lundi 25 mai 2020

La Academia Nacional del Folklore publie tout un pan de répertoire rioplatense [Actu]

Page d'accueil du site dédié (capture d'écran)
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C’est un fonds patrimonial très riche que la Academia Nacional del Folklore vient de mettre en ligne sur un site dédié de son portail Internet : le fond Miguel Hours, qui se compose de 124 œuvres, chansons et danses, de la tradition musicale de la Province et de la Ville de Buenos Aires au long du 19e et du 20e siècles. A cela s’ajoutent un corpus de 153 chansons dont les textes ont été mis par écrit et tout un appareil critique composé de cartes géographiques, de photos, de partitions et de commentaires savants.


Oid mortales el grito sagrado
¡Libertad! ¡Libertad! ¡Libertad!
Oyez, mortels, la clameur sacrée :
Liberté ! Liberté ! Liberté !
(Premiers vers de l’hymne national argentin, Vicente López y Planes, 1813)
Traduction © Denise Anne Clavilier)
Illustration : cocarde argentine qu’il est d’usage d’épingler
sur son vêtement mais cette année, tout le monde est à la maison,
alors c’est le blog qui arbore le symbole !

Reynaldo Miguel Hours est musicien professionnel, guitariste et accordéoniste, qui exerce son métier depuis plus de quarante ans et travaille avec la Academia depuis une trentaine d’années. Grâce au travail du chercheur Francisco Luis Lanusse, l’institution s’est mise en capacité de mettre en forme ce travail patrimonial de sauvegarde d’une tradition orale afin de le rendre accessible au grand public et aux chercheurs. Le programme de mécénat de la Ville Autonome de Buenos Aires s’est chargé de financer le projet.

Copie d'écran
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Lanusse s’est lui-même appuyé sur la classification mise au point par le spécialiste du folklore argentin, Carlos Vega, pour identifier les différents axes qui structurent ces traditions populaires encore très peu écrites.

Ce projet se réalise dans un pays en confinement mais qui fête néanmoins aujourd’hui sa fête nationale.

Pour aller plus loin :
lire l’article de La Nación, qui a classé le sujet dans ses pages économiques et non pas culturelles
accéder au site dédié de la Academia Nacional del Folklore.

dimanche 24 mai 2020

Confinement et reprise par zone géographique [Actu]

"Le virus circule dans la rue. Je vous demande de rester chez vous"
au centre le président,
à gauche, le chef du gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires;
à droite, le gouverneur de la Province de Buenos Aires

Lors d’une conférence de presse hier soir, à sa résidence officielle de Olivos, le président argentin, Alberto Fernández, a annoncé un nouveau prolongement de deux semaines du confinement, qui deviendra même plus strict à Buenos Aires et dans sa banlieue, puisque l’épidémie y est en augmentation. Depuis longtemps, les épidémiologistes ont annoncé que le pic serait atteint en juin et tout indique que c’est bien ce qu’il se passe.

En revanche, en dehors de la capitale et de sa région, les cas d’infection sont vraiment très rares. Aussi les provinces peuvent-elles très lentement réintroduire un peu de vie sociale. C’est le cas à Mendoza et San Juan où les réunions familiales du dimanche sont réapparues.

"Cela va durer le temps qu'il faut"
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Dans l’après-midi, le chef du gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires a fait de nouvelles annonces pour compléter les informations de la conférence de presse présidentielle à laquelle il a participé comme il a l’habitude de le faire, avec son homologue de la province, pour montrer une Argentine unie.

Carte des contagions à la date du 22 mai 2020
On voit deux gros foyers, à Buenos Aires (en encadré) et à la frontière avec le Paraguay
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Ce qui va changer à Buenos Aires : après un léger assouplissement il y a un mois, la capitale argentine resserre les paramètres. Des commerces non essentiels vont devoir fermer à nouveau comme onze gares ferroviaires et les déplacements vont être restreints. Les personnes autorisées à se déplacer vont devoir obtenir une nouvelle autorisation. Et cette marche arrière se produit à la veille de la fête nationale qui sera marquée par des propositions culturelles en ligne et des spécialités gastronomiques particulières à cette occasion accessibles via des commandes et une livraison à domicile.

"Retour des restrictions aux déplacements dans la région de Buenos Aires
et dans les commerces de la capitale"
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Ce régime de confinement vaut jusqu’au 7 juin. Les festivités autour des 250 ans de Manuel Belgrano disparaissent bel et bien.

La conférence de presse du président a donné lieu à quelques critiques : des chiffres de comparaison internationale présentés dans son powerpoint sont faux. L’ambassade du Chili a tenu à rétablir la vérité sur l’épidémie dans le pays voisin, moins alarmante qu’annoncé par le président.

Pour aller plus loin :
lire l’analyse de La Nación sur la réalité des chiffres.

Ce soir, le Teatro Colón fête son anniversaire en ligne [à l’affiche]


Demain, le Teatro Colón fêtera l’anniversaire de son inauguration. La coutume veut qu'il lève le rideau la veille pour une très belle soirée lyrique.

Pour la première fois, l'Opéra de Buenos Aires devra le faire de manière virtuelle : sur les réseaux sociaux, il diffusera ce soir (cette nuit en Europe) un enregistrement de Aïda, de Giuseppe Verdi, une production de 1996 reprise il y a deux ans.

C’est avec cet œuvre que le nouveau théâtre lyrique de Buenos Aires (1) avait levé le rideau en 1908, deux ans avant le centenaire de la Révolution de Mai.

Pour en savoir plus :
accéder au spectacle en ligne, cette nuit, à 1h du matin (soit le 24 mai 2020, à 20h, en Argentine), sur le site Internet du théâtre, sur sa page Facebook, sur son canal YouTube et sur son compte Instagram.



(1) Il remplaçait un vieux théâtre qui datait de l’époque révolutionnaire sur Plaza de Mayo.

samedi 23 mai 2020

Et le Cabildo abierto dans tout ça ? [Humour]

Le 22 mai 1810, la révolution a commencé à Buenos Aires : le vice-roi avait convoqué une réunion citoyenne (1) qu’on appelait le Cabildo abierto (conseil municipal ouvert). Ce Cabildo abierto est entré dans l’histoire car il a voté l’abolition de la vice-royauté, premier pas vers la réunion qui se tint trois jours plus tard, le 25 mai, pour monter un collège gouvernemental dont l’ex-vice-roi allait être écarté.

Convocation historique imprimée par le concessionnaire
de l'Imprimerie des Enfants trouvés
qui était un révolutionnaire convaincu
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En Argentine, depuis la mi-mars, les écoles sont fermés et tout se fait à la maison, à travers des cours en ligne et des émissions de la télévision de service public. Cette semaine, tous les enfants travaillaient sur la Révolution de Mai, comme tous les ans juste avant la fête nationale, le 25 mai.

Cette situation inédite a inspiré Daniel Paz et Rudy dans leur dessin du jour, à la une de Página/12.


Le gamin : Une question en histoire… Les gens du Cabildo abierto, ils se sont réunis sur Zoom ou sur Skype ?
(Traduction © Denise Anne Clavilier)



(1) Seuls les propriétaires fonciers étaient convoqués. Ils avaient seuls le droit de vote. Mais ce jour-là, quelques citoyens bien décidés à se débarrassés du régime en place et du vice-roi se sont organisés pour élargir encore plus la convocation, permettant à des habitants qui n’étaient que locataires de participer à cette réunion. J’explique ce qu’il s’est passé dans l’un des chapitres de Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine, publié en février aux Éditions du Jasmin.

Te Deum national version confinement [Coutumes]

La nef de la cathédrale de Buenos Aires en 1830
par Charles Henri Pellegrini, un peintre savoyard
qui s'est fait naturaliser argentin
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Pour la première fois depuis le 25 mai 1811, le chef d’État argentin n’assistera pas en chair et en os au Te Deum national, qui se tient tous les ans, à cette date, à la cathédrale de Buenos Aires.

Publication du premier prêche du premier Te Deum national
célébré le 30 mai 1810 a l'occasion de la prise de pouvoir
par la Primera Junta (alors désignée comme Junta Superior Provisional)
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Comme l’Argentine et en particulier sa capitale fédérale et la banlieue sont en confinement assez stricte, la cérémonie, présidée par l’archevêque de Buenos Aires, le cardinal Mario Poli, se tiendra dans une cathédrale vide, en présence du clergé desservant et sans élus, sans corps constitués, sans corps diplomatique et sans public. Le président Alberto Fernández a annoncé qu’il assisterait tout de même de manière virtuelle depuis sa résidence de Olivos, dans la banlieue nord-ouest.

Début de ce premier sermon du 30 mai 1810
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La cérémonie sera retransmise en direct par TV Pública, par voie hertzienne (en TNT), sur son site Internet et sur les réseaux sociaux (Facebook et Youtube) lundi 25 mai 2020 à 9h30 (heure argentine, soit 14h30 en Europe atlantique).

Pour en savoir plus :
lire l’article de Página/12, seul quotidien national à relayer l’information ce matin sur son site Internet (très étonnant : il s’agit tout de même de la fête nationale)
vous connecter au site Internet de TV Pública, à sa page Facebook et à son canal YouTube.

Un respirateur pour deux : l’ingénierie argentine à la barre [Actu


Le laboratoire de dynamique des fluides (LFD), qui appartient à l’Université de Buenos Aires (UBA), vient de mettre au point un appareil d’assistance respiratoire capable d’alimenter deux patients en même temps afin de permettre au système de santé argentin de soigner tous les patients qui pourraient arriver dans les hôpitaux au pic de l’épidémie, attendu au moins de juin en Amérique du Sud.

Página/12 a interviewé le directeur du laboratoire, Guillermo Artana, pour comprendre de quoi il s’agit : un nouveau système de valves.

Décidément, les chercheurs et ingénieurs argentins ne ménagent pas leurs efforts pour sortir le pays de la crise sanitaire qu’il traverse en même temps qu’il se débat contre ses créanciers sur les marchés financiers.

Pour aller plus loin :

Maté et covid : les conseils de l’Instituto Nacional de la Yerba mate [Coutumes]

Le maté de toujours avec la bouilloire et les galletas (petits biscuits salés)
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L’INYM, qui fédère l’ensemble de la filière du mate en Argentine, depuis les producteurs jusqu’aux grossistes et aux courtiers, vient d’éditer un petit guide avec des visuels plutôt chouettes et des conseils de bon sens (qui valent pour n’importe quel aliment en ces temps d’épidémie).

Toutes les consignes pour tout laver à la javel diluée
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En Argentine comme partout où se consomme cette boisson, le maté se partage ! Tout le monde boit à la même bombilla (pipette) et c’est le même récipient qui passe de main en main dans le groupe d’amis qui partagent un bon moment de convivialité. Bien entendu, par les temps qui courent, la pratique est à bannir mais elle est si fortement ancrée dans les mœurs que ne plus partager le mate, c’est comme en France ne plus se serrer la main. Il y a de quoi devenir fou ! Et sans doute, le volume des ventes dans le pays a-t-il baissé. Sans parler de l’exportation qui doit avoir fortement baissé.

Des idées pour varier les plaisirs avec la yerba maté
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Et en ce long week-end de fête nationale, c’est un symbole à mettre en avant, comme on porte la cocarde blanche et ciel à la boutonnière. Soutenons ce secteur emblématique.

Remarquez la malice des auteurs du guide :
ils n'ont pas mis de mate sur les Malouines,
pauvres îles habitées depuis 1833 par des sauvages
qui ne savent pas ce qui est bon
et préfèrent leur hautaine cup of tea à la seule vraie boisson indigène du continent !
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Pour ceux d’entre vous qui aiment se frotter à l’espagnol, voilà une manière originale de travailler sur la langue version argentine… Le livret en pdf est téléchargeable gratuitement sur le site Internet de l’institution.

Pour aller plus loin :
télécharger le guide Guia Matear

vendredi 22 mai 2020

Une pièce sur Tita Merello en visionnage gratuit ce week-end [à l’affiche]


Tita, una vida en tiempo de tango est une pièce de théâtre musicale créée en 2011 dans un grand théâtre de Avenida Corrientes, le Metropoliltan, à Buenos Aires, en hommage à la grande chanteuse et actrice argentine Tita Merello, l’une des meilleures interprètes du tango canyengue.
Sur scène, elle est interprétée par Nacha Guevara, qui l’a connue dans ses dernières années et a co-signé les textes. La pièce a employé sept musiciens et huit comédiens en comptant l’interprète vedette : Christian Giménez, Marcos Woinski, Alejandro Vázquez, Ariel Leyra, Andrés Zurita, Stella Maris Faggiano et Norberto Trujillo.

Le théâtre La Plaza en mettra en ligne, en visionnage gratuit pendant 24h, un enregistrement vidéo.

Le théâtre propose aux spectateurs de donner un montant de leur choix et annonce que la recette ainsi collectée sera intégralement versée à la Croix-Rouge argentine.

Le document sera disponible à partir de samedi 23 mai 2020 dans la nuit jusqu’à la même heure, le dimanche. Les producteurs du spectacle ont mis en ligne une petite bande-annonce sur leur canal You Tube.

Le spectacle sera visible sur www.laplazaonline.com.ar.
Il est chroniqué ce matin par Clarín sur son site Internet.

Comme dans la majeure partie des pays européens, les lieux de spectacles sont fermés en Argentine et pour encore un bon moment. Malgré l’imminence de la fête nationale, lundi prochain, personne n’attend de levées des mesures qui pèsent surtout sur Buenos Aires et ses environs avant le 8 juin. De nouvelles consignes de contrôle des déplacements entre la capitale et sa banlieue viennent même d’être publiées au regard de la courbe des contagions qui avait jusqu’à présent été contenue mais qui commence à monter dangereusement.

jeudi 21 mai 2020

Ariel Prat : récital en ligne dans la nuit de samedi [à l’affiche]


L’auteur-compositeur interprète Ariel Prat, coincé à Buenos Aires à cause du confinement (1), donnera un concert en ligne le samedi 23 mai 2020, à 19h (heure argentine), à travers son canal You Tube pour fêter ses trente ans de carrière au cours du long week-end de la fête nationale.

Sans obligation, participation au chapeau, tout aussi en ligne que la musique, grâce à deux systèmes de paiement sécurisé, Mercado Pago en Argentine (en pesos) et Paypal en Europe (en euros).

Canal You Tube El Juglar Negro
Participation en Argentine :
trois adresses pour trois montants au choix :
150 $ (pesos argentins)
Participation en Europe : une seule adresse.

Voilà le texte qui accompagne l’annonce de ce récital un peu particulier :

Nuevamente guitarra en mano y desde este habitual exilio forzoso en mi guarida porteña, les ofrezco un recital despojado, íntimo pero sin barbijo,esperando que sea el último en tal situación de gorra virtual (o creo que ya sería desde la calle en la boca de un subte o entre cartones en carácter de situación extrema...jeje)
Ariel Prat (il n’est pas murguero pour rien !)

A nouveau la guitare à la main et depuis mon exil forcé habituel dans ma tanière portègne, je vous offre un récital dépouillé, intime mais sans masque [chirurgical] en espérant que ce sera le dernier en faisant ainsi payer au chapeau virtuel (ou je crois bien que ce serait dans la rue, à une entrée de métro ou blotti dans des cartons en matière de situation extrême… Hé, c'est pour de rire !)
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

Les spectateurs qui voudront bien sortir les cartes bancaires en Argentine participeront à un tirage au sort en direct qui permettra d’attribuer deux t-shirts avec des motifs évocateurs des activités de l’artiste.



(1) Ariel Prat ne connaît que deux saisons, le printemps et l’été : il passe six mois de l’année à Buenos Aires où il se produit au carnaval et six mois à Barcelone où, en cette saison, il aurait dû rentrer pour profiter des beaux jours catalans.

Página/12 consacre son supplément Universidad à la Révolution de Mai [Actu]

A quelques jours de la fête nationale du 25 mai, mise au régime forcé par cette maudite pandémie (1), Página/12 consacre les pages de son supplément hebdomadaire Universidad à une thématique de saison et de toujours : Identité et souveraineté, deux axes qui soutinrent la politique des révolutionnaires et que la gauche n’a jamais abandonnés (2).

Comment lire cette image ?
Au fond, vous voyez ces dames ? Ce sont les dames patriciennes, celles qui sur leurs propres fortunes, dans toutes les grandes villes du pays, financèrent, au moins en partie, l’effort de guerre pour l’indépendance.
A la même hauteur, à droite, le cactus colonnaire est là pour évoquer les campagnes andines dites du Nord, celles de Manuel Belgrano, Antonio González Balcarce, Juan Martín de Pueyrredón, José Rondeau
et, brièvement, José de San Martín
En-dessous, derrière les bâtiments, toute une série de personnages, dont de gauche à droite : Cornelio de Saavedra, président de la Primera Junta (le premier gouvernement révolutionnaire), Manuel Belgrano (mes fidèles lecteurs l’auront reconnu bien avant de lire cette ligne) et autour de la cocarde nationale, à gauche Miguel de Azcuénaga (l’aîné de membres de la Primera Junta) et à droite Mariano Moreno (le plus révolutionnaire de tous sur le plan social – évidemment, Página/12 a un petit faible pour lui).
A côté du canon, un prêtre révolutionnaire, Manuel Alberti, qui mourut au début de l’année 1812. Derrière lui, avec son plastron militaire orange, le dernier vice-roi, l’amiral Cisneros, survivant de Trafalgar, et un peu plus à droite, tout petit sous les figures des deux Amérindiens, la sale bobine de Fernando VII, le pire roi d’Espagne et le plus laid aussi, tel que Goya l’a peint avant la chute de Napoléon.
Sur le toit et sur le parvis du Cabildo et de la grande galerie qui coupait en deux la future Plaza de Mayo, le petit peuple : lavandières, porteurs d’eau, gauchos, ouvriers et payadores, ces musiciens ambulants qui improvisaient leurs vers et ont créé les premières milongas,
qui furent la source du tango de la fin du 19e siècle.


La crise actuelle, tant financière que sanitaire, donne du grain à moudre au quotidien alors que l’Argentine se bat pour restructurer l’énorme dette dont l’a chargée la précédente majorité et pour traiter la maladie en recourant le moins possible à l’importation et donc à la perte de devises. Or l’actualité récente a donné raison à cette façon de voir : économistes hétérodoxes rassemblés en conseil technique international auprès du président qui appuient la proposition faite aux créanciers privés, Blackrock qui, à la surprise générale, vient d’encourager ceux-ci à accepter, au moins partiellement, cette proposition (3) et des scientifiques qui parviennent à créer des tests nationaux pour le diagnostic de la maladie et la détection des anticorps chez les personnes guéries.

Pour en savoir plus :



(1) Il semblerait que ce soir ou demain, le gouvernement annonce la prolongation du confinement jusqu’au 8 juin. Les dispositifs actuels valent jusqu’à dimanche. Il y a quelques semaines, on espérait que la fête nationale pourrait être célébrée en début de déconfinement. Les chiffres ne plaident pas dans ce sens. Même les 250 ans de la naissance de Manuel Belgrano, le 3 juin, vont sombrer, en dépit de tous les préparatifs des années précédentes pour aboutir à ces célébrations...
(2) A droite, c’est moins constant. Une partie importante des classes dominantes ont tendance, depuis le milieu du 19e siècle, à vouloir coûte que coûte que l’Argentine soit un pays européen. Une idéologie qui s’inspire sans doute de la dérive des continents !
(3) Il faut voir la une du journal : la rédaction, les infographistes et les titreurs se sont mis en quatre pour fêter la nouvelle !

Le panier alimentaire de base a augmenté de 3,1 % [Actu]

Sans surprise au vu des chiffres généraux donnés il y a quelques jours par l’INDEC (voir mon article du 15 mai 2020), les journaux relèvent aujourd’hui l’inflation qui affecte le panier alimentaire de base dans le Gran Buenos Aires (un quart de la population du pays) : en avril, il a augmenté de 3,1 %, ce qui correspond au taux d’inflation moyen de la catégorie des produits alimentaires.

Infographie de synthèse
en bas, les dépenses par panier et par foyer
selon le nombre de personnes dont il se compose
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En revanche, le panier de base global n’a augmenté que de 1,4 %, ce qui est légèrement en-dessous de l’inflation mensuelle, qui était de 1,5, toutes catégories confondues et en moyenne sur l’ensemble du territoire.

Seuls Página/12 et La Prensa en ont fait état dans leur édition en ligne, en ce jour qui, en Argentine, n’est pas férié (1).

Pour aller plus loin :
lire et télécharger le rapport de l’Indec.



(1) Comme en Espagne ou en Italie, la célébration de l’Ascension est reportée au dimanche qui suit. En France, nous avons agi de la même façon pour l’Épiphanie et la Fête-Dieu.

Melingo et Calamaro reviennent demain dans un clip et dès aujourd’hui sur Clarín [à l’affiche]


Dans le cadre de la promotion de son nouveau disque, Oasis, qui mêle à son tango éraillé mâtiné de rock des accents de rébétiko de la terre de ses ancêtres, Daniel Melingo se joint à Andrés Calamaro et sort, vendredi 22 mai 2020, un clip vidéo intitulé El blues rebétiko de 7 vidas, réalisé par Esteban Perroud.

Le quotidien Clarín a obtenu l’exclusivité d’une avant-première : vous pouvez donc vous précipiter sur ce lien pour découvrir le clip qui réunit les deux ex-partenaires du défunt groupe rock qu’ils avaient fondé ensemble, Los Abuelos de la Nada (les grands-pères du néant).

Le clip est en noir et blanc et rend hommage au cinéma de Quentin Tarantino.
A voir !

mercredi 20 mai 2020

Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine : la première critique d’une historienne argentine [Disques & Livres]

Lorsque le confinement a été décrété à quelques jours de différence en France et en Argentine, respectivement les 14 et 20 mars dernier, le bel édifice de l’Année du Général Manuel Belgrano, dont mon livre devait être la manifestation en France, s’est effondré, nous laissant tous assommés pendant plusieurs semaines. Depuis une petite quinzaine, nous parvenons à nous ressaisir et réinventons nos célébrations sur le mode virtuel. C’est ainsi qu’est né cet article de Norma Ledesma, qui travaille actuellement comme historienne à l’Instituto Nacional Belgraniano après avoir enseigné l’histoire pendant plusieurs années à l’Universidad del Salvador, une université fondée à Buenos Aires par les jésuites quand l’ordre (1) s’est réinstallé dans une Argentine devenue indépendante.

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Lorsque la poste argentine a livré mon livre au siège de l’Institut, une semaine avant le confinement, Norma a aussitôt emporté un exemplaire chez elle et s’est plongée dans sa lecture, malgré son ignorance du français mais la proximité entre nos deux langues nous aide à déchiffrer celle de l’autre, surtout avec une formation en histoire.

Il y a quelques jours, Norma m’a ainsi envoyé ses félicitations avec dans son mail une ébauche d’analyse de ce qui retenait son attention de spécialiste du sujet et l’idée est née d’en faire un texte pour vous, les lecteurs de Barrio de Tango. Je vous livre donc ci-dessous, en version bilingue comme toujours sur ce blog, cette première critique de l’ouvrage. L’original est justifié à gauche, ma traduction l’est à droite.

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Cette année, mon voyage en Argentine semble fort compromis alors que le bureau de l’INB avait commencé dès février à organiser plusieurs conférences que j’aurais données dans différents lieux emblématiques. C’est sans doute partie remise à 2021 mais cette année, il est à craindre que nous n’ayons pas, Norma et moi, l’occasion d’échanger comme nous en avions pris l’habitude. Un crève-cœur pour tout le monde de part et d’autre de l’Atlantique.


En este año 2020, en que se conmemoran los “250 años del Natalicio del General Manuel Belgrano” y el “Bicentenario de su Paso a la Inmortalidad”, por lo cual el Presidente de la Nación Argentina, Dr. Alberto Ángel Fernández, decretó que fuera declarado “2020- Año del General Manuel Belgrano” (Decreto PEN 02/2020 del 3 de enero de 2020), me alegra enormemente que la historia de Manuel Belgrano sea conocida en Francia y Europa a través del libro Manuel Belgrano. L’inventeur de l’Argentine de la investigadora francesa Denise Anne Clavilier, Editions du Jasmin, Francia, ya que nuestro prócer se encuentra entre los grandes “Libertadores de América”, al igual que San Martín, Bolívar y Washington.

En cette année 2020, où nous commémorons les « 250 ans de la naissance du général Manuel Belgrano » et le « Bicentenaire de son Passage à l’Immortalité » (2), motif pour lequel, par décret, le Président de la Nation argentine, le professeur Alberto Angel Fernández (3), l’a déclarée Année du Général Manuel Belgrano (décret PEN 02/2020 du 3 janvier 2020), c’est une immense joie pour moi que l’histoire de [celui-ci] soit connue en France et en Europe grâce au livre, Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine, de la chercheuse française Denise Anne Clavilier (Éditions du Jasmin, en France) puisque notre héros national figure parmi les grands Libérateurs de l’Amérique, au même rang que San Martín, Bolívar et Washington.

Tuve el gusto de conocer a Denise Anne Clavilier hace ya varios años, en el 2016 cuando se puso en contacto con el Instituto Nacional Belgraniano, en el cual me desempeño como investigadora. No voy a entrar en detalles de las charlas que mantuvimos pero me sorprendió, desde ese primer momento, su interés en la vida y obra de nuestro prócer y los conocimientos que poseía. De hecho, Denise Anne comenzó su romance con el Río de la Plata, a través del tango, que es la música que nos caracteriza y define. Pero, mientras que la mayoría se queda en este primer paso, ella decidió ahondar en nuestra historia patria, precisamente en la etapa fundacional de la misma. Para ello se dedicó al estudio de nuestros “Padres de la Patria” los Generales José Francisco de San Martín y Manuel Belgrano, recurriendo básicamente a fuentes y a bibliografía de reconocidos investigadores.

Il y a plusieurs années, en 2016, j’ai eu le plaisir de faire le connaissance de Denise Anne Clavilier quand elle a pris contact avec l’Institut national belgranien, où j’exerce comme chercheuse scientifique. Je ne vais pas entrer dans le détail des discussions que nous avons eues mais, dès ce premier moment, son intérêt pour la vie et l’œuvre de notre héros et la connaissance qu’elle en avait n’ont pas cessé de me surprendre. En fait, Denise Anne a commencé son idylle avec le Río de la Plata par le tango, cette musique qui nous caractérise et nous définit comme peuple. Mais, alors que la plupart des gens s’arrête à ce premier pas, elle a décidé de plonger plus avant dans notre histoire nationale et précisément dans cette étape qui en constitue les fondations. A cette fin, elle s’est consacrée à l’étude de nos « Pères de la Patrie », les généraux José Francisco de San Martín et Manuel Belgrano, en privilégiant le recours aux sources et à la bibliographie de chercheurs reconnus.

Gaspar de Jovellanos en 1798 par Francisco de Goya
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Nuevamente tuve una muy grata sorpresa cuando encaré la lectura de Manuel Belgrano. L’inventeur de l’Argentine. Utiliza un lenguaje sumamente accesible y la lectura es verdaderamente atrapante, lo cual no sucede con todos los libros de historia. Algunos utilizan un lenguaje árido que, en lugar de acercar la historia a la gente, la aleja.
Más allá de ello, para una especialista en el tema como es mi caso, se advierte la rigurosidad y minuciosidad de su trabajo, totalmente entendible si observamos las fuentes y bibliografía utilizadas. Considero que aporta una gran cantidad de datos, que alimentan nuestro amor por la historia. Cabe destacar, a modo de ejemplo, el capítulo dedicado a “Estudios en España (1786-1793)”, especialmente cuando se ocupa de sus estudios en la prestigiosa Universidad de Salamanca. Advierte de manera clara las diferentes concepciones de España con respecto a Francia, Alemania e Inglaterra. Además de aportar datos de los profesores de dicha universidad y de los representantes de la Ilustración Española, tal como Gaspar de Jovellanos, mostrándonos el mundo intelectual de la época.

Me mettre à lire Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine fut pour moi une autre très agréable surprise. Denise Anne emploie un langage très accessible et la lecture est vraiment prenante, ce qui n’est pas le cas de tous les livres d’histoire. Certains ont recours à un vocabulaire aride qui, au lieu de mettre l’histoire à la portée des gens, ne fait que les tenir à distance.
De surcroît, pour une spécialiste du sujet comme moi, la rigueur et la minutie de son travail sautent aux yeux, ce qui se comprend fort bien si nous analysons les sources et la bibliographie dont elle s’est servie. J’estime qu’elle fait avancer la question avec un grand nombre d’éléments qui nourrissent notre amour pour l’histoire. Il convient de mettre l’accent, à titre d’exemple, sur le chapitre « Études en Espagne (1786-1793) », particulièrement lorsque [l’auteure] s’intéresse aux études [de Belgrano] dans la prestigieuse université de Salamanque. Non contente d’apporter des éléments d’information sur les professeurs de cette université et les représentants de la pensée espagnole des Lumières, comme Gaspar de Jovellanos, en nous décrivant le monde intellectuel de cette époque, elle montre clairement les diverses opinions qui circulaient en Espagne sur la France, l’Allemagne et l’Angleterre.

Por otra parte, también considero como un gran aporte que nos ofrezca una breve biografía de los personajes que aparecen en su libro. No voy a abundar en el tema, porque espero que ustedes se sumerjan en la lectura de este libro.
También tengo que subrayar lo relevante de su "mirada", dado que “maneja” la historia francesa y europea y la relaciona con la del Río de la Plata, de una manera dinámica, sin baches, que hace que el relato fluya.

D’autre part, elle nous offre une biographie des personnages que apparaissent dans son livre et j’estime qu’il s’agit là d’une contribution non négligeable mais je m’arrête là sur ce sujet car j’attends que vous vous plongiez dans la lecture de l’ouvrage.
Il me faut aussi souligner son « regard », car elle manie l’histoire française et européenne et la lie à celle du Río de la Plata de façon dynamique, sans heurt, ce qui donne de la fluidité au récit.

La maison natale où Belgrano a vécu toute sa vie à Buenos Aires et où il est mort
ici dans son état de 1909, peu avant sa destruction
(Archivo General de la Nación)

Para finalizar quiero mencionar que su estudio no se limita a una historia política y militar, sino que también aborda los aspectos sociales y de la vida cotidiana, que acercan el relato al lector. A modo de ejemplo, la minuciosa descripción de las casas de las familias de la élite porteña de la época. Los planos de Buenos Aires de 1769 y 1810 nos ubican de manera clara en esta ciudad, capital del Virreinato del Río de la Plata y a partir de la Revolución de Mayo de 1810, capital de los gobiernos patrios: Provincias Unidas del Río de la Plata y Provincias Unidas en Sud América. Por otra parte, las imágenes incorporadas al libro, tomadas de viajeros que visitaron al Río de la Plata, nos permiten acceder a diferentes escenarios: Buenos Aires colonial, la pampa, así como a la costa del río Paraguay. Aparece la figura del gaucho, con su característica vestimenta, y los diferentes tipos de transporte.

Pour finir, je veux signaler que son travail ne se limite pas à une histoire politique et militaire. Elle aborde aussi les aspects sociaux et la vie quotidienne, ce qui rend le récit proche du lecteur. J’en prendrais pour exemple la minutieuse description des demeures familiales de l’élite portègne de cette époque. Les plans de Buenos Aires en 1769 et 1810 nous aident à nous orienter dans la ville, capitale du Vice-Royaume du Río de la Plata, puis, à partir de la Révolution de Mai 1810, capitale du pouvoir patriote, celui des Provinces-Unies du Río de la Plata puis celui des Provinces-Unies en Amérique du Sud (4). Qui plus est, les images intégrées à l’ouvrage, empruntées à des voyageurs qui visitèrent le Río de la Plata, nous font accéder à différents décors : la Buenos Aires coloniale, la pampa ou les rivages du Río Paraguay. C’est ainsi qu’apparaît la silhouette du gaucho, avec ses vêtements caractéristiques (5), et les divers modes de transport.

Manuel Belgrano, quien se movió en estos escenarios, se caracterizó por haber sido fundamental por su múltiple actuación en los tiempos fundacionales de nuestra Patria, teniendo como ideales la Independencia y Unión de los Americanos.
No es fácil para una investigadora francesa abordar un personaje de estas características y ello solo fue posible dado a que recurrió a fuentes originales y una nutrida bibliografía en idiomas español, francés inglés e italiano. Además, a sus vastos conocimientos en la historia del Río de la Plata, que le permiten hacer una “lectura intercultural”.

Dans les temps où notre patrie se construisait, Manuel Belgrano, qui allait et venait dans ces décors, s’est distingué par la variété de son activité fondatrice, conduit par ses idéaux, l’Indépendance et l’Union des Américains.
Pour une chercheuse française, il n’est pas facile d’aborder un personnage avec de telles caractéristiques et cela n’a été possible que parce qu’elle a eu recours à des sources originales et à une bibliographie nourrie, en langue espagnole, française, anglaise et italienne, en plus de ses amples connaissances sur l’histoire du Río de la Plata, qui lui ont permis d’en faire une « lecture interculturelle ».

Buenos Aires - rive du Río de la Plata vers 1820
par le peintre savoyard naturalisé argentin Charles Henri Pellegrini
au premier plan, la coupole est celle de La Merced, l'église du baptême de Belgrano
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Por estos motivos, recomiendo de manera entusiasta la lectura de este libro, por el cual el Instituto Nacional Belgraniano le otorga este año 2020, tan significativo para todos los belgranianos, el “Premio General Belgrano”, que solo se da a aquellas personalidades y entidades de bien público que, por sus antecedentes, méritos, cualidades y accionar comunitario, se los identifique con los valores e ideario belgraniano, al tiempo que colaboran con la misión del Instituto Nacional Belgraniano en difundir y exaltar la vida y obra de nuestro insigne prócer. En el caso de Denise Anne Clavilier es en reconocimiento a su vasta trayectoria como historiadora, escritora, ensayista, traductora y comunicadora intercultural. Específicamente por su profundo trabajo de investigación histórica, plasmado en la obra Manuel Belgrano. L’Inventeur de l’Argentine, primera biografía en francés de nuestro prócer, que fue presentada en la Embajada Argentina en París, el 27 de febrero pasado.

Dra Norma LEDESMA,
historiadora, Instituto Nacional Belgraniano

Telles sont les raisons qui me font recommander avec enthousiasme la lecture de ce livre pour lequel l’Institut national belgranien a attribué [à Denise Anne Clavilier], en cette année 2020 si significative pour tous les belgraniens, le Prix Général Belgrano (6) qui n’est remis qu’à ces personnalités et ces institutions d’intérêt public que l’on peut, grâce à leurs réalisations passées, leurs mérites, leurs qualités et leur engagement au service de la collectivité, identifier aux valeurs et à la pensée belgraniennes au moment où elles participent à la mission de l’Institut national belgranien en diffusant et en célébrant la vie et l’œuvre de notre éminent héros national. Dans le cas de Denise Anne Clavilier, il s’agit d’une reconnaissance de son ample trajectoire d’historienne, d’écrivain, d’essayiste, de traductrice et de spécialiste en communication interculturelle. Pour le dire plus précisément encore de la profondeur de ses recherches historiques qui ont pris forme dans cet ouvrage, Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine, première biographie en français de notre héros, qui fut présentée à l’Ambassade argentine à Paris, le 27 février dernier. (7)

Norma LEDESMA
historienne de l’Instituto Nacional Belgraniano

Pour en savoir plus sur l’Instituto Nacional Belgraniano :

Post de l'Ambassade argentine sur sa page Facebook
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(1) La Compagnie de Jésus a été expulsée de l’empire colonial espagnol en juillet 1767.
(2) Norma Ledesma cite ici le décret présidentiel du 3 janvier 2020. Remarquez le vocabulaire quasi-religieux de mise en Argentine : natalicio au lieu de nacimiento et paso a la inmortalidad (passage à l’immortalité) au lieu de fallecimiento (décès). De fait, les grands héros nationaux sont fêtés au jour anniversaire de leur mort, comme les saints canonisés : Manuel Belgrano est fêté le 20 juin, San Martín le 17 août et Sarmiento le 11 septembre. Cf. mon article du 3 janvier 2020 dans ce blog.
(3) Alberto Fernández est docteur en droit et enseignait, jusqu’à sa prestation de serment le 10 décembre dernier, le droit pénal à l’Université de Buenos Aires (UBA). En Argentine, les titres universitaires accompagnent systématiquement le nom de leurs titulaires (licenciado, magister, doctor, ingeniero, arquitecto, perito, etc.) Quand je traduis, je transpose ces formules dans les usages français.
(4) Le pays a plusieurs fois changé de nom avant de s’arrêter en 1860 sur l’actuelle dénomination officielle : la République argentine.
(5) Normal Ledesma a consacré sa thèse de doctorat à l’histoire textile en Argentine, un champ de développement économique et technique que Manuel Belgrano s’est efforcé d’encourager lorsqu’il était à la tête du Consulat de Commerce de Buenos Aires (1794-1810). De surcroît, le textile relève aujourd’hui encore du patrimoine culturel grâce aux couleurs, aux motifs et aux fibres traditionnels qui caractérisent les régions composant le pays. On peut le constater facilement dans l’art du poncho, le vêtement sud-américain par excellence : avec un peu d’habitude, il est assez facile de distinguer au premier coup d’œil un poncho de la pampa rioplatense d’un autre de Tucumán, de Salta ou de Cuyo…