 de marzo, ante la situación de público conocimiento respecto al Coronavirus. Resulta de vital importancia seguir las medidas oficiales dispuestas en nuestro país y, especialmente, las recomendaciones preventivas del Gobierno Nacional.
El 24 de marzo es una fecha muy importante, en la que miles de familias, sobrevivientes, compañeras, compañeros y el pueblo en su conjunto nos manifestamos y seguimos luchando por Memoria, Verdad y Justicia. No obstante, y con mucha prudencia, hemos analizado la situación y decidido suspender la convocatoria a movilizarse a Plaza de Mayo, acorde a los protocolos y disposiciones de los organismos de gobierno.
En el Día Nacional de la Memoria por la Verdad y la Justicia recordamos a las y los 30.000 detenidos-desaparecidos por el terrorismo de Estado, reivindicamos sus luchas y repudiamos los delitos de lesa humanidad cometidos por los genocidas. Se trata de un acto de memoria colectiva para evitar que se repitan esos terribles crímenes.
La decisión de no movilizarnos el 24 de marzo como lo hacemos desde hace tantos años es realmente algo muy impactante, pero entendemos que el cuidado de la población requiere respuestas solidarias para contribuir con la prevención y la salud de nuestro pueblo. No podemos ir a la plaza para evitar el contagio, pero queremos que se contagie la esperanza firme en el nunca más.
- Abuelas de Plaza de Mayo
- Madres de Plaza de Mayo Línea Fundadora
- Familiares de Desaparecidos y Detenidos por Razones Políticas
- H.I.J.O.S. Capital
- Asamblea Permanente por los Derechos Humanos
- Asamblea Permanente por los Derechos Humanos La Matanza
- Asociación Buena Memoria
- Centro de Estudios Legales y Sociales
- Comisión Memoria, Verdad y Justicia Zona Norte
- Familiares y Compañeros de los 12 de la Santa Cruz
- Fundación Memoria Histórica y Social Argentina
- Liga Argentina por los Derechos Humanos
- Movimiento Ecuménico por los Derechos Humanos

Nous, organismes de droits de l’Homme, avons décidé d’annuler la marche historique du 24 mars à cause de la situation de notoriété publique concernant le corona virus. Il est d’une importance vitale de respecter les mesures officielles établies dans notre pays et, spécialement, les recommandations de prévention du Gouvernement national.
Le 24 mars est une date importante à laquelle nous, familles par milliers, survivants, camarades et peuple en son entier, nous manifestons et continuons la lutte pour la Mémoire, la Vérité et la Justice. Cependant, avec une grande prudence, nous avons analysé la situation et avons décidé d’annuler le mot d’ordre à se mobiliser sur Plaza de Mayo, en conformité avec les protocoles et les dispositions des pouvoirs publics.
En ce jour national de Mémoire pour la Vérité et la Justice, nous rappelons les 30.000 détenus et disparus, hommes et femmes, [victimes] du terrorisme d’État, nous prenons à notre compte leurs luttes et nous condamnons les crimes contre l’Humanité commis par les génocidaires (1). Il s’agit d’une célébration de la mémoire collective pour éviter que ces crimes terribles se reproduisent.
La décision de ne pas nous mobiliser le 24 mars, comme nous le faisons depuis tant d’années, est véritablement quelque chose qui nous coûte mais nous comprenons que le souci de la population exige des réponses solidaires pour contribuer à la prévention et à la santé de notre peuple. C’est pour éviter la contagion que nous nous interdisons de nous rendre sur la place mais nous voulons que se diffuse la ferme espérance dans le « jamais plus ça ».
Suivent le nom des treize associations signataires dont la Ligue argentine des droits de l’Homme.
Traduction © Denise Anne Clavilier

Comme on peut s’y attendre dans ce genre de circonstances, seul Página/12 se fait l’écho de cette décision.



(1) On désigne par le terme génocidaire les criminels de la dictature.

L’Uruguay touché à son tour [Actu]

"Quatre cas de corona virus, tous au retour de l'Europe"
Dans la colonne centrale, en rouge, l'annonce
de la rupture de la coopération télévisuelle avec le Venezuela.
Macri avait fait la même chose en arrivant au pouvoir
avec le même genre de déclaration très agressive vis-à-vis du pays.
La photo centrale montre la ruée des consommateurs dans les supermarchés.
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Le nouveau gouvernement uruguayen est installé depuis tout juste deux semaines et le voilà contraint à affronter une crise majeure qui implique des enjeux sanitaires mais aussi sociaux, politiques et économiques !

Sans doute devront-ils revoir leur idéologie du libre-marché, du chacun pour soi et de la compétition tous azimuts.

"Il est arrivé et il a apporté la psychose"
sur fond de files aux caisses des supermarchés

L’épidémie commence officiellement avec la détection de quatre personnes infectées en Europe dont une dame qui a récemment participé à une énorme fête de mariage avec 500 participants dans son pays. D’où la possibilité d’un cluster à plus ou moins court terme.

La politique aussitôt mise en place est, à peu de choses près, la même qu’en Argentine : suppression de tous les spectacles et des événements sportifs, fermeture partielle des frontières, obligation du respect d’une stricte quarantaine de 14 jours pour ceux qui rentrent de l’étranger et qui montrent des symptômes suspects, suspension de l'obligation de scolarité, mesures-barrière comme le lavage fréquent des mains au savon, l’utilisation de gel hydroalcoolique, la disparition des baisers, des accolades et des traditionnels ruedas de mate, qui sont à l’Uruguay ce qu’est l’apéritif en France ou le five o’clock tea en Grande-Bretagne...

"Urgence sanitaire.
Fermeture partielle des frontières et on n'ira plus à l'école"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Quelques départements et certaines villes ferment d’ores et déjà les écoles, quinze jours après la rentrée, voire confinent leur territoire. Autant profiter de l’expérience des pays affectés depuis plus longtemps et ne pas perdre de temps en appliquant tout de suite des mesures certes un peu rudes mais, semble-t-il, assez efficaces.

Pour aller plus loin :
lire l’article de El Observador, dont le photographe a saisi une lueur d'angoisse dans les yeux du président de la République au moment où, pendant la conférence de presse, il regarde son ministre de la Santé en train de s'exprimer. Impressionnant chez un homme qui arbore toujours un triomphal sourire Hollywood.

vendredi 13 mars 2020

L’Argentine ferme ses musées et annule les spectacles [à l'affiche]

Une des pages culturelles de Página/12 ce matin

Conformément au décret d’urgence et de nécessité (DNU) pris par le président hier, les spectacles sont annulés et les musées nationaux doivent fermer ainsi que tous les centres culturels dépendant du niveau fédéral comme le CCK. La Bibliothèque nationale ferme elle aussi ses portes. Plusieurs provinces appliquent les mêmes mesures. La ville autonome de Buenos Aires a fermé ses musées ce matin.

Plus de festivals. La Feria del Libro, qui devait ouvrir à la fin du mois, ne se tiendra pas cette année.

Les grands rassemblements ne pourront pas avoir lieu, ce qui met à mal les célébrations de l’Année du Général Manuel Belgrano. La Academia Nacional del Tango a annoncé hier le report sine die de l’ouverture de la saison.

Ce blog va donc sans doute ralentir considérablement son rythme de parution faute de carburant.

Avec chez nous les enfants qui restent à la maison en France et en Belgique, c’est l’heure ou jamais de se plonger dans de bons livres et de dévorer une bibliothèque entière, histoire de sortir de la tablette, du smartphone et des réseaux sociaux.

Pour aller plus loin :
lire l’article de La Nación

Ajouts du 15 mars 2020 :
les fermetures de sites culturels et naturels se poursuivent :
lire l'article de Página/12 sur la mise à disposition par la CGT des hôtels qui lui appartiennent pour accueillir les personnes soumises à quarantaine à leur retour au pays
lire l'article de Página/12 sur les restrictions qui d'imposent désormais aux actes cultuels, toutes religions confondues
lire l'article de Clarín sur la fermeture des parcs naturels nationaux (depuis Los Glaciares en province de Santa Cruz jusqu'aux Chutes de Iguazú en province de Misiones, à la triple frontière entre l'Argentine, le Brésil et le Paraguay)
lire l'article de La Nación sur le même sujet.

L’actualité sanitaire vue d’Uruguay [Actu]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Pour le moment, l’Uruguay regarde ce qu’il se passe chez ses voisins. Jusqu’à présent, ce petit territoire coincé entre les deux géants n’a pas enregistré de patient atteint du covid-19.

Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Néanmoins, certains événements sont déjà annulés comme le festival de rock de Montevideo tandis que les matches de football se joueront sans public.


Le ministère de la Santé, qui a déjà demandé aux Uruguayens de ne plus partager le maté, invite avec insistance les personnes rentrant de zones affectées, comme les deux pays voisins, l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie, de respecter chez eux une quarantaine de 15 jours afin d’éviter de répandre le virus.

Pour en savoir plus :
Il va sans dire que les journaux publient plusieurs articles chaque jour sur ce thème.

L’inflation a bel et bien ralenti [Actu]

La courbe par mois depuis mars 2019
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Les premières mesures économiques prises par le nouveau gouvernement argentin semblent bien porter leurs fruits, comme l’indiquaient déjà les chiffres de janvier (2,3 % en moyenne) : l’inflation ne s’élève qu’à 2 % en février. Sur l’année de mars à février, elle ne monte plus qu’à 50,3 % (contre un peu plus de 53 % de janvier à décembre 2019).

L’inflation serait donc en train de ralentir. Ce qui, au milieu de la tempête sanitaire, est une bonne nouvelle. Il faut croire que Alberto Fernández sait gouverner selon les critères énoncés par Mauricio Macri lui-même lors de sa campagne électorale de 2015 (1).

La courbe par type de produit
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Pour autant, c’est dans l’alimentation que les taux restent les plus hauts : 2,7 % en moyenne. Et 3,1 pour le secteur horeca.

Pour en savoir plus :



(1) Quand l'inflation était à 25% par an, il avait proclamé à qui voulait l’entendre qu’une inflation élevée était le signe qu’on ne savait pas gouverner.

La réforme des retraites est votée [Actu]

La majorité sénatoriale hier après le vote

Le nouveau gouvernement argentin a fait passer sa première grande réforme structurelle : celle du système de retraite surdimensionné de deux groupes de fonctionnaires, les magistrats et les diplomates. Le Sénat a voté à 41 votes pour contre 21 contre, sans absentions (mais avec des absents).

Seuls les juges de la Cour suprême sont exclus de cette réforme qui a causé la colère du corps des magistrats. Plus de cinquante d’entre eux se sont retirés des tribunaux pour protester ou pour prendre leur retraite sous l’ancien régime de pension. Les diplomates semblent avoir montré plus de dignité et plus de sens de l’État et du service : on n’enregistre pas de rouspétances publiques de leur part.


Il était prévu que le projet de loi légalisant l’avortement soit présenté tout prochainement par le gouvernement au Congrès mais les mesures de lutte contre l’épidémie vont sans doute reporter aux calendes grecques cet ordre du jour tant attendu. Il est probable en effet que la session parlementaire soit suspendue dans les jours prochains afin de casser les chaînes de contagion et de ne pas prendre le risque d’engorger les hôpitaux publics, déjà mal en point après la cure d’austérité que leur a imposée le gouvernement précédent.