jeudi 4 août 2011

Ce soir, hommage au compositeur Ariel Ramírez à Clásica y Moderna par son fils [à l'affiche]


Ce sera tous les jeudis de ce mois d'août 2011, à 21h30, à Clásica y Moderna, Callao 892, dans le quartier de Recoleta.

Facundo Ramírez, le fils de Ariel Ramírez, le compositeur de Misa Criolla, pour ne citer qu'une seule oeuvre, rend hommage à son père avec la sortie d'un disque où il joue exclusivement les oeuvres de celui-ci. Les quatre soirées d'août seront donc à la fois une présentation de ce travail et des concerts-souvenirs pour un artiste dont la mort avait profondément endeuillé l'Argentine (voir mon article du 19 février 2010 sur ce décès).

Jacqueline Sigaut au Café Homero ce samedi [à l'affiche]

La chanteuse Jacqueline Sigaut se produira samedi 6 août 2011 à 23h au Café Homero, Cabrera 4946, dans le quartier de Palermo.

Entrée : 30 $.

Elle sera accompagnée par le pianiste Franco Polimeni. Elle a de plus invité le chanteur Hugo Araujo.

A voir pour tous les lecteurs de Barrio de Tango qui se trouvent présentement dans la capitale argentine...

Le même jour, à 22h, le chanteur Luis Filipelli sera lui à Ave Tango, Almirante Brown 1375, la nouvelle tanguería qui a ouvert ses portes pendant l'été, dans le quartier de La Boca, de l'autre côté de la ville. (Entrée : 25 $)

Comme quoi, à Buenos Aires, on a décidément l'embarras du choix et plusieurs fois par semaine...


D'autant que le samedi soir, vous avez encore à Clásica et Moderna, Callao 892, l'un des Bares Notables (bars classés) du quartier de Recoleta, le récital à deux voix, Nosotros, que donnent depuis trois mois les chanteurs Amelita Baltar et Horacio Molina, tous les samedis à 22h....

Pour en savoir plus sur les artistes ci-dessus mentionnés, cliquez sur leurs noms dans la rubrique Vecinos del Barrio, que vous trouverez dans la partie haute de la Colonne de droite ou dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus...

Quatre guitares ce soir au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]


Le Dúo Cardoso et le duo formé par Néstor Basurto et Roberto Calvo se partageront le début de soirée du Museo Casa Carlos Gardel, ce soir, jeudi 4 août 2011, à 18h30 (Jean Jaurès 735, dans le quartier dit de l'Abasto, les anciennes halles aux fruits et légumes de Buenos Aires).

Le concert prend place dans le Cycle des Guitares Argentines.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

Pour en savoir plus sur les artistes, cliquez sur leurs noms dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

Vendredi soir, la Orquesta Típica La Vidú résistera ! [à l'affiche]

Et ce n'est pas le résultat des élections à Buenos Aires dimanche dernier (à droite toute !) qui va les détourner de donner ce concert !


La Orquesta Típica La Vidú se produira demain soir, vendredi 5 août 2011, au Paseo de la Resistencia, un lieu qu'il faut connaître absolument à Buenos Aires, installé en pleine avenue de Mai, l'artère la plus officielle de Buenos Aires puisqu'elle relie le Palais du Congrès (le Parlement) au Palais du Gouvernement (la Casa Rosada). Une galerie foutraque, anarcho-chevelue, protestataire et colorée, qui affiche très haut sa colère cabocharde envoyant tous les jours le système tout entier se faire pendre ailleurs... Un lieu très symptomatique de la contre-culture contestataire sud-américaine, comme on n'en trouve sans doute nulle part en Europe et surtout pas dans une rue aussi collet-monté que celle-ci.

Le tout à quelques centaines de mètres du siège du Gouvernement Portègne, installé, quant à lui, dans un luxueux hôtel particulier alvearien, plus hautain que ça, tu meurs...

Ce concert porte le titre de Tango de sotano (tango des caves, tango des catacombes, serait-on tenté de traduire en français).

La Vidú sera accompagnée par le Cuarteto La Marca.

A voir pour ceux de mes lecteurs qui se trouvent actuellement à Buenos Aires.

La Biyuya et sa soirée mensuelle à la SFCO [à l'affiche]

Samedi soir, 6 août 2011, à 21h, le groupe La Biyuya animera une nouvelle soirée à la Sociedad de Fomento Crucecista Oeste, San Martín 1712, à Avellaneda, dans la banlieue sud de Buenos Aires.

Participation aux frais : 20 $, comme d'habitude.

Et comme d'habitude et comme l'annonce l'affiche, ils ont deux invités.


Pour en savoir plus sur ce groupe de tango contemporain, cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, en dessous du titre de cet article. Vous pouvez également trouver certaines de leurs chansons dans Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, que j'ai fait paraître chez Tarabuste Editions, dans la revue Triages, dont cette anthologie bilingue constitue le Supplément 2010. L'ouvrage peut être obtenu par commande dans toutes les bonnes librairies culturelles dans toute la zone euro et en particulier dans les pays de langue française.

Noelia Moncada demain soir à Bien Bohemio [à l'affiche]


La chanteuse Noelia Moncada chantera demain soir, vendredi 5 août 2011, à 22h, à Bien Bohemio, Sánchez de Loria 745, dans le quartier de Boedo.

Le 22, elle participera au Festival de Tango, mais cette fois-ci dans le quartier de Recoleta, au nord.

Pour en savoir plus sur cette artiste, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, dont les mots-clés vous permettent de réaliser un choix thématique parmi les articles de ce blog.

mardi 2 août 2011

Viviana Scarlassa ce soir au Fondo Nacional de las Artes [à l'affiche]

Ce soir, mardi 2 août 2011, à 20h30, la chanteuse Viviana Scarlassa donnera un concert à la Casa del Fondo Nacional de las Artes, Rufino de Elizalde 2831, dans le quartier de Palermo.

Entrée libre et gratuite.

Pour l'occasion, la chanteuse sera accompagnée à la guitare par Darío Barozzi et aux percussions par Matías Novelle.

Attention : l'horaire est annonce comme impératif. Le concert commencera donc à l'heure, une fois n'est pas coutume.

Pour en savoir plus sur les artistes, cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus. Vous accéderez ainsi à l'ensemble des articles qui leur sont consacrés dans ce blog sur le tango et sur l'Argentine en français.

Mes conférences du mois d'octobre [ici]


En octobre 2011, trois conférences se profilent déjà, à Bordeaux, au Festival Lettres du Monde, puis à Paris.

Le jeudi 13 octobre, à 18h30, conférence sur la genèse du tango, des origines à Carlos Gardel, dans le cadre de la programmation Buenos Aires, au Rocher de Palmer, 1 rue Aristide Briand, à Cenon (33152)

Le jeudi 13 octobre, à 20h30, cinéma et rencontre-débat autour de Si sos brujo, una historia del tango, le film de Caroline Neal, sur la création de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, en 2001, qui sera projeté en version originale sous-titrée (voir mon article du 29 septembre 2008 sur ce documentaire long métrage), au Cinéma Utopia, 5 place Camille Jullian, à Bordeaux. Une soirée proposée par Lettres du Monde et Le Rocher de Palmer.

Le vendredi 14 octobre, à 19h, conférence sur la genèse du tango, des origines à Carlos Gardel, à la Médiathèque municipale de Mérignac, Place du Général De Gaulle.

Même si le titre et le thème seront identiques au Rocher de Palmer et à la Médiathèque, je ne répèterai pas la même causerie (je ne le fais jamais), d'autant que les lieux permettent des emplois différents d'éléments audio-visuels.

Capture d'écran du site de Lettres du Monde

A Bordeaux, la librairie Mollat propose depuis de nombreux mois mon anthologie Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, publiée en mai 2010 aux Editions du Jasmin. Il est possible d'y commander la seconde, Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, paru dans la revue Triages (Supplément 2010), en janvier 2011, chez Tarabuste Editions, rue du Fort, 36170 Saint-Benoît-du-Sault (taratri@wanadoo.fr)

Le mardi 18 octobre, à 19h30, conférence sur Le Tango, sa genèse et son actualité, à la librairie Atout-Livre, 203 bis avenue Daumesnil, à Paris, dans le 12ème arrondissement (M° Daumesnil). La conférence sera suivie d'un débat avec le public et d'une dédicace de mes deux ouvrages. Atout-Livre disposera aussi d'un certain nombre de disques très rares en Europe. Et la soirée se terminera avec un petit verre de l'amitié.

Pour aller plus loin :

Atilio Stampone intègre le corps professoral de la Academia Nacional del Tango [à l'affiche]

Tous les mardis du mois d'août, donc dès ce soir, le Maestro Atilio Stampone, pianiste, compositeur (1), chef d'orchestre et également président de la SADAIC, la société des auteurs et compositeurs argentins, intègre le Séminaire de Culture Tanguera coordonné par Horacio Ferrer et Gabriel Soria.

De 19h30 à 21h30, il dissertera sur les commencements du tango, les premiers compositeurs, l'arrivée du sextuor de Julio De Caro, les grands pianistes du tango, son expérience au théâtre et au cinéma (musique de films) et les nuits de la tanguería Caño 14, dont il était le directeur et propriétaire et où de très grands se sont produits. Il en parlera aussi : Astor Piazzolla, Roberto Goyeneche, Aníbal Troilo...

La série des 5 cours coûte 250 pesos

(1) Atilio Stampone est en particulier le compositeur du célèbre Afiches (si merveilleusement interprété par Roberto Goyeneche). La letra (le texte) du poète Homero Expósito est présentée et traduite en français dans mon anthologie, Barrio de Tango, recueil bilingues de tangos argentins, parue aux Editions du Jasmin, en mai 2010. C'est à la page 196.

lundi 1 août 2011

Victoire écrasante de Mauricio Macri [Actu]

C'est une victoire écrasante qu'a obtenue hier Mauricio Macri, chef de gouvernement sortant de la Ville Autonome de Buenos Aires : 64,25% des votes contre 35,75 à son adversaire péroniste, Daniel Filmus, dont on a vu, à travers mes articles précédents, qu'il avait l'appui d'une grande majorité des artistes et des intellectuels.

La participation était inférieure à celle du premier tour : 72,16% au lieu des 75% de début juillet. Ce qui veut dire que Filmus n'avait aucune réserve ou que les électeurs de gauche ont abdiqué, ce qui serait invraisemblable dans la plupart des pays européens mais est tout à fait possible en Argentine, où une longue histoire d'élections faussées a forgé une résignation certaine puisque les gens se débrouillent encore largement en marge de la vie institutionnelle, qu'elle soit démocratique ou non. Quant aux votes non exprimés (nuls et blancs), leur taux est très supérieur au taux du premier tour : 5,38%, contre 1,25% il y a trois semaines. Ce qui semblerait indiquer qu'il y a bien eu abandon de la part des électeurs de gauche. (Voir mon article du 11 juillet 2011 sur le résultat de ce premier tour).

Daniel Filmus a reconnu sa défaite dès 20h hier soir (heure locale), ce qui est très tôt au vu de la lenteur du dépouillement, un geste qui a donc pas mal surpris. Conformément là aussi aux règles de la démocratie, il a félicité son adversaire comme l'a fait aussi la Présidente Cristina Fernández de Kirchner, en appelant Macri au téléphone.

Il est peu probable que Mauricio Macri n'aille pas jusqu'au bout de son mandat, qui s'achèvera donc en 2015. Cependant les affaires judiciaires, dans lesquelles il est impliqué comme possible auteur de graves infractions, continuent, avec un procès supplémentaire, l'enquête qui porte sur le faux sondage, peut-être commandité par Mauricio Macri ou son parti, le PRO, pour déconsidérer son adversaire et anéantir son potentiel électoral (voir mon article du 28 juillet 2011 sur les suites judiciaires de cette affaire rocambolesque).

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 (opposition à Macri)
lire l'article de La Nación (qui soutenait Macri)
lire l'article de Clarín (que réjouit la défaite de Filmus)

dimanche 31 juillet 2011

Abrazos, documentaire musical, au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]


Dans le cadre du cycle cinématographique, organisé conjointement par le Museo del Cine Pablo Ducrós Hicken et le Museo Casa Carlos Gardel, on projettera demain, lundi 1er août 2011, à 18h30, le documentaire Abrazos, où apparaissent le bandonéoniste José (Pepe) Libertella et le Sexteto Mayor, les chanteuses Adriana Varela et María Graña, le chanteur Raúl Lavié, le guitariste Luis Borda, le bandonéoniste, compositeur et chanteur Rubén Juárez, la danseuse Mora Godoy entre autres artistes...

Le documentaire est de Daniel Rivas, il date de 2003 et il dure 85 minutes. Il sera projeté avec des sous-titres en anglais pour aider les étrangers de passage à Buenos Aires.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles. Museo Casa Carlos Gardel, Jean Jaurès 735, dans le quartier de l'Abasto.

Un poète triste sur le divan : le plenario de demain à la Academia Nacional del Tango [à l'affiche]


Demain, lundi 1er août 2011, la Academia Nacional del Tango consacrera sa première séance du mois à un livre sur Enrique Santos Discépolo, Enrique Santos Discépolo o que se puede hacer con la Tristeza, de la psychanalyste Alicia Antonia Crosa.

Ce sera à 19h30, au Salón de los Angelito Horacio Ferrer, au premier étage (833 avenue de Mai), avec entrée libre et gratuite comme d'habitude.

Le tango rituel de la soirée sera Uno, de Enrique Santos Discépolo (texte) et Mariano Mores (musique), chanté par Susana Rinaldi.

L'espace artistique sera occupé par le chanteur Carlos Rossi.

Alicia Crosa est de La Plata. Elle a publié ce livre, aux Editions (editorial) de los Cuatro Vientos, à l'occasion du 110ème anniversaire de la naissance du poète, qui fut aussi un compositeur, un comédien, un acteur et un réalisateur de cinéma (1901-1951). Il devait mourir de dépression, à la veille de la Noël 1951, il y a 60 ans, après avoir été très durement attaqué par ses amis anarchistes pour ses prises de position en faveur de Perón, que les anarchistes haïssaient à peu près autant que les membres de l'oligarchie...

"A través del recorrido biográfico y del análisis de su vasta producción artística, trazo el perfil psicológico de este indiscutible filósofo popular argentino, autor de los tangos "Cambalache", "Uno" y "Martirio" entre tantos otros por igual colosales. Conductas humanas reprobables como la traición, el engaño, el abandono, la crueldad, el desamor, el abuso y la violencia, son analizadas a propósito de la difícil vida de Discépolo”
Alicia Antonia Crosa

A travers le parcours biographique et l'analyse de sa vaste production artistique, je retrace le profil psychologique de cet indiscutable philosophe populaire argentin, auteur des tangos Cambalache (1), Uno et Martirio, entre autres tout aussi colossaux. Des conduites humaines répréhensibles comme la trahison, la tromperie, l'abandon, la cruauté, le désamour, l'agression et la violence sont analysées à propos de la vie difficile de Discépolo.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Ce très grand poète a eu plusieurs biographies parmi lesquelles il faut citer celle écrite par Horacio Ferrer et Luis Adolfo Sierra, Discepolín, Poeta del hombre que está solo y espera, aux Editions Sudamericana, Buenos Aires 2004, et Discépolo y su época, par Norberto Galasso, Editions Corregidor, Buenos Aires 2004.

Pour aller plus loin :
connectez-vous au blog de Alicia Antonia Crosa.

(1) Cambalache fait partie du corpus que j'ai présenté en version bilingue dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, Editions du Jasmin, mai 2010, p 144.

vendredi 29 juillet 2011

Néstor Basurto continue la présentation de Recalada au Cafe Garrick [à l'affiche]


Ce soir, vendredi 29 juillet 2011, à 22h, l'auteur-compositeur-interprète et guitariste Néstor Basurto présentera son nouveau disque, Recalada (mouillage), au Café Garrick, Avellaneda 1359, dans le quartier de Caballito.

Il sera accompagné de Franco Polimeni, le pianiste, Matias Rubino, le bandonéoniste et Daniel Falasca, le contrebassiste, tous musiciens dont les noms sont familiers aux lecteurs réguliers de ce blog. Comme la chanteuse invitée, Viviana Scarlassa, qui est une chanteuse soliste, la voix de l'orchestre féminin China Cruel et également une comédienne et un professeur de chant...

Ce soir, Buenos Aires offre à nouveau l'embarras du choix. Et des concerts qui valent tous autant le coup les uns que les autres....

Pour mieux connaître Néstor Basurto :

Perception uruguayenne des disparus de la Dictature [Actu]

Dimanche dernier, Página/12, qui est si solidaire du combat militant mené pour les droits de l'homme par toutes les ONG de parents de disparus pendant la Dictature en Argentine, publiait l'interview d'un sociologue uruguayen, Gabriel Gatti, sur les différences de perception et de réaction face à cet héritage du passé anti-démocratique du sous-continent de part et d'autre du Río de la Plata. J'étais à ce moment-là encore en "vacances" de ce blog et je n'ai pas souhaité les interrompre pour aborder le sujet. Néanmoins, j'ai trouvé l'interview pertinente et éclairante, même si elle procède d'une personne qui ne vit pas en Uruguay, qui a même en quelque sorte rompu avec ce pays (il vit en Europe occidentale, ce qui sans aucun doute possible change profondément et le regard et la capacité analytique). J'ai donc décidé de traduire cet article à l'usage du public francophone.

Gabriel Gatti est né en 1967 en Uruguay. A l'âge de 8 ans, en 1975, avec sa famille, qui fuyait la dictature uruguayenne (1973-1985), il est venu vivre à Buenos Aires, où un régime similaire n'a pas tardé à s'implanter en mars 1976. En juin 7916, son père fut arrêté par les militaires. Il est toujours porté disparu. Sa soeur, qui était alors enceinte, fut elle aussi arrêtée et on a retrouvé ses restes en 1983. Avec sa mère et son frère, Gabriel Gatti a trouvé refuge en France. Par la suite, il est allé à Madrid où il a fait ses études de sociologie. Depuis 1993, il vit au Pays basque (côté espagnol) dont l'agitation politique, au début des années 90, l'a passionné, lui qui était alors un jeune sociologue de gauche, fils de parents révolutionnaires.

C'est pour un congrès international sur les pratiques sociales génocidaires (portant donc sur les événements sud-américains) qu'il était de passage à Buenos Aires et qu'il a accordé cette interview à Página/12.

–¿Qué diferencias hay entre Argentina y Uruguay en lo que respecta a la elaboración del pasado?
–En la Argentina, la figura del desaparecido está totalmente institucionalizada como parte de la escena pública. Los familiares de desaparecidos existen no sólo como un personaje doliente sino como un personaje político de primer orden. A diferencia, la figura del desaparecido es sumamente molesta para el imaginario colectivo del Uruguay, que tiende a valorar las cosas tranquilas. En parte, se explica por una cuestión de números, allí hay muy pocos. En Uruguay, antes de 2005, era muy difícil que te hablasen de desaparecidos. Te hablaban de otra cosa, de presos.
Gabriel Gatti, dans Página/12

- Quelles différences y a-t-il entre l'Argentine et l'Uruguay en ce qui concerne l'élaboration du passé ?
- En Argentine, la figure du disparu est totalement institutionnalisée et fait partie de la scène publique. Les parents de disparus existent non seulement comme personnages souffrants mais aussi comme personnages politiques de premier ordre. Tout au contraire, la figure du disparu est extrêmement gênante pour l'imaginaire collectif en Uruguay, qui tend à valoriser les choses tranquilles. Cela s'explique en partie par une question de nombre, il y a eu très peu de disparus [en Uruguay]. En Uruguay, avant 2005 (1), c'était très difficile qu'on te parle des disparus. On te parlait d'autre chose, de prisonniers.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–¿A qué se debe de que hoy esté más presente en Uruguay la figura del desaparecido?
–Desde ese año hasta hoy, han pasado muchísimas cosas, no sólo la constatación del Segundo Vuelo (N. de R: que trasladó en 1976 detenidos desde Argentina a Uruguay). Hubo un importantísimo intento de anular la Ley de Caducidad. No se puede decir que fue negativo el resultado: el 48 por ciento de la gente votó a favor de anularla, el resto de la gente no votó. Y hubo una movilización colectiva que indica que está aflorando, en cierto grado, una figura que era invisible y muy vinculada al mundo muy chiquito de los familiares. Pero la sensibilidad de los líderes políticos más renombrados, incluido el propio presidente, no es la misma que la que tienen los argentinos en esta materia.
Gabriel Gatti, dans Página/12

- A quoi le fait qu'aujourd'hui, la figure du disparu soit davantage présente en Uruguay est-il dû ?
- Depuis cette année-là jusqu'à aujourd'hui, il s'est passé beaucoup de choses, et pas seulement la prise en considération du Vol n° 2 [NdR : celui qui transféra en 1976 des détenus d'Argentine en Uruguay]. Il y a eu une tentative très importante d'abrogation de la Loi d'Amnistie. On ne peut pas dire que le résultat a été négatif : 48% des gens ont voté en faveur de l'abrogation, le reste n'a pas voté (2). Et il y a eu une mobilisation collective qui indique qu'est en train d'émerger, à un certain degré, une figure qui était invisible et très lié au tout petit monde des familles. Mais la sensibilité des leaders politiques les plus renommés, y compris le Président lui-même, n'est pas la même que celle qu'ont les Argentins dans ce domaine.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–¿Cómo tomó la actuación del presidente José Mujica frente al proyecto interpretativo que pretendía dejar sin efecto la Ley de Caducidad?
–Me generó profundo desagrado. Entre otras cosas, porque el presidente y su actual ministro de Defensa, Eleuterio Fernández Huidobro, son parte de la misma generación de mi padre. Eran colegas de sensibilidad, aunque no eran de la misma línea política y, sin embargo, tienen una lectura tan militarista que es insensible con lo que ocurrió a una buena parte de su propia generación. Es desagradable por una cosa muy uruguaya (como científico social no lo debería decir porque es una generalización barata) que es la sobrevaloración de la institucionalidad, de los acuerdos, de lo que votó el pueblo. Eso los torna insensibles ante las cosas excepcionales, como es la figura del desaparecido.
Gabriel Gatti, dans Página/12

- Comment avez-vous pris l'action du Président José Mujica face au projet interprétatif qui prétendait priver d'effectivité la Loi d'Amnistie ? (3)
- Cela m'a fait très mal. Entre autres, parce que la Président et son actuel Ministre de la Défense, Eleuterio Fernández Huidobro, appartiennent à la même génération que mon père. Ils étaient confrères de sensibilité, même s'ils ne suivaient pas la même ligne politique et pourtant, ils ont une lecture si militariste qu'elle en est insensible à ce qui est arrivé à une bonne partie de leur propre génération. C'est déplaisant à cause de quelque chose qui est très uruguayen (comme scientifique de la chose sociale, je ne devrais pas le dire parce que c'est une généralisation de bazar), la survalorisation de l'institutionnalité, des accords, de ce qu'a voté le peuple. Cela les rend insensibles face aux choses exceptionnelles, comme c'est le cas de la figure du disparu.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–¿Esa “insensibilidad” podría explicarse por una cuestión de números, porque allí hubo menos desaparecidos que en la Argentina?
–Sí, en parte. La dictadura uruguaya fue diferente de la argentina. Tuvo un “plan institucional” de exterminio. O sea, se pasaba por las cárceles y por el exilio, hasta eso era legal. La desaparición no entró en el registro de prácticas represivas de modo tan extensivo como ocurrió aquí. La sensibilidad uruguaya tan extrema por lo que es compartido y tan nula por lo que se sale de la norma hace que sea difícil pensar la figura.
Gabriel Gatti, dans Página/12

- Cette insensibilité pourrait-elle s'expliquer par une question de nombres, parce que là-bas, il y a eu moins de disparus qu'en Argentine ?
- Oui, en partie. La dictature uruguayenne a été différente de la dictature argentine. Il y a eu un plan institutionnel d'extermination. Ou pour le dire autrement, ça se passait dans les prisons et dans l'exil, même ça, c'était encore légal. La disparition n'est pas entrée dans le registre des pratiques répressives d'une manière aussi extensive que ce qui s'est produit ici. La sensibilité uruguayenne si extrême pour ce qui est partagé et si inexistante pour ce qui sort de la norme fait qu'il est difficile de penser cette figure du disparu.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–¿Y qué diferencias ve entre el movimiento de derechos humanos argentino y el uruguayo?
–Las sensibilidades históricas son tan distintas que no sé si es justo hacer una comparación, porque entre otras cosas lleva a considerar lo evidente: Argentina está muy por delante en esa materia con respecto a Uruguay. Si hago la comparación, tendría que plantear una evolución en esta línea que no se va a dar.
Gabriel Gatti, dans Página/12

- Et quelles différences voyez-vous entre le mouvement des droits de l'homme argentin et son homologue uruguayen ?
- Les sensibilités historiques sont si différentes que je ne sais pas s'il est raisonnable de faire une comparaison, parce que entre autres choses, cela conduit à regarder l'évidence : l'Argentine est bien plus avancée en la matière au regard de ce qui se passe en Uruguay. Si je fais la comparaison, il faudrait que je supposer une évolution dans ce sens qui n'aura pas lieu.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–¿Por qué dice que las políticas de la memoria son tramposas?
–Construyen unanimidades y construyen la convicción de que la verdad es cierta. Eso es tramposo, si lo miro desde el ojo clínico del sociólogo. Y no lo digo por aquello de que las memorias son múltiples sino porque éste es un campo precario, móvil, difuso. Si lo valoro como ciudadano implicado, no puede estar más que contento en el caso argentino, de una construcción de una narrativa oficial en el tema de los derechos humanos que ha permitido elaborar a medio plazo una figura internacionalmente consensuada de lo que es un desaparecido y que se está aplicando por doquier y con dosis crecientes de eficacia.
Gabriel Gatti, dans Página/12

- Pourquoi dites-vous que les politiques de la mémoires sont un piège ?
- Elles construisent des unanimités et contruisent la conviction que la vérité est sûre. Cela, c'est un piège si je l'observe avec l'oeil clinique du sociologue. Et je ne dis pas ça pour le fait que les souvenirs sont variés mais parce que c'est un champ précaire, variables, diffus. Si je lui donne de la valeur comme citoyen impliqué, je ne peux pas être autrement qu'heureux dans le cas de l'Argentine de la construction d'une histoire officielle sur le thème des droits de l'homme qui a permis d'élaborer à moyen terme une figure internationalement consensuelle de ce qu'est un disparu et qui est est appliqué par tout un chacun et avec des doses croissantes d'efficacité.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–¿Por qué afirma que no es correcto hablar de “desaparecidos” en el caso de la represión franquista?
–Estamos hablando de un fenómeno que empezó a finales de los años ‘30 y hasta ahora no se nombraba. Se los denominaba “fantasmas”, los “paseados”. Sólo hace cinco años, y ahora está especialmente el asunto hirviendo, empieza a usarse el término desaparecido.
Gabriel Gatti, dans Página/12

- Pourquoi affirmez-vous qu'il n'est pas correct de parler de disparus dans le cas de la répression franquiste ?
- Nous parlons là d'un phénomène qui a commencé à la fin des années 30 et jusqu'à maintenant, on n'en parlait pas (4). On les appelait "fantômes", les "trépassés". Il n'y a que 5 ans et maintenant, le sujet monte comme le lait sur le feu, qu'on a commencé à utiliser le terme de disparus.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour aller à la source :

(1) 2005, soit 20 ans après le retour formel de la démocratie (1er mars 1985). C'est aussi l'année de l'arrivée au pouvoir du Frente Amplio et du premier gouvernement de gauche de l'histoire du pays, avec la prestation de serment, le 1er mars, du Président Tabaré Vázquez, élu en octobre de l'année précédente, un médecin humaniste et franc-maçon, qui, après l'obtention de sa thèse (1969) puis la mort de plusieurs membres de sa famille atteints de cancers, est allé parfaire sa spécialisation ultérieure en cancérologie, en 1977, à Paris (Institut Gustave Roussy, à Villejuif). Par la suite, il a beaucoup voyagé, de congrès international en congrès international. Vázquez a acheté une des cliniques les plus en pointe dans ce domaine et pendant sa présidence, il a continué à exercer, en traitant une poignée de patients. Après la fin de son mandat, il a retrouvé les malades et sa chaire de Radiothérapie à l'Université de Montevideo. C'est lui qui le premier a fait remettre en question la Ley de Caducidad, dont il souhaitait l'abolition, beaucoup plus que son successeur, sans avoir pu l'obtenir.
(2) Au sujet de ce référendum, voir mon article du 21 octobre 2009
(3) Sur ce vote parlementaire, voir mon article du 13 avril 2011
(4) Il me semble que Gabriel Gatti ergote un peu sur le vocabulaire ici. La terrible réalité historique de la disparition des opposants à Franco a été largement abordée à plusieurs reprises depuis le retour de la démocratie en Espagne, notamment à l'occasion du décès du Comte de Barcelone, Don Juan de Borbón, le père du roi Juan Carlos, précisément en avril 1993, l'année où Gatti s'est installé au Pays Basque, puis lorsque le Gouvernement espagnol a décidé de rendre leur nationalité aux exilés républicains et/ou à leurs descendants s'ils le souhaitaient et enfin lorsqu'il a été question de supprimer la pharaonique et hideuse nécropole de Valle de los Caidos, où reposent Franco et un grand nombre de phalangistes tombés sous les balles des républicains pendant la guerre civile. Et le quotidien espagnol El País n'a jamais hésité à rappeler les atrocités de la répression franquiste pendant et après la guerre civile.

Le dernier show de juillet du Tomassini-Reinaudo Project [à l'affiche]


Ce soir, vendredi 29 juillet 2011, à 23h, au Cafe Rivas, Estados Unidos 308, dans le quartier de San Telmo, ce sera le dernier du trio de concerts donnés par Néstor Tomassini (clarinette, composition et arrangements), Hernán Reinaudo (guitare et composition) et José Balé (cajón peruano et percussions) avec différents artistes invités.

Entrée : 50 $.

Retrouvez les artistes sur leurs sites Internet et pages Myspace que vous trouverez dans la partie basse de la Colonne de Droite, dans la rubrique Grillons, zorzales et autres cigales.