mardi 21 septembre 2010

Une 102ème identification célébrée par Abuelas [Actu]

L’association Abuelas de Plaza de Mayo, les Grands-Mères de la Place de Mai, vient d’annoncer que la justice argentine a pu identifier une nouvelle personne enlevée enfant à sa famille biologique sous la Dictature. Par respect pour la réaction affective de ce jeune homme, le nom sous lequel il est connu aujourd’hui, celui sous lequel il a donc été adopté frauduleusement, n’a pas été communiqué.

Ce jeune homme, qui est la 102ème personne dans ce cas à être identifiée, est le fils de deux militants montoneros, le mouvement révolutionnaire qui occupait l’aile extrême-gauche du péronisme dans les années 60 et 70 : sa mère s’appelait María Graciela Tauro, elle vivait à Bahía Blanca et, une fois installée à Buenos Aires, elle a travaillé dans une usine après ses trois années de biochimie à l’Universidad Nacional del Sur dans sa ville natale. Le père, quant à lui, s’appelait Jorge Daniel Rochistein, il avait fait des études d’économie à la même université. Tous deux venaient de milieux humbles. Ils se sont connus dans les rangs montoneros et se sont mariés le 30 janvier 1976 à Buenos Aires, l’année du coup d’état, qui eut lieu le 24 mars. Ils furent arrêtés le 15 mai, elle était enceinte de 4 mois et demi. On sait qu’elle a accouché à Buenos Aires, dans les geôles de l’ESMA, cette ancienne école supérieure de mécanique de la Marine qui a été reconvertie il y a quelques années en centre culturel et où Madres de Plaza de Mayo, les Mères de la Place de Mai, a installé ECuNHi, leur Espace Culturel Nos Enfants, à Palermo. On sait aussi qu’ils ont été tous les deux assassinés sommairement quelques temps après pendant un prétendu affrontement entre guerrilleros et troupes loyales au régime, ce qui était la mise en scène habituelle des exécutions sans jugement.

L’enquête qui a abouti à l’identification du jeune homme a commencé il y a 10 ans, à la suite d’aveux faits au cours de son procès par un bourreau de la dictature (represor). C’est la mère de María Graciela qui a déclenché l’action judiciaire. Madame Nelly Cecilia Wuiovich de Tauro a aujourd’hui 86 ans et vit à Mar del Plata. C’est elle qui a décidé de ne pas révéler le nom de ce petit-fils qu’elle a cherché pendant 34 ans et qui ne veut pas se rapprocher d’elle.

En effet, comme c’est aussi le cas des enfants Noble Herrera, fils et fille adoptifs de la propriétaire du groupe Clarín et dont l’identité de naissance est toujours inconnue, le jeune homme, qui serait avocat, spécialisé dans les questions d’écologie et fonctionnaire national, a refusé de se prêter aux tests ADN. Il a donc fallu que la Cour Suprême l’y contraigne car l’identification des personnes disparues n’est pas une question de commodité personnelle et subjective en Argentine mais bel et bien un enjeu d’ordre public : il s’agit de rétablir un Etat Civil qui a été perturbé par des pratiques qui violaient gravement la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, dont l’Argentine est signataire, le fondement universel du droit des personnes.

Aujourd’hui, Abuelas respecte le choix du jeune homme de ne pas se rapprocher de sa famille biologique et de rester sentimentalement attaché à son père adoptif, lequel est en fuite depuis de nombreuses années et sera arrêté s’il réapparaît, comme tous les parents adoptifs qui se sont emparés d’enfants dont ils savaient l’identité trafiquée.

Pour en savoir plus :
Ecouter le reportage de Radio Provincia Buenos Aires (les parents disparus étaient tout deux bonaerenses et la grand-mère maternelle aussi puisqu’elle habite Mar del Plata).
Curieusement, La Nación reste muette sur cette nouvelle. Peut-être préfère-t-elle s’intéresser à un autre fait du jour, traditionnel celui-là, el Día del Estudiante, la Fête des Etudiants, qui se célèbre chaque 21 septembre, au premier jour du printemps…

Pour voir l'ensemble des articles de Barrio de Tango (le blog) concernant ces affaires de droits de l'homme, cliquez sur le mot-clé JDH (pour Justice et Droits de l'Homme) dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.
Pour cibler précisément les articles sur les enjeux d'identité et les combats des Grands-Mères, choisissez le mot-clé Abuelas dans le même bloc.

Interviewée sur Radio Provincia Buenos Aires [Disques & Livres]

Le vendredi 3 septembre dernier, à 15h30, à la suite de la présentation que j’avais faite au CCC et qui se doublait d’un hommage à Alorsa, pour le premier anniversaire de sa mort (voir mon article du 19 août 2010 sur l’annonce de cette soirée et mon retour sur images du 17 septembre 2010), j’ai été interviewée en direct et par téléphone sur Radio Provincia Buenos Aires, la radio publique du Gouvernement de la Province de Buenos Aires, depuis les studios de La Plata, dans l’émission Y la radio BA, qui anime les après-midis plantenses du lundi au vendredi.

Pour Y la radio BA, il s’agissait de placer mon intervention dans le cadre de l’annonce de Tarde con Alorsa, un hommage qui lui a été rendu le dimanche 5 septembre après-midi, à deux pas de la maison familiale, dans sa chère cité de Tolosa, une commune de 46 000 habitants environ, accolée à La Plata elle-même, puisque j’avais dit que je viendrais participer à cette manifestation (1). L’interview plonge donc ses racines dans mon amitié pour Alorsa, mon admiration pour son travail artistique et dans le travail de recherche, de traduction et d’écriture que j’ai moi-même déployé à travers l’élaboration du livre, dont le producteur de l’émission, Juan Silva, était ému et un peu étonné de savoir que j’y avais introduit et traduit une pièce de Alorsa (2), l’artiste local par excellence. Comme vous pouvez l’imaginer, les Platenses ont beaucoup de mal à se figurer que leurs artistes puissent accéder à une reconnaissance internationale qui dépassent la zone hispanophone.

Et le dimanche, en effet, grâce à Radio Provincia Buenos Aires qui m’a offert le remis aller-retour entre Buenos Aires et La Plata, j’étais à La Plata, ou plus exactement à Tolosa, pour cette fête populaire, presque cette fête de village, dont je vous ai rapportée plusieurs photos (mais il faut encore que je construire le reportage et ce n’est pas une mince affaire). Et c’est ainsi que j’ai dû et pu prendre la parole, cette fois-ci, au micro de Radio Estación Sur, une radio associative alternative, qui animait l’après-midi à partir d’un petit studio de campagne constitué d’un tréteau, de quelques micros, d’une table de mixage et d’un ordinateur portable. Comme quoi, on peut faire de la radio et même avoir une Française qui cause dans le poste avec des petits moyens et beaucoup d’enthousiasme et d’amour…

En cliquant sur le lien, vous pouvez à la fois écouter, sur le site de AM Provincia, cette intervention de ma part (en espagnol) et lire le texte de présentation (en espagnol aussi) qui résume la conversation préalable que j’avais eue avec Juan Silva la veille, en préparation de l’émission.

Si vous souhaitez lire le texte alors que vous n’êtes pas bien sûr de votre espagnol, n’hésitez pas à faire usage de Reverso, le traducteur en ligne dont vous trouverez le lien dans le bas de la Colonne de droite, dans la rubrique Cambalache (casi ordenado), ce qui veut dire Bazar à peu près en ordre… C’est un outil très efficace et très performant.

Vous pouvez également écouter Radio Provincia Buenos Aires / AM Provincia en streaming, donc en direct depuis La Plata, en vous connectant à la page d’accueil du site sur l’une ou l’autre des deux longueurs d’ondes de la chaîne.

(1) Tolosa a été fondée en 1871 tandis que La Plata a été fondée en 1882, après la séparation entre la Province de Buenos Aires et la ville homonyme qui conquérait son statut de capitale fédérale et à ce titre devenait autonome. Aussi La Plata et Tolosa sont-elles inséparables l’une de l’autre…
(2) Para verte gambetear, p 158, un hommage à Maradona, dont j’ai appris à cette occasion que quelqu’un a pu lui faire connaître le morceau et qu’il l’a beaucoup apprécié. Comme Alorsa aurait été heureux de savoir que sa chanson faisait plaisir à cet homme qu’il admirait avec autant de lucidité…

Des nouvelles d’Aerolineas Argentinas [Actu]

Aerolineas Argentinas est la compagnie d’aviation récemment revenue dans le giron de la République argentine après une quinzaine d’années de privatisation catastrophique tant sur le plan commercial que sur le plan social. Actuellement, l’entreprise, qui a récupéré une bonne partie de son ancienne qualité de service, je peux en témoigner pour voyager à bord de ses avions, traîne toujours avec elle le déficit abyssal qu’elle a hérité de son ancien propriétaire, le groupe de tourisme espagnol Marsans.

La Présidente Cristina Fernández de Kirchner a assisté hier à la livraison de deux des nouveaux aéronefs commandés à l’avionneur brésilien Embraer, dont je remarque qu'on voit de plus en plus les appareils sur les aéroports européens. L’un des points capitaux du rétablissement de la compagnie est en effet de renouveler sa flotte, très ancienne et dont Marsans avait laissé s’abîmer l’intérieur des cabines, laissant ainsi les voyageurs faire de longs vols dans des conditions de confort largement perfectibles (écrans hors service, appui-bras sans garniture, telle lampe désespérément éteinte ou un des WC hors d’usage).

La Présidente a profité de cette occasion festive pour faire, une fois encore, un peu de pédagogie auprès des instances syndicales de la compagnie : sous Marsans, les grèves à répétition des personnels au sol et des navigants étaient l'une des plaies d’Aerolineas au sein d’un cercle vicieux où la mauvaise gestion de Marsans entraînait du mécontentement social, ce qui provoquait des grèves qui elles-mêmes faisaient fuir les clients, dont la fuite creusait encore davantage le déficit des comptes, etc. Aujourd’hui, pour que la compagnie récupère le prestige et l’excellente réputation qui fut la sienne jusqu’au début des années 1990, au moment de sa vente à Iberia, il faut que l’ensemble du personnel fasse front solidairement avec la Direction et le Gouvernement pour récupérer un niveau optimum de service aux clients et grâce à lui, retrouver la clientèle perdue et sortir du rouge pour renouer avec la prospérité d’antan.

Je profite de cette actualité pour redire tout le bien que je pense de cette compagnie et de son personnel. Le personnel commercial au sol tout d’abord, tant au bureau de vente de Paris (pour parler de ce que je connais) qu’à l’aéroport de Madrid et de Buenos Aires. Depuis l’Europe, vous pouvez aussi partir soit de Madrid soit de Barcelone et où que vous soyez, Aerolineas est en mesure de vous proposer un pré-acheminement depuis un autre aéroport européen jusqu’à l’un ou l’autre aéroport espagnol, d’où vous embarquerez pour Buenos Aires. Et on vous établit vos deux cartes d’embarquement dès l’enregistrement de vos bagages. Ce qui transforme l’escale espagnole en une pause fort agréable, d’autant que l’aéroport de Madrid s’est spectaculairement amélioré depuis deux ans. Tout y est (enfin) admirablement bien indiqué. Certes, il y a des kilomètres de couloir à parcourir pour vous rendre de la zone Schengen où vous débarquez en provenance de France ou de Belgique, jusque dans la zone internationale, où se trouve la salle d’embarquement d’Aerolineas. Cela vous fait faire un peu d’exercice entre deux vols. Sur le parcours, toute une série de cafés, de restaurants, de snacks vous proposent des trucs vraiment bons, surtout pour de la nourriture d’aéroport, à des prix qui ne sont aussi excessifs que l'on pourrait le craindre, et dans un environnement étonnament calme, très silencieux, avec vue directe sur les très beaux et très apaisants paysages du plateau castillan sur lequel est établi l’aéroport…

Beaucoup de bien à dire aussi du personnel de cabine : aimable, souriant, amical même. J’ai moi-même pu tester leur sollicitude puisque j’ai eu un problème de santé, plus spectaculaire que grave, qui leur a donné l’occasion de déployer des trésors de savoir-faire et de service. J’ai vraiment été surprise de cet écart qui demeure entre l’image tristouille que les gens se font encore de cette compagnie et la réalité de ce qu’on vit à bord et qui fait largement passer les petites bricoles du décor qui manquent ici et là.
Sans oublier des avantages non négligeables pour les voyageurs au long cours que nous sommes : la plus importante franchise de bagages pour une ligne régulière sur cette destination, les prix parmi les moins chers, une seule escale et dans les bonnes conditions que j’ai dites (il existe des vols directs depuis les capitales européennes mais ils sont beaucoup, beaucoup plus chers, et c'est la compagnie nationale du pays qui les assurent, avec des franchises de bagage beaucoup moins généreuses) et des commerciaux qui peuvent se creuser les méninges pour vous trouver des solutions adaptées, si votre point de départ est un aéroport régional.

Actuellement sur Paris, vous pouvez trouver un stand d’Aerolineas Argentinas sur le Salon du Tourisme qui se tient toute cette semaine à la Porte de Versailles (15ème arrondissement). Vous pouvez donc vous informer directement sur place, les deux commerciales de l’agence parisienne sont là-bas pour vous rencontrer.

Ainsi donc cette année, comme presque chaque année à mon retour en France, c’était le coup de chapeau à Aerolineas Argentinas à quoi j’ajoute un salut spécial à Guillermo, le steward qui a plus particulièrement veillé sur moi au moment de l’arrivée à Buenos Aires et que le hasard a voulu que je retrouve sur le vol de retour… Un hasard qui nous a, l’un et l’autre, laissés pantois et qui m’a offert, à moi, une nouvelle opportunité de le remercier pour la qualité de son travail sur le vol aller. Nous ne nous recroiserons plus à bord d’un des avions tout neufs puisqu’il part à la retraite en mars prochain mais en attendant, ce fut une belle et riche expérience humaine !

Joventango prépare le festival montévidéen Viva el Tango [à l'affiche]

L'association uruguayenne Joventango prépare la 23ème édition de son festival annuel Viva el Tango qui se tiendra du 8 au 17 octobre prochain à Montevideo avec une conférence de presse demain matin à 11h, au Ministère des Affaires Etrangères.

La manifestation se terminera par une réception avec buffet au siège de l'association.



Pour suivre un peu ce qui se passe à Montevideo, cliquez sur le nom de la capitale uruguayenne dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus ou dans la rubrique Quelques quartiers, villes et lieux dans la Colonne de droite (partie supérieure).
Pour en savoir plus sur les activités de Joventango, cliquez sur le nom de l'association dans le bloc Pour chercher.

Une manifestation d’artistes pour réclamer des lieux où jouer à Buenos Aires [Actu]

Hier, une centaine de musiciens indépendants, parmi lesquels l’auteur-compositeur-interprète de folklore Liliana Herrero, directrice du Centre ECuNHi, l’espace culturel de Madres de Plaza de Mayo, ont manifesté devant le siège du Gouvernement portègne, à l’embouchure de Avenida de Mayo sur Plaza de Mayo, pour réclamer des lieux où il leur soit possible de jouer en public.

Depuis l’effondrement du bar Beara à Palermo, il y a dix jours (voir mon article du 11 septembre 2010), une trentaine d’espaces privés où avaient lieu des spectacles ont été interdits d’activité comme je l’annonçais dans un autre article quelques jours plus tard (voir mon article du 15 septembre)

Le manque de lieux véritablement ouverts aux artistes et où ni les musiciens ni le public ne se fassent arnaquer par le patron (1) est un véritable problème dans cette ville énorme (3 millions d’habitants) qui connaît une vitalité artistique sans commune mesure avec ce que nous pouvons connaître en Europe et surtout à Paris, qui est désespérément terne en comparaison (2), alors que le Gouvernement local s’acharne à laisser pourrir la situation sans même servir vraiment, comme le dénonce la gauche (à tort à mon avis) les intérêts du tourisme, contrairement au discours très pro-tourisme qui est tenu officiellement à longueur d’année. Le tango for export par exemple n’est pas plus aidé par le Gouvernement que ne le sont les artistes authentiques, qui s’attachent à dire des choses essentielles, difficiles, complexes et à tirer vers le haut l’ensemble de la population. En bientôt trois ans de gouvernement macriste, la politique culturelle de la capitale s’est peu à peu vidée de sa substance au profit des affaires, les vraies, celles des grands hôtels et des promoteurs immobiliers (qui mettent à mal les immeubles avoisinant leurs chantiers), des annonceurs de grandes marques (nord-américaines la plupart du temps) et des publicitaires. Et tout le discours triomphaliste de Mauricio Macri autour du Tango Patrimoine de l’Humanité n’est qu’un slogan à visée clairement électoraliste, qui ne servira même pas les desseins du tango commercial mais dont il se servira, lui, sans retenue, pendant la campagne présidentielle l’année prochaine, si la Justice ne décide pas d’ici là de mettre un terme à cette aventure qui s’annonce mal.

Quel dommage qu’il n’y ait eu que 100 personnes devant le Siège du Gouvernement. La cause valait une plus grande foule. Mais dans la journée, les artistes travaillent, il faut bien manger.

(1) Les restaurants, les cafés et même certaines salles de spectacles qui acceptent des artistes sont parfois tenus par des propriétaires qui ne mettent pas à la disposition des artistes ce dont ils ont besoin, exigent une commission très élevée, montent le prix des consommations et des plats ou interdisent aux artistes de prélever un droit au spectacle, les réduisant ainsi aux aléas du show a la gorra, sympathique pratique bohême mais qui nourrit mal son homme (spectacle au chapeau) et participe à déresponsabiliser le public qui ne se rend pas toujours compte que le travail des artistes est bel et bien un travail qui mérité d’être rétribué à sa juste valeur. Lors de mon séjour à Buenos Aires, j’ai entendu des anecdotes salées sur les pratiques malhonnêtes de certains patrons et pas toujours ceux qu’on pourrait le plus facilement imaginer.
(2) Non pas qu’il ne se passe rien à Paris mais ce qui s’y passe est essentiellement du spectacle à consommer et non pas de l’art à partager et à vivre. Il s’agit d’un marché des biens culturels, y compris lorsqu’il s’agit de spectacles vivants, et non pas de la respiration de la ville et de la participation de tous les habitants quelque soit leur niveau de vie. La vie culturelle à Paris est réservée à des gens qui ont les moyens de se l’offrir. Ce n’est pas le cas à Buenos Aires, où continue d’exister et de se développer une authentique culture populaire.

Como te quiero hermano revient au CAFF vendredi soir [à l'affiche]

Les deux duos chanteur et guitariste que forment d'une part Walter Chino Laborde et Diego Dipi Kvitko et d'autre part Hernán Cucuza Castiello et Maximiliano Moscato Luna se présenteront à nouveau au Club Atlético Fernández Fierro, Sánchez de Bustamante 764, dans le quartier de l'Abasto, le vendredi 24 septembre à 22h.

Chaque duo présentera son disque, pour Chino et Dipi il s'agira du 3ème volume de Tango Tango (voir mon article du 16 juillet 2010 sur la sortie récente de ce disque, avec interview des deux larrons dans un grand quotidien) et pour Cucuza et Moscato, il s'agira de leur premier album, celui qu'ils ont enregistré en public l'année dernière au Bar el Faro (voir mon article du 14 août 2009) et dont un premier tirage a été vendu cet hiver sous forme de souscription, dont la recette va permettre le tirage définitif, qui sortira officiellement d'ici quelques temps.

Affiche diffusée par les artistes et par le CAFF
(Chino et Dipi sont à gauche, Cucuza et Moscato à droite, mais vous les aviez déjà reconnus)

En août dernier, Cucuza et Moscato ont organisé une fête au Bar El Faro pour remercier l'ensemble des souscripteurs mais sans concert, puisque pour l'heure, il est toujours interdit de faire de la musique dans ce Bar Notable. On espère que la situation sera réglée en février de l'année prochaine. Une de ces mesures absurdes qui fait soupçonner un trafic de dessous de table au sein de la Direction des habilitations qui dépend du Ministère de la Culture portègne... (voir mon article du 15 septembre 2010 sur la suspension des autorisations consécutive à l'effondrement du bar Beara à Palermo le 10 septembre dernier).

Pour vendredi, les places sont en vente au Musetta Café, esquina Billinghurst y Tucumán à l'Abasto, au prix de 25 $. Le soir même et à l'entrée du CAFF, les places sont à 30 $.

Pour avoir une idée de ce qu'est Tango Tango, vous pouvez vous connecter à la page Myspace partagée par Chino Laborde et Dipi Kvitko.
Pour vous faire une idée du talent de Cucuza, vous pouvez vous connecter à sa page Myspace. Cucuza a mis en ligne des extraits du disque.
Pour vous faire une idée de celui de Moscato, lui aussi dispose d'une page Myspace que vous pouvez visiter.

Une interview de Eduardo et Gloria dans Clarin [à l’affiche]

Pour marquer les 50 ans de carrière de Eduardo et Gloria Arquimbau, l’un des plus grands couples de danseurs de tango-salón qui ait accédé à la notoriété internationale, Clarín publiait dans son édition d’hier une interview des deux artistes…

Extraits sous forme bilingue comme toujours.

Eduardo : Tenía cerca de trece años y un amigo me preguntó si podía aprender tango en mi casa. Era la época de los carnavales, momento en que los muchachos necesitaban saber algo de baile. Vino un vecino a enseñarle, y yo me ofrecí a pasarles la música. Pero el pibe que quería aprender era tan malo que el otro me decía ‘vení, vení vos’. A mí no me interesaba; pero tanto insistió que finalmente acepté. A fuerza de mirar había aprendido un poco. Después me metí en las prácticas, donde hasta mediados de los ‘50 iban solamente muchachos. Las chicas aprendían en la casa.
- ¿Por qué?
Eduardo: Creo que el tango debe aprenderse así. Se dice que el tango se bailaba entre hombres pero no bailaban, practicaban. Cuando un tipo hace la parte de mujer y otro hombre le marca, se logra aprender muy bien.
Clarín

Eduardo : j’avais près de 13 ans et un ami m’a demandé s’il pouvait prendre des cours de tango chez moi. C’était l’époque des carnavals, un temps où les garçons avaient besoin de savoir un peu danser. Un voisin est venu pour lui apprendre et je me suis proposé pour mettre la musique. Mais le môme qui voulait apprendre était si mauvais que l’autre me disait "Viens, viens, toi !" Moi, ça ne m’intéressait pas mais il a tellement insisté que finalement j’ai accepté. A force de regarder, j’avais appris un petit peu. Après je suis allée dans les pratiques où, jusqu’au milieu des années 50 il n’y avait que les garçons qui allaient. Les filles apprenaient chez elles.
- Pourquoi ?
Eduardo : je crois que le tango doit s’apprendre comme ça. On dit que le tango se dansait entre hommes mais ils ne dansaient pas, ils pratiquaient. Quand un type tient le rôle de la femme et un autre homme le guide, on réussit à apprendre très bien.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

[…]

¿A partir de qué momento cuentan los 50 años de actividad?
Eduardo : Con nuestro trabajo de número vivo en el cine Ópera, como pareja de baile. Ahí nos vio Francisco Canaro y nos mandó a decir que le interesábamos para su espectáculo musical. El asunto era: ¿cuánta plata pedirle? Nos habían aconsejado una suma demasiado grande, y el administrador de Canaro empezó a discutirnos. Y nosotros callados, pero de puro tímidos. Nos quedamos en silencio, un gran silencio. Al final, el tipo se rindió y nos firmó el contrato.
Clarín

- A partir de quel moment décomptez-vous vos 50 ans d’activité ?
Eduardo : avec notre travail de prestation en public au cinéma Opera, comme couple de danseurs. C’est là que Francisco Canaro nous a vus et il nous a fait dire que nous l’intéressions pour son spectacle musical. La question c’était combien d’argent lui demander. On nous avait conseillé une somme trop grosse et le gestionnaire de Canaro a commencé à nous faire des histoires. Et nous, muets mais par pure timidité. Nous sommes restés silencieux, très silencieux. A la fin, le type a rendu les armes et il a fait signer le contrat.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

[…]

Eduardo : Ese viaje fue como si ahora te propusieran armar una gira a la Luna. Me despedí de mi familia como si no fuera a verlos nunca más. Ahora es normal ir de un lado para el otro, pero en aquella época nadie viajaba en avión. Una azafata era una diosa, la comida era increíble, te daban champagne, y si tomabas coñac te calentaban la copa. Cuando llegamos a Japón nos encontramos con otro mundo. Todavía tengo diarios con los titulares que dicen: “el tango inicia la gira más larga de su historia”. Juan Canaro había ido ya en el ‘54, pero el que abrió el camino fue Don Francisco. Le hicieron una recepción espectacular: la gira había sido muy bien promocionada, porque anticipaba el viaje del presidente (Arturo) Frondizi y el tango es la única cosa que suponen que hacemos bien los argentinos. Ni la carne...Lo que compran seguro, aunque seas un tronco, es el tango. Lo compran a ciegas, antes de verlo.
Clarín

Eduardo : Ce voyage-là [au Japon avec F. Canaro] c’était comme si aujourd’hui on te proposait de monter une tournée sur la Lune. J’ai dit au revoir à ma famille comme je ne devais plus jamais les revoir. Maintenant c’est normal d’aller d’un côté et de l’autre mais à cette époque-là, personne ne voyageait en avion. Une hôtesse de l’air, c’était une déesse, la nourriture était inouïe, on te donnait du champagne, et si tu buvais du cognac, on te chauffait le verre. Quand nous sommes arrivés au Japon, nous avons trouvé un autre monde. J’ai toujours les journaux avec les gros titres qui disent : le tango entame la tournée la plus longue de son histoire. Juan Canaro (1) était déjà allé en 1954 mais celui qui a ouvert le chemin, c’est Don Francisco. Ils lui ont fait une réception spectaculaire : la tournée avait été très bien promue, parce qu’elle précédait le voyage du Président Arturo Frondizi et la tango était l’unique chose qu’on était censé savoir bien faire, nous les Argentins. Même la viande, on n’en parlait pas... Ce qu’ils achètent sans faire un pli, même si tu es un manche, c’est le tango. Ils l’achètent les yeux fermés, avant de regarder.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour lire toute l’interview, très anecdotique au demeurant, vous pouvez vous reporter à l’article de Clarín sur le site du quotidien.

Nouvelle tentative pour le changement de nom de la station de métro Malabia demain [Actu]

La station de métro Malabia devait recevoir son nouveau nom, Osvaldo Pugliese, le vendredi 3 septembre dernier. Le temps était alors à la pluie et au froid et, selon toute apparence, la cérémonie a été annulée (voir mon article du 1er septembre 2010 à ce sujet).

La cérémonie avait déjà été reportée au 17 septembre puis à nouveau au 22 septembre, c'est-à-dire demain.

Qui vivra verra...

lundi 20 septembre 2010

Buenos Aires vestida de Bicentenario (1) [Actu]

Le mois d'août n'était pas la meilleure époque pour profiter de l'ambiance festive du bicentenaire, qui battait son plein à la fin mai. Mais il en restait encore quelque chose...


La maison du Vice Roi Liniers, dans le rue Venezuela.
Une maison presque anonyme, que les Portègnes côtoient souvent sans même savoir de quoi il s'agit.
J'avais la chance d'habiter à à peine 100 mètres de là.


L'ancienne librería del Colegio, aujourd'hui librería de Avila, esquina Alsina y Bolivar, la plus ancienne librairie de Buenos Aires, fondée en 1785, alors que la ville a été fondée en 1580.
Les Portègnes ont donc vécu deux siècles sans pouvoir acheter un seul livre... alors que l'imprimerie occidentale est inventée vers 1450.
Magnifique temple de la culture qui mérite la visite de tous les touristes à Buenos Aires.
Le Colegio (comprenez ici lycée) qui lui a donné son nom se situe en face,
c'est le célèbre Colegio Nacional établi dans la Manzana de las Luces.


Le triste état de la Manzana de las Luces (dit, en français, le quadrilatère des Lumières, parce que les Jésuites y formèrent plusieurs décennies durant la jeunesse de la Ville, avant d'être expulsés des possessions du Roi d'Espagne).
Le bâtiment, immense, qui fut la maison provinciale des Jésuites du Río de la Plata, est aujourd'hui un centre culturel mais le tout est en bien triste état. L'église Saint Ignace est fermée pour des travaux de restauration.

Et les quatre côtés, lépreux, de la manzana (pâté de maison encerré entre quatre rues perpendiculaires généralement de 100 m de long) sont couverts d'avertissements, comme celui-ci, demandant aux passants de respecter ce lieu qui joué un grand rôle dans l'histoire du pays. Cause toujours ! Cela n'empêche pas les graffitis ici et là comme vous pouvez le constater...


La galerie (recova) du Cabildo, photographiée de nuit.
Les parois, blanchies à la chaux, ont été récemment restaurées
mais à la hauteur des jambes des passants, c'est l'horreur...
Les reflets sur les dalles polies par le temps sont naturels. Les dalles sont sèches.




L'une des opérations culturelles des fêtes du Bicentenaire :
les 25 courts-métrages pour un total de 200 minutes de cinéma,
dont je vous ai parlé en leur temps (voir mon article du 19 juin 2010).
25 pour le 25 mai 1810.
200 minutes pour autant d'années qui se sont écoulées depuis l'éviction du dernier vice roi, Baltasar de Cisneros, qui avait succédé au très populaire Jacques de Liniers (Santiago de Liniers).


Le bâtiment de l'INDEC, ce fameux institut des statistiques dont le travail est si décrié par les Argentins.
Sa façade affiche fièrement l'opération de recensement de la population en cours cette année.
Le slogan sur la banderole n'est autre que le vers final de la Marche Patriotique, qui fut adoptée comme Marche nationale par l'Assemblée le 11 mai 1813 et qui a été ensuite remplacée par ce qui est devenu l'hymne national actuel.
La Marche Patriotique et l'Hymne sont des commandes officielles et sont l'oeuvre du même binôme,
le compositeur espagnol Blas Parera et le poète romantique criollo, Vicente López y Planes
(qui a donné son nom au petit musée de la Sadaic).


A côté de l'INDEC, le PAMI, l'organisme des prestations complémentaires pour les retraités.
Lui aussi arbore la bannière bicolore et le médaillon jaune et bleu du Bicentenaire.


La Legislatura, ce parlement monocaméral de la Ville Autonome de Buenos Aires
dont je vous parle souvent.
La façade de la rue Perú,
celle qui prolonge vers le sud la rue Florida, exceptionnellement désertée :
on est dimanche, il pleut et il fait un froid de canard.
Tous les marchands de gadgets sont restés chez eux
et les gens passent à vive allure, un peu étonnés de me voir tenter de prendre cette photo.


La Casa Rosada, siège du gouvernement national, avec la Pyramide de la Place de Mai, fraîchement badigeonnée de blanc pour les fêtes. C'est autour de cette colonne, el Pyramide, que tournent tous les jeudis après-midi les Mères de la Place de Mai depuis 1977. La photo est prise le lundi 6 septembre depuis la Avenida de Mayo, côté impair, au pied du palais du Gouvernement Portègne, l'ancienne Intendencia Municipal. Je revenais d'être allée saluer une dernière fois les amis de la Academia et il y avait ces oiseaux qui tournoyaient dans le ciel immensément bleu...


Enfin, le blasphème (imbécile, il faut bien l'avouer) d'une marque de biscuits industriels, fondée il y a 50 ans. Le Darty local,  Frávega, fêtait lui son centenaire mais avec beaucoup plus de subtilité (c'est dommage, je n'ai pas pensé à prendre de photos de affiches, beaucoup plus sobres et plus respectueuses du caractère politique de la fête).
L'année dernière, les publicitaires, toujours pleins de bon goût, de Jorgito, avaient inventé un autre slogan, dont je vous laisse juges : sur la photo d'un gros biscuit, fourré de dulce de leche, cette injonction : "Interdit de lécher l'affiche".

(1) Buenos Aires habillée en Bicentenaire.

Macri rayon presse du coeur [Actu]

On sait maintenant pourquoi Mauricio Macri, le très controversé Chef du Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, a coupé sa moustache au début de l'hiver ! Cela devait piquer Madame...


Le 31 août, il a annoncé son prochain mariage avec Juliana dans un magazine people, Gente, dont la couverture, que je vous ai rapportée de Buenos Aires, vous indiquera d’elle-même, ci-dessus, le haut niveau intellectuel. Les noces seront célébrées dans la très belle propriété de ce cher Mauricio que les deux tourtereaux, en parfaits imitateurs du couple présidentiel français, ont fait visiter (enfin, les jardins seulement !) aux photographes de presse.

Je passe sur ces clichés qui rappellent les images sirupeuses des propriétés de Berverly Hills vues par les séries télévisées de Hollywood. Je vous épargne le texte si niaiseux qu’on hésiterait à le lire même dans une salle d’attente. C'est à peu près la même chose que chez nous, en peut-être un tout petit peu pire si c’est possible. Bref, une lamentable démagogie.

Ce genre de racolage fait bien entendu rire l'opposition qui fait feu de tout bois pour rappeler les nombreuses casseroles de Macri depuis qu’il est aux commandes de la ville de Buenos Aires, des casseroles si nombreuses et si bruyantes que les invités (triés sur le volet) de la noce pourront les accrocher au parechoc de la voiture des amoureux, avec l’inévitable et discrète pancarte "Just Married", lorsqu'ils partiront en lune de miel à la mode anglo-saxonne...

Au lendemain de l'effondrement de ce bar de Palermo, qui fit 2 morts (voir mon article du 11 septembre 2010), alors qu’au lieu de revenir dare-dare à Buenos Aires, secouée par le tragique accident, Macri continuait impavidement sa tournée des capitales européennes (il était alors à Rome).

Macri : Regarde-moi le Colisée... A quoi ça sert, tu peux me dire ? Toute cette ville tombe en ruine. Ici, on ne lui dit rien, au Chef du Gouvernement ?
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Le 13 septembre, alors que le scandale de Palermo continue à nourrir les conversations partout en ville.

La femme : Des bâtiments qui s'écroulent, des lycées occupés, la bagarre avec son père (1), des problèmes avec la justice...
Le mari : Oui, et alors ?
La femme : Et si tout ça, pour Mauricio, c'était des excuses pour pas se marier ?
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Le 15, après le nouvel accident cardiaque subi le week-end précédent par Néstor Kichner, son adversaire politique majeur (rappelons que Página/12 est un quotidien foncièrement kichneriste) :


Macri : Kirchner n'aurait pas de problème de santé s'il faisait comme moi !
Le journaliste : comment ça ?
Macri : Réfléchissez... Un bistrot qui s'écroule. Est-ce que j'annule ma ballade en Europe ? Non. La sérénité avant tout.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Enfin, hier, dimanche 19 septembre, Daniel Paz et Rudy s’en payaient encore une louche en mélangeant tout façon cocktail (voyons si vous saurez seuls, sans recourir aux notes, identifier ce à quoi ils font référence) :

L’observateur à l’arrière-plan : Macri veut maintenir une bonne relation avec l’Eglise.
Macri (au téléphone portable (2). Pour votre gouverne, en Argentine, on dit celular) : Vous l’ai-je dit, Monseigneur ? Je vais me marier...
L’évêque au bout du fil (3) : Ah oui ?
Macri : avec une femme, bien sûr ! (4) (5)
(Traduction Denise Anne Clavilier)

(1) Les lycées occupés : allusion aux mouvements récurrents d’élèves et de professeurs qui manifestent contre l'abandon de l'école publique, tant au point de vue matériel qu'au point de vue social et économique. La bagarre avec son père est une allusion aux mésententes familiales qui se jouent surtout à la tête du groupe industriel et commercial et incidemment à certains propos du père qui contribuent délibérément à discréditer politiquement le fils.
(2) L’usage inconsidéré de Twitter, pour saisir un juge en juillet dernier, dans l’affaire du panneau géant (lire mon article du 2 juillet 2010) ou pour envoyer ses condoléances depuis Rome à deux familles endeuillées (lire mon article du 11 septembre 2010)
(3) On peut bien entendu faire de nombreuses conjectures sur l’identité de cet anonyme Monseigneur. Mais étant donné qu’on est sur Página/12, on peut légitimement penser et sans trop de risque d’erreur qu’il s’agit de Monseigneur Bergoglio, archevêque de Buenos Aires et primat d’Argentine, et accessoirement, bête noire mitrée de la rédaction.
(4) Voir la première réaction de Mauricio Macri (très favorable, il s’est repris après pour ne pas perdre son éléctorat) à un premier arrêt de justice prononcé par un juge portègne en faveur d’un mariage entre deux hommes, et ce, avant le vote d’une loi instituant le mariage entre personnes de même sexe pour l’ensemble du territoire en juilet dernier. Sur la réaction de Macri à l'’arrêt de la justice portègne, voir mon article du 2 février 2010, lorsqu'il a annoncé son intention de se présenter à l'élection présidentielle de 2011. Sur le vote de la loi du matrimonio igualitario comme on l’appelle là-bas, voir mon article du 15 juillet 2010.
(5) Ce matin, Paz et Rudy ont tous les deux remis le couvert avec le dessin de une. On y voit un représentant du Gouvernement portègne se défendre devant un journaliste qui lui tend un micro : "Comment, on ne prend pas de mesure ? Désormais, le casque sera obligatoire..." Le journaliste : "en moto ?" Le type : "à l’école, au gymnase, au resto et dans tous les lieux qui se casser la figure..."

samedi 18 septembre 2010

Demain, Salon des Ecrivains de Rambouillet : pas de nouveaux articles [Disques & Livres]

Demain, dimanche 19 septembre 2010, de 10h à 18h30, a lieu le Salon des Ecrivains de Rambouillet, dans la salle Patenôtre, 64 rue Gambetta.

Sur le stand des Editions du Jasmin, nous serons 5 auteurs pour dédicacer nos livres et rencontrer nos lecteurs actuels et futurs...

Outre Barrio de Tango, que je dédicacerai, vous pourrez rencontrer et découvrir également :

- Isabelle Meyer pour sa série de romans fantastiques pour adolescents Ileana (3 tomes déjà parus)
- Bourbaker Ayadi, pour ses trois petits recueils de contes tunisiens, intitulés Le roi qui aimait les contes
- Sabine du Faÿ pour un roman d'anticipation, Le défi
- et Sami, pour La courge qui parlait, L'enfant et l'oiseau et autres contes africains.
Il n'y aura donc pas de mise à jour du blog ce week-end...
Chaque chose en son temps...

Par ailleurs, le roadshow continue jusqu'à la fin novembre pour les dates et les lieux déjà fixés :
A Orléans (45) : conférence, le 24 septembre 2010, à 20h30, invitée par Tango Porteño Orléans, Salle des Chats Ferrés au 3 de la rue homonyme, entrée libre et gratuite (réservation ouverte par mail auprès de l’association organisatrice). Avec la participation de la librairie Les Temps Modernes.
A Paris (75) : conférence, le 28 septembre à 20h30, invitée par Tango Negro, Espace Tango Negro, 71 rue Rochechouart, 9ème arrondissement, M° Anvers ou Barbés.
A Caen (14) : conférence, le 9 octobre 2010, à 20h, invitée par Tempotango, Eglise du Vieux Saint Sauveur, place Saint Sauveur, avec la participation de la librairie Au Brouillon de Culture et le patronage de la Ville de Caen. Entrée : 5 € (de participation aux frais).
A Gagny (93) : dédicace, le 30 octobre 2010, de 10h à 18h, au Salon de l’Ecrit en Aulnoye, dont ce sera la première édition, salle Arena, 121 rue Jules Guesde. Entrée libre et gratuite. Le Salon est organisé par la Société Historique du Raincy et du Pays d’Aulnoye.
A Paris (75) : dédicace (et éventuelle conférence), les 12, 13 et 14 novembre 2010 (horaire exact à préciser ultérieurement), à l’Espace d’Animation des Blancs-Manteaux (4ème arrondissement), au Salon L’Autre Livre. Entrée libre et gratuite. Conférence envisagée durant le week-end à confirmer ultérieurement.
A Maule (78) : dédicace, le 28 novembre 2010, au Salon du Livre de ce village des Yvelines, en région parisienne. Entrée libre et gratuite.

vendredi 17 septembre 2010

Le prochain Plenario rendra hommage à Jorge Vidal et aux cafés de Buenos Aires et Montevideo [à l'affiche]

Lundi 20 septembre à 19h30, entrée libre et gratuite comme toujours, au siège de la Academia Nacional del Tango, Avenida de Mayo 833, 1er étage (Salón de los Angelitos Horacio Ferrer), se tiendra la réunion habituelle des 1ers et 3èmes lundis de chaque mois.

On fera une minute de silence en mémoire du chanteur Jorge Vidal, disparu mardi dernier (voir mon article du 16 septembre 2010).

Le thème de la soirée est la présentation du livre Cafés y Tangos en las dos orillas, de Horacio Spinetto, qui a déjà été présenté au Festival de Tango du mois d'août dernier. Il avait aussi déjà été présenté en mai de cette année à la Feria del Libro de Buenos Aires. Ce livre reprend l'histoire et l'actualité des cafés et des bars les plus emblématiques des deux capitales, Buenos Aires et Montevideo, des établissements qui ont joué un rôle capital dans le développement du tango et qui sont un des thèmes essentiels du répertoire du tango-canción (orilla : rive, en espagnol). C'est dans un café de Montevideo que Pascual Contursi aurait chanté pour la première fois ce qui passe pour le premier tango-canción de l'histoire, Mi noche triste (1), dans un café, toujours à Montevideo, qu'aurait été créée La Cumparsita (2) en 1913 (ou 1917, les dates diffèrent selon les historiographes), dans des cafés de Buenos dans le quartier de l'Abasto que Carlos Gardel essaya son talent de chanteur, dans un café que peut-être il fit la connaissance de José Razzano, qui allait devenir son partenaire de 1912 à 1924 puis un ami très cher jusqu'en 1932, dans un café enfin que Osvaldo Pugliese fonda sa Gran Orquesta Típica Osvaldo Pugliese en août 1939, un café qui n'existe plus, le Café El Nacional, plus ou moins là où aujourd'hui se dresse un épouvantable Mac Do...

C'est dans un café que se passe La Violeta, La última curda (3). C'est un café et quel café que célèbre Héctor Negro et Eladía Blázquez dans Viejo Tortoni (4)... sous le siège de la Academia Nacional del Tango...

Le tango rituel de la soirée sera La mesa de un café, de Raúl Kaplún (musique) et José María Suñé (letra), interprété par la Orquesta Raúl Kaplún avec le chanteur Reinaldo Arias. On projettera aussi des extraits de films argentins relatifs à cette tradition du café si vivante à Buenos Aires.

L'auteur de l'ouvrage, Horacio Spinetto, recevra des mains de Horacio Ferrer son diplôme de Academico Titular (académicien de plein droit), au sein de l'institution. Il occupera le siège nommée La Bordona (d'Emilio Balcarce) puisque les Académicos Titulares occupent chacun un siège baptisé du titre d'un tango (5).

Vous pouvez avoir un aperçu de la présentation du livre en regardant ce clip de l'auteur, en parlant, dans un café, un clip posté sur You Tube.

Les Plenarios sont tous ouvert au public dans la seule limite des places disponibles dans la salle.

(1) p. 18, dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, ed. du Jasmin.
(2) p. 338, dans Barrio de Tango, ouvrage cité plus haut.
(3) respectivement p 254 et 243, toujours dans le même ouvrage. Et il y en a beaucoup d'autres. Je n'ai pas tous pu les intégrer dans l'anthologie.
(4) p 322, ouvrage déjà cité.
(5) Je vous laisse découvrir à la page 128 de Barrio de Tango, ouvrage ci-dessus, le titre du siège de Luis Alposta... L'illustration que j'ai fait placer en face le comble de joie !

Juan Vattuone et La que se viene pour finir en beauté La Semana de Boedo dimanche [à l'affiche]

L'auteur-compositeur-interprète Juan Vattuone et la murga La que se viene (celle qui s'amène) se produiront au Café Esquina Homero Manzi, esquina San Juan et Boedo (1), à 17h, dimanche 19 septembre 2010.

Ce sera la clôture en musique d'un festival dont je n'ai pas eu le temps de vous rendre compte mais qui a commencé le 5 septembre, pour une durée exceptionnelle de 2 semaines cette année, Bicentenaire oblige : La Semana del Barrio de Boedo, une manifestation artistique organisée par la Red Cultura Boedo (réseau culture Boedo) qui fédère une cinquantaine d'institutions culturelles du quartier, dont plusieurs groupes musicaux, des centres culturels, des établissements scolaires et d'enseignement artistiques, des bibliothèques, des cafés, le Club San Lorenzo de Almagro (la prestigieuse équipe de football professionnelle du quartier qui faisait jusque dans les années 70 partie de Almagro, le club de foot c'est bien plus que du sport-spectacle en Argentine !), des paroisses; etc.

Juan Vattuone, vous le connaissez déjà. Et si ce n'est pas encore le cas parce que vous venez de découvrir ce blog, il vous suffit d'aller cliquer sur le nom de l'artiste dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, sous le titre, pour accéder à l'ensemble des informations que j'ai publiées sur lui dans ces colonnes. Vous avez l'accès au même ensemble à travers le raccourci à son nom dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la partie haute de la Colonne de droite, et à son blog (en espagnol), à travers le lien dans la rubrique Zorzales, grillons et autres cigales de la partie inférieure de la Colonne de droite.

La murga La que se viene, vous ne la connaissez pas. En tout cas pas à travers Barrio de Tango. C'est une troupe (de carnaval) de 17 personnes, qui développe un style uruguayen (2), dans un spectacle intitulé De mochila (on pourrait traduire "Sac à dos et pataugas") qui raconte les aventures de voyage d'un jeune homme pour aborder sur le mode parodique caractéristique du carnaval les thématiques de la liberté.

Cliquez sur l'affiche pour pouvoir la lire

Pour en savoir plus et pour accéder à l'ensemble des propositions de la Red Cultura Boedo, visitez leur site très riche de textes (en espagnol) et de photos.

Ce site est à visiter impérativement par tous ceux qui envisagent de faire un voyage culturel en Argentine et cherche à connaître la réalité de Buenos Aires, loin des propositions proposées par les agences de voyage et de tourisme.

(1) Ce n'est pas une citation du tango Sur mais un vrai carrefour à Buenos Aires, dans le quartier de Boedo. Cette note s'adresse aux plus récents des lecteurs de ce blog, car les autres connaissent déjà bien le lieu qui est un vrai rendez-vous de très nombreux événements tango dans la capitale argentine.
(2) Carnaval argentin et carnaval uruguayen, murga argentine et murga uruguayenne, chacun son style, chacun son histoire. Un peu comme si vous compariez une bière alsacienne et une bière belge. Ce n'est pas la même chose pour les palais des connaisseurs... Nous, nous avons du mal à percevoir la différence car de toute manière, les traditions carnavalesques de là-bas et les nôtres, là où elles se sont maintenues, sont très distinctes. Sur le carnaval et son importance culturelle là-bas, voyez les articles regroupés sous le raccourci homonyme dans la rubrique Grands rendez-vous du tango, dans la partie haute de la Colonne de droite.

Raquel Buela et Nolo Correa lundi au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]


Le lundi soir, à 18h30, le Museo Casa Carlos Gardel organise une série de concerts de chant, gratuit, dont je vous parle de temps en temps : Mis tardes con Gardel (mes après-midi avec Gardel). La semaine prochaine, le lundi 20 septembre, ce sera la chanteuse Raquel Buela, que j'ai eu la chance de croiser au Bar El Faro, le mois dernier, et dont je ne parle pas très souvent, qui sera l'invitée du musée. Elle sera accompagnée de deux guitaristes et son récital sera présenté par l'animateur télé qui tient l'émission tango de référence actuellement, Nolo Correa.

Le Museo Casa Carlos Gardel est établi dans la dernière maison qu'a habité Carlos Gardel à Bueno Aires, là où sa mère, Berta Gardes, est morte en juillet 1943.

Pour découvrir la chanteuse, vous pouvez visiter son site. Dans les pages discographiques, vous pourrez écouter quelques morceaux mis à votre disposition à cet effet.

Retour sur images : la présentation de Barrio de Tango au CCC [Disques & Livres]

Emotions fortes lors de ce séjour à Buenos Aires, le premier depuis que le projet, présenté là-bas aux artistes dès août 2007 d’une anthologie bilingue qui ne ressemble à rien de connu, est devenu une réalité, sous forme d’un vrai libre, sur du vrai papier, avec une vraie maison d’édition qui fait un vrai boulot de diffusion et de distribution…

Avant le début de la conférence mais il fait déjà nuit...

Première rencontre avec le public portègne… et platense (il y en eut trois en tout avec l'un et l'autre public) et première remise de diplôme (au sens argentin du terme) au Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini, dit CCC, une rencontre inscrite au programme de présentation bibliographique de la Ciudad del Tango (voir mon article du 19 août 2010), le département de recherche dont le coordinateur, Walter Alegre, fut le premier Argentin à m’accueillir le premier jour de mon premier séjour dans la capitale (en août 2007). Notre amitié date de ce soir-là, un 17 août, alors qu’il m’avait reçue dans son bureau, dans un CCC désert (vous pensez : un jour férié !) et avait fini, au bout d’une heure de discussion passionnée de part et d’autre, par m’inviter à la bonne franquette à continuer la discussion chez lui autour d’un verre de vin et d’un plateau de fromage avec deux de ses amis (dont le peintre qui signe toutes les affiches de Tango de Miércoles, que vous pouvez découvrir en cliquant sur le mot-clé CCC dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus).

De droite à gauche : Luis Alposta, moi-même, Jorge Muscia et Chilo Tulissi

La toute première présentation a donc eu lieu là, dans l’une des salles de conférence du 3ème étage, avec un tour de table flatteur pour moi : le poète Luis Alposta qui lança la soirée (c’est lui qui a signé la postface de cet ouvrage), le fileteador Jorge Muscia, qui a signé la couverture, et cet autre artiste peintre (et autre ami très cher) qu’est Chilo Tulissi, qui m’a autorisée à reproduire l’un de ses tableaux que je préfère, Sin vuelta, à la page 167 et m’a offert cet portrait à l’encre de Chine de Pugliese que vous pouvez voir à la page 171 (1).

Lorsque Chilo prend la parole pour me laisser calmer une horrible quinte de toux (je sortais d'une grippe !)
Au centre de l'image, Jorge Muscia, auteur de la couverture du livre

Je voudrais profiter de cet article pour remercier les photographes de la soirée, Vicky Alposta, l’épouse de Luis (grande amie elle aussi), et Benoît Malval, un lecteur du blog et du livre, dont j'ai fait la connaissance sur place et qui suit à Buenos Aires une longue formation chorégraphique. Il m’a révélé à cette occasion des talents photographiques que je tiens à saluer…

La présentation s’est achevée sur un petit hommage à Alorsa, deux jours après le premier anniversaire de son décès. Luis a lu Vuelve el Tango, l’un de ses récits les plus significatifs, et j’en ai donné la traduction en français, au plus grand soulagement de mes deux compatriotes présents dans cette petite salle, une traduction qui paraîtra en fin d’année dans une seconde anthologie, à l’esprit et au contenu différents de la première (2). Tout le monde a applaudi, en particulier les parents d’Alorsa qui me faisaient l’amitié d’être venus de La Plata avec plusieurs des amis de leur fils. Leur émotion à tous fut si vive de constater qu’une Française connaissait et appréciait cette œuvre, que beaucoup d’Argentins ignorent encore malheureusement, que dès le lendemain après-midi, le téléphone sonnait chez moi : c’était Juan Silva, producteur à Radio Provincia Buenos Aires, qui me demandait une interview à donner en direct, le lendemain, dans l’émission Y la Radio BA (3) à l'occasion de l'annonce d'une fête à venir en souvenir d'Alorsa dont je vous ai parlé ailleurs (voir mon article du 4 septembre 2010) et dont je vous reparlerai à travers un Retour sur Images d'ici quelques jours (c'est très long, de préparer ces reportages photographiques).

La remise du diplôme

Enfin, avant la dispersion, Luis Alposta tint à me remettre un diplôme par lequel la Junta de Estudios Históricos de Villa Urquiza, qu’il a fondée et dont il est le président, me faisait Visitante Ilustre de ce quartier, où, en plus de toute la famille Alposta, j’ai encore bien d’autres amis (Cucuza était dans la salle et Melopea est dans le disque, collé à l'intérieur de la couverture du bouquin). Avant moi, un Espagnol et un Japonais ont déjà reçu le même très beau papier, que je vous laisse admirer ci-dessous.



(1) A l'impression, le numéro de cette page a été omis mais les pages environnantes sont bel et bien numérotées, donc vous vous y retrouverez tout de même...
(2) Il faut bien se renouveler. L’ouvrage doit paraître dans la Revue Triages, des Editions Tarabuste, rue du Fort, 36170 Saint-Benoît-du-Sault.
(3) Ce qui se traduit : Et la radio est en marche. Il y a en fait un jeu de mot dans ce titre entre le verbe va, de ir, aller, ici marcher, fonctionner, aller bien, et les initiales de la province de Buenos Aires (BA). La prononciation est la même.